FRANÇOIS FILLON : SES CONFESSIONS INÉDITES SUR SA CHUTE, SES ERREURS ET CEUX QUI L’ONT TRAHI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 45 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:48OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir accepté cette interview aujourd'hui ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a fait accepter cette interview aujourd'hui ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous manque la politique depuis les 10 dernières années ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des gens à qui vous en voulez encore depuis 10 ans ?
- 7:10OuverteRéponse directe
C'est vous qui avez dit 'J'ai toujours eu du mal avec l'autorité'... Est-ce que c'est dur d'être ministre du coup ?
- 7:50OuverteRéponse directe
Vous êtes optimiste ou pessimiste sur l'état de la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:33Fait
« On a un pays qui est explosé en terme de cohérence de cohésion politique avec un éclatement qui rend très très difficile la l'émergence de majorité, donc la possibilité de gouverner. »
- 12:01Fait
« Quand vous avez tué la droite et que vous avez tué la gauche et que vous avez créé cette espèce d'hypercentre, et ben il y a plus d'alternance possible, sauf à faire confiance aux extrêmes. »
- 18:50Fait
« On est plus en démocratie que dans beaucoup d'autres régions du monde. Euh mais on est moins en démocratie qu'il y a 25 ou 30 ans. »
- 20:57Fait
« Les gens les plus brillants, les jeunes les plus brillants de notre pays sont absolument pas attiré par l'action publique. »
- 59:50Fait
« il avait 6 ans quand vous étiez à Matignon. Il a grandi avec un père premier ministre. »
- 1:00:05Fait
« il est décédé dans en fait avec le fils d'un autre député de la Sart alors qu'ils étaient adolescents et qu'ils avaient pas de permis de conduire. »
- 1:02:28Fait
« Il y en avait un autre qui avait poignardé Philippe Doublasi, c'était un malade mental. »
- 1:05:58Fait
« il voulait franchement me casser la figure quoi. »
- 1:07:22Fait
« Un chef de gouvernement, c'est quelqu'un qui va prendre qui prend des décisions toutes les demi-heures, qui a un emploi du temps dantesque, qui doit faire des déplacements dans le pays, à l'étranger et cetera. »
- 1:09:23Fait
« j'allais tous les weekend en avion dans la Sart. C'est évidemment complètement faux. »
- 1:10:03Fait
« quand vous vous déplacez, quand vous êtes premier ministre, vous vous déplacez avec 15 personnes au minimum. »
- 1:14:12Promesse
« j'avais dit que je voulais supprimer 500000 emplois publics. »
- 1:16:17Fait
« il y a pas d'emploi fictif et c'est pas moi qui le dit, c'est la justice. »
- 1:18:16Fait
« plus de la moitié des parlementaires avaient leur conjoint comme collaborateur et l'Assemblée nationale encourageait tout à fait cette pratique. »
- 1:18:58Fait
« mon premier regret, c'est d'avoir fait avec cette histoire perdre du temps à la France. »
- 1:19:39Fait
« j'ai été mis en examen dans des délais qui n'ont aucun équivalent dans l'histoire de la justice française. »
- 1:20:24Fait
« Je n'aurais jamais mis en examen François Fillon avant l'élection présidentielle. »
- 1:21:08Fait
« la dernière décision de la cour d'appel me relaxe sur en juin 25, hein. »
- 1:22:30Chiffre
« J'ai été condamné à 375000 € donc ça fait déjà deux fois 375000. »
- 1:24:37Fait
« j'ai servi mon pays pendant 40 ans. J'ai été premier ministre avec la durée la plus longue pratiquement de la 5e République. »
- 1:26:01Fait
« il y a une raison qui est le changement du regard de la société sur le fonctionnement de la politique. »
- 1:26:42Fait
« Quand je suis élu en 81, il y a déjà une enveloppe collaborateur et les services de l'Assemblée nationale vous appellent au mois d'octobre en vous disant "Monsieur le député, vous avez pas consommé votre enveloppe, il faut faire un contrat pour consommer l'ensemble de vos crédits." »
- 1:27:22Promesse
« j'avais dit que je voulais supprimer 500000 emplois publics par rapport à mes positions sur des questions de société. »
- 1:32:49Fait
« j'ai eu tort par excès de confiance, peut-être un peu par naïveté. »
- 1:34:50Fait
« Pierre Moscovici s'était fait offrir des costumes par un industriel de sa circonscription. »
- 1:37:31Fait
« les Français savent bien que les parlementaires ont des collaborateurs, que beaucoup ont leur conjoint comme collaborateur. »
- 1:38:13Fait
« le moment le plus douloureux pour moi, c'est lorsque ma femme a été convoquée par la police et ensuite par les magistrats. »
- 1:38:53Fait
« j'ai vu mon épouse qui est l'honnêteté même qui est qui en plus n'est pas culturellement française. »
- 1:42:20Fait
« j'avais une Ferrari dans une grange. C'était une maquette que m'avait offert le président de Ferrari. »
- 1:43:01Fait
« on m'avait offert des montres. »
- 1:45:03Fait
« il y a plusieurs candidats à l'élection présidentielle qui sont mis en examen. »
- 1:50:33Fait
« l'aggravation de la dette publique est une faute. »
- 1:51:14Fait
« le président de la République décide de tout. C'est pas la constitution et puis c'est négatif. »
- 1:52:38Fait
« les gens veulent à raison d'ailleurs un changement radical. »
- 1:54:05Fait
« j'ai accompagné des entreprises françaises, des grandes entreprises françaises qui voulaient s'installer ou se développer en Russie avec un certain succès. »
- 1:56:53Fait
« les réformes que j'ai pu conduire. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Invité exceptionnel aujourd'hui puisque c'est François Fillon en janvier 2017 en en pleine campagne le journal Le canard enchaîné à l'époque va va révéler que votre épouse Pénélope Fillant était rémunérée pendant plusieurs années comme assistante parlementaire sans avoir vraiment travaillé. On a expliqué que c'était une femme au foyer qui en gros savait faire la cuisine et cultiver les roses et que le reste était une invention. La justice a considéré qu'il y avait suffisamment de preuves de travail de mon épouse. Donc ça veut dire une chose. Ça veut dire qu'elle a bien été ma collaboratrice pendant [musique] pendant au moins une période importante de ma de ma carrière.
Il y a pas d'emploi fictif. J'ai [musique] été traité d'une façon absolument anormale par la justice. Le déchaînement de violence qui s'est abattu sur moi pendant ma campagne, évidemment, ça a entraîné des conséquences graves à la fois pour le pays et pour pour moi et pour [musique] ma famille. Et je pense que sans cette affaire, Madame Macron n'aurait pas été élu président de la République. Vous pensez que cette affaire vous a coûté l'élection présidentielle ? Oui, je suis convaincu. [musique] Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende.
Invité exceptionnel aujourd'hui puisque c'est François Fillon qui a accepté de venir nous raconter son parcours et ce qu'il n'a jamais raconté et dit depuis l'élection présidentielle de 2017. Lui qui a été premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant 5 ans du premier jour au dernier jour. Et lorsqu'il s'est présenté à l'élection présidentielle en 2017, il y a eu non seulement l'affaire des emplois fictifs de Pénélope Fillon, sa femme, puis l'affaire des costumes. Dit des costumes puisque il a eu des costumes offerts de la part d'un grand avocat parisien.
Il va nous expliquer lui sa version des faits, pourquoi est-ce qu'il a accepté ses costumes, ce qui s'est vraiment passé autour de ses emplois fictifs, sa version à lui. Il a accepté de répondre à toutes nos questions, y compris sur la politique actuelle. Vous allez voir, il va nous raconter ce qu'il a vu de plus fou aussi en tant que premier ministre avec Vladimir Poutine par exemple qui était aussi premier ministre à l'époque. Tous les grands dirigeants qu'il a pu rencontrer, les soirées Berlusconi, les gens qu'il a pu rencontrer de par son métier, ce qu'il a le plus marqué durant ces 5 années en tant que premier ministre et son parcours avant et après, comment il a vécu des affaires.
juste avant de commencer l'émission et cette émission exceptionnelle puisqu'il n'a jamais parlé, il n'a jamais raconté sa version des faits François Fillon. Vous le savez, j'aime pas beaucoup parler de moi depuis toujours. Je préfère poser des questions que d'y répondre. [musique] Mais il y a une histoire que je n'ai jamais vraiment raconté depuis des années. Vous voyez les interviews légendes, vous voyez les résultats final. Une heure ou deux de discussion hein qui sort sur [musique] YouTube mais derrière ces vidéos, il s'est passé des choses complètement folles. On s'est retrouvé par exemple encerclé, arrêté par l'armée au Liban avant d'interviewer Carlos Gone.
Un membre de l'équipe a fini aux urgences après la morsure d'un animal sauvage. On a aussi sauté en parachute avec les forces spéciales françaises et tout ne s'est pas passé comme prévu. On a même été poursuivi par des chiens de sécurité après avoir exploré une centrale nucléaire [musique] abandonnée. Et ça ce n'est qu'une petite partie de l'histoire parce que légende ce n'est pas seulement des interviews, [musique] c'est une aventure humaine. C'est des invités qui annulent au dernier moment, des voyages qui tournent mal, des doutes, des critiques, des erreurs, mais aussi des rencontres extraordinaires et une équipe qui a continué à avancer quand peu de gens croyaient en ce projet.
On sort notre premier livre aux éditions hors cadre et pour la première fois, je raconte [musique] pourquoi légende a été créée. La vraie histoire, les réussites mais aussi les galères et tous ces moments dont nous n'avions jamais parlé publiquement. J'avais envie de garder une trace de cette aventure et de remercier tous ceux qui nous accompagnent depuis le début. [musique] Alors, j'espère que ce livre vous plaira et je l'ai aussi enregistré pour vous en livre audio. Donc, si vous voulez l'écouter, vous pouvez le retrouver sur Spotify. Il y a plus qu'à cliquer dessus. Et merci vraiment [musique] sincèrement pour votre soutien.
Si vous voulez le commander, toutes les informations sont dans la description de la vidéo. J'attends vraiment vos retours en commentaire [musique] avec impatience. Hésitez pas à vous abonner à notre chaîne YouTube avant que ça commence et à commenter l'émission. Vous pouvez liker la vidéo aussi. Sachez vraiment que plus vous êtes nombreux, plus on peut avoir d'invités exceptionnels qui parlent rarement comme Franço aujourd'hui. Donc hésitez pas à vous abonner. Vous êtes 100000, 150000, 200000 parfois plus.
Vous abonner chaque mois à notre chaîne YouTube et en podcast audio, vous pouvez nous suivre en audio du coup en roulant quand vous êtes en voiture ou quoi que ce soit sur Spotify, 10, Apple Podcast et Amazon Podcast. Et c'est parti maintenant. On y va avec François Fillon pour une interview exceptionnelle sur les gens. François Fillon sur légende. Bienvenue à vous. Je suis content de vous recevoir. Euh c'est c'est la première fois que vous reparlez depuis euh 2017, je crois. On vous a pas beaucoup vu en interview. J'ai fait quelques quelques émissions, quelques J'ai fait un débat sur France 2 en 2018 ou 2019, je me souviens plus et puis de la presse écrite.
Vous avez fait peu d'interviews sur vous, sur votre parcours depuis le temps. Qu'est-ce qui vous a euh fait accepter aujourd'hui ? D'abord votre émission, j'ai voilà, j'en ai j'ai regardé, j'ai trouvé que c'était euh intéressant parce que la longueur, la la manière dont vous posez vos questions permettent d'aller au bout des choses. Et puis il y a un moment dans le parcours qui est le mien où on a envie de slder des comptes, où on a envie de de dire sa vérité dans un contexte où on a le temps de le faire, de vous [grognement] expliquer quoi, prendre le temps. Oui. Est-ce que ça vous manque la politique depuis les 10 dernières années là qui sont passées quasiment ?
Alors, ça me manque et ça me manque pas. Ça me manque pas dans la mesure où je suis heureux de plus avoir cette pression. Je suis heureux de faire autre chose. Je suis heureux de plus dépendre de d'émission de journalistes de stress photographe. Voilà. Et ça me manque parce que d'abord parce que c'est ma vie, parce que j'ai j'ai toujours fait ça pendant plus de 40 ans et puis ensuite parce que je trouve que mon pays va pas bien. Et ça me ça me rend triste de de penser que je crois avoir un certain nombre de réponses au problèmes que le pays rencontre et de ne pas être en mesure de les proposer. Je pourrais vous parler de politique tout à l'heure de de politique actuelle.
On va parler d'autres parcours. Mais est-ce que vous êtes d'accord ? Je vous pose des questions qu'on a une discussion naturelle. Vous pouvez me parler de tout ce que vous voulez. Est-ce qu'il y a des gens à qui vous en voulez encore depuis on en reparlera tout à l'heure mais depuis 10 ans cette partie ? Est-ce qu'il y a des gens qui vous en voulaient encore ?
[soupir] Bon, j'ai essayé de tourner la page de tout ça, mais euh en fait les gens auxquels j'en veux le plus, c'est tous les gens euh euh lâche, c'est-à-dire tous ceux qui euh euh soit se sont tu soit m'ont accablé alors même qu'ils étaient parfaitement au courant des situations et que même souvent d'ailleurs étaient dans des situations identiques à la mienne. Donc grosso modo, c'est la classe politique. Voilà, on a une classe politique qui dans son ensemble est plutôt lâche.
Et si on prend cette ces affaires d'assistant parlementaires et qui sont qui qui est l'affaire qui m'a fait chuter à l'élection présidentielle, mais qui est aussi l'affaire qui aujourd'hui poursuit par exemple Marine Le Pen, toute cette classe politique qui condamne, prend des postures morales et cetera. En réalité dans pour la plupart d'entre eux, il ils savent très bien de quoi on parle parce que ils en ont profité pendant très longtemps. Et sache, c'est difficile de voir des gens avec qui on a travaillé, à qui on a confié des responsabilités, vous trahir, trahir ou ou en tout cas se protéger en se drapant dans une forme de rigueur qui qui est artificielle.
C'est c'est c'est vous qui avez dit "J'ai toujours eu du mal avec l'autorité, celle de mon père ou celle de mes professeurs et j'ai besoin d'être le patron." C'est un jour est-ce que c'est pas dur d'être ministre du coup et de pas être président ? J'étais premier ministre, c'est quand même le chef du gouvernement. Non mais c'est en cela peut-être que j'ai pu dire que mon enfance avait été euh euh sévère ou rigoureuse, ce qui est pas tout du tout ce qui est pas le cas. Mais c'est vrai que [grognement] j'avais du mal à supporter l'autorité de mon père.
J'ai eu du mal à supporter l'autorité de mes professeurs et ça m'a souvent mis en dans des situations un peu délicate parce que parce que dans une société surtout de il y a quelques années plus cette question de l'autorité était plus importante. Vous êtes optimiste ou pessimiste sur l'état de la France ? Là on va y revenir après mais votre point de vue aujourd'hui c'est quoi ? Je suis plutôt pessimiste. Alors un homme politique qui se respecte est toujours optimiste. C'est qu' comme il est engagé dans l'action mais enfin il y a un moment où le réalisme est nécessaire si on veut redresser la situation.
