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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 22 février 2026 107 minComplaisantDivertissementSantéSécuritéJustice

ELLE IDENTIFIE LES CORPS DES VICTIMES DÉCÉDÉES DANS LES PIRES CIRCONSTANCES : SON TRAVAIL INCONNU

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Bonjour Patricia, merci d'être là. On se tutoie ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Tu travailles avec Philippe Boxol depuis plus de 20 ans. Raconte-nous.

  • 5:48OuverteRéponse directe

    Comment identifiez-vous les victimes dans les pires circonstances ?

  • 7:07OuverteRéponse directe

    C'est possible de couler une personne dans un pilier de béton ?

  • 8:33OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous localisé la victime dans le pilier ?

  • 10:37OuverteRéponse directe

    Tu fais partie d'un réseau Interpol. Explique-nous.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:26non_speechFait
    « Vous faites tout ce qui est accident, attentat, homicide, catastrophe, corps parfois retrouvé en décomposition, c'est même dans une rivière depuis qui qui a resté longtemps. »
  • 8:33non_speechFait
    « C'est une information que alors il faut savoir aussi que nous le DVI, on est un service d'appui, c'est-à-dire qu'on a on appuie les services de police qui le demandent. »
  • 10:37non_speechFait
    « Dans chaque pays, on a créé des DVI depuis les années 80 destinés principalement à gérer tout ce qui est catastrophe. »
  • 12:45non_speechFait
    « Tous les véhicules sont carbonisés, numéro de châssisible. Il y a même plus de plaque, plus rien. »
  • 15:14non_speechFait
    « On a plusieurs facettes. On a d'abord en cas de disparition inquiétante en Belgique, on a une personne qui disparaît. »
  • 19:10non_speechFait
    « Si tu bois, tu passes le volant à ton copain. Alors, qui est au volant ? Quand vous avez trois, quatre personnes carbonisées dans un véhicule, qui est qui ? »
  • 39:34non_speechFait
    « On est tout à fait contre l'identification visuelle en cas de catastrophe aussi. »
  • 49:19non_speechChiffre
    « En France, l'année dernière 3193 personnes sont décédées sur la route. »
  • 1:02:17Chiffre
    « la SNCF parle de de plus de 500 par an à peu près, donc un peu plus d'un par jour, un et demi par jour. »
  • 1:16:24Fait
    « C'est un accident dans lequel euh il y a donc en fait ce sont des ce sont des enfants qui étaient partis euh au sport d'hiver àer et euh à le retour, il y avait trois autocars qui sont rentrés dans un tunnel et le dernier autocar a percuté une paroi »
  • 1:20:05Chiffre
    « C'est un avion qui a été abattu au-dessus de l'Ukraine le 17 juillet 2014 euh et qui transportait 298 passagers. »
  • 1:20:49Fait
    « Interpol va proposer au aux hollandais de prendre le lit, de prendre la direction de la mission d'identification des victimes. »
  • 1:22:13Fait
    « On a cinq victimes belges. On a un couple avec un petit garçon de 12 ans, leur enfant unique. Tous les trois sont décédés. »
  • 1:26:24Chiffre
    « C'était le 22 mars 2016, ça va faire 10 ans hein, on y arrive. Donc le 22 mars 2026, ça fera 10 ans effectivement. »
  • 1:40:51non_speechFait
    « Euh là bah la machine judiciaire commence hein. Donc disparition inquiétante d'un petit garçon. »
  • 1:41:33non_speechFait
    « on retrouve le petit, il a son soupule, euh il a ses cheveux crollés noirs et il a encore son pamperse. »
  • 1:43:38non_speechFait
    « Toutes les histoires sont évidemment vraies. C'est c'est c'est voilà Patricia, ils sont bien réels malheureusement d'ailleurs »
  • 1:44:21non_speechFait
    « Parfois, j'interviens sur des personnes qui sont décédées accidentellement. »
  • 1:45:05non_speechFait
    « on a eu une victime belge mais on n pas été demandée parce que la famille était sur place. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légend émission. Vous allez voir incroyable aujourd'hui avec Patricia Vaner Lindenon qui est une des chefs [raclement de gorge] du service DVI en Belgique. C'est un service d'identification des victimes quand c'est difficile à reconnaître. Fait tout ce qui est accident, attentat, catastrophe, corps parfois retrouvé en décomposition ça dans une rivière ou des corps enterrés dans le sol ou dissimulé dans des pilastres de béton. L'accident du tunnel de sière, [musique] c'était en en 2012. Oui, ce sont des enfants qui étaient partis euh au sport d'hiver. À le [musique] retour, le dernier autocar a percuté une paroie.

Les enfants étaient décédés, principalement [musique] polytraumatisé. De tr jours après, bah on a récupéré les bagages. À partir du moment où on les a récupéré, on a dit on nouvre pas les valises. Pourquoi ? Pour préserver l'odeur de l'enfant et [musique] que les parents puissent découvrir eux-mêmes l'intérieur de la valise. Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes émission.

Vous allez voir incroyable aujourd'hui avec Patricia Vanderlindon qui est une des chefs du service DVI en Belgique qui fait partie de la police fédérale, vous allez voir Disaster Victime Identification donc DVI, c'est un service d'identification des victimes quand c'est difficile à reconnaître, vous allez voir tout ce qu'elle a pu vivre. d'un crash aérien aux attentats de Bruxelles. Celle qui est allée sur place pour aider à l'identification des victimes avec beaucoup d'anecdotes aussi, vous allez voir en commun avec Philippe Boxol, médecin légiste qui a fait pas mal d'émissions ici. Ils ont beaucoup travaillé ensemble pendant plus de 20 ans puisqu'elle est aussi en Belgique à Bruxelles.

En tout cas, merci d'être là de plus en plus nombreux. Juste avant de commencer l'émission, hésitez pas à vous abonner à notre chaîne YouTube et à nous suivre si vous êtes en podcast audio. Spotify dieser Apple Podcast, Amazon Podcast, pouvez nous écouter dans l' soir par exemple en version audio. Merci en tout cas de faire de légendes, le premier podcast de France avant d'écouter les histoires de de Patricia Vaner Linden qui vient de Bruxelles qui a fait l'aller-retour aujourd'hui et juste avant de commencer l'émission avec le DVI, le système et le service d'identification des victimes, vous allez voir, vous allez apprendre beaucoup de choses aujourd'hui.

Et je voulais remercier notre partenaire pour cette vidéo. C'est Pieré Porte et fenêtre qui sponsorise l'émission. C'est une entreprise familiale belge fondée il y a plus de 70 ans spécialisé dans la conception et la fabrication de portes et fenêtres haute performance. C'est conçu pour durer dans le temps. Vous pouvez en trouver en PVC, en aluminium, en bois, en bois aluminium. Ils vont concevoir, ils vont fabriquer des menuseries pour accompagner une maison vraiment sur le long terme avec des performances thermiques élevées et de qualité vraiment supérieure. C'est d'ailleurs la seule marque du marché à proposer une garantie totale de 20 ans sur l'ensemble de ces produits.

Si vous êtes intéressé, vous pouvez retrouver un vendeur Pierré proche de chez vous partout en France et en Belgique. Pour en savoir plus, toutes les infos sont sur pierre.net. Le lien est en description de cette vidéo. Voilà, merci à nos partenaires en tout cas de nous sponsoriser cette vidéo sur les gens. Je vous rappelle qu'on part en tournée à partir d'octobre 2026. On va dans 16 villes françaises et belges et on va faire 16 grandes salles avec vous. On a réservé ces salles-là pour faire une tournée, pour faire un spectacle, un show tous ensemble sur une scène centrale.

On part avec des invités qui ont marqué l'histoire de la chaîne, des invités qui vont être là sur toutes les dates comme Philippe Boxau, le médecin légiste par exemple. Il y aura euh Julien qui est pilote de tigre euh hélicoptère de combat à l'armée française qui est toujours armée qui va venir peut-être en hélicoptère, vous verrez les les surprises. Euh il y aura aussi notamment Astronophilos, Anthony qui est astrophysicien euh et qui va venir nous raconter aussi pas mal de choses qu'on sait pas sur l'espace et ce qui pourrait aussi toucher la France notamment en rapport avec une éruption solaire par exemple. Ils vont venir chacun raconter trois anecdotes inédites.

On pourra pas filmer en salle. Vous verrez, il y a un système qui permet de ne pas filmer comme ça tout ce qui va se passer en salle va rester en salle. Vous pouvez aller sur légende-t-our.fr pour prendre vos places. Vous pouvez venir en famille, vous pouvez venir avec les enfants et cetera. On a rajouté des dates à forêt nationale justement pour parler de la Belgique puisque Patricia vient de de Bruxelles, la salle de Forêt nationale. On y sera le 23 et le 24 octobre 2026 notamment. On a rajouté aussi une date à l'Adidas Arena si vous voulez venir. Je vous mets toutes les dates en tout cas qui s'affichent à l'image ici et toutes les dates dans la description.

Il suffit juste d'aller sur légende-tour.fr billetterie ou tout en bas du site et vous pouvez prendre comme ça vos places. Allez-y, il y en a de moins en moins. Et merci en tout cas, je vois vous êtes très nombreux à prendre vos places donc merci beaucoup. On a hâte de vous voir. Et c'est parti maintenant avec Patricia Vanerlindon qui est inspectrice principale et coordinatrice du DVI, donc le service d'identification des victimes sur les gens. On y va. Bonjour, je m'appelle Patricia Vanerlin, je suis première inspecteur principal à la police fédérale belge et je vais à parler du service dans lequel je travaille, le service d'identification des victimes. Et ben voilà, il faut que tu clapes.

Attends, faut que tu commences quand même en clappant.

4:35
Non speech

[musique]

4:36
Locuteur

Et ben voilà, bienvenue Patricia. Merci, merci d'avoir fait l'aller-retour de Belgique. Merci de l'invitation en tout cas. On se tutoir, c'est ça ? Bien entendu, il y a pas de problème. Alors, on a un ami commun avec Patricia Philippe Boxo, le médecin d'égiste, tu as travaillé avec lui. On l'a appelé d'ailleurs en vidéo il y a juste avant de commencer le tournage et il m'a dit que vous avez travaillé plus de 20 ans ensemble. Donc vous avez fait beaucoup d'autopsie, beaucoup de de désastres ensemble. Malheureusement, on se connait bien. Donc, on a travaillé sur des catastrophes dans la rue Léopole notamment, c'est un immeuble qui s'était effondré en 2010. Explosion de gaz, non ?

Oui, une explosion de gaz le 27 janvier 2010 dans lequel on a 14 victimes qui sont décédées. Et donc toi, tu tu travailles. Donc il y a marqué DVY si vous nous écoutez en podcast audio. Donc DVI euh sur ton polo euh polo noir marqué DVI Belgium. Donc DVY c'est disaster Victim identification donc euh service d'identification des victimes. Victimes. Voilà, c'est en anglais parce que c'est c'est vous bossez aussi beaucoup avec Interpol parce qu'il y a il y a ça dans chaque pays. Il y en a en France, il y en a dans tous les pays parce qu'on a besoin de malheureusement parfois de d'identifier les victimes n'importe où. Tout à fait.

Dans chaque dans chaque pays, on a créé des DVI depuis les années 80 destinés principalement à gérer tout ce qui est catastrophe. En Belgique, nous travaillons quotidiennement également pour l'identification des victimes décédées. Euh, tu tu as été mobilisé sur des grosses catastrophes, on en parlera. C'est c'est toi qui a dû aller sur les attentats, sur des parfois des craches d'avion. Il faut identifier les victimes pour pouvoir remettre aussi pour pouvoir faire le deuil déjà pour savoir qui avait dans certains euh désastres comme tu dis. catastropia exactement dans l'immeublez une mais parfois il faut identifier le reste. Vous nous expliquer comment vous faites.

Parfois vous partez de l'ADN mais il y a pas que l'ADN, vous allez voir parce que parfois l'ADN bah n'est pas enregistrée de la personne. Voilà tout à fait. Il faut des descendants à ce moment-là pour pouvoir identifier la victime ou avoir des objets lui appartenants. Vous vous avez quand quand le corps ne peut plus être reconnu, que vous puissiez savoir deux trois infos puis après on va revenir sur le sur le parcours. Vous faites tout ce qui est accident, attentat, homicide, catastrophe, corps parfois retrouvé en décomposition, c'est même dans une rivière depuis qui qui a resté longtemps. Parfois, il y a des meurtres où les gens coulent le décor et ça remonte longtemps après.

Donc c'est très difficile ou décor enterré dans le sol ou dissimulé dans des pilastres de béton. Ça ça arrive ça ? Oui, on a eu notamment eu un cas où on a une dame qui avait disparu et 3 ans plus tard, elle a été retrouvé coulé dans une pilastre de béton dans un dans un dans un Ouais. dans un pilier de béton. Voilà. Voilà. Qu'il a fallu à ce moment-là, il a fallu la récupérer. Euh malheureusement cette personne qui était là depuis 3 ans puisqueelle avait été cachée par son compagnon. Bon, problème intrafaméliaux et au bout de 3 ans, bah il a fallu que nous intervenions pour déjà euh récupérer voir comment récupérer cette personne.

C'était la première fois que j'étais confrontée à ce genre de dossier parce que bon, couler dans un dans un pilier de béton, c'est assez particulier. Donc nous, on travaille beaucoup avec la protection civile, je pense chez vous la sécurité civile où on a des gens qui ont été formés pour travailler avec notre service et ce sont des personnes qui savent comment on travaille. Donc qu'est-ce qu'on a fait par rapport à ça ? Bah déjà euh on a euh désolidarisé euh le pilier de béton euh de son socle. On l'a passé au RX parce qu'on Ouais. Ouais. au rayon X. On est allé jusqu'au douan belge à Zbruch avec le bloc de béton.

On a passé le bloc dans les rayons X et là effectivement on a vu une ombre parce que bon c'est pas comme dans les films he ici on voit juste on voit juste une ombre et à partir de là on a pu récupérer la personne mais pour ça on a dû travailler avec des burins manuels électriques et pendant des heures et des heures taper dans le bloc de béton pour pouvoir l'extraire. Comment vous l'avez localisé dans ce béton là ? Alors bah comment vous savez qu' était là ?

Ben, c'est une information que alors il faut savoir aussi que nous le DVI, on est un service d'appui, c'est-à-dire qu'on a on appuie les services de police qui le demandent, que ce soit euh en Belgique la police fédérale ou la police locale puisque nous on a la police fédérale et des polices locales, ce sont des polices comme les polices nationales chez vous. Nous sommes un service d'appui. Ça veut dire que nous intervenons si on nous demande et ses collègues de la police fédérale avaient reçu une information comme quoi il y avait une personne qui avait été coulée dans un pilier de béton.

Ils ont demandé notre expertise et notre appui pour la récupérer et c'est dans l'enquête judiciaire en fait. Ça existe vraiment quoi. On peut vraiment couler sais c'est un truc de mafieux dans les films. Tu sais que il te coule dans une dalle d'immeuble. Ouis. Et dans le cas de ce dossier, on était vraiment dans un problème relationnel de couple. Donc voilà, il y a pas de de et personne n'avait vu mettre cette personne. C'estàdire qu'il y avait une personne qui était au courant, celui chez qui l'auteur est allé parce qu'en fait c'était son meilleur ami et il lui avait dit "Écoute, j'ai commis une bêtise.

Euh j'ai tué ma compagne et a dit "Ouais, maintenant elle est dans la voiture, il va falloir s'en débarrasser." Et le copain comme c'était son meilleur ami, il a dit "Bah écoute, je suis justement occupée à couler un pilier de béton pour faire un chemin d'accès à mon chalet. Tu peux la mettre dedans." Voilà. Et c'est comme ça qu'on a récupéré cette et les deux ont été arrêtés. Les deux ont été arrêtés. Il y en a un qui a été condamné en Belgique à perpétuité. Mais bon, au moment où on avait donné sa peine, bah il a pris la fuite. Donc il avait été condamné par défaut et il a été retrouvé de nombreux mois plus tard caché dans un local derrière un commerce Sadomazo.

