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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 9 juin 2017 20 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & électionsSécuritéEurope & international

MACRON MENACE LE CODE DU TRAVAIL ET LES LIBERTÉS PUBLIQUES - Mélenchon chez Bourdin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Commentaire sur la situation politique en Grande-Bretagne et le Brexit ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Pourquoi parlez-vous de "révolution citoyenne" face à Macron ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Que savez-vous de la réforme du code du travail ?

  • 6:00RelanceÉludée

    Est-ce un procès d'intention contre Macron ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les syndicats vont négocier avec le gouvernement. Vous approuverez leur accord ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que Macron vous fait peur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:15MélenchonChiffre
    « La remise en cause de tout le code du travail, c'est-à-dire la situation juridique de 18 millions de personnes. »
  • 5:30MélenchonFait
    « Il veut transposer dans la loi ordinaire les dispositions de l'état d'urgence ! »
  • 7:00MélenchonFait
    « Monsieur Macron veut une armée de godillots qui lèvera la main en cadence. »
  • 12:30MélenchonFait
    « Demain s'il passe dans le droit commun le contenu de l'état d'urgence, ça veut dire que n'importe quel préfet peut décider de mettre Bourdin en résidence surveillée ou de faire une perquisition chez lui, sans juge. »
  • 15:00MélenchonFait
    « Le premier lobbyiste de France, c'est le premier ministre, qui lui-même était lobbyiste d'Areva. »
  • 17:30MélenchonFait
    « Si au deuxième tour, il y a un communiste qui est devant nous, il faut s'accorder avec lui. »
  • 18:30MélenchonFait
    « Le Front national, c'est ce qui nous nuit le plus, à nous, le camp progressiste. »
  • 19:30MélenchonFait
    « Bernard Cazeneuve aurait dû démissionner à l'époque. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

— Jean-Luc Mélenchon, Bonjour ! — Bonjour monsieur Bourdin. — Jean-Luc Mélenchon, juste un mot sur la Grande-Bretagne.Theresa May qui, pour l'instant, a perdu la majorité absolue et n'est pas certaine de pouvoir composer un gouvernement.

Les négociations sur le Brexit seront plus difficiles que prévu. Commentaire ? — Eh bien, mon commentaire c'est, d'abord, de remarquer que Madame May, elle, est allée devant les urnes quand elle a eu l'intention d'appliquer une autre politique que celle pour laquelle son parti a été élu.

Je trouve que c'est à son honneur, c'est la démocratie ! Leçon numéro deux, et non la moins intéressante, c'est le score de M. Corbyn, qui va avoir gagné -- la gauche, hein -- va avoir gagné 20 ou 30 sièges après qu'on l'ait traitée de diplodocus,... de tout quoi !

Ce qu'on m'a fait à moi, multiplié par deux ! Et les électeurs anglais lui ont donné une force et une puissance, que je m'espère ce dimanche. — Alors, justement, législatives, premier tour en France dans deux jours !

Emmanuel Macron préside depuis un mois, vous dites déjà : « La mèche est allumée et la révolution est en route ». Pourquoi ? — Ah !

J'ai parlé de révolution ? — Oui oui ! Vous l'avez dit, oui ! — Oui, je parle de révolution citoyenne au sens, si vous voulez... parce je veux sortir de l'imagerie que les gens ont à propos de la révolution.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est l'état d'abandon... pas du fait de M.

Macron, c'est une politique accumulée, Messieurs Sarkozy et Hollande... l'état d'abandon du pays !

C'est-à-dire que vous avez des endroits où pratiquement plus rien ne marche et où il n'y a plus aucun service public. Donc, les gens qui ont balayé les Républicains et le Parti Socialiste, c'est pas en raison des personnes de ces deux partis, c'est en raison de leur politique. Et là, s’annonce, avec M.Macron, du concentré encore plus violent !

Les deux premières choses qui sont connues, grâce à la presse, parce que sinon on restait comme des imbéciles jusqu'au premier tour, c'est la remise en cause de tout le code du travail, c'est-à-dire la situation juridique de 18 millions de personnes, et, deuxièmement, les libertés publiques et les libertés individuelles, puisqu'il veut transposer dans la loi ordinaire les dispositions de l'état d'urgence ! — Je vais y revenir. — Donc, si vous voulez, cet homme est très frontal et le pays, lui, est dans une immense attente et, à mon avis, une immense illusion à son sujet. — Bon.

