Macron touché, Hamon coulé #cdanslair 07-04-2017
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- 0:13OuverteRéponse partielle
Il reste deux semaines de campagne et ça se resserre entre les quatre favoris de cette présidentielle.
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Emmanuel Macron reste en tête, mais il est en baisse dans plusieurs sondages.
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On voit que les écarts entre les quatre favoris se resserrent. Tout est possible ?
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Est-ce que c'est l'effet du débat qui a eu lieu cette semaine sur les chaînes d'info ?
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Pourquoi les deux favoris se tassent ?
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Cécile Cornudet, ce qui est intéressant dans cette fin de campagne, c'est au-delà des chiffres, des sondages, et de ce qu'on peut percevoir, chacun, autour des électeurs, c'est qu'en effet, tout est ouvert. Diriez-vous même qu'on peut aller jusqu'à des surprises, d'énormes surprises à l'issue de cette campagne et au soir du premier tour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron reste en tête, mais il est en baisse dans plusieurs sondages. »
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« Il est crédité de 23% des intentions de vote en moyenne. »
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« De son côté, Benoît Hamon vit une fin de campagne chaotique. En chute libre dans les sondages, le socialiste obtiendrait 9% des voix complètement asphyxiés par la montée de Jean-Luc Mélenchon. »
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« Amon reconnaît lui-même qu'il a l'impression d'être dans une lessiveuse. »
- 3:06InvitéFait
« Donc on a potentiellement un seuil d'abaissement, un abaissement pardon, du seuil de qualification pour le second tour. »
- 3:25InvitéFait
« C'est ce qu'on avait eu le 21 avril, souvenez-vous. Et à 21%, vous en avez non seulement trois, mais peut-être quatre qui peuvent être éligibles. »
- 6:48InvitéFait
« Emmanuel Macron reste un candidat fragile. Quand on regarde de près, c'est celui qui a le plus de votes par défaut. »
- 7:22InvitéFait
« Est-ce que finalement, ces gens-là qui se sont dit « tiens, c'est quelqu'un de nouveau » et puis qui peut aller avec nos idées, eh bien ils ne vont pas retourner à leurs amours d'origine ? »
- 10:45InvitéFait
« Une fois, il m'avait dit, mais Ségolène Royal a amené des gens à la gauche, moi, j'ai amené des gens à la politique. »
- 14:02InvitéFait
« Bachar el-Assad est un criminel. »
- 14:07InvitéFait
« Et il semble, je suis toujours prudent parce que les faits sont en train d'être vérifiés, et je pense qu'une enquête internationale est en train d'être dépêchée. »
- 31:06InvitéFait
« Il est très diminué. »
- 31:26InvitéFait
« il apparaît comme le candidat du PS, donc le successeur de François Hollande. »
- 33:32InvitéChiffre
« 3000 personnes viennent assister au show Mélenchon. »
- 34:27InvitéFait
« Je préfère être seul avec lui et quelques autres que mal accompagné. »
- 34:35InvitéPromesse
« S'il faut gouverner, nous saurons le faire et le jour numéro 1 sera le jour numéro 1. »
- 35:30InvitéFait
« Fidèle depuis 20 ans à Jean-Luc Mélenchon, ce professeur d'histoire s'est mis en congé pour la campagne. »
- 36:41InvitéFait
« Lim Hoang N'Gok, économiste de formation, se déçue du parti socialiste a rejoint Jean-Luc Mélenchon en 2015. »
- 37:15InvitéPromesse
« nous sommes prêts à appliquer un autre programme de politique économique. »
- 43:54InvitéFait
« Il avait trois mois pour propulser sa candidature. Évidemment c'était trop court avec les erreurs qu'il a faites. »
- 44:16InvitéFait
« le vote utile qui existait en 2011-2012 pour François Hollande qui incarnait la possibilité d'alternance face à Nicolas Sarkozy, là dès le départ il n'en bénéficiait pas. »
- 46:09InvitéFait
« Emmanuel Macron a profité de son passage sur le plateau de France 2 pour enfin présenter les 14 premiers candidats de son casting législatif. »
- 46:39InvitéPromesse
« Il veut être le candidat de la parité et ambitionne de faire élire 50% de femmes parmi les futurs députés. »
- 57:16InvitéFait
« ça va être l'administration qui aura tous les pouvoirs puisque ce seront des gens qui ne connaîtront pas le fonctionnement de l'État. »
- 57:27InvitéFait
« il y aura sans doute un changement dans les têtes des services de l'État. »
- 58:36InvitéFait
« une cohabitation ce qui serait encore jamais vu. »
- 59:04InvitéFait
« en troisième position c'est une défaite qui enclenchera une crise et une remise en cause extrêmement importante. »
- 1:00:23InvitéFait
« on n'arrête pas de dire que c'est la mort du PS. »
- 1:00:31InvitéFait
« un parti ça ne meurt pas comme ça non plus. »
- 1:00:53InvitéFait
« un socialisme de gouvernement. »
- 1:01:24InvitéFait
« ça fait 5 ans que les adversaires de François Hollande disent qu'il n'est pas crédible et qu'il est ridicule. »
- 1:01:40InvitéFait
« on voit quelqu'un comme Justin Trudeau qui est assez jeune qui a un peu le profil d'Emmanuel Macron qui le fait et qui le fera très bien. »
- 1:02:30InvitéFait
« la politique étrangère ne joue pas un rôle dans une élection présidentielle française. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 217 %
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il reste deux semaines de campagne et ça se resserre entre les quatre favoris de cette présidentielle. On semble se diriger vers une arrivée au sprint où tous les scénarios seraient possibles. Emmanuel Macron reste en tête, mais il est en baisse dans plusieurs sondages. Il est crédité de 23% des intentions de vote en moyenne. L'ex-ministre de l'économie était l'invité de l'émission politique de France 2 hier soir. Il a battu un record d'audience et n'a pas hésité à se démarquer très nettement de François Hollande. Le candidat du mouvement En Marche reste malgré tout la cible principale de ses rivaux et sera probablement attaqué jusqu'au bout.
De son côté, Benoît Hamon vit une fin de campagne chaotique. En chute libre dans les sondages, le socialiste obtiendrait 9% des voix complètement asphyxiés par la montée de Jean-Luc Mélenchon. Amon reconnaît lui-même qu'il a l'impression d'être dans une lessiveuse. Macron touché, Amon coulé. On en parle ce soir avec nos invités. Brice Tinturier,
vous
êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Vous enseignez à Sciences Po Paris. Et votre dernier livre, Plus rien à faire, plus rien à foutre, La vraie crise de la démocratie, est publié chez Robert Laffont. Eric Fautorino, vous êtes journaliste et écrivain, directeur de l'hebdomadaire Le 1. Vous avez dirigé l'ouvrage Macron par Macron, publié par Le 1 et les éditions de l'Aube. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique au journal Les Echos. Charlotte Chaffanjon, vous êtes journaliste politique au magazine Le Point. Vous suivez la campagne d'Emmanuel Macron. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission.
Nous attendons vos questions, vos messages par SMS et Internet. 14 jours de campagne, c'est ce qu'il reste.
C
'est bientôt le dénouement.
On
voit que les écarts entre les quatre favoris se resserrent. Tout est possible
?
En tous les cas, on est passé d'une situation clairement où il y avait deux qualifiés avec un écart très important par rapport au troisième et au quatrième à quelque chose qui commence à montrer que ça bouge, que les deux principaux se tassent, que les écarts se resserrent. Et que oui, on peut très bien aboutir dans quelques jours à un scénario où finalement il y aurait un match à trois et pas un match à deux. Et peut-être même un match à quatre. En tous les cas, l'hypothèse peut être posée. J'ai envie de dire, tant mieux que ça bouge maintenant et pas juste deux jours avant ou le jour du vote.
Ça montre bien que cette opinion dont nous ne cessons de dire qu'elle est extrêmement fluide, indécise, et bien elle commence effectivement, non pas à se cristalliser, mais qu'elle continue à évoluer. C
'est l'effet du débat
qui
a eu lieu cette semaine sur les chaînes d'info, qui a été très suivi ?
C'est l'effet de plusieurs choses. Je pense qu'il y a les débats qui jouent. Il y a également, au-delà des débats eux-mêmes, le fait qu'on voit tout à coup d'autres candidats et des candidats qui émergent et qui prennent des points ou deux principaux. Donc on a potentiellement un seuil d'abaissement, un abaissement pardon, du seuil de qualification pour le second tour. C'est aussi ça qu'il faut avoir en tête. C'est que si on est non plus à 23 ou 24% pour les deux principaux, mais si ces deux principaux se tassent et si les autres montent un peu, le seuil de qualification peut être, par exemple, à 21%. C'est ce qu'on avait eu le 21 avril, souvenez-vous.
Et à 21%, vous en avez non seulement trois, mais peut-être quatre qui peuvent être éligibles. Donc il y a les candidats qui grignotent les deux principaux, il y a les débats, il y a petit à petit une opinion qui se structure, et puis aussi le fait qu'on se pose une vraie question maintenant, c'est qui voulons-nous comme président de la République ? Et là, ça peut aussi expliquer en partie la petite baisse de Marine Le Pen, par
exemple. Pourquoi les deux favoris se tassent
?
En effet, on se pose la question. On a eu une série d'explications par Brice Tinturier. Vous en avez d'autres,
Eric Fautorino ? C'est effectivement assez compliqué. Alors il
y
a la question de la présidentialité. Est-ce qu'on estime maintenant qu'on s'approche de l'échéance du moment où on va mettre un bulletin dans l'urne qu'Emmanuel Macron ou que Marine Le Pen, vraiment, on les voit présidents ? Et je pense que cette dimension de présidentialité compte. Et puis il y a aussi, je pense que décidément, délibérément, ce scénario n'est pas écrit. C'est-à-dire que je pense que jusqu'au dernier moment, peut-être, les Français vont vouloir écrire eux-mêmes, les électeurs, cette histoire. Ils ne veulent pas qu'elle leur échappe. Et je pense que, comme l'avait dit Laurent Binet en 2012, pour autre chose, rien ne se passe comme prévu.
