Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 août 2023 25 min

Coups d'État militaires en Afrique, rencontres de Saint-Denis autour d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François Hollande. Un mot d'abord sur la situation confuse au Gabon ce matin. Des militaires sont apparus à la télévision pour annoncer l'annulation de la réélection du président Ali Bongo, qui est au pouvoir depuis 14 ans. Ils annoncent aussi la dissolution des institutions. Quelle est votre réaction ?

0:21
François Hollande

Alors il y avait un processus électoral en cours au Gabon, il y avait des contestations, donc ça peut être la cause de ce coup d'état. Il n'empêche, c'est le cinquième sur le continent africain et dans l'Afrique francophone depuis 2020. Parce qu'il y a eu le Niger, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, la Guinée, le Tchad et le Niger et maintenant le Gabon.

0:49
Invité

Cet effet de contagion, c'est parce que les militaires se sentent écoutés franches ?

0:54
François Hollande

Je pense qu'il n'y a pas eu de réaction suffisante, y compris de la France d'ailleurs, mais de la communauté internationale et de la CDAO, c'est-à-dire l'Afrique de l'Ouest qui, avec l'OUA, est chargée quand même d'accompagner des processus électoraux et démocratiques. Il n'y a pas eu de réaction suffisamment nette lorsqu'il y a eu le premier coup d'état au Mali. C'était pas dans n'importe quel pays, c'était au Mali.

Là où il y avait eu une guerre contre le terrorisme, il y avait toujours une guerre contre le terrorisme, là où il y avait eu un processus électoral, là où il y avait un président qui, même s'il était contesté, était légitime, et il y a eu une forme d'acceptation de ce premier coup d'état. Donc les militaires se sont enhardis, ça a été ensuite le Burkina Faso, la Guinée, d'une certaine façon le Tchad, et le Niger a été, d'une certaine façon, les dernières étapes. On pensait que ça pouvait s'arrêter là, on voit bien que le Gabon est également conseillé, sans doute pour d'autres raisons.

Mais quand on y réfléchit, pendant des années, il y a eu, de manière plus ou moins chaotique, des processus électoraux en Afrique. Et nous pensions tous, dans le cadre du respect que nous avons pour les Africains, qu'il y aurait, d'une certaine façon, l'installation d'institutions solides en Afrique. On voit qu'il n'en est rien. Est-ce qu'il est possible qu'il y ait des influences étrangères, et notamment des régimes autocratiques, la Russie et la Chine, pour déstabiliser ces pays et réduire l'influence occidentale ? C'est évident.

2:31
Présentateur

En tout cas, pour le Gabon, on a ce matin une situation instable. Est-ce qu'il faut déjà penser à faire rentrer les Français qui sont sur place sur le territoire national ?

2:40
François Hollande

Non, je pense qu'on verra dans les prochaines heures s'il y a des menaces. Mais je pense que là, il n'y a rien qui soit dirigé contre la France en particulier. Je rappelle quand même qu'au Gabon, il y a des éléments militaires qui sont stationnés, et il y a des intérêts économiques importants, beaucoup plus importants que ce qui peut se produire, par exemple, au Mali.

3:02
Invité

Vous disiez, François Hollande, que le manque de fermeté au Niger, notamment, pouvait avoir entraîné... Au Mali, d'abord. Au Mali, d'abord, mais également au Niger, pouvait entraîner une forme de... Les militaires, le sentiment un peu d'impunité. Est-ce qu'Emmanuel Macron a raison de faire preuve de fermeté au Niger, avec le Niger ?

3:23
François Hollande

Oui, mais ça aurait dû se faire dès le premier coup d'État au Mali. Pourquoi une réaction, et je la partage, aussi courroussée sur ce qui s'est produit au Niger, un président qui avait été démocratiquement élu ? Il n'y a pas eu l'équivalent, il y a maintenant trois ans, lorsque le président Keïta a été renversé par des militaires. Pourquoi Emmanuel Macron est même allé au Tchad, lorsque le président Déby a été tué, que c'est son fils qui lui a succédé, sans du tout qu'il y ait de processus électoral ? Donc, il y a eu une forme d'acceptation des coups de force.

