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InterviewRadio France (sur Site radio)· 16 juin 2026 8 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJustice

"On se moque de nous" : Fabrice Salamone, représentant du syndicat UFAP-Unsa Justice au centre pénitentiaire de Valence

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22FerméeRéponse partielle

    Le chantier devait démarrer début juin. On en est où ?

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Ce quartier, il faut le construire totalement ? Le bâtiment existe ou pas aujourd'hui ?

  • 2:04FerméeRéponse directe

    Ce quartier de lutte contre la criminalité organisée, en théorie, il devait entrer en vigueur quand ?

  • 2:55OuverteRéponse directe

    Il ne faut pas que ce soit une simple vitrine, quelque chose de très beau, qui fasse briller le centre pénitentiaire de Valence.

  • 4:29FerméeRéponse directe

    On en est où un an après ? La sécurité pour les surveillants, ce n'est pas amélioré ?

  • 5:19OuverteÉludée

    Il y a des brouilleurs qui ont été installées pour les drones. Ça continue manifestement.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34InvitéChiffre
    « L'information qu'on a eue très récemment, c'est que les derniers devis arbitrages sont arrivés et que les sommes sont astronomiques. »
  • 1:08InvitéFait
    « Des brouilleurs téléphoniques. »
  • 1:17InvitéFait
    « les brouilleurs sont en train d'être un petit peu installés. Alors, je ne vais pas vous dire quoi comme brouilleurs, mais par contre, je vais vous dire, là où ils ont été mis, ils ont été mis à hauteur d'homme. »
  • 2:17InvitéFait
    « Pour l'instant, c'est début 2027. »
  • 3:38InvitéChiffre
    « Il va nous manquer une trentaine de personnel. »
  • 3:45InvitéChiffre
    « On vous annonce une dizaine de renforts. »
  • 3:47InvitéChiffre
    « Ces derniers mois, vous en avez eu 28. »
  • 5:36InvitéChiffre
    « L'intégralité des personnels n'ont pas été formées. Il y a 10% de personnels qui ont été formés pour utiliser ça. »
  • 6:01InvitéFait
    « Ce système qui a coûté très très cher, il est devenu obsolète. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur23 %
  • Présentateur 22 %

≈ 5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le réveil 100% local. Ici matin, jusqu'à 9h. Les travaux du futur quartier de lutte contre la criminalité organisée à la prison de Valence prennent du retard. Nous en parlons ce matin avec notre invité, Emmanuel Champal. Bonjour Fabrice Salamone. Bonjour. Un délégué UFAPUNSA Justice, ce quartier doit accueillir à terme une partie des plus dangereux trafiquants. Le chantier devait démarrer début juin. On en est où ?

0:26
Invité

C'est une bonne question. J'ai envie de vous la poser à vous parce que peut-être que vous, vous avez des réponses. Alors pas du tout. Parce que nous, dans notre administration, pour l'instant, c'est le flou le plus total.

0:33
Présentateur

Vous ne savez pas ?

0:34
Invité

Non, non. L'information qu'on a eue très récemment, c'est que les derniers devis arbitrages sont arrivés et que les sommes sont astronomiques. Donc encore une fois, qu'est-ce qu'on va faire ? On va réduire le devis pour réduire le financement. Mais c'est une hérésie. On se moque de tout. C'est ridicule.

0:52
Présentateur

Ce quartier, il faut le construire totalement ? Le bâtiment existe ou pas aujourd'hui ?

0:55
Invité

Alors, le bâtiment, on l'a. Le bâtiment, on l'a. C'est un de nos anciens quartiers maison centrale. Il y a des réaménagements sécuritaires à faire à l'intérieur. Il y a toute une sectorisation, une arrivée de caméra, etc. Des brouilleurs téléphoniques. D'ailleurs, par rapport à ça, j'ai une petite anecdote. C'est-à-dire que les brouilleurs sont en train d'être un petit peu installés. Alors, je ne vais pas vous dire quoi comme brouilleurs, mais par contre, je vais vous dire, là où ils ont été mis, ils ont été mis à hauteur d'homme.

