Manuel Bompard : "Si le gouvernement tombe, M. Barnier ne pourra s'en prendre qu'à lui-même"
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- 0:14OuverteRéponse directe
Manuel Bompard, bonjour.
- 0:44OuverteRéponse directe
Le gouvernement Barnier tiendra-t-il jusqu'à Noël ?
- 0:56RelanceRéponse directe
Vous maintenez ce calendrier, pour vous l'affaire est entendu ?
- 1:40RelanceRéponse partielle
Si le gouvernement devait tomber, ce serait grâce aux voix du RN ? Vous les remercieriez ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Vous attendez de savoir ce que Marine Le Pen va faire ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Si le budget n'est pas voté, ça veut dire qu'on ira vers une crise politique et financière ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueFait
« C'est effectivement l'hypothèse la plus probable, puisque pour l'instant, M. Barnier s'entête à vouloir faire passer un budget, qui est un budget injuste socialement, un budget dangereux d'un point de vue économique, un budget irresponsable d'un point de vue écologique. »
- 1:22Invité politiqueFait
« il a ouvert il y a quelques jours la possibilité d'avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution pour la prochaine lecture à l'Assemblée nationale, donc sans doute effectivement autour du 15 décembre. »
- 2:34Invité politiquePromesse
« nous, nous disons, il vaut mieux mettre en place une taxe de 2% sur le patrimoine des 147 milliardaires plutôt qu'augmenter les factures d'électricité pour les Françaises et les Français. »
- 4:35Invité politiqueFait
« En France, il n'y a pas de shutdown, comme on dit aux États-Unis. »
- 12:42Invité politiqueFait
« le 7 novembre dernier, le comité des droits de l'homme de l'ONU a dit qu'il y a un problème d'instrumentalisation aujourd'hui en France du délit d'apologie du terrorisme pour s'en prendre à des opposants politiques, à des syndicalistes, et a fait des recommandations. »
- 19:44Invité politiquePromesse
« C'est l'objectif de ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. »
- 20:18Invité politiqueFait
« Effectivement, le Parti Socialiste a voté un amendement déposé par le groupe Liot pour supprimer la suppression de la réforme Touraine de notre proposition de loi. Et cet amendement a été battu. »
Temps de parole
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député LFI des Bouches-du-Rhône, coordinateur national de la France Insoumise. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Manuel Bompard, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter en cette semaine politique dense, chargée, incertaine. Vous aurez à la France Insoumise votre niche parlementaire jeudi où vous proposerez notamment aux députés de voter l'abrogation de la réforme des retraites et du délit d'apologie du terrorisme. Non, ce n'est pas dans notre niche parlementaire, ça, pardonnez-moi de le préciser.
C'est une proposition de loi qui arrive.
Voilà, proposition qui a déclenché une vive polémique depuis 48 heures, on va y revenir. Mais d'abord, le gouvernement Barnier tiendra-t-il jusqu'à Noël ? Jean-Luc Mélenchon disait il y a dix jours que le gouvernement tombera entre le 15 et le 21 décembre. Vous maintenez ce calendrier, pour vous l'affaire est entendu, ça ne fait aucun doute ?
C'est effectivement l'hypothèse la plus probable, puisque pour l'instant, M. Barnier s'entête à vouloir faire passer un budget, qui est un budget injuste socialement, un budget dangereux d'un point de vue économique, un budget irresponsable d'un point de vue écologique. Et il a ouvert il y a quelques jours la possibilité d'avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution pour la prochaine lecture à l'Assemblée nationale, donc sans doute effectivement autour du 15 décembre. Et il est évident que si M.
Barnier cherche à passer en force son budget par le 49.3, alors nous déposerons une motion de censure, et que cette motion de censure a des possibilités effectivement d'être votée, et donc que le gouvernement tombe et que le budget de M. Barnier tombe avec.
S'il tombait, s'il venait à tomber, M. Barnier, ce serait grâce aux voix du Rassemblement national qui voterait cette motion de censure avec vous. Vous les remercieriez de voter avec vous ?
Si le gouvernement M. Barnier devait tomber, c'est parce qu'une motion de censure aurait été adoptée par une majorité des députés à l'Assemblée nationale.
Et vous savez que sans les voix du Rassemblement national, elles ne passent pas ?