Donc il a été arrêté, il a été rejugé, recondamné à perpétuité et la personne qui avait dissimulé la personne a été condamné pour celle de cadavre à quelques années de prison. Ah, il a quelques années ? Ouais. Oui, mais bon c'est tu te dis toujours si ton meilleur ami t'appelle euh bah je sais pas ce que je pourrais faire. Si si on a eu le débat avec je sais plus quelle personne ici et et il disait qu'il savait pas justement. Bah oui, c'est difficile. Si vraiment c'est c'est meilleur ami, je sais pas. Je vais rien dire. Tu veux rien [rires] dire ici parce qu'il y a trop de monde hein. Toi tu es tu es policière donc tu es Oui. Donc je suis premier inspecteur principal de police. Oui.

Donc à la police judiciire fédérale. Donc on est vraiment voilà on fait partie c'est ce que je dis. On est un petit service avec plein de partenaires autour et nos partenaires ce sont des policiers mais pas seulement. Ce sont les médecins légistes euh les laboratoires de police technique et scientifique tous ces services qui ont besoin de nous. B par vous allez voir il y a des histoires vraiment euh incroyables. On a commencé à à lire le livre. tu as écrit un livre, je je vais le présenter juste je voulais dire un truc. Tu fais partie d'un réseau aussi d'Interpol, c'est ça ? Pour pouvoir échanger les infos avec Interpol Interpolis.

C'est-à-dire que au départ en en 1978 78 chez vous, faut savoir qu'il y a une catastrophe en Espagne de Los Alpaques. Donc c'est un camion citerne dont la citerne a explosé et cette onde de chaleur de 2000° s'est propagé dans un camping en 1978 et c'est une onde de chaleur de 2000° qui s'est étendue sur 300 m. C'est quoi une ombre de chaleur ? Une onde de chaleur, ça va être une boule de feu de 2000° qui s'est étendu sur 300 m et qui est rentré dans un camping. Un terrain de foot fait 100 m. Vous az c'est trois fois la longueur d'un terrain de foot. Donc c'est loin. Il est 14h36, ce sont les grandes vacances. Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes dans votre camping, vous êtes quoi ?

Vous êtes en maillot, bikini, vous faites la sieste, vous faites voilà, vous jouez aux cartes, vous lisez, vous profitez du soleil et en fait tous ces gens ont été surpris par cette honte de enfin par cette boule de feu mais qui reste ou c'est juste instantané ? Ça s'en va non, elle arrive et elle va vous emporter, hein. Donc tous ces gens ont été carbonisés. Ah, on est en 78. Et que fait à ce moment-là tous les pays concernés par les touristes ? Il y a 800 touristes, des Français, des Belges, des Hollandais. ou ? Oui. Oui. Non, il y a il y a 800 touristes. Il y a eu 236 morts, je pense. Il y a plus de Ouais. Don 38 38 belges. Donc qu'est-ce qu'ils font ?

Tous les pays concernés, donc italien, espagnol, voilà. Non, ils envoient des policiers sur place. On est en 78 et là tous les pays tous les pays quand il ils envoient leurs policiers sur place, les policiers se rendent compte d'une chose, comment est-ce qu'on va identifier tous ces personnes ? Tous les véhicules sont carbonisés, numéro de châssisible. Il y a même plus de plaque, plus rien. Il y a plus rien. Il y a plus rien. C'est vraiment une onde de chaleur de C'est une boule de feu. C'est c'est une citerne qui a pété. Oui. Donc c'est une citerne qui euh était en surcharge et elle avait du propylin.

Et en fait comme elle était en surcharche, il a voilà, il a roulé contre un bâtiment et il a carrément explosé. C'est un accident ou céit un c'est un accident hein. Il avait emprunté une route qu'il ne pouvait pas utiliser et malheureusement bah voilà comme il était en surcharge et qu'il a eu un accident c'est parti trop voilà immédiatement. Et qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? C'est que tous les policiers qui ont été envoyés sur place se sont rendus compte qu'on était nulle part face à l'identification. Et c'est à partir de là que dans les années 80, sous l'égterpol, ils vont développer des DVI dans le monde. Et toi, tu y étais ou pas ? Non, tu étais pas encore ?

Non, pas encore hein. Ça va Mais tu n'as pas commencé ? Non, mais c'était pas dans ce sensl [rires] [souffle coupé] c'est dire tu n'as pas commencé au DVY, au service d'identification. Tu as eu un un cursus classique, on parlait mais tu étais policière avant. Mais avant d'être policière, j'étais j'ai travaillé en Orkaa. Moi, j'ai travaillé en dans en restauration et dans des hôtels. Donc tu vas nous raconter comment tu t'as trouvé là ? Je vais juste parler de ton livre si jamais ça vous intéresse et vous aimez les livres.

Si vous avez lu, Philippe Boxo vient de lire le livre, vient de lui dire "Tuain c'était génial." Voilà, j'entendais qu'on en parlait aussi dans dans les couloirs parce qu'on l'a reçu un petit peu avant pour le préparer et ceux qui ont préparé l'émission le lit d'une traite. Donc c'est qu'il était très bien. Donner un nom au mort sur les traces d'une experte DVY donc en identification de victime. C'est aux éditions Racine. Voilà Patricia Vaneren. Je vous mettrai le lien dans si vous voulez dans la description direct de la vidéo YouTube et en podcast audio si vous nous écoutez. Spotify dieser Apple Podcast Amazon Podcast. Vous avez à chaque fois un lien dans la description.

On pourrait prendre comme ça le livre sur Amazon et le recevoir rapidement si ça vous intéresse. On va raconter quelquesunes des anecdotes. Il y en a plein. On pourra évidemment pas tout faire. Tu ça fait combien de temps que tu es au div ? Ah bah cette année donc au mois de novembre ça fera 20 ans. 20 ans d'expérience. 20 ans. C'est un service qui fait cette année ses 40 ans d'existence. Le DVI fait ses 40 ans d'existence mais effectivement ça fait 20 ans que je fais partie de l'équipe. À quel moment on fait appel à [raclement de gorge] vous ? C'est c'est c'est en Belgique, on va pas parler d'une catastrophe étrangère comme là en Espagne.

Quand il se passe quelque chose, comment ça ça marche ? Alors, on a plusieurs facettes. On a d'abord en cas de disparition inquiétante en Belgique, on a une personne qui disparaît. Il y a des fouilles qui sont entreprises par la cellule personne disparue belge et on ne retrouve pas cette personne, et ben la cellule va nous demander d'aller dans les familles de la personne disparue. Et pourquoi est-ce qu'on va aller dans cette famille-là ? C'est simplement on veut rencontrer les proches pour rédiger ce qu'on appelle un dossier antémortem. en entortem avant la mort. Avant la mort. Donc voilà, c'est Ah ben c'est un formulaire interpol.

Donc ça aussi depuis les années 80 euh on a uniformisé tous les formulaires antémortem et postmortem après la mort. Donc ici en cas de disparition inquiétante, on va prendre contact avec les proches, la personne qui connaît très bien la personne qui a disparu et on va lui poser des dizaines de questions, mais des dizaines de questions, description physique, les sourcils, la couleur des yeux, percigne. Voilà. les piercings, les tatouages, les cicatrices, on prend contact avec les médecins, on prend contact avec leurs dentistes, on va récupérer les panoramiques dentaires avec leur dentiste. Ah oui, vous faites vraiment Oui, oui, on fait donc c'est plus ou moins 15 16 pages.

On va rassembler toutes ces informations. Est-ce qu'on a des empreintes digitales pour cette personne ? Est-ce qu'on a euh de l'ADN, des cheveux ? Alors là, on va prendre des objets de la personne qui a disparu à son domicile. Alors là, on a des Moi, j'ai des anecdotes pour ça parce que bon, avant on disait "Ouais, je v tu as qu'à prendre la brosse à dents et cetera." Moi, j'ai déjà posé la question à une famille notamment où j'avais demandé voilà monsieur a disparu et il y a que monsieur qui l'utilise et là son épouse m'a répondu "Non non, moi et les quatre enfants aussi." Non, je te vois pas. Non. Ouais, si. Donc ils utilisaient tous la même brosse à dents.

Donc je n'ai pas pris la brosse à dents. Si personnes du coup utilis la même brosse à dents. On a reçu un dentiste il y a quelques temps qui nous disait qu'il fallait surtout pas faire ça parce qu'il y a des petites bactéries et parfois on a des petites bactéries qu'on se repasse et donc c'est très mauvais d'échanger une brossade même en couple à ne surtout pas faire. Mais c'est la réalité. Donc en fait, c'est une question que je pose aujourd'hui. Est-ce que vous monsieur est seul à à prendre la brosse à dents ? Elle dit euh non tout le monde alors on prend un autre objet d'habitude. Ah là. Voilà. Donc ça c'est le formulaire antémortem. Donc ça c'est disparition inquiétante.

Est-ce que ça va jusqu'à euh savoir si la personne disparue était gauchère, droitière ? Pas au niveau. Non, pas au niveau mais par contre on va demander si elle a eu des fractures quand elle était plus jeune. Pourquoi ? parce que l' est peut-être mal consolidé hein si elle a des protestes. Donc ça ce sera lors d'autopsie avec des médecins légis qu'on va pouvoir voir tiens si lui constate qu'il y a un osement qui est mal consolidé ben nous si on a une information que la personne a une fracture dans sa jeunesse et peut-être à ce moment-là on va pouvoir faire le lien.

Avant de parler d'anecdote précise, tu tu as combien d'affaires par an qu'on imagine en moyenne sur une fourchette très large Voilà, nous sommes une petite équipe de quatre personnes à Bruxelles et on est cette année, on a terminé avec 200 210 dossiers he 210 210 non 210 dossiers que ce soit antémortème mais on a également tout ce qui est postmortem parce que pour le moment voilà les facettes c'est antémortem et on fait également du postmortem donc ça c'est quand on a une personne qui est non identifiée non identifiable qui est décédée donc qu'est-ce que c'est une personne non identifiée c'est une personne qui a retrouvée sans documents d'identité.

Donc tu as une personne qui est décédée, ça arrive souvent ça. Bah de plus en plus avec les transmigrants, les jeunes qui sont en séjour illégaux hein. Donc on a beaucoup de jeunes qui passent par la Belgique pour rejoindre l'Angleterre, malheureusement décèd chez nous et ils n' sont pas forcément porteurs de documents d'identité. Donc ça c'est problématique ça. Ce sont des victimes non identifiées et on a également les personnes qui sont non identifiables. Donc nous travaillons également euh pour les accidents de la route. Donc voilà, vous appelez ça comment ? Accident de la circulation de la route. Voilà camion, voiture.

Et parfois tu as pas le tu as plusieurs personnes dans la voiture, il y a pas plusieurs voilà et non pas forcément. Tu peux encore avoir quelque chose mais qui est qui Nous on fait beaucoup de campagnes en Belgique, la campagne BOP. C'est-à-dire que si tu bois, tu passes le volant à ton copain. Alors, qui est au volant ? Quand vous avez trois, quatre personnes carbonisées dans un véhicule, qui est qui ? Donc ça, on notre rôle, voilà, notre rôle, c'est de savoir qui se trouve au volant de la voiture, qui est le passager et qui sont éventuellement les passagers à l'arrière. Ça, c'est notre travail d'identification. C'est ce qu'on appelle l'examen postmortem.

Donc ça, on fait des antémortems, on fait des postmortem et on fait également du nécrosearcherche. Donc ça c'est une personne éventuellement comme la dame dans le béton qui a été coulée mais on peut très bien être amené à déterrer quelqu'un qui a été euh enterré par un auteur. C'est notre travail aussi. 3 ans dans un plot en béton, tu peux plus reconnaître le corps comme ça à l'œ nu. Il faut avoir des détails. Alors il faut savoir que elle était pas la victime était particulièrement bien conservée. Pourquoi ? parce que vraisemblablement ils ont mis la victime décédée dedans, ils ont coulé immédiatement le ciment dessus. Donc il y a pas eu d'oxygène. Et elle était la couleur Oui.

étonnamment parce que en fait ça était surprenant parce que quand on a quand on est parvenu à la sortir, elle avait la couleur de notre peau actuelle. Oui. Oui. Elle était encore rose he elle n'était pas devenue verte ou non du tout parce qu'en fait elle n'a pas eu le temps de comme un sarcophage. Voilà. Ah bah c'est le principe des sarcophage en fait. Tout à fait.

Et pour reprendre ton parcours pour comprendre comment tu t'es retrouvé au DVI justement euh je vais dire jusqu'à la fin si tu veux bien service d'identification c'est peut-être plus simple ou DV DVI comme DV c'est bien aussi euh tu faisais quoi avant tu tu as commencé à la police euh tu as fait combien de temps en tant que policier pour comprendre comment tu te retrouves là parce que c'est pas anodin de se retrouver dans un service comme ça faut le vouloir. Ben avant de rentrer à la police en fait j'ai commencé à travailler à 17 ans. Obligé par les parents d'aller travailler parce qu'à l'époque on discutait pas. Moi je voulais devenir médecin ou avocat. J'ai un peu raté.

Mais c'est pas grave. Et euh tu as l'air d'aimer ta vie en tout cas quand ? Ben voilà. Mais j'ai pas de regret malgré que médecin, j'aurais bien aimé tout ce côté voilà relationnel toujours aider. Oui, c'était déjà dans mon dans mon optique mais mais tu aides aussi les gens quand tu vas permettre malheureusement de Ah mais aujourd'hui vraiment voilà et d'ailleurs c'est ce qui me permet de tenir parce qu'en fait au DVI il y a beaucoup de gens qui nous disent oui mais en fait tu es toujours confronté à la mort. Je dis oui mais moi je travaille pour les vivants.

J'ai dis malheureusement la victime je ne peux plus rien faire à je dis à pour cette personne je ne peux plus rien faire seulement lui redonner une identité pour que les proches puissent avancer parce que parfois vous allez voir il y a de la reconstitution la reconstruction faciale notammentation donc quand quelqu'un est retrouvé un peu dans un dans un état très abîmé très avancé lui redonner une apparence à la famille quoi. Voilà, on a des collègues qui qui font ça et pour ma part, j'ai fait une formation de restauration faciale. On en parlera après et puis on vous montrera des photos aussi si voilà donc en fait bon 17 ans, je vais commencer à travailler.

Je travaille en Orka, hôtellerie, restauration et je voulais rentrer à la gendarmerie belge mais parce que ça m'intéressait beaucoup mais malheureusement j'avais pas le diplôme. Je suis parvenue quand même rentrer à la police, l'équivalent de la police municipale chez vous où je vais travailler 2 ans et là, j'ai une opportunité de faire un examen qui me permet de de participer au aux examens d'entrée pour rentrer à la gendarmerie.

C'est c'est une sorte de jury central et là je vais le réussir et à ce moment-là je vais faire toute la démarche pour devenir gendarme et en 95 je rentre à la gendarmerie qui n'existe plus aujourd'gique qui n'existe plus puisqu'elle a voilà elle a été dissoute en 2001 et euh à la fin de ma formation d'un an en internat je vais rejoindre la brigade de Bruxelles. Je vais faire de l'intervention et en 2001 à la réforme, je vais me retrouver à la police locale, je vais retourner à l'école pour avoir mon grade d'aujourd'hui et mais toujours avec l'envie de rentrer au DVI. Donc voilà.

Oui, oui, j'avais déjà je en fait je croisais déjà la gendarmerie des collègues qui travaillaient pour le DVI, ce qu'on appelle le pool DVI parce que bon, la Belgique étant un petit pays, nous sommes 4 c personnes centralisées à Bruxelles à travailler 100 % dans ce travail-là. Mais on a également réparti dans toute la Belgique, dans chaque arrondissement judiciaire, on a des personnes qui travaillent à la police judiciaire fédérale, qui ont été formé par nous et qui vont nous renforcer en cas de catastrophe. Première fois que tu te retrouves face à un corps.