Et alors, effectivement, au Niger, c'était le coup d'État de trop, parce que là, il y avait aussi une réaction anti-française qui paraissait totalement exagérée, disproportionnée, parce que je rappelle que la France au Niger n'est là que parce qu'elle y a été appelée. Mais on peut avoir le discours de fermeté, encore faut-il en avoir les moyens ? D'abord, parce que ce n'est pas à la France de régler ces questions-là.

C'est à une organisation qui s'appelle la CDAO, c'est-à-dire le Regroupement des Pays de l'Afrique de l'Ouest, ou à l'Union africaine, de régler entre Africains la question d'évolution de pouvoir, des coups d'État lorsqu'il s'en produit, et des processus électoraux qui doivent être encouragés. Quand les Africains, et c'est leur responsabilité, notamment la CDAO, restent dans l'expectative ou ne veulent pas s'immiscer dans un processus où ils imaginent une solution diplomatique et évoquent une solution militaire pour ensuite la récuser, ce n'est pas à la France. Et ça, quand j'étais président, je m'y suis toujours refusé.

Ce n'est pas à la France de se substituer aux Africains pour décider de leur avenir.

5:07
Présentateur

Mais alors là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Par exemple, au Niger et dans tous les autres pays qu'on a évoqués, que ce soit le Burkina ou le Mali, il y a un sentiment anti-français qui est bien présent. Nous, on a encore des soldats sur place, 1500 soldats présents dans la zone. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Vous, vous dites, le conflit au Niger, le conflit armé, on oublie, on passe à la négociation ? On privilégie la négociation ? Ah non, je n'ai pas dit ça.

5:29
François Hollande

Je dis, ce n'est pas à la France de faire une intervention militaire pour rétablir tel ou tel chef d'État. Ça correspond à une période qui n'est plus du tout la nôtre. En tout cas, que moi, j'ai toujours... Mais alors, on reconnaît les kouchistes ? Ce que nous devons faire, c'est de dire aux Africains, et notamment aux Africains de l'Ouest, que c'est à eux de faire en sorte que des processus comme on vient de les connaître, des coups d'État, ne puissent pas rester impunis et qu'il n'y ait pas de travail ou diplomatique ou de médiation pour rétablir les présidents qui ont été légitimement élus. Par ailleurs, sur le sentiment anti-français, parce qu'il existe...

6:09
Présentateur

Est-ce que vous, vous arrivez à comprendre ce qui se passe ? Parce qu'il existe.

6:11
François Hollande

Bon, il faut y répondre. Lorsque j'ai été appelé par les présidents, justement, de l'Ouest de l'Afrique, au moment où les djihadistes allaient fondre sur Bamako... En 2013. ...et allaient donc menacer toute l'Afrique de l'Ouest. Je ne l'ai pas fait parce que j'avais une envie impériale ou une espèce de souvenir néocolonial, ou parce qu'il y avait des intérêts économiques. Il n'y en avait aucun. Je l'ai fait par solidarité.

Je l'ai fait parce que je voyais une population qui était menacée par les terroristes, qui était terrorisée même, à tous les sens du terme, des femmes qui étaient lapidées, et des monuments, des mausolées qui étaient détruits, et puis une population qui risquait d'être asservie. Donc j'ai été appelé, et j'ai mis en place un dispositif militaire. Je rappelle qu'il y a eu 59 morts militaires français, de nombreux blessés, et que nous avons fait notre devoir de solidarité. Après, pourquoi nous y sommes restés ? Moi, je n'avais pas du tout l'idée que la France se représente par des moyens militaires. C'était une erreur de rester ?

Non, ce n'était pas une erreur dans les premières années, mais l'idée était de nous faire remplacer par des forces africaines, précisément, ou par les forces des Nations Unies. Et on s'est aperçu que ce n'était pas le cas, et c'est sans doute la raison pour laquelle il fallait partir. Et il faut partir à un moment, parce que nous ne pouvons pas être une force de gendarmerie supplétive.