Il faut qu'il y ait des voix qui ne soient pas uniquement des voix du nouveau Front populaire, ça c'est vrai. Mais si le gouvernement de M. Barnier tombe, M. Barnier ne pourra s'en prendre qu'à lui-même, puisque ça sera la démonstration du fait que dans cette discussion budgétaire, il a refusé de prendre en compte, y compris les amendements que nous avions réussi à faire voter par une majorité des députés à l'Assemblée nationale en première lecture, qui étaient des amendements qui consistaient à faire reposer plutôt les efforts nécessaires sur les plus riches, les milliardaires, les multinationales, plutôt que sur les Françaises et les Français.
Donc nous, nous disons, il vaut mieux mettre en place une taxe de 2% sur le patrimoine des 147 milliardaires plutôt qu'augmenter les factures d'électricité pour les Françaises et les Français. M. Barnier préfère faire payer les Français, nous ne sommes pas d'accord.
Vous savez que M. Barnier a imposé dans le budget aussi de taxer davantage les milliardaires et les grandes entreprises qui font des profits, ce qui n'était pas le cas depuis 7 ans. Vous savez qu'il y a eu une avancée de ce point de vue-là.
De manière provisoire, temporaire et de manière trop limitée, puisqu'il propose aussi de reporter la revalorisation des retraites, il propose aussi d'augmenter les taxes sur l'électricité.
Mais en fait, aujourd'hui, ce matin, vous attendez de savoir ce que Marine Le Pen va faire. Puisque vous, vous savez, il n'y a plus de troisième voie de compromis, globalement. Donc soit il passe en force en 49-3, de toutes les manières, il y a motion de censure que vous voterez. Là, maintenant, on attend de savoir ce que décide Marine Le Pen. C'est ce que vous attendez, vous, Manuel Bompard, de savoir si Marine Le Pen y va ou pas.
Madame Salemi, on attend d'abord de savoir ce que M. Barnier va faire. M. Barnier pourrait aussi décider que non, il change complètement d'avis, que finalement, oui, les amendements que nous avons réussi à faire déposer à l'Assemblée nationale sont justes, parce qu'ils permettent de ne pas faire reposer la charge sur tous les Français, mais plutôt de mettre à contribution ceux qui en ont les moyens. Mais je dois dire avec honnêteté que je vois bien que ce n'est pas le chemin que prend M. Barnier aujourd'hui. Je pourrais vous faire croire que M. Barnier va reprendre notre budget, mais pour ça, il avait une possibilité.
C'est à la fin de l'examen des amendements à l'Assemblée nationale, les députés macronistes auraient pu voter pour. Ils se sont alliés avec le Rassemblement national, là en l'occurrence, pour voter contre.
Manuel Bompard, si le budget n'est pas voté, ça veut dire qu'on ira vers une crise politique, mais aussi une crise financière dans un contexte tendu. La porte-parole du gouvernement dit que le risque, c'est un scénario à la grecque. Les fonctionnaires ne soient pas payés, ni les enseignants, ni les infirmières, ni les policiers. Vous répondez quoi ?
Je réponds que cette manière de prendre les Français pour des imbéciles est juste insupportable et inacceptable. En France, vous savez, si le gouvernement de M. Barnier tombe autour du 15 décembre, qu'est-ce qu'il va se passer ? Il faut arrêter ces discours catastrophistes. En France, il n'y a pas de shutdown, comme on dit aux États-Unis. Il n'y a pas de shutdown, mais il y a un risque sur les salaires des fonctionnaires.
Non, pas du tout.
Qu'est-ce qui va se passer si le gouvernement tombe au 15 décembre ? Il va y avoir la possibilité de mettre en place un nouveau gouvernement. Et ce nouveau gouvernement, il aura un grand avantage par rapport au gouvernement précédent, c'est qu'il ne sera pas tenu par le délai constitutionnel de 70 jours pour travailler son budget. Et donc, à partir de ce moment-là, il aura du temps pour mettre en place un nouveau budget. Un nouveau budget qui permet d'avoir d'autres recettes. et une discussion ensuite pour décider de comment on dépense ses recettes, tout simplement.
Il n'y a aucun risque de conduire à une situation dans laquelle les fonctionnaires ne sont pas payés ou les services publics ne fonctionnent plus. Ce n'est pas vrai, c'est un mensonge pur et simple. Le calendrier parlementaire permet tout à fait, dans ce cas-là, de discuter et de mettre en place un autre budget. Si le gouvernement tombe, nous nous proposerons un gouvernement du nouveau Front populaire qui a fait la démonstration dans la discussion budgétaire qu'un autre budget est possible, tout simplement.