Est-ce que tu peux nous raconter parce que faut faut c'était c'était pas à l'époque du DVI justement, c'était à l'époque où tu étais policière ou jearmme mais ça t'a pas choqué ? Alors le premier, voilà le premier mort que j'ai eu quand je suis rentrée à la gendarmerie, c'était un jeune de 23 ans, je m'en souviens encore. Donc en fait il était on avait le bureau de la gendarmerie dans la rue et on me demande d'aller dans l'appartement en face et dans l'appartement en face, je monte dans le tes bureaux Oui.

en face, le trottoir en face et là il y avait une personne qui était retrouvée décédée dans un dom dans un appartement et c'était une maman qui avait téléphoné qui se trava qui se trouvait à la côte belge et son fils était à Bruxelles et elle il devait la rejoindre pour le weekend, elle avait pas de nouvelle donc elle avait téléphoné à la gendarmerie en disant "Je suis inquiète, c'est pas dans les habitudes de mon fils. Euh est-ce que vous voulez pas envoyer une équipe sur place ?" Donc les collègues, qu'est-ce qu'ils font ? qui traversent le trottoir, ils vont sonner, on ne répond pas, on téléphone au parquet au magistrat en disant voilà on a une maman qui s'inquiète.

Le magistrat il dit "OK, rentrez dans l'appartement la porte". Oui. Oui. rentrer pour aller vérifier s'il y a pas eu quelque chose hein. Donc c'est c'est ce qu'on fait. Et quand les collègues arrivent, le jeune est assis sur sa et c'est très particulier en fait hein, il est encore assis sur sa sur sa chaise et devant lui il y a une petite table avec des petits sachets de ce que je pensais des stup des stupéfiants, de la drogue et cetera et il est figé dans la mort mais il se tient la tête et il est comme ça. Tient droit quoi. Oui. Je tient ainsi ou dire les mains se tiennent. Oui oui avec les mains qui étaient il était vraiment les mains qui tiennent la tête.

si vous nous écoutez en podcast figé, il était figé et euh donc moi Jean gendarme Jean recrue, c'est mon premier mort hein à la gendarmerie. Donc moi j'arrive et puis les collègues me dit "Bah écoute, il faut attendre le le médecin allégiste, c'était pas Philippe, c'était un de Bruxelles qui doit arriver et tu dois rester avec ce jeune homme he Adrien. En fait ça, on peut peut-être le signaler aussi dans le livre. J'ai changé les prénoms par respect." Ouais. et et parfois peut-être la ville, tu as dit euh c'est comme Philippe Boxo, parfois il change un détail. respect pour les familles. Ici, j'ai changé.

Donc ici euh on va l'appeler Adrien, c'est pas son vrai prénom mais comme ça c'est comme ça ça permet de de de voilà de comprendre mieux l'histoire. Voilà. Et Adrien se tient encore la tête et à ce moment-là, on me demande de rester, j'attends le médecin légiste. Et là, c'était un peu particulier parce qu'il était assis sur sa chaise et je me dis ou là là, c'est bizarre. Et en fait, j'ai eu besoin de de il était torsenu de le toucher pour vraiment je me dis ah oui, c'est ça la mort en fait parce qu'il était tout froid et tout rête. Et c'était mon premier mort.

Et pour comprendre que il était bien décédé parce qu'il était bien parce qu'en fait il se tenait la main, il était assis et à part qu'il bougeait pas. C'était très particulier d'ailleurs hein. Et ça c'était mon premier contact avec la mort après moi. Il était décédé de quoi lui ? Euh vraisemblablement d'Ouverdose. Il a fait un trip et euh Ouais mais il se tenait la tête parce que sûrement la tête Oui, il est resté dans son trip et c'était très très particulier. Tu te souviens de ton premier dossier quand tu vas arriver au DVI ?

Je me souviens très très bien de celui-là parce que bon, il faut savoir que quand le mon premier patron euh m' enfin mon premier patron m'a engagé donc là je suis arrivée au divia, j'étais tellement contente d'y arriver et puis j'ai une grosse crainte les odeurs parce que là entre le jeune homme voilà le jeune homme qui est décédé en se tenant la tête qui n'a pas d'odeur particulière et bon le travail du divia parce que il faut savoir que quand je côtoyais quand j'étais à la brigade de Bruxelles Je côtoyais déjà des des personnes qui travaillaient pour le DVI et eux ils m'avaient expliqué oui écoute parfois tu as des cornes décomposition ça ne sent pas bon et cetera ok donc moi j'avais une crainte par rapport aux odeurs.

Je me souviendrai toujours. J'arrive au DVI je fais connaissance avec mes collègues, on boit un café et puis on a un appel et ils me disent "Allez Patricia, on va y aller. C'est mon premier dossier. Donc on prend la route, on reste dans l'arrondissement Bruxellois. Petite appréhension ou pas pour la première fois ? Ouais. Ouais. une grosse appréhension mais j'osais rien montrer. J'étais tellement fière avec ma veste. J'avais [rires] ma veste, je dis ouais, je la quitte pas. Ouais, ouais, je suis fière, je suis au divin. Mais non, mais j'étais tellement fière parce que c'est quelque chose qui était vraiment et on est 20 ans plus tard.

Je suis toujours aussi fière d'être d'être dans ce Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui. Je reste vraiment sur le le fait que c'est un métier qui me convient à 200 %. Donc je me mets ma je pars avec mes collègues et puis alors ils me disent bah voilà c'est un monsieur qui est retrouvé accroché dans un talu et ce talu mène au chemin de fer. Juste petite précision ils te préviennent à l'avance de ce que tu vas voir ou quand vous partez vous saz pas toujours. Oui on sait pas hein mes collègues non. La seule chose qu'ils ont comme information puisqu'on est un service d'appui ils reçoivent l'information de la police municipale qui leur dit on a besoin de vous.

On a retrouvé un monsieur qui est accroché dans un talu. Donc un talu, un petit buisson. Il est accroché là et en bas de ce buisson, il y a le chemin de fer. Alors, est-ce que ce monsieur a voulu descendre jusqu'au chemin de fer ? On nen sait rien. Qu'est-ce qu'il faisait dans le talu à ce moment-là ? Dans on nen sait rien. Mais on arrive sur place.

Je suis toujours très fière avec ma veste et puis je commence à rencontrer aussi de nos partenaires à le laboratoire de police technique scientifique que vous avez voilà les autres services qui viennent pour faire les photos et cetera je rencontre des le médecin allégiste puisque là je le rencontre dans le cas du div donc il vient faire ses examens et puis quand le médecin a terminé il fait pas de problème maintenant j'ai terminé mes constatations il y a pas d'intervention de tiers pour moi il y a rien de suspect c'est pas un meurtre en gros quo c'est pas un meurtre Donc vous pouvez le récupérer. J'étais pas très fière.

Moi je dis "Ah ok, on va le récupérer maintenant." Et le collègue très gentil me dit à ce moment-là, "Bah écoute, on va prendre un sac mortuaire." Donc on ouvre le sac mortuaire et il me dit "Moi, je vais prendre le côté le le haut et toi tu as qu'à prendre le pied." D'accord ? Donc lui prend le haut et là au moment où je prends le pied, il y a le pied. Bon c'était pas évident parce que ce monsieur était là depuis plusieurs semaines et au moment où je prends le pied, il y a le pied qui me reste en main. Ça se décroche quoi. Qui se décroche oui avec la putréfaction et cetera et là j'étais vraiment pas fière.

Et là j'étais occupée à prendre sur moi en disant surtout ne montre pas surtout ne montre pas que ça n'a pas été et cetera. Donc j'ai pris sur moi, je l'ai mis dans le sac mortuaire et on a emporté ce monsieur. Et ce qui est triste dans cette affaire, donc ça c'est le côté vraiment par après qu'on va apprendre que ce monsieur en fait avait été expulsé de son logement. C'est une personne qui est plus voilà entre d'une soixantaine d'années. Il avait été juste expulsé de son logement. Est-ce que il avait décidé d'aller vivre dans les buissons ou est-ce qu'il comptait aller sur les rails du chemin de fer ? Ce on le saura jamais. Mais voilà donc ça c'est vraiment le côté triste de l'histoire.

C'est c'est tu as eu une histoire aussi qu' un tu disais un jeune homme de liège. C'est comme ça que tu tu cris une de tes premières histoires. Un jeune disparu à Liège. Oui. [grognement] Ça c'est pas lui hein. Alors ouais donc non ça c'est pas lui. Donc ça c'est un autre jeune homme. C'est au tout début aussi je crois ta carrière. Tu dis il y a eu deux affaires. Donc c'est celle-là et une autre qui t'a marqué parce que il y a la famille là qui rentre en jeu vivant comme tu dis. Et ça c'est mon premier anemortem au DVI en fait hein. Donc le fameux rassembler le recueil des informations sur le jeune homme.

Et bah je connais tout à fait son prénom mais pas respect pour la famille, je ne vais pas le dire mais je sais très bien qui il est. J'ai son nom, son Je sais même encore à quoi il ressemble. Qu'il a des cheveux chatins, des lunettes parce que je vois encore son visage [grognement] et c'est mon premier anemortem que je fais toute seule. Donc je pars dans la famille. J'ai été formée par mes collègues, ils m'ont déjà voilà, ils m'ont accompagné et maintenant j'y vais. Donc je rejoins et je rejoins la maman et la maman donc c'est un jeune homme qui a disparu à Liège [grognement] et je vais voir ça.

Je rencontre sa maman pour faire le recueil des informations en témorthème description et cetera et je me souviendrai toujours qu'elle m'accueille dans sa cuisine. Et ce jeune homme était l'aîné d'une fraterie de donc il avait trois frères et sœurs plus petits que lui. Donc on va rassembler toutes les informations. Voilà, c'est c'est pas facile parce que cette maman ne comprend pas parce que son fils il étudie à Liège. Il y a pas de raison. Il est pas dépressif. Le soir il a des le soir il fait des cours du soir en informatique donc il y a pas de raison. Et ce gamin, ce jeune homme, il disparaît un soir après une fête dans le carré à Lièche.

Donc c'est un quartier estudiant, voilà festif où tous les jeunes se retrouvent. Voilà où il y a tous les armes de liège. Effectivement, il disparaît. Je fais mon anthème et euh quelques temps plus tard, on va le retrouver décédé. Et là, j'ai vraiment eu un moment vraiment de où j'avais les larmes qui montaient aux yeux parce que j'étais tellement triste pour cette maman parce que tu avais vu le Oui. Oui. Parce que je voyais le désespoir et à ce moment-là, ça quelque chose et ça m'a vraiment marqué.

Et ce qui m'a surtout interpellé aussi euh c'est que à l'époque, je ne sais pas si chez vous ça se fait mais chez nous dans les journaux euh les journaux pas les magazines hein, mais les journaux euh il y a des avis de nécrologie. Il y a ça bien sûr. Voilà. à l'époque en Belgique, ça fait de moins en moins maintenant hein chez nous mais à l'époque effectivement et dans la vie nécrologique, il y a le collègue qui m'envoie le journal et mon nom est dedans. Remercie remerciement tout particulier à Patricia Oui. à Patricia Vanderline du DBI. Et là, je me dis mais allez quoi dans son désespoir, elle a le temps de Et là, je me suis dit OK, tu as fait ton boulot comme tu devais.

Et c'est ça qui me donne la force, c'est de me dire "OK, tu as fait ton boulot comme tu devais parce que pour que cette maman pense à toi à ce moment-là, elle a autre chose à penser là. Elle a autre chose à penser que la personne qui est venue rassembler les infos." Il était décédé de quoi lui ? Il s'était ça voilà. Non, j'en a pas su. Il y a pas eu d'autopsie en fait. Euh il y a beaucoup d'histoires avec l'alcool ou la drogue quand Bon il y en a il y en a hein. Bon maintenant oui il y en a pas plus que de dans d'autres raisons quoi.

Est-ce que tu peux expliquer de manière très facile à comprendre parce que toi tu peux être très technique si tu tu as des termes pour tout le monde puisse bien comprendre. C'est pour ça que j'essaie toujours de qu'on parle des méthodes. Tu expliques ça et c'est hyper intéressant. Les méthodes donc d'identification pour reconnaître. Tu dis il y a les méthodes primaires et les méthodes secondaires. Est-ce que tu peux expliquer très facilement ? Alors, les méthodes primaires, c'est quoi ? D'abord, les méthodes primaires, c'est trois choses qui sont propres à chacun d'entre nous. Qu'est-ce que toi, Qu'est-ce qui est unique chez toi ? Les dents. Les dents.

Tu disais, tu parlais parce que c'est toi qui l' dit avant. Tu as parlé du dentiste, pas avoir tu tu peux avoir deux personnes qui ont des dents impeccables sans soin. L'implantation des dents sera différente. Voilà. Mais ça voilà, le dentiste va l'expliquer. Les racines vont être différentes, elles vont avoir différentes longueurs. Donc tu as les dans l'ADN et les emprint et les emprint. Voilà, ces trois méthodesl ce sont des méthodes qui sont privilégiées quand on doit identifier des victimes dans des catastrophes. Quand il y a un grand nombre de victimes, on va privilégier ces méthodesl. Pourquoi ? Parce qu'on peut pas se permettre de faire des erreurs.

On va on a des méthodes secondaires. Et ben ces méthodes secondaires, c'est quoi ? C'est toutes ces informations que j'ai rassemblé dans le formulaire antémortem. Donc la description physique, les cicatrices, les tatouages, les percing. C'est c'est le formulaire que tu as ramené là. Effectivement, j'ai rapporté formul. Est-ce que tu veux bien nous ramener d'ailleurs, tu veux montrer les outils aussi pendant qu'on est comme ça tu déjà déjà juste le formulaire. Alors les deux. Ouais, si tu prends les deux. Tiens, merci beaucoup. Merci. Voilà. Alors, sont des formulaires interpoles. Alors, ce qui veut dire quoi ? que c'est formulaire. Alors ça c'est pour les méthodes secondaires.

Tu disais ça c'est le voilà dans c Mais tu as également une rubrique est-ce que on a su prendre les empreintes digitales de la personne oui ou non mais ça c'est le recueil des données enx Ah oui fichier interpol d'accord ça ce sont les métau enfin ça c'est le formulaire anté mortel avant la mort avant la description de la personne. On va même demander à la personne la famille de tiens où est-ce qu'il a son tatouage ? Elle va le dessiner. Est-ce que ça peut être une tâche de naissance par exemple ? Quelque chose ?

Tâches de naissance, tatouage, les malformations, les amputations, les persignes, tout les cicatrices, les oui oui, j'en ai fait il y a de jours où la maman me dit il a un énorme point de beauté à tel endroit, on va on va tout noter. Toutes ces informations, on va les ressembler rassembler là-dedans. Ça c'est le formulaire postmortem. Tu as le rose, donc il y a un fichier jaune mortel mais rose reste humain non identifié. Donc ça, ce sont les victimes décédées et en fait c'est exactement ce sont les mêmes questions, ce sont les mêmes constatations qu'on va mettre dedans. On a même ici si on trouve un corps à l'état de squelette, qu'est-ce qu'on a retrouvé comme ? Qu'est-ce qui nous manque ?

Comment squelette avec tous les eau numérotés en écoute, il faut savoir qu'il y en a 206. Si un enfant, il y en a plus parce que les eaux sont pas consolidés. Donc à ce moment-là, ben on va pouvoir dire si on retrouve un squelette, qu'est-ce qui nous manque encore commeement ? parce que on va devoir les rechercher. Tu connais le nom de tous les du corps humain ? Ça fait partie de la formation. Bah je connais plus ou moins maintenant pas aussi scientifiquement que qu'un anthropologue qui dont c'est le métier hein.

Mais le but ici pour nous c'est surtout de savoir quand on trouve un corps qui est dans un bois parce que ça arrive malheureusement qu'une personne décède est retrouvée dans un bois la nature elle va elle va [raclement de gorge] continuer. Voilà c'est ça. Voilà un corps qui est en état de putfaction. L'animal fait pas la différence entre un corps humain, un corps et un animal. Et lui, il a faim. Donc il peut effectivement tirer, voilà, prendre un morceau et on peut retrouver à ce moment-là un osement plus loin. D'accord. Voilà. Donc ça, ce sont le formulaire euh postmortem.

