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Discours / meetingyoutube.com· 24 février 2016 50 minAutoproduitPortrait personnelCulture, médias & sportInstitutions & électionsJustice

Réception de M. Alain Finkielkraut

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Chapitres

Temps de parole

  • ?92 %
  • non_speech8 %

≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Locuteur

côté

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Locuteur

parfait

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Locuteur

la séance est ouverte la parole est à Monsieur Alain finkelcot pour la lecture de son remerciement mesdames messieurs de la Académie en manière de préface au récit débridé que lui a inspiré le tableau de Henri Rousseau la cariole du père Junet Félicien Marceau relate le dialogue suivant la cariole du père stnsky dit le directeur de la galerie qu'est-ce que ça veut dire c'est le titre de mon tableau rétorqua le doignier Rousseau le directeur plissa son nez qu'il avait fort grand et agita son index qu'il avait fort long mon pauvre ami avec ce titre làà vous ne le vendrez jamais votre tableau tiens pourquoi dit Rousseau qui de son passage dans l'administration de loc 3 avait gardé le goût d'aller au fond des choses stnsky reprit le directeur avec force c'est un nom à éternuer ça mon cher Monsieur retenez bien ceci un client qui éternu c'est un client qui n'achète pas et rêveusement il énonce ce doit être une loi de la nature alors qu'est-ce qu'on fait dit Rousseau mettez jet et n'en parlons plus dit le directeur c'est le nom d'un de mes cousins un négociant très honorablement connu dans tout le gâtinet ajouta-t-il après un temps et sans doute pour balayer les dernières rétisences du peintre tel est la scène qui s'il faut en croire le célèbre historien d'art ème favoo Lenclume se serait déroulé par une belle journée d'octobre 1908 dans une modeste galerie de la rue des Saints-Pères nous sommes en janvier 2016 et un nom cacophonique un nom dissuasif un nom invendable un nom tout terissé de consonne rébarbative comme stnsky ou mieux encore comme carfunkelstein le patronyme dont l'extrême droite avait affublé Léon Bloom pour faire peur au bon français un nom à éternuer en somme et même aosons le dire un nom accouché dehors est reçu aujourd'hui sous la coupole de l'institution fondée il y aura bientôt 4 siècles par le cardinal de Richelieu né quelques 10 ans seulement après cette diatribe du fudure académicien pierre gxsot contre le chef du gouvernement du Front populaire comme il nous est il nous en veut de tout et de rien de notre ciel qui est bleu de notre air qui est caressant il en veut aux paysans de marcher en sabot sur la terre française et de ne pas avoir eu d'ancêtrre chameliier erant dans le désert syrique avec ses copains de Palestine l'héritier de ce nom n'en revient pas il épouve il éprouve en cet instant solennel un sentiment mêlé de stupeur de joie et de gratitude s'appelit finelcot et être accueilli parmi vous au son du tambour c'est à n'y pas croire ce nom d'ailleurs je ne l'ai pas toujours porté au complet pour simplifier la vie des professeurs pour ne pas affoller le personnel administratif et pour éviter à mes condisciples la tentation d'une plaisanterie facile sur la dernière syllabe mes parents ont obtenu qu'à l'école ou au lycée je me fasse appeler F ou f je suis revenu à finkelcot quand ma cariole a quitté la classe parce que je croyais pouvoir compter alors sur la maturité de mes interlocuteurs et que nous ne sommes plus en 1908 comme ceux de laaffiche rouge a prononcé mon nom est difficile après les années noires l'honneur m'imposait de ne pas m'en défaire et en ce jour c'est au mien que je pense à mes grands-parents que comme la plupart des Juifs achkenas nés dans le babibbou de l'après-gerre je n'ai pas connu à ce grand-père maternel qui avec sa femme dirigeait une entreprise de bois àvof alors ville onaise mais qui je l'ai appris tardivement préférait l'étude et la fréquentation des des livres sacrés à mes parents bien sûr qui ne sont pas là pour connaître ce bonheur l'entrée de leur fils à l'Académie française alors que le mérite leur en revient non qu'ils aient éprouvé à l'égard de la France une affection sans mélange c'est deux France et avec la complicité de l'État français que mon père a été déporté c'est de bon la Rollande le 28 juin 1942 que son convoit parti pour Auschwitz Birkenau le franco-judaïsme alors a volé en éclat les Juifs qui avaient cru reconnaître dans l'émancipation une nouvelle sortie d'Égypte ont compris qu'il ne pouvaient pas fuir leurs conditions pour le dire avec les mots d'Emmanuel Vinas la radicalité de l'antisémitisme hitlérien a rappelé aux Juifs l'irrémissibilité de leur être la judéité n'était plus soluble dans la francité et mes parents auraient été désolés de me voir m'assimiler à la nation en lui sacrifiant