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interviewRMC — Face à Face· 7 janvier 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Retailleau - 07/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Votre invité Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Je rappelle que vous êtes président du groupe Les Républicains au Sénat, sénateur de Vendée et candidat à la présidentielle de 2022. C'est important parce qu'on va vous parler et je vais vous parler de présidence. Et la présidence aux Etats-Unis. Vous avez vu ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec le Capitole. Envahis par les supporters de Donald Trump. Quatre morts. Quatre morts. Nous ne concèderons jamais la défaite, disait Trump quelques heures avant. Il était à la tribune. On va marcher. Je serai à vos côtés au Capitole.

Vous ne répondrez jamais, vous ne reprendrez jamais notre pays avec de la faiblesse. Il faut montrer de la force. Ses partisans ont montré de la force. Le monde entier est ébahi. Vous aussi j'imagine.

1:02
Bruno Retailleau

Bien sûr, j'ai suivi quasiment en direct hier soir grâce aux différentes chaînes d'information ces événements. C'est tragique. C'est tragique parce que les Etats-Unis, dans le monde, sont le cœur battant de la démocratie. C'est tragique parce que les paroles peuvent tuer. La responsabilité de Donald Trump, elle est accablante. La démocratie, c'est un régime de liberté. Mais c'est aussi un régime de responsabilité. Où ceux qui gouvernent doivent rendre des comptes de leurs actes, mais aussi de leurs paroles. Est-ce qu'il devra rendre des comptes ? Bien sûr. Il devra rendre des comptes.

1:38
Présentateur

Est-ce qu'il faut engager un processus de destitution ?

1:44
Bruno Retailleau

Le processus de destitution américain obéit à des règles très strictes, très très longues. Et vous savez que la prise de pouvoir, la transition, c'est pour le 20 janvier. Donc on n'a plus le temps. 13 jours de présidence Trump encore. Il y a 13 jours de présidence. Peu importe, je ne connais pas à fond les amendements de la constitution américaine. Mais je pense qu'il faudra bien entendu qu'ils puissent répondre de ces paroles qui ont amené à la violence.

2:09
Présentateur

Est-ce que la situation est dangereuse ? Dangereuse pour les Etats-Unis, mais dangereuse pour le monde.

2:14
Bruno Retailleau

Bien sûr, parce qu'encore une fois, les Etats-Unis, c'est un peu une démocratie phare dans le monde. Et j'imagine que...

2:20
Présentateur

J'ai vu les Chinois se gausser déjà, les internautes chinois, par exemple.

2:24
Bruno Retailleau

où les régimes totalitaires dits actoriaux doivent avoir le sourire aux lèvres. Ce que je veux dire, c'est qu'on aurait tort d'accabler uniquement M. Trump, de réduire la responsabilité à M. Trump. Il a cette responsabilité, je viens de le dire. Je pense qu'on aurait tort surtout de dire que tout ça ne peut pas nous arriver. Je pense que le malaise des démocraties occidentales, il est présent. Il a surgi aussi au cœur de l'Europe. Lorsqu'on a vu des députés d'extrême droite, par exemple de l'AFD en Allemagne, élus il y a quelque temps en nombre et dans d'autres pays européens. Mais ça concerne aussi la France.

Je pense que le malaise de la démocratie, c'est un petit peu, vous savez, la révolte des déplorables, comme avait dit Mme Clinton. Elle avait accusé l'électorat de M. Trump de déplorables. Des gens infréquentables. Il y a une partie de la population française. Ça a été, au départ, le message des Gilets jaunes. On veut être entendus. Nous sommes des travailleurs pauvres. On n'arrive pas à boucler les fins de mois, mais on a le sentiment qu'en France, il y a des politiciens.

3:22
Présentateur

La différence, c'est qu'aux Etats-Unis, ce ne sont pas toujours des travailleurs pauvres qui soutiennent Donald Trump. Bien sûr. Mais ce que je veux vous dire, c'est que le malaise de la démocratie,

3:30
Bruno Retailleau

il est aussi chez nous. Il est dans ce fait que beaucoup de Français ont le sentiment que le pouvoir a été confisqué, que leur voix, leur souffrance ne compte plus, qu'elles ne sont pas entendues. Il y a une forme de dévaluation de la démocratie parce qu'aujourd'hui, la démocratie, dans un certain nombre de pays, y compris d'ailleurs en France, ne parvient pas à donner de résultats pour améliorer la condition matérielle des gens. Et ça, je pense qu'il faut le prendre aussi à notre compte. On ne peut pas dire simplement, c'est là-bas, outre Atlantique.

