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InterviewC à vous (sur YouTube)· 23 octobre 2024 52 minComplaisantMixteInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & familleSanté

Élisabeth Borne : « Madame 49.3 », une étiquette injuste ? - C à vous : l’intégral - 23/10/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 10 %Défensif 45 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous livrez vos souvenirs à Matignon dans un livre. Pourquoi ce choix maintenant ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Vous parlez de la loi immigration. Vous l'avez défendue à contrecoeur ?

  • 16:00RelanceRéponse partielle

    Le gouvernement a coulé à cause de cette loi. Pourquoi avoir maintenu ce texte ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir utilisé 20 fois le 49.3 pour le budget ?

  • 22:00RelanceRéponse directe

    Le budget 2025 finira en 49.3. Quel regard sur ce texte avec des hausses d'impôts ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Vous avez voulu adresser un message aux jeunes filles. Pourquoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 27:00E.BorneFait
    « J'avais adressé un message à toutes les petites filles en leur disant d'aller au bout de leur rêve. »
  • 37:00E.BorneFait
    « Quand les femmes deviennent Première ministre, ce qui n'arrive pas souvent, c'est considéré comme une anomalie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Nous sommes en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Bonsoir à tous les 5. Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: Une histoire qui ressemble à un cauchemar aux Etats-Unis.

Un Américain déclaré mort s'est réveillé alors qu'on s'apprêtait à prélever son coeur. L'histoire a fait le tour du monde. Résultat immédiat en France avec la chute des dons d'organes. - A.-E.Lemoine: On en parle avec le directeur adjoint du prélèvement et des dons d'organes, R.Bronchard.

Mohamed? - M.Bouhafsi: Le député LFI A.Kerbrat a été arrêté dans le métro alors qu'il achetait de la drogue à Milan.

Doit-il démissionner? - P.Cohen: Je vais vous parler de la loi immigration, pas celle qu'on nous annonce, mais la précédente, qui a sans doute scellé le sort de l'antépénultième gouvernement que nous ayons eu dans ce pays, c'était il y a 10 mois. - A.-E.Lemoine: Il était dirigé par E.Borne.

Bonsoir. Merci de votre présence à l'occasion de la publication d'un livre dans lequel vous livrez vos souvenirs à Matignon: 20 mois comme Premier ministre où rien n'a été simple. Un récit politique, mais aussi personnel.

Vous y racontez l'histoire de votre père déporté et vous mettez fin aux rumeurs colportées sur votre vie privée. Merci d'avoir accepté notre invitation. - L.Sénéchal: L'heure tourne pour retrouver le petit Santiago, 17 jours, prématuré, enlevé par ses parents. - P.Lescure: On va parler du film de S.Baker qui sort mercredi prochain.

Je vous en parle dès maintenant. Il sort tard. Il n'a pas de grandes vedettes, mais c'est un super film dont vous sortirez optimiste et joyeux.

Ca vaut le coup, ces temps-ci. - A.-E.Lemoine: Ca nous fait rire et sourire, de voir E.Cantona avec une barbe et cheveux longs, méconnaissable pour son rôle de chasseur de tueurs en série pour M6.

On est très heureux de recevoir à nouveau N.Radulovic, ce violoniste virtuose qui s'attaque à nouveau à Jean-Sébastien Bach dans son nouvel album. On aura aussi un champion de MMA, mais aussi un champion de la vanne, C.Doumbé, qui fait le show, dans les octogones pour intimider ses adversaires.

Le dîner est préparé ce soir par M.Pègues, qui est toujours le chef du restaurant L'Ours à Vincennes. - B.Chameroy: On a un problème d'électroménager que je m'engage à réparer d'ici la fin de l'émission.

Je vais le faire sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. - M.Pegues: Aujourd'hui, on va travailler les maquereaux et les agrumes.

On va faire une déclinaison en texture et en saveur avec de la betterave et un maquereau puis à la flamme. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.

L'édito de P.Cohen. Vous avez trouvé intérêt à la lecture de ces 20 mois à Matignon, particulièrement ces 3 derniers mois. - P.Cohen: Un concentré fascinant d'aveuglement politique et d'erreurs tactiques.

Nous voilà repartis pour un tour avec l'annonce d'une nouvelle loi et l'illusion chez les promoteurs que celle-ci va enfin régler le problème ou donner l'impression de le régler. Evoquer vos souvenirs de Matignon, c'est aussi prendre conscience de l'accélération du temps politique ou de sa décomposition. Vous étiez en poste il y a seulement 10 mois.

Le président de la République aura sacrifié 2 Premiers ministres en moins de 6 mois par 2 décisions inattendues que les intéressés n'auront ni comprises ni réellement digérées. Vous n'avez pas grand-chose de commun avec votre successeur, sauf ce ressenti. Il est curieux de voir aujourd'hui les 2 sacrifiés mal considérés et maltraités par le président, à la lutte pour prendre la tête du parti présidentiel. - A.-E.Lemoine: Sur la loi immigration, G.Darmanin est à la manoeuvre. - P.Cohen: Il veut une loi, ce qui n'est sans doute pas nécessaire ou indispensable.

Un certain nombre de dispositions auraient pu passer par voie réglementaire, comme le raccourcissement du délai d'instruction des demandes d'asile. Il veut une loi sans 49-3, fort de sa bonne entente avec son ancienne famille politique des Républicains. Il rêve d'un compromis et rêve de démontrer qu'il serait un meilleur Premier ministre que vous.

