Alexis Corbière - On n'est pas couché 16 septembre 2017 #ONPC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 47 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:19OuverteRéponse directe
Pourquoi Mélenchon parle-t-il autant de la présidentielle et de Benoît Hamon ?
- 5:27RelanceRéponse partielle
Peut-on comparer la loi El Khomri et les ordonnances Macron ?
- 6:45RelanceRéponse partielle
Les Français ont élu Macron, pas Mélenchon. Comment justifiez-vous vos positions ?
- 7:13OuverteRéponse directe
Si Mélenchon avait été élu, quelle base aurait-il eue ?
- 8:44FerméeÉludée
Essayez-vous de convaincre que les ordonnances sont favorables aux salariés ?
- 10:13OuverteRéponse directe
Quels sont les dangers des institutions actuelles selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:27InvitéFait
« Désormais, tu as la possibilité de faire des accords au niveau des branches et même au niveau de l'entreprise qui sont défavorables. »
- 8:36InvitéChiffre
« Dans un pays où il y a 6 millions de chômeurs. »
- 9:21InvitéFait
« J'ai découvert à la télévision le 31 août ce qu'allait être cette loi. »
- 18:29InvitéFait
« Vous contestez les chiffres, vous continuez vos argumentations. »
- 18:50InvitéFait
« À Marseille, dans une université d'été, il y avait un atelier intitulé « Faut-il dégager les médias ? » »
- 22:12InvitéFait
« Contrairement à ce que disait François Furet dans les années 70, que la révolution n'est pas terminée. »
- 25:45InvitéFait
« Un élève aujourd'hui, un jeune, n'est même plus foutu de dire le nom d'un révolutionnaire. »
- 35:19InvitéChiffre
« Emmanuel Macron, il va prendre 5 euros à 6,8 millions de gens pour les APL et il va rendre 3 milliards d'euros aux ultra-riches de ce pays. »
- 47:17InvitéChiffre
« La France est quasiment aujourd'hui le premier vendeur d'armes dans le monde. »
- 47:24InvitéChiffre
« Il y a 15 000 morts l'année dernière, 7 millions de gens qui sont en situation de famine, et la France arme actuellement l'Arabie Saoudite. »
- 47:33InvitéPromesse
« Que la France ne vende pas des armes à des pays qui sont dans des guerres qui ne sont pas sous le mandat de l'ONU. »
Temps de parole
- Invité50 %
- Invité 214 %
- Invité 312 %
- ?11 %
- Présentateur9 %
- Invité 44 %
≈ 46,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre
invité politique de la semaine,
porte
-parole de Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière campagne présidentielle pour le mouvement La France Insoumise. Il a été élu député le 18 juin dernier, député de la 7e circonscription de la Seine-Saint-Denis. Avec lui, on va évidemment revenir sur la journée de mobilisation contre la loi travail qui s
'est
déroulée cette semaine. Et puis sur la manifestation prévue le 23 septembre prochain, évidemment.
Puis
on l'espère, un vaste panorama de l'actualité politique du moment. Voici M. Alexis Corbière pour la première fois dans On n
'est
pas poussé. Bienvenue.
Je
ne
sais
pas si vous avez lu le livre de Philippe Besson sur la campagne d'Emmanuel Macron.
Pas encore ? Vous me l'avez fait parvenir. Je l'ai lu. Bon, je connais un peu Philippe Besson. C'est un livre qui est une
ode au président de la République. Oui, mais j'imagine que s'il
y
avait eu un livre, je ne
vais
pas remuer le couteau dans la plaie parce qu'on voit bien que la défaite a du mal à passer du côté de la France Insoumise.
Pas du tout. Ce n'est
pas une défaite, vous m'invitez.
Non, non, attends. Franchement, une défaite comme ça.
Non, mais ma question, en fait, c'est si Mélenchon avait gagné, qui aurait fait le livre ? Gérard Miller ?
Ah, pourquoi pas ? Tiens, c'est une bonne idée. Sûrement. Mais comme je connais un peu Gérard Miller, je ne pense pas qu'il ait été à ce point une ode. Gérard aurait été peut-être plus questionnant. Là, c'est quand même un bel objet de promotion du président de la République. Mais on a le droit d'être fasciné par un personnage. Il est fascinant sans aucun doute. Il
est absolument fascinant. Vous l'avez
rencontré, d'ailleurs, vous.
Oui,
je l'ai rencontré. Il y
a
même un généalogiste qui a trouvé, c'est un peu délirant, que j'étais un cousin éloigné d'Emmanuel Macron.
Comme
Giscard et Mitterrand, en fait. Oui, mais là, alors le type, aujourd'hui, Google, c'est un truc de fou. On est à Murat-sur-Vèvre, qui
est
un petit village dans le Tarn, il y a 4 siècles. Alors, en fait, il y
a
4 siècles, j'imagine que je suis cousin quasiment avec chacun des... Avec
tout le monde. Et moi, je suis cousin avec le prince de Monaco. Alors, vous voyez...
Ah, ben,
voilà.
Revenons à la politique du moment, M. Corbière, d'autant que...
Alors,
il parle, M. Mélenchon, là, beaucoup, cette semaine. Il parle, il parle, il parle, et il revient même à nouveau sur la présidentielle et sur cette situation avec Benoît Hamon. Il dit, mais quand même, s'il avait voulu, Benoît Hamon, j'espère que je ne caricature pas trop ses propos, qui sont parfois caricatures eux-mêmes. Mais en gros, il dit, si Hamon avait voulu, aujourd'hui, je serais à l'Elysée et lui, il serait à Matignon. Mais pourquoi il ne nous l'a pas dit plus tôt, ça ? Il l'a dit,
il l'a
dit.
Pas
vraiment comme ça.
Premièrement, vous faites référence à l'interview dans la Provence. Oui. Et ce que veut dire Jean-Luc Mélenchon, c'est que la victoire était possible. Et une force comme la nôtre
est
une force de recours politique qui a pour ambition de prendre le pouvoir. On n'est pas là pour faire des bons scores, pour je ne sais trop quoi, mais on pense que l'État de ce pays nécessite que nos propositions... Vous savez, on avait... Nos programmes s'appellent l'Avenir en commun, 316 propositions, etc. Donc voilà, moi, je pense que c'est important que chacun comprenne que le profil politique de ce que nous faisons, ce n
'est
pas une force de témoignage, c
'est
une force qui veut prendre le pouvoir. Et la question de Benoît Hamon, alors c'est toujours pareil, l'interview, elle est très longue et vous en sortez un petit élément. Mais c'est une vraie question. Moi, je tiens à rappeler de quelle manière, premièrement, pendant la campagne présidentielle, nous, on s'est adressé à Benoît Hamon, on lui a adressé un courrier à un moment donné pour qu
'on
puisse avoir un dialogue politique, et que tout ça, finalement, ne marchait pas pour quelle raison ? Parce que Benoît Hamon pensait qu'il était lui aussi le candidat légitime pour pouvoir être celui qui...
En gros, lui à l'Élysée et
Mélenchon à Matignon. Voilà, un peu de ça. Mais alors, là où... Et moi, je le dis vraiment, si Benoît Hamon me regarde, je connais Benoît Hamon, c'est un homme de ma génération, et j'ai vraiment un grand respect pour lui. Le désaccord politique qu'on avait, c'est qu'on pensait impossible qu'un candidat issu du Parti Socialiste
capte
le score à potentialité majoritaire pour pouvoir l'emporter après 50 France Hollande. Ce n'était pas possible. Et d'ailleurs, la raison pour laquelle, finalement, Benoît Hamon se crache, c'est que lui-même, il a essayé de maintenir l'équilibre au sein du Parti Socialiste. Il a subi des trahisons,
des
machins, et ça ne marchait pas. Bon, moi, je crois que dans les 15 derniers jours, je ne veux pas dévoiler, si vous réinvitez Benoît Hamon, je préfère qu
'il
le raconte, il se sent posé la question.
Voilà,
il se sent posé la question de se retirer. Mais il ne s
'est
pas retiré. Il ne
s
'est pas retiré. Voilà, bon, alors, la question, ce n
'est
pas de...
Si
il était retiré, vous pensez que Jean-Luc Mélenchon serait aujourd
'hui président de la République ? Je crois, oui, c'est sur le papier. La politique, c'est des dynamiques politiques, c'est jamais si simple. Peut-être qu'une partie de
l
'électorat de Benoît Hamon ne se serait pas reportée sur Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il y a eu une fin de campagne, en plus. Alors, je ne veux pas taper, puis finalement,
je
suis un peu... J'ai gratine, mais notamment, je me souviens, Yannick Jadot, tout ça, il tapait dur contre Mélenchon, il ne créait pas les conditions, vraiment, que tout ça se rassemble. Mais c'est le passé, surtout le sens de l'interview aujourd'hui de la Provence de
Jean-Luc Mélenchon. C'est une main tendue pour l'avenir.