mon identité juive même si cette identité ne se traduisait plus pour eux ni donc pour moi par les gestes rituels de la tradition ce qu'il voulait ardemment néanmoins c'est que j'assimile la langue la littérature la culture française et il pouvait à l'époque compter sur l'école il voait un enfant unique que j'étais un amour inconditionnel mais ils ne lui ont pas vraiment laissé d'autres choix que d'être studieux et de ramener de bons bulletins j'ai donc appris à honorer ma langue maternelle qui n'était pas la langue de ma mère la sienne le polonais elle s'est bien gardé de Me l'enseigner pour que s'exerce en moi sans partage et sans encombre le règne du vernaculaire j'ai appris aussi à connaître et à aimer nos classiques pour autant le fait d'être français ne représentait rien de spécial à mes yeux comme la plupart des gens de mon âge j'étais spontanément cosmopolite le monde où j'évoluais était peuplé de concept politiques et l'universel me tenant lieu de patrie je tenais les lieux pour quantité négligeablees l'histoire dont je mentichais me faisait oublier la géographie comm comme Vladimir jankelevic je me sentais libre à l'égard des étroitesses terriennes et ancestrales la France est rappelée à mon bon souvenir quand devenu société postnationale post littéraire et postculturelle elle a semblé glisser doucement dans l'oubli d'elle-même devant ce processus inexorable j'ai été étreint à ma grande surprise parce que la philosophe Simon veale appelle dans l'enracinement le patriotisme de compassion non pas donc l'amour de la grandeur ou la fierté du pacte séculaire que la France aurait noué avec la liberté du monde mais la tendresse pour une chose belle précieuse fragile et périssable j'ai découvert que j'aimais la France le jour où j'ai pris conscience qu'elle aussi était mortelle et que son après n'avait rien d'attrayant cet amour j'ai essayé de l'exprimer dans plusieurs de mes livres et dans des interventions récentes cela me vaut d'être traité de passéiste de réactionnaire voire pire et même le pire par ceux qui débusquant sans relâche nos vieux démons en viennent à criminaliser la nostalgie et non et ne font plus guerre de différence entre Pétin et de Gaulle ou entre Pierre gxsot et Simon veale le nationaliste voit l'an ennemi telle est la leçon que le nouvel esprit du temps a tiré de l'histoire et me voici pour ma part accusé d'avoir trahi mon glorieux patronyme diasporique en rejoignant les rangs des gardes frontières et des chantres de l'autochtonie mais tout ce paix ma trahison murmure maintenant la rumeur trouve à la fois son apothéose et son châtiment dans mon élection au fauteuil de Félicien Marsau de cette auteur prolif le monde disait en guise d'éloges finèbres qu'il est mort oublié le mercredi 7 mars 2012 à l'âge de 98 ans et la bonne presse en effet ne retient rien de lui sinon cet épitaap Félicien Marsau un ancien collaborateur devenu académicien un défenseur exalté de l'identité nationale oublieux de ses origines vagabondes et asreint à faire l'éloge d'un collabo il n'y a pas de hasard pensent nos vigilants et il se frotent les mains il se lèche les Babin il se régalent à l'avance de cet édifiant spectacle les moins mal intentionnés eux-mêmes m'attendent au tournant et j'aggraverai et j'aggraverai mon cas si je décevais maintenant leur attente je commencerai donc par là mon cheminement dans la vie et l'œuvre de celui à qui aujourd'hui je succède Louis Carrette c'était son nom est né à Cortenberg dans le Braban le 16 septembre 2013 au commencement écrit-il dans son autobiographie des années courtes il y e un grand tumulte ses premiers souvenirs sont des souvenirs d'épouvantes la guerre le sac d'une ville des incendies des morts ce n'est pas ça l'enfance cela ne devrait pas être ça c'est une noble enfance non ces clameurs non cette peur la peur donc au lieu de l'Aube et les jours comme les nuits de luouisarê en resteront à jamais marqués fils de fonctionnaire il fait ses études au collège de la Sainte Trinité à Louvin ses professeurs étaient des prêtres l'un d'entre eux le père Théodule exerça sur l'élève de 3e qu'il était et sur l'écrivain qu'il allait devenir une influence décisive deux grands principes en effet structuraient tout son enseignement principe numéro 1 l'ennemi du style c'est le cliché qu'est-ce que le cliché c'est quelque chose qui est écrit avant nous il faut écrire comme personne nous étions médusés commande Félicien Marsau jusque là nous pensions que bien écrire c'était précisément écrire comme les autres comme les écrivains principe numéro 2 il faut faire des comparaisons sans arrêt parce que si on ne fait pas une comparaison on ne voit pas or le style c'est faire voir et en bon pédagogue le père théodu fait suivre d'un exemple concret son affirmation péremptoire j'écris il y avait des oiseaux sur les fils du Télégraphe vous voyez quelque chose non rien du tout