Mathilde Panot disait dimanche, le choix est simple pour les insoumis, c'est soit Lucie Casté, soit Emmanuel Macron doit partir. C'est ça vos deux solutions. Donc, probablement, puisque l'option Lucie Casté n'est même plus soutenue par tous vos alliés du NPF, pardon mais Olivier Faure a dit, le Parti Socialiste et Boris Vallaud, d'ailleurs je vais vous faire réagir sur ça, ils sont en train de dire, parce que vous avez réagi sur ça, Boris Vallaud dimanche sur Question politique, dit qu'on voudrait une alliance avec tous les groupes de l'arc républicain pour poser les conditions d'une non-censure d'un gouvernement. Comment vous le prenez quand vous l'avez entendu dire ça ?
Je le prends honnêtement comme une rupture avec ce qu'a été pour l'instant la ligne du nouveau Front populaire, qui n'était pas juste la ligne de la France Socialiste, qui était la ligne du nouveau Front populaire, qui consistait quand même, parce que c'est important de le rappeler, à rappeler qu'au lendemain des élections législatives, le groupe politique, la coalition politique, qui est arrivée en tête et qui dispose du plus grand nombre de députés à l'Assemblée nationale, c'est le nouveau Front populaire, et donc la légitimité démocratique, le respect du résultat des élections, c'est un gouvernement du nouveau Front populaire. Avec Lucie Casté ?
Avec Lucie Casté, puisque c'est la candidate que nous avons choisie ensemble, qui a comme base programmatique le programme du nouveau Front populaire.
Donc c'est que le programme, rien que le programme ?
Non mais attendez, parce que ça, ça a été beaucoup caricaturé, ce que j'observe depuis...
C'est Jean-Luc Mélenchon qui a dit ça le soir même de la distribution.
Évidemment, et je vais y revenir. Mais je veux juste vous dire que pour l'instant, ceux qui font tout le programme, rien que le programme, c'est M. Barnier. Puisque quand nous on fait des propositions de compromis, parce qu'on prend le budget de départ de M. Barnier et l'amender, comme on l'a fait à l'Assemblée nationale, c'est bien une recherche de compromis. Mais si demain le gouvernement de M. Barnier tombe et qu'il y a un gouvernement du nouveau Front populaire, sa base programmatique, évidemment, c'est celle que nous avons défendue devant les électrices et les électeurs, c'est le programme du nouveau Front populaire.
Et ensuite, on cherche à construire texte par texte des majorités à l'Assemblée nationale. Et on a fait la démonstration déjà à plusieurs reprises qu'on était capable d'avoir des majorités qui votent nos propositions de loi à l'Assemblée nationale. Et j'espère d'ailleurs qu'on fera une nouvelle démonstration jeudi,
puisque la réforme sur la brogation de la réforme des retraites,
elle peut avoir une majorité des députés. C'est bien la preuve que des propositions issues du programme du nouveau Front populaire peuvent réunir une majorité des députés à l'Assemblée nationale.
Mettons que le gouvernement Barnier tombe, il se passe quoi exactement après, Emmanuel Bompard ? Vous espérez qu'Emmanuel Macron démissionne, qu'une présidentielle anticipée soit convoquée ? Jean-Luc Mélenchon dit qu'une élection présidentielle anticipée nous pend au nez. Au moins, vous avez votre candidat dans cette hypothèse, puisqu'il a dit lui-même, si c'est une élection qui a lieu tout de suite, sans doute que je peux être incité à y aller. Il est le mieux placé à gauche ?
Oui, mais d'abord je vais répondre à votre début de question. Si le gouvernement de M. Barnier tombe, je redis ce que je vous ai dit. La première chose que nous disons, c'est que nous sommes prêts à constituer un gouvernement du nouveau Front populaire.
Donc c'est plan A, Lucie Casté, plan B, Jean-Luc Mélenchon candidat.
