L'UNION EUROPÉENNE EST EN TRAIN DE SE DISLOQUER - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00MélenchonChiffre
« Nous avons rassemblé 4 millions de voix en France en 2012 ! »
- 5:00MélenchonFait
« La Russie n'est pas une ennemie, c'est une partenaire. »
- 7:00MélenchonChiffre
« Nous avons le record d'Europe des millionnaires. »
- 11:00MélenchonPromesse
« Il nous faut une conférence sur la Dette. »
- 13:00MélenchonFait
« Madame Merkel fait la politique de la CDU-CSU, celle des rentiers, point. »
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Mes chers Camarades, Je vous remercie pour votre invitation. Vous autres, de Die Linke, et nous, les Français, nous avons un lien très profond. J'ai, personnellement, une histoire politique intimement liée à la vôtre.
Je suis ami et camarade de Oskar Lafontaine, et c'est une des meilleures rencontres de ma vie. J'ai pris auprès de lui des leçons de courage et d'audace pour rompre avec les compromis pourris de la sociale-démocratie française. Nous avons étudié, avec beaucoup de soin, chacun des pas que vous avez faits pour en tirer toute la leçon pour nous.
Je n'ai pas de honte et, au contraire, beaucoup de fierté à dire que je suis un des résultats de Die Linke. Et sur cette base, nous avons rassemblé 4 millions de voix en France en 2012 ! Et cette gigantesque expérience, nous l'avons fait fructifier en continuant à apprendre des autres, et pas seulement de nous-mêmes, jusqu'au point où nous avons défini de nouvelles méthodes de combat qui ont bénéficié de toute l'expérience du passé pour aller de l'avant, avec comme principale préoccupation : comment faire pour que le peuple lui-même devienne acteur de son histoire ?
Le peuple, au service duquel doivent se mettre les formes de l'organisation politique, et non l'inverse comme nous avons souvent eu le défaut de le croire, nous autres Français ! Je suis sûr que vous éviterez cette erreur ! Nous autres, en Europe, nous avons trop souvent tendance à croire que nous sommes le centre du monde.
Nous avons tendance à croire que nous allons apprendre aux autres comment il faut faire. Mais la vérité, c'est que c'est à nous d'apprendre de ceux qui font des révolutions effectives pour rompre avec l'ordre du libéralisme, en Amérique latine, dans le Maghreb, et partout dans le monde ! Nous devons apprendre !
Apprendre ! C'est en regardant le processus de la révolution tunisienne que, pour ma part, j'ai compris ce qui était à l'œuvre, en profondeur, dans nos sociétés ! Au-delà de tous les maux de la politique, le peuple tunisien avait un mot d'ordre qui l'a rassemblé contre Ben Ali.
Ce mot d'ordre, c'était : « Dégagez ! » « Dégagez ! » « Vous êtes incapables de nous rendre maîtres de nos propres vies ; dégagez ! », « Nous allons nous occuper nous-mêmes de nos affaires ! ».
C'est une grande parole, simple, claire, et elle trace un cap politique. Toute l'Europe est en proie à un phénomène qui porte un mot nouveau...
Je ne sais pas comment le dire en allemand ...
Le « dégagisme ». Comment vous mettez ça ? Dégagisme !
Dans toute l'Europe, les gens se demandent comment ils vont reprendre le contrôle de leur vie Politique ? Oui, oui ! Mais aussi « Qu'est ce qu'il y a dans mon assiette ? », « Qu'est ce que je suis en train de manger ? », « Qu'est ce qu'on est en train de me faire manger ? ».
Je ne prends que cet exemple, mais il y en a bien d'autres. Et maintenant, à cette heure-ci, nous, qui sommes tranquillement réunis dans le confort de cette salle, la chaleur de l'amitié, je veux porter la parole de toute cette salle, et celle des Français qui ont confiance en moi, pour dire « Salut ! » au peuple tunisien qui est en train d'entrer, de nouveau, dans la lutte pour contrôler sa vie.
Je les salue ! Et nous tous, nous les saluons ! Et, vous savez que les images de cette réunion vont arriver là-bas !
Nous leur disons : « Nous sommes avec vous de tout cœur ; nous savons comme c'est difficile de trouver un chemin pacifique, démocratique, quand vous avez contre vous les forces de l'argent, du F.M.I., et les cruels dirigeants de l'Europe qui ne donnent aucun moyen, aucune chance à la démocratie tunisienne de s'affirmer ! ».