Oui, voilà. Alors, c'est très concret. Le 23, on fait un grand rassemblement, vous le savez, contre la politique de Macron, notamment pour le retrait de sa réforme du Code du Travail. Benoît Hamon vient, c'est une excellente nouvelle. Et c'est comme ça. Il faut désormais être très concret. Nous, on entend être une force qui rassemble tous ceux qui s'opposent aujourd'hui à la politique du président de
la
République, parce que nous pensons que c'est une politique
qui
est néfaste pour ce pays, et particulièrement pour les milieux populaires.
Alors, parlons de ces manifestations. Tout de suite après, je donne la parole à Chris Dango et Yann Moix, parce que c'est vrai qu'on compare souvent les manifestations contre la loi Macron et les ordonnances du moment avec la loi El Khomri d'il y a plus d'un an.
On a raison
de les comparer.
Alors oui et non. Justement, c'est ça ma question. Et c'est là où j'aimerais entendre votre réponse, même si je la connais un peu à l'avance. C'est que quand même, non, justement, on ne
peut
pas la comparer. Parce que la loi El Khomri, François Hollande n'avait pas prévenu ses électeurs qui feraient ce genre de choses. En revanche, on ne peut pas dire de M. Macron qu'il n
'est
pas prévenu ni pour la présidentielle, ni pour les
législatives, ce qu'il allait
faire. C'était dans le contrat. Une majorité de Français ont voté pour lui et à la présidentielle et aux législatives. On n'est pas du tout dans le même cas qu'à l'époque de la loi El Khomri où François Hollande avait dit tout le contraire de ce qu'il faisait. Je ne suis pas d'accord. Ce que vous
dites là... Là, vous allez essayer de m'expliquer. Non,
non,
ce que vous dites là, je vais être un peu...
C
'est de la communication, aujourd'hui, de l'Élysée. Comme quoi, c'était clair, il l'avait dit. Lorsque le journal Le Parisien a sorti un document de travail du ministère du Travail pendant la campagne législative, le gouvernement s'est fâché à menacer même de porter plainte contre les journalistes en disant que ce document n'existait pas. D'accord ? Rappelez-vous, vous vous
en
souvenez. Il n'est pas vrai qu'il a... Il a fait campagne en disant qu
'il
faut modifier le code du travail, etc. Mais ça,
ça
ne
veut
rien dire. Moi, je ne
suis
pas pour modifier le code du travail. Je suis pour des droits nouveaux pour les salariés. Ça n'a pas de signification. Il n'est pas vrai qu'il a dit qu'il voulait faciliter les licenciements. Il n'est pas vrai qu'il a dit qu'il allait plafonner les indemnités chômage suite à un licenciement abusif. Il n
'est
pas vrai qu'il a dit qu'il allait restreindre, notamment, la possibilité... Vous connaissez ces idées plutôt libérales, tout de même. Non, mais d'accord, mais attendez, parce que que les choses soient claires, là, c'est un bouleversement total.
Les Français
savent qu'ils n
'ont
pas élu Mélenchon, ils ont élu Macron, vous comprenez
?
Oui,
oui, oui, mais les Français, on va dire des choses pour qu'on comprenne bien. Il fait 24% Emmanuel Macron, c'est
-à
-dire 18% des électeurs inscrits. Et il est propulsé au second tour et au second tour,
il
emporte largement, ce qui est un rejet de Mme Le Pen. Donc, ça ne lui donne pas une base suffisamment large pour faire quelque chose d
'aussi important.
D
'accord, mais
c'est important. Attendez, parce que je vous ai souvent entendu dire ça sur les plateaux et à chaque fois, je suis devant mon poste, puis je boue, et j'ai envie de vous répondre.
Mais
Mélenchon non plus.
Mais voilà, si Mélenchon avait été élu,
quelle base il aurait eu, alors ?
Qu'est-ce qu'il aurait fait, Mélenchon, s'il avait été élu ? Il aurait fait une assemblée constituante pour changer les institutions. Vous en doutez ?
Au
risque de se faire brin de balai la
semaine prochaine. Oui, mais
il ne
faut
jamais avoir peur du peuple. Moi, je suis d'accord. Mais ces institutions, aujourd'hui, de la Ve République, elles concentrent énormément de pouvoir sur un homme qui fait 18% au premier tour.
C
'est-à-dire 82% des gens n'ont pas voté pour lui. Au second tour, face à l'extrême droite, après, il l'emporte. Mais regardez les élections législatives. Moi, j'en suis le premier concerné. Je suis élu de Seine-Saint-Denis, l'abstention, elle est forte. Mais 50% des Français ne sont pas allés voter. Ça ne peut pas être dans l'angle mort de ceux qui dirigent ce pays. Ça ne donne pas une
base pour dire que je vais bouleverser le Code du Travail. 50
% des Français, combien vous dites ? La
moitié.
La moitié des Français ne sont pas allés voter. Mais ceux qui sont allés voter, ils ont voté en majorité pour Macron et en tout cas les députés qui se présentaient pour lui.
C
'est-à
-dire
que ceux qui ne sont pas déplacés, ils ne sont pas déplacés plus pour Mélenchon que pour
Macron. Si ils voulaient se déplacer pour Mélenchon, ils l'auraient
fait. On va revenir au point de départ. Cette modification du Code du Travail, c'est fondamental. Ça bouleverse tout l'ordre social du pays. C'est une révolution copernicienne. On n'a jamais vu ça. Jusque-là,
il
y avait un droit social qui était égal sur tout le territoire. C'est une conception républicaine du Code du Travail. Et les seuls accords qui pouvaient avoir lieu au niveau de
l
'entreprise devaient être des accords
plus
favorables
que
le Code du Travail. C'était le principe de faveur. Désormais, tu as la possibilité de faire des accords au niveau des branches et même au niveau de l'entreprise qui sont défavorables. C'est très concret sur les primes d'ancienneté, les salaires, les congés, etc. Dans un pays où il y
a
6 millions de chômeurs,
c
'est ne pas connaître l'entreprise que de croire que le rapport de force vis-à-vis de son employeur, il n
'est
pas une
situation de danger. – Mais si vous essayez de me
convaincre que
le
contenu des ordonnances est favorable aux salariés, vous voyez, je ne
suis
pas en train de penser ça,
je ne vous dis pas que je suis d'accord. Je dis en revanche que les Français ont
été prévenus et qu'ils ont choisi. – Je ne crois pas, d'ailleurs,
il
n
'y
a qu'à voir, non mais bon, ce que les
gens
vous disent, mais il n
'y
a qu'à voir, la cote de popularité du président n'a jamais été aussi basse dès le mois de septembre, il y
a
déjà des manifestations qui commencent plus haut que ce qu'était la loi El Khomri, et puis moi je suis un homme de conviction, je défends mes idées et puis on verra.
–
Donc vous continuez. – Il faut le faire, ce n
'est
pas parce qu'il a été… Non mais en plus cette histoire de 6ème République, vous me vexez parce que vous en doutez, mais c'est fondamental la question de rediscuter de quelles sont nos institutions. Aujourd'hui on a un président de la République qui malmène le Parlement. Je suis parlementaire, ça fait un peu… Je suis parlementaire, j'ai découvert à la télévision le 31 août ce qu'allait être cette loi. Ce n'est pas normal, ce n'est pas normal. Normalement la loi c'est à moi et mes 536 collègues de faire la loi. Là, ce n
'est
pas ça. Donc danger, je veux dire, il peut considérer un peu exalté, et là je me tourne vers Philippe Besson, très bien, il a gagné, c'est une aventure, un personnage du roman, sans aucun doute. Il y a un
côté…
Parce que finalement chez Macron,
il
y a un peu la même dynamique que ce qu'il y
a
chez Mélenchon. Il a exprimé à sa façon un dégagisme fort. Oui,
un rejet de l'ordre.
Voilà, un rejet des l'ordre. Il a très bien compris. C'est leur point commun. Voilà. Mais nous, le dégagisme, on pourrait en parler, mais c'était de dire, la question c'est celle des institutions. Du système, le fameux système. Oui, non mais on est en 5ème République actuellement. C'est quasiment une monarchie présidentielle. Le Parlement peut être malmené, ça concentre des pouvoirs. On est même dans un débat, je ne
sais
pas si on aura le temps d'en parler, sur la loi sécurité, où quasiment… Enfin, j'ai dit un problème, qu'aujourd'hui c'est… La justice est malmenée. On est en train de mettre dans la loi des éléments de l'état d'urgence qui, moi, je trouve qu'au niveau des libertés publiques, posent problème. Donc voilà. Voilà pourquoi le 21, on manifeste. Voilà pourquoi le 23, on manifeste. Il y
a
des manifs syndicales qui ont lieu. Moi, j'étais à la manifs syndicale l'autre jour. Il y a un rassemblement citoyen qui a lieu le 23. Et
on verra
Mélenchon Hamon ensemble le 23 septembre. Oui, notamment.
Et vous êtes
-vous à la fête de l'Huma ou
pas ?
Eh bien oui. Ah, c
'est une question que je me posais.