Non, mais ça ne vous a pas échappé que malheureusement, sans doute, ce n'est pas moi qui décide de qui nous nous nommons comme Premier ministre. Il y a une personne qui le fait, il s'appelle M. Macron, il a un nom, une adresse, comme on dit, il habite à l'Élysée. Donc c'est lui qui peut décider de nommer Lucie Casté et un gouvernement du nouveau Front populaire. S'il ne le fait pas, s'il refuse à nouveau de le faire, alors oui, j'assume de vous dire que dans ce cas-là, je pense que la seule manière de débloquer une situation institutionnelle qui sera une situation institutionnelle instable, parce que vous pouvez renommer M. Barnier, mais ça va produire le même résultat.
Vous voulez une démission du président de la République ? Je pense effectivement que dans ce cas-là, c'est le départ du président de la République qui est souhaitable. tout simplement parce que c'est lui le responsable du blocage. Et s'il doit y avoir une élection présidentielle anticipée, vous avez vu, je n'esquive aucune de vos questions, s'il doit y avoir une élection présidentielle anticipée, je rappelle que dans ce cas-là, le délai constitutionnel, parce que c'est quand même intéressant que tout le monde le sache, c'est entre 20 et 35 jours, entre le moment de la démission et le moment de l'élection présidentielle anticipée.
Et je dis que oui, il me semble que dans ce délai, la personne qui est la mieux placée aujourd'hui pour porter les couleurs de la France insoumise, mais je l'espère au-delà de ceux qui voudraient le faire avec nous, je pense effectivement que dans ce délai-là, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est le mieux placé. Voilà simplement ce que j'ai à vous dire.
Il y a eu une grande enquête électorale d'Ipsos publiée dans Le Monde en août, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique de très loin la plus rejetée par les Français, avec 83% de jugements défavorables, 68% de jugements très défavorables, mais vous y croyez mordicus, c'est le meilleur.
Nicolas Demorand, vous pouvez choisir si vous voulez les sondages qui vous intéressent, mais moi je peux vous en sortir d'autres si vous voulez, si vous voulez qu'on compare les sondages, et notamment tous les sondages qui disent qu'aujourd'hui, quand vous testez les différents candidats à l'élection présidentielle, à gauche c'est Jean-Luc Mélenchon qui fait le plus gros score au premier tour. Donc vous voyez, il y a les sondages, il y a ceux que vous aimez bien, il y a ceux que vous aimez moins bien. Donc moi je vous dis que si c'était les sondages qui faisaient la politique et le résultat des élections, il y aurait un Premier ministre, aujourd'hui ce serait Jordan Bardella.
Mais vous ne contestez pas celui-là quand même. Parce que je rappelle que 27 sondages sur 27 qui ont été publiés pendant la campagne des élections législatives disaient que le Rassemblement national allait gagner et que c'est M. Bardella qui allait être à Matignon. Donc heureusement dans notre démocratie, ce n'est pas les sondages qui font l'élection.
Donc pour vous, le meilleur candidat à ce stade, c'est Jean-Luc Mélenchon, ça vous semble une évidence ?
Je vais vous dire que ce n'est pas très original, puisque en l'occurrence j'ai tenu le même discours depuis plusieurs mois.
Alors avant cette présidentielle anticipée que vous espérez en 2025, il y a jeudi, à l'Assemblée nationale, la proposition de loi, alors on va venir à la proposition de la des retraites, mais c'est vrai qu'il y a cette proposition de loi qui a suscité un tollé ces 48 dernières heures. Vous souhaitez abroger le délit d'apologie du terrorisme dans le code pénal, instauré par une loi de 2014, estimant qu'en la matière, la loi de 1881 sur la liberté de la presse suffit. Cette proposition a suscité de vives critiques. Pour Bruno Retailleau, c'est une proposition innommable. Le ministre de la Justice, Digné Migo, s'est dit extrêmement choqué.
Je ne comprends pas qu'on puisse baisser la garde devant la menace du terrorisme qui est aujourd'hui très présente, vous dit-il. Et c'est vrai qu'on peut se demander pourquoi aujourd'hui, en plein procès Samuel Paty, alors qu'on vient de commémorer en ce mois de novembre les attentats du Bataclan, les attentats de Paris, qu'on va commémorer dans quelques semaines les 10 ans de Charlie Hebdo, pourquoi vous proposez cela maintenant, dans ce contexte si sensible aujourd'hui pour les victimes du terrorisme en France ? Pourquoi ça maintenant ?