7:40
Invité

François Hollande, vous restez avec nous. Dans un instant, on va parler d'Emmanuel Macron et de la réunion qu'il organise aujourd'hui avec les chefs de toutes les forces politiques. Ce sera juste après le fil info, Maureen Fignard. Les frontières du Gabon, fermées jusqu'à nouvel ordre, des militaires annoncent à la télévision qu'ils annulent les résultats des élections. Elles venaient d'être publiées et donnaient le président Ali Bongo gagnant. Les militaires disent dissoudre les institutions. Il n'y a pas eu de réaction suffisante après les autres coups d'État en Afrique, notamment au Mali, regrette sur France Info l'ancien président François Hollande.

Pour Sébastien Chenu, le vice-président du Rassemblement National, l'initiative du président de la République est déjà voué à l'échec, mais il ira quand même rejoindre Emmanuel Macron cet après-midi à Saint-Denis avec les autres représentants des forces politiques représentées au Parlement. Au moins 1990 enfants sont sans solution d'hébergement et cela à quelques jours de la rentrée scolaire, 20% de plus que l'année dernière, indique sur France Info la Fédération des acteurs de la solidarité. Son président annonce qu'ils attaqueront en justice les préfets qui mettent en place des critères de sélection pour obtenir un hébergement d'urgence faute de place.

Une courte vidéo qui met en scène de faux supporters au début de la Coupe du Monde de rugby en France. Quand arrive une vague de pétrole déversée par Total Energy, Greenpeace dénonce avec cette vidéo les entreprises d'énergie fossile qui sponsorisent les événements sportifs majeurs. L'ONG dénonce un attentat climatique. France Info

9:15
Présentateur

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliabrakia Toujours avec l'ancien président de la République, François Hollande, une initiative politique d'ampleur. C'est ainsi qu'Emmanuel Macron qualifie la rencontre qu'il organise aujourd'hui avec les chefs de toutes les forces politiques représentées au Parlement. Ça va se passer à Saint-Denis cet après-midi. Est-ce que déjà sur le principe, vous dites c'est bien, le président tend la main à l'opposition, c'est une bonne manière de gouverner ?

9:38
François Hollande

Le dialogue, c'est toujours mieux que la dispute. Donc, que le président de la République veuille entendre l'ensemble des familles politiques, pas simplement de l'opposition, de toutes les familles politiques, ça me paraît être un bon processus. Alors, ça se fait dans un cadre un peu particulier, avec des effets d'annonce dont on verra ce qu'ils seront. Mais, je pense que le processus lui-même, le principe même du dialogue est utile. Après, c'est la décision qui compte.

10:07
Présentateur

Il parle au Rassemblement National comme à la France Insoumise. Au départ, ces deux formations ne les aient pas conviées. Il a changé d'avis. C'est bien d'avoir changé d'avis, justement ? Il faut parler à tout le monde ?

10:18
François Hollande

Cette question, je me la suis posée aussi dans un tout autre contexte. Lorsqu'il y a eu les attentats à Paris au mois de novembre 2015, je devais recevoir les partis représentés à l'Assemblée Nationale. Ça ne suffisait pas. Donc, j'ai réuni toutes les formations politiques, même celles pour lesquelles je n'avais pas, c'est le moins qu'on puisse dire, la moindre affinité ou au moins le partage de valeurs. Je pense que, dès lors qu'il y avait ce dialogue, dès lors qu'il y a des partis qui sont représentés au Parlement, il est légitime de les inviter.

10:49
Invité

C'est le grand retour du référendum dans l'espèce de concours d'idées qui a précédé cette réunion. Référendum sur l'immigration. Les Républicains arrivent avec cette idée-là. Vous en pensez quoi ?