Ça veut dire que la mèche est allumée ? — Oui, oui, oui ! Les gens ne veulent pas de ça. — Vous, les insoumis, vous êtes prêts à descendre dans la rue, presque !

Je lisais l'interview que vous avez accordée au magazine Society, vous l'avez lu ? — Oui ! Hélas pour moi ! — Mais pourquoi "Hélas pour moi" ?

Elle est excellente cette interview ! — Merci, M.Bourdin ! — Vous avouez, vous dites : «Le conflit est, pour moi, une stratégie politique », c'est vrai ? — Bien sûr, en 2012 c'est très classique !

Alors, en 2012...

Cette fois-ci, honnêtement, je me passerais bien des polémiques que me vaut ma langue lorsque par un mot qui me sort, qui me coule des lèvres, j'allume un incendie ! Mais, oui ça l'a été parce que, c'est assez logique, c'est le conflit, au sens.. pas la violence, le conflit la polémique qui ouvre l'esprit, effondre l'évidence, fait réfléchir...

Alors, il y a un coût au conflit, à la conflictualité, c'est que vous dites : Ah, c'est un peu trop, et en même temps, vous réfléchissez, vous dites : Oui mais, c'est pas que faux ! Et voilà comment quelqu'un comme moi fait avancer des idées qui, au départ, étaient assez minoritaires ou totalement inconnues. — Alors, après les législatives, qu'allez-vous proposer aux Insoumis ? — Alors, déjà que... — Que vont faire vos Insoumis ? — Déjà nous allons mener une bataille que nous n'avons pas choisie mais qui arrive sur nous.

Si nous avons gagné, l'affaire est réglée : nous appliquerons le programme L'Avenir en commun. Si nous n'avons pas gagné, nous constituerons un groupe et nous allons immédiatement... — Si vous arrivez à constituer un groupe... — Oui, si on y arrive.

Mais enfin si, si, si... mais... il faut bien partir d'une hypothèse... bon Écoutez, on va résumer en disant qu'en toute hypothèse, nous nous battrons sur les mots d'ordre et les perspectives du programme L'Avenir en commun.

Et donc, en lien avec le mouvement social. Pour parler simple, les gens n'ont pas le choix : quand ils vont découvrir ce que contiennent les ordonnances, — Que savez-vous de la réforme du code du travail ? Que savez vous ? — Je sais ce que la presse en a donné et je suis assez connaisseur.

Non mais, attendez monsieur Bourdin, on parle sérieusement ! Je suis assez connaisseur de la ligne politique de monsieur Macron et d'une manière générale des libéraux pour savoir ce qui s'annonce. Quand vous dites que vous renvoyez toutes les normes, les normes sociales, à la négociation dans l'entreprise, ça veut dire : vous faites un code de la route par rue ! — Mais qui dit ça ?

La presse ! — Mais non, le président... —Justement, vous avez reproché au gouvernement et vous avez reproché à Emmanuel Macron d'avancer masqués.

Donc, est-ce que vous savez ce que contient ce texte ? — Ben nous le savons par plusieurs... — Personne ne le sait ! — Ah bon !

Vous le dites mais euh...

Ben écoutez, si vous faites les questions et les réponses, Bourdin, c'est pas la peine qu'on discute, bon. — Non, non, non. Mélenchon, je vous pose la question !

Est-ce que vous le savez ? — Oui. Oui, monsieur Bourdin.

Je sais que monsieur le président de la République et son premier ministre ont l'intention de mettre le maximum du pouvoir normatif dans l'entreprise, c'est-à-dire nous ramener à l'époque où la loi et l'accord de branche n'existaient pas, c'est-à-dire à la négociation de gré à gré ! Monsieur Bourdin, oui je sais qu'ils ont l'intention de ramener la négociation sur le temps de travail, la durée du travail, l'emploi des jeunes de moins de seize ans, le droit d'alerte, le pouvoir de retrait qu'a un travailleur quand il a peur, à la norme dans l'entreprise ! Je sais qu'il a l'intention d'abolir le CDI, puisque, quand vous arriverez dans votre entreprise, vous signerez votre contrat et dedans... — Mais, n'est-ce pas un procès d'intention que vous êtes en train de faire ?