D'abord, je vais vous dire que je le trouve honteux. J'ai été estomaqué par la forme de trumpisme politique et médiatique qui a donné lieu au débat, qui a suscité cette proposition de loi. On a le droit de débattre en France de la meilleure manière d'encadrer les problématiques et les délits d'apologie du terrorisme. Et moi, je ne dis pas seulement que la loi de 1880, la loi de la presse, suffit. Je dis que le fait d'avoir en 2014 déplacé ce délit d'apologie du terrorisme pour le mettre dans le code pénal a produit des dérives qui sont des dérives qui depuis ont été largement documentées. Quand le juge antiterroriste, M.
Trévidic, dit que cette loi a été dévoyée, quand l'ex-défenseur des droits, M. Toubon, qui n'est pas issu de la France Insoumise, qui est issu de la droite, dit que cette loi, cette évolution législative a été, je cite, un fiasco judiciaire. Et quand vous avez, le 7 novembre dernier, puisque je vais répondre à votre question sur le timing, le 7 novembre dernier, le comité des droits de l'homme de l'ONU a dit qu'il y a un problème d'instrumentalisation aujourd'hui en France du délit d'apologie du terrorisme pour s'en prendre à des opposants politiques, à des syndicalistes, et a fait des recommandations. Et ces recommandations, c'était de revenir sur cette loi le 7 novembre dernier.
Donc nous, dans la foulée, en suivant les recommandations de l'ONU, on a déposé cette proposition de loi. Mais je précise, par rapport à la question que vous avez posée tout à l'heure, que cette proposition de loi n'est pas inscrite dans notre niche parlementaire ce jeudi.
D'accord, mais vous allez la défendre quand même. Vous allez la défendre ou vous allez y revenir ?
Mais pas du tout. Elle a été déposée, il n'y a pas de problème.
Parce que sur ce coup-là, Emmanuel Bompard, vous êtes assez seul, puisque Renaissance, la droite ne la votera pas, mais même le Parti Socialiste ne la votera pas. Pour Olivier Faure, la question de réécrire et de repréciser la définition d'apologie du terrorisme se pose, mais il ne faut pas le sortir du code pénal. C'est ce qu'il dit, notamment. Vous assumez d'être seul sur la question ?
Non, nous ne sommes pas seuls, madame, mais d'abord je vais vous dire si Olivier Faure...
Qui va voter la sortie du code pénal ?
Je vais répondre à votre question, je ne vais pas parler à la place des autres. D'abord, si Olivier Faure dit ça aujourd'hui, c'est qu'il reconnaît donc qu'il y a un problème avec la définition actuelle de la loi. Donc lui, sans doute, propose-t-il autre chose que la supprimée du code pénal et le ramener dans la loi de 1881, mais lui-même reconnaît qu'il y a une difficulté et un problème. Ce qui n'était pas le cas, par exemple, de Boris Vallaud, puisque vous m'interrogez sur ses dernières déclarations, qui lui disait pas la même chose, il disait qu'il n'y avait pas de problème.
Oui, lui disait qu'il n'y avait pas de problème et on ne bouge pas.
Bon, maintenant, sur le fait que nous serions seuls, madame, dans les débats de 2014, au moment où cette proposition de loi a été faite, est-ce que vous savez que les sénateurs communistes avaient voté contre, avaient proposé des amendements pour les supprimer, que les écologistes s'y étaient opposés, qu'un certain nombre de voix s'étaient exprimées à l'époque, y compris j'ai retrouvé un amendement qui avait été déposé par deux députés, les Républicains à l'époque, pour dire qu'il ne fallait pas faire ça.
Oui, mais il avait été voté à la majorité, à part les voix des communistes du Sénat.
Certes, madame, mais vous avez commencé en me disant que nous étions seuls sur ce sujet. Nous ne sommes pas seuls. Il y a eu une tribune qui a été publiée par 150 responsables syndicaux associatifs, notamment la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le président de la Ligue des Droits de l'Homme, en début de semaine, qui disait qu'effectivement il y avait un problème. Est-ce que vous êtes...
Et je veux quand même préciser, pardonnez-moi, parce que j'ai entendu pendant tout le week-end des propos qui consistaient à dire, et encore, pardon, hier sur certaines antennes de votre groupe, j'ai entendu l'avocat Richard Malka dire, s'il y avait cette proposition des Insoumis qui était adoptée, on pourrait dire, vive les terroristes, etc. Mais ce n'est pas vrai. On ramène ce délit dans la loi de 1881. Dans la loi de 1881, les peines... Mais pourquoi il y a besoin ? Je vais répondre à votre question, mais les peines encourues dans la loi de 1881 pour des faits d'apologie de crime, de manière générale, c'est 50 prisons et 45 000 euros d'amende.