Et aujourd'hui la France est dans une situation enfin je pense qu'on a on n pas connu une situation aussi grave grosso modo depuis les années 50. C'est-à-dire qu'on a on a un pays qui est explosé en terme de cohérence de cohésion politique avec un éclatement qui rend très très difficile la l'émergence de majorité, donc la possibilité de gouverner. On a une situation économique dégradée, on a une dette gigantesque, on a un système scolaire qui s'effondre, on a un système de santé qui fonctionne pas. Franchement, on cumule aujourd'hui un un nombre de handicaps qui qui en réalité correspond à ce que j'appellerais la décadence.
C'est-à-dire que et c'est quand on regarde les pays européens autour de nous, ils sont pas loin d'être dans la même situation que nous. Je pense qu'on est sur une pente de décadence. Et la question que je me pose souvent, c'est est-ce que la décadence c'est un phénomène historique auquel personne ne peut rien ou est-ce qu'il faut redresser la barre ? C'est la chute de l'Empire romain petit où est-ce qu'à un moment il y a un homme qui surgit euh comme de Golan 58 pour reprendre cet exemple et qui est capable de redonner un projet et une volonté à un pays un militaire.
Non, j'ai pas dit ça mais non mais je pas non pas enfin je je je pense pas que ça c'est pas une question de militaire ou de il y a il y a aucun avenir pour la France en dehors d'un système démocratique. Et dans le cadre d'un système démocratique, on a besoin d'un projet qui mobilise, qui soit un projet avec une vision sur le long terme et on a besoin de de d'hommes politiques courageux qui sont capables d'affronter [grognement] un mécontentement passager immédiat pour redresser le pays. On reparlera plus précisément de de cette période là, mais ça fait 10 ans que vous êtes partis. Vous regardez la politique de de de loin ou de près, je sais pas.
Qu'est-ce que vous en pensez de ces 10 dernières années là, de ce de ce double quinquena d'Emmanuel Macron ? Alors, quand Emmanuel Macron a été élu, j'ai d'ailleurs appelé à voter pour lui euh après mon échec au premier tour de l'élection présidentielle. Euh, je le connaissais un peu, je l'avais vu fonctionner comme ministre de de l'économie. Euh [grognement] j'étais pas d'accord avec lui sur beaucoup de sujets, mais je considérais que c'était quelqu'un d'intelligent, quelqu'un de libéral, plutôt pas droite d'ailleurs. Et donc je pensais qu'il allait s'en sortir et qu'il était capable de de gérer la situation du pays.
Après quelques quelques années, je me suis rendu compte que c'était pas du tout le cas. Et je pense qu'Emmanuel Macron restera dans l'histoire comme quelqu'un qui a beaucoup beaucoup abîmé le pays. Euh il l'a abîmé d'abord avec [grognement] cette idée qui est une fausse bonne idée euh du en même temps du il y a pas de gauche, il y a pas de droite, on va réunir tous les gens de bonne volonté pour gouverner le pays. Le problème c'est qu'une démocratie ça fonctionne sur la base de l'alternance. C'est-à-dire que la différence entre une démocratie et une dictature, c'est qu'à un moment donné dans une démocratie, vous pouvez vous débarrasser de vos dirigeants. Dans une dictature, vous pouvez pas.
Quand vous avez tué la droite et que vous avez tué la gauche et que vous avez créé cette espèce d'hypercentre, et ben il y a plus d'alternance possible, sauf à faire confiance aux extrêmes. Et c'est exactement la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Après, il a euh accru l'endettement du pays de façon euh absolument irresponsable. Euh il n'a fait aucun effort pour réduire les dépenses publiques et il a affaibli notre image à l'extérieur. Donc oui, son son bilan est un bilan lourd. Est-ce que vous pensez qu'en 2027, il y aura une personnalité qui va éclore d'un coup ? Est-ce qu'il y aurait une révolution politique, un changement complet de paradigme de Honnêtement, j'en sais rien.
Euh aujourd'hui, le plus probable compte tenu justement de des erreurs qu'a commis Emmanuel Macron et qui ont renforcé les extrêmes puisque les gens qui veulent s'opposer euh au pouvoir, ils n'ont pas d'autre choix que d'aller soit vers Madame Le Pen, soit vers monsieur Mélenchon. Donc la probabilité d'avoir une élection présidentielle entre monsieur Mélenchon et madame Le Pen, elle est très très grande. Elle est non seulement elle est grande, mais elle est dans la logique de ce qui vient de se passer. Alors, il peut y avoir des surprises euh il peut y avoir une prise de conscience pendant la campagne électorale des insuffisances ou des dangers des uns et des autres.
Mais euh je vois pas de personnalité nouvelles surgir. Euh je crois pas d'ailleurs que ça soit possible dans un contexte politique comme le nôtre. Euh le le le le Rassemblement national sera au second tour de l'élection présidentielle. Après ce qu'il gagnera, ça c'est autre chose. Et et LFI a beaucoup de chance d'être au second tour de l'élection présidentielle. Donc euh ça laisse pas de place à beaucoup de surprises. Vous pensez qu'Emmanuel Macron va appeler à voter pour qui là ? S'il y a l'un ou l'autre ?
Moi, je pense qu'il appellera d'abord, j'en sais rien et puis euh h mais il est probable qu'il appelle à voter, qu'il attende le dernier moment euh pour voter pour le candidat qui semblera euh le plus à même d'éviter justement le face-àface Mélenchon Le Pen euh et toute la classe politique, comment dirais-je, modérée va être obsédée par cette question. Et c'est là où j'ai un vrai désaccord et peut-être qui qui alimente mon pessimisme, c'est que je pense que on peut pas éternellement euh euh inventer des stratagèmes pour aller contre la volonté des des Français.
Quand quand il y a une majorité de Français qui veut changer radicalement de système et qui est prête à voter pour le Rassemblement national ou pour LFI, euh si à chaque fois au dernier moment euh une sorte de stratagème, c'est-à-dire une alliance, un rempart, euh vous vous pouvez gagner du temps, mais vous ne faites que repousser le problème et vous radicalisez encore un peu plus les les Français qui en ont marre. Donc c'est ça ma crainte, c'est que à force de de dire que il n'y a que le centre au fond qui peut gouverner le pays, on on c'est comme une marmite dans laquelle la pression monte.
Le risque c'est qu'un jour ça soit pas une alternative Mélenchon Le Pen, que ça soit une alternative révolutionnaire. Et et c'est la raison pour laquelle il faut euh euh soit proposer un et moi c'est ce que je souhaite, un projet de droite euh fort et qui soit en rupture complète avec ce que Macron a fait, avec ce que le président de la République actuelle a fait, euh soit on aura le choix entre Madame Le Pen et monsieur Mélenchon. Vous pensez que c'est possible une révolution, une guerre civile parfois alors la la révolution en France, elle a déjà eu lieu plusieurs fois. Euh il y a la grande révolution, mais il y en a eu beaucoup d'autres plus modestes. La France, c'est un pays violent.
C'est un pays c'est pas du tout un pays euh euh comment dirais-je ? qui c'est un pays qui qui a connu des sousbres sauts politiques extrêmement violents et les derniers sont pas si anciens que ça. Je veux dire que ça soit mai 68 ou que ce soit les gilets jaunes ou que ce soit les grandes manifestations contre les réformes de retraite et cetera, on sent qu'il y a il y a une violence qui est qui est latente. Et puis il y a une deuxième chose, c'est cette question de l'immigration mal intégrée, mal régulée sur lequel joue d'un côté l'extrême gauche en l'encourageant et de l'autre côté l'extrême droite en la combattant.
Ça peut conduire un jour à quelque chose qui alors je vais pas employer le mot de guerre civile parce que j'ai peur de l'employé. Je j'ai peur qu'en l'employant je le rende je le rend je le rende possible. Mais je me souviens très bien que euh lorsque j'allais au Liban il y a très longtemps pendant la guerre civile, euh mes amis libanais me disait "Attention, vous vous serez un jour dans cette situation-là." Alors, il pensait évidemment à la question de de la difficulté de faire cohabiter euh des chrétiens et des musulmans, ce qui est la qui est le problème du Liman.
Je je ça me faisait rire, je veux dire, je voilà que la France un jour soit exposée à quelque chose qui pourrait ressembler à une guerre civile, ça ça me faisait sourire aujourd'hui. Ça me fait un peu moins sourire. Je pense que le le le recours à la violence est dans un certain nombre de têtes et puis il y a des gens à l'extérieur de chez de de la France qui ont envie de souffler sur les braises pour en ingérance. Je voulais dire oui bien sûr bien sûr.
la ce que ce que j'appelle le moi j'appelle ça le totalitarisme islamique, c'est-à-dire l'islamisme radical qui n'est pas l'islam qui mais qui qui est ce mouvement politique qui a créé Daesh, qui a créé Al-Qaïda, qui aujourd'hui euh se se renforce du Pakistan jusque à la l'Afrique occidentale. Si vous regardez la situation par exemple du Sahel du nord de l'Afrique, elle est quasiment entre les mains de ces islamismes radicaux. Donc ces islamismes radicaux, ils agissent à travers une partie de la population de nos de nos territoires et à la minute où il pourrai participer à la déstabilisation du pays, il le ferait. Alors parfois on entend, on lit, on n plus en démocratie et cetera.
Vous avez beaucoup voyagé, vous avez vu d'autres pays. Est-ce qu'on est moins en démocratie qu'avant en France ? Qu'est-ce que vous en pensez de ça ? On pose toutes les questions de société actuell. On est plus en démocratie que dans beaucoup d'autres régions du monde. Euh mais on est moins en démocratie qu'il y a 25 ou 30 ans. Euh même à votre époque par exemple en vous avez été premier ministre. Je pense qu'il y a il y a une époque où personne n'aurait osé remettre en cause euh la liberté d'expression euh de responsable politique y compris extrémiste. Le le la base de la démocratie c'est la liberté d'expression.
Et aujourd'hui, on voit à chaque instant euh des propositions, des réflexions euh qui visent à limiter le champ de ce qu'on a le droit de dire, de ce qu'on peut dire pour rester dans une sorte de politiquement correcte acceptable par tout le monde. Ça c'est pas la démocratie. Donc on voit que sur des sujets de société, sur la question de des conflits du proche-rient, sur la relation avec la Russie, il y a des choses qu'on a pas le droit de dire. C'est si vous le dites, vous avez immédiatement une sorte de contestation qui englobe une grande partie des médias et de la classe politique. Et ça c'est pas ça.
Je veux dire la la démocr dans la démocratie, on doit pouvoir tout dire, même les choses les plus les plus affreuses. Après, vous avez le droit de contester ce que celui qui est en face de vous diter de mais le système qui consiste à définir les limites de la liberté d'expression, franchement c'est un c'est un c'est un système très très dangereux. Est-ce que la politique a changé ? Là, on parle de effectivement la société qui change. Est-ce que vous vous voyez que est-ce que votre métier a complètement évolué en 30 40 ans ? C'est plus la même manière de la faire.
il a beaucoup évolué notamment parce que il y a 30 ou 40 ans, les personnalités les plus brillantes du pays euh voulait faire de la politique. Enfin, la politique attirait euh les meilleurs élèves de l'École nationale d'administration. On disait d'ailleurs qu'il y en avait trop qui faisaient de la politique, que la politique était simplement entre les mains d'une d'une sorte de caste d'élite et cetera, ce qui était pas complètement faux d'ailleurs et il y avait sûrement des corrections à faire. Mais là, on est passé de d'un extrême à l'autre.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui euh les gens les plus brillants, les jeunes les plus brillants de notre pays sont absolument pas attiré par l'action publique. Euh ils sont euh dans la finance, ils sont dans tous les autres métiers sauf dans la politique. Et euh euh explique alors c'est un phénomène qui touche aussi les autres pays européens. Donc c'est pas spécifiquement français, mais c'est un c'est une vraie interrogation pour l'avenir. Et ça me fait moi penser que la démocratie est en crise. Faut on a la la démocratie c'est une c'est une progression permanente de de d'un système privilégiant la liberté individuelle.
Et sans doute qu'on est arrivé à un moment où on est allé tellement loin dans la défense de la liberté individuelle que le système ne fonctionne plus. C'est est-ce que le président a du pouvoir aujourd'hui ? Terminer sur le sujet puis on va reprendre sur votre parcours. Mais est-ce que vous pensez que le président a encore du pouvoir de changer les choses ou est-ce que c'est un autre poste ? Non, le président a du pouvoir, c'est incontestable encore aujourd'hui. Oui, oui, il a du pouvoir. Euh les gens qui disent euh euh c'est les banquiers qui décide, c'est euh euh l'Europe qui décide de tout.
Alors, il y a toujours un une un une part de vrai, hein, mais par exemple, de lobby euh Oui, mais non, non, le président de le président a des pouvoirs. Simplement, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que il a des pouvoirs s'il a une majorité pour les mettre en œuvre. [grognement] Et le président Macron n'a pas de majorité, ce qui explique qu'il est sans pouvoir aujourd'hui. Mais c'est pas c'est pas à cause c'est pas l'institution présidentielle qui est sans pouvoir, c'est le président actuel qui n'a pas de majorité. Est-ce qu'il faudrait pas un Septena unique ?
On n pas le droit de se représenter après comme ça, on passe pas 2 ans à préparer la suite parce que là il y a 5 ans mais là il y a pas de bon système parce que on voit bien que là le président Macron depuis qu' depuis 2 ans quasiment il est paralysé parce que pourquoi il est paralysé ? parce que personne tout le monde sait que c'est pas lui qui sera le prochain président de la République.
que [soupir][souffle coupé] non, il y a une question qui qui peut se poser qui est celle de savoir si [raclement de gorge] on on a pas besoin d'aller vers un régime soit parlementaire, c'est-à-dire c'est un régime à l'anglaise ou à l'allemande ou avec une élection législative, il y a une majorité qui sort et le chef de cette majorité gouverne et un président qui aurait des pouvoirs beaucoup plus restreints de représentation ou alors aller vers un régime présidentiel à l'américaine.
Là, c'est un président qui gouverne, c'est lui qui nomme les ministre, c'est lui qui préside le le l'action gouvernementale, mais il est contrôlé par le parlement et il a pas le droit de dissoudre l'Assemblée nationale. Et donc, il y a un équilibre qui est créé entre les deux. Nous, on a un système qui est qui [raclement de gorge] est qui est qui est hybride. C'estàd qu'on a un président qui est élu au suffrage universel, donc a une très forte légitimité. Euh mais en même temps, la Constitution dit que c'est le premier ministre qui dirige l'action du gouvernement et surtout le président euh n'est pas responsable devant l'assemblée.