L'avantage de ce formulaire, c'est que si on les met l'un à côté de l'autre, les rubriques, les casses, on va avoir on va pouvoir les mettre, je vais prendre l'exemple ici. Voilà. Ça c'est antémortem et ça c'est postm Ça c'est antémortem. Ce sont les mêmes colonnes. Ah oui, exactement la même chose. Et on va pouvoir les mettre voilà, on va pouvoir les mettre en miroir pour voir si les informations que j'ai correspondent à la personne qui est décédée. Et vous avez un un à partir d'un certain nombre, vous dites c'est sûr 100 %. Bah nous on essae nous euh en Belgique quand on travaille sur des méthodes secondaires, on essaie d'avoir 12 points. 12 ? Ouais. On essaie d'avoir 12 points.

C'est-à-dire que un tatouage c'est pas forcément un point. S'il y a un monsieur, moi j'ai eu une personne qui était décédée, il était tatoueur. Bah moi, rien qu'avec son corps, je l'ai voilà, j'avais beaucoup plus que 12 points et en même temps un tatouage, on on dit trois points. Euh Ah, vous comptez par point comme ça ? Mme si vous êtes sûr si c'est tatouage, tu sais que c'est au cas où il y en a un qui tatouage ou voilà le tatoueur on était sûr parce que j'ai été dans les réseaux sociaux et je suis tombé sur sa page Facebook. Donc lui, j'avais sa photo, je l'avais devant moi donc je savais que c'était lui. Donc il y avait pas de problème.

Alors l'avantage de ce form de ces formulaires là, c'est qu'ils sont internationaux. Ça veut dire que si j'ai un belge qui décède en Australie dans un accident de la route et que les Australiens me disent "Vous devez aller dans la famille en Belgique faire". C'est les mêmes formulair Oui, c'est internationaux en quatre langues. Donc ils existent en quatre langues en français, en anglais, en espagnol et en arabe. Et si moi je dois envoyer ça en Australie, je fais dans la famille en Belgique, je l'envoie en anglais, ils savent le lire. Génial. C'est bien fait. C'est pour ça que c'est fichier Interpol donc Interpolis. Interpol Interpol. Voilà. Interpol et international. Voilà. Incroyable.

Merci. Et donc ça c'est la ça c'est les secondaires, les méthodes secondaires. Voilà, il y a les méthodes secondaires. Donc nous on essae pourquoi est-ce qu'on essaye dans le dans les dossiers quotidiens donc hors catastrophe ? Hors catastrophe beaucoup de victimes. On va privilégier les méthodes primaires à des besoin du secondaire. Ben on va également les utiliser en complément mais on va essayer d'avoir minimum une méthode primaire en cas de catastrophe avec beaucoup de victimes pour rééviter des erreurs. Pourquoi ? parce que on a d'expérience, il y a eu des erreurs, des gens qui identifiaient parce qu'on est tout à fait contre l'identification visuelle en cas de catastrophe aussi.

Ça tu ne peux pas du tout identifier. On va pas demander à quelqu'un d'aller reconnaître son enfant parce que le cerveau après voilà le cerveau peut réagir différemment. Il peut y avoir un blocage, il peut y avoir un déni. Moi je l'ai vécu. C'est une maman. Ouai avec la maman racontes. Alors effectivement la maman donc c'est la maman de Rémy et la maman c'est un prénom d'emprunt aussi. Oui, toujours hein. Donc voilà. Hors médiati, donc si c'est des dossiers médiatisés, on va garder les les mêmes prénoms. Mais tout ce qui n'est pas médiatisé, on a changé. Donc la maman de Réy. Réy elle a 6 ans, ses parents sont en instance de séparation donc n'habitent plus ensemble.

Papa est occupé à rénover une maison et Réy veut pas aller à l'école. Il a 6 ans. Donc il dit à maman : "Maman, je veux aller chez papa aujourd'hui. Bah 6 ans, c'est pas grave s'il rate l'école, hein. C'est un petit garçon, il y a pas grand." Je voilà, c'est pas grave. La maman qui dit pas de problème, elle dit "Je vais te déposer chez papa." Donc elle le dépose chez papa volontairement. Voilà. Volontairement. Et euh qu'est-ce qui se passe dans la journée ? Dans l'après-midi, apparemment la maison prend feu. Le père Ouais. la maison qui rénve feu. [soupir] Euh le monsieur, donc le compagnon ou le mari, je ne sais plus très bien qu'est-ce qu'il fait ?

Il saute par la fenêtre et on retrouve Rémi carbonisé à l'intérieur. Que fait à ce moment-là ? Il faut savoir qu'en Belgique, il très très important c'est que la famille a le droit de voir son proche parce que en France c'est pas comme ça. C'est pas comme ça par tout. Je sais pas chez vous mais en tout cas nous il y a une loi qui fait que si la famille exige oui ils peuvent voir leurs proches même très abîmé. Très abîmé. Par contre on ne peut pas les obliger à voir leurs proches. Voilà. Mais ici la maman bah elle veut voir son fils. C'est son fils unique hein. Elle veut voir Rémi et les collègues.

Donc excuse-moi toi toi tu essayes de la dissuader pour dire madame vraiment pas ce moment on n pas demandé en fait c'est la police municipale locale. Nous on appelle local chez nous municip voilà qui va s'occuper d'elle. Alors, il faut savoir chez nous aussi que au sein de chaque police, on a des services d'assistance policière aux victimes. C'est c'est-à-dire que au sein de chaque commissariat, on a des assistants sociaux et leur job, c'est d'accompagner justement les familles. On a une collègue qui va accompagner la maman parce que la maman veut voir aimer.

Ils vont pompe funèbre, il y a le petit cercueil qui est là et la maman elle arrive, elle fait "Non, c'est pas lui." parquet le magistrat et ben le magistrat elle dit OK et moi je reçois un appel il est 18h je suis de garde à la maison parce que nous on est on a des permanences comme les pompiers vous pouvez oui on est contactable rappelable à domicile avec un GSM de permanence on a un véhicule et on peut partir quand c'est nécessaire je reçois l'appel et euh le magistrat me dit on a un problème elle dit la maman, elle dit que c'est pas son fils mais la maman pertina au fond d'elle Elle sait que c'est son fils mais c'est son cerveau qui a fait un déni comme le déni de grossesse.

C'est le même principe à part que ici elle a fait elle est dans le dénis. Donc le magistrat me dit madame Vanerline on a un problème comment est-ce qu'on va faire ? Je dis bah on va essayer de l'identifier. Donc à ce moment-là je rappelle mon collègue Urgen. On se on on se fait un rendez-vous on part en voiture ensemble on arrive là-bas on va dans le au pont funèbre et effectivement je vois le petit garçon qui est là. Enfin le corps est tout à fait carbonisé. Je le manipule donc avec mon collègue, on le manipule et en le retournant au niveau de son omoplate, je trouve un petit morceau de tissu bleu style thermolactile. Donc un un petit vêtement d'hiver, un t-shirt pour l'hiver thermolactile.

Et je dis "OK, j'ai ça et euh je téléphone à C'est c'est le le on ne se peut pas se rendre compte tant qu'on l'a pas vu un corps carbonisé, mais on ne reconnaît pas du tout le visage. Oh non ! Non, il peut pas savoir. Il y a plus de cheveux, il y a plus non non. Et en plus de ça, c'est un enfant de 6 ans, hein. C'est une petite masse, hein. C'est il est tout noir et il y a pas de cheveux. Il y a il y a même plus au niveau, je vais y revenir au niveau dentition, les dents de lait, il y a même plus, hein. Et euh donc moi, j'ai ce petit morceau de tissu dans l'omoplate qui est coincé, qui est pas plus grand que ça. Un 10 un 10/ 10 cm. Voilà, c'est ça.

Je téléphone à la collègue est avec la maman. Je dit tu es encore avec la maman ? me dit oui. J'ai dit écoute demande comment euh Réy est habillée. Donc la maman et la collègue dit je dis voilà mais je dis pas à la collect ce que moi j'ai trouvé hein. Je dis pas donc tu demandes à la maman comment le pas qu' dise c'est pas ça. Voilà question ouverte voilà pour pas qu'elle dise tiens on vous comment vous l'avez donné au papa. Et à ce moment-là il y a la collègue qui fait et je raccroche et je continue encore à chercher des éléments d'identification sur le corps de Réy. C'était très particulier. Donc il faut tu dois savoir que tes dents sont numérotés hein.

Donc les dents adultes c'est 11 18 21 28 31 38 41 48. D'accord. Chaque ch voilà tu as des cadrants et chaque fois tu as une numérotation. Quand c'est enfant les dents de la c'est 50 60 70 80 mais là je trouve une dent supérieure à droite et c'est la dent numéro 16. C'est une dent définitive. C'est une molaire. Et là je me dis tiens j'ai quand même un petit garçon de 6 ans. Donc qu'est-ce que je fais ? Je téléphone à notre dentiste DVI. ce qu'on appelle des ondoloes. Ce sont des dentistes experts auprès du parquet.

Et je dis voilà Huc euh je suis devant le corps d'un petit enfant euh mais écoute j'ai une dent et pour moi c'est la 16 et là il me dit pour moi alors c'est la première dent définitive d'un enfant de 6 ans. Réy a 6 ans. Donc j'ai cette information là. Ça ça ça corré quoi ça tombait bien. Voilà ça voilà ça corbait et pendant ce temps-là à ce moment-là j'ai la collègue que je rappelle et je dis tiens qu'est-ce que tu as comme information près de la maman ? Bah il est habillé comme ça comme ça comme ça et il a un petit t-shirt thermolactile bleu. Donc j'avais la dent et le thermolactile. Et avec ça la maman a accepté. Donc c'était pas de la mauvaise foi.

C'est c'est le déni c'est le c'est mais clairement un blocage. Il a une étude suisse qui a montré que c'est très très dangereux parce que on peut avoir ou le déni ou l'inverse tu montres le corps à quelqu'un il va dire oui oui c'est lui. Parce qu'il est persuadé que c'est lui. Et il y a eu des erreurs. Et c'est pour ça qu'on doit être très très prudent avec ça. Et et là par exemple, tu peux pas faire de recherche ADN pour être sûr à 100 % parce que ça pourrait être on aurait pu mais alors je vais dire l'inconvénient de ça en Belgique et que soit c'est dans d'autres pays aussi c'est à partir du moment où tu fais de l'ADN tu dois analyser la dent qui reste puisqu'on a de l'ADN dans sa dent.

C'est tout ce qui restait dans son corps. Tu dois prendre l'ADN de la maman, de ses écouvillons de salive et ça part dans un institut. Mais ça prend des jours hein. Pendant ce temps-là, maman récupère pas hein, tu vois. Donc c'est pour ça que on utilise dans la vie quotidienne les méthodes complémentaires pour gagner du temps pour les familles. Et on on appellera Réi ce petit garçon. Pourquoi il y a eu un incendie chez chez lui ? C'était une vraie rénovation ou c'était alors c'est volontaire parce que j'ai dû aller au à la cour d'assis puisque lui il a été condamné. Ouais. Donc c'est lui qui avait misère c'est le père. Voilà.

Oui, j'ai dû témoigner justement comment est-ce qu'on avait identifié le petit garçon en cours d'assise et effectivement je pense qu'il a été condamné à plus 30 ans de prison hein. Et c'était un un divorce mais pourtant il s'entendait bien. Tu disais que c'était la mère qui l'avait laissé d'elle-même bah voilà une séparation et elle dépose. Oui. Et lui bah il a il est devenu fou et il a il a tué le le fils avant de mettre le feu.

Oui, normalement il était voilà, il était en tout cas il était couché sur un matelas le petit donc vraisemblablement il était endormi ou mais bon il y a pas eu d'autopsie parce que bon en plus de ça il était tout à fait carbonisé ça n'aurait rien amené tu tu disais qu'il y avait des méthodes secondaires tu allais donc avec ce dossier en témortème donc avant la mort pour voir les familles alors poser des questions. Je o te poser une question tout à l'heure mais est-ce que parfois la famille découvre des choses ?

C'est découvre que il avait un tatouage et toi tu dis "Mais si il y a un tatouage ?" Il dit "Ah non, mon fils a pas de tatouage." Moi j'ai eu ça dans Ouais ouais ou ce genre de truc mais non ma fille n'a pas de piercing. Ah bah si il en avait un au nombril caché, j'en sais rien. Voilà. Moi j'ai eu ça dans Ouais. Donc c'était un couple avec un jeune qui avait disparu. Le papa et la maman étaient là et à un certain moment bah je fais mon tout mon formulaire et à un certain moment on arrive au tatouage. Je pose la question, je veux dire "Est-ce que votre fils a un tatouage ?" Et puis il y a le papa qui me fait et la maman qui fait qui fait Oui. Ah la mère ? Oui. Oui. Pardon. Voilà.

Donc là on était un peu Alors moi j'ai dit "OK mais écoutez tout est important pour moi mais je suppose qu'après ils ont une petite conversation ensemble [rires] parce que parce que lui il était vraiment Oui oui. Là il y avait d'autres sujets que le tatouage du coup. Mais ouais après on a aussi ça avec les piercings hein parce que bon parfois c'est délicat. Bon ben voilà, un persiging à la lèvre, sur le nez, au sourcil, OK, les oreilles, ça passe. Mais j'ai déjà eu des questions, je posais des questions à un mari, voilà, est-ce que madame a des persignings ? Alors, je voyais qu'il avait un sourire jusqu'aux oreilles, mais il me disait rien.

Et alors, je dis "Mais monsieur, tout est important pour moi." Oui, mais il en a sur les parties génitales. Enfin bon, bah voilà, pour moi c'est très important et de tout savoir quoi. En France, l'année dernière 3193 personnes sont décédées sur la route. C'est c'est beaucoup. C'est un Oui, la route c'est très dangereux. Euh c'est en hausse par rapport à l'é d'avant d'ailleurs il y a 2 ans. Donc c'est c'est ça continue de monter. Euh c'est c'est quoi les principales causes toi de décès que tu vois le plus dans ton métier au DVI ? Donc à l'identification des victimes en Belgique. Bon on a bah les bah les accidents où le DVI intervient par contre cel on en a moins nous. Pourquoi ?

parce que avec la technologie des véhicules, on avait avant régulièrement des accidents avec des camions, avec des chauffeurs carbonisés, on en a beaucoup moins parce qu'ils ont tout ce qui est freinage d'urgence et cetera. Donc là, il y a une bonne évolution. Ce qu'on a régulièrement, malheureusement, ce sont des corps dans l'eau, des personnes qui se jettent dans l'eau, des personnes qui se jettent devant les trains. Donc euh tu dois aller ou tu as tu as intérêt quoi entre guillemets. Bah les personnes qui se jettent devant un train, bah parfois elles quittent leur domicile et elles prennent pas leur document d'identité, hein. Donc elles ont la volonté de se suicider, elles vont partir.

la personne qui est dans l'eau, bah s'il avait des documents sur lui, bah avec le flux et l'eau, les flots, bah ils vont pas avoir leurs documents vont partir ou ils se suitent sans document. Donc ça en général et on intervient également pour les incendies dans les maisons et cetera et certaines familles le prennent avec agressivité envers vous parce que juste vous venez annoncer la nouvelle malheureusement mais est-ce que oui mais ça arrive en fait c'est pas contre nous en fait hein, c'est contre le l'information qu'on vient de donner. Moi, je dis toujours à mes collègues, ne le prends pas pour toi. Mais parce que vous vous êtes protégé par des policiers en plus au cas où.