Ca, vous ne l'écrirez pas, mais je le dis à votre place. Vous voyez le piège dès le début et vous alertez le président. Vous lui expliquez que dans cette Assemblée sans majorité absolue, une loi qui combine des mesures susceptibles d'être votées avec la droite ou la gauche, ça ne peut pas passer.

C'est la limite du "en même temps". Le président vous répond: "Laissez G.Darmanin trouver un chemin." Cela revient à dire: "Laissez-le s'enfoncer tout seul." - A.-E.Lemoine: Mais le gouvernement tout entier va couler. - P.Cohen: Le premier dans cette histoire est B.Retailleau, alors chef de la droite sénatoriale qui empile une série de dispositions que vous qualifiez d'inacceptables et contraires à vos principes: délit de séjour irrégulier, transformation de l'AME, du droit du sol...

Pourtant, toutes ces mesures sont votées par les sénateurs, ceux du camp présidentiel sur la recommandation du ministre Darmanin. On connaît la suite. Il est toujours utile de la rappeler.

A l'Assemblée, les débats sont stoppés par une motion de rejet votée à la fois par la gauche, le RN et la droite LR. Une gifle suivie d'une négociation serrée avec les dirigeants LR pour trouver un compromis acceptable. Vous racontez d'ailleurs un B.Retailleau qui perd ses nerfs sous les yeux de ses amis médusés à propos du délai d'obtention des aides au logement.

Il y a enfin le coup tactique du RN qui annonce qu'il votera la loi. Comme prévu, le Conseil constitutionnel s'enlise sur les dispositions de B.Retailleau, mais les dégâts politiques sont considérables: un ministre de l'Intérieur empêtré dans ses combinaisons politiques impossibles, une Première ministre exposée par un texte qu'elle ne voulait pas porter et finalement remerciée, plusieurs ministres démissionnaires, une majorité déchirée, une crise politique...

Aujourd'hui, un ministre de l'Intérieur qui veut remettre le couvert pour une 30e loi. Est-ce que ce n'est pas un peu désespérant? Est-ce que les politiques apprennent parfois de leurs erreurs? - E.Borne: Manifestement, sur le fait qu'on n'est pas obligé de légiférer tous les 3 mois sur l'immigration, non.

Je pense que c'est peut-être une forme de faiblesse, de se dire que quand on ne sait plus quoi dire à l'opinion publique sur des sujets qui sont des préoccupations pour les Français, on dit qu'on va faire une loi. Je pense que ce que les Français attendent, c'est des résultats. D'abord, il faudrait prendre les textes d'application de la loi qui a été votée.

Il faudrait aussi accepter... - P.Cohen: Moins d'un tiers des décrets ont été pris. - E.Borne: Avant de penser à faire une nouvelle loi, on peut commencer par appliquer la loi.

Il faut aussi avoir conscience que c'est un sujet qui concerne tout le continent européen et ne pas oublier que, dans le même temps, il y a 10 textes, le pacte sur la migration et l'asile qui a été adopté au niveau européen. La réponse est à cette échelle. - A.-E.Lemoine: C'était déjà vrai il y a un an, cette loi immigration n'était pas nécessaire?

Vous l'avez défendue à contrecoeur. Vous racontez même les députés de la majorité qui venaient vous voir en larmes, désespérés de devoir joindre leur vote à ceux du RN. - E.Borne: C'est un coup tactique du RN.

On ne peut pas non plus dire que la Terre est plate parce que le RN dit qu'elle est ronde. Le matin même, le RN avait expliqué pourquoi ils ne pourraient jamais voter cette loi, qui était soi-disant "laxiste". En coup tactique, ils se sont mis à dire qu'ils allaient la voter.

Ca a perturbé beaucoup de députés de l'ex-majorité présidentielle. Ce sont des sujets très sensibles. Je le raconte un peu dans le livre comme un compte à rebours.

Tout ça est fait dans un temps très court entre le moment où il y a cette motion de rejet...

C'est aussi une habitude pas formidable qui a été prise au Parlement depuis qu'on est en majorité relative, depuis 2022 et qui continue maintenant. On refuse systématiquement le débat. C'est ça, une motion de rejet. - P.Cohen: Avec l'alliance de toutes les oppositions, là. - E.Borne: Voilà.

On s'est retrouvés à avoir à peu près 8 jours pour trouver un compromis pour la commission mixte paritaire sur un texte qui fait des dizaines d'articles, presque 100 pages, et pour des députés qui ont du mal à s'approprier le sujet. - A.-E.Lemoine: Mais vous arrachez ce vote difficile.

Vous pensez alors que le pire est derrière vous et qu'il est logique que le président vous maintienne en poste. Pourtant, il vous remercie le 8 janvier. "Je suis sous le choc, choquée et surprise." Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez compris cette décision?

Est-ce que vous l'avez digérée? Vous avez considéré être sacrifiée par le président de la République? - E.Borne: Comprise...

C'est une décision du président de la République. Je n'ai pas beaucoup plus d'explications aujourd'hui qu'à l'époque. Digéré...

Vous voyez peut-être dans le livre que j'ai eu une histoire personnelle difficile. Au bout d'un moment, on relativise, y compris ce qui peut être des contrariétés ou une insatisfaction. J'ai envie de me tourner vers l'avenir et de passer à autre chose. - A.-E.Lemoine: Mais vous parlez de ces 20 mois à Matignon. - "Je n'étais pas encore nommée Première ministre qu'on annonçait déjà mon départ.