On
est dans un scénario où, depuis le début, rien ne se passe comme prévu. Un président sortant qui ne se présente pas. Un ancien président qui veut gagner la primaire de la droite et qui ne la gagne pas. Juppé, dont on croit qu'il va gagner, il ne la gagne pas. Et c'est Fillon. À gauche, Manuel Valls qui est sorti parce qu'il pourrait ressembler à Hollande. Bref, rien ne ressemble à ce qu'on a pu vivre jusque-là. Et je pense que
c
'est ça qui va être très intéressant. Et peut-être, quelquefois, un peu effrayant. C'est que, jusqu'au bout, peut-être qu'on va voir une histoire qui s'écrit et qui n'est pas écrite, justement.
Ça,
c
'est bien parce que vous rassurez quand même un tout petit peu, Brice Tinturier. Je ne sais pas si vous rassurez. Mais je voudrais quand même juste vous dire, si je peux me permettre, qu'en effet, on a cessé de dire que cette élection était improbable. Mais on dira quand même à la fin que c'est à cause des sondages. Vous le savez, vous avez l
'habitude. On dit
toujours que c'est à
cause des
sondages et tout. Mais ce qu'on est en train de mesurer là, quand même, juste, si on le mesure et si on est en capacité de dire que ça se resserre, c'est malgré tout grâce aux enquêtes d'opinion. Donc, à Montaigne,
Brice Tinturier,
je le prends comme ça. Juste un tout petit point très rapidement pour rajouter à ça. Si ça se resserre aussi, si c'est peu structuré, c'est parce que le clivage gauche-droite joue également moins, parce qu'il
y a
une personnalisation accrue de la campagne et des candidats. Donc, vous avez une série de facteurs qui font qu'effectivement, ça ne se passe pas comme les autres présidentielles se sont passées.
Cécile Cornudet, ce qui est intéressant, évidemment, dans cette fin de campagne, c'est au-delà des chiffres, des sondages, et de ce qu'on peut percevoir, chacun, autour des électeurs, c'est qu'en effet,
tout
est ouvert.
Alors,
diriez-vous même qu'on peut aller jusqu'à des surprises, d'énormes surprises à l'issue de cette campagne et au soir du premier
tour ? Il y en a eu
tellement que sans doute on peut dire ça. Une des surprises qui me paraît importante là et qui explique le fait que les choses bougent, c'est que finalement, François Fillon résiste. Il était le grand favori au départ. Après, il y
a
eu les affaires, on a dit, il est mort. Et bien non, il résiste. Et est-ce que finalement, ce besoin d'alternance, quelles sont les forces, en fait, qui vont l'emporter ? Est-ce que c'est le ras-le-bol du clivage gauche-droite ? Est-ce que c'est l'envie d'alternance ? C'est tout ça qui se joue en ce moment. Toutes ces forces sont dans une marmite et on ne sait pas ce qui va jouer. Donc oui, je pense qu'on peut avoir des surprises parce qu'Emmanuel Macron reste un candidat fragile. Quand on regarde de près, c'est celui qui a le plus de votes par défaut. Les gens qui, aujourd'hui, disent « je vais voter Emmanuel Macron », il y en a une majorité qui disent que
c
'est par défaut, pas par adhésion, contrairement aux autres candidats. On sent que c'est fragile et on sent que ce qui a fait sa force aujourd'hui, c'est-à-dire de
pouvoir
attirer un électorat centre-gauche et centre-droit ou droit-centre et gauche, d'être acceptable pour toute une série de candidats, aujourd'hui peut se retourner contre lui.
Est
-ce que finalement, ces gens-là qui se sont dit « tiens, c'est quelqu'un de nouveau » et puis qui peut aller avec nos idées, eh bien ils ne vont pas retourner à leurs amours d'origine ?
Jusqu'au bout, il y aura une énigme Macron. Chalot, Chaffanjon, cette émission hier soir sur France 2, donc carton d'audience, record d'audience pour les candidats. Ça confirme la curiosité au moins, mais est-ce que c'est un peu plus que ça ? Est-ce qu'il y a une envie de Macron ?
C'est toute la question et la curiosité est un très bon terme parce que même dans les meetings où on va d'Emmanuel Macron, les gens présents dans les meetings, et
c
'est quand même extrêmement rare d'habitude, les gens qui se déplacent pour aller dans un meeting sont des gens convaincus, des militants, des passionnés de politique. Là,
ils
sont beaucoup pour beaucoup des curieux justement. Ils viennent sans certitude, ils viennent sans avoir vraiment décidé pour qui ils voteront, ils veulent voir la bête, entre guillemets. Il y
a
un côté avec Emmanuel Macron très nouveau, très spectaculaire, dans cette ascension, dans son histoire. Il y a un an, jour pour jour, hier ou avant-hier, il a créé son mouvement. C'est quand même effectivement assez dingue, et du coup les gens viennent voir. Mais ils ont majoritairement, alors il faudrait... Il
y
en a beaucoup qui partent au
milieu du
politique, c'est frappant ça. Est-ce que, je crois que c
'est
50% de certitude de voter pour Macron dans les personnes qui disent qu'ils voteront Macron ?
C
'est quand même très... Un
peu
plus. C'est un peu plus même. 60,
c'est vraiment faible. C'est vraiment faible.
D'accord.
Enfin, même ceux qui partent, il y a beaucoup de hommes politiques et de candidats qui aimeraient bien en avoir, qui partent un peu aussi.
Vous
savez, il y
a
du monde partout.
Il y
a
quand
même
beaucoup de
monde. C
'est vrai qu'on a vu pour François Fillon,
il y avait beaucoup de monde dans ces derniers meetings. Il y en a énormément pour Jean-Luc Mélenchon, et même
il y en a pour Benoît Hamon.
Et pour Benoît Hamon. Alors, c'est intéressant ce que disait à l'instant Chaotcha-Franjon sur cette curiosité. On a envie de voir la bête, disait-elle à l'instant. Est-ce que ça devient ensuite un bulletin dans l'urne ?
Non, pas nécessairement. C'est vrai qu'il y a une surprise parce que c'est un parcours. Il est jeune, il est séduisant, il est intelligent, il a beaucoup de qualités. Et on voit bien qu'en plus, son parcours montre qu'il agrège des choses qui jusque-là étaient plutôt segmentées dans le parcours des politiques. C'est-à
-dire,
à la fois, c'est un intellectuel, il connaît l'économie, c'est un énarque, donc il a normalement le sens de l'État, etc. Donc, il agrège toutes ces choses-là. Et en même temps, il le dit souvent dans ses discours, moi je suis libre. Et il montre bien qu'il veut s'affranchir de tout un tas de choses qui, jusque-là, étaient la règle. Et comme vous l'avez dit, Charlotte, le fait qu'il ait créé un mouvement il y
a
seulement un an, avant on disait, mais jamais quelqu'un peut être. Vraiment, candidat à la présidence, c'est pouvoir gagner, sans parti politique ou sans comité de soutien, vraiment très important. Là, ce n
'est
pas le cas. Donc, il transgresse tout. Mais la transgression, ça ne veut pas dire qu'à un moment donné, vous gagnez.
Est-ce qu'il convainc ou séduit, en tout cas, des électorats nouveaux ? Est-ce que, ça, vous arrivez à le... Oui,
l'électorat nouveau, c'est tout simplement l'électorat qui n'était absolument pas politisé, qui ne s'était jamais intéressé à la chose politique. On va dire, pour beaucoup, moi, de ce que je peux observer, entre 20 et 30 ans, enfin, voilà, cette génération
-là, qui
peut-être n'a même jamais voté avant. Et Emmanuel Macron, alors très urbain, évidemment, Emmanuel Macron, quand il parle des start-up, de l'envie de devenir... Tout le monde avait hurlé à gauche, mais de
l
'envie de gagner de l'argent, voire de devenir milliardaire, etc. C'est des gens qui sont, pour beaucoup, dans l'envie d'entreprendre, auto-entrepreneurs ou en devenir, et qui ne se sont jamais intéressés à la politique. Et Macron les amène à la politique. Et il a une phrase un petit peu prétentieuse, mais il n'a pas complètement tort. Une fois, il m'avait dit, mais Ségolène Royal a amené des gens à la gauche, moi, j'ai amené des gens à la politique. Et c'est un petit peu vrai, finalement. Je pense que c'est un petit peu vrai. Brice Tinturier, vous le mesurez, ça ? Relativement peu, un petit peu, mais quand même peu.
Je me base
vraiment sur les
gens
qu'on rencontre, ce n
'est
pas une étude scientifique. Mais avec le Cevipof, on a un échantillon de primo-votants.
C
'est-à
-dire
qu'on a aussi, on suit depuis maintenant plusieurs mois, des gens qui vont voter pour la première fois à l'élection présidentielle. Et pour le coup, ils votent quand même davantage pour Marine Le Pen que la moyenne des Français, ou maintenant davantage pour Jean-Luc Mélenchon que la moyenne des Français. Ça ne
veut
pas dire que le score d'Emmanuel Macron est nul chez eux. Donc il y a bien un petit peu le phénomène que vous décrivez. Mais Emmanuel Macron, il séduit des gens qui, malgré tout, sont déjà très insérés dans le système, qui ont confiance dans la politique, qui croient en la politique, qui sont plus confiants sur l'avenir du pays. D'ailleurs, vous parliez de jeunes entrepreneurs ou qui sont attirés par l'entreprise. Ceux qui sont en distance,
soit ils restent en distance,
ils vont... Il y a des gens... Relativement peu, en réalité. Ceux qui sont en
distance, ils vont davantage, soit sur
l'abstention, soit sur Le Pen, soit un peu sur Mélenchon. Et l'âge, ça compte quand on est électeur de Macron ? Ce n
'est
pas l'âge qui est le plus structurant chez Macron. C'est vraiment la perception que vous avez de l'avenir. Et est-ce que vous vivez des situations de fin de mois difficiles ou pas difficiles ? Mais il y a un point qui me paraît relié, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, parce que ça, c'est quand même assez inattendu. Moi, que Jean-Luc Mélenchon prenne des voix à Benoît Hamon, ça me paraissait cohérent. Et c'est ce qu
'on
me dit depuis maintenant plusieurs semaines. Mais il en prend aussi un petit peu dans le tassement d'Emmanuel Macron. Ça, c'est plus inattendu quand vous prenez les positions de leur programme à l'un et à l'autre. Et ça nous montre bien qu'il y a des électeurs qui passent d'un individu à l'autre sur des logiques d'individus, justement. Et ce qui relie Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron indépendamment de leur divergence sur le fond, c'est que les deux incarnent une forme d'espérance un peu joyeuse. Et vous parliez de curiosité. Mais c'est assez rare qu'on ait dans une campagne, aujourd'hui, des candidats qui suscitent des sentiments positifs.