Euh bah en général, on a un service d'assistance policière avec nous, on a des collègues mais on a jamais de l'agressivité physique. C'est plutôt des réactions de personnes qui commencent à crier. Pourquoi ? Parce qu'on apporte la mauvaise nouvelle. Et c'est pas contre nous, mais nous sommes souvent la dernière personne à avoir vu la personne décédée. Donc c'est aussi contre l'événement et pourquoi ou alors quand c'est un suicide. Oui, il y a des gens qui s'énervent en disant "Et pourquoi tu as fait ça ?" Et c'est lâche et tu aurais pas dû faire ça. Et finalement, ils s'adressent à nous. Mais voilà, c'est parce que ils sont dépassés par l'événement.

Nous, moi je quand on va chez ces personnes-là, on va modifier le cours de leur vie, hein. C'est terminé, hein. Leur vie ne sera jamais plus comme avant, hein. Quand ton fils de 18 ans part chercher une pizza ou part ou revient du travail et il décède. Moi, j'ai eu deux jeunes comme ça aussi en voiture, mort carbonisé. Ils étaient simplement partis chercher une pizza, hein, la camionnette n'a pas vu le ralentissement. Il les a percuté. La voiture a pris feu. Wou !

Et là, le p ils se font percuter par quelqu'un et c'est eux qui pr une camionnettes et c'est et comme ils sont ils sont projetés contre un camion, la voiture prend feu, les deux jeunes décèdent et le pire c'est que les le papa ne voit pas ne voyons pas son gamin revenir à la maison, il prend la route et il se retrouve dans l'embouteillage de l'accident de son fils et il s'arrête. et il s'arrête au bord de la voiture. Tu veux dire quand il voit la voiture et là on se rend compte qu'on a le papa qui est un peu plus haut et que les deux gamins sont morts harmonisés. Oui. Oui.

Et là il faut s'occuper du père aussi du papa qui appelle le papa de l'autre gamin parce que c'est des amis et finalement on se retrouve avec des familles et il faut gérer aussi les familles. C'est pas évident hein. Vous êtes formé pour ça ? Bah on se forme l'un mutuellement avec l'autre. Après bon, on a quand même un service qui s'occupe de nous psychologiquement si on en a besoin. On a un service à la police fédérale, ça s'appelle le stress team et ce sont des psychologues. Si vraiment on doit parler à ce moment-là, on peut on peut ventiler chez eux. Là, tu parles beaucoup de de de meurtre.

Finalement, c'est des homicides qui ont été fait volontairement, mais parfois il y a des accidents aussi malheureusement. Et et tu tu parles dans la dans ton livre de d'un enfant qui va être retrouvé dans la maison des grands-parents. C'est ça. Ouais, exactement. le petit garçon en fait de 5 ans donc il dormait chez ses grands-parents et il y a eu un incendie involontaire. Les grands-parents Oui oui, c'est involontaire he les grands-parents ont eu le temps de sortir. Qui était dû à quoi en incendi volontaire ?

Ça, il y a une enquête qui est faite aprète mais bon nous voilà on s'occupe vraiment que de l'identification et on est appelé euh assez tard vers 22h avec mon collègue sur place et le médecin légiste a aussi demandé sur place. Pourquoi ? parce que les pompiers ont pendant des heures fouillé la maison parce qu'on trouvait pas le petit garçon et le petit garçon de 5 ans. Et je vais l'appeler Réy ici. Euh c'est pas de nouveau c'est pas son vrai prénom hein. Comme ça on l'appelle Remi. Voilà. Mais ce qu'il y a c'est qu'il y a un expert incendie qui va être désigné à ce moment-là et c'est lui qui va déterminer les causes de l'incendie.

C'est que parfois tu arrives quand même tu sais pas si c'est un tueur ou pas. Tu sais pas si c'est quand tu disais que tu es arrivé parfois dans des familles, tu sais jamais si c'est le père qui a tué l'enfant. Oui, mais dans ce cas-ci, bon, comme c'est les grands-parents et que les grands-parents ont été blessés, ont eu le temps de sortir. Oui, tu comprends ça. Voilà, on comprend très rapidement que c'est accidentel. Problème, c'est que les grands-parents, bah ils pensaient que le petit était sorti, mais le petit, on ne le trouve nulle part. Donc à partir de là, euh nous, on est demandé sur place parce que les pompiers ont entrepris des fouilles dans l'habitation.

Euh le premier étage s'est effondré, le plancher s'est effondré sur le rez-de-chaussée. Tout est noir, il est plus de 22h. Mais voilà, c'est une maison. Et à ce moment-là, les pompiers retrouvent une masse, ce qui pense être le petit garçon. Donc demand l'appui du divi et le médecin légiste sur place et François qui arrive sur place pour essayer de voir si c'est bien le petit garçon. On peut pas rentrer dans la maison comme ça. Les pompiers nous mettent en échelle, on monte par l'échelle par au premier étage.

Tant bien que mal, on arrive jusqu'à la petite masse et les pompiers dit "Voilà, là il y a une petite masse, on pense que c'est le petit garçon." Le médecin légiste, prend cette masse en main et ben oui, c'est noir, il y a du rose et bizarrement et en fait c'est pas ce n'est pas un corps, ce n'est pas le petit garçon, c'est du polystyrène. Donc de la frigolite du polystyrène. Voilà. Ouais. à Bruxelles, on dit frigolite aussi, on est un peu spécial boule blanche. Mais ça c'est du plastique quand ça brûle, non ? Voilà. Oui, mais ça s'est consolidé. Et pourquoi il y a une couleur rose ? On nen sait rien. Mais alors là, on se a dit OK, il est déjà tard où est Réi ?

Et dit parce que ça voà c'est du polystyrène, où est ce petit garçon ? Et là on a commencé à se dire OK la maison. Bon les pompiers me disent oui on a déjà fait cette pièce là. OK on a tout jeté par la fenêtre. OK. Par acquis de conscience, on va tout retrier avec les pompiers, hein. Donc c'est un travail d'équipe. On va travailler avec les pompiers qui sont qui sont sur place. Il y a le magistrat de garde qui est arrivé sur place aussi. Alors pourquoi il est venu sur place ? Ben c'est un petit garçon de 5 ans. C'est c'est alarmant. Où est cet enfant ? Il y a les parents qui viennent ou pas du coup ? Quand non, les parents sont pas là, ils sont canalisés.

Donc, il y a un service d'assistance policière aux victimes qui s'en occupe, comme il y a un service qui s'occupe des grands-parents qui ont qui sont dans l'hôpital, qui ont culpabilisé et qui savent pas où est le petit, hein. C'est dramatique, hein. C'est dramatique. Il faut se rendre compte, hein. Et le petit garçon, on le trouve toujours pas. Et là, on a un témoig, il y a un témoignage qui rentre parce que ça aussi, il y a des témoignages.

Bon, ça on apprend dans la région qu' a qu' a l'incendie, qu' a un petit garçon qui a disparu et là il y a des gens qui disent "Ah ouais, oui, mais moi j'ai vu un petit garçon en pyjama dehors, il est dans la rue mais on est au mois de novembre, il fait très froid donc on se dit "Oh là là, le petit est dans dans la rue." Donc l'hélicoptère qui va arriver de la police fédérale. C'est vous qui déclenchez tout ça ? Vous ? C'est avec le magistrat, c'est la police. Nous, on est un service d'appui, donc on est là pour tenter de retrouver le petit garçon et la police locale avec le magistrat vont appeler l'hélicoptère pour faire des fouilles.

Ils vont appeler les chiens donc les chiens pisteurs pour essayer de retrouver le petit et nous on va continuer à travailler dans la maison. Et on travaille, on travaille. Et là aussi c'était assez exceptionnel dans la mesure où d'habitude le médecin légiste qu'est-ce qu'il fait ? Bah quand il vient, c'est pour constater un décès. Mais là comme cette frigolite c'est pas voilà ce polystyrène c'est pas le petit garçon. À partir de ce moment-là, ben le médecin légiste, il est avec nous et il commence à fouiller avec nous l'habitation. Vous êtes beaucoup à fouiller ? On est trois. On est trois et les pompiers vont également nous aider mais nous on travaille avec notre ruelle sur nos genoux.

On commence à fouiller et à un certain moment il y a il y a un muret dans la dans la pièce du rez-de-chaussée. Donc ça c'est la pièce de vie. Et puis il y a un petit muret qui mène à une petite cuisine. Et euh mais on est plus ou moins, on a de l'éclairage de pompier, hein, mais il fait très tard donc on voit pas grand-chose. Il y a beaucoup d'ombre et euh bah moi je avec ma ma truelle, jeccatter tout doucement et en mettant ma main, à un certain moment, je tombe sur quelque chose de rond et là je me dis bah je suis tombée sur le petit garçon. Donc j'ai le petit garçon, j'appelle le médecin Légie, je touche pas et je dis voilà François, je dis euh je pense que le petit est là.

Donc lui, il vient et il retourne à ce moment-là le le petit garçon. Et euh je veux dire, c'est une chance dans ce malheur, c'est que son visage avait été plus ou moins préservé. Et ça c'est une réflexion que je me fais très rapidement en me disant bah au moins ils vont pouvoir lui dire au revoir parce que à ce moment-là bah son corps voilà était tout à fait brûlé mais il avait été protégé par le fait d'être sur le ventre. Et alors aussi on pense qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi il s'est retrouvé là ? Et là je me suis dit bah ouais peut-être qu'il a cherché un petit chemin pour s'enfuir et que il s'est caché derrière le muret.

Faut savoir aussi qu'on avait vidé toutes les armoires par les pompiers. Euh tous les tiroirs ont été ouverts parce qu'un enfant pourrait avoir tendance à s'enfermer dans un environnement qui pour le protéger quoi. En pensant que ça allait protéger voilà pensant que ça allait le protéger mais lui il est retrouvé effectivement euh derrière le muret. Euh c'était lourd dans la mesure aussi euh et c'était aussi un peu spécial. Après on est allé au pont funèbre. Bon pour l'identification il y a pas de problème. À notre niveau. On cherchait le petit garçon. On a retrouvé le petit garçon.

Donc voilà, les collègues ont dû annoncer le décès aux parents et aux grands-parents et euh les parents après vont en vouloir aux grands-parents. Enfin, c'est c'est un drame familial. C'est dramatique, hein. Et alors bon après j'ai encore bon après j'ai discuté avec le médecin et alors lui il m'a dit écoute pour moi le médecin légiste qui d'habitude ne vient que pour constater les décès. Et là il me dit écoute Pat tu sais on s'est revu après dans un dans d'autres dossiers et puis il me dit c'était un peu spécial pour moi. Il dit et j'ai eu besoin quand je suis rentrée d'aller embrasser mes enfants parce que tu vois toute la démarche de devoir fouiller il fait jamais ça.

Et le fait d'être avec nous, bah il se sentait vraiment vraiment concerné et ça l'a vraiment marqué aussi. Ça l'a touché personnellement. Oui, ça l'a touché hein un petit enfant. Il y a un côté FBI dans ton dans ton uniforme. Oui. FBI en trois lettres. Je disais si vous voule nous écouter un podcast, il y a un petit côté tu tu parlais de de tes accessoires, tu disais une truelle. Oui, c'est c'est tu as ramené des accessoires. Je sais que tu tu as mis dans un sachet. Oui oui parce que je suis arrivée en train hein donc j'avais si je suis cont en Eurostar en Eurostar. Voilà.

Oui en fait il faut savoir que euh outre des disparitions inquiétantes outre l'examen de victimes décédé on fait également ce qu'on appelle du ncrosearch. C'est-à-dire qu'on va récupérer des personnes qui ont été enterrées. Donc à partir du moment où il y a un auteur qui dit voilà j'ai enter une telle personne à tel endroit ben c'est notre service qui allont être amenés à déterrer cette personne et on travaille comme des archéologues. Est-ce que tu peux nous passer ? Merci beaucoup. Tu as ramené plusieurs choses. J'ai juste vu la truelle de loin parce que tu m'as dit j'ai ramené. Merci beaucoup. J'ai pas pris grandchose. J'ai pris ma truelle voilà avec quoi je travaille.

Une truelle de C'est une truelle d'artisan quoi. Non, c'est une truelle car qu'utilisent les archéologues en général pour travailler. Voilà, petite statue voilà qui ne coupe pas, qui ne fait pas de dégâts et qu'on va utiliser et notre un peu comme les comme les films hein, les les archéologues qui vont mais c'est tout à fait ça qu'on fait à partir du moment où la victime a été localisée et qu'on doit la déterrer. On va se mettre sur nos genoux et on va commencer à la récupérer d'une manière archéologique. Il va se passer beaucoup de temps avant de de de chercher. Parfois ça parfois il se passe des jours sur une affaire pour vous. Ah oui oui oui bien entendu.

Moi j'ai euh les fouilles les plus longues que j'ai fait euh en écrossur, c'était euh 6 semaines. On a fouillé pendant 6 semaines un terrain à la recherche d'un corps et on n' pas trouvé le corps qu'on recherchait mais par contre on a déterré des mérovingiens parce qu'on est tombé sur un 6. On est tombé Oui. Oui. On est tombé sur un cimetière de Moving on a on en a déterré six. Mais là voilà ça fait plus partie de notre job.

Donc là on fait voilà on oui on appelle des archéologues qui eux arrivent et qui eux ils restent pendant des semaines sur place parce que c'est un truc voilà mais en tout cas on est tombé sur des mérovingiens movingien c'est une quelle année mrovvingien ça je ne sais pas je pense que toi tu s entend plus que mo on vous le mettra sur la vidéo et ils étaient vraiment voilà ils étaient comme ceci l'un donc l'un à côté de l'autre non l'un en face de l'autre et alors il y avait voilà les pierres autour qui faisaient cimetière hein hein. Voilà. Et alors, il y avait aussi encore des objets les uns autres. Voilà, c'est ça. Chacun l'un en face de l'autre.

Euh, tu parlais tout à l'heure des de suicide et notamment avec le train en France. Pour donner chiffre aussi français, la SNCF parle de de plus de 500 par an à peu près, donc un peu plus d'un par jour, un et demi par jour. On parlait de reconstruction tout à l'heure, c'était intéressant. Tu tu en parlais, tu disais qu'il y avait une formation, je crois que ton collègue avec qui tu as écrit le livre qui est journaliste, donner un nom aux morts, voilà, sur les traces d'une experte DVI en édification des en identification des de victimes chez Racine édition, Patricia Vanderlingon. Voilà, je vous mettrai le lien pour le le commander.

Il y a des photos au milieu, il y a quelques photos et on voit la reconstruction. Voilà, Peter spécialiste en reconstruction craniofaciale de la police fédérale au travail. Voilà. Ça va jusqu'où la reconstruction qu'on imagine ? Vous pouvez reformer le visage si tu abîmé par exemple. Alors c'est un collègue qui est spécialisé. Donc en fait quand on retrouve à une personne à l'état de squelette ou alors dont le visage est terriblement abîmé et qu'on ne sait plus euh voilà, il sait pas faire un portrait robot normal avec le visage, on va à ce moment-là euh faire reconstruire le visage par le collègue qui est un spécialiste et il va travailler sur base de marqueur.

C'est-à-dire que la première chose à faire, bah déjà il faut l'accord du magistrat hein. Il faut que le médecin légiste nous donne à ce moment-là la tête de la personne. C'est lui qui doit qui doit l'enlever. La tête doit être tout à fait nettoyée puisque bon, elle peut le collègue doit travailler sur un crâne qui est tout à fait nettoyé et une fois que le crâne est tout à fait nettoyé, il va travailler avec des marqueurs et il va travailler avec de l'argile et va reconstituer un visage. C'est quoi tout à fait nettoyer ? C'est enlever les gravillons, le sang, le le le Ah non, c'est enlever c'est enlever le Ah, c'est c'est bouillir. Oui, oui, tout à fait.

et c'est bouillir le crâne pour que toutes les chaires soient euh enlevé et l'intérieur également. C'est pas nous hein, c'est ça en général c'est via les médecins légistes. Mais voilà. Oui. Oui. Et ça prend une semaine pour nettoyer parce qu'il faut que ce crâne ne soit plus du tout graisseux puisque bon avec la peau, avec la chair, tout doit partir et l'intérieur également hein, tout ce qui est au niveau de du cerveau et cetera.