Ces 20 mois auront été très durs." Vous avez la contrainte supplémentaire de ne pas avoir de majorité absolue. Vous allez utiliser l'article 49-3 pour faire passer des lois, notamment le budget. - E.Borne: Notre pays a besoin d'un budget.

Nous ne pouvons pas nous passer d'un budget. Nous ne pouvons pas priver la France de budget. Il n'existe pas de volonté de la part des oppositions.

Les oppositions ne souhaitent pas trouver de compromis. Sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement. C'est la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot. - A.-E.Lemoine: Cette étiquette de "madame 49-3" était injuste? - E.Borne: J'essaie d'expliquer dans le livre que, pour faire adopter un budget, et s'il y a bien un texte que le Parlement doit adopter chaque année, c'est le budget...

Si vous n'avez pas de budget pour l'an prochain, ça veut dire que les fonctionnaires ne sont pas payés, que les retraites ne sont pas payées. Il est impératif que le pays puisse avoir un budget. C'est pour ça que, dans notre Constitution, il y a des outils.

Quand on est face à des oppositions qui, en l'occurrence, représentent la majorité, qui décident de voter systématiquement contre à chaque vote nécessaire pour adopter un budget...

Il se trouve que pour un budget, il faut 10 49-3. Les oppositions peuvent dire qu'on fait tout le temps des 49-3. On est toujours en train de parler de l'adoption du même budget.

J'ai présenté 2 budgets, ça fait 20 49-3. Dans le même temps, il y a eu 60 textes dans cette Assemblée sans majorité qui ont été adoptés en trouvant des compromis. - P.Cohen: A propos de budget, en parlant de celui-ci, pour 2025, qui finira sûrement en 49-3...

Quel regard portez-vous, non pas sur la discussion budgétaire, mais sur le texte original du gouvernement, avec ce mix de hausses d'impôts importantes et d'économies? - E.Borne: Evidemment, j'ai soutenu pendant 7 ans une politique qui visait à arrêter de trop taxer les entreprises, à encourager le travail en allégeant la fiscalité sur les personnes.

Ca ne fait pas plaisir de voir arriver un texte dans lequel il y a des hausses d'impôts. En même temps, on a découvert que le déficit était beaucoup plus important que prévu. Je pense qu'il y a eu des erreurs dans les modèles du ministère de l'Economie, qui font que cette alerte a été donnée très tardivement et que ça n'a pas permis de prendre les mesures de réduction des dépenses.

Face à la situation actuelle, on ne peut pas inventer des coupes dans les dépenses, qu'il n'y ait pas de conséquences dommageables pour les Français et que ça passe forcément par certaines hausses d'impôts. Ce qui est important pour moi, c'est que ça ne remette pas en cause la politique menée toutes ces années et qui fait qu'on a beaucoup progressé sur le taux de chômage. On a baissé significativement le taux de chômage.

Viser le plein-emploi reste un sujet majeur. Je reste très attentive à ce qu'on ne décourage pas les entreprises et à ce qu'on n'envoie pas de mauvais signaux qui feraient que les entreprises, qui ont recommencé à s'installer en France, se disent: "Ils recommencent avec leurs hausses d'impôts, on va s'installer ailleurs." Il faut protéger l'activité, continuer à créer des emplois, ne pas retomber dans une spirale du chômage..." Ce sont des points de vigilance que j'aurais. - A.-E.Lemoine: On sait que vous avez utilisé 20 fois le 49-3 pour faire voter le budget.

On sait moins qu'au printemps 2023, au milieu du débat sur la réforme des retraites, vous avez présenté à E.Macron votre lettre de démission. Ca faisait 3 mois qu'il jouait avec vos nerfs et ceux du gouvernement, à entretenir un vrai faux suspense sur votre avenir à Matignon.

Vous n'en pouviez plus de vous demander si vous alliez passer l'été. - E.Borne: C'était après l'adoption de la réforme des retraites.

Le président de la République avait souhaité ouvrir une période de 100 jours...

C'est une allusion qui peut faire réfléchir. Ca s'est mal terminé, à certaines époques de notre histoire. Effectivement, c'est compliqué de ne pas savoir, alors qu'on doit préparer le budget de l'année suivante ou engager des réformes, si on est à la tête d'une équipe gouvernementale qui est là pour 1 mois, 3 mois ou plus.

Ca a été un peu compliqué, je vous le confirme. - A.-E.Lemoine: Vous avez une différence de tempérament avec E.Macron.

Vous dites avoir la conviction qu'il ne faut jamais humilier qui que ce soit. Vous dites qu'il est assez darwinien. Ca veut dire qu'il s'adapte? - E.Borne: Effectivement, on n'a pas exactement le même tempérament. - A.-E.Lemoine: Au point d'avoir été humiliée? - E.Borne: Non, je ne me visais pas forcément.

Effectivement, je suis très attentive. Contrairement à ce que les oppositions et certains commentateurs ont pu vouloir propager comme image, je suis vraiment une femme d'écoute et de dialogue, de recherche de compromis. Ce n'est pas forcément son tempérament.

Je crois beaucoup à la discussion avec les organisations patronales et syndicales. Je pense que ce pays se porterait mieux si on laissait plus de place aux corps intermédiaires, si on faisait confiance aux organisations patronales et syndicales pour trouver des accords plutôt que le gouvernement se substitue à elles. - E.Tran Nguyen: Vous avez voulu adresser un message aux jeunes filles à votre arrivée et à votre départ de Matignon. - E.Borne: En prenant mes fonctions, j'avais adressé un message à toutes les petites filles en leur disant d'aller au bout de leur rêve.