Ce qui veut dire que si à un moment donné, une personne détenue qui est très énervée et veut faire une action d'opposition, il a juste à déplacer son bras droit en l'air et il explose le matériel. Mais c'est de l'amateurisme complètement. On se moque de tout. Vous plaisantez ? Non, non, non. Vous savez, là, ce que je viens de donner, je viens de donner une information. L'information, elle va faire le tour. Et puis, ils vont se poser des questions. Et finalement, quand ils vont appeler les personnes, ils vont dire, c'est quoi cette connerie ? Aujourd'hui, un détenu peut attraper le brouilleur de téléphone portable et l'arracher s'il le souhaite.

S'il ne bouge pas, s'il ne bouge pas ses brouilleurs, oui, sans aucun problème. Ou démonter quelque chose, ou arracher un petit fil. Non, mais on se moque de nous. C'est vraiment ridicule.

2:04
Présentateur

Ce quartier de lutte contre la criminalité organisée, en théorie, il devait entrer en vigueur quand ? Il devait être mis en service quand ?

2:10
Invité

Alors, si on reprend depuis le mois de novembre, mois de juillet, mois de septembre, mois de novembre, décembre. Pour l'instant, c'est début 2027. Je préfère accler ma gorge. Ce n'est pas un effet style. Pour l'instant, on ne sait pas s'il va arriver, quand est-ce qu'il va arriver. On se moque de nous, on se moque de tout. Les personnels en ont marre. Il y a des groupes de travail actuellement qui sont réalisés, mais il n'y a rien qui avance. Alors, il y a quelques mois, j'étais déjà venu dans vos locaux, où j'avais dit une mission des moyens et des personnels. On craignait d'être très restreint. Et puis là, on sait qu'on va être très restreint.

Donc, on essaye de faire entrer une journée de 25 heures dans 8 heures d'activité. Ce n'est pas possible.

2:55
Présentateur

Concernant ce quartier, vous dites dans un communiqué que vous avez publié hier. Il ne faut pas que ce soit une simple vitrine, quelque chose de très beau, qui fasse briller le centre pénitentiaire de Valence. Il ne faut pas oublier qu'il y a des personnels derrière qui ne s'en sortent plus.

3:07
Invité

Tout à fait. Ça va être la vitrine, mais on oublie les autres secteurs d'hébergement. On a d'autres bâtiments. On a les maisons d'arrêt classiques. On a aussi encore un quartier maison centrale. Et on a une sas et un quartier semi-liberté. Mais en fait, le focus est tellement mis par notre ministre sur ce QLCO que, comme me l'a dit directement une haute autorité lyonnaise, m'a dit que, ne vous inquiétez pas, 100% des postes de QLCO seront couverts. Donc, ils vont déshabiller Paul pour habiller Jacques. C'est clair, c'est net, c'est précis. Il va nous manquer une trentaine de personnel. Il va falloir qu'on fasse tout ce qu'on a à faire, mais avec rien. On vous annonce une dizaine de renforts.

Ces derniers mois, vous en avez eu 28. C'est quand même pas mal. Ah ben, alors, ça, vous savez, lui faire appuyer sa justice et un petit peu s'enorgueillir de ça, parce que c'est un petit peu grâce à toutes les saisines qu'on a pu faire. On a expliqué de façon très objective et très factualisé nos difficultés. Et on a été entendus. Est-ce que ça vous a soulagé ? Est-ce que ça facilite votre travail aujourd'hui ? Mais bien sûr, bien sûr que ça nous facilite. Mais les 28 personnels qui arrivent, il reste encore une trentaine de postes à pourvoir. Voilà. On en est là. On en est là. 0 plus 0, 0 égale...

4:15
Présentateur

La tête à Toto, comme disait le vieil adage. Fabrice Salamone, vous êtes délégué UFA Punsa Justice, donc à la maison d'arrêt au centre pénitentiaire de Valence. Il y a un an, on se souvient, il y a eu des attaques contre les prisons en France, celles de Valence notamment, des tags, des voitures de surveillants incendiés. On en est où un an après ?