3:58
Présentateur

Oui, Emmanuel Macron a réagi en disant, ne rien céder à la violence.

4:02
Bruno Retailleau

Mais c'est insuffisant ? Bien sûr que c'est insuffisant. Bien sûr. Parce que je pense qu'on le voit, c'est que dans une nation, la concorde nationale, la paix civile, c'est la première chose qu'on demande à l'État, évidemment. Et il faut faire attention de ne pas attiser...

4:17
Présentateur

Et reconnaître le résultat d'une élection.

4:20
Bruno Retailleau

Reconnaître, bien sûr. La démocratie, c'est un régime de responsabilité. C'est aussi ce régime où la minorité s'incline devant la majorité. C'est un peu la loi du nombre, la démocratie. C'est exigeant. Il a fallu des années, des siècles pour qu'on puisse bâtir ce régime qui est un régime d'effort, un régime d'exigence, d'effort aussi pour le peuple et d'exigence pour ceux qui les gouvernent.

4:44
Présentateur

Puisque la démocratie américaine est menacée par le populisme des supporters de Donald Trump et par Donald Trump, est-ce que la démocratie française est menacée par un populisme représenté, je ne sais pas, par qui ? Je ne veux pas... Je vous dis ça parce que Marine Le Pen, par exemple, Marine Le Pen n'a jamais reconnu la défaite de Donald Trump. C'est une faute politique. C'est une faute politique.

5:09
Bruno Retailleau

Eh bien, c'est une faute politique. Maintenant, laissez-moi vous dire que dans beaucoup de démocraties occidentales, il n'y a pas Marine Le Pen dans chaque pays. Il y a ce malaise. Et ce malaise, en France, il est aussi à mettre sur le compte, on le voit d'ailleurs dans la gestion de la crise sanitaire, cette bureaucratie. Cette bureaucratie qui n'a pas comme objectif de protéger les Français du virus, mais qui a l'objectif de se protéger. Toujours plus de paperasse, parce que ce qui compte pour elle, ce n'est pas précisément d'aller vite pour vacciner, mais c'est de protéger ses arrières.

Eh bien, quand on a cette bureaucratie, cet état bureaucratique, qui fait sécession avec le peuple, avec la nation, alors on crée les conditions. Vous voyez Jean-Jacques Bourdin ?

5:53
Présentateur

Oui, j'ai vu aussi une réaction, celle de Jean-Luc Mélenchon, qui a tweeté. Voilà ce qu'il a tweeté. Les États-Unis, organisateurs de putsch, truqueurs d'élections, en proie chez eux, à leur propre méthode, justice immanente.

6:09
Bruno Retailleau

Non mais vous allez trouver, évidemment, tout le cœur des démagogues. Je n'utilise pas le mot populisme, parce que souvent le mot populisme, en réalité, c'est un affront au peuple. Je préfère utiliser le mot de démagogue. Mais vous voyez, l'extrême droite, l'extrême gauche, eh bien, la démagogie est à l'œuvre. Mais ça ne suffit pas. Je pense qu'Emmanuel Macron a des responsabilités aussi, et lorsque, par des petites phrases, lorsqu'il disait des gens de rien...

6:34
Présentateur

Politique aussi. Mais bien sûr. L'opposition aussi, parfois, par des choses excessives, par des mensonges, par de fausses informations répandues. Évidemment.

6:44
Bruno Retailleau

Le mensonge des masques, par exemple, a beaucoup choqué les Français. Aujourd'hui, les Français sont en colère vis-à-vis des lenteurs du démarrage de la campagne de vaccination. Mais pas seulement. À la colère a succédé un sentiment, pratiquement immédiatement d'ailleurs, de honte, de honte nationale.

7:01
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas excessif, cette critique sur la lenteur du démarrage de la vaccination ?