Je pense que mon parcours démontre que, quelle que soit son histoire, tout est possible. J'ai aussi pu mesurer assez souvent qu'il reste du chemin pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Je le dis à toutes les femmes: tenez bon, l'avenir vous appartient. - E.Tran Nguyen: Vous écrivez ceci.

Vous parlez aussi du jour où vous avez appris dans la presse qu'E.Macron préférait déjeuner avec J.Castex qu'avec vous.

Avec son Premier ministre, "il peut manger une côte de boeuf". On apprend aussi qu'au Salon de l'agriculture, vous ne mangez quasiment rien, contrairement à ce que faisait J.Chirac.

Vous décrivez un monde politique en retard sur le reste de la société. Comment inverser ce type de comportement? - E.Borne: Je dirais que c'est plutôt aux hommes qu'il faut poser cette question.

Je trouve que le sexisme, il n'y a pas qu'en politique qu'il continue à exister. Peut-être que quand vous êtes dans une entreprise, c'est plus facile de faire la démonstration que le chiffre d'affaires que vous avez est bon, que vous avez un bon résultat. Les critères, en politique, sont plus subjectifs.

Je pense que ça laisse plus de place pour attaquer les femmes sur des choses qui n'ont pas grand-chose à voir avec le coeur de leur fonction. - E.Tran Nguyen: Vous avez le sentiment d'avoir été plus attaquée parce que vous étiez une femme? - E.Borne: Je le pense très sincèrement.

Quand je discute avec beaucoup de femmes engagées en politique, elles font le même constat que moi. On a fait voter des lois sur la parité, par exemple avec des listes paritaires pour les élections municipales. Ensuite, quand il s'agit de devenir maire, on a 80 % d'hommes.

De la même façon, je pense que quand les femmes deviennent Première ministre, ce qui n'arrive pas souvent, c'est considéré comme une anomalie. Ce qui m'a frappée, c'est qu'au moment de mon départ, on a comparé la durée que j'avais passée à Matignon à celle d'E.Cresson, comme si c'était 2 rodéos.

Personne ne m'a comparée à mes collègues masculins, dont certains sont restés moins longtemps que moi. - A.-E.Lemoine: Comme si c'était une catégorie à part. - E.Borne: Voilà.

Il y a les vrais, les hommes et, de temps en temps, les femmes. - A.-E.Lemoine: Vous devez aussi lutter contre une rumeur qui a prétendu que vous étiez homosexuelle.

Des rumeurs infondées avec des photographes à vos trousses pendant vos vacances pour essayer de savoir qui étaient vos compagnons. Des rumeurs qui ne sont pas parties de nulle part. "J'ai toutes les raisons de croire que mon propre camp les a lancées." Pour quelles raisons, à votre avis? - E.Borne: Comme, une femme Première ministre, c'est quelque chose d'atypique, on se dit qu'on peut pimenter le personnage.

Elle pourrait être homosexuelle en plus. Vous rentrez dans une situation absurde. Si j'avais été homosexuelle, je leur aurais simplement dit.

Une fois que vous avez essayé de dire non une première fois, que vous avez dit que vous aviez un compagnon et qu'on vous dit: "Oui, mais tu pourrais...

C'est ton choix de ne pas le dire. Ce serait chouette que tu fasses ton coming out." - A.-E.Lemoine: Une rumeur qui a des relents homophobes? - E.Borne: Non, je ne crois même pas.

Il y a beaucoup de conseillers qui essaient de se rendre intéressants en répandant des rumeurs. - A.-E.Lemoine: Vous en avez souffert? - E.Borne: Ce qui est désagréable pour mes proches, c'est les photos volées.

Je note que mes prédécesseurs n'ont pas forcément eu ce traitement. Quand mon compagnon se retrouve dans un magazine en disant: "Qui est donc ce monsieur X qui suit tout le temps E.Borne?" Ce n'est pas agréable pour lui.

C'est assez pénible, comme situation. - A.-E.Lemoine: Vous pensez tout de même qu'il est légitime de livrer une part de sa vie privée si elle permet de comprendre le parcours.

Vous faites donc le récit dans ce livre de la déportation de votre père dans le camp d'Auschwitz. Votre père ne vous a jamais raconté son histoire? - E.Borne: C'est un sujet dont je n'aime pas beaucoup parler.

C'est pour ça que je le raconte dans le livre. Effectivement, il avait essayé de raconter son histoire en revenant des camps. Je pense, comme un certain nombre de personnes qui ont été déportées, au moment de la Libération et de la reconstruction, on n'avait pas trop envie d'entendre ce genre d'histoires.

On lui a dit d'arrêter de raconter ces horreurs, donc il s'est tu. Après, il s'est suicidé. - A.-E.Lemoine: Laissant votre mère seule avec 2 petites filles.

Vous aviez 11 ans et vous vous êtes sauvée par la volonté et le travail. - E.Borne: Oui.

J'en parle parce que c'est quelque chose qui m'a beaucoup construite. C'est au fondement de mon engagement en politique. Moi, je suis heureuse de vivre dans un pays dans lequel, quand vous êtes la fille d'un père qui est arrivé comme apatride, que vous perdez votre père, que vous avez une mère qui se retrouve sans ressources, vous pouvez être pupille de la nation et intégrer...