10:57
François Hollande

Alors, un référendum sur l'immigration n'est pas possible par l'article 11 de la Constitution. Donc, ce que demandent les Républicains, mais aussi le Rassemblement National, de ce point de vue, il y a une certaine convergence, c'est de changer la Constitution et de permettre qu'il puisse y avoir, par l'article 11, donc directement, une consultation sur l'immigration. Je pense que ces questions-là peuvent se régler d'abord dans le cadre du Parlement. Il y a un texte de loi qui arrive. Bon, on ne peut pas en partager tous les éléments, mais ça donne lieu à ce moment-là à un débat et à une prise de décision. À condition de la majorité.

Rien que pour la Constitution, rien que pour ça, rien que pour, demain, aller changer le code de la nationalité ou les règles du séjour, je pense que, par référendum, on ouvre un processus qui peut être dangereux.

11:53
Présentateur

Dangereux. Vous parliez à l'instant du texte sur l'immigration qui arrive.

11:56
François Hollande

Le texte est l'air sur le changement de constitution pouvant permettre un référendum. Il y a aussi une disposition qui prévoirait, si elle était mise en œuvre, que la France ne respecterait plus les règles européennes. Vous savez qu'il y a un principe, c'est que les lois nationales, dans les domaines où l'Europe intervient, sont soumises au principe de hiérarchie des normes. Donc, ça voudrait dire que pour un certain nombre de questions, notamment la nationalité, l'immigration, le séjour, l'asile, nous nous mettrions en dehors des règles européennes ?

12:36
Présentateur

La droite l'assume, ça.

12:37
François Hollande

Oui, mais c'est intéressant, parce que quand la France insoumise parlait de désobéissance, au moment de la création de la Nupus, on m'en suis inquiété. Alors si, maintenant, on est européen, mais qu'on dit que ce soit pour des questions économiques, budgétaires, ou maintenant, pour des questions sur le droit d'asile, on ne respectera pas le droit européen. Mais il y a une façon de ne pas respecter le droit européen, je le signale, c'est de sortir de l'Union européenne. C'est ce qu'ont fait les Britanniques. Les Britanniques, ils ne sont pas dans les règles européennes, ils font ce qu'ils veulent.

Donc si c'est ça que souhaitent maintenant les LR, eh bien qu'ils disent très clairement qu'ils ne veulent plus rester dans l'Union européenne.

13:13
Présentateur

Juste sur le texte sur l'immigration qui arrive au Parlement dans les prochaines semaines, est-ce que la gauche doit voter le texte si la régularisation des travailleurs sans papier y figure ?

13:23
François Hollande

Non, moi, il ne m'appartient pas de dire ce que la gauche, d'abord, c'est une pluralité, ce qu'elle doit faire à l'Assemblée nationale. Ce que je peux donner, c'est ma position. C'est-à-dire qu'il y a eu déjà plusieurs lois sur l'immigration, je ne suis pas sûr qu'il en faille encore d'autres, même s'ils peuvent préciser les précédentes. Il est légitime de trouver des procédures plus rapides, plus simples, tout en étant respectueuse du droit, pour permettre de traiter rapidement les demandes d'asile.

13:53
Présentateur

Ça, c'est dans le texte ?

13:54
François Hollande

Je pense que ça fait partie de ce que... L'accélération des procédures. Oui, l'accélération ne veut pas dire un mépris des règles. Ça veut dire qu'on ne peut pas laisser des personnes sans réponse, alors qu'une demande d'asile a été formulée et sans la possibilité de travailler.

14:08
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut réduire drastiquement l'immigration, comme le dit Emmanuel Macron ?

14:11
François Hollande

Mais les demandeurs d'asile, ça, c'est un droit qui est reconnu au plan européen et au plan international. Ce n'est pas nous qui pouvons décider, nous pouvons simplement dire qui peut revendiquer l'asile ou pas. Mais je parle des autres. Les autres, c'est quoi les autres ? C'est les étudiants, on veut qu'il y ait moins d'étudiants étrangers en France, alors que ça fait partie de l'attractivité. Sur le regroupement familial, est-ce qu'il y a des abus ? S'il y en a, ils doivent être corrigés. Mais enfin, là aussi, c'est un droit fondamental de vivre en famille. Qu'est-ce qu'il reste ? L'immigration économique. Moi, je ne suis pas favorable à ce qu'il y ait une immigration économique.