7:09
Bruno Retailleau

Jean-Jacques Bourdin, vous auriez pu me poser la même question. Et je me souviens, au mois de mars, un certain nombre de mes amis disaient « Bruno, sur les masques, tu y vas trop fort ». J'avais, à l'époque, bloqué, avec Gérard Larcher, si j'ose dire, le gouvernement, un ministre, dans l'hémicycle tard au Sénat, pour les obliger à ouvrir les vannes pour que les collectivités et les entreprises puissent commander les masques. Et heureusement que nous l'avons fait. Eh bien, on n'a pas tiré. Oui, vous avez cité Gérard Larcher,

7:33
Présentateur

mais pardon, mais quand Gérard Larcher brandit un document qui n'est pas du tout adressé à son père, mais adressé au directeur d'EHPAD... C'est faux. Comment c'est faux ? C'est faux. Peut-être a-t-il été adressé... Il est adressé au directeur des EHPAD.

7:48
Bruno Retailleau

Eh bien, le père de Gérard Larcher, il est directeur des EHPAD ? Non, le père de Gérard Larcher, résident dans un EHPAD, a retrouvé, sur son bureau, dans sa résidence, ce document. Oui, qui est adressé à la direction de l'EHPAD. Il était dans son bureau. C'est un stress inutile. Vous avez des personnes... Je me souviens de M. Thévenoux qui disait avoir des blocages administratifs. Mais vous imaginez quelqu'un de 95 ans et on vous pose sur la table, pour le consentement, un document qui fait des dizaines de passants. Non, Gérard Larcher n'a pas fait d'erreur. Gérard Larcher n'a pas menti. Ce document, il l'a montré. Ce document était bien dans la chambre de l'EHPAD.

8:26
Présentateur

Oui, enfin, ce n'était pas le document de consentement. Il fait une page, le document de consentement. Mais pourquoi est-il distribué ? Oui, non, mais je suis d'accord. Trop de bureaucratie, trop de paperasserie. On est bien d'accord. Une logistique totalement absente. Toutes les critiques sont recevables. Je suis...

8:43
Bruno Retailleau

Vous étiez en train de dire la démocratie, la démocratie. Mais Jean-Jacques Bourdin, permettez à l'opposition d'exprimer ces critiques. Oui, d'ailleurs, vous êtes là. Vous êtes là pour l'exprimer. De faire son devoir d'opposition parce que c'est la démocratie. Et dans une crise, alors qu'on a donné au gouvernement avec l'état d'urgence, vous savez que le gouvernement a des pouvoirs qui sont très, très étendus. Vous savez que le gouvernement ne lésigne pas avec l'argent des Français. Puisque le quoi qu'il en coûte, c'est des milliards... Vous l'approuvez, le quoi qu'il en coûte ? Je l'approuve pour la sortie de crise. Malheureusement, je sais que ce quoi qu'il en coûte...

9:15
Présentateur

Vous l'approuvez ? Vous approuvez les aides, par exemple, apportées aux restaurateurs ? Bien sûr. Ou les aides apportées à tant, à tant de PME, à tant d'entreprises ?

9:22
Bruno Retailleau

Évidemment, ce que je critique, c'est un État obèse, bureaucratique, qui dépense, qui n'a comme réflexe que la dépense publique, qui n'arrive plus à agir. Et les Français n'en ont pas pour leur argent. C'est ce que je dis, moi, aujourd'hui. Ils n'en ont pas pour l'argent. On leur dit qu'ils ont le meilleur système de santé au monde. Ils s'aperçoivent que non. Ils sont aperçus...

9:43
Présentateur

Le plus protecteur, dans tous les cas.

9:44
Bruno Retailleau

En tout cas, non, pas plus protecteur. Souvenez-vous de ces soignants qui étaient obligés de se tailler dans des sacs poubelles, des surblouses. Regardez pour l'école. On dépense beaucoup pour l'école. Et on est parmi les moins bons sur le niveau de mathématiques. Regardez sur la délinquance. Voilà. Ce sont des missions essentielles. La santé, l'éducation, la sécurité. Que l'État, malheureusement trop bureaucratisé, ne parvient pas à mener à bien...