tandis que si j'écris il y avait des oiseaux sur les fils du télégraphe comme des notes sur une portée de musique là vous voyez quelque chose le style c'est l'image Félicien Marceau n'oubliera jamais cette double injonction elle déterminera aussi bien son art littéraire que sa philosophie de la vie ainsi dans le corps de mon ennemi choisit-il d'ouvrir les yeux du lecteur sur le recouvrement de la réalité par sa désignation à l'aide d'une métaphore dont le comique évoque ire e ravi le père Théodule chaque fois qu'on pose un mot sur une chose c'est comme un veston qu'on accroche à une patre la pâère disparaît il s'agit pour l'écrivain de remédier à saette disparition en congédiant autant que faire ce peut les syntagme figé du langage courant et nul doute que son maître hétérodoxe eut apprécié dans la terrasse de lucreéticia l'image de ces hommes qui s'estimant très au-dessus de leur fonction les exercent avec condescendant comme les tenantes au bout d'une pince à sucre ou dans la grande fille cette prise au mot rafraîchissant d'une image éculée tout à leur bonheur en était-il à ne plus toucher terre était-il en quelque sorte en état d'apesanteur devenu pareil à ces astronautes que l'on voit se déplacer dans leur habitacle avec des langueurs de baleine mais j'anticipe après ces années de collège Louis Carrette entre à l'université de Louvin et là ce jeune catholique fait ses premières armes dans ce qui est alors le seul quotidien universitaire au monde l'avant-garde c'est son entrée en littérature et c'est aussi sous l'égit d'Emmanuel Munier son entrée en politique il préside la sous-section de la revue Esprit fondée à Louvin en 1933 et il publie le 19 mai 1934 dans les colonnes de l'avant-garde un réquisitoire aux accents présartrien contre la passion antisémite l'antisémitisme est un sentiment de petit bourgeois le petit bourgeois mal élevé qui lourdement fait ressortir sa supériorité de race on comprend qu'il y tienne c'est la seule qui l' et elle n'est basée que sur le préjugé plus loin dans le même article caret enfonce le clou ce préjugé écrit-il est un abus bien plus insupportable que l'intolérance religieuse ou politique car il vise la race autrement dit ce n'est pas de l'action ni même de l'opinion que l'antisémitisme fait un crime c'est de l'être ce n'est pas la dissidence qu'il tra qu'il traque c'est la naissance mais cette génération née à la veille du grand carnage de 1914- 1918 est avant toute chose pacifiste la guerre qui éclate en Espagne en 1937 aurait pu modifier cette disposition d'esprit les antagonismes en effet sont clairs démocratie contre dictature gauche contre droite les militaires contre les civils mais les gouvernement démocratique abandonnent les républicains espagnols même le Front populaire en France se quanton dans la non intertervention de là écrit Félicien Marceau date la désaffection la méfiance le mépris même qui devait peu à peu entourer tous ces gouvernements alors que monte les périls l'indifférence gagne chanberlin Hitler Dalladier Mussolini le vieux monsieur et les trois et les trois caporeau de 1918 sont mis dans le même sac et le pacifisme apparaît décidément comme la seule voix quand la guerre éclate Louis Carret a à 27 ans et depuis 1936 il est fonctionnaire à l'Institut National de la radiodiffusion mobilisé il combat dans l'armée belge celle-ci est rapidement mise en déroute caret se replie avec son régiment en France après la rédition il reprend ses ses activités sur le conseil de son ministre de tutelle mais entre-etemps l'enire a été rebaptisé radio Bruxelles et placé sous le contrôle direct de l'occupant il devient le chef de la section des actualités en mars 1942 de retour d'un voyage en Italie il trouve l'atmosphère alourdie bien que l'Union soviétique et les États-Unis fuss centré dans la guerre l'Allemagne était partout triomphante l'occupation partout se durcissait des attentats avaient eu lieu suivi de menaces de représaill collective je crois que c'est un peu plus tard seulement que comme commencèrent à se répandre des informations sur les camps d'extermination mais à ce moment déjà les mesures de plus en plus graves prises contre les Juifs en faisait prévoir de pire si révoltante qu'elle fussent d'autres mesures allemandes pouvaient encore appartenir à la dure logique d'un ennemi occupant les mesures contre les Juifs pour moi c'était tout ensemble l'horreur et la démence je puis concevoir la dureté je suis fermé à la démence je résolus de donner ma démission et ce geste ne lui est pas facile une autre morale objecte en lui à son sursaut moral la morale de groupe deux hontes se disputent alors son âme la honte en restant de collaborer avec un pouvoir criminel la honte en prenant congé de laisser tomber ses collègues et de manquer ainsi aux lois non écrites de la camaraderie cette camaraderie ou dit-il dans les années courtes l'expérience lui