Il est pas en permanence obligé de se justifier vis-à-vis du parlement. Et pour avoir vécu pendant 5 ans comme chef du gouvernement, je peux vous assurer que le fait d'aller tous les mardis et tous les mercredis affronter les députés à l'Assemblée nationale, ça vous oblige à rester en permanence en contact de la réalité quoi. Tandis quand vous êtes à l'Élysée, entouré de collaborateurs qui vous expliquent que vous avez forcément raison et que personne en fait ne vous porte la contradiction, sauf de façon un peu violente quand vous vous promenez dans les rues. C'est pas du tout la même chose. On va prendre votre parcours.
Si est bien sa rencontrer votre femme Pénélope, ça fait 46 ans vous êtes marié cette année. Absolum. En 74, vous étudiez le droit à l'époque au M dans la Sart. Elle était anglaise. Elle était venue normalement pour 1 an, c'est ça ? En France, vous allez la rencontrer, vous allez tomber amoureux. Elle ne va jamais repartir. Ouis, ça c'est l'histoire. Oui, en fait, elle était elle elle faisait des études de de français à l'université de Londres à l'époque. Après, elle a fait des études d'avocats, mais là, elle faisait des études de français à à l'université de Londres.
Et dans le cadre de ses études, elle était obligée de passer euh une année scolaire comme lectrice dans un dans un établissement français. Et donc, elle était venue au M parce que ses parents avaient des relations avec le M. Et je l'ai rencontré je l'ai rencontré chez un ami commun qui je crois était un peu amoureux d'elle et qui a eu la la bêtise de m'inviter [rires] à dîner avec elle. Comment vous l'avez séduite ? Je sais pas, je suis pas je suis plutôt timide de nature et donc ça s'est fait tout seul. Voilà, ça ça s'est fait naturellement. Ouais, absolument. C'est c'est pas le coup de foudre euh romantique.
Enfin, je veux dire voilà, ça s'est fait tout seul mais ça s'est fait vite et on est toujours resté ensemble. C'est Jacques Chirac à l'époque, je crois balancé des enfin, il a fait courir des rumeurs sur vous. Alors Jacques Chi pensait que j'étais homosexuel. Voilà. Et donc il euh il expliquait ça à tous ses interlocuteurs. Euh moi, il m'a jamais euh jamais évoqué le sujet avec moi et et il en parlait souvent avec Philippe Segin qui était mon mentor. Moi, j'ai été très très proche et très lié avec Philippe Segin.
J'étais considéré comme le premier séquiniste de de l'histoire et et Chirak lui parlait de moi en lui en lui en lui parlant de de ça et ce gain lui disait écoute non je crois pas du tout et d'ailleurs il a cinq enfants et Chirak répondait ça ça ne veut rien dire [grognement] c'est vous c'est marré ça ou c'est on fait attention aux rumeurs quand même en politique honnêtement non c'est pour moi c'était anecdotique. Chirak avait un des avis comme ça assez tranchés sur les gens en fonction de leur appart de leur apparence de leur de de et c'était parfois parfois un peu superficiel quoi. Voilà.
Et puis après il avait un deuxième une deuxième caractéristique surtout sur la fin de son son quinquena dans le deuxème quinquena. Euh il il donnait le il il faisait preuve d'un certain cynisme et il donnait le il il donnait le sentiment où il faisait croire je sais pas qu'il connaissait pas les ministres autour de la table ou certains d'entre eux. Donc moi, j'ai eu le privilège de d'être assis à sa droite pendant toute l'année où j'étais ministre de l'éducation nationale parce que j'étais le numéro 2 du gouvernement et et de temps en temps Chiracle quand quand un ministre s'exprimait Chirac levait la tête et il me disait "C'est qui celui-là ?
Est-ce que tout ça était joué ou est-ce que c'était sincèr perdu un peu la tête ? Comment est-ce qu'il avait perdu un peu la mémoire à la fin ? Je sais pas, je sais pas mais c'est assez surprenant. Avant de continuer l'émission, sachez qu'à partir du 7 octobre, les gens part en tourné partout en France. 18 dates dans les plus grandes salles, les zénites avec six invités qui ont marqué l'histoire de la chaîne pour un show exceptionnel en scène centrale. Puisque vous allez entendre, vous allez être les seuls à pouvoir le vivre puisqu'on pourra pas filmer à l'intérieur des salles. Vous verrez. Les dernières places sont dispo sur le site légende-t-our.fr. Allez les prendre rapidement.
Est-ce qu'on lance des rumeurs en politique sur les autres ? Est-ce que ça vous arrivait aussi de lancer les petites peaux de banane sur d'autres politiques, des petites rumeurs ? Moi, j'ai jamais fait ça. J'ai jamais fait de politique comme ça. D'ailleurs, on m'a jamais reproché cela. Euh par [raclement de gorge] contre, oui, c'est c'est ce sont des pratiques assez courantes. Oui, bien sûr. [grognement] Vous disiez que vous avez très [raclement de gorge] bien fonctionné avec Nicolas Sarkozy. Est-ce que quand on est premier ministre, on peut dire non au président en off, hein, pas forcément publiquement pour pas voilà, mais est-ce queon peut lui dire là c'est non, là c'est oui ?
Alors, ça m'est arrivé souvent euh et Nicolas Sarkozi, contrairement à l'image qui donne ou qui donnait euh était très à l'écoute. Nicolas Sarkozi quand il prenait une décision, [grognement] il n'aimait pas être le seul à assumer cette décision et donc il s'entourait toujours de des des conseils du gouvernement et du et du premier ministre comme s'il avait besoin au fond de se de se de se sécuriser dans sa prise de décision. Donc il y a eu beaucoup de sujets sur lequels je lui disais non, je pense que c'est pas comme ça qu'il faut faire.
Euh alors après, il m'a pas écouté sur euh tous les sujets et puis il y en a d'autres sur lesquels j'ai pas eu le courage de lui dire non alors que j'aurais dû euh mais oui oui, on peut dire non au président de la République. En tout cas à mon époque, on pouvait le faire. Est-ce qu'il y a des secrets qu'on peut raconter aujourd'hui vous avez vécu euh à l'Élysée des situations ? Est-ce qu'il y a une période comme ça où on vous dit vraiment quand vous sortez du du poste, faut se taire pendant quelques années ? D'abord, il y a aucune règle. Euh il y a des il y a des gens qui ont des principes puis d'autres qui en ont pas.
Euh donc [grognement] euh je me sou Bruno Lemer qui a été directeur de cabinet de du premier ministre de de Villepin euh a publié un livre immédiatement après sa sortie de fonction avec quasiment la retranscription de toutes les conversations qu'il avait eu avec le J'ai toujours trouvé ça très choquant. Donc moi je l'ai pas fait. J'ai rien écrit. J'ai voilà, j'ai gardé pour moi les les confidences. Alors après, il y a des il y a des secrets, des vrais secrets. C'est-à-dire que quand on est premier ministre, on a accès à des informations qui touchent à la sécurité nationale et cetera. Et celles-là, par définition, euh elles sont pour l'éternité enfermé dans ma dans ma mémoire.
Est-ce que parfois vous avez dû garder des informations pour pas faire peur à la population ou pour des raisons de de je sais pas de de lobby de truc pour pas paniquer ? Si on a on a du mal à imaginer ce que ce qui se passe ça qui est intéressant. Alors en l'occurrence, c'est plutôt l'inverse ce qui s'est passé avec nous puisque on a eu à gérer la crise de du virus H1 là, enfin là, vous vous souvenez là où où on a plutôt affolé tout le monde en expliquant que ça allait être une pandémie historique avec Rosine Bachelot qui était mon ministre de la santé. On a acheté sur les ordres de Nicolas Sarkozy des millions et des millions de doses de vaccin qui ont servi à rien.
Euh donc j'ai pas vraiment de souvenir de de situation où on cache la vérité ouvertement pour éviter pour éviter une panique. Non. Euh par contre, il y a des situations où on ne dit pas la vérité mais mais par l'acheter, enfin c'est la question de la dette, la question de la de la de la gravité de la situation financière du pays euh où la plupart des responsables politiques au fond minimisent la les choses pour ne pas parce qu'au fond, ils ont peur des solutions qui sont nécessaires pour régler le problème et du coup la meilleure façon de de de ne pas régler ce problème, c'est de ne pas en reconnaître la quantité. Voilà. Enfin, de le nier ou en tout cas d'en d'en d'en d'en réduire la portée.
Ça continue. J'entendais récemment un responsable du Rassemblement national expliquer que avec le retour de la croissance grâce à la politique que mènera madame Le Pen, on remboursera la dette. Bon, c'est ça n'a strictement aucun sens. On est dans un pays qui vieillit avec une démographie qui est négative et par définition dans un pays qui vieillit la croissance peut pas être supérieure à 1 ou 1,5 % ou 2 % au grand maximum. Donc c'est pas la croissance qui nous permettra de rembourser la dette. Vous avez été premier ministre en même temps que Vladimir Poutine 2008-212. Je entre ces deux mandats en fait présidentiels, il est redevenu premier ministre un mandat puis il est redevenu président.
Il est comment Vir Poutin ? Alors c'est c'est un sujet très intéressant parce que je suis régulièrement accusé d'être un ami de [grognement] Vladimir Poutine dans j'ai vu des articles, j' demandé proche de la Russie lobby, j'ai enférence des titres toujours qui qui me et vous me donnez l'occasion au fond de peut-être d'expliquer les choses. Euh d'abord, je connais je connais bien Poutine à cause du fait que j'étais premier ministre quand il était premier ministre. Et donc pendant 5 ans, on a collaboré ensemble, on s'est beaucoup vu et c'est une époque où la relation entre la France et la Russie était très très positive, surtout pour la France.
D'ailleurs, c'est l'époque où on a installé le le pas de tir de Soyuz, la la fusée russe à à Kurou en Guyane. Euh c'est l'époque où Renault a acheté Aftovas et est devenu le premier constructeur automobile en Russie. Euh c'est l'époque où euh la société générale était la première banque étrangère en Russie. C'est l'époque où les entreprises françaises ont construit l'autoroute entre Saint-Pétersbourg et Moscou. C'est l'époque où Alstom était devenu actionnaire de des chemins de fer russe. Enfin, vraiment c'est c'est une période riche pour pour la relation franco-russe.
Donc moi, j'ai beaucoup vu Vladimir Poutine euh mais je n'ai jamais de relation euh personnelle au sens hors [grognement] de notre relation de travail. Voilà. Et il m'a invité deux ou trois fois des Il m'a invité une fois à la chasse, une autre fois il m'a invité à son anniversaire avec Berlusconi euh dans la forêt à Valdaille. J'y suis jamais allé. Euh je suis toujours resté j'aurais pu bien sûr avoir des relations amicales quand on est homologue même. Est-ce que ça aide d'ailleurs ?
Alors, ça aide, mais s'agissant de la Poutine, je je suis pas complètement euh enfin je sais que le le régime russe est un régime dur euh euh autoritaire et que le comme dans tous les régimes autoritaires, il y a euh des exactions, de la violence et cetera. Donc, je voulais pas avoir une relation personnelle avec Vladimir Poutine. En revanche, je je j'accordais beaucoup d'importance à la coopération franco-russe et je continue à penser qu'on commet une grave erreur en en en [grognement] fermant toutes les portes et tous les canaux de discussion avec la Russie au motif que Vladimir Poutine serait une sorte de dictateur sanglant et et et immoral.
Alors qu'en réalité la question c'est la Russie, c'est pas Vladimir Poutine. Le jour où Vladimir Poutine partira, où il sera renversé, où il sera assassiné, il y aura un autre dirigeant russe qui a toute chance d'être pire dans la relation avec la France que Poutine parce que [grognement] c'est intrinsèque à la Russie, à sa à son histoire, à sa culture, à sa dimension, à sa à ses faiblesses et et du coup l'erreur que nous commettons aujourd'hui, de mon point de vue, [grognement] c'est de ne pas chercher à trouver une relation pas amic mais un peu apaisé avec la Russie extra professionnel quoi dans notre propre intérêt. [grognement] C'est il vous a défié au ski je crois non ?
Ou il déf tout le temps. Il non mais il vous a il vous a chauffé pour il vous a dit je te prends quand tu veux. Il y a pas une phrase comme ça si sur le au ski je crois au moment des Jeux Olympiques de de Sochi où je ne suis pas allé d'ailleurs. C'est je crois il avait il il m'avait dit je te prends au ski quand tu veux. Oui, bien sûr. Êtes pas allé ? Euh non, non, je suis pas allé. Non, j'ai j'ai je n'ai jamais eu de autre chose que des réunions de travail, des dîners, des déjeuner avec lui.
Par contre, on a beaucoup beaucoup débattu parce que contrairement là aussi à une idée reçue, c'est quelqu'un avec lequel on débat et c'est quelqu'un qu'on peut convaincre et moi je l'ai souvent convaincu de prendre des positions qui étaient favorables qui étaient favorables à la France après des débats en partant de position qui était très difficile. Ce qui est assez rare d'ailleurs parce que dans les relations entre les chefs de gouvernement très souvent c'est des relations convenues. C'est-à-dire que tout tous les collaborateurs ont préparé les discours, les notes, les les accords avant et vous vous n'êtes qu'une vous vous ne participez qu'à une sorte de cérémonie formelle avec Poutine.
Pas du tout. Vous rentrez dans une salle, vous savez pas du tout de quoi on va parler. Ça dure 3h, il il fait de la provocation, il parfois excessif, bah il faut se battre et puis argumenter et cetera. Et euh et et moi je je n'ai aucun souvenir d'une décision qui aurait été négative pour la France dans ma relation avec Poutine. C'estd que j'ai toujours réussi à à le faire reculer euh quand il avait une idée qui était mauvaise pour notre pays. Vous l'auriez battu au ski ? Ça, j'en sais rien parce que il est assez sportif quand même. Puis il est petit, rablé. Mais je suis pas mauvais. Oui, je suis pas mauvais. C'est dangereux de gagner au ski contre Poutine ou pas d'ailleurs ?
Non, enfin c'est dangereux si on est russe. [rires] En 2021, vous avez rejoint des conseils d'administration de deux grandes entreprises, vous en parliez avant, russe he lié au secteur de l'énergie et et du pétrole. Euh c'est ça qu'on vous a reproché ? Qu'est-ce qu'on vous approché concrètement ? Vous parliez de de journalistes Alors, il y a deux il y a deux choses. D'abord, en 2017, j'ai arrêté la politique. Je suis sorti de la vie publique. Je suis un homme privé, je fais ce que je veux.
Je participe au euh j'ai une activité professionnelle et je n'accepte pas euh que euh des médias, des responsables politiques français me donnent des leçons sur ce que je peux faire, ce que je dois pas faire. Ce qui m'avait conduit à dire devant une commission d'enquête parlementaire que si je voulais vendre des riettes sur la place rouge, je vendrai des riettes sur la place rouge. Pourquoi ? Voilà, c'est parce que quand on est une personne privée, qu'on a quitté la vie publique, on a pas de compte à rendre au motif qu'avant on a eu une vie politique, on a été premier ministre.