Donc ce n'est pas vrai de dire que ça permettrait d'avoir des propos d'apologie du terrorisme.
Mais c'est parce que Mathilde Panot et Rima Hassan ont été convoqués pour apologie du terrorisme que vous voulez abroger ce délit du code pénal.
Donc ça sert vos intérêts personnels ou les intérêts de certains de vos élus ?
Mais ce ne sont pas les intérêts personnels que de considérer que dans une démocratie, il n'est pas normal qu'une présidente de groupe parlementaire puisse être convoquée au commissariat pour rendre compte sur des tracts. Ça, ce n'est pas possible, ça ne peut pas fonctionner une démocratie. Vous me posez la question pourquoi ? Je vais aller vite. Pourquoi ? Parce que qu'est-ce que ça a changé de le mettre dans la loi en 2014, de le mettre dans le code pénal ? Ça a changé qu'on peut utiliser des méthodes de l'antiterrorisme aujourd'hui pour lutter contre la forme d'apologie du terrorisme.
Mais parce que la menace de terrorisme est beaucoup plus élevée qu'avant 2014, vous le savez, Manuel Bompard. Ça veut dire qu'on peut décider de faire des comparutions immédiates. Ça veut dire qu'on peut décider de mettre sur écoute des personnes parce qu'elles sont suspectées d'avoir fait un délit d'apologie du terrorisme. Ça veut dire que Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire d'opposition insoumise, parce qu'une association considère qu'un tract est une forme d'apologie du terrorisme, pourrait être mis sur écoute. Et ça, ça ne vous pose pas de problème en démocratie. Vous êtes journaliste.
Ça veut dire qu'un journaliste qui est soupçonné de faire de l'apologie du terrorisme pourrait être mis sur écoute.
Il y a peut-être des dévoiements de cet article. Mais de là à le sortir du code pénal, alors que la menace terroriste n'a jamais été aussi grande, et que c'est pour ça... Je veux dire, on n'est pas en situation près de 2014.
Léa Salamé, ça ne change strictement rien.
Ça montre qu'on comprend la question de l'apologie du terrorisme plus au sérieux et plus gravement que les autres menaces. C'est comme ça, c'est de hiérarchiser les choses.
Alors madame, je vais vous répondre quelque chose. La commission nationale consultative des droits de l'homme disait, dans une publication il y a quelques mois, quelque chose de très intéressant. Il disait, pour lutter contre le terrorisme, ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est remettre en cause nos libertés fondamentales et remettre en cause l'état de droit. Parce que quand on fait ça, on ne lutte pas contre le terrorisme. Au contraire, on donne raison aux terroristes qui veulent déstabiliser nos démocraties, qui sont des adversaires de la démocratie, et qui veulent déstabiliser notre état de droit. Et donc je pense qu'il faut lutter de manière implacable contre le terrorisme.
Et que pour lutter de manière implacable contre le terrorisme, il faut le faire en respectant toujours nos libertés fondamentales. Sinon, on donne raison aux motivations des terroristes. Voilà ce que je pense.
Encore un mot, Manuel Bompard, sur le sujet. Vous avez écrit sur X que ce délit avait été inscrit dans le code pénal en 2014, parce que, je vous cite, Bernard Cazeneuve, alors au gouvernement, avait cédé en 2014, donc, aux pressions des réseaux fascisants. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que Bernard Cazeneuve est sous influence fascisante ? Non, non, attendez, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Mon tweet est très clair. Cédé aux pressions des réseaux Bernard Cazeneuve avait cédé aux pressions des réseaux fascisants.
Ça veut dire qu'il y a des pressions, effectivement, de réseaux plutôt inspirés et plutôt positionnés à l'extrême droite de l'échiquier politique, qui, en matière de respect des libertés fondamentales et de respect de l'état de droit, mènent pression de manière générale pour essayer de rendre la loi moins protectrice de nos libertés fondamentales. Et je vais vous dire, peut-être qu'il y a une erreur dans mon tweet, je vais vous dire laquelle, c'est qu'il n'y avait pas, à l'époque, que les pressions des réseaux fascisants. Il y avait aussi des gens qui, à l'époque, étaient de bonne foi et ont considéré qu'il fallait faire cette évolution.