a appris à reconnaître le è péché capital et le plus saut le plus lâche on ne compte pas les gestes niis les articles imbéciles les manifestes saugrenus qui ont été faits écrits ou signés pour les copains ou pour ne pas mériter ce regard d'une seconde à l'autre devenu froid il y a dans ces quelques lignes l'esquise d'une phénoménologie de la banalité du mal s'extirpant de la glue de la camaraderie carê quitte donc la radio le 15 mai 1942 il fonde sa sa propre maison d'édition où il publie notamment le grand le grand dramaturge Michel de gelderold mais il ne choisit pas pour autant la voix de la résistance à la Libération il apprend que la police le recherche il fuit donc vers la France en compagnie de sa femme avec pour seul bien une valise et son cher Balzac dans l'édition de la playayade en janvier 1946 il est jugé par contumas et condamné à 15 ans de travaux forcés par le conseil de guerre de Bruxelles qui sur 300 émissions a retenu CIN textes à sa charge deux chroniques sur les officiers belges restés en France une interview d'un prisonnier de guerre revenant d'Allemagne un reportage sur le bombardement de Liège et une actualité sur les ouvriers volontaires pour le Reich ces émissions ne sont pas neutres comme le dit l'historienne belge Céline Raz dans la thèse qu'elle vient de soutenir à l'Université de Namur les sujets sont anglés de façon à être favorable à l'occupant cela ne suffit pas à faire de carê un fanatique de la collaboration ainsi en tout cas en N jugé le général de Gaulle qui au vu de son dossier lui a accordé la nationalité française en 1959 et Maurice Schuman la voix de Radio Londres qui en 1975 a pariné sa candidature à l'Académie française la condamnation à 15 ans de travaux forcés ass sorti de l'interdiction à perpétuité de publier tout article et tout livre est donc exorbitante reste ce fait incontournable Louis Carret a choisi de travailler dans une radio dirigé par les allemands alors que personne ne l'y obligeait et qu'il était à l'abri du du besoin pourquoi la réponse à cette question se trouve dans son roman Les pacifiques écrit en 1943 et resté inédit jusqu'à sa publication en 2011 aux éditions de Fallois l'action se déroule à la veille du orage et les personnages impuissants voient la paix glisser dans le néant avec un sourire navré ils ne sont pas réulsé par mancamp flanchlus le dépessage de la Tchécoslovaquie et la nuit de Cristal mais par la guerre immonde qui suscite tout ce qu'il y a d'immonde dans le cœur déjà si immonde des braillards et quand la défaite est consommée liton à la dernière page du roman l'intelligence est de sauver les meubles l'ennemi des pacifiques ce n'est pas l'ennemi ce sont dans tous les camps les gens qui rêvent d'en découdre et ces pacifiques sont d'autant moins enclins à résister qu'ils croi revivre une réédition de 1914 c'est-à-dire d'un mécanisme narquois déclenché par mes gardes et qui échappait aux hommes un homme épouvanté en vaut deux c'est fort de ce principe que Louis Carret choisit le pacifisme et s tient l'histoire en l'occurrence n'est pas pour lui maîtresse de vie mais maîtresse d'erreurs l'expérience sur laquelle il spp puie l'aveugle au lieu de l'éclairer le passé qu' l'obsède lui dérobe l'effroyable nouveauté de l'événement qu'il est en train de vivre il oublie à force de mémoire que comme l'écrit Valérie le présent c'est ce qui ne s'est jamais présenté jusque- là bref il ne voit pas la discordance des temps et ceux qui 70 ans après reprennent à leur compte dans leur nécrologie le jugement du conseil de guerre de Bruxelles commette un contresens analogue leur référence à eux c'est Hitler Moras et la deuxème guerre mondiale ils jugent tout à ses ton il ne voit pas que depuis la conférence de durbane organisée par les Nations Unies en septembre 2001 l'antisémitisme parle la langue immaculé de l'antiracisme et dès lors que les Juifs ne sont plus en but au fascisme ou à la réaction mais doivent répondre du comportement d'Israël ils minimisent leur tourment ou les abandonnent carrément à leur sort en tant que complice d'une Politi é criminelle leur invocation constante des heures les plus sombres de notre histoire ne protège pas les carfoun kelstein d'aujourd'hui contre la haine elle les y expose au ravage de l'analogie s'ajoutent les méfets de la simplification plus le temps passe plus ce que cette époque avait d'incertain et de quotidien devient inintelligible rien ne reste de la zone grise la mémoire disciple brouillard dans lequel vivaient les hommes le roman national qui aime la clarté en toute chose ne retient que les héros et les salots les chevaliers blancs et les âmes noires on met au pinacle le nom de primolevi mais c'est Quentin Tarantino qui mène le jeu c'est sur le modèle d'inglorius Bastard que tout un chacun se fait son film je ne me sens pas représenter mais trahis et mê menacé par les Justiciers présomptueux