Il y a du chômage en France qu'on puisse former. Donc, on coupe le robinet de l'immigration économique. Non, on ne coupe pas le robinet, mais c'est maintenant devenu, finalement, résiduel, l'immigration économique. Et que chaque année, on puisse regarder quels sont les métiers en tension, là où on peut accepter...

14:59
Présentateur

Vous êtes pour cette disposition, la création d'un titre de séjour métier en tension.

15:03
François Hollande

Oui, mais ça se fait d'ailleurs tous les jours lorsqu'il y a des besoins économiques. Enfin, qu'il y ait la nécessité de régulariser un certain nombre de cas. Moi, je l'avais fait dès l'entrée dans mon quinquennat. Oui, il faut régulariser les personnes qui sont là depuis longtemps, qui travaillent, qui ont une famille et qui se retrouvent dans une situation de non-droit. Oui, ça, il faut le faire. Et si on fait par petits bouts, eh bien, on ne donnera pas la cohérence d'une politique migratoire.

15:33
Invité

François Hollande, pour redonner la parole aux Français, est-ce que vous croyez à l'idée de préférendum, cette espèce de référendum à choix multiples, l'idée d'Olivier Véran ?

15:40
François Hollande

Dans la Constitution, il faut y revenir, il y a la possibilité, je vous l'ai dit, dans certaines conditions, qu'il y ait un référendum. Il faut que ce soit dans des domaines très précis, l'économique, le social, l'environnemental, l'organisation des pouvoirs publics, les services publics. Donc, s'il doit y avoir une consultation, elle doit se faire par référendum. Je ne connais pas d'autres procédures. Pour l'instant, le préférendum, c'est de la politique fiction ?

C'est de la consultation, mais qui n'a pas de valeur juridique, qui n'a pas d'organisation, et qui, d'une certaine façon, ne sert pas à faire trancher par les Français des situations qui le mériteraient, ou des sujets qui devraient être, à un moment, des textes de loi. Je rappelle que pour un référendum, on ne dit pas oui ou non à une question, on dit oui ou non à un projet de loi. Ça, c'est très important. Pour qu'il y ait un référendum, il faut qu'il y ait un projet de loi, il faut qu'il y ait un progrès qui soit proposé, ou une réforme qui soit proposée, ou un risque, si le texte était accepté, pour que les Français se prononcent. Et puis, qui va organiser les prêts référendums ?

On va demander aux maires, on va demander à des citoyens de tenir des bureaux de vote dont on sait parfaitement dès l'annonce du prêt référendum qu'ils n'auront aucune valeur.

16:52
Invité

François Hollande, vous restez avec nous, invité de France Impôt ce matin. On revient dans une minute, juste après le Fininfo. Maureen Suignard. L'Ukraine dit avoir détruit 28 missiles et 15 drones explosifs ces dernières heures. Kiev estime qu'il s'agit de l'attaque russe la plus importante sur la capitale ukrainienne. Et cela depuis le printemps. Une pluie de missiles qui a fait deux morts. Moscou affirme aussi avoir détruit quatre navires ukrainiens en mer Noire. Une dizaine de militaires entré à la télévision. Une nouvelle tentative de coup d'État en cours en Afrique. Cette fois, c'est le Gabon qui est touché.

Les militaires disent annuler et les résultats de l'élection où le président Ali Bongo était reconduit. Vous ne l'attendez sûrement pas avec impatience. La taxe foncière, les premiers avis d'imposition sont mis en ligne à partir de ce matin pour les propriétaires. Les montants explosent cette année. Plus 52% à Paris, plus 25% à Grenoble et 10% à Limoges, par exemple. Les Bleus entrent dans leur euro à partir de 17h. Les volayeurs tricolores affrontent la Turquie. Hier, les Françaises ont perdu 3-7 à 0 en quart de finale de leur euro face aux tenantes du titre les Italiennes.