10:08
Présentateur

Alors, comment faire pour dé-bureaucratiser cet État ? Supprimer des agents publics ? Bruno Retailleau, comme le suggérait François Fillon ? Eh bien, Jean-Jacques Bourdin,

10:19
Bruno Retailleau

si la mesure du bonheur national, si la prospérité des Français devait se mesurer au nombre de fonctionnaires, nous serions l'avant-garde planétaire de ce bonheur et de la prospérité. Comment expliquez-vous, Jean-Jacques Bourdin, qu'il y ait 50% de plus de personnel en France par lit par rapport à l'Allemagne dans les hôpitaux, alors qu'on est dans la situation que l'on connaît ? Pourquoi ? Parce qu'on a 35%, 34% de personnel administratif non soignant à l'hôpital. Et les Allemands... Donc trop ! Mais trop ! Donc, bien sûr qu'il faut revaloriser. Pourquoi est-ce que nos infirmiers... Pourquoi est-ce qu'on est au 19ème rang pour la rémunération des infirmiers ?

On est en train de paupériser nos fonctionnaires. Pourquoi est-ce que les jeunes agrégés, les jeunes certifiés professeurs gagnent des salaires de misère ? C'est lamentable, vous voyez ? Parce qu'on a une fonction publique qu'on n'a pas voulu réformer, parce qu'on n'a pas voulu, comment dirais-je, recentrer l'État sur un périmètre de ses propres actions, eh bien, on paupérisse nos fonctionnaires. Je pense que... Et regardez la logistique. L'important, c'est la culture des résultats. Peu importe que ce soit une entreprise... M. Vaxin va être accompagné

11:35
Présentateur

d'une madame logistique. Vous avez vu ça ? M. Vaxin qui sera là demain matin, d'ailleurs, le professeur Pichet.

11:40
Bruno Retailleau

On n'a rien appris de nos erreurs. Elle est une énarque. M. le général Georges-Lin... Elle est une énarque, mais... Le général Georges-Lin, plutôt que de le mettre à la tête du chantier de la restauration de Notre-Dame, alors qu'on a les meilleurs architectes en chef des monuments historiques qui savent faire en France, on aurait bien dû mettre un général, justement, à la tête de la logistique. On aurait dû s'appuyer sur le privé. On aurait dû s'appuyer sur les collectivités territoriales. Quand on dit qu'il y a trop de bureaucratie, il y a trop de centralisme parisien. Et moi, je veux que les collectivités puissent précisément

12:11
Présentateur

prêter main forte. Alors, justement, je vais vous parler de la vaccination, mais je voudrais vous parler de la situation. 25 379 nouveaux cas en France en 24 heures. L'épidémie est en train de progresser. Est-ce que... J'ai entendu, comme vous, le professeur Jean-François Delfraissy, hier soir à la télévision, des mesures de restriction plus strictes sont envisagées indispensables si ça continue à progresser ? Ce qui est indispensable,

12:39
Bruno Retailleau

c'est d'accélérer la campagne de vaccination.

12:43
Présentateur

Aujourd'hui, ce n'est pas un plan de pénurie. Ce n'est pas le vaccin à court terme qui va éradiquer cette épidémie.

12:51
Bruno Retailleau

C'est un cri d'alarme que je veux lancer ce matin. Allez-y. Le vaccin, c'est l'espoir. C'est l'espoir. Et chaque jour que l'on perd, ce sont des chances au moins de sauver des vies. Chaque jour que l'on perd, et c'est la souffrance sociale, la souffrance économique, parce que c'est repousser la reprise, justement, le redémarrage de notre économie. Je pense que, un, on n'utilise que 2% des doses aujourd'hui. Donc, il faut multiplier, évidemment. Il y a un certain nombre de choses que nous avons proposées. 12 000 vaccinations hier. Oui, bien sûr, il y a une accélération. Mais il y a 2%. Il y a 2%.

Donc, les vaccinodromes, oui, mobiliser pas seulement les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, les collectivités aussi. Pourquoi est-ce que dans les épaises... Qu'en faut-il avoir toutes les doses ? J'ai été président de département. Pourquoi est-ce que les départements, vous savez, qui exercent avec l'État la tutelle des épaises, pourquoi les départements ont-ils été tenus à l'écart de cette campagne de vaccination ? Donc, il faut mobiliser. Mais tout le monde et la logistique, il faut la revoir. Ce que je veux vous dire, c'est que le confinement, un reconfinement éventuel, c'est, je pense, une mauvaise solution.