qui peuplent la scène intellectuelle ce qui ne veut pas dire bien sûr que tout jugement moral relève de la bêtise de la présomption pourquoi comprendre sinon pour éviter les pièges de l'anachronisme et pour juger en connaissance de cause ainsi ce ne serait pas un progrès mais un mais une défaite de la pensée que de laisser sans jugement l'inébranlable solidarité des perdants de l'histoire dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale au lieu de prendre la mesure de la catastrophe européenne un certain nombre d'écrivains talentueux regroupé autour des revues la TBL ronde ou la Parisienne fir flèche de tout bois contre ce qu'il vivait comme l'arrogance insupportable des triomphateurs sans se laisser entamer le moins du monde par la découverte de l' de l'ampleur des crimes nazis ils revendiquèrent pour eux la qualité de paria de proscrit de persécutés et la critique du résistentialisme leur un lieu d'inventaire il reconnaissaiit que l'occupation avait été une époque pénible mais c'était les excès de la Libération qui constituaient pour eux le grand traumatisme icien Marceau a toujours su préserver sa singularité reste qu'il faisait partie de cette société littéraire qui s'était placée sans état d'âme sous le parrainage des deux super champions de l'impénitence Jacques chardon et Paul Morand je suis donc fondé à penser avec regret que pour l'essentiel il en partageait l'humeur voilà j'ai tâché d'honorer sans faux fuyant le rendez-vous qui m'avait été instamment fixé avec le passé de mon prédécesseur je peux donc aborder maintenant son présent c'est-à-dire l'œuvre qu'il nous laisse qui il Félicien Marsau Louis Carrette avait à son actif un essai et trois romans mais arrivé en France il a voulu avant même de reprendre la plume tourner la page il s'est donc doté d'un nouveau nom pour une nouvelle naissance et ce nom n'est évidemment pas choisi au hasard il se lit comme une promesse de gaieté et d'insouciance après les sombres temps de la politique totale promesse tenue pour notre bonheur dans des romans comme les passions partagées ou un oiseau dans le ciel mais la littérature prend un malin plaisir à contrarier les pulsions généralisantes même cell des écrivains si tout est drôle ou cocasse chez Félicien Marceau tout n'est pas délicieux tout n'a pas le charme souriant de la légèreté chéri cuir son chef chedœuvre est un livre grinçant et un voyage en eau profonde lisons la première page il se réveilla frais et dispo voilà d'où je suis parti voilà la brèche parù tout a passé tout jusqu'au drame et le reste la phrase clé la phrase qui m'a permis de voir clair de déceler l'imposture sans elle je seraiis encore là je ne sais où comme un imbécile exclu rejeté seul enfin seul et perplexe seul et désespéré devant un monde pour moi clos comme un œuf à ne rien comprendre à croire que alors que la réalité est que frais et dispo le lendemain je me suis réveillé frais et dispo partout les gens qui vous parlent les gens dans le métro les journaux comme si tout le monde se réveillait frais et dispo comme si c'était une chose fréquente normale naturelle n'est-ce pas parce qu'enfin une phrase qu'on rencontre si souvent on est bien forcé de penser qu'elle n'évoque rien d'exceptionnel rien de curieux bon magis le narrateur et le héros de l'histoire fait donc un jour cet étrange constat la vie ne ressemble pas au discours généralement tenus sur elle entre les mots proférés et les choses vécues il y a un abîme dont personne ne paraît s'apercevoir car les hommes prêment pour l'être vrai le système formé par la rumeur les préjugés les lieux communs les expressions toutes faites qui composent l'esprit du temps cartésien est fier de l'être ils ont le cogito pour CRÉO je pense donc je suis disIl alors que le plus souvent au lieu de penser ils suivent ils se veulent indépendant de la société mais cet individualisme est une chimère la société ne leur est pas extérieure elle leur colle à la peau dès qu'ils ouvrent la bouche c'est elle qui parle ne s'étant jamais réveillé que la laine chargée et la bouche pâteuse magis a fini par comprendre que quelque chose ne tournait pas rond dans la langue au lieu de l'exactitude attendue il y a vu à l'œuvre ce que Heidegger appelle la dictature du h nous nous réjouissons comme on se réjouit nous lisons nous voyons et nous jugeons de la littérature de l'art comme on voit et juge plus encore nous nous séparons de la masse comme on s'en sépare nous nous indignons de ce dont on s'indigne les démocrates les modernes que nous sommes prétendent n'obéir qu'au commandement de leur propre raison mais ils se soumettent en réalité au décret de l'opinion commune le bon sens apparaissant comme la chose du monde la mieux partagé on se défie des supériorités individuelles on refuse de se laisser intimider par les personnalités éminentes mais du ont lui-même chacun est la victime consentante