Bon et la deuxième chose c'est que à cette époque-là, je considère que la relation entre la France et la Russie était positive et moi, j'ai toujours considéré que on aurait pu éviter la guerre en Ukraine si on avait eu euh d'abord si on avait évité un certain nombre de provocations inutiles qui étaient surtout américaine, mais surtout si on avait eu le le courage d'affronter Poutine euh et de lui proposer C'est aussi une porte de sortie pour pour pouvoir rentrer dans une négociation. C'est d'ailleurs mon dernier entretien avec Poutine doit remonter à 2020, je crois. Et je lui avais dit ça.
Je lui avais dit il faut que vous preniez une initiative diplomatique, que vous sortiez de votre isolement. Euh cette confrontation avec le avec l'Europe est dangereuse, elle est dangereuse pour tout le monde. Euh mais il faut que vous parliez avec les Européens et que vous fassiez des concessions que que voilà, il faut trouver un accord. La Russie a des revendications qui sont justifiées, nous on en a aussi. Et je me souviens toujours qu'il m'avait dit "Oui, mais avec qui je parle ?" comme si au fond il y avait pas d'interlocuteur en Europe. Et je lui avais dit, vous devriez parler avec Emmanuel Macron, ce qu'il a fait euh [grognement] mais qui n'a abouti à aucun résultat.
Et la dernière conversation que j'ai eu avec lui qui était téléphonique avant le la guerre, avant le début de la guerre, parce que depuis le début de la guerre, je n'ai plus aucun rapport avec les avec la Russie, euh je lui ai demandé pourquoi ça fonctionne quoi ? Pourquoi vous arrivez pas à trouver au moins un terrain pour commencer des discussions ? et il a eu cette phrase alors qu'il n'engage que lui. Mais il m'a dit "Mais quand Emmanuel Macron vient boire, il m'explique ce que je dois faire." Et c'est [grognement] pas une négociation ça.
La négociation c'est c'est une situation dans laquelle on se met à la place de celui qui est en face de vous, même si c'est un adversaire, pour essayer de comprendre la justification de ces revendications et pour essayer de trouver des solutions. Voilà. Et c'est ça qui me qui me met en colère et qui me et qui me gêne dans la dans la dans la politique de française aujourd'hui et européenne vis-à-vis de la Russie. C'est c'est pas que je je j'excuse la le fait que Vladimir Poutine a déclenché une guerre. Je pense qu'il a fait une erreur, il a fait une faute euh qui est qui est qui est mauvaise pour pour la paix en Europe et qui est mauvaise pour l'Ukraine et qui est mauvaise pour lui.
Ce que je n'accepte pas, c'est que on fasse comme si on allait pouvoir écraser la Russie, comme si on allait comme si on allait pouvoir chasser Poutine du pouvoir et que c'est cette et que c'est ça qui allait apporter une solution à cette crise. C'est complètement faux. euh on écrasera pas la Russie pour des raisons historiques et géographiques. Et euh si Poutine perd le pouvoir, il sera remplacé par quelqu'un qui, de mon point de vue, sera sans doute plus dur que lui parce que c'est intrinsèque à à ce pays. Et donc on est en train de de manipuler de la nitroglycérine sans sans réflexion de fond ni sur l'histoire des relations entre l'Europe et la Russie, ni en se projetant sur l'avenir.
Son portable à Vladimir Poutine, vous pouvez l'appeler il a pas de portable. Enfin, je crois je crois pas qu'il a de portable parce que j'ai pas de numéro. Non, Vladimir Poutine, on peut pas. Il est il est il a pas de portable. Je je sais pas s'il a portable mais en tout cas je n'ai à chaque fois que j'ai eu besoin de converser avec lui, il faut passer par son cabinet. Il y a pas de conversation directe. [grognement] C'est dit depuis 10 ans, je mets en garde contre les refus des occidentaux de prendre en compte les revendications russes sur l'expansion de l'OTAN. Parliez de ça ? Oui, bien sûr. Je je je il faut il faut se mettre la Russie c'est le plus grand pays du monde en surface.
C'est 11 fuseaux horaires. 11 fuseaux horaires. Donc quand vous êtes à la tête d'un pays comme la Russie, si en plus vous êtes un chef d'état autoritaire, ce qui est le cas de Poutine, mais ce qui a été le cas de tous les chefs d'État russes, qu'il y a jamais eu de démocratie en Russie, euh vous vous êtes à la tête du plus grand pays du monde.
Vous voulez être traité comme tel, c'est-à-dire vous voulez qu'on vous considère comme une grande puissance, même si vous avez par ailleurs une situation économique qui est pas bonne ou si vous avez des actes dans votre façon de diriger le pays qui fait que vous êtes critiqué et le fait de traiter la Russie comme un pays secondaire qu'on peut punir, qu'on peut à qui on peut faire baisser la tête et cetera, je pense c'est une grave erreur parce que ça crée les conditions soit [grognement] d'un conflit direct entre européens et russes auquel je crois pas en tout cas pas aujourd'hui mais plus sûrement ça crée les conditions d'une d'une coagulation de tous les pays qui ne nous aiment pas qui n'aiment pas les occidentaux qui ont une revanche à prendre sur les occidentaux et qui sont en train de s'agréger autour de la Russie et surtout autour de la Chine.
Si vous regardez aujourd'hui la réalité du monde, quand on parle de communauté internationale, que on pense la communauté internationale condamne telle l'action, on pense que c'est le monde entier, pas du tout, c'est juste les Européens et les Américains et dans les fêtes, la Russie, la Chine, l'Inde, la plupart des pays asiatiques, la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Brésil, ce sont des pays qui sont en train de se rapprocher pour prendre leur revanche au fond sur l'Occident qui les a dominé pendant si longtemps.
Et euh en cela, je trouve que la politique qui est conduite en Europe et aux États-Unis, qui qui pousse la Russie dans les bras de la Chine, qui ne veut pas prendre en compte les craintes de la Russie, même si ces craintes sont discutables, même si elles sont même si on peut considérer qu'elles sont pas justifiées, elles existent. Donc je suis euh russe euh je suis le chef du gouvernement russe. Si j'ai la perception que euh les occidentaux sont des adversaires qui cherchent à à me à à m'enfermer euh en poussant l'alliance militaire de l'OTAN de plus en plus près de chez moi, je vous créez une situation où où le où ce dirigeant russe devient dangereux.
Donc il y a un moment où il faut trouver un équilibre et cet équilibre, je considère par exemple Mitteran, Chirak, Schroder, ces dirigeants-là ont toujours fait attention à ne pas aller trop loin dans l'attention avec la Russie. La position de la France du temps de Chirak ou de Mitteran, elle était absolument identique. Jamais, par exemple, nous n'aurions accepté que l'Ukraine rentre dans le temps, que la Géorgie rentre dans le temps. considérait que le temps c'était une alliance défensive occidentale et qui est pas un instrument de conquête et de mise en place de la démocratie et de de défense des valeurs occidentales dans le monde. Qu'est-ce que veut Emmanuel Macron aujourd'hui ?
pas je sais pas, j'ai eu des conversations avec lui autour de au début autour de ces questions là, il semblait assez convaincu de la de de cette thèse que je défends la nécessité d'avoir avec la Russie une un dialogue ferme, virile, sans concession mais un dialogue. J'ai l'impression qu'au fond maintenant, il s'est laissé enivré par la la posture de d'opposant à Poutine qui lui donne qui donne une sorte de de de valeur morale. C'estàdire que comme Poutine est un dirigeant autoritaire, que la Russie comme les exactions assassine ses opposants et cetera, le fait de combattre Poutine sorte de mission. euh valorisante euh sauf que c'est pas conforme aux intérêts de notre pays.
On entend souvent parler d'ingérences étrangères, chinoise, américaine, russe, turc, enfin on entend plein Azerbaïdjan et cetera. Est-ce que vous vous l'avez vu quand vous étiez premier ministre ? Est-ce que c'était déjà existant et pas est-ce que ça existait déjà ? Est-ce qu'il y avait déjà ce que c'était peut-être le c'était pas le début d'Internet 20072, c'était déjà très en place ? Est-ce que vous l'avez vu vous ? in gérance étrangère, elle est aussi vieille que l'histoire du monde. Et quand j'étais premier ministre, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, les ingérences étrangères les plus significatives, c'était d'abord celle des Américains.
Chez nous, bien sûr, les Américains sont en permanence euh en train de faire de l'ingérence dans les dans les dans l'organisation des pays européens et en particulier à travers un mécanisme très très pervers euh qui leur permet de sanctionner les entreprises occidentales. Euh c'est comme ça par exemple que la BNP a été condamnée à payer plusieurs milliards d'amendes à à l'Amérique. comme ça que l'Amérique peut sanctionner une entreprise occidentale comme Airbus par exemple pour favoriser Boeing. Donc la la l'ingérence la plus la plus efficace et je parle pas des réseaux sociaux qui sont tous enfin des des gafas qui sont tous américains et cetera.
Je parle simplement de l'action du gouvernement américain. Puis après, il y a une deuxième ingérence que j'ai constaté en permanence, c'est l'ingérance des pays comme l'Algérie, comme le Maroc, comme la Turquie qui à travers les communautés, leur communauté nationale en France agiss sur les élections françaises. Comme quoi ? Bah, l'Algérie euh à travers les les imams dans les mosquées euh euh la Turquie, euh on leur choisisse les candidats pour lesquels euh ils appellent à à voter. Euh il y avait eu, je me souviens, un grand rassemblement euh dans l'est de la France, je sais plus c'était à Strasbourg où le président Erdogan était venu aranguer les populations d'origine turque.
Il s'agissait clairement d'une ingérence dans la vie dans la vie politique française. Alors les Russes font de l'ingérance bien sûr. J'ai toujours tendance à penser qu'elle est tellement grossière que elle est pas très efficace et elle est souvent très surestimée. Quand on a expliqué que c'était les Russes qui avaient fait élire Trump aux États-Unis, bon, il y a d'ailleurs une enquête qui a montré que tout ça était complètement bidon, mais c'est vraiment prendre les électeurs pour des imbéciles de penser que parce que ils vont voir un trô russe sur internet, ils vont changer leur leur vote. Mais il y a de l'ingérence russe, c'est clair. Il y a une ingérence chinoise.
Quand j'étais premier ministre, j'ai été confronté plusieurs fois à des actes d'espionnage chinois de sur vous. Alors, je me souviens d'un jour où les on avait chopé un un dans une délégation officielle un Chinois qui avait mis des clés USB sur des ordinateurs en visitant Airbus. Euh oui, il y a il y a il y a des ingérences étrangères partout et nous-mêmes et nous-même on le fait aussi bien sûr enfin on l'a fait en tout cas.
Non mais Sébastien Lorn il l'a dit là il est venu, il a dit on est offensif, on n'est pas que pendant des années, on disait que la France était défensive même en terme de hacking enfin de de hack et aujourd'hui il l'a dit, il a dit nos hackers trahir des secrets, mais on a euh on a par exemple euh mené des opérations offensives contre l'Iran pour euh retarder la les capacités euh de l'Iran à se doter de l'arme nucléaire en injectant euh des virus sur les réseaux iraniens. Bien sûr, ça fait partie de de ça fait partie de l'action des États. Donc il faut à la fois ne pas être naïf et savoir qu'il y a une ingérence.
Ce qui est gênant, c'est de concentrer toute l'opinion et toutes les [grognement] les projecteurs sur une seule ingérence alors qu'il y en a beaucoup d'autres. Est-ce que vous avez croisé un homme politique ? Vous êtes dit qu'il pouvait être dangereux ? Qui est l'homme politique le plus dangereux que vous ayez croisé ? On vous êtes dit vraiment là en connaissance de cause, en connaissant un peu l'environnement de de l'homme, faut faire vraiment attention. [grognement] J'ai pas croisé Kaddafi, mais il fait partie des gens qui étaient quand même extrêmement dangereux et qui pouvaient du jour au lendemain vous faire assassiner.
Euh, j'ai croisé Erdogan qui est un personnage euh préoccupant, je pense, pour préoccupant. Tout le monde a les yeux rivés sur la Russie et cette idée que la Russie veut étendre son empire. Euh, il y a chez le président Erdogan un souci de restaurer l'Empire ottoman ou une partie de l'Empire ottoman qui est incontestable. Euh [grognement] j'ai eu l'occasion de croiser des euh des des personnalités en Arabie Saoudite qui était un peu préoccupante. Et puis il y a pour moi une question que je trouve totalement occultée dans la dans la dans la réflexion occidentale qui est la Chine. Les les dirigeants chinois sont souvent inquiétants par leur par leur cynisme, par leur froideur.
sont ce sont des gens de très haut niveau euh qui poursuivent un objectif extrêmement clair qui est la domination de la Chine, notamment la domination économique chinoise euh et avec une dialectique qui est la dialectique euh marxiste qui est la dialectique qu'on a connu à l'époque de l'Union soviétique. Donc, ce sont des ce sont des interlocuteurs redoutables avec lequel il y a jamais le moindre affect ou en tout cas très dans très peu de cas et qui représente à mon point de vue la menace la plus importante pour l'Europe et pour les occidentaux. La Russie, c'est un grand pays dangereux parce qu'il est instable, parce qu'il est désordonné, mais c'est pas une économie puissante.
Et on voit avec la guerre en Ukraine que c'est pas non plus une armée moderne et efficace. La Chine, c'est autre chose. La Chine économie qui est quasiment au même niveau que l'économie américaine ou presque au même niveau, qu'à un niveau technologique qui dans certains domaines est en train de dépasser le niveau occidental. Euh, ils sont en train de tuer l'industrie automobile européenne, mais ils arrivent sur l'intelligence artificielle, ils arrivent sur les sujets de santé, ils arrivent et ils sont en train de se doter d'une armée euh incroyablement puissante, peut-être pas très efficace, pas très entraînée, mais incroyablement puissante. Donc pour moi, ça c'est le vrai nombreuse.
C'est c'est ça c'est la vraie la vraie menace pour les occidentaux moins militaire d'ailleurs que que que économique et j'ai le sentiment que nous ne prenons pas la mesure de la gravité de cette menace omnubilée que nous sommes par la Russie dont nous dont on nous explique tous les jours qu'elle va nous envahir. Vous avez eu votre dernier enfant à 47 ans. J'ai noté dans les choses étonnantes de votre vie. Vous avez eu cinq enfants Marie, Charles, Antoine, Édouard et Arnaud. Vous avez eu l'aîné à 28 ans et le dernier à 47 ans. Donc quand même On n'est pas le même père quand on a 28 ans que quand on a 47, j'imagine.
Non, j'ai les les quatre premiers, j'étais député, j'avais ministre ensuite, mais surtout député en fait. euh la vie d'un parlementaire. En tout cas, à l'époque où j'ai commencé ce euh cette cette vie politique, c'était euh 7 jours sur 7 euh et en particulier les weekends, je je j'arpentais ma circonscription, euh les fêtes, les manifestations sportives, les repas d'anciens, les repas d'ancien combattants, les repas de pompiers et cetera et cetera. Et donc mes enfants, je m'en suis pas beaucoup occupé, c'est plutôt ma femme qui les a élevé.