C'est le cas un peu chez Macron, mais ça se tasse. Et c'est le cas un peu chez Jean-Luc Mélenchon, et il en capte. Et ça, c'est un phénomène important. Et ça nous montre bien que cette mobilité électorale, elle est de plus en plus liée à des individus, et pas forcément à des contenus programmatiques. Et ça complique notre tâche. Pour prolonger ce que dit Brice, il y a quelque chose aujourd'hui qui peut se retourner contre Emmanuel Macron. C'est que, quand vous posez la question sur les pronostics de victoire, pas ce que vous souhaitez, mais qui va être président de la République, 50% des gens disent Emmanuel Macron.
C
'est énorme. François Hollande et Nicolas Sarkozy, les dernières fois, c'était autour de 35%. Et ça, ça veut dire qu
'il
y a beaucoup d'électeurs de gauche qui se disent finalement, le vote utile, c'est même pas la peine, parce qu'Emmanuel Macron
est là. Il va passer.
Donc il
y a le
vote plaisir pour Jean-Luc Mélenchon. Et s'il peut y avoir des mouvements dans les dernières semaines, à mon avis,
ce
sera entre les deux, entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
On va revenir tout de suite sur les grands moments de cette émission qui a été suivi par 3,5
millions
de téléspectateurs. Emmanuel Macron a taclé sévèrement François Hollande. Il s'est défendu d'être le favori de cette élection et a bien sûr évoqué la situation en Syrie. Julien Lodet.
Oui,
Bachar el-Assad est un criminel.
Oui,
il y a déjà eu en 2013 des crimes aux armes chimiques. Et il semble, je suis toujours prudent parce que les faits sont en train d'être vérifiés, et je pense qu'une enquête internationale est en train d'être dépêchée.
Mais
si c'était confirmé, c'est gravissime. Donc oui,
il
faut une intervention. Maintenant, ma préférence... Il faut une intervention ? Internationale. Et ma préférence, c'est
bien
qu'il y ait une intervention sous l'égide des Nations Unies.
Une intervention militaire ?
Une intervention, je vais y venir, une intervention militaire. Ça veut dire, si besoin était, que nous avons besoin,
aujourd
'hui,
d
'avoir un dialogue extrêmement exigeant avec la Russie.
Je
n'ai, contrairement à beaucoup, jamais manqué de respect à François Hollande. Ni à l'homme, ni à la fonction.
Je
considère qu'une campagne présidentielle,
c
'est pas pour faire des propos d'estrade avec des promesses qu
'on
sait pas tenir. Donc je ne le fais pas pour Will Paul. Parce que je vais faire quoi ? Je vais aller sur un camion, et je vais aller dire, avec moi, ça ne fermera pas. Et on sait que ce n
'est
pas vrai. Un président de la République,
ça
n'est pas quelqu'un
qui
est normal dans ses fonctions, qu'on le veuille ou non. Et je crois d'ailleurs que nos concitoyens, et ce n
'est
pas ce qu
'ils
lui demandent, je considère que le problème des derniers quinquennats
a
été une trop grande proximité avec les journalistes.
Et
je pense que, en particulier quand on préside, on n'est pas le copain des journalistes.
J
'ai bien gagné ma vie quand j'ai travaillé dans le secteur privé.
Très
bien gagné ma vie.
Et
d'ailleurs, c'est très bien d'avoir un métier dans le secteur privé. J'ai payé beaucoup d'impôts. Et c'est très bien ainsi.
Je
les ai inclus dans le calcul. Et je ne suis pas quelqu'un qui aime l'argent, sinon d'ailleurs je n'aurais pas quitté le secteur privé. Et j'ai utilisé l'argent que j'ai gagné à rembourser une partie de mes emprunts, d'une part, et à faire des travaux d'autre part. Vous
n
'avez pas envie
de
rendre public ses comptes pour éteindre les doutes ? Mais vous rigolez ou quoi ? Ça
fait partie
des demandes de transparence.
Non,
la transparence, ça n'est pas le voyeurisme.
Est
-ce que vous ne pensez pas être devenu clairement le favori de cette élection
?
Vous savez, moi je ne
viens
pas de la noblesse d'État justement.
Je
sais d'où je viens.
Je
suis imprudent.
Moi, ma
grand-mère qui comptait beaucoup pour moi, elle venait des Hauts-de-Pyrénées.
Elle
m'a appris comme ça.
Il
faut donner toute son énergie pour faire.
Mais
on se réjouit une fois que c'est fait. Mais vous êtes le favori, ce soir.
Donc,
note
! Non,
non, non, vous ne me piégerez pas à ce jeu-là.
Alors cette émission, très suivie encore une fois, c'était une fois de plus un numéro d'équilibriste pour Emmanuel Macron. Il fallait rassurer les indécis, ceux qui hésitent en tout cas, conforter la gauche, ménager la droite. On a eu du pur Macron, Éric Fautorino.
Oui, alors vous l'avez souligné tout à l'heure, l'audience a été très forte. Ça veut bien dire cette curiosité quand même. Qu'est-ce qu'il a dans le ventre ? Et puis, pour la première fois, je trouve, il a vraiment un peu montré les dents quand même.
C
'est-à-dire qu'il s'est distingué vraiment nettement de François Hollande. La petite pique sur les journalistes, la petite pique sur les camions. Le voyeurisme, je trouve que c'est assez fort parce qu'effectivement, cette espèce d'exigence de transparence est terrible. Et où est-ce que ça s'arrête ? Ou alors on considère que tout le monde est malhonnête et qu'il faut faire une preuve d'honnêteté. Donc je pense qu'ils disent, arrêtez-là, voilà, j'ai déclaré mes impôts, j'ai fait ça, maintenant il faut arrêter. Je pense que c'est quand même assez important qu'il dise ça. Il montre qu'il a du tempérament et du caractère. Après, il
y
a un petit côté, ma grand-mère, les Pyrénées, etc. Il y
a
toujours des petits appels à la France, la France et ses territoires chez Macron. Donc voilà, il y
a
de la fermeté. Maintenant, est-ce que ça fait un président ? Tout ça, c'est quand même toujours ça. Vous savez, il faut relire notre Machiavel. Machiavel, il disait, la politique, c'est pas entre le bien et le mal, c'est entre le pire et le moindre mal. La question, c'est, est-ce que Macron, c'est le moindre mal, y compris pour des gens de gauche, si jamais en face, il y a ce qu'ils estiment le pire, c'est-à-dire Marine Le Pen, ou est-ce que c'est plus compliqué que ça
?
La question, c'est, est-ce qu'il a marqué des points hier soir ? C'était un rendez-vous important. On a vu, on le disait, il avait quand même subi une baisse assez importante, 2 points, 2,5 points selon certains instituts. Il a stoppé l'hémorragie ? Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ? Est-ce que ça a
compté, cette émission
?
Ça, on ne le saura, pardon, mais que dans quelques jours, quand on mesurera les effets éventuels de cette émission. En revanche, je crois qu'on peut dire que pour lui,
ça
a été une émission effectivement réussie. Et en tous les cas, il a continué à affirmer ce qui est son positionnement. Parce qu'il est vrai qu'il a été plus critique encore que dans le passé à l'égard de François Hollande, de manière, en tous les cas, plus nette. Mais il y avait aussi des pics à l'égard de François Fillon. Quand il a évoqué ce qui avait été fait sur les retraites, quand il a évoqué les costumes, etc. Et donc, il essaye de maintenir avec plus de force que précédemment, moi j'ai trouvé, ce qui est son positionnement.
Et également, ce qui m'a le plus frappé, c'est peut-être pas Emmanuel Macron, c'est quand on a vu qui étaient ses candidats, ses premiers candidats aux élections législatives. C'est-à
-dire
que des visages nouveaux et quel contraste par rapport au public qu'on a systématiquement pour les autres candidats. Donc, il a fait du Macron. Il a tout simplement fait du Macron dans le positionnement, dans la posture, dans l'idée de renouvellement. Simplement, il était plus assertif, plus autoritaire, effectivement. Je ne sais pas si ça marchera. On peut aussi se dire qu'à force de critiquer de la gauche et de la droite, il peut un peu perdre sur les
deux
bords. Il reste une inconnue quand même. Enfin, on va dire,
un
problème, c'est le programme. Regardez cette question SMS. Pourquoi qualifier le programme de Macron de flou ? Est-ce que c'est justifié, encore, selon vous, Cécile Cornudet ?
Parce qu'on ne lui trouve pas d'autres noms. Qu'est-ce que c'est, le programme d'Emmanuel Macron ? Sincèrement, c'est un petit peu difficile, je pense, encore aujourd'hui, de le qualifier. C'est, à mon avis, un de ses principaux handicaps. Est-ce que c'est social-démocrate ? Pas vraiment. Est-ce que c'est libéral ? Pas vraiment. Ça dépend des moments. Donc, jusqu'à présent, il a voulu entretenir le flou parce que son intuition, c'était que la gauche et la droite étaient en délication.
C
'est qu'il fallait être une maison d'accueil, pas une maison d'hôte, mais une maison d'accueil pour tous ces gens-là. Et du coup, il n'a pas pris de risque. Il a atténué, quand même, par rapport au discours très transgressif qu'il avait il y a encore six mois, il a beaucoup édulcoré sur l'ISF, sur la retraite, sur le temps de travail. C'est, voilà, c'est « je réforme, mais en même temps, je ne
vais
pas jusqu'au bout ». Il a joué aussi de l'équilibre sur le programme et c'est difficile, c'est vrai, de le qualifier. Alors moi, je pense que l'émission d'hier, c'était le Macron de droite. Son objectif, c'était de casser l'attaque Emmanuel Hollande. Le réveil un petit peu de François Fillon, ces temps-ci, aujourd'hui, le match, il est entre Emmanuel Macron et François Fillon pour la qualification au second tour. Et c'est ça qu'il a voulu décoller hier. Les personnes investies qu'il nous a montré, c'est des gens de droite compatibles. Il y a l'ancien patron du RAID, ça,
c
'est très important. Il y a eu Granson, qui est un ancien chiracien. Bon, cette image-là. Et puis sinon, sur les dépenses publiques, sur le ton, c'était « je suis clair »,
«
je ferai ». Il voulait sortir de l'ambiguïté hollandaise. Il était le réformateur. Il disait sur les dépenses publiques, «
je
ne ferai pas n'importe quoi ». Donc à mon avis, c'était ça son objectif. Et de ce point de vue-là, c'était assez réussi.