On a aujourd'hui abdiqué pourquoi est-ce que les solutions qu'ont trouvées les grandes démocraties asiatiques, sans vaccin, elles sont parvenues à reprendre le contrôle sur les chaînes de contamination, sur l'épidémie. Pourquoi ? Eh bien, en dépistant, en traçant et en isolant. Pourquoi est-ce que nous, on n'arrive pas à isoler les malades qui sont malheureusement contagieux ? Moi, je préfère confiner les malades plutôt que confiner. Pourquoi on n'arrive pas à isoler ? Pourquoi ? L'Inserm, vous savez qu'il y a un document... Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas ? Parce qu'on ne le veut pas. Parce qu'on ne le veut pas. Parce que... Pourquoi ? Parce qu'on ne le veut pas.

C'est exactement pour la vaccination. C'est la limite du... Alors, comment faire ? Comment faire pour obliger ? Obliger ? Juste un mot. Je pense que le « en même temps », qui est le crédo du chef de l'État, c'est le choix de l'inaction. Pourquoi ? Parce que sur la vaccination, en réalité, qu'est-ce qu'on a cherché à faire ? On a cherché à ménager les pro-vaccins et les anti-vaccins. En essayant, justement, à force de paperasserie et de précaution, de retarder le démarrage, en réalité. Pour essayer d'avoir un pied dans un camp et un pied dans l'autre. Eh bien, le « en même temps », c'est l'inaction. Il faut agir.

15:02
Présentateur

Alors, je voudrais vous poser une question à propos de la vaccination. Est-ce qu'il faut la rendre obligatoire ? Je vous dis ça parce qu'en Allemagne, par exemple, où des vaccinodromes ont été installés, certains sont vides parce que les Allemands ne viennent pas se faire vacciner. Est-ce qu'il faut obliger les Français à être vaccinés ? Je pense que ça n'a aucun sens. Aujourd'hui, il y a des dizaines...

15:21
Bruno Retailleau

On oblige bien les enfants à être vaccinés pour s'inscrire à l'école. Oui, mais vous savez que l'obligation scolaire, l'obligation de scolarisation, dépasse l'obligation vaccinale. Parlez à des médecins scolaires qui foutiront que malheureusement, on les scolarise. Ce que je veux dire, c'est que le problème, il n'est pas là. Vous avez des dizaines de millions de Français qui veulent se faire vacciner et qui ne le peuvent pas. Donc, avant de penser à un passeport vaccinal, à une obligation vaccinale, il faut déjà... Vous êtes contre le passeport vaccinal et l'obligation vaccinale ? Aujourd'hui, oui, parce que je pense que le volontariat... Et d'abord, vous allez mettre quelles sanctions ?

15:54
Présentateur

Comment allez-vous contrôler ? 38% des Français sont déterminés à se faire vacciner. Seulement 38%. Mais évidemment... 45% ne le souhaitent pas.

16:04
Bruno Retailleau

On a tout fait pour les décourager. Y a-t-il eu une campagne de communication ? Et encore une fois, avec les précautions que le gouvernement a pris sans doute pour satisfaire, pour donner des gages aux antivaccins, en réalité, on a découragé les bonnes volontés. Donc, croyez-moi, quand les Français s'apercevront que ceux qui sont vaccinés pourront aller librement et ne propageront pas le virus. Faut-il rendre

16:28
Présentateur

la vaccination obligatoire pour les soignants ?

16:31
Bruno Retailleau

Pour les soignants, j'avais proposé, vous voyez ? C'est pour ça que je vous pose la question. Je l'avais proposé. En tout cas, je pense qu'à tout le moins, pour les soignants, ils doivent être un public prioritaire, prioritaire, dès maintenant, quel que soit leur âge et quels que soient les facteurs de comorbidité. C'est trop important. Ils doivent se protéger parce qu'ils sont en première ligne, de même qu'il faut qu'ils protègent les soignés. On ne sait pas encore si le vaccin protège les contaminations mais il y a de bonnes chances qu'ils le fassent.

16:59
Présentateur

Pour les soignants, le vaccin est obligatoire contre la diphtérie, le tétanos, je regarde mes notes, la polio, l'hépatite B, la tuberculose. J'ai proposé,

17:07
Bruno Retailleau

il y a quelques semaines au mois de décembre, au gouvernement, dans ses priorités, qu'on fasse les plus fragiles dans les EHPAD et qu'on fasse le personnel soignant. J'avais émis cette idée.