Oui, non, j'y suis, j'y suis. J'y suis parce qu'il faut être partout. Je suis invité à l'Agora. Vous savez, c'est un des lieux pour faire un débat. Donc il faut que tout ça… Il faut arrêter les… Comment dirais-je ? De perdre du temps, des fois, dans des choses qui ne sont pas dans le tempo du moment. Là, il faut faire reculer le gouvernement. Et vous avez vu, il y
a
même le 25, les fédérations des transports qui prévoient une grève. Franchement, bon, voilà. En plus, on a un président de la République qui était très tachérien. C'est-à-dire, il provoque. Il veut remporter sa victoire. Il traite les gens de feignants, cyniques.
Ah, on va pas revenir là
-dessus, oui.
Ah ben si. C'était le mot de la manifestation.
C'est bien que
la phrase a été plus ou moins détournée.
Non, plus beau, plus beau. On l'a repassé. Et ils ont sorti les rames, ils y
préparent
les gabions. Vous avez vu la phrase, on l'a
repassé tout à l'heure ? Quoi ? Il dit pas, les Français sont des feignants, tout de même. Il dit quoi ? Je
ne cèderai rien. Ben
si vous voulez, je
ne cèderai rien
aux feignants, aux
cyniques et aux expériences. Oui, à la veille d'une manifestation. Mais il parle pas du tout des manifestants. Non mais, ou alors c'est un autoportrait.
Il
dit ceux qui n'ont rien fait depuis des années. C'est-à
-dire, il
parle de qui ? De Le Drian, Bruno Le Maire, de lui-même. Il a quand même été ministre de Hollande, cet homme. Ou de
Mélenchon
qui
a
été ministre à une époque aussi. Arrête, il y a 17 ans, on avait fait les 35 heures. Non mais bon, je veux bien. Christine Angot. Non, je veux dire une chose que je suis, vraiment, je ne
l
'ai pas dit. Je suis très impressionné, ceci dit, d'être là. Vraiment, parce qu'une émission que j'aime beaucoup, et je vous remercie. Et notamment d'être interrogé par des écrivants.
Ça
peut vous sembler tout bête.
Mais
d'habitude, on voit dans le public, en train de dire, de faire ça à chaque fois que je parle. Non, ça
ne veut pas
dire que je suis d'accord avec vous.
Ah
non, c'est génial.
Alors,
Christine,
d'abord. Même sans
doute qu
'on
sera en désaccord. Mais voilà, pardon. Pas sûr, on verra.
En
tout cas, vous appartenez à un groupe politique
qui
n'a rien contre la théâtralité.
Il
y a eu l'hologramme. Il y a le goût du happening.
Il
y a une certaine importance du costume. Quand vous décidez, par exemple, qu'en entrant à l'Assemblée nationale, vous enlevez la cravate,
ça
crée les personnages de la France insoumise. Et les accessoires, le goût des accessoires. Un paquet de spaghettis pour illustrer la baisse de 5 euros de l'APL. Bonne idée, non ? La rhétorique. Super mature, surtout. Le vocabulaire de Mélenchon
qui
est repris par tous les représentants de la France insoumise avec les mêmes accents, de la voix, une espèce
de
parler un peu intellectuel décontracté qu'on reconnaît. Et vous atteignez finalement tous les représentants de la France insoumise à une fidélité telle
qu
'on croirait que vous avez répété devant une glace. Et d'ailleurs, tout le monde s'accorde sur ce talent
de
Mélenchon, ce talent de tribun
dont
tout le monde parle. Alors moi, je voudrais juste... Vous voyez, je n
'ai
pas du tout... Je n
'ai
pas de question à cet endroit-là à vous poser, mais je voudrais vous citer une phrase
de
Marguerite Duras,
qui
est une réponse qu'elle a faite en 77
en
interview.
Et
voilà ce qu'elle dit.
Elle
dit...
Il
n'y a pas de différence entre les hommes politiques et le jeu imposé aux comédiens. Acteurs et hommes politiques sont délégués,
ils
ne sont plus eux-mêmes,
ils
vendent leurs marchandises,
tout
ça relève du spectacle. Il y a le même hiatus, j'allais dire le même mensonge, et dans la représentation politique et dans la représentation cinématographique commerciale. Parler au nom d'un pouvoir établi ou au nom d'un pouvoir à venir, c'est identique. Ils détiennent tous la solution idéale, ils sont les sauveurs, les détenteurs parfaits de ce que j'appelle la solution politique. Tous parlent à partir du pouvoir, on n'en peut plus. Une
question
que je vous pose, qu'est-ce que vous pensez de cette phrase de Marguerite Duras ? C
'est une
belle phrase
? C
'est une belle phrase ? C'est tout. Non, non, mais on est dans la...
C'est un bon
comédien.
Je ne crois pas qu'elle ait fait... Je ne crois pas qu'elle ait fait...
Attention, moi je précise quelque chose, vous dites que
c
'est une belle phrase. Attention, les écrivains ne sont pas des gens qui écrivent des belles phrases. Ce
sont
des gens
qui disent quelque chose. Je
vais essayer de vous répondre. C'est une réalité que la société du spectacle est là. Vous en faites partie d'ailleurs, encore plus que moi. Et nous, c'est une arène de combat dans laquelle... Enfin,
de
combat, pardon de ce terme un peu belliqueux. Mais c'est là que ça se passe. 90% des gens se font une opinion politique à travers ce qu
'ils
voient à la télévision. Donc vous pouvez dire ce que vous voulez, c'est un débat sans fin. Moi je suis BFM, machin... C'est une question. Non, non,
mais je vous y
réponds
parce que c'est des
questions que je me suis posées, évidemment. Au bout d'un moment, aujourd'hui, le fait de faire avancer des idées, c'est aussi, autant que possible, aller dans les médias ou éventuellement faire ce que vous appelez un happening. Mais j'assume totalement. Quand, par exemple, sur la question des 5 euros, que le gouvernement dit 5 euros, c'est pas grand-chose. Qu'une députée en marche dit 5 euros, franchement, c'est rien. Et que tu montres que 5 euros, pour des gens qui sont sous le seuil de pauvreté, c'est un ou deux repas, j'assume totalement.
Et je vais vous dire, les nombreux témoignages de sympathie que j'ai eus après dans la rue m'amènent à ce que, pour les gens, c'est un élément de dignité. Donc il n
'y a
pas de problème. Il y
a
des moments, y compris une campagne, elle doit partager un enthousiasme. L'hologramme, c'est quelque chose qui est à la fois une forme de tourner vers le futur. Il y a un côté un peu gag. Parce que c'est génial, ce que l'intelligence humaine permet. Mais en même temps, la campagne Mélenchon ne se limite pas à un hologramme. C'est aussi qu
'est
-ce qu'il dit. Mais franchement, vous m'invitez ce soir. Pourquoi je suis là avec un boxeur,
un
écrivain, des comédiens ? Votre émission, elle est l'expression même aujourd'hui. Un chanteur, vous oubliez.
Un chanteur, pardon.
Des comédiens. Il ne veut pas que je l'embête. L'essayer sa liberté d'exister.
Oui, de penser, surtout.
Là où vous me vexez un peu, mais ce n
'est
pas grave.
C
'est qu'il y
a
le côté, tout ça c'est du théâtre. Et en gros, vous n'avez pas vraiment de conviction. Ah
non, ce n'est pas ça
que je dis. Ce n
'est
pas du
tout ça. Ce n'est absolument pas ça que je dis. Je
m'excuse. Ah non,
non,
pas du tout. Des
convictions.
La théâtralité,
je
suis
d'accord. Oui, c'est de ça que je parle. Du moins,
le soin. Non mais je m'excuse, Sivan. Le soin de la communication, je suis d'accord qu'il faut... Et nous, on y réfléchit. Parce
que nous, quand on écoute les gens de la France insoumise,
on reconnaît un
peu une
musique. D'accord. Si vous voulez, on a l'impression d'entendre parler une seule voix, en fait, une même personne,
quasiment. Non mais moi, j'assume totalement
que Mélenchon est un maître. Pour moi, il n
'y
a aucun problème. C
'est
un homme qui... Je fais de la politique à lui depuis 20
ans. Alors, est-ce que vous pouvez comprendre ? Qui m'a mis des bouquins
entre les mains, avec qui j'ai eu de nombreuses discussions, qui m'a appris plein de choses. Je n
'ai
aucun problème. Et
même, je
pense que la prétention de certains consistant à dire qu'ils sortent de l'œuf, ça ne marche pas. Dans la vie, il y avait toujours des rencontres, des gens qui nous ont appris des trucs. Évidemment. Et Jean-Luc fait partie de ces gens qui m'ont appris plein de choses. Donc, je n
'ai
aucun problème de dire que moi, je le regarde. J'essaie de ne
pas
l'imiter parce que ça ne marche jamais. Chacun a sa personnalité. Vous avez des gens, vous en avez vu, repéré parmi nos députés. Ils ont 27 ans, ils ont quand même un certain talent. Ce n
'est
pas vrai que c'est uniquement un enregistrement de Mélenchon. Mais c'est vrai que Jean-Luc, par beaucoup de choses, c'est quand même un personnage assez dense, que l'on aime ou que l'on n'aime pas, qui est entraînant et qui fait que moi, j'invite tout le monde, il peut être une source d
'inspiration.