Il faut savoir que nous au DVI à l'époque quand moi je suis arrivée au DVI on travaillait avec un empayeur d'animaux un tachidermiston on appelle ou taxidermiste, je pas taxidermiste hollandais et c'était un professeur, il était spécialisé là-dedans et lui il travaillait avec des insectes nécrophages. C'est-à-dire que quand nous on avait besoin, on lui apportait le crâne, il le mettait dans un récipient et dans les 48 heures, le crâne était nettoyé. par des insectes nécrophages. C'est quoi les insectes nécopages ? Des mouches. C'est un peu comme dans le film la momie là hein. Tous les scarabés. Oui. Des des gros insectes. Voilà. Qui mange de la chair humaine.

Et à ce moment-là, mais entre-temps, cette personne est décédée. Donc on avait plus de personnes de référence et maintenant ce sont les médecins légistes qui font le nécessaire. Et on arrive à reconstituer un visage juste avec un crâne. C'estd que si si on trouve un crâne, on pourrait refaire son visage. Il va refaire le collègue. Tout à fait. il va refaire le crâne et à partir il va lui rendre un visage. À partir de là, il va tirer un portrait robot et ce portrait robot va être diffusé. D'ailleurs, dernièrement, on a pu identifier une personne grâce à ce travail du collègue parce que c'est un squelette. Ça ressemblait vraiment Oui. Oui, ça ressemble.

Bon, allez, la seule difficulté pour lui c'est que si la victime est retrouvée sans cheveux, il sait pas reproduire la chevelure. Coupe de cheveux. Voilà. Or, ça fait beaucoup hein. Donc une personne avec des longs cheveux voilà ça c'est plus compliqué pour lui. C'est pourquoi quand vous avez pas de photo de son vivant ? Vous savez pas à quoi il ressemblait. Oui. Oui. Quand on a un squelette et que on sait pas qui c'est. Je voulais terminer avec les catastrophes si tu veux bien. Patricia tu tu dis dans le livre qu'il existe trois types de catastrophes pour toi. Ouais. Olivia. Alors il y a la catastrophe ouverte. C'est la catastrophe euh qui est qu'on sait pas.

Par exemple accident de train, l'accident de métro, on sait pas qui est dans le métro. Il faut à ce moment-là qu'on trouve des documents d'identité ou que la famille dise mon ami mon épouse se trouvait dans le métro ou ou alors il prend le métro. La deuxième catastrophe c'est la catastrophe fermée qui est la plus facile pour nous c'est la liste de passagers dans un train dans un avion. Voilà, ça c'est idéal. On a 250 passagers, on a 250 corps. Il faut simplement savoir qui est qui.

Et la catastrophe mix, c'est une catastrophe qu'on a eu à Lièche, rue Léopole où là on avait une catastrophe mixte, c'est-à-dire que on avait des gens, des personnes qui étaient domiciliées, mais on avait également des étudiants. Or, les étudiants étaient domiciliés chez leurs parents et ils résidaient. Donc ça c'est plus compliqué. une partie des gens que tu sait et alors il faut à ce moment-là que la famille nous dise mes enfants habitent là pour leurs études pour pouvoir savoir qu'ils sont ça s'appelle catastrophe ouverte ça c'est une mixte quand on quand on a des étudiants. Catastrophe ouverte, on sait pas, c'est un accident de train, un accident de métro.

C'est c'est sur l'explosion de gaz à Liège, c'est le dossier sur lequel tu as travaillé notamment avec Philippe Boxo ? Ouais. Le 27 janvier 2010, c'était quoi ? C'était une explosion de gaz dans un immeuble. C'est une explosion de gaz. Donc vers 2h du matin, il y a une explosion. Bah ça a été déterminé après comme étant une explosion de gaz. Au départ, personne sait rien. Il y a une explosion. Il faut savoir que à l'époque quand les pompiers arrivent, il y a encore la façade avant qui est encore debout. Et les pompiers parlent avec des gens, ils sont ils parlent avec des victimes qui sont ensevelies. Il va y avoir un dialogue avec des pompier.

On va même retrouver une personne décédée qui avait un masque et une bonbonne de pompiers sur elle parce que ils avaient su lui faire parvenir ça parce qu'elle était certainement elle suffoquait parce que bon ils sont ils ont tous les débris sur eux. Ils savent plus bouger mais ils étaient encore vivants à l'époque. Et il faut savoir aussi qu'on avait une petite fille de 12 ans dans cet immeuble et les pompiers étaient en contact et même les victimes, elles se parlaient entre elles. Il faut Et ils s'entendaient euh bah ils se parlaient. C'est-à-dire que les adultes, ils essayaient de donner de la force à la petite fille. Oui, les secours vont arriver à tendre.

Donc tout le monde il y a voilà, il y a il y a un dialogue avec les pompiers et malheureusement vers 7h du matin, il y a la façade devant alors que les pompiers sont occupés à travailler qui va s'effondrer et là il y a plus rien. Il y a plus de contact, il y a plus personne qui parle sauf la petite fille. La petite fille est toujours vivante. À partir de là, la priorité forcément ça a été de sauver la petite fille.

Et euh nous on va être appelé euh en fin en fin de matinée pour aller sur place parce que comme on a un service qui est intervenant quand on a des personnes décédé, bah ici voilà eux ils ont fait un inventaire des gens qui sont domiciliers et quand je télé quand je demande au collègues voilà est-ce qu'il te manque beaucoup de personnes il me dit entre 5 et 34. Donc à partir de là effectivement on arrive sur place. La priorité les pompiers vont faire un chemin d'accès pour la petite fille vont parvenir à sauver la petite fille. sa maman était légèrement blessée aussi. Donc elles ont toutes les deux survécu. Oui.

Et à partir de là, nous avec les pomp le chef des pompiers, avec les autorités communales, hein, de la mairie, on doit commencer à discuter. Voilà, est-ce que est-ce qu'ils sont encore vivants ? Parce que un peu avant, il parlait. Donc et là, on va on va sur le site et on va faire instaurer le silence complet. tout le monde doit se taire et on va appeler appeler appeler et on a plus personne qui nous répond et là malheureusement on doit prendre la décision de travailler à la recherche de corps et je pense que je vais rester presque une semaine sur place pour récupérer les victimes. Ah, tu dors carrément. Tu tu restes là-bas.

Non, tu fais première nuit, je dors dans un bureau de police 2h sur un litcamp. La 2e nuit, je dors 3 4h sur un tatami. Et puis le 3e nuit euh les collègues de la police disent "OK, ça va prendre du dents, ils vont réquisitionner une chambre d'hôtel pour nous permettre d'un peu récupérer parce que en fait aussi on a, c'est ma première catastrophe vraiment et on a l'adrénaline aujourd'hui avec le recul. Bon bah on est un peu plus structuré mais au départ on est tellement pris par le boulot que finalement on ressent pas la fatigue. Et tu disais que pour cette il y a combien de personnes ? 14 personnes décédées et et beaucoup de blessés aussi. Oui ou on a pas mal de blessés hein.

Et vous avez dû exumer un corps pour terminer lors de cette affaire. Oui mais c'est Philippe. Ah c'est Philippe bah oui qui a dû l'exumer. Le monde est petit. C'est très bizarre. Tu parles de quelqu'un que tu connais qu'on a reçu qui est un ami parce que c'est une bah en fait Philippe bah c'est mon médecin légiste de là-bas hein parce que il faut savoir aussi que quand j'étais là-bas moi j'ai tapé le coffre de la voiture sur mon nez hein. Moi je pensais que Ah ben au moment où j'arrive sur la catastrophe bon c'était un véhicule avait un haillon et au moment où je ferme j'avais tapé ma tête était trop en avant mais je venais d'arriver donc j'avais un nez comme ça.

Je me souviens encore d'avoir dit à Philippe tu veux pas regarder mon nez ? Est-ce qu'il est cassé [rires] ? Non, ça va. Il est pas cassé. Après, je sentais plus la douleur parce que on est tellement dans la vision tunnel, on est tellement fal Non, je sens plus, je me suis même pas rendu compte qu'il neigeit. Moi, j'ai vu des vidéos après avec de la neige, je me dis il neigeit. Je me suis pas rendu compte de ça.

Et avec Philippe effectivement à un certain moment ben on avait une information qu'il y avait une dame qui habitait là et c'est son médecin traitant qui nous a annoncé que la dame normalement était dans son appartement parce que c'est une personne âgée qui était sédentaire qui savait pas de se déplacer. Et donc les dit la dame est certainement là et malheureusement les corps étaient fortement abîmés. Donc à euh avec Philippe, on a dû exhumer le fils de cette dame parce qu'en fait elle n'avait décédé euh Ouais. Donc la dame était décédée, le fils était décédé. Oui. avant sa maman mais et du coup elle n'avait plus aucune famille. Donc pour l'identifier, comment est-ce qu'on pourrait faire ?

Ben, il a fallu à ce moment-là aller avec Philippe au cimetière pour queil récupère un osement du jeune homme, du fils pour pouvoir identifier formellement la maman. Oh là ! Et c'était bien ça ? Oui, c'était bien ça. C'était la dame a été identifiée, on a eu 14 victimes. Et [grognement] là aussi, on avait au départ 15 euh disparitions signalé et on avait 14 victimes. Et notre travail aussi, c'est de savoir où est cette 15e personne qui a été signalée disparue, mais en fait, elle a été retrouvée vivante. Donc ça c'était Tu as des nouvelles de cette petite fille que tu as sauvé avec sa maman ? Bah vous avez sauvé les secours ? Alors ben sa maman et moi on est amis sur Facebook. Voilà.

Euh on fait les anniversaires, bon anniversaire mais on n' pas on n' pas de voilà, on n'est pas en relation. Sa fille va bien en bonne santé, elle ne veut plus en parler. Euh c'est pour ça aussi que dans le livre, je ne comprends pas son prénom parce que justement elle veut elle veut passer à autre chose. Elle a voulu passer à autre chose. C'est quand même traumatisant pour eux euh pour elle deux. Et il faut savoir aussi que elle elle n'habitait là que depuis une semaine. Oui. Oui. Parce qu'en fait aussi notre travail ça s'arrête pas à l'identification.

Quand on est euh on s'est occupé du bâtiment, une fois qu'on a fini de récupérer les victimes, on a été trié le l'immeuble à la main avec la protection civile, le le DVI et la protection civile. Et pourquoi on est allé ? parce que on savait qu'on avait travaillé d'une manière assez en fait comme il faut savoir la façade devant s'effondre mais à l'arrière il y a encore un pan de mur qui reste et les pompiers nous interdit d'aller et les pompiers nous interdisent d'aller travailler sur le site. Donc on va devoir travailler avec une grue avec un bras de 10 m.

Le grutier va enlever les débris, va les étendre sur le trottoir et quand c'est sur le trottoir, nous on va trier pour récupérer les victimes. Et on était persuadé que on avait pas tout récupéré. Donc on avait fait mettre l'immeuble sur un site propre et on a décidé d'aller trier tout l'immeuble pour récupérer encore des pièces humaines. Et effectivement, on a encore trouvé des restes humains dans l'immeuble. Mais à ce moment-là, comme on était encore là, on s'est dit "Oui, mais pourquoi est-ce que on récupérerait pas pour les effets personnels ?" On est quand même là occupé à tout trier.

Donc on a commencé à récupérer les for les portefeuilles, les sacs à mains, tous les objets que les parents peuvent récupérer, récupérer les disques durs. On a récupéré les PC portables, on est allé avec fonctionnait encore non, il y en avait un qui était encore en bon état et tous les autres étaient tout était mort. Mais on a récupéré les disques durs dans les tours, on a récupéré les PC portables et on est allé au service informatique de la police fédérale et on leur a demandé d'extraire tout ce qu'il y avait dans les PC.

Donc on a pu rendre à des familles photos, 2000 photos, des vidéos parce que dans cet immeuble là, on avait deux couples qui faisaient du rally automobile ensemble et on a récupéré des vidéos de leurs enfants là. Et qu'on a pu leur redonner. Donc ça c'est quelque chose voilà qui est très très important pour nous, c'est de pouvoir aller jusque là. Qu'est-ce que tu as sur l'épaule ? C'est le patch de ta Alors ça c'est mon c'est l' Oui, en fait c'est un ibis. Donc c'est un donc dans la dans la mythologie égyptienne pour l'histoire c'est un oiseau. Voilà c'est un oiseau. Donc c'est le dieu Tot. Le dieu Tot qui était représenté moitié Ibis et moitié humain.

Et en fait il était considéré comme le greffier des morts. Donc il accompagnait les morts dans l'UD de là. Il accompagnait, il aidait le dieu à Nubis à accompagner les morts dans l'au-delà et on l'a fait dessiner par Péteur, notre portrait avec les ailes ouvertes parce que c'est protecteur des familles. C'est pour ça que on l'a fait. Dans ton livre, tu parles de tu parles de l'accident du tunnel de Sierre. C'était en 2012. Oui. Euh qu'est-ce que c'est exactement ?

C'est un accident dans lequel euh il y a donc en fait ce sont des ce sont des enfants qui étaient partis euh au sport d'hiver àer et euh à le retour, il y avait trois autocars qui sont rentrés dans un tunnel et le dernier autocar a percuté une paroi et euh dans lequel malheureusement on a quand même eu 28 victimes, dont 22 enfants âgés de 12 ans et de nombreux blessés. C'était c'était en Belgique, c'était des Belges aussi qui ce sont des Belges. Ce sont des des enfants de Leve et de Lumen. Ce sont deux communes irlandophones en Belgique. Et euh la Belgique a été demandée à l'époque par les Suisses.

Les Suisses ont fait tout ce qui était examen postmortem, mais il a fallu déterminer euh mais sont des enfants de 12 ans, donc ils n'ont pas de carte d'identité sur eux. Ils sont dans un autocar, ils reviennent des sports d'hiver avec leur école et bah ils sont tous à l'aise dans le bus. Ils se sont mis à l'aise pour revenir en Belgique. Donc ils étaient pendant des heures dans le bus, ils allaient ils étaient en training, en pantoufle. Donc pas de document d'identité. Donc là, il va falloir euh envoyer la Belgique va envoyer l'équipe belge du DVI, des collègues nerlandophones qui vont aller sur place pour faire les anorthem. Est-ce que le bus avait brûlé ?

Non, il a non, il a il a percuté une paroie mais très violemment et en fait c'est un double bus et toute la partie supérieure, tous les enfants ont été projetés en avant. Donc les enfants étaient décédés principalement polytraumatisés. Euh il il y a une chose qui t'a marqué. Tu parles des bagages dans le livre. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que de tr jours après, bah on a récupéré les bagages des enfants et euh en vue de les restituer aux parents. Alors, on avait différents bagages. On avait le bagage qui était euh éventré. Donc là, bah forcément, il faut nettoyer euh voilà, nettoyer les vêtements, voir à qui ça appartient. Puis on a le bagage sur lequel il y a pas de nom.

Donc là, il va falloir ouvrir le bagage aussi pour voir à qui appartient. Et euh par contre, on avait aussi des valises sur lesquelles il y avait des noms ou des valises fermées très reconnaissables et euh à partir du moment où on les a récupéré, on a dit on nouvre pas les valises. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on s'est dit immédiatement, "OK, leur enfant est mort." Il a certainement emballé d'une certaine manière son bagage. Il y a peut-être le petit souvenir qui est dedans et on n' pas voulu ouvrir la valise pour préserver l'odeur de l'enfant et que les parents puissent découvrir eux-mêmes l'intérieur de la valise.

Ça paraît dérisoire pour nous mais c'est très important pour les parents de d'ouvrir eux-mêmes la et tandis que nous on aurait ça aurait été une sorte de violation finalement d'ouvrir ce bagage si c'était pas nécessaire et puis ça servait à rien. [rires] Ouais. Ouis. strictement à rien quoi. Il y a des valises qu'on avait qu'on a demandé aux parents. Bah voilà, il y avait pas de nom dessus mais les parents, c'est une valise particulière. Les parents ont reconnu leur bagage. On a vraiment ouvert les bagages que quand on savait pas à qui les restituer. Après ce qu'on a aussi fait, c'est il faut savoir que dans le bus, ben forcément les enfants s'étant mis à l'aise.