J'ai eu la chance d'intégrer Polytechnique. Vous pouvez devenir préfète de région, présidente d'une grande entreprise, ministre et Première ministre. C'est quelque chose auquel je tiens fondamentalement.

Je pense que c'est important pour notre cohésion nationale que chacun puisse se dire que, quel que soit son milieu social, quelles que soient son adresse ou son origine, par son travail, son mérite, il peut accéder aux plus hautes responsabilités dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Merci.

Je rappelle ce récit, "Vingt mois à Matignon", disponible depuis aujourd'hui. Restez avec nous pour la Story de M.Bouhafsi. - Ceux qui crient à l'exemplarité, je voudrais qu'on fasse des tests de cheveux sur l'ensemble des députés de leur groupe.

Nous serions surpris. Dans toutes vos rédactions, il y en a. Dans toutes vos familles, il y en a.

On arrête l'hypocrisie. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un député pris en flagrant délit.

A.Kerbrat est arrivé dans le métro vendredi dernier à Paris alors qu'il est en train d'acheter à un mineur de la 3-MMC, une drogue de synthèse. Depuis, chez les députés de l'ex-majorité, on appelle à son retrait de l'Assemblée nationale. - Quand on fait la loi la semaine, on ne peut pas s'en extraire le week-end. - E.Ciotti: Il a commis un délit.

Il faut qu'il soit puni, sanctionné, pour cela. On vote la loi, on fait la loi. La moindre des choses est de la respecter. - Acheter auprès d'un mineur pose de vraies difficultés.

Je pense que la question morale, c'est à lui de la traiter. Si j'étais dans la même situation, je prendrais l'initiative de démissionner. - M.Bouhafsi: L'élu a publié un communiqué dans la nuit de lundi à mardi.

Il explique avoir immédiatement reconnu les faits tout en précisant qu'il assume entièrement sa responsabilité. Il y présente ses excuses et évoque des problèmes personnels ainsi que des fragilités psychologiques. Hier, J.-L.Mélenchon l'a soutenu avec ces mots.

Il dit lui exprimer son soutien. - Si j'étais électeur de sa circonscription, je ne lui demanderais pas de démissionner parce que c'est un bon député. Il s'est battu contre la réforme des retraites, la loi immigration.

Je suis impatient de le retrouver sur ces bancs pour me battre avec lui. - S.Rousseau: Il a lui-même dit qu'il avait des fragilités psychologiques.

Il a été victime de viol à l'âge de 3 ans. Il l'a dit publiquement. Il a été victime de mille et une violences après, dans sa vie.

Oui, ça fait partie des fragilités qui, si elles ne sont pas prises en charge correctement, accompagnées et soignées, peuvent finir en addiction. - M.Bouhafsi: Si cette affaire choque autant, c'est aussi à cause du type de drogue achetée par le député: la 3-MMC.

Une substance en vogue dans les soirées. - La 3-MMC est une drogue de synthèse qui ne coûte pas très cher, qui circule sur Internet. C'est une drogue stimulante qui mime les effets de la cocaïne.

On va rechercher de l'euphorie, du bien-être, de la désinhibition, des effets aphrodisiaques. Malheureusement, il y a des effets indésirables dès les premières consommations. Ca touche le coeur, le cerveau et ça peut entraîner des effets psychiatriques. - M.Bouhafsi: Pour B.Retailleau, il n'est pas tolérable de voir un député de la République acheter de la drogue.

Il dit qu'un député a un devoir d'exemplarité et qu'il doit tirer les conséquences de ses actes. Pour plusieurs députés, il ne peut plus assurer son rôle de député tout en luttant contre cette addiction. - Est-ce que quelqu'un peut avoir des responsabilités, que ça soit pour décider d'une loi ou conduire un bus le lundi, s'il a usé ou abusé de ces substances le week-end?

La réponse est non, clairement. C'est impossible d'être à 100 % de son potentiel, de sa lucidité le lundi, le mardi et même le mercredi quand il y a eu un abus le week-end. - M.Bouhafsi: Dans sa circonscription, c'est la déception qui prédomine. - Quand on est député, on a un devoir d'exemplarité vis-à-vis de la jeunesse notamment. - Ca ne donne pas une très bonne image politique.

Tant qu'il n'a fait de mal à personne... - Je pense quand même que ce n'est pas bien.

Il vaut mieux qu'il démissionne. - M.Bouhafsi: Ces dernières heures, 2 tweets du député ont refait surface.

Il avait alerté G.Darmanin pour demander plus de moyens, notamment contre le trafic de drogue. Il enfonçait même le clou à la télévision. - La lutte contre la drogue avant tout.

Il faut le démantèlement des réseaux et des trafics humains. - M.Bouhafsi: E.Borne, vous siégez à l'Assemblée nationale.

Est-ce qu'il doit démissionner de son poste? - E.Borne: Je pense qu'il y a beaucoup de défiance des Françaises et des Français vis-à-vis de la classe politique.

C'est ce que je vois beaucoup dans les déplacements que je peux faire et dans ma circonscription. Je pense qu'il y a vraiment un devoir d'exemplarité. Ce n'est déjà pas toujours le cas dans le comportement qu'on peut voir à l'Assemblée nationale.

Mais d'aller à la fois interpeller le ministre de l'Intérieur sur le trafic de drogue et soi-même de consommer de la drogue et d'en acheter, c'est incompatible avec sa fonction de député. - P.Lescure: Je voudrais évoquer avec vous un autre sujet.