Charlotte Chaffongeon, vous l'avez trouvé offensif, vous aussi ?
Non,
mais sortir de l'affiliation avec François Hollande, c'est sûr et certain. Et c'est même pas uniquement dirigé envers la droite. Le message, il est aussi dirigé envers la gauche, qui ne veut plus jamais entendre parler de François Hollande globalement. Et comme, effectivement, il pense que l'attaque Emmanuel Hollande peut infuser, parce qu'elle est très parlante, très simple à comprendre, et bien, effectivement, il est dans cette démarcation-là. Et d'ailleurs, depuis quelques semaines, il ne parle plus que d'alternance. Et lui,
il
dit « moi, je suis l'alternance au
fond des
lièges ». Et ce terme-là est apparu à peu près après le soutien de François Bayrou, parce que François Bayrou lui avait demandé de parler d'alternance. Mais il est surtout apparu quand il a compris que dans la tête des gens, il était quand même encore le ministre de François Hollande. Donc lui promet l'alternance.
Et
effectivement, à partir de là, il est un peu obligé de sortir de l'affiliation.
Mais il séduit quand même plus à gauche qu'à droite, non ?
60
%
à gauche.
C'est
ça ?
C
'est quoi l'écart ? Oui, parce que son apport, il a d'abord été un apport dans ses électeurs de François Hollande. C'est
la moitié
des électeurs de François Hollande de 2012 qui ont l'intention de voter pour lui. Donc c'est ça son pilier numéro un. Après, il a eu un afflux qui venait de la baisse de François Fillon, qui a rééquilibré les choses. Et là, il est encore un peu plus sur le flanc gauche.
Et
18% des électeurs de premier tour de Nicolas Sarkozy. Il
y
a un moment où Emmanuel Macron, je pense, a capté une partie de la gauche. Ça a été un des moments les plus traumatisants pour la gauche du quinquennat. Ça a été la déchéance de nationalité. Quand François Hollande a promis la déchéance de nationalité, évidemment soutenue par Manuel Valls. Donc là, l'électorat de François Hollande est quand même tombé de sa chaise. Et Emmanuel Macron a été un des seuls à dire fortement et clairement qu'il était complètement opposé à la déchéance de nationalité le soir même du vote à l'Assemblée nationale.
Et c'est vrai qu'à ce moment-là, les gens se sont dit, OK, il est peut-être très libéral à droite, mais il est peut-être finalement de gauche sur des questions très importantes sociétales.
Un dernier mot sur le programme. Est-ce qu'on peut dire, pour faire une formule, qu'on a finalement un personnage clair, maintenant on l'a bien identifié, et un programme à géométrie variable, un programme flou ? Est-ce qu'il y a
une
différence entre... C'est-à-dire que je crois que Macron, peut-être à la différence de pas mal d'autres candidats, a vraiment réfléchi à ce que c'était que le pouvoir. Et je pense qu'il est pris dans une sorte de contradiction entre l'horizontal et le vertical. C'est
-à
-dire qu'il a compris que la verticalité pure et dure, ça ne marchait pas, et qu'il fallait faire du délibératif. Ça, c'est toute l'école Ricœur. Ça,
c
'est vraiment... Il a lu, il a réfléchi à ça. Et donc, il dit, pour prendre une décision, il faut être collaboratif. Et il dit, il faut être de plus en plus nombreux pour décider, pour la loi. Et en même temps, l'action politique mérite une décision verticale. Donc, il faut décider. Et donc, je pense que le flou, il est dans ces deux schémas de prise de décision du politique, l'horizontal avec le collaboratif et le vertical avec la prise de décision d'autorité. C'est le fameux « et en même temps » qu'on lui reprochait.
Voilà, c'est exactement. Le tic de langage. Mais
le « et en même temps », ce n'est pas du flou, c'est de la complexité. Moi, je suis très sensible à
ce
que Cécile Cornidé a dit qui est qu'on le considère comme flou, ce programme, parce qu'on n'arrive pas à lui donner un nom. Et on n'arrive pas à lui donner un nom parce qu'il n'est ni totalement de gauche, ni totalement de droite. Il agrège différentes propositions. Mais ça, c'est le problème du côté du sujet, pas de l'objet. C'est parce que nous regardons les offres politiques à travers les lunettes classiques de la gauche et de la droite que quand il y en a une, quelle qu'elle soit, qui ne rentre pas là-dedans, ça vaut aussi pour le Front National, d'une certaine façon. Eh bien, on a du mal à la qualifier. Mais on pourrait dire que c
'est
la troisième voie. Après tout, Tony Blair
en
Angleterre, c'était du blairisme et ça se rapproche assez. Moi, je le trouve d'Emmanuel Macron et on disait la troisième voie. Mais on dit que c'est flou parce qu'on a du mal à la qualifier.
Et
parce qu'on n'a pas de mesures précises.
Ce
qui avait fait le succès d'Emmanuel Macron, c'était les bus Macron, c'était le travail du dimanche. Et il faudrait qu'il donne du contenu à son alternance véritable. On n'a pas encore de
vraies mesures concrètes. Il y a quand même des
mesures concrètes où on dit qu'il a reculé. Mais il y a aussi pas mal de pragmatisme.
Je
veux dire, sur les 35 heures, il dit qu
'on
ne
va
pas changer la loi. On va faire des accords d'entreprise. Et ça suffira. Ce sera plus simple. Plutôt que d'avoir des choses en haut. Sur l'assurance chômage, il dit qu'avant, c'était que les salariés. Maintenant, ce sera les indépendants. Et ils pourront une fois, tous les cinq ans, démissionner, avoir des formations. Bon, je pense que c
'est
quand même assez concret, toutes ces choses-là.
Pour
finir sur le programme, Emmanuel Macron pense que c'est un sujet qui n'intéresse que nous. Il pense profondément que les Français n'éliront pas le président de la République sur un catalogue de mesures.
Il
le dit, il le répète.
Mais il a raison
ou pas ?
En tout
cas, lui, il dit que ça fait 30 ans qu'on élit des présidents qui ont proposé des catalogues de mesures et qui ne les ont jamais tenus. Il prend l'exemple du droit de vote des étrangers pour la gauche, qui est proposé systématiquement par chaque président.
Pour
lui, les autres, on peut les situer.
Il
y
a
une histoire politique de leur parti. Lui, non. Il vient de nulle part. Donc, on a besoin d'éléments pour le qualifier. Mais il a en partie raison. Donc, en partie, parce qu'effectivement, les Français considèrent que de toute façon, les responsables politiques ensuite n'appliquent pas ce sur quoi ils ont été élus. Qu'également, ils considèrent que quelles que soient les mesures ou les alternances qui ont été mises en place, ça n'a pas produit de résultats. Ce qui relativise quand même beaucoup la force ou la puissance de ces orientations. Et puis, parce qu'ils ont une faible mémorisation aussi de ces propositions. On l'oublie. Vous avez tout à fait raison quand vous dites que
ça
n'intéresse que nous. C'est vrai que quand il
y
a mille pages de
programmes ou... C'est
très
difficile aujourd'hui d'arriver à imprimer des mesures précises chez les Français parce qu'il y a beaucoup de choses, une profusion, une attitude plus
distanciée. Et
quand c'est le cas, comme le revenu universel de Benoît Hamon, ça se retourne très vite contre le candidat parce que rentrer vraiment dans le détail d'une application de choses aussi complexes, ça finit toujours par se retourner contre eux.
Justement, Benoît Hamon, est-ce qu'on peut dire qu'Emmanuel Macron a pris des voix à Benoît Hamon dans cette chute vertigineuse du candidat socialiste ? Il en a récupéré un peu ? Il y
a
des gens qui s'apprêtaient à voter Hamon et qui se disent non,
je
vais voter Macron.
Il a pris très vite des voix au candidat socialiste et il l'a empêché d'énerver. Mais ensuite,
c
'est véritablement Mélenchon qui a pris les voix. Et finalement, on retrouve cette idée de la tenaille, souvenez-vous, du casse-noi qu'avait théorisé Jean-Luc Mélenchon qui est très juste. C'est exactement ce qui arrive à Benoît Hamon. Une énorme partie d'électorat PS est partie rapidement vers Emmanuel Macron et on a eu un deuxième effet, une deuxième lame du rasoir qui est arrivée avec la dynamique Mélenchon.
Alors, est-ce qu'il peut sauver sa campagne, Benoît Hamon ? Il lui reste deux semaines. Qu'est-ce qu'il peut faire ? C'est très difficile.
Qu
'est
-ce
qu'il lui reste comme carte, Éric Cotorino
? La carte, alors, il la joue depuis quand même assez longtemps.
C
'est une carte de sincérité. On voit bien qu'Hamon, c'est un candidat qui défend des valeurs très humaines, très humanistes. Il parle de la vie des gens. Mais ce qui est terrible,
c
'est qu'on a l'impression que
c
'est les chiffres qui vont avoir le dernier mot. Et comme les chiffres sont tellement mauvais, une partie de son électorat pourrait même avoir envie qu'avec Mélenchon, il se rapproche. Pour que, justement, ça ait un sens que la gauche ait vraiment une voie pour avoir une chance au deuxième tour, surtout si en haut ça se tasse un petit peu. Mais pour lui, aujourd'hui, c'est mission impossible. Je veux dire pourquoi. C'est qu'en fait, personne ne porte le bilan du hollandisme.