Je veux pas être là comme l'avocat du gouvernement... — Ça commence à y ressembler ! — Mais non !

Mais c'est mon rôle, c'est mon rôle Jean-Luc Mélenchon... — Je comprends. — Non, monsieur Bourdin, mieux vaut prévenir que guérir.

Écoutez-moi...

Je n'ai pas de raison de penser que le journal Le Parisien ment. Je n'ai pas de raison de penser que les hauts-fonctionnaires qui me transmettent des documents du gouvernement me mentent. Monsieur, faut pas être parano, monsieur Bourdin ! — Bon, les syndicats vont négocier avec le gouvernement.

Si les syndicats trouvent un accord avec le gouvernement, vous approuverez les syndicats ? — Ce n'est pas sûr...

Je vais vous dire pourquoi. Parce que je suis républicain. Dans la conception contractuelle et corporatiste de la société, le gouvernement discute avec les syndicats et s'accorde avec les syndicats.

Ils évaluent un rapport de force et ils passent un accord. Mais, monsieur Bourdin, là vous venez de parler du gouvernement, du patronat et des syndicats de salariés. Et la société, elle est où là-dedans ?

La société, ce sont les députés. Le parlement doit pouvoir négocier. Monsieur Bourdin, je m'étonne qu'un homme comme vous ne marche pas au plafond en entendant dire qu'on va changer tout le code du travail, et que les parlementaires ne pourront pas changer ni un mot, ni une virgule au texte que le gouvernement va décider, puisqu'il le décidera par ordonnances.

Le seul pouvoir des parlementaires, ce sera de dire oui ou non. C'est pour ça que monsieur Macron veut une armée de godillots qui lèvera la main en cadence, et il s'en est d'autant mieux assuré que la plupart de ses candidats, un très grand nombre d'entre eux, sont des gens qui sont directement liés au MEDEF et aux lobbies de l'industrie, du commerce et des services de ce pays. On ne compte plus le nombre de lobbyistes qu'il y a parmi ces candidats.

Le premier lobbyiste de France, c'est le premier ministre, qui lui-même était lobbyiste d'Areva, le lobby nucléaire, dans un gouvernement qui, au cours des cinq prochaines années, doit prendre des décisions sur 19 réacteurs nucléaires. Alors, monsieur Bourdin, faut pas prendre trop les gens pour des...

Et c'est mon rôle en plus de le dire, d'alerter ! — Ben oui, oui ! C'est mon rôle de poser des questions, Jean-Luc Mélenchon !

Le rapport de force toujours, vous êtes dans le rapport de force, volontairement, vous l'avez choisi, pourquoi pas ? Vous dites aussi : « Il faut détruire, (j'ai lu, cet interview m'a passionné), il faut détruire la classe médiatique. Ce sont les réseaux sociaux qui ont fait notre force. » C'est ce que vous dites, vous êtes bien d'accord ?

Est-ce qu'Emmanuel Macron vous fait peur ? — Ah, il est euh... — Est-ce qu'il vous fait peur ? — Peur, non mais...

Parce que bon, j'ai mon âge et... et que j'ai appris à savoir à quel point les choses sont passagères.

Je pense qu'il va être dans un état qui va me servir. Car évidemment, je me vis comme celui qui a la responsabilité d'animer l'opposition humaniste, écologique et sociale face à lui, d'accord ? Alors, je pense qu'il va... je pense qu'il va commettre l'erreur...

Vous savez, il a dit qu'il était "jupitérien". Imaginez-vous que je vous aie dit une chose pareille, ce que m'auriez dit, monsieur Bourdin. Oui !

Jupitérien. Y a un vieil adage latin qui dit : "Jupiter rend fou ceux qu'il veut perdre." Cet homme va finir par croire qu'il est capable de marcher sur les eaux.

