Censure : "C’est dans les mains de ceux qui ont fait le choix du pire", affirme Marc Fesneau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse partielle
Pensez-vous que le gouvernement Barnier va tomber ?
- 0:43RelanceÉludée
Vous mettez tout le monde dans le même sac, vous mettez les quatre parties de gauche ?
- 1:54OuverteRéponse partielle
Ça veut dire que Marine Le Pen peut faire volte-face ?
- 2:29OuverteRéponse partielle
Pourquoi Michel Barnier ne cite qu'une seule personne, c'est Marine Le Pen ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Michel Barnier a fait des compromis avec la gauche ?
- 4:23RelanceRéponse directe
Vous accusez les socialistes de ne pas avoir fait barrage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:50Invité politiqueChiffre
« Elle a 145 voix à l'Assemblée Nationale, c'est un quart de l'Assemblée Nationale. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Elle joue à la confusion, à l'irresponsabilité, et en fait elle n'est jamais dans cette configuration responsable de rien. »
- 4:30Invité politiqueFait
« quand vous avez un courrier le dimanche pour une CMP conclusive le lundi, j'ai l'impression que le mot de « oui, ils ne se réveillent que maintenant » n'est pas complètement inapproprié. »
- 7:30Invité politiqueFait
« Moi-même, et nous tous, on a pensé qu'au fond, elle faisait danser tout le monde pour qu'à la fin, elle dise, bon, on vous laisse continuer un peu. »
Temps de parole
- Marc Fesneau70 %
- Présentateur30 %
≈ 13 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
8h48, Sonia De Villers, votre invitée, est députée du Loir-et-Cher et président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée Nationale. Voilà, un des quatre piliers de ce qu'on appelle le bloc central sur lequel est censé s'appuyer le gouvernement tant qu'il y en a un. Bonjour Marc Fénault. Bonjour. Justement, la gauche et le Rassemblement National, on l'a dit et redit, ont déposé des motions de censure. Le Rassemblement National s'est engagé à voter tous les textes. Pensez-vous, alors pensez-vous ce matin, que le gouvernement Barnier va en effet tomber ?
Écoutez, ce n'est pas dans les mains des groupes qui soutiennent le gouvernement Barnier, c'est dans les mains, comme l'ont très bien dit d'ailleurs Dominique Seux et Patrick Cohen à l'instant, de ceux qui ont fait le choix à la fois du pire et de l'irresponsabilité. Il est encore temps de se ressaisir, parce qu'il y a des conséquences. Alors, ce n'est pas l'apocalypse...
Ceux qui ont fait le choix du pire et de l'irresponsabilité, vous mettez tout le monde dans le même sac, vous mettez les quatre parties de gauche, enfin les quatre formations de gauche et vous mettez...
Le juge de paix, pardon, ça va être mercredi dans la journée ou jeudi matin. C'est là qu'on va voir ceux qui, dans la situation difficile dans laquelle est le pays, dans un contexte mondial... Vraiment, je n'ai pas envie de rentrer dans l'apocalypse, mais dans un contexte européen et mondial qui est un contexte compliqué, qui ont par leur vote la capacité ou non à rajouter du chaos à une situation déjà difficile.
Et donc, j'ai toujours espéré, je l'ai dit d'ailleurs au moment de la déclaration de politique générale, je l'ai dit à la fois à Michel Barnier, parce que le message, il était pour nous, Bloc Central, et pour ceux qui autour pouvaient, non pas simplement soutenir, soutenir, c'est plus compliqué que ça, je sais que c'est compliqué de s'affranchir. Le Modem s'est affranchi il y a très longtemps avec François Bayrou, de son alliance historique avec la droite, et je sais ce qu'il en a coûté à l'époque. Et donc, c'est compliqué la liberté.
Mais quand même, dans des moments comme ceux-là, qui sont des moments importants pour le pays, qu'on puisse s'affranchir, j'avais envoyé ce message-là, lors de la déclaration de politique générale, en disant qu'il faut parler, y compris à ceux avec lesquels on n'est pas d'accord, pour essayer de trouver des terrains d'entente. Avec un mot qui n'est pas un gros mot, qui est un mot du vocabulaire français, qui s'appelle le compromis. Nous n'y sommes pas, mais peut-être qu'il y a des signaux qui peuvent être envoyés encore, ne serait-ce que déjà, en ne votant pas cette motion de censure.
Ça veut dire que Marine Le Pen peut faire volte-face ?
Non, mais ce n'est pas à Marine Le Pen que je m'adresse, puisque je rappelle qu'au mois de juillet, tout le monde...
Oui, mais Michel Barnier, lui, s'est adressé à Marine Le Pen. Il a fait le choix de parler avec elle, il a fait le choix de négocier avec elle, il a fait le choix de faire des concessions à Marine Le Pen, il a fait le choix de la citer expressément, elle et personne d'autre, dans son communiqué hier, où il s'engage finalement à ne pas dérembourser les médicaments.
Pardon, les mesures sur l'électricité, les mesures sur le déremboursement des médicaments, les mesures sur les retraites, ça a été posé à la fois par des groupes comme le mien, et ça a été posé par la gauche.
Alors pourquoi est-ce que dans le communiqué d'hier, Michel Barnier ne cite qu'une seule personne, c'est Marine Le Pen. Au point que Marine Tondelier, l'écologiste, a réagi en disant la honte.
On ne peut pas à la fois ne rien faire pour s'extraire de la tutelle d'une certaine façon, dans laquelle nous sommes tous de Marine Le Pen, parce que c'est ça la vérité. Elle a 145 voix à l'Assemblée Nationale, c'est un quart de l'Assemblée Nationale. Nous avons fait un front républicain le 7 juillet. Ça ne se termine pas le 7 juillet, parce que sinon avec 145 voix et un quart de l'Assemblée Nationale, vous voyez bien qu'elle fait danser tout le monde. Pourquoi elle fait danser tout le monde ? Parce que personne n'est capable de se dire on n'est pas d'accord sur un certain nombre de sujets, mais on peut être d'accord sur un certain nombre d'autres.
Et donc, ne critiquons pas seulement l'attitude de Marine Le Pen, critiquons aussi ceux qui, mais essayons-nous aussi de faire la part du chemin, mais critiquons aussi ceux qui ne sont pas capables de dire continuez à nous affranchir de Marine Le Pen. Parce que Michel Barnier aujourd'hui, n'importe qui demain, c'est le même sujet. Vous voyez bien le jeu que joue Marine Le Pen. Elle joue à la confusion, à l'irresponsabilité, et en fait elle n'est jamais dans cette configuration responsable de rien. Pour qu'elle soit responsable de tout, il faut que chacun prenne ailleurs la part du compromis qu'il faut faire.
D'accord. Michel Barnier, il a fait des compromis avec la gauche. Michel Barnier, il a donné des gages à la gauche.
Le déremboursement des médicaments, la question sur les retraites, la baisse de la taxe sur l'électricité ou le maintien de la taxe à son niveau, c'est signé en faveur de l'extrême droite ?
Boris Vallot, président du groupe socialiste, il a adressé une lettre cinglante à Michel Barnier.
Dimanche. Dimanche. Il n'est jamais trop tard pour ne rien faire. C'est-à-dire ? Non mais je veux dire, il ne faut pas se moquer du monde. Nous sommes dans... Il y a une CMP conclusive. Vous voyez, le texte est soumis le lundi. Et Boris Vallot dit « Oh ! Mon Dieu ! J'ai encore une idée dimanche ! » Mais pourquoi pas lundi matin tant qu'on y est ? Je veux dire, il faut qu'on sorte des faux-semblants. Il faut que chacun sorte des faux-semblants.
En fait, vous accusez les socialistes, c'est-à-dire que les socialistes n'ont fait barrage.
Vous voyez bien.
On était inertes, ont refusé le dialogue et ils ne se réveillent que maintenant ? C'est ça que vous dites ?
Écoutez, quand vous avez un courrier le dimanche pour une CMP conclusive le lundi, j'ai l'impression que le mot de « oui, ils ne se réveillent que maintenant » n'est pas complètement inapproprié. Je dis juste qu'il n'est pas trop tard pour bien faire.
Michel Barnier leur avait tendu la main ?
Non mais Michel Barnier, ça a été très bien rappelé par Patrick Cohen, quand il est nommé au gouvernement comme Premier ministre, le païès dit « Je ne veux pas le voir avant... » « Je ne veux pas voir le Premier ministre avant la déclaration de politique générale. » On avisera sur la déclaration de politique générale.
Donc on se retrouve dans une situation où c'est Marine Le Pen qui dit « Je vais faire voter la motion de censure de la gauche » et c'est la faute de la gauche.
Non, je dis... Attendez, d'abord, la gauche a sa propre responsabilité. Elle n'est pas obligée de voter une motion de censure. Je n'en fais pas une unité. Vous écouterez, vous relirez ce que j'ai dit lors de la déclaration de politique générale. J'ai dit « Veillons à ouvrir aussi les bras, si je peux dire, à la gauche. » Parce qu'on a peut-être des choses en partage. Je constate que ça n'est pas le cas. Mais il n'est pas trop tard pour bien faire. Parce que quoi qu'il se passe mercredi ou jeudi, chute du gouvernement Barnier ou pas, et on fait quoi le lendemain ? On continue ce petit cirque ridicule. Et donc on a besoin de s'assaisir.
Il va falloir qu'une partie de la gauche s'extirpe et s'arrache de la domination, pour ne pas dire de la tutelle. Et je sais ce que c'est d'être sous la tutelle. Mais je sais ce que c'est que de pouvoir s'en arracher. C'était il y a 15 ans pour nous. Et donc il faut que la gauche, dans ses responsabilités, la gauche de gouvernement, celle qui veut gouverner, pas celle qui veut être spectateur.
Je traduis, le modem c'est « arracher à la tutelle du RPR et des réflexions ».
Historiquement, UDF de la droite. Et donc on a pris notre indépendance.
Vous invitez les socialistes à s'arracher à la tutelle de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumi. Mais oui, parce qu'ils seront sur leur conviction.
Et je les assure que c'est tellement mieux et plus confortable d'être sur ces convictions.
Et s'ils s'arrachent à la tutelle de Jean-Luc Mélenchon et des Insoumi,
C'est pour le bien du pays aussi.
Vous êtes prêts à faire un compromis, une alliance ?
Mais bien évidemment qu'on est capable de parler avec les sociodémocrates, avec la gauche modérée, avec une partie des écologistes.
Si le gouvernement tombe mercredi, il faut un prochain gouvernement. Qui pour le diriger ?
Ah oui, mais Léon, enfin moi je ne suis pas dans la politique fiction. Moi je fais en sorte que le gouvernement Barnier tienne. François Bayrou ? Non, non, mais... Puisque vous êtes au milieu et que vous vous dites... Non, non, mais je ne suis pas là venu sur France Inter ce matin, vous expliquer que donc vous attendez la chute de Michel Barnier.
On peut tendre la main aux socialistes.
Mais ça n'est pas qu'une question d'hommes. Évidemment que François Bayrou est dans cette disposition d'esprit. Je suis son premier vice-président moderne, je chemise avec lui.
Ah, il est dans cette disposition d'esprit ? Parce que Jean-Philippe Tanguy, qui est vice-président du Rassemblement National hier, a dit que François Bayrou a toujours été très respectueux avec lui.
Oui, non, mais moi je ne prends pas mes ordres chez Jean-Philippe Tanguy. Et François Bayrou non plus. Donc, vous voyez, on ne va pas danser, tandis que le chat joue avec les souris. Donc moi je ne suis pas une souris, je suis un responsable politique. Je n'attends pas les oucas ou les bénédictions, si je peux dire, de M. Tanguy ou des autres, pour savoir ce que j'ai à faire. Parce que sinon, on retombe dans le même piège. Et donc j'invite à sortir de ce piège.
Revenons à des questions simples. Est-ce que vous diriez, comme Dominique Seux vient de le dire dans son édito, que Michel Barnier s'est trompé, qu'il a cru que Marine Le Pen bluffait ?
Non, je ne suis pas forcément à penser ça. D'abord, tout le monde s'est interrogé sur l'attitude finale de Marine Le Pen. Moi-même, et nous tous, on a pensé qu'au fond, elle faisait danser tout le monde pour qu'à la fin, elle dise, bon, on vous laisse continuer un peu, le temps qu'il faudra, le temps qu'il m'arrangera.
Donc elle vous a tous baladé, en fait ?
Mais je pense qu'elle a baladé un peu tout le monde, oui. Mais j'invite à sortir de ça, parce que je trouve ça, pour la vie politique, quand on a quelqu'un à l'Assemblée nationale qui n'a que 25% des sièges, extrêmement toxique. Elle n'a pas gagné les élections. Elle n'a pas gagné les élections parce que les Français, pas nous, les Français ont décidé qu'elle ne gagnerait pas cette fois-ci les élections.
Ce qui est particulièrement vrai aussi dans votre circonscription. Vous aviez à peine 1% d'écart entre vieux et la candidate rassemblement de la semaine.
Moi, je n'oublie pas de quoi je suis le produit. Je suis le produit d'un front républicain, mais pour qu'il y ait un front républicain au sens constructif, il faut que chacun puisse sortir de ça.
Alors justement, il nous reste une minute, Marc Fénaud, si en deux jours, est-ce qu'il y a encore des choses à faire ? Est-ce que concrètement, Michel Barnier peut proposer des choses qui fracturent les voix de la gauche et qui récupèrent les socialistes ? Est-ce que concrètement, il a des choses encore à proposer à Marine Le Pen ?
Il me semble qu'il a capacité encore à dire des choses à la gauche et aux Français sur la trajectoire qu'il veut avoir sur les questions de PLFSS. Il peut. Et les questions de PLFSS.
Aujourd'hui, demain, après-demain, il peut proposer des choses à la gauche.
Aujourd'hui, demain, jusqu'à la motion de censure. Je pense que ce n'est pas inéluctable. Leur proposer quoi ? C'est à lui de le dire. Il va s'exprimer devant les Français ce soir. Donc, on verra ce qu'il a à dire. Et à Marine Le Pen ? Moi, je ne me résous pas au cas où... Mais Marine Le Pen, ce n'est pas mon sujet, Marine Le Pen. Comprenez ? C'est ce que j'essaie de vous dire.
C'est un sujet pour beaucoup de monde. Vous venez de le dire vous-même. Elle fait dans ces choses.
J'essaie de faire en sorte que ce ne soit pas notre sujet d'obsession. Le sujet, c'est la question des Français.
Il peut céder sur la désindexation des retraites ?
Mais ce n'est pas le sujet. Enfin, on a un besoin d'équilibre budgétaire. Il faut qu'on le tienne. Et par ailleurs, il faut qu'il trouve un équilibre. Et donc, c'est ça, c'est la responsabilité. Mais il n'y a pas que le Premier ministre. Il y a nous aussi, collectivement.
Merci Marc Fainot.
Merci à vous.
Et merci Sonia De Villers. Il est 7h57.
Marc Fesneau