Et
lui, paradoxalement, il est dans un rôle complètement à contre-courant. C'est que c'est lui qui, d'une certaine manière, on lui impute la tâche
qu
'il a lui-même complètement combattue pendant les quelques années à part qu'il ait quitté le gouvernement. Donc le paradoxe pour lui, c'est de devoir finalement d'être marqué, ou faire rouge, par un bilan des socialistes parce que c'est Hollande à l'Elysée, alors que lui était celui parmi les frondeurs qui, justement, n'en voulait pas et s'est présenté contre ça.
Ce qui est intéressant, quand même, c'est qu'au débat, le débat de mardi soir, qui était compliqué pour tous, d'ailleurs, sauf peut-être pour les petits candidats, on a le sentiment qu'il a tenté des choses. Il y a eu une violente charge contre François Fillon à un moment donné sur le thème des fonctionnaires. Il a parlé de travail, de pénibilité. Il parle, lui, des choses concrètes. Mais pourquoi cet électorat-là ne se tourne pas vers lui
? Parce
qu'il préfère l'original à la copie, sans doute, qu'il a eu un positionnement.
C'est quoi l'original ?
C'est Mélenchon. C'est lui qui s'est positionné sur la gauche du PS. Il pouvait, après la primaire, essayer un rassemblement, donner des gestes, prendre une partie du bilan, même s'il ne voulait pas le prendre entièrement. Il s'est mis vraiment à la gauche du PS. Et du coup, dans la comparaison, après,
il
y a peut-être eu un match d'image entre les deux. C'est vrai qu'il était assez à la mode au moment de la primaire, Benoît Hamon, il y avait un mouvement de jeunes autour de lui. Et finalement, c'est le vieux Briscard qui pouvait apparaître comme un homme du système un peu vieux qui a réussi à faire des coups dans la campagne. Alors, manifestement, ça joue quand même à faire son hologramme, ses grands meetings, à rénover un peu le rapport qu'on a avec un public dans un meeting. Et voilà, c'est Mélenchon qui est devenu à la mode. Mais au fond, ils ne sont pas si différents sur le fond. Moi, je crois que Benoît Hamon s'est trompé de positionnement,
s
'est trompé de concurrent, s'est trompé d'adversaire et s'est trompé de posture. Le positionnement, il était extrêmement à gauche, mais il n'était pas représentatif du PS. Son véritable concurrent n'était pas Emmanuel Macron, c'était Jean-Luc Mélenchon. Et c'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon est en train de le croquer, parce qu'effectivement, il s'est rapproché d'un certain nombre de positions. Donc, il y avait de la fluidité. Donc, plutôt que d'essayer d'amadouer Jean-Luc Mélenchon, il fallait qu'il souligne, au contraire, ce qui pouvait donner de l'utilité à un vote Hamon. Et c'est cette utilité qu'il a perdue. Sur son adversaire, il était discontinu.
Tantôt, c'est le Front National, tantôt, c'est François Fillon. Donc, il n
'y
a pas un adversaire unique. Et sur la posture, il a aussi beaucoup joué celui à qui on donne des couteaux dans le dos. Mais les électeurs, ils attendent malgré tout de la force. Benoît Hamon est perçu comme sympathique et honnête. Il veut refaire palpiter le cœur de la France, mais les électeurs veulent aussi un peu de force. Et donc, la question, c'est quel était l'espace, à mon avis, de Benoît Hamon ? C'était d'incarner un socialisme de gouvernement. C'est ça qui pouvait le différencier et de Macron et de Mélenchon.
Et il n'a pas joué cette carte pour la raison que vous avez indiquée, qui est qu'il ne voulait pas porter l'idée d'un socialisme de gouvernement parce que ça l'aurait ramené au cœur
de l'ordre. C'est vrai que c'est injuste que lui a apporté
des idées neuves dans la campagne. Il est très diminué.
C
'est très difficile sa position, son positionnement, parce qu'il prend les coups qu'il est au milieu du
casse-nois et que là, il
n'arrive plus à desserrer les charlots de
Chafranjons. Pour
le défendre, Benoît Hamon, il y a deux choses. La première,
c
'est vrai que malgré lui, il apparaît comme le candidat du PS, donc le successeur de François Hollande. Et c'est un député proche de Manuel Valls qui me disait qu
'il
faut que quelqu'un assume le bilan du hollandisme et paye pour lui. François Hollande a laissé la place du mort à Valls qui a laissé la place du mort à Hamon.
Et
c'est exactement ce qui est en train de se passer. Donc dès le départ, c'était difficile. Et ensuite, c'est vrai qu'il a peut-être un peu trop joué sur la position victimaire parce que du coup, des gens se sont rendus compte
qu
'effectivement, il n'était pas soutenu par son propre parti alors que tout le monde ne faisait peut
-être
pas attention à ça. Mais factuellement, il n'est quand même pas aidé. Le PS a parié sur sa défaite à la seconde où il a été désigné par les
partisans.
Il n
'est
pas soutenu
par
le PS. Le PS ne lève pas le petit doigt pour aider Benoît Hamon. Si, non ? Si, vous n'êtes pas
d'accord ? Non, non, non.
Le soutien, on
a
l'impression qu'il est d'accord
beaucoup.
Comme
d'accord de le vendu. Voilà.
C'est absolument terrible. Manuel Valls,
c
'est clairement dit qu'il voterait Emmanuel Macron s'asseyant sur une charte sur l'honneur. François Hollande, quand on travaille sur le sujet, on sait
qu
'a priori, il n
'est
pas enthousiaste de la campagne
de Benoît Hamon. Et
même ses soutiens, Najat Velo-Belkacem, Arnaud Montebourg,
on ne les entend pas
tellement.
Arnaud Montebourg était présent
au Creusot avec Benoît Hamon. Il est resté 15 minutes. Il a parlé 15 minutes avec les journalistes pour critiquer la campagne d'Amon en disant qu'il aurait fait mieux. Et il est parti. C'est mille
fois
vrai. Intéressant. C'est mille fois vrai, mais je pense que c'est confondre la cause et la conséquence. C'est un peu quand Ségolène Royal avait dit aussi en 2007 « Si j'ai perdu, c'est parce que le Parti Socialiste ne m'a pas soutenu ». Mais la question, c'était pourquoi le Parti Socialiste ne l'avait-elle pas soutenu ? Et là, c'est un peu la même chose. Si les hiérarques du PS ne soutiennent pas Benoît Hamon, c'est à cause de son positionnement. C'est parce qu'il n'a pas voulu réunifier les battus de la primaire et qu'il a parlé davantage avec Jean-Luc Mélenchon. Donc je pense que c
'est beaucoup plus... Il a fait plein débat,
mais je pense qu'il avait quand
même
parié dès le départ.
Son principal ennemi, en effet, vous l'avez dit à l'instant, c'est Jean-Luc Mélenchon. Les deux candidats de gauche étaient encore à égalité il y a quoi ? Il y
a
trois semaines à peu près. Quatre semaines peut-être. Aujourd'hui, Benoît Hamon est largement distancé. Le candidat de la France insoumise est en train de réussir une OPA sur la gauche. Reportage Myriam Zéard et Mathieu Vibault.
Dimanche dernier, 3000 personnes viennent assister au show Mélenchon. Acclamées comme une vedette, seules en scène,
comme
à la tête du parti des Insoumis.
Pour
ces détracteurs, la solitude,
c
'est d'ailleurs l'une des grandes faiblesses du candidat. Alors
ce soir-là, il envoie un message et fait
venir dans la lumière l'un de ceux qu'on ne voit jamais. Celui-ci qui est au premier rang,
viens
là.
Viens
là que je te vois.
Viens
là. Voilà.
Je
vous le montre
parce
qu'on m'a dit 50 fois que j'étais un homme seul parce que je n'étais pas entouré des belles personnes qu'on a l'habitude de voir. Eh bien, figurez-vous que je préfère être seul avec lui et quelques autres que mal accompagné.
ne
doutez pas une seconde de ça. S'il faut gouverner, nous saurons le faire et le jour numéro 1 sera le jour numéro 1, pas le jour numéro 2. Dès le premier jour, il y aura l'équipe qu'il faut. Ah, bien sûr, ce ne sont pas les visages que vous avez l'habitude de voir. C'est vrai que beaucoup d'entre eux sont très jeunes.
C
'est vrai que la plupart d'entre eux ont encore une activité professionnelle.
L
'autre visage connu des Insoumis, on le trouve ici au QG du candidat. Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Tu vas faire une intervention à France Inter ? Exactement. Sur quel sujet ? Sur la jeunesse. Ah, super ! C'est quand l'émission ? À 19h. Ce soir ? Super. Bravo.
Assurer le marathon médiatique de cette campagne,
c
'est surtout son rôle à lui.
quand
le patron n'est pas disponible.
Fidèle depuis 20 ans à Jean-Luc Mélenchon, ce professeur d'histoire s'est mis en congé pour la campagne. Entre les deux hommes, existe une complicité politique, un lien presque filial. Pas question donc de voler la vedette. Moi, j'ai une affection particulière pour Jean-Luc. Je le considère à la fois comme un ami et même comme un maître quelque part en politique. Le mot ne me dérange pas.
Vous
savez, il faut savoir être humble. Jean-Luc m'a appris beaucoup de choses, m'a fait lire des ouvrages, on a partagé des choses, m'a ouvert les yeux sur beaucoup d'aspects, sur des engagements politiques que j'avais avant de le rejoindre. Et on a eu beaucoup de discussions. Donc, indiscutablement, comme lui-même d'ailleurs, quand on discute avec lui, il avait été marqué par d'autres personnes. Comme lui, ils sont plusieurs à graviter dans la galaxie Mélenchon.
Des
visages quasiment inconnus du grand public. Autour du leader des Insoumis, Manuel Bompard, son directeur de campagne. Raquel Garrido, l'une de ses porte-parole, Charlotte Girard, coordinatrice du programme, ou encore Jacques Généreux, conseiller économique. Tout
comme Lim Hoang N'Gok, économiste de formation, se déçue du
parti socialiste a rejoint Jean-Luc Mélenchon, en 2015.
Pour
cet ancien député européen, l'important, c'est le programme et pas l'homme. Les adversaires l
'ont
critiqué sur son prétendu égo. Mais en réalité, depuis qu'il est parti du parti socialiste à la fin des années 2000, il a mis en place un projet collectif et engagé toute une série de personnes dans chaque domaine. Et aujourd'hui, s'il s'en allait, la France Insoumise collectivement est prête à fonctionner avec des gens extrêmement compétents, notamment sur le terrain économique où nous sommes prêts à appliquer un autre programme de politique économique.