Eh bien, pour eux, ce sera très important de savoir que, dans une réunion où il y a des Allemands et des Français, on pense à eux et on leur tend la main ! Maintenant... [rires dans la salle] C'est une erreur ?
Il n'y a pas que moi qui étais mauvais élève ! C'est bon ? d'accord.
Et maintenant, il y a un nouveau slogan en Tunisie...
Qu'est-ce qui se passe ? Ah ! [rires] Synchronisation des temps, hein ?
Il y a un nouveau slogan. Je le fais mien. De cette révolution tunisienne, en ce moment, que la jeunesse de Tunisie a formulé, pas moi ! pas mon parti, pas mon mouvement, la jeunesse populaire engagée dans la lutte pour avoir le droit à une vie décente, honnête, par le travail, et la réalisation de soi au service de tous.
Ce slogan, le voici ! (Je l'ai donné avant au traducteur pour qu'il se prépare) (C'est long hein ?) Cette parole je la fais mienne.
Pas comme dirigeant politique, pas comme la personne qui fait des discours devant des milliers de gens et parfois des centaines de milliers mais comme être humain. Voici le slogan, c'est un jeune qui le dit Il dit : "Qu'est-ce qu'on attend ?" Qu'est-ce qu'on attend ?!
Je te parle à toi, à toi : qu'est ce qu'on attend ?! Vous attendez l'accord CDU CSU, ou SPD pour changer votre vie ?
Non ! Et nous autres les Français et les Allemands, nous savons que nos deux pays ont une responsabilité devant ce qui est plus important même que la politique, c'est l'intérêt général humain ! L'intérêt général humain !
Regardez le texte de l'accord CDU/SPD, nous, nous sommes obligés de lire ça, les Français Peut-être que vous aussi ? Qu'est-ce qu'il dit pour l'environnement ? Est-ce qu'il dit : "nous allons arrêter d'exploiter le lignite à ciel ouvert en Allemagne ? " Nein !
Est-ce que les Français disent : " eh bien, nous allons fermer nos centrales nucléaires parce que nous menaçons toute l'Europe avec cette cochonnerie ? " Nein ! Qu'est ce qu'on attend ?!
Qu'est-ce qu'on attend pour arrêter ça ?! Et maintenant quand dans toute l'Europe, on entend dire sur tous les tons, de toutes les manières, qu'il faut qu'on s'arme, qu'il faut qu'on renforce la coalition militaire qu'il faut qu'on installe des batteries de missiles antimissiles !
Au début, c'était pour faire face à l'Iran, et maintenant tout le monde a compris c'est pour faire face aux Russes ! Non ! Quoi que l'on pense des Russes, la Russie n'est pas une ennemie, c'est une partenaire.
La Russie n'est pas une ennemie, c'est une partenaire ! Non à la guerre ! Non à l'armement !
Non à l'OTAN ! Pas de compromis pourri sur la question de la guerre ou de la paix ! Nous ne voulons pas de l'Europe de la défense, parce que nous ne savons pas contre qui ils veulent se défendre, c'est-à-dire qui ils veulent attaquer.
Qu'est-ce qu'on attend ? Nous autres, nous autres, nous sommes d'abord frères et soeurs en humanité. La destruction de l'environnement menace tous les êtres humains qu'ils soient de Droite ou de Gauche.
Mais au moment où il faut prendre la bonne décision contre cette destruction c'est la Gauche qui marche devant et c'est la Droite qui tire dans l'autre sens. Pour l'intérêt général humain, c'est nous qui marchons devant et quand il y a la menace de la guerre, quand il faut se battre pour la paix, pour la paix ! c'est la Gauche qui marche devant et c'est la Droite qui pousse à la guerre.
Et bien voici maintenant le troisième fléau qui menace de nous détruire : c'est la pauvreté. Des régions entières de nos grands pays ressemblent à des régions du Quart-Monde ! Une pauvreté terrible s'est abattue sur des quartiers, des villes !
Nous voyons des installations dans nos pays riches totalement détruites : des ponts, des routes, des hôpitaux abandonnés, en mauvais état. Pourquoi ? Jamais nos pays n'ont été aussi riches qu'aujourd'hui !