17:59
Présentateur

France Info Le 8-30 France Info Jérôme Chapuis Saliadracchia Toujours avec l'ancien président de la République, François Hollande dans cette rentrée. La question du pouvoir d'achat reste d'actualité. On ne cesse de le répéter. Les Français sont toujours bousculés par l'inflation. Sauf que du côté du gouvernement, le discours est plutôt à la mesure, voire même à serrer un peu plus la ceinture puisque le gouvernement prépare le budget pour l'année prochaine et là, il y a des mesures d'économie qui sont suggérées, qui sont envisagées, notamment du côté de la santé. Parmi les pistes envisagées, il y a par exemple le doublement des franchises médicales.

Est-ce que c'est vers ce secteur qu'il faut faire des économies, François Hollande ?

18:39
François Hollande

D'abord, l'inflation, c'est-à-dire la hausse des prix, elle reste la première préoccupation des Français en cette rentrée. S'il y a un sujet qui doit être abordé avec les forces politiques, le premier, c'est celui-là. Avec tout ce qui est de la négociation, vous en avez évoqué l'ampleur hier, tout ce qui doit être fait avec la distribution, tout ce qui est fait avec les industriels. C'est le premier thème. Et il se trouve qu'en cette rentrée, il y a des hausses d'impôts.

J'avais d'ailleurs, il y a quelques mois, prévu qu'il y ait à ce point des hausses d'impôts compte tenu des rythmes de dépenses publiques, de déficits et de cadeaux fiscaux qui avaient été faits à un certain nombre de catégories sociales qui n'étaient pas les plus défavorisées ou même des employeurs. Donc, aujourd'hui, il y a déjà la hausse de la taxe foncière qui va vraiment imputer gravement les ménages propriétaires. Mais enfin, il y a des ménages qui ne sont pas des personnes favorisées, qui sont propriétaires de leur logement et qui vont être durement touchées.

Et puis maintenant, je ne sais pas ce qu'il en sera, on annonce les franchises médicales, c'est-à-dire, en réalité, de payer un peu plus pour l'achat de médicaments ou de consultations. Ça, ça s'appelle un impôt. C'est un impôt, là. D'une certaine façon...

19:52
Présentateur

Être un peu moins remboursé quand on va chercher des médicaments ou alors de consultation chez le médecin.

19:57
François Hollande

et que vous êtes obligés de payer une taxe, ça s'appelle un impôt. Et il va y avoir d'autres taxes puisqu'on en annonce quelquefois dans une bonne intention sur les transports, notamment par avion ou sur les autoroutes. Mais on voit bien que le plus de taxes, ça va être finalement le registre de la rentrée du gouvernement. Et ça, c'est un pute directement les ménages, tous les ménages, sans discrimination. Alors, je vois bien qu'on essaye de dire que ces ménages qui ont des maladies... Enfin, les personnes qui ont des maladies longues, durables... Oui, les infections de longue durée. ...affections de longue durée ne seraient pas touchées.

Mais pour le reste, ça va concerner des millions et des millions de... Mais il faut faire

20:40
Présentateur

des économies. Alors, les économies, vous allez chercher où, vous ?

20:43
François Hollande

c'était plutôt sur les cadeaux fiscaux qui avaient été accordés à d'autres et notamment aux plus favorisés et aussi à des dépenses qu'il faut revoir lorsqu'elles sont inefficaces. Il y en a, notamment, toutes ces dépenses qui sont faites pour des secteurs qui sont des secteurs qui ne sont pas écologiquement impeccables.

21:04
Invité

François Hollande, à quelques jours de la rentrée, le ministre Gabriel Attal a décidé d'interdire les abayas au nom de la laïcité. Il a eu raison ?

21:12
François Hollande

Un vêtement, lorsqu'il est ostentatoire et c'est le cas, ne peut pas rentrer, enfin, la personne ne peut pas rentrer avec ce vêtement-là dans un établissement scolaire. La gauche est divisée sur ce sujet.