Euh lorsque le dernier est né, euh j'ai pris conscience parce que sans doute j'étais plus âgé euh de ce que j'avais raté et donc j'ai changé complètement d'attitude. J'ai arrêté le weekend d'aller dans les manifestations sauf exception et je me suis occupé de mon fils. Vous vous regrettez d'avoir raté des moments et vos enfants ? Oui oui un contestement. Alors, je regrette jusqu'à un certain point parce que ils sont bien élevés, ils sont ils ont réussi dans la vie, la famille est extrêmement soudée, on passe beaucoup de temps ensemble.
Donc la seule chose que je pense, c'est que leur leur réussite doit peut-être plus à mon épouse qu'à moi compte tenu du fait qu'elle les a élevé avec une présence et une une comment dirais-je une une attention que je n'ai pas été en mesure de leur apporter. Est-ce qu'ils ont souffert de votre C'est important de parler aussi des sacrifices que vous avez fait. On va parler de de la carrière, mais ça fait partie de la carrière d'un d'un homme politique quand on est premier ministre.
Est-ce que il y a il y a un de vos enfants qui a souffert à un moment donné de d'un manque de votre part et qui vous l'a dit ou vous l'avez vu et on en a pas ma fille est née qui a eu un moment lorsqu'elle été étudiante quelques quelques soucis qui étaient psychologique qui étaient lié au fait que sans doute son père avait pas été assez présent et et elle m'avait reproché plusieurs fois au fond le c'est difficile pour un enfant de vivre surtout dans une petite ville de province dont le père dont le maire et votre enfin et votre père quoi ou votre père est le maire.
Et je me souviens toujours qu'elle m'avait elle avait réclamé que de changer d'école pour aller dans le département voisin du Ménéloire, ce que ce que j'ai accepté et et au moment où elle a changé d'école, je suis devenu président de la région des pays de la Loire qui englobelle Méné Loire. Donc elle des folles de rage en me disant mais où est-ce que je peux aller sans tomber sur toi comme responsable politique de la de la région ? Vous avez eu Arnaud votre dernier petit garçon. Il avait 6 ans quand vous étiez à Matignon. Il a grandi avec un père premier ministre. Ouais. Lui il a été élevé quasiment dans les ministères.
C'estàd que il a vécu avec moi, avec mon épouse, aux affaires sociales, à l'éducation et puis ensuite à Matillon. [grognement] Arnaud, c'est c'est le le prénom de votre frère qui qui est décédé. Vous avez perdu très jeune d'un accident de voiture. Je crois vous en az jamais parlé. Non. Alors, il est il est c'est en en 81 euh il est décédé dans en fait avec le fils d'un autre député de la Sart alors qu'ils étaient adolescents et qu'ils avaient pas de permis de conduire. Ils sont allés euh s'amuser avec une quaterelle dans les bois dans une forêt.
Ils ont dérapé et la la voiture a tapé contre un arbre et la tête de mon de mon frère a tapé contre le le montant de la de la voiture et il est décédé. Euh voilà, je d'abord moi je suis pas je fais pas partie des gens qui s'épenchent beaucoup. Et alors en plus c'est lui aussi il était né très longtemps après après moi et mes frères. il était beaucoup plus jeune. Donc en fait on je vais pas dire qu'on se connaissait pas bien mais on a peu vécu ensemble. Vous avez donner le prénom à votre fils en en souvenir ? Oui oui oui oui. C'était une façon de de se souvenir et de lui rendre hommage. Puis c'est un joli prénom. Est-ce que je peux vous poser la question de la la sécurité ?
Vous avez été premier ministre pendant 5 ans. Vous aviez une grosse équipe de de sécurité à l'époque. Est-ce que ça a servi ? Est-ce qu'il y a des gens qui ont qui vous ont voulu du mal de par votre fonction, vos fonctions à l'époque qui a qui ont été arrêté au bon moment grâce à votre sécurité ? Alors, je crois qu'il faut faut pas prendre le problème dans ce sens-là. Faut vous êtes le chef d'un gouvernement, c'estàd que vous vous êtes la l'incarnation d'un état. Euh cet état a des adversaires. Euh si vous n'êtes pas protégé, ça veut dire que n'importe lequel de vos adversaires peut s'en prendre à l'État français en vous assassinant. Voilà.
Donc c'est normal qu'un chef de gouvernement soit protégé. Euh et il il doit être protégé 24 he sur 24 euh [grognement] 365 jours par an. Euh j'entends souvent des critiques sur euh euh mais pourquoi ils ont euh des voitures, des chauffeurs, des avions, des hélicoptères, des je sais pas quoi ? Euh c'est une c'est une nécessité absolue si on veut vraiment assurer la protection d'un chef d'état et de gouvernement. Et tous les chefs d'État et de gouvernement dans le monde ont une protection parce que ils sont des cibles euh symboliques euh pour euh les terroristes mais aussi pour les adversaires du pays.
Euh après, il y a une deuxième dimension qui sont les gens dérangés et qui sont malheureusement assez nombreux et qui sont et qui s'en prennent à à des à des figures politiques, à des figures emblématiques. ce ce cette personne qui avait tiré sur Jacques Chirac au moment du défilé du 14 juillet, c'était un malade mental. Il y en avait un autre qui avait poignardé Philippe Doublasi, c'était un malade mental. Bon, moi j'ai jamais été confronté à des actes violents dans l'exercice de mes fonctions, sauf une fois, mais j'ai souvent été confronté à des à des gens un peu dérangés qui s'introduisent chez vous. Ça vous avez eu ça qui se jusqu'à puis ça continue encore un peu. Oui bien sûr.
Des gens qui viennent chez vous parce qu'ils ont des choses à vous dire parce que il des complots des et qui ça pouvez nous raconter à l'époque quand vous êtes premier ministre vous étiez comment ça s'est passé ? Comment les gens rentrent chez vous ? Ah, j'ai eu une fois euh alors quand j'étais premier ministre, euh non parce que quand j'étais premier ministre, la maison, elle était euh gardée par les gendarmes et donc euh personne ne pouvait rentrer. Mais quand je n'ai plus été premier ministre, à partir de 2012, euh mes enfants une fois sont tombés sur une femme qui avait élu domicile dans un un bâtiment abandonné de de ma propriété parce qu'elle voulait me voir.
Une autre fois, il y a un garçon qui s'est enchaîné à la table du jardin symboliquement parce que j'avais décoré son père qui était un élu local et mon discours était pas assez logieux. J'avais pas été assez voilà et puis et puis très souvent il y a des gens qui viennent encore très récemment parce que ils ont une solution à un problème politique, ils veulent me voir. Il vient sonner chez vous ? Oui, il sonne pas, il rentre. En plus, c'est c'est une maison à la campagne. Donc tout d'un coup, vous tombez nez à nez avec [grognement] quelqu'un qui est qui est dans le parc, qui est dans le jardin. Et c'est faire peur ça.
Bah c'est c'est surtout Oui, c'est désagré, ça prend du ça prend du temps ensuite pour Il y a eu des Est-ce qu'il y a eu des tentatives de de d'attentat sur vous ? Est-ce que vous étiez au courant ? Alors, il y a il y a eu une tentative enfin pendant la campagne présidentielle, il y a eu une une personne qui a été arrêtée et chez qui on a trouvé des articles de presse, des documents, des armes qui me concernaient prioritairement mais qui concernait aussi madame Le Pen et peut-être monsieur Macron. Euh [grognement] j'ai [raclement de gorge] pas le souvenir d'autres d'autres tentatives.
Et puis alors une fois euh où je n'étais plus à Maton en 2000 euh 16 je crois quand j'ai sorti mon livre Fer, je faisais une séance de dédicace à la librairie Alma Michel sur les qui qui est fermé malheureusement maintenant sur le boulevard Saint-Germain. Il y a un monsieur qui vient avec un livre et qui me demande de le dédicacer et il me dit "Moi, je vous aime beaucoup, ce que vous faites est formidable et cetera." Il y a un truc, vous devriez arrêter d'avoir un officier de sécurité pour s'occuper de vous. C'est c'est des dépenses inutiles.
Et moi, machinalement, je lui réponds en signant, je lui réponds "Bah peut-être que oui, vous avez peut-être raison." Et au moment où je dis ça, il y a un un africain euh euh qui devait mesurer 1,90 et qui devait peser 110 kg, qui entre en hurlant dans la dans la librairie, qui se jette sur moi. Voilà, c'était un un partisan du président BAGBO euh que la France avait pas soutenu et qui était qui qui est voilà. Et donc là, lui, il voulait franchement me casser la figure quoi. Et il a été plaqué au sol à 1 m de mois par mon par mon officier de sécurité. Et là, finalement, le monsieur a compris pourquoi vous aviez un officier de sécurité ce momentlà. Exactement.
Il y a eu le le scandale des jet privés en entre 2009 et 2010. Don vous étiez premier ministre, on vous accuse d'avoir utilisé en tout cas les jets privés et hélicoptères financés par votre parti à l'époque donc qui est l'UMP pour des déplacements toujours politiques. On parle de de vol Biaritz Madrid facturé 14200 € puis un autre 6400 € pour un déplacement de Paris Grenoble, Lement Paris et cetera. Alors, d'abord quand vous êtes premier ministre, vous prenez les avions de la République et de façon fréquente, je sais que ça m'a été reproché. Euh c'est souvent la meilleure solution, la plus économique et celle qui va le moins euh vous exposer.
Enfin, faut faut quand même se rendre compte dans les critiques qu'on entend sur ces sujets-là, il y a il y a une forme de jalousie assez médiocre. Un chef de gouvernement, c'est quelqu'un qui va prendre qui prend des décisions toutes les demi-heures, qui a un emploi du temps dantesque, qui doit faire des déplacements dans le pays, à l'étranger et cetera. Enfin, penser qu'il doit faire ça en train ou en avion de ligne, ça n'a strictement aucun sens. Pourquoi ? Pardon ? Parce que c'est vrai que souvent sur internet, je vois réponses, les commentaires.
Alors, parfois, il y a plein de trucs qui n'ont pas de sens, mais ils disent "Pourquoi ils prennent pas le train les politiques parfois pour aller à Bordeaux par exemple qui a 2h. Vraie question. Alors, d'abord d'abord ça dépend de la distance naturellement. Euh [grognement] ça vous oblige à vous conformer aux horaires du train alors que vous vous avez des contraintes. J'ai j'ai entendu euh euh vous avez reçu récemment euh Bernard Arnaud euh qui vous a expliqué que il pouvait pas faire le tour du monde avec de ses magasins en prenant des avions de ligne.
Après, il y a une autre euh chose que les gens ne ne voient pas, c'est que moi quand j'ai été nommé premier ministre, il se trouve que ma résidence euh est dans la Sart. Donc c'est à grosso modo 2h30 parfois 3h de voiture et c'est à 1h15 de train. Donc au début je suis all j'ai j'ai voulu prendre le train quand je me suis rendu compte que on fouillait le train avec des chiens pour être sûr qu'il y avait pas de d'explosif qu'on neutralisait un wagon pour moi, que qu'il y avait donc une une contrainte pour les passagers du train à cause de ma présence. J'ai arrêté.
Bon euh et j'ai pris l'avion, ce qui m'a été reproché, mais ce que je continuerais à faire si jamais j'étais au gouvernement, ce qui n'est plus le cas. Après, euh les les vols que vous évoquez là, je j'ai aucun souvenir de ça. J'ai sûrement pas fait financer des hélicoptères par le parti. que le parti m'est financé des déplacements de campagne électorale, j'ai pu aller par exemple si vous êtes premier ministre et que vous allez soutenir un candidat quelque part, vous allez pas y aller avec un avion de la République parce que ça ça serait une utilisation des moyens de la République au service.
Donc vous y allez avec les moyens de votre parti et comme les contraintes étaient les mêmes en terme d'horaire, après j'ai du mal à comprendre ce que j'ai pu aller faire à Madrid mais bon c'est ma mémoire qui est défaillante. Parfois, vous voyez des articles euh qui raconaient vraiment n'importe quoi. Oui, bah je vois j'ai alors j'ai vu beaucoup d'articles expliquant que j'allais tous les weekend en avion dans la Sart. C'est évidemment complètement faux. Euh j'allais dans la Sart peut-être un weekend sur par mois et c'est là où j'ai commencé à aller en train et où j'ai fini par aller en en avion.
Il faut voir que quand vous vous déplacez, quand vous êtes premier ministre, vous vous déplacez avec 15 personnes au minimum. Vous avez euh la la sécurité, vous avez un médecin qui vous suit partout, vous avez les transmetteurs pour que vous soyez en permanence joignable par tout le monde, y compris par le président de la République en cas de crise majeure et cetera. Donc euh c'était plus rapide, plus facile et plus économique d'y aller en en avion. Mais ça aussi ça dénote enfin il y a une forme de de de médiocrité dans les critiques à l'égard des hommes publics, des hommes politiques qui abîment la démocratie. Euh euh tous les chefs de gouvernement du monde entier se déplacent comme ça.
Je veux dire quand monsieur alors quand c'est le président américain qui vient à Paris, tout le monde est euh euh presque plein d'admiration devant le la en tout cas l'avion, les les les véhicules blindés et cetera. Nous, on est très loin de tout ça et et aujourd'hui euh quand je me déplace dans le monde, je vois encore beaucoup de d'anciens chefs de gouvernement euh qui euh en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne et cetera qui ont euh qui font l'objet d'une protection qui qui est liée à leur histoire et au fait que quand vous avez gouverné un pays pendant 5 ans, vous vous êtes fait quelques ennemis.
Vous quand vous quittez le poste de Premier ministre après 5 ans, le le 15 mai 2012, euh vous votre sécurité vous quitte tout de suite ou euh comment ? Euh alors quand quand vous euh Oui, votre sécurité vous quitte, mais vous avez encore euh deux officiers de sécurité qui vous qui vous suivent euh en permanence. Euh moi, j'avais euh décidé après ma sortie de Matignon que d'alléger le dispositif. Donc en gros, les officiers de sécurité, ils m'accompagnaient à Paris dans les déplacements officiels ou à l'étranger, mais pas chez moi et pas pendant mes vacances et pas pendant mes temps libres. Vous n' plus de chauffeur là ? Non, je suis venu en vélo. Oui, je vous ai vu cannasser votre vé devant.
C'est quoi le privilège que vous aviez à Matignon qui vous a le plus manqué en partant ? parce qu'on s'habitue quand pendant 5 ans. Franchement d'abord, je pense pas qu'on est de privilège. Je veux dire, c'est non pas un privilège, des avantages. Je sais pas ce que quelqu'un faisait votre linge et d'un coup vous vous retrouvez à devoir voyez. Ouais, bien sûr, bien sûr. Ça c'est c'est vrai que quand vous arrivez dans un voyage officiel et que vous descendez de l'avion, vous avez des costumes repassés, des chemises repassées et cetera. Mais franchement, moi ça m'a jamais manqué ça.