Est-ce que juste, vous pouvez imaginer
que
ce ne soit pas forcément un maître, notre maître à tous ? Ah mais ça, je... Le soir du premier tour, vous
êtes... Là, vous me piquez, là.
Le soir... Non, non, je... Vraiment...
Je me demande que ce soit un maître à tous, je parle de moi. Non, non, je ne vous pique absolument pas. Tout le monde n'est pas
soumis, c'est ce qu
'on
veut dire.
Je
vous parle de questions.
Ce sont des questions...
Mais vous, vous n'avez pas des maîtres dans votre vie ?
Si, il y a moi. Peggy,
Joyce, Proust... Non,
mais oui, oui.
J
'ai l'enruqué. Mais
oui, pourquoi
pas ? Non, mais lui, c'est le maître de la blague, du Talambour, je suis d'accord.
Quand le soir du premier tour, vous êtes sur une chaîne de télé
et
Raquel Garrido sur une autre chaîne de télé... Je connais Raquel Garrido. Oui,
je sais bien. Là,
vous
partagez le week-end.
Ce soir, vous êtes chez nous et elle, demain, avec Ardic.
Non,
mais là,
ce n
'est
pas à mon propos. Vous avez perdu l'élection et aussi bien elle que vous sur une chaîne et sur l'autre, vous pensez qu'il y a une erreur. Vous contestez les chiffres,
vous
continuez vos argumentations. Pour vous, Mélenchon va gagner, il sera au deuxième tour, ce n
'est
pas possible autrement, de show must go, d'une certaine manière. Et d'une manière générale, tous les commentaires sont suspects dès lors que vous ne les avez pas vérifiés par vous-même. Au point qu'à Marseille, dans une université d'été, il y avait un atelier intitulé « Faut-il dégager les médias ? » Et que les intellectuels dits médiatiques ont été accusés de «
diabolisation
de la France insoumise ». C'est un mot qui a été prononcé par Thomas Guénolé, comme quoi vous n'utilisez pas que le vocabulaire de Mélenchon.
Bon,
donc les journalistes mentent, les sondages mentent, les résultats officiels, les estimations officielles
mentent. Ça arrive que les journalistes mentent,
on est d'accord.
Ça arrive
parfois. Et parfois, ils se trompent, ils
ne
mentent pas, ils se trompent peut-être. Oui, oui. Et vous êtes convaincus que le pays est avec vous, les gens, comme vous dites. Alors question, donc, tout le monde ment, sauf vous ? Non, mais je ne dis pas que... Attendez, je vais
vous raconter... Sauf
vous ? Non, je vais vous raconter ma soirée. La soirée du premier tour. En 2012, la dernière fois, au début de la soirée Marine Le Pen est annoncée à 20%.
Elle
finit à 17%.
D
'accord ? Moi, je suis sur le plateau de France 2. Je crois que vous évoquez Raquel Guérido, elle est sur TF1 ou l'inverse, qu'importe. Les sondages ne sont pas les mêmes selon les chaînes.
J
'ai discuté quelques jours avant avec la rédactrice en chef de TF1 qui me dit que si l'écart, il est trop serré entre les deux candidats,
ils
donneront peut-être les trois noms et pas seulement les deux, ce qui est assez exceptionnel. Bref, c'était très serré. On est en lien avec des instituts de sondage qui nous envoient des messages sur les téléphones qui disent que c'est plus serré que prévu. Et la province a déjà voté. Les grandes villes sont en train d'être dépouillées à partir de 20h et on fait des bons scores dans les grandes villes. Mais vous avez recommencé tout à l'heure en nous disant que si Hamon avait fait différemment
qu'aujourd'hui, il faut
pouvoir... C'est une analyse politique.
Mais juste,
on n'a pas voté. Tout le monde n'a pas voté
pour... Mais je le respecte.
Il est votre maître. Il n'est pas notre maître à tous. Mais je ne l'ai pas dit. Non, mais attendez.
C
'est tout. Non, mais là, vous faites... Je
fais quoi ? Sinon,
on va rester amis. Je n
'ai
jamais dit, je n
'ai
jamais
demandé qu'il soit votre maître. Ni ennemi, ni ennemi. Je vous pose des questions qui se posent. Et vous avez même le droit de ne pas du
tout aimer Jean-Luc Mélenchon.
Il
n
'y a
aucun problème.
Je
l'aime bien en
plus. Il n'y a aucun problème. Ce n'est pas ma question. Ni je l'aime, ni je n'aime pas.
Non, mais Christine, il n'y
a
aucun problème. Je parlais juste du rapport que moi j'ai avec cet homme. Par ailleurs, il
y en a d'autres. Vous voyez que vous jouez, d'autres, des gens qui m'inspirent. Mais je
n
'ai
jamais dit, ne me faites pas dire ce que j'ai dit. Pardon ?
Je
vous n
'ai
pas
entendu. Je dis,
vous voyez que vous jouez, vous m'appelez Christine. Christine Angot, non ?
Non, non,
excusez-moi, je ne vous appelle pas que par votre prénom. Je ne vous connais pas. Je ne vous ai jamais vu, si ce
n
'est que
c'est
la première fois. J'en suis très honoré. Mais non, non, moi, je ne demande pas du tout à ce que... Ce n
'est
pas ça, vous ne m'amenez pas là pour un peu... Je ne
sais
même plus de con parler, bref.
Au soir du premier tour.
Alors, je viens bien
parler.
Au soir du premier tour, au soir du premier... Mais je vais vous dire les choses franchement. Au soir du premier tour, on n
'est
pas bon sur les plateaux télé. Il n'y a aucun problème là-dessus. On n'est pas bon. Yann Moix. Moi, je vais vous prendre au sérieux, parce que vous êtes député de la Nation. Je
crois
que je n
'ai
aucune raison de... D'ailleurs, Christine ne l
'a
pas fait. Je dis, moi, je
n
'ai aucune raison. Elle vous a respecté. Bien sûr. Vous êtes député et vous allez voir où je veux en venir. Vous avez écrit un petit livre sur Robespierre. Génial. Non, mais
génial
que vous l'ayez. Ah
oui. Ah, je vous en remercie.
C'est génial que je
le possède. Non, non, parce que vous savez quoi ? Je vais vous dire... Je voulais
vous l'amener. Je voulais vous l'amener. Et c'est super que vous l'ayez. Je
l'ai
rattrapé.
Non, non, mais un peu. Vous avez le droit. Vous avez le droit. Non,
ce que je veux vous dire,
c'est que ce
livre est très bien. Très bien fait. J'aime beaucoup les gens qui défendent avec intelligence et avec des arguments des figures de l'histoire qui reviennent dans le débat et qui permettent de remettre les pendules à l'heure. Il y
a
une pendule que vous remettez à l'heure et que j'entends.
C
'est celle qui consiste à dire, contrairement à ce que disait François Furet dans les années 70, que la révolution n'est pas terminée. François Furet était un grand historien qui a expliqué dans un livre que la révolution française était terminée, qu'il y
a
eu plusieurs étapes, 1789, 1793, 1830, 1848, et la commune de Paris, et enfin la révolution est terminée.
C
'est très intéressant parce que vous faites partie des gens qui disent non, la révolution n'est pas terminée, elle continue. Alors ça, c'est quelque chose que j'entends, mais ce que je ne vois pas, c'est que j'ai l'impression que vous ne la faites pas, cette révolution que vous appelez de vos voeux. Vous voulez incarner une suite, finalement, à l'esprit robespierriste, à l'esprit d'ultra-gauche, à l'esprit aussi de la commune de Paris.
Mais
cette suite, finalement, à part, souvent dans des effets de manche, à part une manière aussi sympathique de mégalomanie de la part de Jean-Luc Mélenchon, qui a un petit peu pris la grosse tête, je trouve, depuis les élections présidentielles, et qui aussi n'est pas...
Vous n'êtes pas
obligé de dire ça ? Non, mais c
'est
la vérité. Je dis un ressenti. On l'a reçu ici. Il m'a semblé qu'il était plus modéré avant les élections qu'après. C'est peut-être un ressenti personnel et exagéré. Ma question est la suivante. Petit 1, pourquoi cette révolution, vous en parlez beaucoup sans jamais la faire, et d'ailleurs vous l'admirez dans les autres pays, et pourquoi, c'est ce qui me gêne le plus, vous avez le même tic que Robespierre et que tous les Jacobins, quand vous parlez du peuple, c'est le vôtre. Quand vous dites, par exemple, phrase, à mon avis, très insultante, c'est le peuple qui rentre à l'Assemblée nationale. Mais M. Corbière, le peuple n'est pas vos électeurs.
Tout le peuple est représenté à l'Assemblée nationale. Et quand vous dites, notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique, ou le peuple français nous a désignés pour dorénavant porter le fanal du combat. Je respecte vos électeurs, même s
'ils
menacent de mort à longueur de journée, comme l'est le pénis. Je les respecte quand même. C'est la vérité, on en reparlera tout à l'heure. Mais pourquoi, c'est une question sérieuse, pourquoi est-ce qu'il y a cette manie jacobine d'identifier le peuple à ses électeurs et à soi
? Non
mais, il y
a
évidemment qu'il y
a
des formules, mais les milieux populaires, je considère que pendant l'élection présidentielle, on les a mobilisés
plus
que ce
qui s'était mobilisé. En fait, le peuple, pour
vous, ça veut dire les milieux populaires ?