Toutes les vestes de ski, les chaussons, les chaussures, tout se retrouvait dans l'autocar. On a tout récupéré, on a tout lavé et on a fait même des albums qui ont été présentés aux familles parce qu'on avait environ 2000 vêtements objets des enfants et finalement on est resté avec 50 objets à la fin et là je me suis toujours dit que les 50 qu'on a récupéré c'est sans doute des objets de parents dont les enfants sont blessés mais qui ne sont pas décédés tandis que les les parents des enfants décédés ils sont venus voir pour récupérer les les vrais vraiment ils s'accrochaient aux vêtements de leur enfant comme une relique quoi.

Voilà, c'est la dernière chose qui leur reste, c'est la dernière chose qui leur reste de leur enfant. Ils veulent tout récupérer, ce qui est tout à fait normal. Tu tu parlais des de catastrophe pour terminer, tu parlais de dans le livre, tu tu en parles d'ailleurs de deux catastrophes qui qui t'ont marqué, les attentats de Bruxelles, on va y arriver, à l'aéroport et le crash du vol Malaisia Airlines. Donc c'était le MH17. MH17, oui. Qu'est-ce que c'était que cette affaire ? C'est un avion qui a été abattu au-dessus de l'Ukraine le 17 juillet 2014 euh et qui transportait 298 passagers. C'est un avion qui s'écrase en Ukraine et on est dans un pays en guerre.

Donc euh là euh l'Interpul va prendre la coordination et vu que les Hollandais ont 193 passagers sur les 298, Interpol va proposer au aux hollandais de prendre le lit, de prendre la direction de la mission d'identification des victimes. Donc on a une équipe de 10 hollandais qui va partir en Ukraine euh et là-bas très rapidement vont se rendre compte que c'est pas possible de travailler sur place. Ça représente un danger pour les équipes déjà pour nous de prendre l'avion puisque c'est l'avion qui a été abattu au-dessus de l'Ukraine. Donc par qui on sait ben l'information qu'on a c'est par un missile russe.

Après il y a une enquête qui va déterminer euh les responsabilités mais c'est la première chose qui ressort par un missile russe. Donc on voit bien que cette guerre elle est pas récente hein. On est le 17 juillet 2014 2014 hein. Donc elle est pas récente. Donc les Hollandais vont sur place, ils vont se rendre compte de la situation et les Hollandais qu'est-ce qu'ils vont décider ? On va rapatrier tous les cercueils aux Pays-Bas. Et les cercueils, bah il y en a 230 qui vont être rapatriés. À 230 cercueils, ça veut pas dire 230 victimes.

230 cercueils, c'est un cercueil avec un corps d'adulte, un corps enfant dedans, les deux dans le même cercueil ou c'est un cercueil avec des pièces humaines parce que malheureusement bah c'est un crache d'avion. Malheureusement, les corps sont déchiquetés et on va récupérer 230 on va récupérer les 230 cercueils. Ils vont être rapatriés au Pays-Bas dans une caserne militaire à Ilversom où euh c'est au Pays-Bas, c'est un jour de deuil national. Donc les corps sont rapatriés là-bas. Nous, la Belgique, on est demandé pour aller les aider parce que on a on a des victimes belges dedans. On a cinq victimes belges. On a un couple avec un petit garçon de 12 ans, leur enfant unique.

Tous les trois sont décédés. Donc en Belgique, il y a déjà une équipe d'Vi qui enfin plusieurs équipes d'IVI qui vont faire ce qu'on appelle le recueil des données en Mortem donc auprès de la famille et euh nous on va partir avec une autre équipe sur place pour faire la la ligne postmortem et là vu le nombre de victimes, on va pas travailler dans un pont funèbre autour d'une table, on va créer des lignes. Donc chaque pays va avoir sa propre ligne. Et cette ligne, elle est constituée de quoi ? La première table, ce sont les spécialistes qui vont prendre les empreintes. La deuxième table, ce sont les spécialistes qui vont faire l'examen du corps.

La troisième table, c'est le médecin légiste qui va faire ses prélèvements euh d'ador Voilà. Et la 4è table, ce sont les dentistes. Et le corps va passer de table en table jusque quand tout est fait, le formulaire postmortem est rempli et va rejoindre le containur dans la tente d'illandite. Tu es obligé d'organiser ça parce que sinon obligé. On a 230 cercueils. Nous la Belgique, on n pas de ligne. On nous met au tri. C'est-à-dire que l'équipe belge va ouvrir chaque cercueil qui arrive de l'Ukraine et on va extraire les victimes du cercueil. J'ai jamais vu des corps comme ça, hein. Ce sont des corps qui sont restés une semaine euh en dehors d'un frigo.

On est euh au mois de juillet, il y a plus de 30°gr en Ukraine. Donc on peut se voilà nous voilà, vous pouvez pas. Non, mais voilà. Nous on sait ce qu'on voit. On va récupérer des sacs mortuauaires avec des corps qui sont vraiment très très abîmés. Et d'ailleurs, notre première action à nous, c'est d'aspirer tous les insectes, tous les asticos qui sont dans le sac. On a un aspirateur professionnel, c'est la première chose à faire. Puis on enlève la victime, on la met dans un propre sac pour permettre aux collègues de travailler sur les lignes d'identification. Vous avez réussi à identifier tout le monde, retrouver les Belges. Ça, il faudrait voir avec les Hollandais.

Je sais qu'il y avait un problème pour une dernière victime. Est-ce que ça arrive qu'on arrive vraiment pas euh à identifier quelqu'un ? Est-ce que vous avez des histoires qui n'ont jamais un peu des col case ? On en a parlé. On sait pas qui c'est. On a un voilà, on a un meuble chez nous dans lequel on a des personnes qui ne sont pas identifiées. C'est un meuble, c'est-à-dire donc ça donc en fait une armoire, on a une armoire avec des tiroirs dans lesquels on a des personnes qui ne sont pas identifiées. Toujours aujourd'hui. Oui, toujours aujourd'hui. Pourquoi ?

parce que c'est que j'en parlais tout à l'heure, les jeunes qui partent de leur pays pour chercher voilà un transmigrant, une personne qui a pas de documents d'identité. Bah oui, on arrive à avoir des gens qui restent non identifiés. J'ai encore des dossiers de 2000 hein, de l'année 2000 pas identifié et queonarrivera jamais à identifier hein. Et est-ce que parfois tu t'es rendu compte euh avec le service d'identification des victimes que c'était c'était pas la vraie identité de la personne, que la personne avait menti, avait dit qu'il était mineur et qui s'appelait David et que finalement il était majeur, il s'appela nous ce qu'on appelle des allias.

Donc on a ça, ben ça on a parfois quand il y a des personnes qui sont contrôlées en Belgique qui n'ont pas de document d'identité parce qu'ils ont fui leur pays ou ils veulent aller dans un autre pays, bah ils ont pas toujours de documents d'identité. Ben à ce moment-là, ben quand on les contrôle, les collègues prennent les empreintes digitales et ils vont donner une identité. Mais c'est pas forcément la bonne. Le problème c'est que quand il décèdent, moi je n'ai que cette identité là. Donc on va quand même faire des recherches avec les consuls les ambassades.

On va envoyer les empreintes dans voilà, on va envoyer les empreintes partout pour espérer que ces empreintes matchent avec un fichier et ça arrive que ce soit pas les les vrais noms. Ah oui oui mais moi j'ai des gens qui sont intéressés sous X parce que voilà ils ont donné une identité qui n'est pas bonne et on va pas les enterrer sur base de cette identité mais on va les enterrer sous X. [grognement] Pour terminer, je voulais qu'on parle de de de l'attentat de Bruxelles. C'est c'était le 22 mars 2016, ça va faire 10 ans hein, on y arrive. Donc le 22 mars 2026, ça fera 10 ans effectivement.

C'était donc à Bruxelles, c'était un il y avait c'est deux personnes qui se sont fait exploser dans dans l'aéroport. C'est ça. Dans l'aéroport et on a également dans le métro hein à Malbqu. Oui. C'était c'était en simultané, c'est ça ? Oui, plus ou moins simultané. C'était la volonté. Il y a eu trois terroristes. Ouais. Donc là, il y avait trois normalement à l'aéroport, mais il y en a un qui est parti qui a abandonné sa bombe et qui est parti et puis on en avait deux dans le le métro. Il y a eu 35 morts, 340 blessés. On on vous appelle tout de suite, vous appelle un jour après. Comment ça se passe ? Comment il se passe ? Non, non.

Donc nous, moi j'étais en congé en fait ce jour-là, j'étais en repos et bon, j'avais entendu sur j'avais vu sur les réseaux sociaux qu'il y avait des blessés à l'aéroport mais à ce moment-là, je m'étais pas rendu compte de l'ampleur de ce qui se venait de passer. Et mon patron me téléphone en me disant voilà, il s'est passé quelque chose à sa je te tiens au courant. Mais en fait moi, j'habite dans une région euh qui fait que si je dois prendre ma voiture, je passe par Zaventem. Donc très rapidement, je Zem, c'est l'aéroport. Voilà, c'est l'aéroport de Bruxelles Zaventem.

Et très rapidement, je dis à mon patron, "Non, non, je me rends compte qu'il se passe quelque chose parce qu'il me dit écoute, c'est plus grave que ce qu'il y a sur les réseaux." J'ai dit écoute, je reviens. Et de voilà, je suis repartie, je suis partie d'initiative au bureau et quand je suis arrivée, mon patron m'a dit "Écoute, va à Aventem, va à l'aéroport. Euh et donc en fait, c'est un advance team. Donc c'est un team comme j'ai fait pour la catastrophe la rue Léopole. On va voir et on va évaluer est-ce qu'on a besoin des renforts." Et quand je suis arrivée là-bas, bah évidemment, on est un peu sur une scène de guerre. Première chose que je vois, c'est c'est un couple.

Je me souviendrai toujours, c'est deux personnes qui sont tout à fait parties qui sont perdues, qui sont à l'entrée de l'autoroute avec leurs bagages. Deux personnes asiatique et ils sont au milieu de l'autoroute, ils sont là avec leur bagage. Ils savent pas ce qu'il doit faire. Oui. Sur la route, à l'entrée de l'autoroute. Ils ont fu le Oui. La la terreur quoi. La à mon avis la terreur, mais ils ont leurs bagag et ils sont là tout à fait perdus.

Bon, bien entendu, tout le monde a été pris en charge, mais il a fallu il y a il y a toujours une phase chaotique, hein, vous l'avez vécu vous aussi avec le Bataclan et avec Nice et forcément, il y a cette phase chaotique et nous, on arrive et là quand nous on arrive, on a déjà les victimes blessées qui sont évacuées et nous on va arriver pour s'occuper des personnes décédées dans l'aéroport. Euh mes collègues et moi, on va rester 3 jours sur place parce que outre les victimes décédées, ben on a tous les restes humains. On est face à c'est une explosion. Donc clairement, il va falloir récupérer tous les restes humains qui sont dispersés dans l'aéroport.

Vous tu vas y rester combien de temps ? 3 jours dans l'aéroport. 3 jours dans l'aéroport. Euh tu tu vas être marqué, tu tu on parle dans dans le livre par une poussette. Tu tu Ouais, c'est la première chose que je vois. J'étais immédiatement occupée à penser "Oh là là, il y avait des doud donc vous appelez ça des doudits ?" Oui, des doudous. les petites pluches que les enfants tout abandonné.

Et alors ce qui est très marquant donc les poussettes, le petit sac à ros très rapidement, j'étais occupée à me dire "Mon dieu, je suis pas croyante mais à ce moment-là, je priais pour qu'il y ait pas d'enfant et euh et puis après quelque chose qui m'a fort remarqué, c'est la présence des iPhones, des smartphones, il y en avait partout." Oui, ça c'est quelque chose qui m'a vraiment marqué parce que qui était quand tu arriv oui, parce qu'en fait il y en a partout, ils sont parce que qu'est-ce qu'on fait avant de prendre l'avion ? cherche notre smartphone, notre iPhone, notre tablette, on est occupé à travailler écrans quoi. Voilà nos écrans et tout est là et tout est là abandonné.

Et là, je me rends compte que en fait les gens ne sont même pas partis avec la seule chose qui pouvait les relier avec leur famille. Et là, je me suis rendu compte de la terreur en fait pour abandonner parce que quand on va faire une course, enfin, on va dans un magasin, on oublie notre smartphone, notre iPhone, qu'est-ce qu'on fait ? on n'est pas bien, on va le rechercher. Si on l'oublie à la maison quand on va travailler, on recherche, on va le rechercher. On reste passant, c'est impossible. Et là, tout est abandonn. Et là, je me suis vraiment rendu compte de la terreur que ces gens avaient vécu. Vous savez, c'est vous voyez des trucs tout le temps là.

Tu tu tu expliques dans le livre que tu vas récupérer 600 morceaux. Enfin, c'est c'est c'est ta santé mentale. Est-ce qu'on peut en parler 2 minutes avant de dernier toujour ? Ouais, je peux pas ici mais je fais toujours une blague. Quand on me pose la question, je dis que je bois mais c'est pas vrai. [rires] Je bois du café ou de l'eau. Voilà, je fais toujours cette blague. Tu fais beaucoup de blagues, tu es très drôle. Un peu comme Philippe Boxo qui fait beaucoup de blagues aussi. Est-ce qu'il y a un rapport avec le fait de travailler là-dedans ? Je sais pas. Je pense qu'on a un humour de salle d'autopsie.

Je pense je pense qu'on prend alors on a énormément de respect pour nos victimes, on a énormément de respect pour les proches et tout mais c'est vrai que on a un humour, je sais pas, peut-être qu'on développe ça. Euh c'est peut-être aussi notre manière d'avancer. Moi, euh pour mon plaisir à moi, déjà, j'adore la musique. La radio, elle est toujours à fond dans ma voiture. Si je vais sur une mission, je reviens, c'est je mets la musique. Au travail, je sais pas rester sans musique. Mes collègues, il travaillent sans musique. Moi, c'est impossible. toute la musique. Et alors, j'aime bien aussi à la maison le weekend, c'est faire de la pâtisserie, des trucs comme ça, des trucs pour m'occuper.

Mais ça m'empêche pas. Et je me suis rendu compte en écrivant le livre qu'en fait, j'ai rien oublié en fait, que tout est là, mais on l'utilise pas toute la journée. On est bien, on va bien. Tu vois un psychologue ? Non. Est-ce que tu as une proposition de tes patrons si tu avais envie euh suivre on a le le strestime de la police fédérale. Mais ce il faut dire aussi c'est que euh on a deux choses. Quand on a un dossier un peu compliqué, on en parle beaucoup entre nous, le DVI. Donc les gens avec qui je travaille, tu en parles déjà, on ventile. Voilà, on dérive parce que bon, j'ai pas tout dans le livre, mais par exemple, j'ai une histoire qui m'avait fort marqué.

C'était un incendie dans une maison avec un papa et les quatre enfants carbonisés. Vo là, on a quand même eu dur hein de chercher toute la journée les petits 1 an, 2 ans, 9 ans, 12 ans plus le papa. Et là, c'est vrai qu'on était pas bien et on ventile entre nous. Donc ça, on ventile entre nous. Et puis après ce qu'on fait quand il y a des grosses catastrophes comme la rue Léopole, le MH17 ou des dossiers comme pour ce papa et ses quatre enfants, on fait des débriefings opérationnel, émotionnel. Opérationnel, on regarde qu'est-ce qu'on doit tirer comme le son de notre mission. Qu'est-ce qu'on pourrait améliorer ?