17:16
Présentateur

Donc, commencer par les plus fragiles dans les EHPAD, c'était la bonne solution. C'est la bonne solution.

17:19
Bruno Retailleau

Oui, parce qu'on ne sait pas, encore une fois, si le vaccin est une barrière contre les contaminations.

17:24
Présentateur

Est-ce que les départements, les régions, doivent, comme le demandent certains présidents de région, commander, acheter directement des doses de vaccin ?

17:34
Bruno Retailleau

Moi, je pense, ça passe par l'Union Européenne. Donc, je pense qu'il y aura une difficulté. En revanche, en revanche, d'approvisionnement, d'approvisionnement, mais une difficulté parce que c'est aussi une question de souveraineté. Et on ne peut pas acheter des vaccins comme on achète des masques. Mais je pense que les collectivités, régions et départements, comme les communes, on doit les mettre, si j'ose dire, là aussi, en première ligne. Parce que quand il va falloir trouver des gymnases, des salles, par exemple, de collège, des salles de lycée pour vacciner, on a besoin.

Je vous parlais des départements qui peuvent mobiliser des infirmières, qui ont des ressources médicales, notamment parce qu'il y a des médecins de PMI, parce qu'il y a des médecins gériatres, etc. Il faut les mobiliser, les collectivités. Et malheureusement, le gouvernement ne le fait pas.

18:14
Présentateur

Bruno Rotailleau, j'ai une dernière question sur la loi sur la sécurité globale. Oui. Où en êtes-vous ? C'est le Sénat qui doit réécrire le fameux article 24 qui pénalise la diffusion malveillante d'images des forces de l'ordre.

18:27
Bruno Retailleau

Où en êtes-vous ? Eh bien, nous allons le réécrire. Quand ? Nous allons le réécrire. Quand ? J'en parlais hier avec François-Noël Buffet, le président de la Commission des lois. Nous le réécrireons quand ? Un. Nous le réécrireons quand le texte, alors il est pratiquement écrit, le texte va arriver

18:41
Présentateur

à la mi-mars. Parce que vous avez rappelé à juste raison, vous avez rappelé à juste raison que c'est le Sénat qui doit réécrire le texte, à juste raison, mais vous aviez dit qu'il serait réécrit très vite, or il ne sera réécrit qu'en mars. Non, non mais le texte,

18:55
Bruno Retailleau

ce n'est pas moi qui contrôle l'ordre du jour du Sénat. Le gouvernement va faire passer ce texte-là à la mi-mars. Vous le regrettez ? Peu importe. Ce que je veux dire, nous, c'est que, un, on ne touchera pas à la liberté d'informer et à l'idée que la captation elle-même des opérations policières pourrait ne pas être filmée. On s'inscrira dans le cadre du code pénal et non pas de la loi sur la liberté sur la presse et on mettra des verrous justement pour que la liberté d'information puisse être sauve. Mais je crois qu'il y a un vrai problème.

Quand des individus veulent désigner des policiers, des gendarmes et notamment leur identité pour qu'on puisse faire des représailles sur eux, on a le devoir de les protéger et je pense que le Sénat peut être cette institution qui va trouver le bon équilibre entre, d'un côté, la liberté de l'information, évidemment, et puis de l'autre côté, la protection de ceux qui les protègent.

19:48
Présentateur

Il y avait la solution aussi d'une fusion avec l'article 18 confortant de la loi confortant les principes de la République. Je pense que ce sont

19:58
Bruno Retailleau

deux articles très proches et je pense que nous... c'est-à-dire qu'on prendra le premier texte et c'est avec l'article 24 qui va nous arriver avant puisque le premier texte c'est la sécurité locale. Ensuite, ce sera le texte avec l'article 18 sur les principes républicains mais ce travail-là, nous le ferons dès le premier texte. Fusion entre les deux articles ? Ça sera une sorte de fusion. Entre les deux articles ? Entre les deux articles ? Entre les deux articles.

20:23
Présentateur

Bien. Merci beaucoup. C'est moi qui vous remercie. Bonheur d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.