P.Watson restera en détention jusqu'au 13 novembre au Groenland. C'est ce qu'a décidé la justice de ce pays.

P.Watson est détenu depuis le 21 juillet dernier suite à la demande d'extradition du Japon pour une affaire liée à son combat pour défendre les baleines. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées aujourd'hui à Paris pour demander sa libération. - LIBEREZ P.WATSON! - Depuis plus de 40 ans, P.Watson se bat pour faire respecter la biodiversité.

C'est incompréhensible qu'il risque de passer le reste de sa vie en prison. - Ca fait 3 mois qu'il est détenu pour des faits commis il y a 14 ans et qui sont infondés. - Si on met des gens qui défendent le vivant en prison... - Il faut qu'on lui donne l'asile politique pour qu'il soit libéré. - Il est urgent que le président Macron se prononce sur le sujet. - P.Lescure: Hier, B.Bardot avait exhorté sur X E.Macron à accorder l'asile politique à P.Watson.

Vous êtes favorable à ce qu'on étudie ce dossier? - E.Borne: Son combat, je le partage: la protection des baleines, de la biodiversité en général.

En tant que ministre de l'Ecologie, Première ministre, je me suis battue pour ça. J'espère qu'il sera libéré le plus rapidement possible. C'est une affaire qui est dans les mains de la justice danoise.

Je ne vais pas me prononcer à leur place mais c'est un combat légitime. - A.-E.Lemoine: Merci.

C'est une histoire folle qui s'est déroulée en 2021 aux Etats-Unis mais dont la récente médiatisation a suscité un vaste mouvement d'inquiétude jusqu'en France, faisant baisser le don d'organe. Un Américain déclaré en état de mort cérébrale après une overdose se serait réveillé sur la table d'opération alors que des chirurgiens s'apprêtaient à lui prélever le coeur. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, R.Bronchard.

Vous êtes directeur adjoint du prélèvement et de greffes organes à l'Agence de la biomédecine qui lance une alerte sur cette baisse inquiétante...

L'accroissement des refus de dons d'organes popularisés par ce fait divers. Vous voulez rassurer les potentiels donneurs français. Cette histoire est absolument dingue.

Une enquête est en cours pour savoir ce qui s'est passé. Mais vous voulez dire que c'est impossible que ça se passe en France aujourd'hui. - Dr R.Bronchard: Tout à fait.

Concernant cette histoire que je ne vais pas trop commenter puisqu'on a peu de détails médicaux...

Je suis aussi anesthésiste, réanimateur de formation. C'est invraisemblable médicalement. Ca génère de l'angoisse et une augmentation des inscriptions sur le registre du refus alors que ce qui est fondamental, c'est que ça ne peut pas arriver en France, étant donné tout l'encadrement que je détaillerai. - A.-E.Lemoine: Il y a une procédure très stricte qui exclut tout facteur pouvant mimer un coma profond type prise de médicaments ou de produits de stupéfiants, comme c'était le cas de ce patient, a priori.

Des tests sont ensuite réalisés. On vérifie l'absence totale de conscience, l'abolition des réflexes...

En particulier de la fonction respiratoire. Mais surtout, 2 encéphalogrammes sont réalisés l'un après l'autre? - Dr R.Bronchard: Vous avez quasiment tout cité.

Pour encore plus rassurer, ces examens, si ça doit mener ensuite à un diagnostic pour enclencher un processus de don d'organes...

Ils sont réalisés dans un établissement qui répond à des règles de bonnes pratiques et qui comprend des équipes de coordination avec des médecins, des infirmiers en lien avec les équipes de réanimation. 2e chose: un diagnostic médical est écrit dans les lois de bioéthique. C'est la seule loi en France qui décrit comment un médecin doit faire pour faire le diagnostic médical.

Ensuite, c'est 2 médecins qui font tout le process et qui signent le certificat de décès. Après, il y a des règles de bonne pratique professionnelle qui encadrent ça. Il y a différentes étapes.

Il faut avoir la cause du décès, exclure les facteurs confondants et, à partir de ces 2 prérequis, on va faire un examen clinique, attester d'un coma aréactif, profond. On regarde les différents réflexes comme les réflexes du tronc cérébral. Le tronc cérébral commande la respiration, la fonction cardiaque.

On vérifie que le patient est en apnée. Les médecins sont dans la chambre du patient, il regarde pendant 10 minutes, ils font des examens, et après, et c'est obligé dans la loi française, on fait des examens de confirmation. Soit 2 électroencéphalogrammes plats avec des conditions parfaitement décrites par des sociétés savantes ou alors un angioscanner. - A.-E.Lemoine: Ce qui s'est passé aux Etats-Unis, on ne sait pas exactement ce qui s'est passé...

Ca a eu des conséquences bien réelles: le refus des dons a été multiplié par 10 en 24 heures. D'habitude, en une journée, il y a 100 refus, là, il y en a eu 1000. En France, on est tous donneurs potentiels, sauf si on s'inscrit sur un registre de refus.

Vous vouliez arrêter d'urgence l'hémorragie? - Dr R.Bronchard: Le registre nationa du refus, qui est un moyen prévu par la loi...

Ca date de 76, le consentement présumé. C'est un moyen de s'inscrire...

Il y a d'autres moyens de s'inscrire, comme un témoignage auprès des proches. Les fameuses équipes de coordination de prélèvement interrogent systématiquement, quand on a un patient déclaré décédé...