C'était le cas du juge Trévidi, qui l'a dit lui-même, ex-juge antiterroriste. Mais sauf que le juge Trévidi, qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit qu'il faudrait avoir le courage d'oser revenir en arrière. Eh bien, nous, nous avons le courage d'oser proposer de revenir en arrière.
Donc, vous allez retirer votre tweet ?
Non, pas du tout. Peut-être aurais-je dû le compléter en disant qu'il y avait aussi des gens de bonne foi qui avaient poussé à l'époque et qui, finalement, ont changé d'avis aujourd'hui.
Dans votre niche parlementaire de jeudi, vous allez proposer d'abroger la réforme des retraites en ramenant l'âge de départ à 62 ans. Mais vous ne voulez pas vous arrêter à la réforme borne uniquement. Vous voulez aussi abroger la réforme touraine, votée sous François Hollande et ramener la durée de cotisation de 43 à 42 annuités. La réforme touraine, votée par un gouvernement de gauche, Manuel Bompard, est donc une mauvaise réforme.
Évidemment. D'ailleurs, nous étions nombreuses et nombreux à l'époque à avoir protesté contre, y compris à avoir participé à des manifestations et à des mobilisations contre. Donc oui, je souhaite qu'on revienne... Vous savez, en plus, le programme de la France insoumise, il est très clair. C'est l'objectif de ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. Et on décide de le faire par étapes. La première étape, c'est abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire ramener l'âge de départ à 62 ans. La deuxième étape, c'est d'abroger cette réforme touraine, c'est-à-dire revenir à 42 annuités de cotisation.
Et ensuite, avec l'espoir, plus tard, de pouvoir aller plus loin.
Alors là, vous êtes seul, parce que le Parti Socialiste ne veut pas revenir sur la réforme touraine.
Il faut que vous compreniez quelque chose. Quand le Parti Socialiste n'est pas d'accord avec moi, ça ne veut pas dire que je suis seul.
Donc vous allez être avec qui ? Qui va voter les communistes ?
C'est simple, le débat a eu lieu en Commission des Affaires Sociales le mercredi dernier. Effectivement, le Parti Socialiste a voté un amendement déposé par le groupe Liot pour supprimer la suppression de la réforme touraine de notre proposition de loi. Et cet amendement a été battu. Donc si je suis seul en étant majoritaire à l'Assemblée Nationale, Léa Salamé, ça me va.
Si vous faites voter l'abrogation de la réforme des retraites, qui sera un moment très fort ce jeudi, si vous y parvenez, c'est là aussi, pardonnez-moi d'y revenir, grâce aux voix du Rassemblement National.
Léa Salamé, c'est ça. Là, pour le coup, vous pouvez les remercier. Mais non, mais je ne vais pas remercier qui que ce soit. Quand vous déposez une proposition de loi à l'Assemblée Nationale, il se trouve qu'il y a 177 députés. Dans ces 177 députés, il y a des députés du Rassemblement National. Donc soit vous proposez de les exclure complètement et qu'ils ne puissent plus voter, mais je ne crois pas que c'est ce que vous proposez. Donc à partir du moment où ils sont là, il faut faire avec.
Maintenant, je vais vous dire, parce que c'est quand même le plus important, ce qui est scandaleux aujourd'hui, c'est que moi je souhaite que ça soit voté, mais que vous avez aujourd'hui les députés macronistes qui ont déposé, c'était hier soir à 17h, la date limite de dépôt des amendements, 1000 amendements sur une niche parlementaire, avec des amendements très importants. Ils veulent jouer le temps. Celui qui consiste à modifier le titre pour modifier la loi, en disant que ce n'est pas la loi pour abroger la réforme des retraites, mais c'est une loi démagogique pour abroger la réforme des retraites.
On peut mesurer, je crois, la qualité du travail parlementaire fait par les groupes macronistes.
Ils veulent, ils veulent, ils veulent, mais c'est scandaleux. C'est un hommage à ce que vous avez fait, vous, pendant la réforme des retraites, en déposant des milliers et des milliers d'amendements pour jouer le temps.