comme la montrée tocville nous sommes en tant que citoyens libre et égau les sujets dociles du pouvoir social pourquoi citer ici toville et heidger parce que si on veut comprendre la portée de cher et cuir il faut arracher ce roman à la gangue de la psychologie comme la nausée ou l'étranger ché cuir explore les structures ontologiques de l'existence référence écrasante dira-t-on non ce roman ass ceci de Félicien qu'il est malicieux la tournure populaire du style adopté donne li à des trouv est surprenante et toujours amusante mais comme l'a écrit profondément Chesterton amusant n'est pas le contraire de sérieux amusant et le contraire de pas amusant et rien d'autre dans sa vie comme dans le récit qu'il en tire magis a donc décidé de rompre avec le système il ne se laissera plus dicter son identité par le babil du monde il ne fera plus entrer de force le vrai dans le carcan ou dans le cocon du vraisemblable il sortira pour vivre et pour raconter sa vie de l'œuf douillet de la doxa il brûlera ses vaisseaux sans égard pour le candiraton faute de modèle qu'il pourrait suivre magis dispose avant de se lancer dans cette téméraire entreprise d'un parfait contreexemple les mémoires d'Edgar champion son ancien condisciple cet écrivain aux fêtes de la gloire a pris en apparence le risque de tout dire et de fait il révèle des choses qu'en général on passe sous silence qu'il était sournoir menteur que dès l'âge de 12 ans il n'était plus à tenir qu'il se touchait qu'il volait le linge de sa tend pour s'exciter dessus un homme se penche sur son passif comme il écrit lui-même sauf qu'il tait l'essentiel et l'essentiel la grande affaire ce n'est pas la sexualité comme le veut le système qui a déjà absorbé Freude l'essentiel cet incroyable mais vrai l'essence c'était son vice à ce garçon sa manie son plaisir il était toujours fourré dans les garages à renifler les bidons il se mettait dans un coin le nez sur un bidon et il ne bougeait plus en extase tout pâle les narines pincées il la buvait même l'essence il prenait les bouchons pour les lécher il ne s'en cachait pas d'ailleurs il n'y a rien de plus bon disait-il mais se penchant malgré sa promesse de sincérité absolue le grand écrivain l'a prudemment retiré de la liste de ses anomalies il s'est dégonflé car la car l'essence à la différence des culottes ne figurait pas dans la table des dérèglements homologués par le système et champion qui songeait à sa carrière a eu peur que ce Apax ne lui ferme les portes de l'Académie française alors au moment de passer aux aveux il s'est replié sur le bon vieil inavoable de la tradition conclusion de Magis martelé plusieurs fois dans le roman la littérature naavant avance que grâce au livre dont l'auteur accepte qu'on se foute de lui ce qui rappelle cette confidence de l'écrivain crémon au début des pacifiques je ne reculerai pas devant ces petites vérités honteuses mesquines qui font la grandeur d'un livre ce que j'appellerai les vérités dosoyevski mais malgré soi on pense à ses amis on se préoccupe de sa figure magis n'a pas cette préoccupation il raconte non son obsession transgressive de la sexualité mais le mal de chien qu'il a eu a selon son expression perdre sa fleur bref il descend de l'estrade sur une estrade tout ce qu'on fait ce n'est pas du mensonge si on veut mais ce n'est pas tout à fait la vérité on se guinde on fait le brave l'avantageux le bonass on rigole sans savoir de quoi magis a pris la décision de vivre et d'écrire à sa hauteur quand on vit il n'arrive rien constatait auquentin dans la nausée les décor change les gens entrent et sortent voilà tout il n'y a jamais de commencement les jours s'ajoutent au jour sans rime ni raison c'est une addition interminable et monotone magie c'est un autre rantin au lieu de mettre sa vie en mot pour en faire une aventure il s'efforce par le récit de la soustraire au gros mensonges narratifs des romans et des biographies traditionnelles allant jusqu'à abandonner les pourquoi et les comment bien machinés les uns dans les autres du principe de raison il prend la vie comme elle est avant que le système qui veille sur notre humanité ne se mêle de la faire tenir droit un flot un abandon une pente une vie où les choses se mettent comme ça et où rien ne surnage mais comme personne n'est parfait magist n'arrive pas à se déprendre de toutes les raisons et de tous les liens il s'est marié bientôt la femme qu' a très vite cessé d'aimer le trompe cette tromperie l'affecte car à défaut d'amour il reste relié aux autres c'est sa vérité de sevski par l'amour propre il ne supporte pas d'être exclu rejeté M prisé alors qu'il était plongé dans une bienheureuse indifférence il remonte à la surface il tue sa femme et se débrouille pour faire condamner la MAN de celle-ci à sa place ce Dugommier a le système contre lui il prend 20 ans magis reste donc seul avec sa fille rousoïist à sa