Pas seulement, mais en l'occurrence, pas seulement. Mais en l'occurrence, on a, je crois, pendant cette campagne présidentielle, fait reculer l'abstention dans beaucoup de quartiers lors de l'élection présidentielle, ce qui nous a amenés à faire un score significatif. Le grand absent, souvent, de beaucoup de scrutins et de rendez-vous électoraux, c'est quand même le peuple. C'est-à-dire que souvent, c
'est
les catégories supérieures qui vont voter, qui sont très mobilisées. Les gens âgés, eux aussi, vont voter. Mais les milieux populaires, j'en suis un élu en Seine-Saint-Demis, il y a des... D'accord, c'est un peu boursouflé quand on dit que c'est le peuple qui rentre à l'Assemblée, mais on a quand même la volonté de dire qu'on a été élu par des...
C'est pas
simplement boursouflé, c'est un peu insultant pour tous les autres électeurs.
Les personnes âgées,
c'est le peuple aussi.
C
'est ça
que vous voulez dire, il y a de la marque. Oui, d'accord. Il y a des gens
très riches qui votent pour Mélenchon, il y
a
des gens très pauvres qui votent pour
M. Fillon.
Après, il y a une question politique qui
est
que je pense qu
'il
faut...
C'est la raison.
Si tous les gens pauvres votaient à gauche, il
y
a longtemps que la gauche se ferait au pouvoir de façon éternelle. Sans doute.
C'est vrai, c'est vrai. Donc la bataille, elle est culturelle, elle est idéologique. Non, mais c'est vrai. Donc la bataille, elle est culturelle, elle est idéologique et il faut construire un peuple, moi je pense.
C
'est l'arrière pour laquelle quand nous,
on
est pour une 6e République, une assemblée constituante, il faut, je pense qu'il serait bon dans ce pays qu'on rediscute de pourquoi on veut faire peuple, autour de quelles questions. Il y a des problèmes d'intérêts généraux, de partage des richesses, d'écologie, etc. qui permettraient qu'on rediscute qu'est-ce que c'est qui nous rassemble et qu
'on
se donne des institutions à la hauteur de ça. Ça, c'est ce que je veux dire. Deuxièmement, ce bouquin, mais peut-être que c'était aussi le fait qu'il y a un mépris vis-à-vis de la Révolution française aujourd'hui dans le débat public qui, moi, me s
'est
dit « Moi, je suis enseignant, je suis prof de lycée professionnel, un élève aujourd'hui, un jeune, n'est même plus foutu de dire le nom d'un révolutionnaire. Il te cite Marie-Antoinette et Louis XVI. C'est tout. Et la Révolution est ramenée uniquement à la guillotine
qui est le seul. Mais là, on n'est pas pour la
Révolution française, donc je vais vous demander de me vouvoyer. On ne dit pas citoyen avec le tutoiement. Moi, je vous ai vouvoyé parce que vous êtes un député de la nation. Je vous ai tutoyé ? Oui,
oui.
Ah, pardon.
OK.
Vous êtes susceptible.
En deux minutes,
vous nous appelez camarades.
Pourquoi pas ? Mais c'est un joli nom, tu sais. C'est un
joli
nom. Je
plaisantais,
M.
Corbière. Non, je vous ai tutoyé ?
Mais
je plaisantais. Ah, pardon. Non, mais ce n'est pas évident. On est là. Et si chaque fois que je dis un truc, je me fais... Vas-y, citoyen, parle-moi de
la
Révolution
française.
Non, mais il y a un enjeu. Mais il y a un enjeu.
Il
y a un enjeu à ce que l'acte fondateur de la République ne peut pas être en permanence sali. Moi, ça m'a valu de croiser le fer avec beaucoup d'émissions aujourd'hui qui ont lieu. J'avais même eu un accrochage avec Laurent Dutch à l'époque.
C
'est-à-dire que les livres qui cartonnent sont des livres qui quasiment t'expliquent que c'est un moment de barbarie qui aurait une revalu que ça n'ait pas lieu. Ce n
'est
pas possible. Ce n
'est
pas possible. Donc, y compris, je rappelle que dans les années 50, 60, 70, vous regardez la caméra export le temps dans l'Indoco et André Castelot, c'était une défense du robespierrisme, des choses qui aujourd'hui à la télé quasiment ne passeraient même plus. Donc, il y a tout un courant intellectuel qui a disparu. Vous avez pointé notamment François Furet. Et un autre courant qui a pris le dessus en disant, en gros, il y aurait une revalu qu'il n
'y ait
pas de Révolution française. Pareil
pour mai 68, d'ailleurs.
Oui, mais des grands événements sont l'objet de batailles idéologiques, etc. Donc, moi, je mène un combat là-dedans. Et c'est l'objet de ce petit livre. Et je vous remercie vraiment.
Non, il
est très
réussi.
C'est un petit manuel, mais il y a des gens beaucoup plus érudits qui écrivent sur la Révolution.
On revient à Christine Ango et encore Yann après. Pardon.
Christine.
C'est un tout petit point. J'ai découvert
en
lisant à votre sujet que c'est au lycée, en militant,
que,
contre la loi de Wackay,
vous
dites, j'ai découvert l'action de masse. Oui. Sur une cabine téléphonique. La passion. Oui, oui. Loin de la banalité du quotidien. Tout à fait. Ensuite, vous êtes étudiant à l'UFM, etc., militant UNEF.
Et
un beau jour, j'ai découvert aussi que vous avez été mis en examen
pour
association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour avoir hébergé ou pour avoir contribué à l'hébergement de membres de l'ETA,
qui
est une organisation terroriste, en effet, basque
espagnole.
Et vous avez été en garde à vue pendant 72 heures. J'ai été en prison pendant un mois.
C'est bien, c'est la première fois de ma vie que je
vais en parler à la télé. Donc, justement, c'est pourquoi je voulais vous demander quels souvenirs vous en gardez
?
Déjà, c'est quelque chose qui est assez bouleversant. Mais que les choses soient claires, j'ai été relaxé. Oui, je sais. Tout ce qui m'était reproché n'était
pas vrai.
Au point que je pensais que c'était seulement la garde à vue. Non,
non, non. J'ai été un mois à
fleurimerogiste. Il
y a eu
une grande campagne qui a été menée à l'époque par toute la gauche. Henri Emmanuel était le premier secrétaire du PS. Dominique Voinet, Robert Hu pour le
PS à l'époque, etc.
Et puis il y avait Julien Dray qui était un député qui est même venu à mon procès. C'est la première fois que je m'en parlais à la télévision. Et moi, j'ai vécu le fait que la police est venue chez moi, a foutu en l'air mon appartement, etc. C'est extrêmement... Vous, c'est le contraire de Guéant. Vous l'avez vécu avant. Oui.
Alors, je... Non, mais... Oui, parce que la semaine dernière, Guéant, il vient seulement de se rendre compte de
ce
que c'était que la justice.
Et à fleurimerogiste,
c
'était le mois de juin 1995. C
'était
il
y a
22 ans. Il faisait une canicule les cellules surpeuplées, huit dans des cellules de trois ou quatre, etc. C'est une expérience. Vous
en parlez. Vous aviez quel âge, donc ? Pardon, j'avais
95, j'avais... 27 ans. 26 ans, 27 ans. Vous êtes de 68. Oui, voilà, c'est ça. Mais je suis né en août. Enfin, voilà. Moi, je pense qu'avec le recul, je dis attention, parce que j'étais totalement innocent. La juge Laurence Le Vert, elle m'a mis en prison parce qu
'il
y avait un faisceau de présomption, disait-elle. Et ça me fait un peu réfléchir par rapport à ce qui se passe à
l
'heure actuelle. Parce que je me serais appelé Mohamed et j'aurais été... On m'aurait reproché d'être lié à du terrorisme tel qu'il y a à l'heure actuelle. Ma vie ne serait pas du tout la même. Parce qu'aujourd'hui, je peux vous en parler tranquillement, y compris... Moi,
je
n
'ai
jamais soutenu l'ETA, mais je pensais... En 87, il y avait eu ce qu'on appelait les Galles, les commandos du Galles payés par le gouvernement espagnol qui étaient venus en France abattre des militants basse. Enfin, je suis un peu pointu, on a oublié tout ça. Bref, et moi,
j
'étais... D'un point de vue démocratique, je n'acceptais pas qu'il y ait ce genre d'assassinat et j'étais pour une solution politique aux Pays-Bas. Bon, bref. Et
c
'est pour ça que quelqu'un après qui a été arrêté a dit que c
'est
Corbière qui m'a mis ce qui était totalement faux. Et même la personne, au moment du procès, a dit que ça n'était pas moi. Parce qu'il voulait manifestement peut-être ne pas dire une autre personne. Mais moi, ce qui m'a marqué, je vous dis, c'est que ça va vite. J'étais à 15 jours de passer mon recours pour être enseignant et dans ce coup, ta vie bascule. Et là, laissez-moi vous dire qu'on vous met les menottes, etc. On vous met votre appartement à sac, vous vous retrouvez en cellule. Et heureusement que j'étais militant. Heureusement que j'étais militant, que tout le monde s'est mobilisé. Et qu
'il
y
a
été soutenu. Et que j'ai été soutenu. Parce que si tu n
'as
pas ce réseau, si
tu
es au fond du trou, c'est la honte. Et je vous dis, moi, en plus, quand tu t'appelles avec Cicorbière que tu es un petit blanc, etc. et que ça concerne les questions basques, ce n
'est
pas très grave. Mais quand tu es un gars de couleur aujourd'hui et que tu...