Pourquoi ? L'Humanité est menacée d'être divisée en profondeur entre les pauvres et les riches Une oligarchie arrogante, immorale, qui donne comme modèle à la jeunesse, de vouloir s'enrichir ! Mais la richesse est de nature immorale quand elle est individuelle.
La seule richesse qui nous importe c'est celle qui se développe quand on la partage. C'est-à-dire le Savoir, les Arts, la Musique, la Poésie, la Peinture, l'Amour, la Tendresse ! Tout ce qui constitue le tissu du Bonheur !
Voilà la seule richesse que nous voulons accumuler et pour laquelle se préparent nos programmes. Votre pays est le plus riche d'Europe, cela lui crée de très grands devoirs à l'égard de l'Humanité. Mon pays est aussi un des plus riches du monde et de l'Europe.
Alors, je sais très bien que dans mon pays, nous avons le record d'Europe des millionnaires. Nous avons le record d'Europe des distributions de dividendes par rapport à l'argent qui est investi dans la production. Eh bien je n'hésite pas à le dire c'est une honte !
Ce n'est pas un sujet de fierté que d'avoir le plus grand nombre des millionnaires, car souvent c'est qu'on a le plus grand nombre de miséreux comme c'est le cas ici en Allemagne ou comme c'est le cas en France. Et cela est insupportable ! Des sociétés socialement divisées sont des sociétés qui vont mal et ne vous étonnez pas après cela que le courant "dégagiste" en Europe hésite.
De quel côté va-t-il aller ? De notre côté ou du côté de l'extrême-droite ? Plus ils créeront de pauvreté (ceux qui dirigent), plus ils créeront d'inégalités plus les positions les plus extrêmes se développeront parce que dans le coeur humain, il y a à la fois de la générosité et de l'égoïsme.
Si les populations supportent mal les immigrés, c'est d'abord parce que leur propre vie est difficile à supporter Ce sont ceux qui sont au pouvoir qui sont responsables de la poussée de l'extrême-droite dans tous nos pays et la réponse c'est d'être absolument, totalement, sur tous les plans, le contraire de ce que sont les xénophobes et les nationalistes Et pour pouvoir le faire, il faut agir sans démagogie, c'est-à-dire renoncer aux politiques qui conduisent à l'immigration. L'immigration est le résultat de la guerre, l'immigration est le résultat de la pauvreté, ces guerres et cette pauvreté, ce sont nos pays qui les ont déclenchées chez les autres ! Oui !
Oui ! Les gens ne partent pas de chez eux par plaisir, ils ne font pas des réunions entre eux pour savoir quel est le pays le plus intéressant, le Code du Travail le plus satisfaisant. Ils partent chassés par la misère.
Et ici, est-ce que vous croyez que ça va mieux ? On est tout le temps en train de parler des immigrés qui viennent du sud à cause du dérèglement climatique mais nous ne faisons rien. A cause des guerres, nous les provoquons.
A cause de la pauvreté, nous la développons chez eux Mais ici, ça ne va pas mieux ? Il y a 500 000 personnes qui ont quitté la Grèce du fait des politiques qui ont été appliquées. 400 000 en Espagne, 100 000 au Portugal !
Et chez vous, tous les ans 25 000 jeunes s'en vont. Voilà une politique qui répand sur tous les plans une dépossession de sa propre vie. Mes amis, j'ai souvent fait des critiques de la politique du gouvernement allemand.
Alors on m'a dit : "vous êtes germanophobe". Mais alors ici vous êtes tous germanophobes ? parce que vous critiquez la politique du gouvernement allemand !
Nein, nein ! Deutschland is nicht nur [l'Allemagne n'est pas seulement] Angela, Martin, Sigmar, Sondern [C'est aussi] Oskar, Sara, Sigmar, Gregor, Katia, und mein sehr liebe [et mon très cher] Peter . J'ai encore trois choses à vous dire.
Si nous réglons, si nous voulons régler les problèmes, nous pouvons avoir des combats communs. Premièrement, pour mettre un terme aux politiques d'austérité qui dévastent l'Europe, au motif de la Dette publique -- On ne parle jamais de la dette privée, elle est pourtant extrêmement dangereuse parce que elle, elle peut être insolvable... -- Nous avons besoin en Europe d'une conférence sur la Dette, nous ne pouvons pas dire -- nous, qui voulons gouverner nos pays -- à la jeunesse de chacun de nos pays : "notre projet politique pour les 25 ans ou les 50 ans qui viennent, c'est payer la dette !" Non, ce n'est pas un programme.