Le registre, c'est la partie émergée de l'iceberg. On a une centaine d'inscriptions par jour. Là, on est montés à 1000.

Derrière, ça veut dire qu'il y a beaucoup d'angoisses. Il y a beaucoup plus de gens qui se posent des questions. Ils se retrouvent dans un événement gravissime...

Ce qui conduit à la mort encéphalique, c'est le coup de tonnerre comme un AVC, un traumatisme crânien, une méningite...

C'est toujours brutal. Si un patient se retrouve dans ce cas, ils vont se poser des questions et perdre confiance. Le risque, c'est que le taux d'opposition au don d'organes augmente et qu'il y ait donc moins de greffons et donc plus de décès... - E.Tran Nguyen: Il faut rappeler que le don d'organes peut sauver plus de 6000 vies chaque année.

Il y a encore 2 à 3 décès faute de greffons chaque jour. En 2023, 22 000 personnes sont en attente de transplantation en France. C'était le cas de Côme, un petit garçon de 3 ans atteint de jaunisse qui était dans l'espoir de recevoir une greffe de foie en juin dernier. - Le quotidien de Côme, c'est aussi cette montagne de médicaments.

Le petit garçon en avale plus de 20 par jour. Car sa maladie, c'est aussi ça: de terribles démangeaisons, un teint jaune, un retard de croissance. - Il est où, ton foie?

Tu sais qu'on va le changer? C'est important. - Déjà 14 mois à attendre.

Pour sa maman, il y a urgence. - Vous avez eu des nouvelles concernant le rang de Côme dans la liste? - J'ai regardé et espérez dans les 6 ou 9 mois. - E.Tran Nguyen: La bonne nouvelle, c'est qu'il a été hospitalisé il y a un mois.

Il a pu être sauvé car il a reçu une greffe de foie. Recevoir un don d'organe, c'est déjà une course contre le temps. - Dr R.Bronchard: Exactement.

Malheureusement...

Ca souligne...

Il y a aussi des enfants en liste d'attente, mais aussi des enfants donneurs. Il y a une particularité: quand c'est un enfant, c'est très rare, mais on demande l'accord des 2 parents. Là, c'est un mineur. 2e précision: la majorité des greffes de foie, en l'occurrence chez les enfants, se font à partir de donneurs adultes.

Les donneurs jeunes, on priorise les enfants. Il y a des règles de répartition des organes qui sont révisées pour être transparentes. - A.-E.Lemoine: Merci.

Vous êtes le directeur adjoint du prélèvement de greffes d'organes et de tissus à l'Agence de biomédecine. Il était important de rappeler que le don d'organes est essentiel, sauve des vies et qu'il est complètement sécurisé sans risque en France. Merci.

C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal. La course contre la montre se poursuit pour tenter de retrouver un bébé enlevé par ses parents. - L.Sénéchal: Santiago, 17 jours seulement.

Il est né grand prématuré. Il a besoin de soins médicaux urgents. Une mère toxicomane d'après RTL, un père connu pour des faits de violence.

Ils l'ont enlevé avant-hier soir de la maternité d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Hier soir, la France a mis fin à l'alerte enlèvement qui a été déclenchée le matin même. L'affaire a pris un tournant européen. - Une alerte a été lancée. - La justice française a sollicité la coopération des autorités belges dans une enquête... - Une alerte enlèvement en France élargie à la Belgique. - L.Sénéchal: Les parents et le nourrisson sont actuellement en Belgique, qui a déclenché son propre système national d'alerte avec des messages diffusés comme ici, sur les autoroutes ou sur les routes de Belgique.

Le but est de toucher le plus grand nombre et de diffuser le message partout où c'est possible. - Votre dispositif alerte enlèvement s'est terminé à 19h. Nous avons pris le relais à 20h.

Nous avons envoyé un push sur tous les comptes Facebook ou Instagram. - L.Sénéchal: La voiture du couple a été retrouvée vers 9h à Charleroi, en Belgique.

Les policiers soupçonnent un changement de véhicule. Grand prématuré, cet enfant. Il faut aller très vite?

C'est une question d'heures, d'un point de vue médical? - Dr R.Bronchard: Bien sûr.

Ce sont des bébés prématurés...

Ils sont particulièrement fragiles au niveau nutritionnel, infectieux... - A.-E.Lemoine: J.Bayou définitivement blanchi par le parti EELV. - L.Sénéchal: L'enquête confiée par les écologistes à un cabinet de violences sexistes et sexuelles a été clôturée sans que des preuves de délit de sa part n'aient été trouvées.

Au regard de la loi, et même au regard des textes internes du parti, J.Bayou est toujours visé après des plaintes d'une ex-compagne. Il avait renoncé à se présenter aux législatives.

Il a été élu député dans sa circonscription. - A.-E.Lemoine: C'est une première en plus d'un siècle: le loup a été repéré en Gironde. - L.Sénéchal: Il a même été filmé par un piège photographique.

C'était dans une réserve naturelle ornithologique. On s'attend plutôt à trouver des oiseaux ici. Le loup avait disparu depuis plus de 100 ans en Gironde mais sa présence a été confirmée par plusieurs éléments. - Les pièges photo sont un des moyens de détection du loup.

On fait aussi des constats de dommages sur le bétail dans l'hypothèse d'une prédation par le loup. On fait de la collecte d'indices biologiques, comme des poils, des crottes, qu'on envoie ensuite à l'analyse génétique. - L.Sénéchal: Avec tous ces éléments, on est sûrs, le loup est de retour en Gironde et il a peut-être même déjà frappé. 3 cas de prédation ont été notés.