Avec l
'organisation terroriste d'aujourd'hui
?
Par exemple, vous savez, avec l'état d'urgence, il y
a
eu 155 manifestations qui ont été interdites.
Il y
a actuellement 650 personnes qui sont assignées à résidence, qui
n'ont toujours pas été jugées, etc.
Mais vous pensez que c'est problématique parce que ce ne
sont
pas des petits blancs qui sont arrêtés ou parce que c'est la nature de l'organisation terroriste en question ? Mais bien sûr qu'il faut lutter contre le terrorisme. Ce que je veux vous dire,
c
'est que,
attention, à ce que les libertés...
Mais évidemment, il faut lutter contre les criminels.
Mais
attention...
C'est
évident, vous savez.
Il y a des gens qui ne trouvent pas ça. C'est évident. Mais attention, à ce que
les libertés publiques soient respectées totalement, que les droits de la défense soient respectés, que le juge soit là. Et j'affirme que là, dans la prochaine loi qui va être votée, c'est plus l'administration qui prend le pas plutôt que le juge parce que, je vous le dis, il peut y avoir une situation ou parce que machin a dit truc, etc. Et ça va très vite. Et professionnellement, je pense aujourd'hui que si tu te fais embarquer dans une histoire prétendument liée à des questions théoriques, je pense que c'était énormément de mal. Moi, j'ai passé mon concours, je suis devenu prof, aujourd'hui je suis député, etc. C'est pas un problème.
C'est presque une expérience, pardon d'être un peu provocateur, qui m'a enrichi d'un certain point de vue. Je suis content qu'on en parle pour la première fois et peut-être qu'après, maintenant, on va me questionner là-dessus. Mais c'est quand même impressionnant. Vous arrivez totalement à poil. La prison, c'est pas rigolo. Et vous êtes, dans le premier temps, humiliés parce que vous savez pas où vous êtes.
Je
vous assure que c'est...
Francis
Huster sort de ce corps. Pourquoi
?
Pourquoi ? Pourquoi il y en a un instant ?
On évoque votre enfance, vous êtes né, vous avez grandi à Béziers.
Oui.
Quand j'ai appris ça, je me suis dit, évidemment, aujourd'hui, vous êtes tout nouveau député de Seine-Saint-Denis. Je pense même que vous allez peut-être déménager et vivre...
Bien sûr,
bien sûr, je suis en train d'y aller.
En Seine-Saint-Denis.
À
Bagnolet.
Mais vous n'avez pas envie... Dans ce cas, je me dis, mais quand on a un type comme Ménard et même une députée, sa femme aujourd'hui, qui est là-bas de Béziers, vous n
'avez
pas eu envie d'aller vous présenter
à Béziers ?
C'est
une question qui a été posée, etc., y compris par des amis localement. Mais bon, les raisons qui amènent l'élection...
Vous,
contre Robert Ménard ou contre Mme Ménard, dans
la ville
où vous avez grandi, ça aurait eu de la gueule. Merci. C'est pourquoi pas. Mais je pense qu'il correspond à un état d'esprit sur cette ville, Robert Ménard. D'une ville où il
n
'y
a
plus de boulot, où vous avez quand même toute une série de blessures, je vais être un peu elliptique, de l'histoire de notre pays, on va dire de l'électorat et pieds noirs. Et Ménard fait de
l
'idéologie en permanence pour remettre là-dessus, etc. Donc c'est une ville où, bien sûr, le discours de Robert Ménard, il rentre en phase avec
les
électeurs. Un peu. Mais ça ne veut pas dire que le challenge ne mérite pas d'être relevé, mais je vais essayer pour l'instant d'être un député de Sainte-Saint-Denis, puis on verra. Yann Mouretz. Dans le monde du 4 mai 2017, François Ruffin, que vous connaissez très bien, est élu député.
Élu député.
Il siège avec nous. Oui,
alors
ce type formidable, il a écrit un édito que je n
'ai
pas trouvé formidable du tout et qui m'a mis hors de moi. C'était le but, sans doute, de mettre des petits bourgeois comme moi hors de moi. Il a écrit une lettre ouverte à un futur président déjà haï le 4 mai 2017. Il dit, en parlant d'Emmanuel Macron, vous êtes zaïs. Vous êtes zaïs par les sans-droits, les oubliés, les sans-grades. Vous êtes zaïs. Vous êtes zaïs. Vous êtes zaïs. Vous êtes zaïs tant il ressent en vous et a raison l'élite. Arrogant. Je ne vais pas retracer votre CV ici. Cet éditorial, qui pour moi n'était qu'une boule de haine, d'ailleurs, contre le mérite républicain, puisque vous êtes un républicain, vous devriez, et ce n
'est
pas vous qui l'avez écrit, mais admettre qu'on peut aussi s'élever de manière républicaine.
Est
-ce que vous ne pensez pas qu'il y a une certaine injustice, une certaine violence à ne pas laisser ce jeune président pendant quelques mois faire son travail et regarder ce que ça donne avant même de le suicider l'avant-veille de son élection ? Ça,
c
'est ma première question. Et la deuxième, est-ce que le fait que vous soyez aussi violent, aussi virulent immédiatement sur Emmanuel Macron
signifie que
vous avez pris la mesure du fait que vous aviez remplacé aujourd'hui le Parti Socialiste et que vous êtes l'opposition officielle et que vous allez lui mordre les mollets jusqu'à la fin de son quinquennat ? François Ruffin, il est élu de Picardie et la misère et la pauvreté là-bas, c'est dur. Et quand il exprime ça, il exprime quelque chose qui est violent, je l'admet, mais qu'il faut entendre. Et la belle campagne de François Ruffin, lui aussi, il a mobilisé des secteurs de la population qui sont vraiment en grande, grande difficulté.
D
'accord, mais où est la pensée là-dedans ?
Où est la réflexion ?
Pourquoi l'aboiement au lieu de la réflexion ? Non,
ce
n
'est pas un aboiement. François Ruffin n'est
pas un homme qui aboie.
Si, là, c'est un aboiement.
Emmanuel Macron, aujourd'hui, je vous le dis, de l'analyse politique que je porte, c'est le président des riches. Emmanuel Macron, il va prendre 5 euros à 6,8 millions de gens pour les APL et il va rendre 3 milliards d'euros aux ultra-riches de ce pays. 3 milliards d'euros. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Est-ce que vous pensez que quand on est en Picardie, un électeur de François Ruffin, on n'a pas l'impression qu'il y
a
une forme de mépris qui est insupportable ? C'est vraiment pour laquelle, contrairement à ce que vous dites, je ne vais pas lui laisser sa chance, je vais m'opposer. Et est-ce qu'on peut encore être un opposant dans ce pays ? Parfois, j'ai l'impression que le fait de s'opposer, ça devient quasiment...
Alors, ça, c'est
ma deuxième question. Est-ce que vous avez vocation à remplacer le Parti Socialiste ?
Est-ce que Jean-Luc
Mélenchon est le Mitterrand et que le Parti Socialiste est devenu le Parti Communiste de l'époque de Mitterrand et que là, vous allez
y arriver ?
Je pense que là, vous vous trompez, c'est que vous réfléchissez avec des cases vis-à-vis de partis. Ça ne veut rien dire. Moi, je n
'ai
pas envie de refaire et de redevenir un Parti Socialiste qui, franchement, ne donne pas spécialement envie.
Vous donnez
raison à Emmanuel Macron. Alors, on ne réfléchit plus en termes de partis. Macron a
eu
cette intuition quand même avant tout
le monde que
les partis étaient obsolètes. On l'a eu un peu avant lui parce qu'on a commencé la campagne en février
2016.
Non, mais peut-être que vous n'avez pas remarqué. En tout cas, il
l'a mieux compris. Parce que vous êtes un
peu fasciné peut-être par Macron mais regardez un peu ce qu
'on
fait. On a fait une belle campagne. On a bénéficié de moyens qui étaient moins importants que ceux d'Emmanuel Macron. Moi, je veux bien qu'il n'a été élu que pour ses qualités. Il y
a
quand même quelques secteurs financiers qui ont des moyens considérables qui ont aidé Emmanuel Macron. Ce n'est pas être complotiste que de dire ça. Il
a fait la une de
tous les magazines. Je ne
suis
pas fasciné mais il y
a
quelque chose que je ne comprends pas.