Toute
l'équipe du parti des Insoumis est attendue à Marseille ce dimanche pour assister à la nouvelle démonstration de force de celui qui reste l'unique tête d'affiche du mouvement.
Alors,
jusqu'où ira Jean-Luc Mélenchon ? Question SMS, regardez, la dynamique Jean-Luc Mélenchon peut-elle encore gonfler ? N'est-ce pas un peu tard
? Est
-ce qu'il est à son max ? Est-ce
qu'il est à son maximum ? 17, 18 ? Non, il n'est pas forcément à son maximum. Ce qu'on voit bien, c'est qu'on est dans une élection où, au lieu de se cristalliser, les choix, plus on se rapproche du premier tour, ont tendance à évoluer de manière divergente par rapport à ce qu'on avait auparavant. Et les courbes, finalement, étaient orientées vers Macron et Le Pen et aujourd'hui, ça part, je ne
vais
pas dire dans tous les sens, mais c'est quand même un petit peu ça. Donc, on ne peut pas dire aujourd'hui qu'il y aurait un plafond de verre de Jean-Luc Mélenchon à 17 ou à 18 s'il continue à prendre et sur Hamon et sur Macron sur Marine Le Pen, ce qu'on a déjà vu dans notre panel. Bon, ça peut être 18,
ça
peut être 19, ça peut être 20. Et à ce moment-là, c'est vraiment en fonction du seuil de qualification que les choses peuvent se jouer.
Il peut rattraper François Fillon. Donc, ça, c'est aussi une possibilité. On voit que c'est quand même...
Moi,
j'ai démarré en vous disant qu'il peut y avoir un match à 3 et peut-être un match à 4. Donc, ce que je constate dans nos enquêtes, c'est qu
'il
y a une très grande fluidité et que les Français n'ont pas encore cristallisé leur choix. Il veut quoi, Jean-Luc Mélenchon, dans cette campagne ? Il veut être élu. Il veut gouverner. Au départ, on s'est dit qu'il veut être le premier à gauche. J'allais dire qu
'il
veut être le perdant magnifique.
C
'est-à-dire, Hamon serait le perdant humilié et Mélenchon le perdant magnifique. Maintenant, c'est un peu plus complexe que ça. Parce qu'on le voit même sur les images tout à l'heure par rapport à Hamon. C'est qu'il y a un imaginaire de gauche que Mélenchon manifestement a su réveiller, a su incarner. Et c'est incarné par le verbe parce qu'une élection présidentielle, mais on le voit, il se meut avec beaucoup d'aisance. Et il a tous les référents de la gauche alors qu'Hamon, au même temps, quand il parle de l'écologie, quand il parle du revenu universel qui sont intéressants, mais ce n
'est
pas le logiciel de gauche habituel. Donc, finalement, la valeur refuge de la gauche, d'une certaine manière, si on parle comme les financiers, ce serait Mélenchon. Et en plus, il a mis quand même un peu d'eau dans son égo. Parce que l'égo de 2012 était quand même un peu pénible pour beaucoup, y compris de militants de gauche. Là, effectivement, il a 65 ans, il a le côté un peu vieux-sage. Et je crois qu'il en joue beaucoup. Et puis, en effet, il y a des jeunes autour de lui.
C
'est quand même un vrai mouvement autour de Mélenchon.
Bon, on a vécu des choses insensées depuis le début de cette campagne. Donc, on ne peut plus être surpris de rien. Imaginez, Cécile Cornudet, dans quelques jours, ou juste avant le premier tour, Benoît Hamon dit
«
Votez Mélenchon.
C
'est pour lui. La gauche doit gagner cette élection et peut gagner.
» Il
a tellement dit dans l'autre sens. Au début, Mélenchon doit se mettre dernier à moi qu
'aujourd'hui, il
y aurait... C
'est impossible.
C'est
de la science-fiction. Je
pense que c'est
très difficile
parce qu'il y a quand même le combat du PS contre Mélenchon et qu'il est candidat,
il
a engagé des frais. Ça ne
se
fait pas comme ça du jour au lendemain, 15 jours avant le premier
tour. Même,
je ne
sais
pas, avec une alliance... Je pense
que la
question financière...
Matignon ? Même
si on veut faire de la fiction et aller jusqu'au bout, tout d'un coup, il en a la volonté.
Je
pense que...
On l'empêcherait de le faire ? Le
candidat du Parti Socialiste, je ne
sais
pas comment ça se passe s'il se retire, mais financièrement, s'il ne
fait
pas 5%, ils ne sont pas remboursés.
Ils
ont quand même engagé...
Maintenant, l'idée, c'est de limiter
la casse
pour
Benoît Hamon. D'autant que derrière, même si Mélenchon est devant lui au soir du premier tour, ce ne sera pas facile parce que Jean-Luc Mélenchon, il n
'a
pas d'implantation. Donc, il peut très bien faire 18% comme
François
Bérou en 2007 et avoir pas de groupe parlementaire derrière. Donc, c'est l'histoire de la bataille des deux gauches après l'élection. Elle n'est pas jouée même si Mélenchon...
Vous avez dit une chose importante tout à
l
'heure, c'est sur les jeunes qui soutenaient Mélenchon. C'est Hamon qui devrait avoir ce public-là par son âge. Il a 15 ans d'écart avec Mélenchon. Il a incarné une modernité à un moment donné avec son revenu universel ou en tout cas une
audace. Il les a un peu mais maintenant, c'est Mélenchon qui est en train d'attirer effectivement un public plus jeune. Et ça, c'est l'élément plus nouveau de ces derniers jours. Cela étant, pour revenir sur le scénario aussi, si Benoît Hamon se retirait, ce à quoi je ne crois pas non plus pour toutes les raisons qui ont été indiquées. Mais il ne
faut
pas s'imaginer que l'intégralité des électeurs actuels de Benoît Hamon irait sur Jean-Luc Mélenchon. Une partie irait également sur Emmanuel Macron. Et du coup, ça redonnerait une petite bouffée d'oxygène à Emmanuel Macron et évidemment à Jean-Luc Mélenchon. Et on pourrait avoir, si on poursuit le scénario fictionnel, et on pourrait avoir à ce moment-là un second tour Macron-Mélenchon. C'est-à
-dire
que ce serait pour François Fillon que ce ne serait pas une bonne nouvelle parce que ça boosterait à nouveau et Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Pour
revenir sur l'élément jeunesse de Jean-Luc Mélenchon, je pense que par rapport à Benoît Hamon, sa force, c'est d'avoir inventé quelque chose qui dépasse un peu les partis. Même lui, il ne se revendique plus de gauche. Il a vraiment essayé de construire quelque chose de citoyen avec son mouvement alors que Benoît Hamon est apparu avec le boulet du PS et ses négociations partisanes dans le premier mois l'ont inscrit finalement dans la vieille politique alors que Mélenchon a réussi à créer quelque chose qui ressemble à ce qu'a créé Macron d'ailleurs. Leurs deux mouvements sont assez similaires.
Mais le pire pour Benoît Hamon est-ce que ce n'est pas finalement le procès en illégitimité ? Alors que, souvenez-vous, il n
'y a
pas si longtemps, fin janvier, on va revoir la Une de Libération d'ailleurs, regardez la victoire à la primaire, une gauche,
deux
gauches, il y avait un enthousiasme, et il y avait une légitimité pour Hamon.
Non mais je
le défendais tout à l'heure mais c'est vrai qu'il a raté son premier mois d'après Victoire. Il a donné le sentiment mais ce n
'est
pas qu'un sentiment d'ailleurs de passer un mois à discuter avec Yannick Jadot pour terminer par une photo dans un McDonald's des fins de l'histoire. Donc c'est vrai que les électeurs qui avaient mis leur confiance, placé leur confiance en lui au moment de la primaire ont peut-être été un petit peu déçus voyant dans le même temps effectivement un Jean-Luc Mélenchon qui enthousiasmait les foules, qui s'amusait avec ses hologrammes, Emmanuel Macron qui avait un discours beaucoup plus tourné vers l'avenir etc. Donc il a raté son début de campagne. Et sur une campagne par ailleurs il n
'a
pas de chance parce qu'effectivement la primaire était très tard pour François Hollande. Elle était calibrée pour François Hollande fin janvier. Donc c'est quand même très court. Il avait trois mois pour propulser sa candidature. Évidemment c'était trop court avec les erreurs qu'il a faites. Il était effectivement à 16 ou 17% dans les intentions de vote au lendemain de la primaire et Jean-Luc Mélenchon était lui largement derrière et les rapports se sont inversés.
Mais ce qui est très difficile pour Benoît Hamon et ça il n'y peut rien c'est que le vote utile qui existait en 2011-2012 pour François Hollande qui incarnait la possibilité d'alternance face à Nicolas Sarkozy là dès le départ il n'en bénéficiait pas. Il n
'y
a pas eu ce boost qui pouvait provenir de l'idée que le candidat socialiste pouvait remporter l'élection présidentielle. Et dès lors qu'il n'y avait pas ce booster il était beaucoup plus en péril face à Emmanuel Macron et de l'autre côté Jean-Luc Mélenchon. Et ça c'est une situation politique ce n'est pas de sa faute. C'est le fameux casse-noi.
C
'est
le
casse-noi et c'est aussi l'effet du quinquennat.
C
'est qu'à partir du moment où vous avez un quinquennat qui a été rejeté très majoritairement celui qui porte l'étiquette par un socialiste n'est pas crédité de pouvoir l'emporter. C'est aussi simple que ça. Oui pour moi il y a deux accès de faiblesse effectivement de Hamon.
C
'est d'une part que la gauche avait d'une certaine manière intégré qu'elle ne pouvait pas gagner. Et ça je crois que c'est quand même très important. Donc quand vous ne croyez pas vous à votre histoire les électeurs ne vont pas y croire non plus. La deuxième chose c'est qu'il lui a même lui-même théorisé le fait qu'il n'y avait pas d'homme providentiel. Et alors s'il y a bien un endroit où les Français ont envie qu'on leur raconte qu'il y
a
un homme providentiel c'est la présidentielle. Et donc je pense qu'il a lui-même finalement desservi son propre parcours après dans la présidentielle.