21:26
Présentateur

La France insoumise, par exemple, a décidé de saisir le Conseil d'État parce qu'elle justige une police du vêtement qui stigmatise les musulmans. Eh bien,

21:34
François Hollande

sans être prophète, je vous annonce que sans doute la jurisprudence administrative, le Conseil d'État, va s'en tenir à ce qu'est sa position. C'est quand il y a un vêtement qui est un signe d'appartenance religieuse avec un caractère ostensible, c'est le mot de la loi de 2004. Je rappelle que j'ai voté au nom du Parti Socialiste la loi de 2004 sur les signes ostensibles à l'école.

Eh bien, le Conseil d'État, vraisemblablement, je ne veux pas préjuger de ce qu'il fera, aura avec le discernement qui est nécessaire, parce que c'est toujours ce qu'indique le Conseil d'État, c'est qu'il faut prendre une mesure, mais il faut qu'elle soit appliquée avec discernement, eh bien, les personnes qui revêtent, les jeunes femmes qui revêtent un abaya ne pourront pas rentrer dans l'établissement scolaire. Je rappelle que ça ne vaut que pour le collège et le lycée et que bien sûr à l'université on retrouve les règles de la laïcité plus classique, c'est-à-dire où on peut avoir un vêtement qui a un caractère religieux.

22:40
Invité

Il y a un autre sujet de discorde au sein de la gauche, les Européennes, les alliés de la NUPES se déchirent ouvertement sur la question. Vous vous êtes favorable à une liste PS aux Européennes, pourquoi ?

22:50
François Hollande

Une liste, ce n'est pas une question de personne ni même de parti. Une liste, c'est une ligne, une ligne politique. Les socialistes, et je peux en parler en connaissance de cause depuis des années, ont toujours présenté une liste aux élections européennes en lien avec les sociodémocrates européens parce que les socialistes ont des positions particulières qui visent à améliorer le fonctionnement de l'Europe et dans le contexte actuel à lui donner peut-être un approfondissement notamment sur les questions climatiques et sur les questions de défense et donc il y a une identité politique qui doit être appréciée par les Français à l'occasion des élections européennes.

D'accord, mais il y en a des qui vont vous dire. Les autres peuvent dire est-ce qu'on a les mêmes positions que le reste de la gauche ? Eh bien non. Je vais prendre quelques exemples. Sur l'Ukraine, est-ce que c'est la même position pour aider militairement l'Ukraine entre LFI et le Parti Socialiste ? Non. Est-ce que sur le rapport franco-allemand c'est la même position ? Non. Est-ce que sur l'Alliance Atlantique, c'est pas rien l'Alliance Atlantique, c'est l'appartenance de la France à une organisation de défense, est-ce que c'est la même position ? Les uns veulent en sortir, les autres veulent rester. Les gauches sont irréconciliables sur l'Europe. C'est pas qu'elles...

Oui, elles sont en tout cas différentes. Et quand elles sont différentes, on n'essaye pas de les mettre ensemble. Pour quoi faire d'ailleurs ?

24:14
Présentateur

Même si c'est Ségolène Royal qui conduit au liste commune PSLFI ?

24:19
François Hollande

C'est pas une question de personne, c'est une question de ligne. Une ligne, c'est une liste. Et liste, c'est une ligne. Mais il y en a notamment Ségolène Royal qui vous disent que c'est indispensable pour gagner les élections. Je pense qu'il y a une incompréhension sur ce qu'est le scrutin proportionnel. La gauche a longtemps milité pour le scrutin proportionnel. C'était pas pour faire une liste unique. Si vous faites une liste unique, vous pouvez jamais être majoritaire. Par ailleurs, il y a un scrutin proportionnel, c'est pour faire le plus d'élus possible au Parlement européen.

Or, il est prouvé que vous faites une liste unique, vous faites moins d'élus que vous faites des listes séparées. Donc vous ne croyez pas à l'initiative de Ségolène Royal ? Par ailleurs, l'élection européenne, c'est pas un scrutin majoritaire. C'est pas celui qui va avoir le plus de voix à l'élection européenne qui va gagner le scrutin. Non, il va avoir le plus de sièges. C'est tout. François Hollande,

25:07
Invité

merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin.