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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 20 août 2026 9 minComplaisantFond programmatiqueRetraitesÉconomie & entreprisesBudget & impôts

Budget 2027 : le gel des pensions pourrait coûter entre "400 et 500 euros" par an aux retraités les plus aisés, estime l'économiste Mathieu Plane sur RTL

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Cette idée du gouvernement de geler partiellement les pensions, notamment pour les retraités les plus aisés, vous semble-t-elle crédible ?

  • 1:24OuverteRéponse directe

    On sait ce que ça représenterait pour les personnes concernées ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Cette mesure pourrait-elle favoriser les pensions les plus modestes ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Économiquement, on entend l'argument du ministre. Politiquement, est-ce audible à 8 mois d'une présidentielle ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Côté réaction, les Insoumis et le RN rejettent l'idée. Chez les socialistes, on n'exclut pas tout à fait. Est-ce un thème majeur de la campagne ?

  • 6:23OuverteRéponse directe

    La question des retraites va-t-elle dominer la campagne présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05Mathieu PlannesFait
    « L'idée serait de ne pas geler l'ensemble des retraites et donc revaloriser la plupart des pensions de retraite comme l'inflation. »
  • 2:11Mathieu PlannesChiffre
    « Si vous avez globalement 3 000 euros de retraite par mois, on voit que les montants seraient à peu près de 60 euros par mois de perte de pouvoir d'achat. »
  • 2:27Mathieu PlannesFait
    « Pour les complémentaires, ce n'est pas aussi évident. »
  • 2:34Mathieu PlannesChiffre
    « On est sur des montants qui sont autour de l'année entre 400 et 500 euros pour ce début des retraites qui seraient au-delà de 3 000 et 4 000 euros. »
  • 3:28Mathieu PlannesChiffre
    « La première dépense publique, ce sont les dépenses de retraite. Dans leur ensemble, si on prend l'ensemble des dépenses, on est pratiquement à 400 milliards par an. »
  • 3:40Mathieu PlannesChiffre
    « On parle de 750 millions d'euros pour un point d'inflation, quelque chose comme ça pour les retraites. »
  • 6:50Mathieu PlannesChiffre
    « Il va falloir trouver, dans les prochaines années, une centaine de milliards d'euros pour réduire les déficits et commencer à stabiliser notre dette publique. »
  • 7:24Mathieu PlannesChiffre
    « Les retraites, c'est une masse extrêmement importante. On va dire, pratiquement la moitié de la dépense publique en France, c'est les retraites et la santé. »

Temps de parole

  • Locuteur 181 %
  • Locuteur 219 %

≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Stéphane Boutsoc, RTL Matin. La trêve estivale n'est pas encore terminée, que déjà commence la bataille autour du budget de l'État pour 2027. Pour rester dans une imagerie guerrière, c'est une levée de boucliers qui a accueilli l'hypothèse du gel partiel des pensions de retraite. Hypothèse soulevée par le ministre de l'économie, Roland Lescure. Pour en parler avec nous ce matin sur RTL, Mathieu Plannes, bonjour, bienvenue. Bonjour. Vous êtes économiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques. En clair, vous êtes un spécialiste, ça tombe bien, on a besoin d'y voir clair.

D'abord, cette idée, Mathieu Plannes, du gouvernement, geler partiellement les pensions. On précise que ce sont les retraités considérés, je mets des guillemets, comme les plus aisés qui seraient concernés.

0:46
Invité

Oui, alors on n'a pas encore tous les détails, bien sûr, mais c'est effectivement des pistes qui circulent. L'idée serait de ne pas geler l'ensemble des retraites et donc revaloriser la plupart des pensions de retraite comme l'inflation. C'est ce qui est fait normalement chaque année. Et donc, geler uniquement, on va dire, les pensions de retraite les plus élevées. Et le bruit circule que le montant serait à partir de 3 000 euros de retraite brute que vous pourriez avoir un gel de votre pension. Donc, ça veut dire que toutes les retraites en dessous de 3 000 euros continueraient à être indexées.

Et donc, j'allais dire, l'effort budgétaire porterait uniquement sur les pensions de retraite les plus élevées, c'est-à-dire au-delà de 3 000 euros.

1:24
Présentateur

Et on sait ce que ça représenterait pour les personnes qui sont concernées, justement ?

1:29
Invité

Alors, si on est sur le seuil des 3 000 euros, alors il faut savoir, il faut peut-être juste rappeler les choses. C'est-à-dire que chaque année, les retraites sont revalorisées comme l'inflation qui est observée à la fin de l'année précédente. Et donc, imaginons qu'on sera peut-être autour des 2 %, c'est à peu près la prévision d'inflation. Normalement, si vous voulez que les retraités ne perdent pas de pouvoir d'achat, ce qui se passe, c'est que l'ensemble des retraites est revalorisé l'année suivante de 2 %. Et donc là, la question, c'est est-ce que pour les personnes qui sont concernées, donc là, au date de 3 000 euros, est-ce qu'on gèle complètement leur retraite ?

