Congrès mondial contre la peine de mort. Discours de Jean-Noël Barrot (30/06/2026)
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« En 2025, Amnestie Internationale recensait plus de 2700 exécutions dans 17 pays. »
- 3:00Jean-Noël BarrotFait
« En 2007, la France a inscrit dans sa Constitution la prohibition de la peine de mort. »
- 3:30Jean-Noël BarrotChiffre
« En 2024, 130 États à l'Assemblée générale ont voté en faveur de cette résolution. »
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militant abolitionniste. Mesdames et messieurs, il y a 45 ans, la France tournait une page de son histoire. Le 9 octobre 1981, sous l'impulsion du garde des saut Robert Badinterre, la loi abolissant la peine de mort était promulguée. Ce jour-là, comme le dit Robert Badinter devant l'Assemblée nationale, la justice française, cessa d'être une justice qui tue, une justice d'angoisse, une justice de mort. Au nom de la dignité de la personne humaine, la France cessa d'appliquer en son territoire ce supplice inhumain qui ne répondait d'aucune justification ni morale ni juridique. Mais ce combat n'est pas terminé et c'est un combat universel.
Et si la France a aboli, si l'Europe a aboli, trop de pays dans le monde pratiquent encore la peine de mort. En Iran, la peine capitale et les exécutions se sont multipliées depuis 2022. N'oublions pas nos frères et nos sœurs iraniens. En Chine, en Arabie Saoudite, aux États-Unis, la peine capitale est encore largement appliquée. En 2025, Amnestie Internationale recensait plus de 2700 exécutions dans 17 pays. Cette réalité doit nous alerter. Jamais autant d'exécution n'ont eu lieu depuis 1981. Ce sont des milliers de vies arraché au nom d'une justice qui se trompe de cible.
Car tous les rapports le montrent, qu'ils proviennent des Nations Unies ou de la société civile, la peine de mort n'a aucun effet dissuasif. Son application est le plus souvent discriminatoire à l'égard des opposants politiques, des groupes les plus vulnérables et des minorité. Les procédures ont un coût exorbitant. Non, la peine de mort ne répare pas, elle détruit. Aujourd'hui, un mouvement mondial pour l'abolition s'est levé et je souhaite lui rendre hommage. Il est porté par l'Europe et par une majorité des Étatsmembres des Nations- Unies.
mais aussi par des acteurs issus des systèmes judiciaires du monde entier, avocat, magistrat et surtout par la société civile et par une jeunesse qui refuse d'hériter d'un monde où l'État a le droit de tuer. Je remercie du fond du cœur Ensemble contre la peine de mort qui fait avancer ce combat en organisant depuis 25 ans des congrès régionaux et mondiaux en menant des campagnes de plaidoyers en formant les magistrats et les avocats. En décembre 2023, le président de la République avait appelé de ses vœux l'organisation de ce congrès. Aujourd'hui, nous y sommes. L'action et la mobilisation d'ensemble contre la peine de mort ont fait de cet engagement une réalité.
Mes remerciements du fond du cœur vont aussi à la coalition mondiale contre la peine de mort et à toutes les organisations de la société civile parmi lesquelles Amnestie International qui chaque année informe, plaide et mobilise. La société civile internationale est le moteur du changement. Merci à tous les avocats, magistrats et parlementaires présents aujourd'hui à Paris qui portent ce combat au quotidien dans leur pays en courant parfois de grands risques. Votre engagement est indispensable. La tenue de ce congrès ici même à Paris est particulièrement symbolique. Nous nous trouvons à quelques encablures du palais de Chaillot.
C'est là que fut adopté en 1948 la déclaration universelle des droits de l'homme à laquelle René Cassin participa. Prix Nobel de la paix pour son combat inlassable pour la dignité de la personne humaine, il disparut il y a 50 ans et demeure pour nous un phare et une source d'inspiration. Chers amis, nous sommes engagés au niveau multilatéral pour parvenir à l'abolition universelle. En 2007, la France a inscrit dans sa Constitution la prohibition de la peine de mort. Cette modification nous a permis de ratifier le deuxème protocole facultatif au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort.