Mais moi, je ne veux pas de
la casse du
travail. Je
ne le laisserai pas faire. Je ne
veux
pas qu'on baisse les APL pour les plus modestes. Je ne le laisserai pas faire. Et le moyen démocratique que j'ai, c'est manifester, me faire entendre, vous m'invitez,
vous ne m'invitez pas. Non, mais
voilà.
C'est une opposition. Et il faut arrêter
d'être vexé en permanence.
Les
macronistes, ils ne supportent plus qu
'on
les critique. Ils ont tellement... C'est un peu vrai aussi parfois chez les Mélenchonistes.
Mais ne soyez
pas manichéens. Ce n
'est
pas les patrons contre les ouvriers. Le monde est plus complexe.
Un petit
peu, là. Un petit peu. Non, mais le monde est plus complexe que ça. Vous imaginez
bien
que tous les patrons n'ont pas voté pour Macron et tous les ouvriers n
'ont. Mais moi, je pense
d'ailleurs que les patrons, vous savez, il
y a
une étude qui a été faite. Seulement 18% des patrons considèrent que leur problème c'est le code du travail. La réforme qui est faite, ce n
'est
pas les patrons qui demandent. C'est le MEDEF qui est un groupuscule patronal qui ne représente pas du tout les patrons. Les patrons, qu'est-ce qu
'ils
veulent ? L'activité économique, ils ont problème avec les banques, ils veulent le carnet de commandes. Ils ne veulent pas spécialement pouvoir licencier ou mettre en précarité permanente. Vous, vous êtes pour qu'on puisse renouveler
Je ne veux pas vous prendre la partie mais
le CDD, quand tu es 4, 5 CDD, c'est compliqué. Je ne veux pas une société de précarité. Je ne la veux pas pour moi,
je
ne la veux pas pour mes enfants, je ne
la
veux pas pour mes amis et pour mes concitoyens. Yann, chacun une dernière question et
la dernière de Christine.
Au législatif, votre candidate dans l'Essonne
qui
s'appelle Farida Amrani a accueilli pour le deuxième tour sans rien dire les voix de Dieudonné qui s'étaient désistées pour elle. Dieudonné qui alterne théâtre et politique comme vous le savez
et
donc ses voix,
vous
êtes au courant que c'est désisté pour elle et
comme
elle n
'a
rien...
Attendez, je vous pose une question. J'ai été le premier à demander l
'interdiction des spectacles de Dieudonné.
Je n'ai rien à
voir avec ce salopard antisémite.
Rien à voir. Ni mes amis, d'accord ? Je ne sais pas ce qui a eu lieu
mais là franchement... Vous savez bien, c'est très bien, c'est parfait que vous puissiez dire ça.
Je suis contente que vous puissiez dire ça. Et Dieudonné m'a régulièrement insulté. Parce que je suis le premier à dire qu'on ne fait pas des
spectacles antisémites. Alors
elle
n'a rien dit. Elle n'a rien dit. Alors moi je suis contente
que vous puissiez dire quelque chose. Il a fait combien de données ? Il a fait zéro
et quelques. Mais attendez, elle était dans une
bagarre contre Valls. Il a fait zéro et
quelques. Mais écoutez, c'est une présence, c'est une présence qui vient rejoindre les...
Elle n'a
rien
fait avec lui. C'est une présence
qui vient se désister et qui vient renforcer les voix de la France insoumise.
Je n'avais jamais entendu parler... Et la France...
Pardon
?
Non,
non,
franchement... Vous êtes
au
courant de rien alors ?
Oui,
non, mais vous dites...
Franchement, la campagne
qu'elle a menée,
c'est une campagne contre Manuel Valls. Elle n'a rien fait avec lui. Mais vous devriez lire de temps en temps les médias généralistes.
Parce
que dans les médias généralistes, ils en ont parlé.
Oui,
oui.
Mais parce qu'il
y avait une volonté de nous calomner. Il y avait une volonté de nous calomner. Mais est-ce qu
'elle a fait un truc avec lui ? Rien. Mais vous plaisantez, elle a accueilli ses voix. Et ça veut dire
quoi ? Elle n'a
rien dit. Elle n'a pas dit « Ah, merci beaucoup. » Elle n'a pas dit non plus «
Je ne veux pas tes voix. » Vous le dites,
elle n'a rien dit. Et ce n
'est
pas un problème, ça, d'accueillir les voix de Dieudonné ?
Elle n'a
rien dit.
C
'est-à-dire, le type, il te dit « Je
veux pas des
voix. »
Mais
ça ne marche pas comme ça, une campagne. Le type, il fait zéro et quelques.
Ce
n'était pas ça, son problème.
Alors, c'est super. Vous avez été élu avec les voix de Dieudonné.
On va faire de l'amalgame et du sophisme d'amalgame.
Est-ce que
Francis Lalanne égale Dieudonné égale la France soumise égale ? Ah ben, la l'âne égale Dieudonné, ça,
c
'est clair.
Oh non,
oh non.
Ah ben
si.
Oh non, mais ce n'est pas sérieux. Vous n'avez pas
entendu les choses qu'il a dites pendant la campagne
? J'ai écouté encore du la l'âne
avant l'émission. Moi, j'adore. C'est vrai.
Moi,
j'adorais Francis Lalanne quand
j'ai été. Non, il faut
être clair.
Non, non, mais justement. Vous voulez être clair. Vous voulez être clair. Je suis très clair. Alors, soyez clair sur Dieudonné. Moi, je suis intervenu pour l'interdiction
de
Dieudonné. Plus que vous, d'ailleurs. Il est très clair là-dessus.
On va se parler clairement et j'irai vérifier si vous avez pris position comme moi pour interdire
Dieudonné. Mais moi,
je ne suis pas une femme politique. Non, mais je
veux dire, je vous aime bien. Non, mais d'accord. Mais vous êtes une intellectuelle qui prend des positions. Je ne
suis pas une intellectuelle.
Je
suis une artiste. Un petit peu. Mais c'est la même chose. Arrêtez. Non, ce n
'est
pas la même chose.
Mais vous intervenez dans le débat
public pour donner votre opinion. Vous avez appelé à voter François Hollande. Vous avez fait des
choses. Je n'ai
pas appelé à voter François Hollande.
J
'ai dit que si on ne payait que des gens comme vous, il fallait qu'ils reviennent. Ce
n
'est
pas
la même chose. Un peu la même chose. Vous l'avez dit à votre façon. Vous l'avez dit à votre façon. Je ne
vous
le reproche pas. Yann, on termine avec. On termine avec.
Je
ne
vous
le reproche pas. Moi, j'aime les gens de conviction.
Il
n
'y a
aucun problème.
Aucun problème. Mais je n'ai pas de
conviction.
Vous dites qu
'il
faut pour Hollande. Ah bon, mais vous
l'appelez à
voter
pour Hollande.
Chacun a été
très clair. Chacun a été très clair.
On
termine avec Yann.
Est-ce qu'il y a dans l'actualité internationale de cette semaine quelque chose qui vous a interpellé ? Et si oui, quelle est cette chose ? Notamment les Rohingyas. Et alors, c'est là que vous voulez en venir. La
guerre
au Yémen, ce serait bien qu
'on
en parle. Les Rohingyas, ça m'intéresse beaucoup. Ce sont donc des apatrides qui vivent actuellement en Birmanie, qui sont épurés ethniquement et qu'on pousse au Bangladesh. Et
on
reproche à madame, j'ai toujours du
mal avec son nom, Hans
-Sang
Suki, qui prit Nobel de la paix de ne
pas être intervenu. Et alors, ça m'intéresse de connaître votre avis là-dessus parce que dans votre mouvance ou partie, appelez ça comme vous voulez, ou mouvement, on a l'impression que l'international est toujours, et ça,
c
'est pas forcément de votre faute, mais toujours situé au Venezuela ou
à Cuba.
Non, non, mais non, j'en parle pas. Je dis ça,
c
'est pas forcément de votre faute, je dis. Oui,
c'est le mot qu'on
puisse dire. C'est pas ce que je fais. C
'est qu
'on vous
interroge
toujours là
-dessus. Ah
oui, je peux vous dire une chose. On m'a saoulé avec l'ALBA. On
m'a saoulé avec l
'ALBA.
On ne vous
en
a pas parlé. Non, mais est-ce
que vous êtes au courant que l'ALBA a livré 10 tonnes de matériel à Saint-Barth, à Saint-Barth, pour aider nos
compatriotes ? Non, mais c'était pas ma question. Pour dire que l'ALBA, c'est pas
ce qu'on voulait en dire. Pardon, excusez-moi. Maintenant que vous avez répondu à la question que je ne
vous
avais pas
posée.
Non, la question est la suivante. C'est quelque chose d'historiquement inouï, cette épuration ethnique, elle est sans ampleur depuis des siècles, la première chose. Et la deuxième, c'est qu'on a l'impression que dans votre mouvement, la politique internationale est très peu envisagée. Et surtout, que contrairement à l'extrême gauche des années 70, 80 et même 90, il n'y a plus aucun intellectuel qui vous a rejoint pour penser la complexité des événements internationaux actuels.