Ça m'a jamais manqué parce que moi je suis toujours passé quand c'est fini, c'est fini, on passe à autre chose et on s'adapte et on se réhabitue à vivre à vivre normalement. Je conteste le mot davantage quoi. Je c'est des contraintes qui sont liées à la fonction. Euh vous vous êtes chef de de gouvernement, vous êtes en visite officielle en France ou dans un pays étranger, vous allez pas descendre tout froisser en ayant pas dormi de la nuit.
Donc c'est normal que euh vous ayez un avion dans lequel vous allez pouvoir euh vous reposer, euh dormir, prendre une douche et que et quand vous allez descendre de l'avion, à la minute où vous posez le pied par terre, vous êtes en représentation officielle tout de suite. Il y a euh des honneurs militaires, [raclement de gorge] on va vous faire dans les dans l'heure, on va vous demander trois fois de prendre la parole devant des médias et cetera. Donc il faut que vous soyez reposé, euh rasé euh propre et cetera. Donc c'est c'est pour ça qu'il y a cette cette c cette structure autour services. Voilà. Et c'est absolument fondamental.
Vous allez gagner la primaire, donc c'est que votre parti politique va vous allez gagner l'élection de la primaire pour vous présenter en en 2017 à l'époque. Pourquoi est-ce que vous aviez envie d'être président à ce moment-là ? En fait, quand euh j'ai quitté Matillon en 2012, euh j'avais décidé d'arrêter la vie politique. Euh pourquoi ? Parce que j'avais l'impression que j'étais allé au sommet de ce que je pouvais faire. Je pensais d'ailleurs que Nicolas Sarkozy serait élu président. Il pouvait pas m'en reprendre comme premier ministre encore pendant 5 ans.
Donc j'avais j'avais préparé mon départ et j'avais même euh négocié euh mon arrivée euh dans un cabinet d'avocat qui est le cabinet de Jean Veille, le le fils de Simon Veille. Euh puis Nicolas SarkoZi a été battu. Euh et assez rapidement, j'ai vu arriver beaucoup de responsables politique de droite euh qui souhaitait que je m'engage dans la euh campagne présidentielle.
Euh j'avais un niveau de popularité à l'époque qui était très élevé, hein, puisque en septembre 2012, je suis euh au sommet de la popularité des responsables politiques, comme souvent d'ailleurs quand on a plus de responsabilité, la popularité augmente et j'ai eu le sentiment que j'avais les comment dirais-je, pas les solutions mais la le projet politique qui compte tenu de l'expérience qui était la mienne qui m'aurait permis de redresser le pays. Donc j'y suis allé.
[grognement] Et en janvier 2017 en en pleine campagne, le journal Le canard enchaîné à l'époque va révéler que votre épouse Pénéopan était rémunérée pendant plusieurs années comme assistante parlementaire sans avoir vraiment travaillé. Euh vos deux enfants Charles et Marie auraient également été rémunérés je crois. Une enquête est ouverte et l'affaire en fait va bouleverser complètement votre campagne. On parle du à l'époque du Penelope Gate. Euh comment vous apprenez ces révélations vous ? Comment est-ce que vous apprenez cette cet article qui va sortir ? Je les apprends par le canard enchaîné.
Vous savez, on on connaît les la teneur des articles du Canada enchaîné, la veille de sa parution. Et donc mes collaborateurs m'apprennent cette ce papier. Ça m'inquiète pas plus que cela parce que je sais moi que j'ai les moyens de démontrer que mon épouse a été effectivement au moins pendant une période importante qui a été reconnue par la cour d'appel. Euh ma collaboratrice euh il y a eu beaucoup de à l'époque c'est il y a il y a énormément d'hommes politiques qui sont exactement dans la même situation que moi.
Je me j'ai un exemple en tête, c'est le canard enchaîné avait aussi quelques années plus tôt euh sorti des informations du même niveau et qui n'a jamais été poursuivi par la justice. Et donc j'étais relativement serein pensant que cette crise allait être gérée assez facilement. sur en quoi je me trompais. [grognement] C'est c'est c'était une erreur de votre part ça ? Alors d'abord, il y a une première chose que je veux dire parce que c'est c'est l'occasion de le faire avec cette façon dont vous m'offrez la la parole. Il y a pas d'emploi fictif et c'est pas moi qui le dit, c'est la justice.
C'est que la cour d'appel dans son dernier jugement nous a relaxé Pénélope et moi sur toute une période qui équ qui va de 95 jusqu'en 2002 et elle nous a relaxé. Pourquoi ? Parce que la justice a considéré qu'il y avait suffisamment de preuves de travail de mon épouse. Donc ça veut dire une chose, ça veut dire qu'elle a bien été ma collaboratrice pendant pendant au moins une période importante de ma de ma carrière. Euh pourquoi est-ce que j'insiste là-dessus ?
Parce que il y a eu tellement d'injustice, tellement de de elle a été tellement maltraité euh on a expliqué que c'était une femme au foyer euh euh qui en gros savait euh faire la cuisine et euh cultiver les roses et que le reste était une invention. Euh donc c'est pas vrai. Donc il y a il y a pas eu d'emploi fictif. Après, la justice a estimé que quand je suis rentré au gouvernement euh donc j'avais un suppléant, quand vous rentrez au gouvernement, vous êtes plus député, vous avez un suppléant qui prend votre place.
Et là, j'ai demandé à ma femme de continuer à être l'assistante parlementaire de mon suppléant et la justice a estimé que là, il y avait moins de preuves, que la relation était évidemment plus distendue qu'avec moi. Et effectivement, j'ai eu tort. J'ai eu tort. [raclement de gorge] Je n'aurais pas dû euh poursuivre cette organisation euh lorsque j'étais au gouvernement et que mon suppléant siégeait. Euh et puis après, il y a un dernier sujet qui évidemment pour moi un sujet de regret, c'est que le Parlement a fonctionné comme ça pendant des décennies et des décennies.
J'ai été élu en 1981, plus de la moitié des parlementaires avaient leur conjoint comme collaborateur et l'Assemblée nationale encourageait tout à fait cette pratique. Et ça c'est le problème quand on est élu pendant très longtemps, c'est que je n'ai pas vu que ce qui était une pratique normale du Parlement depuis très très longtemps n'était plus accepté par la société au fond. Qu'il y avait une sorte de de changement de regard de la société sur ces sujets-là. Euh ce que j'ai pas vu et évidemment ça entraîné des conséquences graves à la fois pour le pays et pour et pour moi et pour ma famille. Pourquoi pour le pays ?
Parce que mon premier regret, c'est d'avoir fait avec cette histoire perdre du temps à la France. L'élection de d'Emmanuel Macron fait perdre du temps à la France. Elle a aggravé la situation de crise dans laquelle nous sommes. Et je pense que sans cette affaire, Madame Macron n'aurait pas été élu président de la République. Euh vous pensez que cette affaire vous a coûté l'élection présidentielle ? Oui, j'en suis convaincu. J'en suis convaincu.
Euh euh je malgré cette affaire euh et le le déchaînement de violence qui s'est abattu sur moi pendant ma campagne euh euh malgré le fait que j'ai été traité d'une façon absolument anormale par la justice puisque enfin j'ai j'ai été mis en examen dans des délais qui n'ont aucun équivalent dans l'histoire de la justice française. Vous avez été condamné en 2025 he encore ? Oui, mais je parle de la mise en examen. La mise en examen, c'est un mois après euh un mois et demi après la le papier du Canada enchaîné.
[grognement] Euh le le juge Vanbeck euh qui a écrit un livre sur euh où où il évoque un certain nombre d'affaires, Vandrinbec, c'est un juge qui a euh comment dirais-je qui a traité des affaires concernant des politiques de droite. Donc c'est pas c'est pas un homme de droite, c'est pas c'est pas quelqu'un. Il a écrit dans son livre "Je n'aurais jamais mis en examen François Fillon avant l'élection présidentielle. J'aurais attendu que l'élection présidentielle soit passée.
Il y avait euh une tradition en France très ancienne qui fait que pendant la campagne électorale, la justice euh sauf si vous avez tué quelqu'un, euh s'abstenait euh de poursuivre un un candidat pour ne pas peser sur l'élection. Bah malgré tout ça, j'ai fait 20 % des voix et à 1,5 ou 2 points près, j'étais au second tour de l'élection présidentielle. Donc oui, bien sûr, cette affaire m'a coûté l'élection présidentielle et et je pense que il y a peu de gens pour le contester. [grognement] La justice a considéré que l'emploi de de votre épouse était fictif quand même à l'époque, non ?
Alors, elle m'a accusé de cela mais comme je vous le dis, la dernière décision de la cour d'appel me relaxe sur en juin 25, hein. Oui. Me relaxe sur de 1995 à 2002. Le jugement dit sur cette période-là, madame Fillon a fourni suffisamment de preuves euh pour de son travail. Donc, il y a pas d'emploi fictif. Après, on la justice considère que [grognement] il y a pas une somme de travail qui correspond au salaire qu'elle a reçu et cetera. Mais j'insiste sur le fait parce que voyez un emploi fictif c'est une c'est une fraude. C'est c'est une c'est une fraude. Voilà.
le fait que votre épouse qui est totalement impliquée dans votre travail parlementaire, dans votre équipe, euh vous représente, reçoit les gens, traite le courrier, passe des dimanches entiers à assister à des repas d'ancien à votre place, c'est une collaboration absolument fondamentale à votre à votre activité. Autrefois, on considérait que c'était normal que ce soit rémunéré. Aujourd'hui, on considère que ça l'est pas. Très bien. J'en j'en prends acte. J'aurais dû en prendre conscience plutôt, mais c'est pas un emploi fictif et c'est pas une fraude. C'était définitivement condamné par la Cour d'appel de Paris à 4 ans de prison surcis, 375000 € d'amende, 5 ans d'inéibilité.
Euh beaucoup plus que ça. J'ai été au départ. Ah non, c'était 800000. Je j'ai vu plusieurs ch épouse a été condamnée à 375000 € d'amende. Donc comme elle a pas de revenu, c'est évidemment moi qui les ass qui assume le qui réglé cette amende. Moi, j'ai été condamné à 375000 € donc ça fait déjà deux fois 375000. Et l'Assemblée nationale, d'une façon que je considère comme extrêmement hypocrite, c'est porté partie civile et a obtenu un peu plus de 800000 € de dommage et intérêt que je en plus des des quasiment 7500 de quoi ça fait au total 1 million et demi. Ouais. Voilà. dont j'ai réglé déjà un peu plus de la moitié.
Mais il y a pas un seul exemple dans l'histoire de la République française d'un homme politique qui a été condamné à une somme pareille. C'est c'est du jamais vu. Vous aviez pris 10 ans d'inéciibilité au départ. Ça a été revu à 5 ans, je crois. Oui. Oui. En appel, le le président du tribunal m'a dit euh enfin j'ai [grognement] dit au président du tribunal franchement 10 ans donc ça termine quand cette période d'éigibilité ? Euh ben ça a commencé euh avec la condamnation définitive, c'est-à-dire au début de cette année. Donc ça veut dire que ça se termine ça commence que maintenant en fait. Ouis. Enfin au début de cette année. Donc ça se termine en en [grognement] 2031.
Euh ça n'a aucune importance pour moi dans la mesure où je n'ai jamais eu l'intention de me représenter une élection. J'ai considéré que en 2017, je changeais de vie et je je je j'abandonnais la vie politique au sens public du terme. Oui, mais ça vous l'aviez déjà dit en 2012. Après vous aviez envie de revenir, vous l'étiez dit en 2012 aussi, vous aviez envie de revenir en 2017. Ouais, mais enfin depuis j'ai été candidaté à l'élection présidentielle, il y a eu ses affaires. Ça a fait quand même beaucoup de mal à ma famille. Donc je n'avais aucune aucunement l'intention et j'ai toujours pas l'intention de me représenter à une élection. Toujours pas.
Non parce que vous êtes très populaire hein. Je j'ai vu les gens dans la rue, on voit qu'il y a quelque chose. Les gens vous vous aiment bien. Alors je le ressens hein aujourd'hui surtout depuis que je fais du vélo dans Paris. Je me fais arrêter partout par des gens qui me disent des choses plutôt aimables. Mais euh non, ce qui m'a choqué dans l'innégibilité, c'est c'est symbolique. C'est-à-dire que euh j'ai servi mon pays pendant 40 ans. J'ai été premier ministre avec la durée la plus longue pratiquement de la 5e République. J'ai pu commettre des erreurs et faire des et faire des fautes. Je je ne pense [raclement de gorge] pas que ça méritait.
cette espèce de sanction symbolique de l'inéibilité. En fait, pour dire les choses plus clairement, je suis contre le l'inéibilité en général d'une manière générale parce que je considère que c'est aux Français de choisir leurs élus et pas au magistrats. Les magistrats ont une ont des circonstances attainement dans la mesure où c'est le Parlement qui a voté des textes qui entraînent cette inéliggibilité.
Et ça nous ramène à ce que je vous ai dit déjà sur ce que j'appelle l'acheté de la classe politique qui en fait est parfaitement au courant des pratiques et qui souvent en est elle-même [grognement] en profite elle-même mais qui dès qu'il y a une affaire qui prend une certaine importance médiatique comme pour se protéger les les les mêmes qui par exemple avait leur épouse comme assistant parlementaire se mettent à pousser des cris en trouvant tout à fait immoral cette situation. Pourquoi c'est devenu une affaire avec vous ? Il y en avait plein qui le faisaient ça. Alors je pense qu'il y a deux raisons.
Il y a une raison qui est le changement du regard de la société sur le fonctionnement de la politique. Donc je tombe au mauvais moment. C'est-à-dire que moi je suis c'est c'est tout le [grognement] la comment dira l'inconvénient d'avoir une carrière politique aussi longue. Quand je suis élu en 81, il y a déjà une enveloppe collaborateur et les services de l'Assemblée nationale vous appellent au mois d'octobre en vous disant "Monsieur le député, vous avez pas consommé votre enveloppe, il faut faire un contrat pour consommer l'ensemble de vos crédits." Donc on est dans une, vous voyez, dans une une attitude par rapport à ce fonctionnement qui est complètement différente.
Bon, cette attitude a changé, le regard de la société a changé, c'est tombé sur moi. Pour moi, je pense qu'il y a une deuxième raison, c'est ma candidature à l'élection présidentielle et le fait que un certain nombre de gens considéraient que cette candidature était les gênés. par rapport à mes positions sur la dette et sur le la dépense publique, j'avais dit que je voulais supprimer 500000 emplois publics par rapport à mes positions sur des questions de société. Je m'étais opposé au mariage pour tous. Du coup, j'ai eu une comment dirais-je une il y avait une hostilité assez forte de certaines minorités à mon égard.