Avec ce pacte et d'autres textes, les membres des Nations- Unies ont fait de l'abolition de la peine de mort une priorité. Des résolutions majeures ont été adoptées dans les enceintes internationales. En 2007, la première d'entre elles qui demandait un moratoire universel sur les exécutions a été adopté à une large majorité. Ces résolutions montrent une tendance irréversible. Le monde se détourne de la peine de mort. Notre combat porte ses fruits. En 2024, 130 États à l'assemblée générale ont voté en faveur de cette résolution. Le haut commissariat au droits de l'homme joue un rôle clé pour porter ce combat sur la scène internationale.
Je salue à ce titre haut commissaire monsieur Volker Turc et le remercie d'être à nos côtés. L'alliance mondiale pour les droits de l'homme lancée il y a quelques jours à Genève contribuera à mobiliser les opinions publiques, les acteurs du monde privé comme ceux de la société civile, monsieur le commissaire, face aux attaques contre les droits qui se multiplient partout dans le monde. Cette initiative est essentielle, vous avez tout notre soutien. De nombreux États se mobilisent au côté de la France pour l'abolition universelle de la peine de mort.
Je tiens donc à remercier chaleureusement les 24 États-membres de la commission internationale contre la peine de mort pour leur action ainsi que les Étatsmembres du corps groupe des amis des congrès mondiaux pour leur mobilisation dans la préparation de ce congrès. Le pouvoir judiciaire est aussi un allié incontournable vers l'abolition universelle. La Cour européenne des droits de l'homme a joué un rôle fondamental en ce sens et je salue la présence parmi nous du secrétaire général du Conseil de l'Europe, monsieur Alain Bet. La Cour a progressivement érigé l'abolition en principe intangible grâce à son interprétation de l'article 2 convention européenne des droits de l'homme.
C'est une fierté pour les peuples d'Europe car chaque fois qu'un juge refuse de recourir à la peine de mort, il porte sa pierre à l'édifice de l'abolition. Quant aux avocats, ils sont la dernière ligne de défense entre l'accusé et la chambre d'exécution. Souvenons-nous de l'exemple de Robert Badinterre. que la nation française a fait entrer au panthéon avec les lumières et l'esprit de 1789 le 9 octobre 2025. Pour lui, la peine de mort était l'échec de la justice car aucun échec n'est irréparable. Mesdames et messieurs, la jeunesse et l'espoir de l'abolition universelle.
les étudiants, les militants, les influenceurs, toutes celles et ceux qui sont ici avec nous et portent le combat de l'abolition avec une énergie nouvelle. C'est pourquoi le Congrès a décidé de mettre en lumière l'engagement de la jeunesse. Pour nous, il s'agit de renforcer l'éducation en matière des droits de l'homme, de former les futurs juristes à défendre l'abolition et de promouvoir les initiatives portées par les réseaux de jeunes militants partout dans le monde. La lutte contre la peine de mort n'est pas qu'un combat juridique ou politique, c'est l'affirmation d'un principe simple. La dignité de la personne humaine ne saurait connaître ni exception ni hiérarchie.
Elle est le socle vivant de nos démocraties, le principe cardinal qui fonde la primauté de la personne humaine sur toute forme de pouvoir. De cette exigence découle l'ensemble des libertés fondamentales auxquelles la France demeure indéfectiblement attachée. La liberté d'expression, le droit à l'éducation, le droit de participer à la vie publique dans le cadre d'élection libre. La France soutient toutes celles et ceux qui avec détermination se battent pour que ces droits soient protégés. Alors que les démocraties sont mise à l'épreuve, nous devons réaffirmer avec clarté ce qui nous unit, notre attachement à l'universalité des droits et aux principes qui fondent nos sociétés libres.
La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine. Partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. Ainsi parlait Victor Hugo en 1848. Nous reprenons ses mots et son combat aujourd'hui pour faire de ce projet de civilisation une réalité. Par votre présence nombreuse, par vos engagements et vos témoignages, vous donnez corps à ces valeur et vous faites vivre la dynamique dont nous avons tant besoin pour atteindre l'abolition universelle de la peine de mort. Grâce à votre mobilisation collective, à vous toutes et tous qui êtes présents aujourd'hui, la promesse d'un monde sans peine de mort est accessible.
Alors, ne baissons pas la tête, ne baissons pas les bras. et travaillons sans relâche pour atteindre l'abolition universelle. Je vous remercie. [applaudissements] Thank you, minister. Thank you for those very warm words and for the commitment. You know, Florence, looking back, it's incredible to think that since 2001, for the last 25 years, this massive global gathering has been driven by one core engine, ECPM. How you say that in front?
Jean-noël Barrot