Mais ce n'est pas possible. Ici, c'est le peuple français, qui est rebelle, qui est insoumis par nature, et qui n'acceptera pas de se soumettre à l'incroyable ordre social et juridique que monsieur Macron est en train d'installer . Monsieur Bourdin, demain s'il passe dans le droit commun le contenu de l'état d'urgence, ça veut dire que n'importe quel préfet peut décider de mettre Bourdin en résidence surveillée ou de faire une perquisition chez lui, sans juge. -- Dans des affaires de terrorisme !

Apparemment. Mais je n'en sais pas plus. -- Bon. -- Vous non plus.

Vous savez ce qu'il y a dans la presse ? C'est ce qu'on reproche à Emmanuel Macron. Vous le lui reprochez... -- Évidemment. -- de ne rien dire avant la législative ! -- Ben c'est ce que je lui reproche !

Si c'était la démocratie comme en Angleterre. Madame May sait qu'elle a une situation pas croyable. Elle dit, je vais voir...

Elle dit aux Anglais, « Voilà comment je vais m'y prendre : vous êtes pour ou vous êtes contre ? » — Oui mais... — Attendez !

Cet homme-là, si y avait pas eu Le Parisien...

Parce que moi, je fais le bilan quand même. On dit que je dis toujours du mal des médias. J'ai passé trois semaines à m'user la peau... — Vous dites souvent du mal des médias, oui... — J'ai passé trois semaines à m'user, à essayer d'alerter sur le code du travail, j'arrivais à rien.

Heureusement, le journal Le Parisien a fait le boulot. Hier, c'était le journal Le Monde qui sort le texte sur... — Je vais y revenir. -- sur l'état d'urgence dans le droit commun, c'est-à-dire quatre jours avant l'élection.

Et trois jours avant, on apprend des choses énormes, soigneusement tenu cachées. — Non mais ça, d'accord. -- C'est un problème, non, pour la démocratie ? -- Mais je vais y revenir.

Il n'empêche qu'Emmanuel Macron vous répond, vous répond ! "Nous avons besoin de travailler ensemble, la gauche, la droite. Les bonnes volontés de droite et de gauche, ça marche.

Pourquoi, pourquoi, ne pas aspirer à la bienveillance ?" vous dit-il. — Bon, alors, y a deux... — Ben oui ! — C'est habile de sa part.

Mais, ça s'appelle la démocratie. — C'est ce qu'il dit aux Français ! — Ouais, ouais.

Ah mais bien sûr... — Et les Français, regardez les enquêtes, les Français le croient. -- Tout va bien alors, monsieur Bourdin !

A quoi bon parler ! -- Et les Français aspirent à cela. -- Non, non, mais... — Nous devrions tous les deux chanter Halleluyah ! — Mais non ! — Bravo monsieur Macron !

Macron merci... — Mais non !

Je ne dis pas bravo ! Je vous dis quelle est sa position. — Mais j'ai compris, tout le monde est au courant.

Il est heureux que vous la rappeliez, parce que ça nous manquait. Mais moi je suis obligé de dire : ce pays reste une démocratie. Nous n'avons pas élu un roi !

Donc, quand on élit des députés, c'est pour qu'à l'Assemblée nationale, ils défendent une orientation politique qui n'est pas forcément celle du pouvoir. Supportez qu'il y ait une opposition quand il y a une majorité. Et supportez que cette opposition ait une philosophie de la vie, la mienne, c'est celle de l'humanisme écologique et social.

Supportez qu'elle ait un programme, le mien, c'est L'Avenir en commun. Ensuite supportez qu'ils aient des bulletins de vote. Vous avez vu ? — Cachez-bien les noms. — Je cache les noms.

Mais je veux que chacun sache que dans chaque bureau de vote, vous aurez ça ! Voilà, ça c'est la lettre phi, France insoumise. Monsieur Bourdin, ça s'appelle juste la démocratie. — Mais on est d'accord ! — Faut l'accepter ! -- Bon, dernier sondage. -- Donc c'est la contradiction. -- Nous n'allons pas faire de projection en sièges.

France Insoumise, 11% ; En Marche, 29%. Finalement, Emmanuel Macron vous a volé le dégagisme. C'est lui, qui dégage.