manière il veut par son éducation susciter un être qui ne doive rien au système il lui apprend donc à ne jamais censurer ses sentiments résultat quand sa grand-mère lui rend visite marhee l'accueille par ses mots papa il dit toujours que tu nous emmerdes à venir comme ça et quand la vieille dame éclate en sanglot tu pleures grande vache magist fait donc le vide il s'affranchit de tous les liens humains et voici ses derniers mots il reste marhe il reste nous deux notre petite vie notre petite planète qui ne cesse de s'éloigner ainsi l'homme qui met au jour le vice du système se révèle bien plus vicieux que celui-ci il finit par être libre magisse mais sa liberté a quelque chose de répugnant il n'est pas le Pr chevalier de l'autonomie radicale il est son triste cire l'estrade ou le souterrain au bout du compte aucune option n'est satisfaisante la thèse de Magis ne fait pas de cher cuir un roman à thèse devant l'affront infligée à sa pauvre grand-mère par une petite fille manipulée on en vient même à se dire que l'hypocrisie a du bon et que les formules convenu ne sont pas une alignation détestable mais une inhibition salutaire elles n'incarcère pas les hommes elle civilise la société magis avait su nous enrôler dans son combat contre les ponciifs et les clichés qui dérobent la vie elle-même mais ce que son combat avait lui-même de systématique apparaît au moment de le quitter car sa pédagogie est un hommage involontaire au protocole de la civilité au lieu commun de la politesse ordinaire Félicien Marceau appartient à cette période bénie de notre histoire littéraire où les frontières entre les genres n'étaient pas encore étanches les auteurs les plus doués circulait librement d'une forme à l'autre et savait être avec un égal bonheur romancier esséiste dramaturge l'œuf écrit en deux temps trois mouvements est ainsi la version théâtrale de Cherry cuir et ce qui valut à cette pièce un succès mondial c'est l'audace de sa composition autant que sa force comique et l'universalité de son propos Marceau qu' classe paresseusement parmi les auteurs de boulevard n'a pas usé pour nouer son intrigue de êtes éculé comme le dit Charles dansig dans son livre d'entretien avec Phélicien Marsau l'imagination est une science exacte il a inventé une nouvelle formule théâtrale la pièce écrite à la première personne le personnage principal raconte sa vie et convoque les autres personnages pour les besoins des épisodes dont il veut nous faire part se mêlant parfois à eux puis revenant sur le devant de la scène pour raconter la suite dans l'œuf comme un peu plus tard dans la bonne soupe le coup de génie de Marceau consiste à transféré sur les planches un procédé tout naturel dans le roman c'est le romancier en lui qui élargit le champ des possibles du théâtre mais si la forme varie la pensée de l'écrivain se caractérise par la constance de son questionnement la virtuosité chez lui va de paire avec l'opiniatreté tous mes livres écrittil en 1994 sont une longue offensive contre ce que dans l'œuf j'ai appelé le système c'est-à-dire le signalement qu'on nous donne de la vie et des hommes ces lieux communs sont plus dangereux que le mensonge parce qu'ils ont un fond de vérité mais qu'ils deviennent mensonge lorsqu'on en fait une vérité absolue et cette offensive lui paraît d'autant plus nécessaire d'autant plus urgente même qu'avec le règne des écrans le système est aujourd'hui au fait de sa puissance dans votre signalement de l'homme mon cher dit l'un de ces personnages n'oubliez pas la télévision qui tous les soir sur nos querelles sur nos angoisses vient étendre ses mots ses images son ronron comme une nappe bien tiré sans un pli mais peut-on échapper au système autrement que ne le fait Émile magiss peut-on sortir de l'œuf sans devenir un cloporte oui répond Félicien Marsau et dans deux essais écrits à 30 ans de distance il prend l'exemple de Casanova l'aventurier vénitien déploie tout au long de sa vie une insolente et insasiable liberté mais s'il refuse de se laisser corseter par le principe de raison ce n'est pas pour végéter béâtement dans son magma loin de confondre la liberté avec l'indifférence Casanova est foncièrement un ami des fem entre les femmes et lui il y a constamment conivance il est donc l'antimagice et il est aussi comme le montre magistralement Marsau l'antiongan que cherche donongan non le plaisir mais la victoire sa vie est un perpétuel défi il a besoin d'un ennemi à vaincre d'un obstacle à surmonter Casanova lui cultive l'occasion et il les prend à la saisir fin de citation Casanova n pas l' homme du défi mais l'homme de la disponibilité dans le plaisir il ne cherche rien d'autre que le plaisir la transgression restant dans un rapport de dépendance à l'égard de la loi il s'affranchit simultanément de l'une et de l'autre jamais il n'éprouve le besoin de se poser en s'opposant c'est un voluptueux ce n'est