Est-ce que vous connaissez la différence entre un débat qui dure 15 jours d'initiative gouvernementale, le gouvernement a la maîtrise de l'agenda parlementaire, donc le gouvernement, quand il y a trop d'amendements, il peut décider d'ouvrir des séances supplémentaires, qu'on prenne un mois s'il faut pour débattre d'une proposition de loi. Là, on est dans le cadre d'une niche parlementaire. La niche parlementaire, elle commence à 9h et elle se termine à minuit. Donc c'est inédit d'avoir une stratégie qui soit une stratégie d'obstruction parlementaire sur une niche parlementaire. J'ai vu M.
Bayrou, qui est soi-disant président du mouvement démocrate, démocrate assumé et revendiqué à la télévision, qui voulait empêcher l'Assemblée nationale de voter sur une proposition de loi qui a été, à l'époque, rejetée par 90% des Français, par l'ensemble des organisations syndicales et qui n'avaient pas de majorité à l'Assemblée nationale. On est en démocratie, l'Assemblée, elle doit pouvoir voter sur ce sujet. Moi, j'appelle solennellement les députés macronistes à retirer leurs amendements d'obstruction parlementaire.
Et sinon, je les préviens, nous ferons un travail d'affichage sur leurs circonscriptions pour dire quels sont les députés macronistes qui sont à l'initiative d'avoir empêché l'Assemblée nationale de voter sur ce sujet. Eh bien, nous dirons, les amendements qui ont été déposés par les députés macronistes, nous le ferons sur leurs circonscriptions pour que les Françaises et les Français, leurs électrices et leurs électeurs...
Je ferai la photo du député que vous collerez partout en disant « il a voté ».
« Il a déposé tel amendement, je ferai un travail d'information ». C'est important que les électeurs, y compris macronistes, sachent à quel type de pratique se livrent leurs parlementaires.
Manuel Bompard, Boilem Sansal, l'écrivain a été arrêté il y a plus d'une semaine maintenant en Algérie. Les prix Nobel de littérature, Agnierno, Leclésio, Rannpamuk, Wolesoninka, ainsi que plusieurs écrivains dont Salman Rushdie et Roberto Saviano, ont demandé sa libération immédiate dans une tribune publiée dans Le Point. Vous demandez aussi ce matin cette libération, cette arrestation vous inquiète ? Évidemment, évidemment.
On ne peut pas être d'accord avec le fait qu'un écrivain soit arrêté, en plus dans des conditions qui sont quand même très opaques.
Donc vous demandez sa libération immédiate ?
Effectivement, il y a cette tribune que j'appuie et que je soutiens, signée notamment par Agnierno. Donc oui, je demande sa libération, mais je veux dire de manière plus générale qu'il y a d'autres cas aussi de restrictions ou d'arrestations arbitraires sur lesquels nous nous sommes toujours mobilisés. Un chercheur, Victor Dupont, qui a été détenu pendant plusieurs semaines en Tunis, on a obtenu sa libération, c'est une bonne chose.
J'observe aussi, parce que je ne veux pas avoir d'indignation à géométrie variable, j'observe aussi que quand une universitaire se retrouve interdite de conférence au Parlement européen parce que Mme Maréchal Le Pen a demandé l'interdiction de sa conférence, là, j'entends moins les réseaux d'extrême droite se mobiliser sur ce sujet. Donc moi, je n'ai pas d'indignation à géométrie variable. Un écrivain, il ne doit pas être en prison en fonction de ses écrits, de ses opinions, quel que soit ce qu'on peut penser par ailleurs de ses opinions.
On est très en retard, Anne Hidalgo annonce ce matin qu'elle ne briguera pas de troisième mandat à la mairie de Paris en 2026.
J'observe surtout qu'elle adoube un successeur qui, comme l'autre candidat qui s'est proposé avant, disent tous la même chose, il n'est pas question de travailler avec la France Insoumise. Je trouve que pour des gens qui prétendent au niveau national défendre l'Union à gauche, ces initiatives de division qu'on observe à Paris mais qu'on observe partout en France sont insupportables.
Et vous, vous avez déjà votre candidat pour Paris ?
Non, on n'a pas encore de candidate, mais ce que j'observe, c'est que M. Grégoire qui s'est présenté la semaine dernière et M. Ferrault qui adoube Mme Hidalgo disent tous les deux, il n'est pas question de faire avec les Insoumis. Ce n'est pas très NFP compatible tout ça.
Merci en tout cas Manuel Bompard d'avoir été au micro d'Inter ce matin, 8h48.
Manuel Bompard