La responsabilité du loup dans ces cas n'est pas écartée. Il y a eu des autopsies. - Nos brebis ont été égorgées.

Soit c'étaient des chiens, soit c'était un loup. - C'est la sécurité du troupeau...

Là, les ovins, je ne sais pas si je vais continuer. - L.Sénéchal: Le préfet peut débloquer des crédits pour financer des travaux de protection des troupeaux.

Ce sera plus facile à l'avenir de décider d'éliminer les loups s'ils sont jugés trop nombreux. Il y a 20 000 loups dans l'UE. Il y en a 1000 en France.

Il y en a même dans le Calvados. Est-ce qu'il est temps de réguler cette population ou est-ce qu'on est toujours dans une phase de protection, d'extension du territoire du loup? - E.Borne: On est dans une phase d'extension.

Le développement de la population... - L.Sénéchal: Cause des problèmes. - E.Borne: Evidemment, aux éleveurs.

Cela justifie qu'on puisse faire évoluer ce type de protection. Bien évidemment, il ne s'agit pas de lever toute protection, mais l'encadrement est aujourd'hui très strict. C'est vrai qu'il faut réussir à trouver un bon équilibre entre la protection de la biodiversité et la grande inquiétude que ça peut susciter chez certains éleveurs. - A.-E.Lemoine: Les gendarmes de la Manche racontent leur traque d'un léopard. - L.Sénéchal: Les gendarmes expliquent avoir été alertés par plusieurs automobilistes il y a quelques semaines.

La présence d'un fauve en bordure d'un axe. "N'écoutant que leur courage, la patrouille constituée de 2 militaires se rend sur les lieux avant que l'animal ne leur échappe. Les 2 gendarmes s'approchent et peuvent même le caresser doucement." C'est une peluche abandonnée. - A.-E.Lemoine: Je n'avais pas vu, moi! - L.Sénéchal: De loin et de nuit, en voiture, on a l'impression que c'est un vrai léopard. - A.-E.Lemoine: Bravo à ces...

Allez, on part aux Etats-Unis. La campagne se poursuit. Elle est toujours aussi tonitruante. - L.Sénéchal: Il y a des files d'attente qui s'allongent partout. 15 millions d'électeurs américains ont déjà voté.

A Las Vegas, D.Trump a la cote. 2 milliards de dollars ont tous déjà été misés sur ces élections.

Trump a 64 % de chances de l'emporter selon les bookmakers. C'est lui qui est en rouge. Pas sûr de la valeur scientifique de cet indicateur mais il y a moins d'un point d'écart dans les sondages de 5 Etats-clés.

C'est le cas notamment du Michigan, la ville de Detroit où K.Harris tente de redonner une dynamique à sa campagne avec la star locale, le rappeur Eminem. On se souvient de son tube "Lose Yourself". - L.Sénéchal: C'est B.Obama qui reprend du Eminem sur scène.

Il met son charme et son charisme au service de K.Harris dont la campagne se fait de plus en plus offensive en ligne contre Trump pour tenter de mobiliser le vote des femmes, notamment. - L.Sénéchal: D.Trump reste dans sa zone de confort.

Des attaques un peu faciles sur K.Harris, présentée comme trop stupide pour pouvoir écrire un livre. - L.Sénéchal: Le livre est vide.

D.Trump se met en scène dans des environnements toujours très masculins. Il surjoue la proximité avec les petits entrepreneurs, ceux qu'en France on appellerait les petits indépendants. - L.Sénéchal: Trump, qui est à l'aise avec les classes populaires et avec son bagout... - P.Cohen: "On vient du même endroit..." Il est fils d'un milliardaire. - L.Sénéchal: Il vient d'être qualifié il y a quelques minutes de "dérangé, d'instable" par sa rivale K.Harris qui s'inquiète de l'absence de garde-fous pour le maintenir en cas de nouveau mandat. - E.Borne: On parlait de sexisme en politique. - A.-E.Lemoine: Là, c'est un cas d'école.

Aux Etats-Unis, la saison de NBA vient de démarrer. On y parle de plus en plus français. - L.Sénéchal: 14 joueurs de nationalité française en NBA.

A part les Canadiens, nous sommes le contingent étranger le plus important aux Etats-Unis. Ca amuse et ça agace aussi quelques stars américaines. - L.Sénéchal: Ils sont un peu agacés de devoir se mettre au français.

Parmi les petits nouveaux, il y en a un que je voulais vous présenter. Il a 19 ans seulement, sélectionné tout en haut de la draft, la bourse des jeunes les plus prometteurs. Les Américains doivent apprendre à prononcer son nom.

Il essaye de prononcer son nom. Il doit d'ailleurs lui-même s'adapter. Il a des coéquipiers plutôt sympas. - L.Sénéchal: Avant lui, il y a eu l'an dernier V.Wembanyama, 20 ans, 2,23 m.

C'est la coqueluche de ses supporters de son club de San Antonio. Son surnom, c'est l'alien, l'extraterrestre. Un fan a eu l'idée d'installer un Wembanyama géant sous forme d'alien devant chez lui, à l'approche d'Halloween. - L.Sénéchal: Le Français qui conquiert l'Amérique. - A.-E.Lemoine: Voilà.

Qu'ils prennent plutôt vous en effigie pour Halloween.