Euh et je pense que la c'est la conjonction de ça qui va conduire à des décisions de de justice qui sont des décisions anormales. Je parle pas de la de la fin, de la condamnation et cetera. Je parle de la de la procédure qui va conduire à ma mise en examen dans un délai absolument record. Euh je parle du choix du du juge d'instruction qui est un choix parfaitement anormal. Euh il y a des une organisation des tribunaux qui fait que quand [grognement] un juge d'instruction est désigné, ben il y a un juge d'instruction qui il y a une sorte de tour. Bon et moi évidemment pour moi, on va choisir le juge d'instruction qui est le plus déterminé à obtenir ma condamnation et cetera et cetera.
Donc il il y a eu une procédure qui a été une procédure d'exception et je pense qu'elle est liée euh à la volonté de certains, je sais pas de qui, mais de m'empêcher d'être élu euh président de la République. Vous avez pas une idée de qui ? Non, c'est une requête politique qui est partie. Alors, je pense que c'est complexe, c'est-à-dire que euh je sais pas qui va qui a déclenché qui qui est qui a tiré le premier, je ne sais pas et je le saurai sans doute jamais. Ce que je sais, c'est que mes adversaires politiques vont se servir de de de cette situation, vont souffler sur les braises.
Euh les magistrats qui vont être à l'origine des premières décisions euh qui vont conduire à ma mise en examen sont tous des magistrats qui ont servi dans les cabinets de gauche, notamment madame Royal et cetera. Euh euh le j'avais dit à un moment qu'il y avait un cabinet noir parce qu'il y avait un livre qui était sorti et qui euh laissait entendre que François Hollande se faisait euh communiquer toutes les informations concernant les affaires judiciaires en cours et notamment la mienne. Bon, ça a été démenti par la suite et de toute façon, j'avais pas les moyens de le de le prouver.
Mais il y a une magistrate la procureure du parquet national financier, madame Ooulette, qui [grognement] a déclenché la procédure contre moi, qui plus tard devant une commission d'enquête parlementaire a dit qu'elle avait fait l'objet de pression, que on lui réclamait des informations sur la procédure quatre fois par jour. Enfin, on voit que c'est c'était devenu une affaire politique. Le président de l'Assemblée nationale de l'époque euh a autoriser des perquisitions à l'Assemblée nationale euh sans aucune procédure. Normalement, on peut pas perquisitionner le bureau d'un député sans qu'il y ait une décision du bureau de l'Assemblée nationale pour l'autoriser.
Euh là, on s'est assis sur tout ça. Ce qui m'a fait dire d'ailleurs que il y aurait eu à l'époque un président de l'Assemblée nationale comme Philippe Séin, Jean-Louis Debré ou Pierre Jox pour prendre un homme de gauche. Jamais cette affaire ne serait produite. Il aurait il aurait pas accepté qu'il y ait une perquisition. Il [grognement] m'aurait convoqué devant le bureau de l'Assemblée nationale pour que je m'explique et l'Assemblée nationale aurait réglé elle-même cette question. Euh c'est là où je pense que il y a une forme de complicité passive d'adversaires politiques qui ont vu là une occasion de me faire tomber.
Pourquoi vous avez pas réagi directement comme vous nous l'expliquez là à l'époque pendant l'élection présidentielle ? Parce que vous aviez en mars vous aviez dit que vous vous retireriez si vous aviez si vous étiez mis en examen. Vous l'avez été vous êtes resté finalement. Pourquoi est-ce que vous avez pas expliqué d'abord pourquoi est-ce que je suis resté ? Parce que j'ai constaté que rien ne se passait normalement. C'està-dire que la procédure n'était pas normal, que j'étais l'objet je faisais l'objet d'une procédure d'exception. Donc dire je me retire parce que je suis mis en examen, c'était donner raison à tous ceux qui avaient manœuvré pour mes pour m'écarter.
Après, je me suis sans doute pas bien défendu. Pourquoi je me suis pas bien défendu ? D'abord parce que je pensais que c'était une affaire, j'allais dire banale dans la mesure où moi je savais que la moitié des parlementaires étaient dans la situation où les un tiers étaient dans la même situation que moi. Donc je pouvais pas envisager un seul instant que ça prenne cette proportion là. Je savais que ma femme avait participé euh à mon activité politique, ce que la le tribunal a fini par reconnaître, mais après trois procès successif.
Euh et puis ensuite j'ai voilà, j'avais confiance madame Le Pen par exemple qui a été poursuivi en même temps que moi puisque le le les les affaires de Madame Le Pen commencent en même temps que moi. Elle refuse d'aller devant les devant la police. Elle refuse les convocations des magistrats. Elle est députée, elle a le droit de le faire. Moi, j'ai rien refusé du tout. Je suis allé devant les policiers, je suis allé devant les magistrats alors que j'étais moi-même en campagne électorale, j'ai sans doute eu tort. J'ai eu tort par excès de confiance, peut-être un peu par naïveté. Vous referiez les mêmes choix aujourd'hui là ? Non. Alors, d'abord d'abord je referai pas les mêmes choix.
Je serais plus rigoureux dans l'organisation de mon de mes équipes pour éviter de me retrouver dans cette situation et je me défendrai certainement pas de la même façon. C'est la même année, enfin c'est en en 2017. Après, le le le JDD va révéler que vous êtes fait offrir depuis donc ça c'est l'affaire des costumes, c'est l'autre affaire euh depuis 2012. Des costumes, pulls, pantalon, blazer surmesure chez un tailleur de luxe à Paris pour euh une valeur totale estimée de 48500 €.
[grognement] Alors celui qui vous les avait offert, c'était Robert Bourgier, un avocat euh un avocat parisien très connu et qui est proche des milieux politiques franco-africain, je crois, qui admet vous avoir offert plusieurs costumes d'ailleurs après votre victoire à la primaire pour vous aider. Donc le le parquet national financier, le PNF va ouvrir une une enquête pour trafic d'influence. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement de con vous êtes qui n'aboutira pas d'ailleurs ? Mais alors d'abord c'est très très différent ce qui s'est passé. Euh monsieur Bourg m'a jamais offert des bulles, des pantalons, des je sais pas quoi.
Euh en revanche, Arnis qui est un qui était un un tailleur de la rive gauche euh particulièrement prisé justement par la gauche, euh avait l'habitude comme d'autres grandes marques de vêtements, d'habiller des responsables politiques. C'est une tradition. Ça continue d'ailleurs sans doute. François Mitteran s'habillait chez Arnis et je pense que compte tenu de ses revenus, il a jamais payé un costume d'Arnis. Euh pendant l'enquête me concernant chez Arnis euh Arnis c'est le c'est le tailleur c'est le tailleur qui qui a pas qui a qui qui n'existe plus hein. C'est c'est c'est LVMH qui a racheté Arnis et c'est devenu Berluti.
Et il avait été révélé que Pierre Moscovici s'était fait offrir des costumes par un industriel de sa circonscription puisque dans lors de la perquisition les policiers avaient trouvé cela. Ça n'a fait l'objet que de 48 heures de débat et Pierre Miskovici est devenu président de la Cour des comptes, c'est-à-dire de l'organe chargé de la de surveiller les comptes de la République. C'est pour dire quand même que pour François Fillon, il y avait toujours un traitement un peu particulier. Donc oui, Arnis pendant des années m'a soit offert, soit euh euh donné vendu à des tarifs préférentiels des costumes comme il le faisait pour beaucoup d'hommes politiques.
Au moment de la campagne présidentielle, en pleine campagne présidentielle, je reçois deux costumes de chez Arnis euh que je reçois à mon domicile, que je vais porter et je découvre après coup que c'est monsieur Bourgi qui les a payé. vous a fait envoyer quoi là j'ai fait une j'ai fait une j'ai commis une faute. J'aurais dû renvoyer ces costumes immédiatement. Je ne savais pas lorsque je les ai reçu que c'était monsieur Bourg qui les avait payé. J'étais en pleine campagne présidentielle. J'avais déjà les soucis de l'affaire de de mon épouse et cetera sur le dos. J'ai été négligeant. J'ai commis une faute qui m'a coûté très cher alors que il y a aucun sujet légal.
n'importe qui s aucun sujet pour que vous ayez une bonne allure. Aucun sujet mais c'était moralement euh inacceptable surtout compte tenu de la personne qui me les avait offert qui a avoué après à la télévision que c'était une opération montée contre moi. Mais ce piège n'excuse pas le fait que je n'ai pas eu le réflexe de renvoyer les costumes. Donc c'est une fo carte. qui avait pas dit c'est pour moi c'est machin c'estes cadeaux. Non non non, j'ai reçu les costumes, ils ont été livrés à mon domicile et le la personne d'Arnis, le tailleur d'Arnis qui a pris sa retraite depuis qui était un homme formidable d'ailleurs m'a téléphoné en me disant qu'en fait il y avait trois costumes.
Il y en a un qui est cadeau d'arrice pour la campagne et l'autre les deux autres qui sont des cadeaux de monsieur de monsieur Bourgi. Et ça vous l'avez pas dit à l'époque ? Non, mais ça n'excuse pas ma négligence. J'aurais dû avoir le réflexe de renvoyer ces costumes. Et ça a coûté très cher en fait. C'estàd que légalement, il y a pas de sujet. D'ailleurs, il y a pas eu de poursuite, rien du tout.
Mais psychologiquement dans l'esprit des Français, je pense que cette affaire de costume a pesé beaucoup plus lourd que plus lourd que beaucoup plus lourd parce que parce que en fait les les les Français savent bien que les parlementaires ont des collaborateurs, que beaucoup ont leur conjoint comme collaborateur. Euh mon épouse euh était connue dans la Sart pour s'occuper des des pour pour assurer ma représentation. Donc je pense que cette cette affaire là, elle elle aurait on aurait pu elle aurait pu passer.
L'affaire des costumes, elle passe pas parce que le prix des costumes pour les gens à juste titre est considérable parce que ça et voilà et ça a été ça a été une faute que je regrette profondément. C'était quoi le le moment le plus douloureux pour vous ? parce que là on parle souvent des autres et cetera dans toutes ces affaires. Le moment le plus douloureux pour moi, c'est lorsque ma femme a été convoquée par la police et ensuite par les magistrats. C'est lorsque j'ai vu mon épouse qui est l'honnêteté même qui est qui en plus n'est pas culturellement française. Elle est elle est britannique.
Elle a beau habiter en France depuis 40 ans, elle est elle est intellectuellement, historiquement, elle est elle est elle est britannique, elle est pas voilà. Et donc la la voir tout d'un coup euh euh comment dirais-je malmené comme elle l'a été euh sans parler de la presse.
Mais voilà, je j'ai j'ai quelques souvenirs d'émission de télévision que j'ai vu où elle était où les gens se moquaient ou je je me souviendrai toujours tiens c'est une occasion pour le le dire de de l'émission C'est à vous euh où pendant à l'occasion de d'un des procès, vous savez que maintenant tous les interrogatoires me concernant sont sortis dans la presse intégralement, ce qui est une violation totale de de la procédur dur mais c'est comme ça et [grognement] et donc il y a il y a un moment où le les juges d'instruction disent mais ou pendant le procès mais vous dites que madame Fillon traite votre courrier le courrier qui arrive à votre domicile mais on a regardé il y a pas de boî au lette et je vois cette journaliste qui anime ses tabous qui rit en avoir des comptes il y a pas de boîte au lett bon ben non le facteur il rentre avec sa voiture et il vient jusqu'à la porte et il donne le courrier Alors vous allez me dire tout ça n'a aucune importance mais si ça ça m'a fait du mal dans la mesure où c'est ma femme qui était l'objet de cette accusation et ensuite il a fallu qu'elle affronte le tribunal en France avec des magistrats qui ont été je pense au au parquet national financier particulièrement audieux remettant en cause même la qualité de la la l'existence de ces diplômes.
Il a fallu que je je j'intervienne auprès de l'université de Londres pour récupérer les les diplômes parce que les magistrats disaient "Mais c'est pas vrai, elle a pas les diplômes qu'elle qu'elle prétend avoir." Oui, ça ça m'a fait énormément de mal. D'ailleurs, ça lui a fait énormément de mal. Elle a elle en a elle en a énormément souffert. Elle a mis beaucoup de temps à s'en relever. Aujourd'hui, elle s'en est complètement relevée. Mais c'est une épreuve que je me pardonnerai jamais de lui avoir imposé. Si si vous avez eu peur que votre couple ne tienne pas à l'époque, est-ce que honnêtement ça c'est la question s'est jamais posée. Enfin en tout cas pour moi s'est jamais posée.
J'espère que pour elle s'est jamais posé mais voilà, on est un couple soudé et puis on a cette famille je dirais qui est qui est extrêmement solidaire et donc non [soupir][grognement] je me suis jamais posé cette question mais j'ai souffert pour elle et elle a souffert. Elle a toujours été là pour vous a jamais lâché. Jamais jamais. Elle a eu le elle a eu le elle a dû affronter deux procès euh puisque moi j'en ai affronté trois mais le elle a dû affronter deux procès. Euh le premier s'est d'ailleurs très mal passé parce que c'était tellement dur pour elle de répondre aux questions des magistrats et cetera.
Le deuxième s'est mieux passé grâce en particulier à des avocats euh notamment à une femme avocate qui l'a beaucoup aidé, qui a qui est allé dans la sarte, qui lui a dit "On prend votre voiture et on va faire le tour de tous les villages où vous alliez représenter votre mari, les salles de fêtes, les et cetera et cetera." Donc elle a transformé euh euh quelqu'un qui était en position de victime à quelqu'un qui s'est trouvé qui s'est transformé en combattante au fond pour se défendre, même si ça a pas eu beaucoup d'effets sur le tribunal, mais euh psychologiquement, ça a été très important. Oui. C'était quoi sa plus belle preuve d'amour dans cette période là ?
Comment est-ce que vous êtes dit ? je crois de de de me défendre, de toujours être à mes côtés, de de d'affronter ces ses regards et c'est cette presse et Oui, bien sûr. Oui. Et est-ce qu'il y a eu d'autres fausses rumeurs un peu plus loufo que vous avez vu sur vous ? Il y en a eu plein. Il y en a eu plein. Il y en a une que j'ai mis un temps fou à à combattre. C'était un journaliste de la Provence ou je sais plus. Enfin, un journal du du sud du sud-est qui écrivait et me poursuivait parce qu' j'avais une Ferrari cachée dans une grange dans ma maison. Voilà.
Donc je je je cherchais comment j'allais pouvoir lutter contre cette rumeur jusqu'au moment et et il disait "C'est la police qui a fait la perquisition, les magistrats qui ont fait la perquisition chez vous qui ont vu la Ferrari". Voilà. Alors effectivement, j'avais une Ferrari dans une grange. C'était une maquette que m'avait offert le président de Ferrari. Une [grognement] très belle Ferrari 250 californiens d'ailleurs. Euh voilà. Mais il y en a eu plein d'autres. J'avais pas quand j'ai rendu les costumes, on a expliqué que j'avais pas rendu les bons, que j'avais rendu des costumes bon marché pour garder les autres. Enfin, [souffle coupé] on m'avait offert des montres.