Plus que vous ! — Écoutez. Pourquoi pas...

D'ailleurs moi, j'ai consulté ce matin ma grenouille, parce que, personnellement, j'ai aussi un horoscope.. — Et que vous dit votre grenouille ? — Oui, pour parler sérieusement, ce sont des sondages.

Je les accepte, parce que je sais que de toute façon, je perdrais mon temps à essayer d'expliquer à quel point ils sont éloignés de la réalité, comme ça a été le cas à chaque élection. — Ils se sont pas trompés à la présidentielle, — Si, ils se sont trompés. — Pas deux jours avant.

C'est pas vrai. -- Le soir même. Le soir même, monsieur Bourdin.

Le soir même les chiffres annoncés... -- Le soir même, ils étaient incertains. — C'est la raison pour laquelle vos 600 mille voix sont encore au fond de votre esprit !

Et les 7 voix par bureau de vote, c'est vrai? -- 6. -- 6 ?

Ah bon, d'accord, pardon. -- C'est important pour moi de signaler à quoi se joue une décision en démocratie, parce que, souvent, les gens se disent : "c'est pas moi". Et si, c'est toi, et chacun d'entre nous y contribue.

Voilà. Et je n'avais et je n'ai aucune rancœur sur le sujet. Mais j'y viens.

M. Macron est le président en exercice. Il a été entouré d'un immense cortège d'apologies, de chants et de danses de joie.

Bon. Et puis, il reste dans ce pays toute sorte de gens qui continuent à se dire : "Mais, où est-ce que tout cela nous mène ?" -- Mais pourquoi est-ce que... -- Et moi, je vais essayer de fortifier cette conscience... -- C'est pour ça que vous dites qu'il ne tiendra pas le choc?

J'ai lu ça aussi. -- Non, mais je ne peux pas résumer... -- Bon, d'accord. -- Il ne tiendra pas le choc ?

J'en sais rien. Je suis comme tout le monde. Mais si vous voulez M.Bourdin, quoi qu'il arrive, quel que soit le nombre d'élus que la France Insoumise, qui est aujourd'hui le premier bloc d'opposition, parce que le reste, c'est comédie.

Vous ne savez pas si le PS va être dans la majorité ou dans l'opposition. M.Cazeneuve dit qu'il... -- Le Front National aussi. -- Attendez, laissez moi finir une phrase sur les autres.

Après on passera au Front National. Mais, le PS, quand vous élisez un député PS, vous ne savez pas s'il sera avec Macron ou contre. Quand vous élisez un député LR, vous ne savez pas s'il sera, Les Républicains, avec M.

Macron ou pas. Quand vous élisez un député France Insoumise, c'est ou bien il applique son programme ou bien il est dans l'opposition. Mais quand bien même ne serions nous qu'une poignée d'élus, voyez-vous, j'accepte le scénario le pire, de toute façon, et jusqu'à notre dernier souffle, chacun d'entre nous défendra le code du travail et les protections des travailleurs.

M.Bourdin, le code du travail, c'est un document unique dans l'histoire de notre pays. Ce sont des centaines de pages, et chacune, c'est de la lutte, c'est du conflit, c'est du rapport de force, c'est du compromis fait avec le capital, avec ceux qui ont si durement traité les salariés dans le pays.

Par conséquent, rien ne nous fera jamais renoncer... -- Et ça mérite d'être dans la rue, si j'ai compris. -- Ben ça, c'est les syndicats qui vont le dire, et sinon, je m'en chargerai. -- Vous irez, vous ?

Vous vous en chargerez ? -- Mais attendez...et je me chargerai de participer à toute mobilisation en vue de défendre les intérêts des salariés.

Pardon M.Bourdin, ça nous intéresse tous. C'est la vision du monde qu'on a.

On ne peut pas être d'accord pour que les gens aillent en entreprise et n'aient aucun pouvoir, que l'on recule à ce qu'était la situation du début du siècle, parce que c'était ça la situation au début du siècle. M.Bourdin, tout de même, le ministère du travail n'a pas été créé pour qu'on y mette la DRH d'une multinationale.