Aucun être humain ne peut accepter comme perspective de sa propre vie, payer la dette. Il nous faut une conférence sur la Dette. Oskar a fait de nombreuses propositions pour neutraliser cette dette.
Regardez cette chose incroyable ! c'est le banquier central Drahi qui a commencé à montrer comment on pouvait faire. Ce n'est pas un ami, il a fait le contraire de ce que le gouvernement allemand de Madame Merkel lui conseillait.
Tous les mois, il a donné 80 milliards d'euros pour les remettre dans l'économie. Il en est revenu une petite partie, mais il en est revenu une partie. Ca prouve que notre raisonnement est le bon !
C'est ma première proposition. Je crois que je rejoins Die Linke sur ce plan. La deuxième, je vous demande d'y réfléchir avec soin.
Mes amis, que ça vous plaise ou pas, les frontières bougent dans la Vieille Europe. La frontière nouvelle a été créée entre la Tchéquie et la Slovaquie. Heureusement, il n'y a pas eu un coup de fusil.
Les frontières sont discutées entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud. Certaines régions demandent leur indépendance. C'est l'Ecosse, c'est un secteur du Pays Basque, c'est la Catalogne, C'est le pays flamand en Belgique, Et caetera Je ne vous dis pas ce que je sais de la suite de la liste...
Nous avons besoin d'un lieu où discuter, pacifiquement, chaque fois qu'un problème de frontière se pose. Non pas attendre que la crise éclate et qu'elle s'envenime, mais discuter lorsque le problème se pose. Sinon, qu'allons-nous faire ?
Si la Catalogne avait décidé de son indépendance là, qu'est-ce qu'on fait ? Avec qui on est d'accord ? Qu'est-ce qu'on approuve ?
Je ne donne pas d'autres exemples. Je dis, nous avons besoin pour la paix d'une conférence européenne, où se discutent les frontières quand les questions se posent. Naturellement, nous souhaitons qu'on ne touche pas aux frontières, Mais quand les peuples posent le problème des frontières, mieux vaut parler que de se battre.
Nous avons créé une organisation, un forum, pour régler la question de la convergence de nos forces en Europe. Nous l'avons appelé « Plan B ». Je vous dois un mot d'explication.
Mais pour cela, je vais commencer par parler de vous et moi. Ne vous inquiétez pas ça ne sera pas trop long. Vous et nous, les Français, je veux vous dire sans détour, nous sommes contre, absolument contre, le condominium, la gouvernance à deux, l'Allemagne et la France.
Ce n'est pas honnête pour les Italiens, pour les Espagnols, pour les Belges, pour les Danois... pour tous ceux qui sont nos frères et nos soeurs à égalité en Europe.
Et si je vous dis ça, c'est parce que je sais bien comment ça marche, cette histoire. Alors d'abord les Français et les Allemands se rencontrent. Ce sont des gouvernements de Droite ou bien des gouvernements de Droite...
Et quand ils rentrent en France, ils disent "ben, c'est les Allemands qui veulent ça !" et je suppose que Madame Merkel vous dit à vous "eh bien c'est les Français qui veulent ça." Et nous sommes... empaquetés.
On nous dit "eh bien c'est pour l'amitié franco-allemande." Et voilà comment avec un romantisme et un sentimentalisme absolument ridicules, on nous parle de « couple franco-allemand » qui doit montrer le bon chemin à tout le reste de l'Europe. Ce n'est pas acceptable !
Le traité de l'Elysée était une très bonne chose... dans le contexte de l'époque, à 6 [pays] ! nous sommes 28.
Alors on ne peut pas imaginer que 2 vont diriger 28, ce n'est plus une union, ça non, ce n'est pas acceptable ! C'est pourquoi nous devons aussi (nous sommes obligés de le faire) imaginer -- si nous ne sommes pas entendus -- ce que nous pourrions faire. Si les dirigeants actuels de l'Europe, mais en particulier Madame Merkel auxquels tous les autres se sont dépêchés de donner le gouvernail, parce qu'ils ne sont pas assez courageux, et parce qu'ils se disent "eh bien, nous avons un capitaine, tout va très bien !" Non, tout ne va pas très bien.
Tout va de plus en plus mal. Madame Merkel fait la politique de la CDU-CSU, celle des rentiers, point. Le peuple allemand est constitué d'abord de gens qui travaillent ou qui veulent travailler et vivre honnêtement de leur salaire.