Alors on disait qu'Hamon aurait pu incarner la jeunesse la modernité et finalement il a été sur ces deux thèmes largement dépassé par Jean-Luc Mélenchon et par Emmanuel Macron qui fait une grande promesse.
C
'est le renouvellement de la classe politique mais aussi la parité d'ailleurs. Il faut donc des femmes des candidates en marche. Du coup il y
a
quelques semaines une journée porte ouverte était organisée au siège du mouvement pour recruter des prétendantes. Et vous allez le voir c'est un sacré défi. Barbara Steck et David Lemarchand.
Hier Emmanuel Macron a profité de son passage sur le plateau de France 2 pour enfin présenter les 14 premiers candidats de son casting législatif. Un petit début. Là c'est très simple les parlementaires voilà les premiers ils ont été investis aujourd'hui ils sont derrière vous. vous les avez là
c
'est à dire vous les avez là et bien ils sont là ils sont au premier rang.
Des
hommes et des femmes qu'Emmanuel Macron souhaite mettre en avant. Il veut être le candidat de la parité et ambitionne de faire élire 50% de femmes parmi les futurs députés.
Elles
sont avocates directrices d'école économistes et n'ont pour la plupart jamais fait de politique. Donc préparez juste les identités et on vous demandera aussi d'ouvrir les sacs.
des
nouveaux visages issus de la société civile qu'il a fallu encourager à se lancer. Alors en marche à organiser plusieurs journées portes ouvertes pour faire découvrir le métier de député. Quid de l'investissement financier de chacune de nous si nous décidons d'être candidates ? Comment définissez -vous une circonscription gagnable ?
Ce
dimanche-là elles sont une centaine. Impossible de trouver une chaise vide l'événement affiche complet. Les
cadres du mouvement sont là pour répondre à toutes les questions et rassurer.
D'habitude les partis politiques donnent des circonscriptions ingagnables aux femmes. En marche ça ne
va
pas se passer. C'est vraiment ce que Macron ne cesse de répéter dans les réunions. Il y
a
une véritable volonté si vous vous présentez de vous faire aller dans des circonscriptions où ce sera gagnable où vous pourrez compter. Alors effectivement ça va être court pour faire le travail que par exemple les députés qui sont déjà investis par l'EPS ou par les républicains ils sont déjà sur le terrain depuis 4 mois. Mais nous ce qu'on a ça dépasse largement ça vous voyez bien comme on est en train de monter dans les sondages. Donc vous allez bénéficier de cette vague. Entre vie de famille vie professionnelle beaucoup hésitent encore à s'engager. Elles ont envie de s'investir mais aussi besoin d'être orientées.
Pour lever les derniers doutes épaulées celles qui souhaitent s'embarquer dans une campagne les candidates peuvent échanger avec des coachs.
En
fait moi je cherche un engagement à long terme donc je
me
suis prêindie pour être candidate essentiellement parce que mon mari m'a dit qu'il fallait que j'arrête de me plaindre que personne n
'a
l'assemblée et qu'il fallait que je n'ose la candidate.
Ce
qui est important c'est que tu choisisses dans les univers qui te plaisent quels sont les axes majeurs dans lesquels tu vas t'engager. Mais mon référent c'est j'ai peur j'ai très peur de faire la prise de parole peur de ne pas pas de la hausseur c'est ça qui m'empêche de déposer ma candidature. Toutes celles qui seront retenues seront suivies et elles auront un coach à disposition et peut-être aussi quelqu'un qui est déjà en politique et qui pourra aussi leur répondre sur les questions très très pratiques auxquelles elles auront à répondre. Opération réussie pour le mouvement. Au fil des mois le nombre de candidatures féminines a plus que doublé.
Je crois que si vous avez envie d'être députée ça va être comme une histoire d'amour. Donc quand on est passionné on donne beaucoup là à la salle de gym vous pouvez l'oublier parce que vous êtes musclé à la fin de la campagne comme jamais. Emmanuel Macron candidat féministe comme il le dit a émis le souhait s'il est élu de nommer une première ministre. Une promesse qui pourrait être difficile à tenir car sa garde rapprochée reste principalement une affaire d'hommes.
Voilà comment sont recrutées les futures candidates du mouvement en marche ça vous inspire quoi ? Mesdames Mesdemoiselles
Le fait de vouloir la parité bon déjà ils le promettent à peu près presque tous aujourd'hui mais c'est enfin je veux
dire
c'est même pas une bonne chose c'est une évidence
au
minimum. Après il faut voir ce que ça donne mais c'est comme tout avec Emmanuel Macron d'un premier abord on se dit toujours bon
d
'accord on verra
puis
finalement il a l'air quand même de savoir ce qu'il fait donc je ne sais pas s'il va gagner la présidentielle mais c'est vrai que depuis un an il nous dit souvent vous verrez enfin il dit j'en serai là j'en serai là dans deux mois j'en serai là dans trois mois j'en serai là dans quatre mois à certains moments même ça paraît très long très improvisé etc et puis il en est à chaque fois là où il a dit qu'il en serait donc peut-être qu'il y
aura
la
majorité C'est vrai que cette histoire de
parité ça a été une constante chez lui au départ quand il a ouvert les candidatures il n
'y
avait que 15 à 20% de femmes il a fait une vidéo il s'est vraiment engagé il
ne trouvait
pas assez de candidats c'est ça son
problème et
là manifestement il les coach c'est intéressant mais la question après ce sera pour les femmes comme pour les
hommes
pour toutes ces nouvelles personnes de la société civile qu'est-ce que ça donne une majorité avec des gens qui n'ont pas d'histoire partisane commune qui débarquent comme ça parce qu'il ne
faut
pas oublier que les frondeurs socialistes au départ c'était des gens qui venaient d'être élus souvent qui avaient une vie professionnelle derrière c'était pas des vieux apparatchiks du parti et qui se sont sentis pas du tout redevables de UPS de loyauté ou de quoi que ce soit qu'est-ce que ce sera une majorité avec la moitié de gens issus de la société civile qui ont déjà une vie derrière c'est pas évident
c
'est une question très intéressante qui vaut pour tout avec Macron y compris le gouvernement puisqu'il dit qu'il fera la même chose en fait une société civile
parité et société civile on peut la placer à tous les
niveaux c'est un
grand danger pour 15
ministres question SMS comment Emmanuel Macron va-t-il pouvoir gouverner la France si les législatives ne lui sont pas favorables ce qui est possible
Louis
Stinturier oui mais la question vaut je le crois pour pratiquement tous les candidats c'est-à
-dire
qu'aujourd'hui on est dans des schémas où personne ne peut dire compte tenu du mode de scrutin compte tenu du taux d'abstention compte tenu de ce qu'on ne sait pas sur les candidatures dans les circonscriptions s'il aura donc une majorité ou pas y compris en étant élu président de la république
et
du coup ça résume bien ce que vous avez montré là et cette question aussi que Macron c'est comme une pièce de monnaie avec deux faces chez les français ça peut vraiment attirer parce que ça réconcilie davantage la sociologie du pays potentiellement avec celle des élus et puis c'est porteur de plein d'interrogations et peut-être de craintes aussi est-ce qu'ils sauront faire est-ce qu'il aura une majorité et ce que je ne sais pas c'est ce qui va l'emporter chez les français entre cette envie parce qu'il y
a
une envie malgré tout de changer les choses et en même temps aussi la crainte que ça peut générer parce qu'il
y a
beaucoup d'inconnus la société civile
bon ça fait quand même des années pour pas dire des décennies qu'on en entend parler que ça existe même parfois il y
a
eu des ministres des ministres
de
Vertour souvenez-vous des ministres de Vertour la société
civile pardon mais c'est pas toujours réussi bien sûr c'est là la difficulté Macron a une expression quelquefois il dit la politique n
'est
pas une profession réglementée donc ce qu'il veut dire c'est qu'en effet on peut être un homme ou une femme politique demain après avoir eu un parcours tout à fait étranger et après revenir il a dit pour lui-même aussi il dit peut-être dans 20 ans je ne
serai
plus dans la politique donc je pense que la grande difficulté qu'on a nous-mêmes dans nos schémas intellectuels de penser c'est de dire ce qui n'a pas marché avant pourquoi ça marcherait avec Macron et là justement c'est peut-être là qu'on fait une erreur c'est que précisément parce qu'il est très organisé comme dit Charlotte Chafongeon il a son calendrier son agenda il avance comme ça et finalement comme il montre ou plutôt la politique a montré que ces dernières années son insuffisance son incapacité à réussir lui il dit qu'il peut y arriver autrement vous savez ça fait penser les historiens disent ces armées de 1793 la première armée révolutionnaire il y
avait
ce qu'on appelait les Marie-Louise un berbe et sans mémoire et puis il y avait les vieux grognards qui eux avaient fait des batailles et donc effectivement quand vous voyez les 14 là on reconnaît le sociologue Jean Viard qui est là et puis aussi des jeunes inconnus on se dit oui il y
a
une sorte d'alchimie et c'est ce que je disais tout à l'heure sur l'horizontalité Macron il dit le pouvoir c'est à la fois collaborer du délibératif horizontal et c'est à un moment donné de la verticalité et lui veut assumer les deux
Voici
maintenant vos questions à SMS et Internet Alors pensez-vous que les scores des trois premiers candidats
peuvent
encore évoluer alors qu'ils sont stables depuis longtemps alors pas tout à fait stables
justement mais en
tout cas le trio de tête est inchangé c'est vrai Oui mais
on croyait les niveaux relativement
stables
ils l'ont été pendant notre auditeur a raison ils l'ont été pendant plusieurs semaines et là ça se met à bouger ça se tasse chez Le Pen et Macron ça monte et ça monte vite chez Mélenchon on voit que ça frémit également chez François Fillon donc encore une fois les choses vont continuer à bouger et il vaut mieux qu'elles bougent à 14 jours on verra s'il y a des fluctuations et une cristallisation du vote plutôt que 24 heures avant
le nombre
d'indécis
il est toujours aussi élevé il baisse progressivement malgré tout les certitudes de choix se renforcent elles sont de l'ordre de 64% aujourd
'hui
mais ça reste élevé 64% c'est pas énorme ça veut dire qu'il y a encore des indécis qui dépassent les 30%
la
question suivante ne s'affiche pas donc je propose que nous enchaînions l'âge des la voici elle arrive l'âge d'Emmanuel Macron est-il un handicap pour être élu il n'a
pas 40 ans
ce garçon
oui normalement oui c'est un handicap mais là encore rien n'est normal je pense qu'effectivement ce qui était un défaut la jeunesse en tout cas une faiblesse peut être au contraire une force parce qu'il a de l'énergie parce qu'il comprend la société d'aujourd'hui donc je pense que là encore c'est la pièce à deux faces dont parlait Brice Tinturier à l'instant c'est que ça peut aussi être une force face à un personnel politique usé et qui a montré qu'il n'était pas capable de réussir par le passé
pensez-vous que alors c'est à nouveau on a un petit problème de questions mais ça va être réglé dans un instant j'imagine juste alors pour poursuivre une dernière fois sur l'âge d'Emmanuel Macron quand vous disiez à l'instant que en effet c'était à la fois un handicap et un avantage est-ce que dans ce que dit l'opinion est-ce qu'il y a une prime malgré tout à l'expérience pour ce poste-là on sait qu'il n'a plus jamais été élu est-ce que ça peut être quand même un problème Juppé directement
je
pense il y a quand même chez les français pour la fonction présidentielle l'idée qu'il faut avoir une espèce d'expérience une solidité une expérience donc la demande de renouvellement qui est très forte elle se heurte malgré tout à cette interrogation qui intervient à un moment donné mais a-t-il suffisamment de solidité ou d'expérience et comme c'est un schéma nouveau comme effectivement on avait vu Valéry Giscard d'Estaing l'emporter mais il avait 48 ans là 39 ans ce peut-être à minima une interrogation et peut-être un frein pour Alain Juppé je pense qu'il y
avait
un âge trop élevé qui jouait donc pour Emmanuel Macron ce n'est pas simple ça fait partie de sa séduction mais également des interrogations si c'est un deuxième tour
Le Pen-Macron ce sera la moyenne d'âge pour des finalistes la plus basse qu'on ait jamais eu dans l'histoire de la 5ème République parce que Mme Le Pen a 47-48 ans je crois donc on sera face à deux candidats relativement jeunes Emmanuel Macron souhaite ouvrir son mouvement à la société civile on en parle à l'instant le risque n'est-il pas de tomber dans une technocratie ?
Si c'est la critique qu'on entend beaucoup chez ses adversaires ça va être l'administration qui aura tous les pouvoirs puisque ce seront des gens qui ne connaîtront pas le fonctionnement de l'État ça c'est le plus grand risque alors il essaye de le parer en disant que il y aura sans doute un changement dans les têtes des services de l'État donc tout le monde va arriver tout neuf en même temps et que les ministres seront jugés à leur capacité à faire évoluer leur administration ils seront conçus comme des petits managers de leur administration évalués là-dessus et remerciés s'il le faut au bout d'un an avec un vote de confiance à l'Assemblée effectivement aller jusque là
Quelles
conséquences pour les républicains et pour les socialistes en cas de victoire de Macron ?
Il y aura des lendemains difficiles
Toute la question était la question qui était posée tout à l'heure que se passe-t-il au moment des législatives une grande partie de la droite en cas de victoire de Macron espère avoir une majorité à l'Assemblée nationale donc
un
Premier ministre issu de ses rangs on imagine que c'est le rêve de certains comme Bruno Le Maire par exemple de cette situation-là donc leur avenir est très lié aux résultats des législatives et c'est idem pour le Parti Socialiste dans quelle mesure c'est une catastrophe ou pas
?
On verra si les Français ont une logique c'est-à-dire qu'ils élisent une majorité pour soutenir le Président ou bien si on commence ex abrupto par une cohabitation ce qui serait encore jamais vu mais enfin on a tellement vu de choses jamais vues que ça pourrait aussi Mais indépendamment du résultat des législatives ce sera sanglant et au PS et chez les LR le cas de figure vous décrivez parce qu'on avait d'un côté quand même une alternance qui se dessinait gauche-droite et à l'issue de la primaire avec François Fillon les LR qui pensaient vraiment qu'ils allaient recueillir le pouvoir s'ils arrivent en troisième ou en quatrième position mais en troisième position c'est une défaite qui enclenchera une crise et une remise en cause extrêmement importante et au PS ça sera la même chose coincé entre un Mélenchon et un Macron donc de toute façon ces deux organisations partisanes qui ont structuré notre vie politique elles subiront de plein fouet le scénario s'il arrive que vous décrivez et
indépendamment dès
le 23 avril à 20h01 sur qui dans les têtes des républicains appelle à voter Macron qui appelle à Nini qui revient au Nini ni l'un ni l'autre ça ça peut fracturer le parti très vite
Que
vaudront les accords électoraux passés avec les Verts et les radicaux de gauche au soir d'un premier tour perdu par Benoît Hamon
? Pas
grand chose
A
priori si on prend l'exemple de 2012 les accords avaient été entre guillemets dealés par Martine Aubry et François Hollande en a fait ce qu'il voulait c'est à dire pas grand chose mais même sur le fond sur le programme lui en l'occurrence il a été élu si Benoît Hamon perd je pense que ce sera le cadet de ses soucis de savoir ce qu'il a fait de l'accord avec Yannick Jadot Est-ce qu'Emmanuel Macron négocie des investitures communes avec le parti socialiste ?
Est
-ce qu'il y
a
des discussions qui s'ouvrent au soir du 8 mai ? Ça, ça pourrait complètement remettre en question les investitures aux
écolos Alors
justement sur l'avenir de la gauche vu la plus que probable élimination de Benoît Hamon au premier tour que va-t-il rester du PS le soir du 23
avril ? Alors il y a deux choses on n'arrête pas de dire que c'est la mort du PS c'est un peu presque un titre un peu spectaculaire En même temps il faut attendre les législatives encore une fois parce qu'un parti ça ne meurt pas comme ça non plus c'est-à-dire qu'il y a des élus il y a tout un tas de réseaux nationaux il y
a
des places encore à discuter donc je pense que c'est plutôt après la législative qu'on saura si effectivement ce parti est mort et s'il doit se réinventer autrement avec d'autres figures et je ne sais pas si Hamon sera une figure importante dans la mesure où il aura perdu Il y a le parti mais il y
a
aussi ce qu'il incarnait c'est-à-dire un socialisme j'y reviens de gouvernement et ça je pense qu'il y a toujours une place qu'il y a toujours un espace dans ce pays de gens qui se situent à gauche et en même temps qui ne vont pas jusqu'à aller sur les positions d'Emmanuel Macron mais qui réfutent aussi celles de Jean-Luc Mélenchon donc il y
aura
une crise partisane de l'organisation mais il y a une idéologie qui restera Macron
est
-il de taille pour négocier avec Trump et Poutine on parlait de son âge là c'est son inexpérience qui est pointée alors est-ce qu'il peut faire ça ?
En même temps ça fait 5 ans que les adversaires de François Hollande disent qu'il n'est pas crédible et qu'il est ridicule et que c'est la honte de la France d'avoir quelqu'un comme François Hollande donc il peut s'il est élu président il peut parce qu'il le fera parce qu'il sera président et puis voilà on voit quelqu'un comme Justin Trudeau qui est assez jeune qui a un peu le profil d'Emmanuel Macron qui le fait et qui le fera très bien
moi je trouve une fausse question
je
pense que c'est une
fausse question
en tout cas c'est le pari
de François Fillon qui ne finait ça ça jouera et si on
a effectivement
des crises internationales lourdes dans les 15 derniers jours ça peut peut-être jouer au moment de mettre le bulletin dans l'urne est-ce qu'il a les épaules ? On manque quelquefois d'imagination je veux dire par là une personnalité une fois élue quand elle est en situation elle se révèle ou elle ne se révèle pas mais je ne vois pas pourquoi Emmanuel Macron ne se révèlerait pas à cause de son âge ou à cause de son inexpérience je crois que c
'est
pas ça
Il y
a
une crise internationale qui a démarré maintenant il y a quelques jours qui concerne la Syrie les Etats-Unis la Russie ça peut jouer un rôle dans le choix des électeurs au dernier moment les derniers développements en effet de cette crise il est bon ton de dire
que la politique étrangère ne joue pas un rôle dans une élection présidentielle française c'est ce qui a été observé moi je crois qu'aujourd'hui oui ça peut jouer un rôle parce que ce que vous soulevez là c'est toujours cette interrogation pour les autres les français savent quel que soit ce qu'ils pensent ils ont l'impression de savoir si François Fillon sera solide face à Poutine ou même si Jean-Luc Mélenchon a cette expérience et cette solidité pour Emmanuel Macron il y a une question alors on peut y répondre en disant il se révélera peut-être ou moi je pense que oui ou moi je pense que non mais il y a une question qui est plus prégnante que pour les autres
candidats et dans
les débats c'est le point sur lequel il a été assez faible Emmanuel Macron
Macron pourrait-il avoir 3 ou 4 anciens ministres au sein de son futur gouvernement s'il était élu
? 3
ou 4 ?
Il
dit que non Oui, non il dit pas d'ancien ministre sauf
le Drian il dit sauf le Drian sauf
que le Drian déjà il faut qu'il ait en vie lui-même et ensuite moi ça me paraît peu probable
Combien d'électeurs se laissent influencer par les sondages ça c'est pour vous pourrait-on instaurer une trêve des sondages avant une élection alors
il s
'arrête le vendredi soir ? Oui mais ça a existé pendant très longtemps pendant très longtemps les sondages étaient interdits pendant la semaine qui précédait le scrutin Carrément toute la semaine Oui, oui et c'était une loi franchement qui était une loi inique parce que ceux qui avaient le droit ou l'argent pour avoir cette information ceux qui avaient les relations lavées et les autres pas moi je trouve qu'une démocratie avancée ne bloque pas comme ça l'information
Merci
beaucoup à tous les quatre merci à l'équipe qui a préparé cette émission dans un instant Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous ce soir la redif est à 22h40 on se retrouve demain en direct pour le C dans l'air du samedi très bonne soirée sur France 5 Sous
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