4:35
Invité

J'ai envie de vous poser aussi la même question.

4:36
Présentateur

La sécurité pour les surveillants, ce n'est pas amélioré ?

4:39
Invité

Ce n'est pas amélioré, on est toujours dans le même état. Parce que pareil, avec ce QLCO, on doit avoir une sectorisation qui doit arriver. On l'attend encore. Hier, quand j'ai quitté l'établissement, je n'ai pas vu de camion de chantier, je n'ai pas vu de tract d'opel. Donc ça m'a tourné que dans la nuit, par l'opération du Saint-Esprit, il y ait une sectorisation qui soit arrivée. C'est du mocage. Voilà, on se moque de nous. Voilà, on se moque de nous et au-delà de ça, on se moque des concitoyens. Pourquoi on se moque des concitoyens ? Parce que le dernier rempart pour les personnes incarcérées, c'est nous.

Si demain, il se passe n'importe quoi dans l'établissement, c'est le concitoyen valentinois qui va se confronter à ça.

5:14
Présentateur

On a beaucoup parlé ces dernières semaines, notamment des survols de drones. Il y a des brouillères qui ont été installées pour les drones. Ça continue manifestement.

5:23
Locuteur

Ça ne fonctionne pas ?

5:24
Invité

Ça vous fait rire ? Ça me fait rire parce que c'est très bien. C'est arrivé, c'était très bien. Au moment où ça a été mis en place, c'était très bien. Mais on est à quelques mois d'utilisation. Les failles sont déjà là. L'intégralité des personnels n'ont pas été formées. Il y a 10% de personnels qui ont été formés pour utiliser ça. C'est comme si demain, ma femme me disait « Tiens, notre fils a eu son permis, on va lui acheter une voiture. » Et sa voiture, il va l'utiliser à 50 km parce que le réservoir, il est condamné. Mais le système de brouillage fonctionne pour les drones ou pas ?

5:54
Présentateur

Pour éviter qu'ils survolent l'établissement ?

5:56
Invité

Non. Non. Ça non plus. Ce n'est pas qu'ils ne fonctionnent pas. C'est que les technologies ont avancé. Et ce système qui a coûté très très cher, il est devenu obsolète. Nous, on est une organisation pragmatique. Il y a des établissements en Outre-mer où ils ont installé des filins. Un système de maillage autour des peaux pour empêcher les drones. C'est ce que vous réclamez aujourd'hui ? Des filins au-dessus des crônes ? Mais oui, parce que ça ne coûte pas cher. Ça coûte beaucoup moins cher de ce qui se passe. Alors, j'entends votre question et je l'attends. Pourquoi l'administration n'en veut pas ? Vous savez, ça ferait trop prison de voir des filins sur un établissement pénitentiaire.

Et ça risquerait de choquer le concitoyen et potentiellement la personne détenue.

6:40
Présentateur

Ce n'est pas risible ? On entend ce matin votre colère. Fabrice Salamone, vous êtes délégué UFA Punsa Justice au centre pénitentiaire de Valence. Ces travaux au quartier de lutte contre la criminalité organisée qui n'avancent pas, pas suffisamment à votre goût. En tout cas, la sécurité qui n'est pas suffisante pour les personnels. Vous le dites un an après les attaques contre les prisons et des systèmes défaillants pour empêcher les communications et les drones.

7:06
Invité

Alors non, il y a ça, mais il y a aussi quelque chose d'assez pertinent. C'est que tous les personnels, la direction qu'on avait au début qui nous a promis des choses, faire avancer les travaux, etc. Aujourd'hui, ils ne sont pratiquement plus là. Et quand le QMC sera ouvert, ils ne seront plus là. Voilà, les prometteurs ne seront plus là. Et qui c'est qui va ramasser ? C'est les personnels qui restent.

7:27
Présentateur

Merci à vous Fabrice Salamone, délégué UFA Punsa Justice. Passe une bonne journée.

7:32
Invité

Merci.