pas un adversaire il choisit l'édonisme non l'héroïsme pour le dire d'un mot Casanova ne met pas le système en question il le met entre parenthèses la liberté dont il fait preuve est une liberté limitée à l'acte et que n'escorte aucune doctrine on retrouve cette grâce chez certains personnages de Marceau comme Nicolas de Saint-Damien le héros d'un oiseau dans le ciel cet homme comblé est aimé de son épouse de ses six belles sœurs de ses beaux parents et il coule des jours tranquille dans l'hôtel familial de la rue Barbet de jouis mais ce cocon les touffe alors un jour sans prévenir il s'en va il a filé comme un bas il s'est taillé comme un crayon dimaïté la meilleure amie de sa grand-mère de l'Angleterre à la Grèce Nicolas de Saint-Damien affronte 1000 péripéties et voici en S réplique la morale de l'histoire d'abord comment va-t-il il va très bien il est heureux il est libre c'est différent c'est l'étage au-dessus et puis surtout il y a Marie Jeanne l'héroïne de bergère légère quand nous faisons sa connaissance c'est une grande fille de 12 ou 13 ans charmante avec ses cheveux bruns coupés courts ses pommettes rondes ses yeux d'un bleu très foncé son air insolent cette a elle le conserve en grodissant Marie-Jeanne n'est pas timide et peu lui importe le candiraton elle aime décontenaner inquiété déranger ce calme où s'assoupissent les gens sa vie hors des sentiers battus la conduit avec sa bande dans le village d'étichov elle y rencontre dans des circonstances qu'il n'est pas nécessaire ici de relater le petit bousset il tombe amoureux il vivent sans savoir rien du lendemain rattachés à rien libres enfin mais lui doit faire son service militaire il pourrait ne pas se rendre à la convocation il résiste à cette tentation car il ne sera jamais un réfractaire un déserteur un hors la loi je suis un officiel moi je le resterai malgré tout ce que tu as tenté de faire dit-il à Marie-Jeanne et n'étant pas à la hauteur de sa légèreté il la perd l'imagination est une science exacte etimett à dire Félicien Marceau mais il n'a pas imaginé Marie-Jeanne il ne l'a pas inventé il l'a rencontré comme il le raconte dans les années courtes vers 1935 elle était communiste et c'était plus qu'une conviction c'était un mode d'être et d'agir ce qui ne les empêchait pas et les lui de fréquenter le soir venu des cafés obscurs et des d'étrange boîte de nuit nous vivons disait-elle un moment de grâce lorsque luaret reçoit sa convocation militaire Marie-Jeanne lui dit nous pourrions partir passer à l'étranger il ne peut s'y résoudre le jour dit mariejeanne le conduit à la caserne et tout rentre dans l'ordre le petit bousset autrement dit c'est Félicien Marsau et je me demande à relire bergère légère et tous ces livres après les années courtes si son amour est perdu de la liberté ne tient pas au faites moment crucial il lui a préféré l'obéissance il me semble que cette œuvre qui aurait pu faire sienne la maxime de taléran ne pas élever d'obstacle entre l'occasion et moi et tout entière habité par la nostalgie de mariejeanne j'en ai presque terminé et je m'aperçois qu'il manque à cet éloge la belle adaptation pour Giorgio Streller metteur en scène magique de la trilogie de la villjature de goldeny de goldeny il manque Balzac et son monde la somme érudite et affectueuse consacrée par Marsau à l'auteur qu' a accompagné sa vie dur rang manque aussi des romans aussi essentiels que crisi où l'histoire de ce fils de famille noceur et désœuvré qui devient l'homme du roi et que démenti singlant à la sagesse du système le pouvoir ne corrompt pas mes élèves j'aurais dû en outre faire à Capri peti le et plus généralement faire un sort à l'Italie indocile devenu au fil du temps la deuxième patrie de cœur de Félicien Marsau je dirais pour ma défense que je n'ai pas voulu être exhaustif j'ai découvert une œuvre que je l'avoue je connaissais à peine et chér cuir un roman qui fait partie désormais de ma bibliothèque idéale m'en a fourni la clé au terme de ce périple j'ai les mots qu'il faut pour dire exactement ce qui me gêne et même me scandalise dans la mémoire dont Félicien Marsau fait aujourd'hui lesffais cette mémoire n'est pas celle dont je me sens dépositaire c'est la mémoire devenue doxa c'est la mémoire moutonnière c'est la mémoire dogmatique et automatique des Paes avantageuses c'est la mémoire de l'estrade c'est la mémoire revue corrigée et recrachée par le système ces adeptes si nombreux et si bruyant ne méditent pas la catastrophe ils récitent leur catéchisme ils s'indignent de ce dont on s'indignne ils se souviennent comme on se souvient la morale de toute cette histoire ce n'est certes pas que le temps est venu de tourner la page et d'enterrer le devoir de mémoire mais qu'il faut impérativement sortir celui-ci de l'œuf où il a pris ses quartiers pour lui rendre sa dignité et sa vérité perdue

49:35
Non speech

[Applaudissements]