C'est-à-dire qu'on ne revalorise pas. Et donc, si on fait 0 % au lieu de 2 %, elles perdent 2 % de pouvoir d'achat sur leur retraite. Donc, si vous avez globalement 3 000 euros de retraite par mois, on voit que les montants seraient à peu près de 60 euros par mois de perte de pouvoir d'achat, si c'est l'ensemble des retraites, parce que c'est compliqué. Il y a les retraites de base et les retraites complémentaires. Et pour les complémentaires, ce n'est pas aussi évident. Bref, ce qu'on voit, c'est qu'on est sur des montants qui sont autour de l'année entre 400 et 500 euros pour ce début des retraites qui seraient au-delà de 3 000 et 4 000 euros, ce qui n'est pas négligeable.

C'est-à-dire que c'est quand même une perte de pouvoir d'achat assez conséquente pour ces personnes-là.

2:46
Présentateur

Mathieu Plannes, est-ce qu'à l'inverse, ça veut dire que la mesure, qui est toujours hypothétique, pourrait favoriser les pensions les plus modestes ?

2:53
Invité

Non, ce n'est pas ce qui est souligné. En tout cas, moi, je ne l'ai pas vu circuler. Là, on peut peut-être rappeler aussi le contexte, c'est-à-dire que le gouvernement est face à une problématique budgétaire assez importante. On a un déficit qui est légèrement supérieur à 5 %. Le gouvernement souhaite effectivement que ce déficit ne dérape pas, voire qu'il baisse légèrement, même si on voit que le contexte politique rend les choses difficiles. Et donc, il va falloir faire des efforts budgétaires. Et donc, on sait que la première dépense publique, ce sont les dépenses de retraite. Dans leur ensemble, si on prend l'ensemble des dépenses, on est pratiquement à 400 milliards par an.

Et donc, à chaque fois que vous ne revalorisez pas à l'équivalent de l'inflation l'ensemble des retraites ou une partie des retraites, vous faites des économies budgétaires assez conséquentes. Là, on est sur des montants, par exemple, on parle de 750 millions d'euros pour un point d'inflation, quelque chose comme ça pour les retraites, si on ne valorise pas de 1 %, si on est 2 %, on est à plus de 1 milliard. Donc, c'est des montants qui sont assez significatifs. Et donc, l'idée aujourd'hui, il me semble, ce n'est pas ce que le gouvernement veut faire, ce n'est pas de faire de la redistribution, ce n'est pas de dire qu'on prend au plus aisé pour donner au plus modeste.

Et on prend surtout au plus aisé pour réduire le déficit.

4:10
Présentateur

Alors, économiquement, on entend l'argument du ministre de l'économie. Politiquement, est-ce que tout ça est audible à 8 mois d'une présidentielle ?

4:20
Invité

Ça va être toute la difficulté du débat budgétaire. C'est-à-dire, les déficits, c'est toujours un exercice compliqué. C'est-à-dire qu'il faut soit faire des économies, soit sur de la dépense sociale, soit sur certains ministères, soit sur des collectivités locales, ou alors il faut augmenter les impôts, que ce soit sur les ménages ou les entreprises. Donc, ce n'est jamais sympathique. Et donc, il faut trouver, j'allais dire, des mesures qui soient consensuelles. Or, aujourd'hui, vous avez raison, le problème, c'est qu'il n'y a pas de consensus, il n'y a pas de compromis sur les bonnes mesures à prendre.

Et donc, en fait, quand vous faites des économies budgétaires, vous augmentez les prélèvements, il y a toujours des perdants derrière. Et donc là, la piste, c'est de dire, bon, on va prendre, pas l'ensemble des retraités, mais les retraités les plus aisés, qui représentent, je crois qu'ils sont 1,4 milliard, 1,5 milliard à être concernés, 1,4 milliard, 1,4 milliard, 1,5 milliard, pardon, 1 million, sur un peu plus de 17 millions de retraités. Donc, je crois que c'est 8% des retraités qui pourraient être concernés. Donc, 92% des retraités ne sont pas concernés, mais symboliquement, effectivement, ça laisse penser que les retraités vont être certainement mis à contribution.

Et on sait que, bien sûr, les retraités, c'est une catégorie sociale qui est importante, plus de 17 millions de personnes en France, et c'est des personnes qui votent.

5:43
Présentateur

Oui, ils votent beaucoup.

5:44
Invité

Ce n'est pas forcément le cas des jeunes. Et donc, il y a un poids politique important. Et donc, la question, c'est, est-ce que ça va passer ? Et puis, est-ce que, politiquement, la plupart des partis politiques vont accepter cette mesure, sachant que, oui, ces mesures-là sont rarement populaires, parce que c'est en face des pertes de pouvoir d'achat pour les retraités concernés ?

6:02
Présentateur

Justement, Mathieu Plannes, côté réaction, les Insoumis rejettent l'idée du gel des pensions. C'est le cas aussi du Rassemblement National. Chez les socialistes, on a entendu Jérôme Gage, qui ne ferme pas tout à fait la porte, en demandant que ça s'intègre dans un effort plus large. Est-ce que ce sera, d'après vous, un thème majeur de la prochaine campagne, quelles que soient les partis ?

6:23
Invité

Oui, alors, pour la prochaine campagne, on va se rapprocher assez vite, d'ailleurs, à la rentrée, à la fois le budget, mais très vite, on va arriver sur le début de la présidentielle. La grande question, c'est comment on redresse nos comptes publics. Et, j'allais dire, la prochaine personne qui sera à l'Elysée, à l'Elysée, aura un gros sujet là-dessus. C'est-à-dire, il va falloir trouver, dans les prochaines années, une centaine de milliards d'euros pour réduire les déficits et commencer à stabiliser notre dette publique. Et donc, la question, c'est comment faire ? Comment en faire ? Et puis, pour ça, il faut une majorité.

Et, comme je vous disais, redresser les comptes publics, ça veut dire faire des efforts budgétaires, c'est augmenter les prélèvements, c'est faire des économies. Il y a rarement des impôts ou des économies magiques. Donc, derrière, il y a souvent des perdants. Et donc, il faut trouver une espèce de compromis autour de ça, parce que c'est aussi une nécessité. C'est-à-dire qu'on ne peut pas rester avec ce niveau de déficit. Et donc, la question des retraites va revenir sur la table, parce qu'on sait que les retraites, c'est une masse extrêmement importante. On va dire, pratiquement la moitié de la dépense publique en France, c'est les retraites et la santé.

Donc, forcément, il y aura un sujet très fort sur cette question-là. Mais, comme on vient de l'évoquer, c'est rarement populaire et c'est difficile à faire. Donc, c'est comment mettre à contribution l'ensemble des retraités, mais l'ensemble des Français, pour réduire les déficits, mais tout en gardant un esprit de justice, en fait. Et ne pas faire qu'on ait une catégorie, pas l'autre, etc.

7:51
Présentateur

D'autant, Mathieu Plannes, d'un mot, qu'on sait que ce problème de la dette, il est absolument crucial, mais que les Français, ils veulent plus de médecins, ils veulent plus de pompiers, ils veulent plus de policiers et de professeurs. Donc, on a l'impression qu'entre le bon sens, faire des économies et ce que réclament les Français, il y a quand même une vraie marge.

8:10
Invité

Oui, c'est là où ça va être très difficile, parce qu'on voit bien qu'une campagne présidentielle, elle se gagne plutôt sur des promesses, j'allais dire, de nouvelles mesures, de pouvoir d'achat, d'éducation, de santé, ce que vous avez ok, de sécurité, plutôt que de dire, en fait, il va falloir serrer la ceinture. Donc, il risque d'y avoir une gueule de bois, c'est ce que j'aurais tendance à dire. C'est-à-dire que si le ou la présidente, le futur présidente, est élue sur un programme assez ambitieux, budgétairement, comme on disait, de pouvoir d'achat ou de dépenses supplémentaires ou de baisse d'impôts, la question, c'est comment on fait ?

C'est-à-dire, comment on fait pour trouver une trajectoire de finances publiques qui soit crédite ? Comment on fait pour réduire nos déficits ? Comment on fait pour stabiliser notre dette ou réduire notre dette ? On voit que les charges d'intérêt sont en train d'augmenter de façon massive, qui est en train de réduire aussi notre espace budgétaire et la capacité d'intervention. Et donc, la question, c'est comment on réconcilie aujourd'hui cette possibilité, aujourd'hui, de l'économie française de continuer à avoir de la croissance, de continuer à investir, de continuer à faire des efforts et des dépenses, effectivement, sur l'éducation, la sécurité, tout en réduisant les déficits.

Donc, il faut un vrai programme politique cohérent. Et ça, ça va être la grande, à mon avis, de difficulté de la présidentielle.

9:22
Présentateur

Éclaircissement signé Mathieu Plannes. Merci à vous.