Enfin, ça s'arrête plus. C'estàd que quand la quand la mécanique est se met en route, c'est la diabolisation un peu. Oui. Oui. Ça vous avez tort surtout. vous devenez vous vous passez d'un d'une situation où vous êtes euh aimé, populaire et cetera à une situation où vous êtes le pire des délinquants euh sans aucune transition. Est-ce que pendant les présidentielles tout le monde a des dossiers sur tout le monde prêt à partir ? Est-ce que ça c'est réel aussi ? J'ai toujours entendu ça. Ouais, il y en a quand on peut en avoir. Oui, je je il y a beaucoup de gens qui pensent que Dominique Stroscan a fait l'objet d'une [grognement] J'ai vu aussi derrière d'une opération.
J'en sais rien mais euh euh Oui. Puis là, on voit alors il y a il y a eu une époque où quand même la justice se tenait à l'écart pendant la campagne présidentielle de ces débats-là justement pour ne pas influer sur le cours. Ça c'est totalement terminé. avec moi, ça s'est terminé et on voit aujourd'hui qu'il y a plusieurs candidats à l'élection présidentielle qui sont mis en examen. Il y a le procès qui a été fait madame Le Pen, que je trouve totalement injuste, je la défends pas du tout. C'est une adversaire politique.
Mais enfin franchement dire que les collaborateurs des députés ne peuvent pas participer à la vie du parti, c'est une c'est nier la réalité de la du fonctionnement de la politique. La politique, c'est quoi ? C'est des partis qui font fonctionner la démocratie. Euh et donc on voit que l'élection de 2027 qui est en train de se préparer euh va donner l'occasion de de d'opération du même type que celle qui m'a concerné. Vous pensez qu' ça va ça va partir aussi les requêtes politiques à droite à gauche ? Ben, on a déjà le maire du Hav qui est mis en examen sur un sujet euh madame Le Pen monsieur de Villepin. Enfin oui oui bien sûr il y a ça va commencer. Oui, bien sûr.
Ça a commencé, ça a déjà commencé et ça pose une question qui est euh la motivation des magistrats. C'estàd que moi ma conviction c'est qu'on est dans un moment où les magistrats, c'est pas tellement une question qui sont de gauche. Il y en a il y en a une partie qui sont de gauche naturellement. Euh il y en a même une partie qui sont d'extrême gauche, mais je crois qu'au-delà de cette de cette de ce sujet-là, je pense que les magistrats sont dans une phase qui a déjà existé dans notre pays de de prise de pouvoir. Ils veulent montrer aux politiques que au fond c'est eux qui ont le pouvoir et il je l'ai ressenti pendant les audiences au tribunal.
La manière dont les magistrats euh se comportent, les questions qu'il posent montrent une forme de revanche sur une classe politique qui n'a peut-être pas toujours été correcte avec eux d'ailleurs. Euh mais vous vous savez, la Révolution française, c'est pas du tout le peuple qui est descendu dans la rue à l'origine, c'est les parlements, c'est-à-dire les magistrats, qui voulaient euh une part du pouvoir et qui qui n'acceptaiit pas que le pouvoir soit concentré entre les mains de de du roi et son gouvernement. Je pense qu'on est un peu dans une période comme celle-là, très révolutionnaire. Non, je j'ai pas dit ça, mais une période où la justice veut imposer son pouvoir.
La manière dont Nicolas Sarkozi a été traité, la manière dont il a été jugé, enfin, on est totalement en dehors de de du de ce qui est normal, de l'application de la loi, de euh truc qui a été jugé trop fermement par rapport à enfin sans aucune preuve. sérieuse, il est condamné à de la prise ferme euh au motif que il a au fond laisser ses collaborateurs, il aurait laissé ses collaborateurs percevoir des sommes du gouvernement libien. Euh le tribunal lui-même a reconnu qu'il y avait pas de preuve, que il y avait pas de financement de sa campagne. J'étais l'un des responsables de sa campagne en 2007.
Euh je suis absolument certain qu'il n'y avait pas de financement euh illégaux dans la campagne de de 2007. Moyen en quoi, il est quand même condamné à de la prise ferme. Donc il y a il y a il y a pour le moins un déséquilibre dans la dans la manière dont ces affaires sont traitées. Et puis il y a cette affaire, ce fait que beaucoup de d'hommes politiques qui pourraient être condamnés pour les mêmes faits le sont pas. Euh madame Le Pen est condamné. Euh le parti centriste, le parti de monsieur Baou euh a grosso modo échapper pour les mêmes raisons euh à à la condamnation. Il y a il y a des choix qui sont faits [grognement] dont c'est difficile d'imaginer qui sont totalement fortuit.
[grognement] Ça existe vraiment les cabinets noirs, on entend souvent ce terme en politique, des cabinets noirs qui organisent la chute de quelqu'un. Ça existe d'après vous, il y a toujours dans l'entourage des candidats à l'élection présidentielle des gens qui il y a toujours des gens un peu à la marge qui fouillent, qui cherchent à toujours ça c'est voilà c'est une constante de la de la vie politique. Alors est-ce qu'il faut pas appeler ça un cabinet noir ? Mais oui, on il y a des gens qui sont là pour se servir des erreurs ou des fautes des autres pour faire [grognement] triompher leurs candidats.
C'est dit le 17 décembre 2025 à sa place je donnerai ma démission en parlant d'Emmanuel Macron. Je pense qu'il a mis le pays dans une situation euh extrêmement difficile. Je pense qu'il a il est pas responsable de toutes les difficultés du pays, loin de là. On a tous nos notre part de responsabilité. Mais je pense que lui a accéléré de façon brutale euh la chute du pays en à la fois à travers cette question du en même temps. C'est-à-dire c'est voilà c'est avoir fait du en même temps la le cœur de ou le le le fondement de sa politique c'est une faute grave parce qu'en même temps ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je dis une chose un jour et je fais le contraire le lendemain.
Donc c'est totalement déstabilisant pour pour le pays et pour les électeur. Ensuite, l'aggravation de la dette publique est une faute. Tous les gouvernements dont le mien ont participé à l'aggravation de la dette publique. Mais enfin, il y a un moment où il faut s'arrêter. Moi, c'est c'est c'était ça l'objectif de ma campagne, c'était de dire il faut réduire les dépenses publiques, il faut retrouver un équilibre financier. Et puis le dernière chose, c'est c'est cette pratique alors qui était déjà le cas de Nicolas Sarkozy et peut-être un peu moins mais enfin de de François Land, c'est cette idée que le président de la République décide de tout.
c'est pas la constitution et puis c'est négatif parce que aucun homme ne peut décider de tout et en décidant de tout en plus, il devient le paratonaire de toutes les colères et de toutes les revendications du pays. Donc ça fait beaucoup d'erreurs pour un homme qui est par ailleurs intelligent et et [grognement] et qui raisonne notamment sur le plan économique qui raisonnait d'une façon qui était pour moi positive. Mais enfin, le résultat final, c'est une économie française qui est fortement abîmée aujourd'hui et qui est en danger. Vous regrettez d'avoir appelé à voter pour lui à l'époque ?
Je peux pas regretter d'avoir enfin je peux pas regretter d'avoir voté pour lui parce que le choix c'était lui ou Marine Le Pen. Euh ce qui était à l'époque un choix qui me paraissait qui me paraissait impossible. Mais franchement, je j'espérais autre chose. J'espérais, compte tenu de ce qu'il est, de son parcours, des conversations assez peu nombreuses que j'avais pu avoir avec lui. Je pensais qu'il avait euh euh comment dirais-je un un raisonnement qui lui aurait permis d'apporter des solutions à pas mal de problèmes que le pays rencontrait. Je me suis trompé. Si vous aviez à Emmanuel Macron demain face à une Marine Le Pen, vous appelleriez à voter pour qui ?
Je je n'appellerai certainement pas à voter pour Emmanuel Macron après le constat que le pays s'enfonce dans la crise. Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle je dis que je ne vois pas comment quelqu'un qui a été associé de façon importante au au deux quinquen enfin à la à la au gouvernement d'Emmanuel Macron peut être élu président de la République demain. Il y a il y a dans le pays une colère profonde. Les gens veulent à raison d'ailleurs un changement radical. Donc ils peuvent pas de confier ce changement radical à quelqu'un qui a été premier ministre ou membre des gouvernements d'Emmanuel Macron. C'est juste pas possible.
C'est c'est Qu'est-ce que vous avez fait pour terminer dans les semaines qui ont suivi son élection ? Vous avez arrêté la politique. Qu'est-ce que vous êtes parti faire ? Ben, j'ai cherché du travail. Euh donc, je suis devenu euh associé euh d'un fond d'investissement euh qui s'appelle Piko Capital où j'ai passé 3 ans. On a reçu le patron venu. Voilà. Euh j'ai passé 3 ans passionnant d'ailleurs. Euh [grognement] j'ai appris un nouveau métier. Euh j'ai euh créé pour Ticket au Capital une un fond dédié à l'aéronautique et à la défense. C'est un très gros fond dans la défense. Voilà. qui gère un peu plus de 50 milliards.
Euh j'ai euh participé à l'ouverture d'un bureau à New York, j'ai participé à l'ouverture d'un bureau au Japon. Enfin oui, non, j'ai j'ai fait ça pendant 3 ans. Puis il y a eu le premier procès avec la première condamnation qui m'a obligé à quitter cette activité. Et donc, je me suis reconverti en aidant des entreprises françaises euh à se développer en Russie puisque j'avais à l'époque un un c'est pour ça d'ailleurs que j'avais accepté de participer à un conseil d'administration en Russie parce que pendant presque 18 mois 2 ans, j'ai accompagné des entreprises françaises, des grandes entreprises françaises qui voulaient s'installer ou se développer en Russie avec un certain succès.
Et puis la guerre est arrivée, j'ai arrêté toutes mes activités. Démissionné ? Oui, j'ai démissionné immédiatement des conseils par solidarité avec mon gouvernement. Je veux dire, je je [raclement de gorge] n'approuve pas la manière dont la France gère ce ce conflit, mais je suis solidaire de mon pays. Et donc à partir de ce moment-là, il était pas question de rester [grognement] et j'ai reconverti mon activité où je j'apporte aujourd'hui des conseils à quelques entreprises françaises, surtout dans leur développement à l'étranger. Si vous pouvez revivre votre vie, qu'est-ce que vous referiez différemment ? plein de choses.
Je veux dire, je crois que je serais un un [raclement de gorge] lycéen plus sérieux euh parce que euh le fait d'avoir été un peu un peu un peu paresseux à l'école euh ça ça m'a pas empêché de réussir mais je pense que j'aurais pu réussir plus vite ou de manière plus voilà plus la la deuxième chose c'est Nicolas Sarkozi me disait souvent quand on parlait parler ensemble et que je lui conseillais de temporiser sur des sujets, il me disait "Fran, on n pas le temps" et je trouvais que c'était très exagéré et en fait il avait raison. On n pas le temps.
Je veux dire quand on dirige, quand on gouverne, quand on on n pas le temps, il faut faire les choses et si c'était à refaire, oui, je pense que je serais plus plus volontaire pour pour conduire pour conduire les réformes. Et puis je je j'aurais demandé à un juriste de regarder l'ensemble de ma situation personnelle pour me protéger de ce qui m'est arrivé. Trois questions courtes. Est-ce qu'il y a quelqu'un à qui vous devez encore des excuses aujourd'hui ? Oui, mon épouse, mon épouse, je l'ai je l'ai enfin le traitement qui lui a été infligé est insupportable et comme j'en suis responsable, je lui devrais éternellement des excuses.
Et qu'est-ce qui vous rend le plus fier de ce que vous avez construit ? Bah, d'abord euh la vie que j'ai mené, enfin, je veux dire ce que ce que j'ai fait, euh le le les réformes que j'ai pu conduire. Euh et puis la deux l'autre chose qui me rend la plus fière, c'est ma famille. Euh voilà, c'est pas si courant d'avoir une famille euh avec des enfants qui ont tous réussi, qui sont enfants équilibrés. Alors, j'ai euh j'ai deux avocats d'affaires, j'ai un banquier, euh j'ai un un quelqu'un un garçon qui est associé d'un fond d'investissement et puis le le dernier qui vient de rentrer aussi dans une grande banque d'affaires. Euh ils ont j'ai des petits enfants merveilleux. Grand-père ?
Chez grand-père sep fois et bientôt H8. Comme c'est les vacances là, ils sont presque tout le temps dans laart. En tout cas, je je [raclement de gorge] je peux pas enfin c'est assez bruyant donc je peux pas [rires] les je peux pas les ne pas les voir. Euh non, je suis fier de je suis fier d'avoir d'avoir une famille aussi aussi solide et surtout aussi aussi unie, aussi rassemblé. Merci d'être venu. Sufiant. Merci d'être venu jusqu'à nous d'avoir passé quelques quelques heures même de discussion. C'est c'est je sais que c'est quelque chose que vousz pas trop parler, raconter votre parcours. Est-ce que c'est aller ? Ben, je verrai le résultat.
[rires] C'est c'est Oui, c'est difficile pour moi de faire cet exercice. C'est pas un exercice que j'aime. J'ai jamais été très à l'aise sur les médias. Euh mais j'ai eu du plaisir à dire euh des choses auxquel je crois et en ayant euh aucun objectif politique, ce qui rend la parole plus facile. Qu'est-ce que peut vous souhaiter pour terminer si vous avez pas d'objectif politique ? euh [gémissement] de continuer d'avoir une vie heureuse et puis euh de pouvoir contribuer à au redressement de mon pays indirectement. C'est-à-dire que moi je je suis heureux de pouvoir prodiguer des conseils à à des candidats à l'élection présidentiel euh représenter mon pays dans des situations compliquées.
Voilà, je je suis toujours disponible pour pour aider au redressement mais pas en étant directement impliqué. [grognement] Merci beaucoup. Merci d'avoir pris le temps et de nous avoir fait confiance pour votre première interview depuis très longtemps. J'espère que ça vous a plu et vous n'hésitez pas à à commenter. Vous irez voir les commentaires ou ou pas sous la vidéo ? Euh je je il m'arrive de regarder les commentaires. C'est pas parfois c'est pas toujours très très facile. Euh alors mettez les commentaires que vous voulez et peut-être que vous les verrez. Hésitez pas à liker la vidéo les amis. Merci d'être 150000 200000 à vous abonner chaque mois à notre chaîne YouTube.
Vous pouvez le faire avant de terminer cette vidéo. Et en podcast audio, vous êtes de plus en plus nombreux. Merci de faire de légendes le premier podcast de France sur Spotify, 10er, Apple Podcast, Amazon Podcast. Vous êtes en ce moment quasiment 5 % de plus par semaine. Donc on voit vraiment vous arrivez nombreux. N'hésitez pas à en parler partout. Vous pouvez nous écouter comme ça sur la route en cuisinant ou peu importe. Vous pouvez prendre le temps comme ça d'écouter les épisodes en audio. Merci d'être de plus en plus nombreux. Merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi. On se retrouve très vite sur les gendes pour une prochaine interview. [musique]
[musique]
[musique] Ah. [musique]
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