Il a été créé après le plus grand accident industriel de l'histoire : 1300 mineurs enfouis dans la mine de Courrières. Ce jour là, on a découvert qu'il fallait un ministère pour, quand même, protéger les gens. Le code du travail a été inventé dans les mêmes conditions.

Alors s'il vous plaît, un peu de respect pour ce monument de la lutte d'un siècle et demi des salariés. Ça mérite mieux que des ordonnances. Ça c'est pourquoi je parle d'un coup d'état social. -- C'est un coup d'état ? -- Absolument !

Quand vous interdisez au Parlement de discuter sur les centaines, que dis-je, les milliers de dispositions que prévoit le Code du Travail, que vous allez les changer tout seul, dans votre bureau, avec vos copains, après avoir rencontré une fois ou deux les syndicats, oui, on peut parler d'un coup d'état social ! Alors je sais, le mot va encore faire jaser : "M. Mélenchon exagère !" -- Vous dites ce que vous voulez, ici. -- Je sais bien.

C'est pour ça que je viens. -- Bien. Jean-Luc Mélenchon, deux choses quand même.

Qu'allez-vous faire entre les deux tours ? Quelle consigne allez-vous donner ? Est-ce que vous allez donner une consigne ?

En Marche face au Front national, quelle consigne donnez-vous ? -- Attendez...

Boh, boh, boh. Tout de suite. Voilà.

Ça y est. Nous voilà revenus...

Ça revient. Écoutez, la consigne sera... -- Il y a des questions qui sont essentielles, non ? -- Alors écoutez mes réponses. -- Oui. -- La consigne permanente c'est : ne votez pas Front national, les gens.

Le Front national, c'est ce qui nous nuit le plus, à nous, le camp progressiste, le camp de l'humanisme. Pourquoi ? Parce que c'est les nôtres qu'il divise.

Le Front national il ne divise pas les riches, . il ne divise pas dans les beaux quartiers, il divise dans le peuple. Parce que le peuple s'entend dire : "Ton problème, c'est pas l'immigré, c'est"... s'entend dire : "Ton problème, c'est l'immigré, c'est pas le banquier." Et alors, on va commencer à se regarder... de la couleur de peau, de la religion, de toutes ces choses.

Le Front national, c'est à nous qu'il nuit d'abord. Et c'est nous, c'est notre honneur, qui l'avons fait reculer, pour la première fois, dans l'élection présidentielle. Donc, je continuerai à dire aux gens ça.

Mais attention, de là à me faire chanter en cadence, avec les autres, et marcher au pas, "Vive Macron !", allez vous faire voir ! Ça n'aura pas lieu !

Par conséquent, si je dois donner une consigne à mes amis, vous savez que c'est compliqué. Personne n'arrive à savoir où on en est aujourd'hui...

Donc, je commencerai par leur dire : "Vous ne devez jamais commettre l'erreur de prendre le risque de faire élire un député du Front national" , par ce qu'après, c'est nous qui l'aurons sur le dos. Deuxièmement : "Arrangez-vous pour ne pas favoriser nos adversaires", c'est à dire, monsieur Macron, ou les Républicains, ou... et après, ça devient plus compliqué, parce que, le socialiste, suivant le cas, c'est un qui est avec nous, qui va voter contre la confiance à monsieur Macron, ou bien il va voter à droite.

Donc, il y aura du discernement à avoir sur place. Par exemple... -- Circonscription par circonscription. -- Voilà.

Si au deuxième tour, il y a un communiste qui est devant nous, il faut s'accorder avec lui. Et si le communiste est derrière nous, il vaudrait mieux qu'il s'accorde avec nous. -- Bon... -- Ça vous parait simple... -- Bernard Cazeneuve a déposé plainte.

Je veux rapidement revenir. Finalement, finalement, ce mot : "Bernard Cazeneuve se serait occupé de l'assassinat de Rémy Fraisse", ça a permis de reparler de la mort de Rémy Fraisse, non ? -- Beaucoup, oui.

J'ai l'honneur d'avoir dans les candidats de la France insoumise l'avocate de la famille Fraisse et des jeunes gens qui ont été interpellés. La vérité, monsieur Bourdin, c'est que mot m'a coulé de la bouche au onzième discours, dans un discours de trois quarts d'heure. -- Oui mais, finalement, vous ne regrettez pas de l'avoir prononcé ? -- Sur le moment, si.

Attendez, sur le moment, je me disais : "Ah la la ! Ça va encore faire une histoire. On a à parler d'autre chose." Et puis aussitôt mes amis m'ont appelés le soir, du grand sud-ouest, et m'ont dit : "Surtout tiens bon, parce qu'enfin on a l'occasion qu'il y ait un procès, pour savoir ce qui s'est passé vraiment cette nuit là".

Compte tenu des enquêtes qu'ont menées des journaux comme Médiapart, ou surtout Reporterre.fr qui est un site extraordinaire, qui a mené une enquête, d'une profondeur inouïe, sur ce qui s'est passé à ce moment là. Et on voit que le coupable, en aucun cas ça sera le gendarme, parce que c'est un hasard que ce soit lui qui, à ce moment là, ait tiré la grenade offensive.

Ce qui n'est pas un hasard, -- C'est celui qui a donné l'ordre ? -- C'est ceux qui ont donné les ordres, d'en tirer autant, et dans le tas, et en pleine nuit. -- Bernard Cazeneuve aurait dû démissionner ? -- A l'époque, c'est ce que j'avais demandé.

J'étais pas le seul. Madame Duflot avait demandé pareil. Il y avait eu une pétition pour demander qu'il démissionne.

Donc, je trouve extraordinaire que, maintenant, tout d'un coup, il prenne ses airs de... de... de type pincé, sur une situation qu'il connait très bien. -- Donc, il y aura un procès ? -- Donc, on est venu, monsieur Bourdin, je ne veux pas abuser de la parole des gens qui s'adressent à moi, car toutes sortes de gens viennent me voir.

Mais beaucoup de gens m'ont dit merci. Merci, on va enfin savoir... et parmi les plus proches de Rémy Fraisse. -- Dernière question.

Est-ce qu'Emmanuel Macron, et je reviens sur le sujet que vous abordiez tout à l'heure, est-ce qu'Emmanuel Macron vous fait peur lorsqu'il décide d'élaborer une nouvelle loi qui transfert, finalement, l'état d'urgence dans la loi ordinaire ? -- Bien sûr. Bien sûr monsieur Bourdin.

Je vais aller au fond philosophique. Quand nous affrontons les actes terroristes, et les bandes armées terroristes, notre but est évidemment de gagner. Nous savons que nous sommes dans la durée.

Qu'est-ce que ça veut dire, gagner ? Un, ne pas se diviser. Deux, les neutraliser, par tous les moyens qui sont à notre disposition.

Et trois, ne rien changer à notre manière d'être, à notre société. Regardez comment les gens sont magnifiques de courage. Le lendemain des attentats, dans tous les pays, les gens disent : "Puisque c'est comma ça, demain, on retourne au cinéma, on va boire un coup à la terrasse d'un café", etc.

Si on accepte de mettre des mesures qui sont hors du commun, vous le savez bien, l'état d'urgence, on le met dans la loi ordinaire, ça veut dire qu'on cède sur le modèle de société dans lequel on veut vivre. Nous voulons vivre dans une démocratie républicaine. Je suis d'accord pour dire que, des fois, on coupe les cheveux en quatre, dans notre démocratie.

Mais je ne suis pas d'accord pour qu'on puisse faire des assignations à résidence, que l'on puisse faire des perquisitions chez les gens, sans qu'un juge l'ait décidé. Je ne suis pas d'accord. Et sous le gouvernement de monsieur Cazeneuve, comme lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, on a surtout, et beaucoup, utilisé ce type de méthodes contre des militants écologistes et syndicalistes.

Ce qui n'apportait pas grand chose à la lutte effective de nos services contre les terroristes. Donc, je mets en garde. Ne reculons pas sur le caractère démocratique de notre société !

Ce n'est pas vrai que la brutalité administrative rend plus efficace ! Ce n'est pas vrai. -- Merci Jean-Luc Mélenchon d'être venu nous voir.