Pourquoi
? Je le trouve bien cruel, c'est pas vrai. Je ne
peux
pas vous dire autre chose. On est des internationalistes, sensibles à... Je ne
peux
pas vous dire... C'est un peu... Vous me prenez à froid, parce
que de quoi vous parlez ? Non, mais je ne vous ai jamais entendu sur les migrants,
par exemple. Très peu. Sur les migrants ? Très peu. Mais vous plaisantez ou
quoi ?
Si, pour répéter des... On est des principales forces de solidarité,
notamment
avec les gens...
Non,
mais là, je... Non,
mais oui, mais répondez. Non, mais de force
de solidarité, lorsque moi, chez moi, à Bagnolet, il y a dernièrement même des sans-papiers qui ont été expulsés. Je les ai défendus.
On ne
parle pas des sans-papiers, là. Non, mais d'accord, mais il y a un peu un lien entre les migrants et la
situation de nos concitoyens.
Non,
mais
vous voyez, ce n
'est
quand même pas totalement éloigné. Mais nous, vous ne nous avez pas entendu dire que par ailleurs, on ne peut régler le problème des migrants qu'en réglant le problème des conflits et des lieux du monde où il n'y a plus d'État,
où
vous avez des millions de gens qui sont sur les routes, que le problème n
'est
pas... On l'a dit, Jean-Luc Mélenchon a passé son temps à le dire. À Marseille, il a fait un discours de solidarité avec les migrants, avec sa branche d'Olivier. Enfin, je ne
peux pas vous dire... Non, vous ne l'avez pas vu ?
Non,
mais
si,
mais
justement,
c
'est des discours. Il n'y
a
rien dedans et à part dire qu
'il
faut régler la situation dans les pays...
Oui, ça commence un peu comme ça. Oui, d'accord, mais
ça évite de poser la problématique de l'accueil. Et pourquoi...
Nous, on n'a jamais dit qu'il fallait
accueillir les
migrants. Mais alors,
concrètement, qu'est-ce que vous pensez de la situation des Rohingyas, premièrement ? Et pourquoi est-ce qu'aucun intellectuel n'a rejoint votre mouvement pour essayer de penser ce problème qui est l'enjeu du 21e siècle ? On vous sent quand même très franco-français. C'était ça, ma question.
Non,
mais ça, j'ai compris que vous vouliez le dire au point de
départ,
mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n
'est
pas vrai.
Quels sont les intellectuels qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon
aujourd'hui ? Non, mais le président de la République où, je ne sais pas, la
France, elle
pourrait parler fort.
Il a des moyens plus
importants.
À
l'époque des Boat-Pipole, qui est une tragédie comparable dans les années-ci. Il y avait, Daniel Rondeau le sait,
il
y avait André Glucksmann,
il
y avait Jean-Paul Sartre,
il
y avait Raymond Aron. Qui est avec Jean-Luc Mélenchon
aujourd'hui ?
Attendez, je vais vous dire les choses d'autrement. Ils sont où, les intellectuels, aujourd'hui ? C'est plutôt ça, la question. Ils sont où, ces grands intellectuels
engagés ? Ils ne sont pas avec vous.
Non, mais ils sont où ?
Il y en a en France.
Pardon ? Il
y
a des intellectuels en France. Non,
mais
il n'y a plus, à ce point-là, ces grands intellectuels qu'on avait comparables à des noms.
C
'est
vous qui le
dites.
Non, mais
citez-moi en quelques-uns.
Daniel Rondeau est
un
intellectuel.
Non, mais il n
'y
a pas de problème. Non, mais...
Daniel Rondeau, il a son engagement. Je ne vais pas lui demander... Qu'est
-ce que vous dites, Daniel Rondeau ? Je répondais d'une certaine façon à Christine Rondeau en disant que je le considère plutôt comme un écrivain, pas comme un intellectuel sur le problème des migrants. Pour ma part, si... C
'est un de vos personnages, d
'ailleurs, dans « Mécanique du chaos ». Oui, c'est un de mes personnages,
à Biba. J'ai découvert le drame des migrants méditerranéens qui durait depuis 20 ans quand je suis arrivé le 23 juillet 2008 sur l'île de Malte. Je suis là depuis deux heures. En tant
qu
'ambassadeur.
Et je vois des hélicoptères en vol stationnaire qui sont en train de repêcher des cadavres. Donc, je me suis dit immédiatement que ça va être ma priorité en tant qu'ambassadeur.
J
'ai fait une enquête, j'ai pris du temps, j'ai alerté le Quai d'Orsay, j'ai alerté l'Élysée, j'ai publié un article dans Le Monde, deux pages dans Le Monde, sans autorisation du quai, mais c'est passé, pour dire les « Good people » de Malte avec cette phrase « La Méditerranée ne doit pas être un cimetière ». Phrase qu'a repris le pape Benoît XVI dans son homélie du Dimanche des Rameaux, suivante. Bon, nous avons ramené la France, on a essayé de vider les camps de Malte et nous avons fait deux charters à l'envers pour ramener des migrants en France et j'ai dédié mon livre
à
une jeune fille qui était la benjamine des gens que j'ai accueillie qui s'appelle Abiba, elle avait 15 ans, bon, naturellement, j'ai inventé une autre, Abiba, son double, mais je lui ai dédié ce livre, je l'ai appelé, j'avais perdu son numéro de téléphone, enfin, je l'ai appelé cette semaine, je lui ai dit que j'aimerais la voir parce que je ne lui ai pas encore donné mon livre et elle parle français,
elle
a la nationalité française,
et
elle m'a dit « Mais tu viens à Paris, pourquoi ?
»
Je lui ai
dit
« Je vais faire, on n'est pas couché.
»
Elle me dit « Oh, attention
!
»
«
Attention sur toi, Yann Wax !
»
– Il
y a bien, elle a raison.
– Non,
mais
je trouve ça formidable.
– Yann
Wax qui passe ses jours et ses nuits à Calais en ce moment, justement, avec les migrants, donc on ne
va
pas faire un concours de celui qui
s'y a... – Non, mais ce que veut dire Rondo, c'est qu'elle est déjà très intégrée et très au courant de ce qui se passe aujourd'hui, c'est la
démonstration qu'il fait.
–
Je sais, et c'est très émouvant, il y a plein de témoignages, heureusement, de ce genre, mais ma question était quand même posée à Alexis Corbière à la base. –
Je
voulais savoir, d
'ailleurs,
on a la preuve qu'il
y a
un
intellectuel. – On a toujours dit qu'il fallait l
'accueil des migrants, mettre un terme aussi au grand conflit. Écoutez, la France est quasiment aujourd'hui le premier vendeur d'armes dans le monde. Ça pose quand même un petit problème. On est partis sur les rois-gas, mais on n
'a
pas parlé du Yémen. Il y a 15 000 morts l'année dernière, 7 millions de gens qui sont en
situation
de famine, et la France arme actuellement l'Arabie Saoudite. L'autre jour, j'étais en commission défense à l'Assemblée nationale, on a proposé dans la loi le fait que la France
ne vende pas… – Ah, vous aussi, vous avez été
puni, alors
? – Que la France ne vende pas des armes à des pays qui sont dans des guerres qui ne
sont
pas sous le mandat de l'ONU. Et nos amis députés En Marche ont rejeté cela. Donc si on veut éviter le phénomène des migrants, c'est-à-dire que des millions de femmes et d'hommes soient jetés sur des routes dans des pays en guerre, il faudrait peut-être qu
'on
se pose la question d'assécher et de mettre un terme à des conflits ou parfois
que
nous organisons et nous sollicitons par rapport à les armes que nous vendons.
– C'est ce que dit le
pape d'ailleurs.
– Il a bien raison, il a bien raison. –
Le pape François, dont on a parlé la semaine dernière et qui lutte aussi contre ce
monde…
–
Non, non, mais il
a une parole forte et c'est très bien.
Il peut venir
à la France insoumise, il est le bienvenu. – On n'est pas loin de sa parole avec le dessin que vous avez choisi, on termine par ça. Le dessin d'Alexis Corbière, choisi cette semaine dans Marianne, un dessin signé gros. Il y a de bons et de mauvais, feignants, et on en voit un bon, enfin, d'après le libéralisme, j'ai bien compris le dessin, mon argent qui dort, il me rapporte, moi ou lui. Et on voit une différence entre deux feignants. Bon, on a compris évidemment le bêtise
que vous vouliez faire passer.
–
Ce
mot de feignant était le mot de la manifestation l'autre jour. Salut les feignants, les signes… – Et ce sera le cas encore le 23 septembre prochain.
– Sans doute,
on invite tous les feignants à manifester le 21 et le 23.
– Parfait, bon week-end à la fête de
l'Huma. – Merci, merci beaucoup.
– Et on vous remercie d'avoir accepté cette première invitation chez nous, Alexis Corbière.
– Merci beaucoup.
– A bientôt.
– C
'est Florent Pagny qui va s'installer dans ce fauteuil.