Et émotionnel évidemment là avec des psychologues pour laisser tout le monde parler. Tu tu tu [raclement de gorge] fais des cauchemars parfois quand quand tu parles de du papa, est-ce que parfois cauchemar que j'ai fait c'est le MH17. Ça c'est vraiment Mais au moment où je m'y trouvais en fait qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? que c'est une journée assez lourde dans la mesure où comme on était au tri là, on avait ouvert un cercueil et dans ce cercueil, on avait euh que des restes humains, mais des sacs, des sacs, des sacs. Et vraiment, on me passait à pied, on me passait une jambe et à un certain moment, on m'a passé une tête.

Et moi je vois la tête, hein, quand je te regarde, je vois la tête. Donc c'est une dame avec des cheveux chatins, crôlé, enfin avec des boucles. Ouais. Crôlé, c'est du Belgic à mon avis. Voilà. Et alors avec des boucles et on me passe et je la dépose sur la tête. Et cette nuit-là, effectivement, j'ai rêvé dans mon rêve parce qu'en fait on dormait dans la caserne puisqu'on est quand même resté de semaines sur place et j'étais dans ma voilà, j'étais occupée à dormir et là j'ai rêvé que je me levais en plein nuit pour aller aux toilettes et au moment où j'ouvre la les toilettes, elle était sa tête était sur la cuvette et là je me suis réveillée à ce moment-là.

C'est vraiment le le seul vrai souvenir que j'ai parce que oui, rêver de mon travail mais pas forcément des victimes. Je rêve plutôt quand j'ai un travail à faire, quand je dois préparer des cours ou dans ce sens-là mais ça c'est la première. Ouais, c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué. Comment ça se passe dans ta vie privée ? Est-ce que tes amis, est-ce que quand tu rencontres quelqu'un, tu discutes ? Est-ce que tu oses même pas dire ce que tu fais ? suis toujours célibataire parce qu'en fait [rires] j'ai été comme tout le monde sur Tinder et ça n'a pas été hein hein.

J'ai rencontré voilà des hommes et alors bon je faisais des dettes hein, on allait boire un café et alors dans la conversation sur Tinder, bon bah voilà, moi je voulais vraiment quelqu'un pour parler et cetera. Donc il faut je parle pas de tout ce que je vois hein, on est bien clair parce que il y a quand même on a une réserve professionnelle qui fait qu'on raconte pas tout. Mais euh déjà avoir quelqu'un à la maison pour dire comment a été ta journée, bien ou pas [rires] et cetera. Voilà. Et là ça celui-là m'a marqué. Celui-là je le rencontré une fois, on avait fait un date et en général il me demande qu'est-ce que tu fais comme métier ? Moi je dis je suis fonctionnaire. Ça veut rien dire.

Oui c'est très large. Ça peut être pour les impôts ou en général on chat fonctionnaire quoi. Ouais mais quoi comme fonctionnaire police ? et je veux m'arrêter là hein parce que j'ai pas envie de et je veux faire un det à ce moment. Je dis écoute si tu veux en savoir plus on ira boire un verre. Donc là j'avais fait un verre avec quelqu'un sur dans un café et on commence à discuter. Bon ça se passe bien et cetera et après il me dit "Oui mais tu es fonctionnaire de police mais quoi ? Tu mets des amendes ?" Il dit parce que j'ai une Porsche. J'ai dit non. [rires] J'ai dit je mets pas d'amande. J'ai dit ne t'inquiète pas.

J'ai dit mais voilà et là je commence à à dire ce que je fais en gros comme ici service d'identification des victimes. Ah c'est quoi ? Ben je lui dis j'identifie les morts. Le mec il devient blanc et il me fait moi écoute ton travail ça me glace le sang. OK. Et là j'ai su que je devais pas aller plus loin parce que je suis sûre à ce moment-là voilà j'ai voilà. Alors clairement je pense que c'est même lui qui a payé mon café. Je sais plus, [rires] je crois que je voulais je voulais partir. En tout cas, je voulais pas rester avec lui parce que bon, je me suis dit non, ça n'ira pas. C'est c'est et et dans les dîners, tu dis oui, quand c'est des amis.

Oui, mais en fait bah mes amis savent ce que je fais comme métier. J'évite d'aller trop dans le voilà parce que voilà et puis j'ai pas envie que ça tourne quand je sors avec mes amis. Quand je vais boire un verre, ça je veux je parle pas du boulot en fait, je parle de plein d'autres choses. Euh ouais, tu peux pas parler du boulot toi, c'est trop après c'est pas ça mais après tu n'en sors pas, tu restes toujours focalisé dedans. Moi ce qu'il y a c'est que quand je quitte mon bureau, j'arrive à tourner le bouton, j'arrive à à à penser à autre chose, avoir envie de faire autre chose, d'aller en ville, d'aller Je suis à Paris. Bon, je dois repartir trop tôt mais bon voilà.

D'aller visiter, tu vois. Voilà. Mais je reviendrai hein. Mais d'aller visiter euh non, j'évite d'en parler avec les amis parce que voilà, c'est pas maintenant ça intéresse à les collègues, enfin les amis. Maintenant quand on rencontre des collègues, c'est tout à fait différent parce que là on est entre nous, hein. Tu tu tu as parlé tout à l'heure en début d'émission, tu as dit "J'avais peur lors de mon premier jour parce que les anciens me parlaient beaucoup des odeurs et disit ça serait est-ce que c'était effectivement arrivé d'avoir une odeur où tu t'es dit là c'est trop là une fois Ouais, les odeurs, c'est jamais agréable.

Donc ça, si tu demandes à un médecin légiste ou voilà, c'est pas agréable. Après, c'est pas qu'on s'y habitue, mais je on prend sur nous, voilà, on le gère. Une fois par contre, et là, bah mon collègue, il était plié en deux parce que lui, il n'aimait pas les odeurs. Donc, on avait une petite dame qui était décédée et dans son appartement et le magistrat voulait avoir une confirmation de son identité parce qu'en fait, c'est une dame qui est retrouvée très longtemps chez elle. Euh pour te dire, elle avait 12 chats, hein, et il y avait trois chats qui étaient morts et les neuf autres qui avaient été retrouver mais vraiment tout maigre et cetera.

et la petite personne est retrouvée dans sa cuisine. Moi, je vois bien l'endroit parce qu'on est allé dans son appartement pour essayer de chercher des information dentaire parce que évidemment son son crâne était parti ce que l'était et je me souviens toujours que le corps avait été transporté à la morque et mon collègue n'aimait pas les odeurs. Donc lui, il me dit "Oui, je dis écoute, on va aller faire l'examen postmortem. Euh la dame a été transférée euh à la morgue, mais je vais déjà faire je savais à quelle mutualité elle était affiliée, donc j'avais déjà pris contact et très rapidement on avait su dentiste.

Ben très rapidement ce jour-là, on a eu beaucoup de chance et le médecin, enfin son dentiste, lui dit "Oui, elle a des prothèses dentaires supérieur inférieur." OK, je me dis identification avec ça, je vais l'identifier avec ça parce qu'elle est retrouvée dans son appartement hein. Donc normalement, il y a pas de problème. On part au cimetière et mon collègue, bon faisait très chaud en Belgique hein. Donc c'était une période caniculaire et là c'est un cimetière, il y a juste un petit frigo où on met les personnes avant d'être enterré. Donc elle est dans le frigo et moi bon je prends pas de précaution, j'ai pas de problème avec les odeurs.

Et mon collègue lui par contre, il avait mis un masque chimique avec deux filtres et il s'était mis Ouais. de gros filtres comme ça et c'était mis dans le fond de la morgue et je dis mais qu'est-ce que tu fais là toi ? Il dit non non moi je suis là je t'écoute he je prends [rires] j'ai dit je prends not je t'écoute et moi je dis bah ouais pas de problème et moi très sûr de moi ouais j'ouvre le sac et là là j'ai eu un vraiment quelque chose que j'ai jamais eu en fait une odeur mais vraiment que j'ai dû courir dehors. Pourquoi ? Et en fait qu'est-ce qui s'est passé ? tout simplement. En fait, cette personne était décédée donc il y avait une odeur de malheureusement de putréfaction.

Ajouté à ça, il y avait des chats qui avaient défqué donc qui avaient fait leurs besoins et cette odeur de chat de d'excrément plus de putréfaction a fait qu'il y avait une odeur qui était vraiment J'ai dû courir dehors. Lui il était là, il était plié en deux. Ah lui il était il dit ouais tu as vu pourquoi j'ai mis le masque ? Je dis ouais il était plus prudent là. Ouais ouais très prudent mais il a bien fait mais c'est la seule fois où ça m'est arrivé. Voilà après la petite dame on a on a pu évidemment confirmer que c'était bien elle. Alors si si on refera une émission avec Patricia parce qu'il y a vraiment beaucoup d'anecdotes dans ce livre.

Tu tu tu terminais là sur une anecdote d'un d'un corps d'enfant qui a été retrouvé dans un fleuve de la lise. On refera une autre émission, il y aura beaucoup d'autres histoires. Mais est-ce que tu veux terminer là-dessus parce que tu tu voulais la raconter. C'était important aussi. Voilà le petit MI donc le petit garçon de 4 ans. Donc c'est un petit garçon qui disparaît de son domicile. En fait les parents ont une dispute, la maman quitte le domicile et le petit garçon disparaît. Euh là bah la machine judiciaire commence hein. Donc disparition inquiétante d'un petit garçon. C'est un petit garçon qui disparaît en plus de ça juste avec son pied nu avec son petit soupul. Donc c'est pas normal.

Donc on sait qu'il y a quelque chose en dessous mais bon il y a une enquête qui est faite avec la famille. Donc il faut il faut savoir que à la fin, il va s'avérer que c'est le papa qui va être condamné à de la prison pour le meurtre de son enfant. Lui, il n'aura jamais euh avoué avoir tué, mais en Belgique, il va quand même être condamné. Euh le petit garçon disparaît et va être retrouvé plusieurs semaines plus tard dans la lisse et le nous sommes demandés sur place pour l'identification. Il y a pas de doute he on retrouve le petit, il a son soupule, euh il a ses cheveux crollés noirs et il a encore son pamperse. Donc on va très il est très rapidement identifié.

Et ce qui est important ici dans le cadre de ce dossier-là, c'est que euh la maman veut le voir, mais le petit est resté plusieurs semaines dans l'eau. Donc à ce moment-là, ben et c'est à partir de ce moment-là que moi, j'ai décidé de me spécialiser aussi en restauration faciale, c'est-à-dire que j'avais le pompe funèbre de Nis, donc le le gérant des pompes funèbres Denis qui est un atopracteur et mon collègue Jean-Marie qui faisait de la restauration faciale. Donc il a commencé à remettre à faire en en de manière à ce que le petit Mendy soit présentable pour sa maman.

Donc voilà, on l'a un peu lavé euh on l'a un peu maquillé légèrement et puis on l'a rabillé de manière à ce que la maman puisse venir lui dire au revoir. Et ça c'était super important. Et c'est à partir de ce moment-là en fait que j'ai décidé que cette partie du travail, je voulais également la faire. Si le visage est est difficilement reconnaissable pour une personne noyée ?

Ben, c'est-à-dire que elle est gonflée mais il y a moyen de faire en sorte que bah les parents même s'ils vont pas le reconnaître à 100 % mais en tout cas de le rendre présentable, c'est-à-dire de le laver, voilà, de ici on l'a rahabillé, on est allé lui acheter quelques vêtements et de manière à ce que la maman ait pu lui dire au revoir et elle a reconnu son enfant. Il n'avait plus le physique du moment où elle a quitté, mais en tout cas, elle a pu lui dire au revoir. Euh, on rappelle qu'il y a des prénoms qui ont été changés, hein, parce que c'est la tu travailles encore à la police, tu es encore en fonction. C'est pas à la police.

Donc c'est c'est je je je préfère prendre devant sur certains commentaires qui ve dire attention c'est faux, c'est machin, c'est pas possible, c'est trop gros. Toutes les histoires sont évidemment vraies. C'est c'est c'est voilà Patricia, ils sont bien réels malheureusement d'ailleurs et et donc les prénoms ont bien été changés ou parfois les villes aussi.

Donc ça sert à rien de chercher des correspondances avec certaines les histoires dans les journaux parce que tu as fait très attention Patricia, tu as appelé parfois tu disais tu as eu l'accord de certaines personnes de dire j'ai demandé l'accord de certaines personnes et puis j'ai certaines personnes qui m'ont dit non voilà donc c'est voilà pour les prénoms juste dernière question sur toi est-ce que à force de la côtoyer est-ce que tu as plus peur de la mort au contraire tu en as moins peur le fait de la voir non ça n'a rien changé chez moi parce qu'en fait voilà je me pose pas la question de savoir ce qu'il y a dans l'au-delà Et euh je me pose pas la question, je vis au jour le jour.

Par contre, ce qu'il y a que euh je relative beaucoup plus Oui, je relativise par rapport à tout. Euh voilà, je me dis aussi bah on est très peu de choses, hein. Voilà, un accident est très vite arrivé. Parfois, j'interviens sur des personnes qui sont décédées accidentellement. Tu veux facile enfin très voilà quelqu'un qui se fait j'ai eu il y a pas longtemps une dame qui traversait sur le passage pour piéton donc c'est une dame qui traverse pour aller au salon la voir faire son linge à la voiserette hein lavr à la lavr elle traverse et elle se fait renverser par une voiture. Et là quand on intervient je me dis [grognement] on est vraiment pas grand-chose.

Donc je relativise beaucoup pour des petites choses qui m'arrivent qui ne sont pas importantes. C'est grave. Ouais. qui sont pas si graves en fait par rapport à quelqu'un qui a perdu son enfant de 16 ans de 18 ans ou comme c'est arrivé ici en Suisse avec cette catastrophe à Crâ Montana où ils ont perdu leurs enfants, hein. Donc là, je relativise beaucoup par rapport à Tu as été appelé pour la Suisse pour les aider ou pas Grand Montin ? Non. Alors à ce niveau-là, on voilà, on a eu une victime belge mais on n pas été demandée parce que la famille était sur place. Euh merci beaucoup d'être venu. Je t'en prie. Merci. Merci à toi de m'avoir accueilli.

C'est si si vous voulez aller prendre le livre de de Patricia pour découvrir aussi un métier que vous connaissez peut-être pas du coup et peut-être pour donner envie peut-être à des gens de faire ce métier. C'est passionnant, on est on côtoie la mort mais voilà notre objectif c'est vraiment donner une réponse aux vivants. Service d'identification des des victimes. Voilà des DVI donc DVI en anglais sur les traces d'une experte DVI en identification de victime donner un nom au mort Patricia Vaner Lindon chez Racine. Je vous mettrai donc voilà le lien directement dans la description.

Il y a plus qu'à cliquer puis en 2 secondes vous allez pouvoir commander le livre et le recevoir tout de suite chez vous et dans la description des podcasts audio. Merci de nous écouter de faire de de légende le premier podcast de France sur Spotify 10 Apple podcast et Amazon podcast. Vous avez un petit lien dessous, il y a marqué description en dessous de l'épisode et vous pourrez comme ça retrouver le livre de de Patricia. Merci beaucoup. C un plaisir de t'avoir grand merci en tout cas dans l'émission. On est à l'heure pour ton train pour que tu puisses rentrer en Belgique tout de suite. Tu auras pas le temps de profiter de Paris malheureusement. Je reviendrai avec grand plaisir.

Hésitez pas d'ailleurs à nous dire ce que vous avez pensé de l'émission, à réagir par rapport à l'émission. Tu vas aller lire les commentaires ou pas ? Ah ben bien entendu. Et ben voilà, si vousz des petits commentaires. Si vous voulez je réponds hein. Donc Patricia et ben attends avec plaisir, hésitez pas à liker la vidéo, ça nous aide beaucoup sur l'algorithme de YouTube et puis à mettre la petite cloche pour être au courant des prochaines vidéos. On en met une le mercredi, le vendredi et le dimanche trois par semaine, trois interviews ou documentaires. Voilà, merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi.

On se retrouve toute façon très vite pour une prochaine vidéo sur les genses. Ciao tout le monde.

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Non speech

[musique]