"La Méditerranée est un réservoir d'énergie conséquent pour structurer des orages violents", selon Yann Amice
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« La Méditerranée n'a fait qu'accumuler de l'énergie sous forme d'un excès de température en termes de température de surface d'eau de mer. »
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« C'est quasiment plus 3 à plus 4 degrés. »
- 2:07InvitéPromesse
« Les prévisions météorologiques, donc là on est encore un petit peu loin. »
- 2:19InvitéChiffre
« On a une anomalie à plus 4 degrés. »
- 3:50InvitéFait
« C'est El Niño, sur lequel on est déjà sur un indicateur à plus 3,5, voire plus 4 dans certains scénarios. »
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Yann Amis, bonjour.
Oui, bonjour.
Après cinq vagues de chaleur consécutives, voilà un rafraîchissement qui s'annonce, mais la Méditerranée bouillonne, sa température dépasse les 30 degrés. N'est-elle pas devenue un réservoir à orages ?
Alors, cinq épisodes, certainement sur le nord de la France. Pour ce qui est de la Corse et du pourton méditerranéen, globalement, on est resté toujours avec un seuil de très forte température. Donc finalement, il faut assez relativiser ces cinq épisodes. On est resté franchement bien ancré, on va dire, dans un contexte très très chaud. Et de fait, la Méditerranée n'a fait qu'accumuler de l'énergie sous forme d'un excès de température en termes de température de surface d'eau de mer, en fait. Par contre, à la faveur, on va dire, de ce contexte météorologique qui est train de changer, sur la France, notamment mercredi, parce qu'on a une perturbation qui va rentrer par le nord de la France.
Mais par contre, sur la Corse, comment ça va se traduire ? Ça va se traduire par l'arrivée d'une dépression sur les Baléas. Et cette dépression qui va prendre naissance sur les Baléas va progresser ensuite vers le nord de la Méditerranée. Mais malheureusement, ça va se faire pour la première fois de la saison dans un contexte où les températures d'eau de mer sont anormalement chaudes. C'est quasiment plus 3 à plus 4 degrés. Et là, finalement, c'est un réservoir d'énergie suffisamment conséquent, structuré des orages relativement violents. À quoi faut-il s'attendre donc à partir de ce jeudi ?
Ce qu'il faut bien avoir en tête pour jeudi, c'est le premier contexte, on va dire, orageux, structuré sur le nord de la Méditerranée, va permettre de mettre en place, en fait, tous les ingrédients qui conduisent à des orages relativement très forts, voire exceptionnels. Alors, je ne vais pas vous faire peur. Il va falloir ce qu'on va regarder globalement ce que vont donner les prochains runs de modèles à très haute résolution. Mais tous les ingrédients qui ont soutenu, on va dire, la naissance du déréchaud en août 2022 sont présents à ce stade quand on regarde nos modèles météorologiques.
Naturellement, ça nous fait penser à cette tempête meurtrière du 18 août 2022. Cinq personnes avaient perdu la vie, on avait relevé des rafales de l'ordre de 225 km heure. Est-ce qu'il est possible, du moins c'est ce que vous nous dites, que dans les prochains jours, on puisse revoir un phénomène de ce type globalement en Corse ?
Complètement. Les prévisions météorologiques, donc là on est encore un petit peu loin, parce qu'on est à plus de 48-72 heures. J'ai déjà mes ingrédients. Je vais vous les lister rapidement de façon très claire. Ce qu'on appelle les températures d'eau de mer, on a une anomalie à plus 4 degrés, donc c'est une énergie potentielle en réserve qui est relativement conséquente. On a une structure d'altitude, ce qu'on va avoir, ce qu'on appelle un forçage d'altitude, c'est-à-dire un vent de 7 heures sud-ouest, qui arrive par les Baleares, avec une petite dépression de surface qui va se mettre en place sur le nord de la Méditerranée.
Et à côté de ça, les vents vont progressivement prendre une composante sud-est, ce qui va favoriser finalement l'arrivée d'humidité relativement conséquente sur la Corse. Donc l'ensemble de ces phénomènes, en fait,
vont contribuer à favoriser la naissance de puissants orages. L'autre élément de contexte, c'est le phénomène El Nino de 2026 qui pourrait être le plus intense de l'histoire. Est-ce qu'il faut s'attendre à un dérèglement plus fort vers l'automne, voire même l'hiver ?
Quand on regarde El Nino, je pense que quelque part, ce n'est pas impossible qu'il y ait des... Enfin, on n'a pas de travaux scientifiques là-dessus pour le soutenir. Quand je regarde, moi, d'un point de vue prévision météorologique, alors je ne parle pas de climatologie, quand je parle de prévision météorologique, effectivement, les incidences que j'avais côté Amérique, quelque part, ont aussi une incidence sur la circulation, on va dire, des vents en altitude. Donc quelque part, finalement, ce que l'on a eu en Europe cette année, je n'ai pas d'élément, en fait, pour l'appuyer sur le plan scientifique, il n'y a pas de publication là-dessus.
Mais globalement, quand on fait de la prévision météorologique, ce n'est pas inopportun de regarder El Nino, ce qui s'est produit sur les États-Unis cet été, et finalement, le reflet ou le miroir de ce qu'on a pu observer, nous, sur la partie Europe de l'Ouest. Ça, c'est indéniable. Mais bon, ça nécessite d'être creusé. Ceci étant, la bombe à retardement, effectivement, comme vous l'avez précisé, c'est El Nino, sur lequel on est déjà sur un indicateur à plus 3,5, voire plus 4 dans certains scénarios, on rentre dans un phénomène inédit. Et quand je dis inédit, ça veut dire qu'on ne l'a pas connu dans notre histoire de mesure, en fait.
Quelque part, on met en place un scénario où l'anomalie de température qui se met en place va venir superbruser déjà un monde très chaud. Donc, quelque part, en fait, on n'a pas connaissance par le passé
d'un phénomène aussi puissant. Oui, donc si on prend du recul sur tous les relevés historiques, ce qu'on est en train de vivre est déjà un été hors norme. Mais ce qui était exceptionnel il y a encore quelques années, est-ce que ça devient notre quotidien, finalement ?
Où est-ce que ça va devenir ? C'est déjà, malheureusement, si on prend ce qui s'est passé cet été, il y a aussi un petit peu ce qu'on a eu l'hiver dernier, finalement. C'est-à-dire que le fait est que dans un monde plus chaud, les énergies en jeu sont beaucoup plus conséquentes. Et la variabilité naturelle du temps, ce qu'on appelle la météo du jour, elle, elle s'exprime dans un contexte beaucoup plus chaud. Donc, quand elle s'exprime dans un contexte beaucoup plus chaud, que ce soit des épisodes précipitants, ils sont plus conséquents. C'est ce qu'on a eu notamment dans le nord de la France cet hiver.
Et là, aujourd'hui, quand on regarde un extrême météorologique un petit peu plus chaud quand il s'exprime, quand on s'exprime dans un monde plus chaud, tout de suite, on fréquente les extrêmes. C'est-à-dire que là, ma foi, oui, effectivement, cinq épisodes de très fortes températures et à la clé, un enchaînement de canicules que l'on n'avait pas eu jusqu'à présent. Mais finalement, ils sont déjà documentés par le GIEC depuis déjà une... on va dire déjà de nombreuses années, en fait. Et malheureusement, qu'est-ce qui nous attend pour l'année prochaine quand on a déjà un support et nous en place comme il l'est aujourd'hui ?
C'est évident que l'on va sur quelque chose qui va venir se répéter, surtout ne pas s'arrêter non plus. C'est ça qui est malheureux.
Ce sera le mot de la fin, Yanamis. Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions. Bonne journée à tous.