Ils sont liés aux autres peuples d'Europe. Le peuple allemand n'a jamais demandé cette politique brutale pour les autres peuples d'Europe. Donc, s'il advenait que nous gouvernions notre pays, la France, et que comme d'habitude, Madame Merkel n'ait qu'une chose à nous dire : "non", alors il faudrait que nous ayons un plan B.
Nous allons proposer des réformes (plan A), et si vous n'en voulez pas, nous ferons autre chose, sans vous (plan B). Pas d'arrangement, pas de compromis pourri sur le coeur de la vie de nos peuples. Nous ne voulons pas parler une langue bizarre, la langue européenne.
Quand une phrase est finie, vous ne savez ni de quoi on parlait avant, ni de quoi on va parler après. Tels sont les textes européens. C'est une manière de vous amener petit à petit toujours à faire ce que vous n'avez pas l'intention de faire.
Autrement dit, Ne comptez pas sur nous pour faire une deuxième fois Tsipras. Nous sommes absolument opposés à capituler de quelque façon que ce soit devant les diktats de Monsieur Schaüble et de quelques autres. Je regrette de ne pas pouvoir le dire en bon allemand.
Mes amis je finis. Notre génération, ce n'est pas une affaire d'âge c'est une affaire du moment de la vie. Nous allons être confrontés à de très grands événements.
L'Union Européenne que nous avons connue, celle des traités budgétaires, de l'austérité généralisée, de la brutalité, est en train de se disloquer. Le Brexit est un signal immense. Il n'y en a pas un mot dans l'accord CDU-CSU, ni un mot dans les documents qui se préparent avec les Français.
Mais combien d'autres aspects nous montrent que nous sommes arrivés au bout ? Notre devoir, ce n'est pas d'aggraver la crise, elle le fera bien toute seule, environnementale, sociale, géopolitique...
C'est de proposer une solution positive, pour sortir par le haut. Les pires anti-européens que nous connaissons sont ceux qui veulent continuer la politique actuelle ou l'aggraver. Qu'est-ce qu'on attend ?!
Il y a une chanson en français, je ne vais pas vous la chanter, par amitié pour vous. Mais elle se conclut comme ça. Au bout de toutes les grandes questions politiques, (Là je vois que ces décalages de temps) Au bout de toutes les grandes questions de la politique, la seule chose qui reste, c'est que chaque être humain veut pouvoir profiter des petits bonheurs que la vie lui propose Un beau matin qui commence, un beau coucher de soleil, un petit vent chargé avec des odeurs de fleurs.
Et pendant qu'on jouit de ces petits bonheurs, ne pas avoir la tête obsédée par des problèmes dont on n'arrive pas à sortir : "comment je vais payer mon loyer ?" "comment je vais payer mon électricité ?" "comment mon gosse va pouvoir aller à l'école ?" "Est-ce qu'à l'école, il y aura bien un instituteur ?" "Est-ce que, quand je suis une femme, il y a un endroit où je peux placer l'enfant quelques heures dans la journée pour faire autre chose sans me faire traiter de Mère-Corbeau ?" « Rabenmutter », je connais ! [rires] Bref, la question du bonheur devient une question politique.
Mais... [rires] La question du bonheur est une question politique.
Mon compatriote le révolutionnaire Antoine Saint-Just disait le bonheur (parce qu'on était en train de faire la Révolution, nous autres, les Français) le bonheur est une idée neuve en Europe. Vous voyez ici, c'est toujours les révolutionnaires qui ont des bonnes idées ! Bon ! [applaudissements] Ah, la voilà la chanson française, elle s'accroche au slogan que je vous ai proposé : "Qu'est-ce qu'on attend ?" Dans la chanson, il est dit : "Mais qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?" Voilà la question politique que nous nous posons.
Et bien ça dépend de ce que chacun fait, et pas simplement commente ou regarde. C'est le moment de s'impliquer ! de s'engager à fond ! dans le processus qui est en train de submerger notre vieux continent et les rives de la Méditerranée.
Ce processus, quand c'est nous qui le conduisons, il porte un nom : c'est la « Révolution citoyenne » ! La Révolution qui change l'ordre des valeurs, qui met d'autres mots aux postes clés : Humanité, Fraternité, Égalité Voilà ce qu'est la Liberté ! [applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon