Éric Coquerel, député LFI et président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale – 15/04
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Business présente La grande interview Edwige Chevrillon
Bonsoir à tous, bienvenue dans cette grande interview La vérité permet d'agir Seule la vérité est révolutionnaire C'est pas moi qui le dis, c'est Lénine Bonsoir Eric Coquerel Merci d'être avec nous Vous êtes le président de la commission des finances Et vous avez écouté bien sûr le Premier ministre Et puis vous avez auditionné il y a quelques heures Eric Lombard le ministre de l'économie Vous nous direz s'il a dit quelque chose de plus Par rapport aux propos de François Béroud Est-ce que vous avez compris Cet exposé pédagogique du Premier ministre C'est un exposé d'alerte Est-ce que c'est un exercice de communication Ou est-ce que vous estimez C'est un exercice qui est par trop anxiogène
Ecoutez la vérité est toujours révolutionnaire C'est François Béroud qui a cité Lénine et Trotsky Mais la propagande est toujours réactionnaire Parce que c'était de la propagande ce matin Pourquoi ? Parce que Les chiffres étaient faux ? Non c'est pas qui Vous savez vous pouvez mettre des chiffres justes Mais en choisir certains plutôt que d'autres Et leur donner un sens auquel vous voulez arriver Donc là ça s'est passé ce matin Par exemple ce qui était prévu ce matin C'était de nous dire comme d'habitude Tout change dans le monde Je reprends les termes de François Béroud
Oui oui je les ai devant moi
Un tsunami à cyclone Et puis on ne change pas On fait la même politique Donc on baisse des dépenses publiques Et on ne tient pas compte du tout Effectivement du changement Du moment dans lequel nous sommes Qui est à mon avis la fin du modèle de libre-échange Au profit d'une guerre commerciale Et donc on fait la même politique Donc le bilan c'est qu'on va On nous annonce pour l'année prochaine 40 milliards de baisse de dépense Alors que tout montre Que le problème de ce pays C'est les recettes qu'on baissait depuis 2017 Donc ça on n'y touche pas Baisse de dépense publique Aspect récessif Au moment même où les Allemands Vont mettre 500 milliards d'investissement Pour leur industrie
Oui mais eux ils ont les moyens Nous on n'a pas les moyens
D'accord et donc Admettons Justement Là vous allez dans le sens du Premier ministre Non non pas du tout Ah ben si il dit attention
Nous n'avons plus les moyens Donc il faut les retrouver pour pouvoir
Le Premier ministre donne des tableaux Il montre que le commerce extérieur allemand Depuis 2000 Oui Va mieux que le commerce extérieur Française l'industrie La productivité Ça c'est sûr D'accord Mais si on n'investit pas Dans justement Alors moi je pense qu'il ne faut pas Investir dans l'armement Mais si on n'investit pas Dans l'écologie L'environnement Les bûches écologiques Dans l'industrie Dans la souveraineté industrielle Numérique et autres Mais le différentiel avec les Allemands Il va ne cesser de s'accroître
Oui mais il est déjà énorme Vous êtes d'accord
Donc il va continuer à s'augmenter C'est à dire qu'on ne va pas tenir compte De la nouvelle période Les Allemands sont en train De prendre des décisions Justement faire face A une guerre commerciale Pour avoir En gros pour remplacer Leur enregistre
Oui mais eux ils ont 3% de déficit Ils ont une dette Qui est nettement inférieure La nôtre
Elle est gigantesque Notre déficit 3 300 milliards
Non
3 300 milliards Ça fait partie des chiffres Que j'appelle de la propagande Vous savez très bien Que 3 300 milliards C'est sur un peu plus de 8 ans On ramène ça à un an Ça ne veut rien dire Le chiffre qu'il faut voir C'est 58 milliards De charges de la dette Cette année 58 milliards de charges De la dette Qui va passer à 62 milliards L'année prochaine Et 100 milliards en 2029 Il y a une inflation de 2 points Donc on est en dessous A 0,3 points L'inflation Je ne dis pas que c'est bien Comprenez-moi Mais dis non Ce n'est pas vrai Il n'y a pas le feu au lac Là il y a des obligations Qui viennent d'être émises Tout le monde s'est précipité Sur les obligations françaises Parce que c'est un placement sûr Donc arrêtons de laisser penser Que le seul alpha-oméga C'est la question des déficits Et plus encore Qu'on doit le résoudre Par une baisse des dépenses publiques Alors qu'il faut aller chercher Des recettes supplémentaires Notamment du côté des ultra-riches Qui ont largement profité de ça Sans faire ruse
Ok, alors on va reprendre Un peu les différents points
C'est pour ça que je vous dis C'est de la propagande Qui nous étudie
Si vous voulez bien On va d'abord commencer Par le montant des déficits De la dépense publique 57% Vous êtes d'accord avec ce chiffre ?
Oui, oui Lui, il dit Le montant de la dépense publique C'est le plus élevé De tous les pays occidentaux Voire de tous les pays Bon, et surtout Il y a un point intéressant Malgré tout C'est est-ce qu'on n'est pas quand même Un peu, je me fais le contrepoids Un peu droguer la dépense publique Parce que lorsque vous regardez Les classements L'OCDE Les classements PISA Tous les classements que vous voulez Éric Coquerel Vous regardez sur les inégalités On n'est qu'en 12ème position Vous regardez sur le travail On est au 30ème position Vous regardez sur l'éducation On est en dernière position Sur le classement PISA Donc on voit bien Que ce n'est pas forcément Le montant énorme De dépenses publiques Qui joue C'est plutôt la manière Dont vous le dépensez Non ?
Vous êtes d'accord avec moi ?
Vous êtes un homme ? Première réponse Vous savez que dans les dépenses publiques On met aussi les dépenses fiscales Les dépenses publiques Donc par exemple Les 200 milliards d'aides Aides aux entreprises Sans contreparties Je ne suis pas d'accord avec les contreparties
Mais on va Non mais c'est pas 200 milliards Mais d'où je sorte le chiffre de 200 milliards ? C'est 135 Oui mais là c'est 135 milliards Et 80 milliards Pour les allégements Exonération
Vous avez additionné les deux Tout confondu Ça fait 200 milliards Qui partent en dépenses Pour les entreprises Sans contreparties Sans aides Sans expertise
Mais il y a des contreparties C'est sûr que je ne comprends pas
C'est ce que je dis Quelles contreparties ?
Écoutez Quand vous avez le droit À un allégement de charges Ou de cotisations sociales Quand vous embauchez quelqu'un Non non
Vous avez le droit Quand vous avez C'est pas dans l'air Quand vous avez quelqu'un Qui est au niveau du SMIC Ou même jusqu'à 2,5 fois le SMIC Oui bien sûr C'est pas quand vous faites une contrepartie Que je sache C'est ça C'est que vous avez quand même quelqu'un Heureusement Il y a un travailleur en face Oui d'accord Donc parce qu'il y a L'embauchant Le travailleur en face Pour prendre des richesses Il faut que l'État Puisse assurer une partie C'est pour qu'on puisse l'embaucher Vous admettrez que Pour des défenseurs De la libre entreprise Du libre échange De la concurrence C'est quand même assez bizarre De dire que l'État De doit intervenir à ce point là Mais moi je ne conteste pas Je ne conteste pas
Continuons sur le reste
Je ne conteste pas Que le fait qu'il puisse y avoir Aux aides de l'entreprise Mais quand vous aidez Des entreprises Dont une partie de ces aides Sont recyclées en dividendes C'est à dire La part non productive Non investie Des profits Qui a doublé depuis 2017 On va revenir sur cette logique C'est un problème
Je voudrais qu'on revienne Sur les dépenses
Le montant des dépenses publiques Je vais rester là dessus
Est-ce que si on continue A arroser Sans justement Contrepartie Sans chercher Pourquoi ça ne marche pas Dans les hôpitaux Regardez Vous prenez les hôpitaux Mais là On a encore une alerte Tout à l'heure On y reviendra Sur l'assurance maladie Il y a eu l'alerte Hier De la Cour des comptes On voit bien Qu'il faut revoir Notre système de santé
Pourquoi ? Pourquoi ? Il faut le voir Pour lui redonner Plus de moyens Est-ce que c'est uniquement Plus de moyens ?
Est-ce que ce n'est pas plus ? Le fait On voit bien Que c'est la question D'efficacité Si j'utilise ce mot Vous allez bon dire
Mais l'efficacité Évidemment On a un système Il faut mieux soigner les gens C'est ça qui est l'essentiel On a un système de santé Je vais vous répondre Surtout Sur la dette Sur la question du déficit La dépense Des dépenses publiques Quand vous regardez En réalité La dette publique En France Mais si vous additionnez Les dettes privées Les deux Parce qu'il faut les additionner Les dettes privées Les dettes publiques C'est des mutualisations La dette privée Quelque part Et c'est souvent A partir des dettes privées Qu'il y a des crises Quand vous additionnez Les deux Vous apercevez Que la France Est pas en tête En Europe La Hollande Est largement devant nous Et qu'on est plutôt Dans une moyenne Et à mon avis C'est ces deux choses Qu'il faut voir Pourquoi il faut voir ça ?
Parce que Pourquoi croyez-vous Que dans certains pays Il y a des dettes privées Plus importantes ? Parce qu'une partie Du système de santé N'est pas public N'est pas assurée Par l'argent public Ou par des cotisations C'est-à-dire par un système social Mais du privé Donc les gens Qu'est-ce qu'ils font ? Ils s'endettent davantage Pour se payer la santé Pour se payer les logements Pour se payer l'éducation Moi je ne rêve pas De ce modèle Moi je n'ai pas un problème Que des besoins fondamentaux Soient gérés par le public Alors effectivement Ça augmente la dette privée Publique Ça baisse la dette privée Et c'est un système Même en termes de gestion Qui marche plutôt mieux
Vous regardez alors Si on parle là-dessus
Donc je défends Le modèle social français Le seul problème C'est que depuis des années Il est attaqué frontalement Il y a moins de moyens Pour les hôpitaux Il y a moins de moyens Pour la santé Non mais quand vous regardez En masse
Il n'y a pas de moins de moyens Pour les hôpitaux Comme vous regardez en masse
Ça se passe moins bien
Par contre Il y a les agences régionales De santé Il y a une bureaucratie Tous les médecins Vous connaissez comme moi Plein de médecins Qui vous disent tous La même chose
Écoutez Le système américain De santé Qui est privé
Non mais regardons Le Danemark Regardons La Suède Regardons Tous les pays nordiques
Mais le système De santé français Il est en mauvais point Parce qu'il est basé Essentiellement De manière importante Sur Une santé publique Enfin en théorie Même si c'est grignoté Au fur et à mesure Par la santé privée Pour les plus privilégiés Et Mais pas que pour les plus privilégiés Il est fait Il est fait De telle manière Que si vous commencez A diminuer les moyens Comme on le diminue Tout à fait dans les hôpitaux Effectivement Il est moins efficace Il y a 15 ans de ça Vous avez Le documentariste américain Moore Je ne parle plus de son prénom Mais c'est pas grave Michael Moore C'est ça
Il avait fait un documentaire Comparons les systèmes de santé
Montrons qu'on a Le meilleur système de santé
Mais je ne vous parle pas Du système américain Personne ne rêve Je vous dis Qu'on a cassé
Le système de santé Public français En diminuant les moyens En diminuant les moyens Des hôpitaux Donc je ne suis pas d'accord Avec ça Moi je suis pour un système Où les besoins fondamentaux Des gens Partagent la richesse De façon à ce que Soit par des cotisations Adossées sur le travail Pour la sécu Soit par des impôts Et de la fiscalité Pour d'autres domaines On arrive à faire en sorte Que les français Soit des droits D'égalité qu'aujourd'hui Et on répond plus aux besoins
Pardonnez-moi J'en profite Parce que comme on peut avoir Des conversations franches Avec vous Autant en profiter Vous ne remettez jamais En cause Le fait Que la dépense publique Parfois Elle n'est pas Bien utilisée Elle n'est pas bien fléchée Elle se noie Dans les strates Administratives En tous les cas C'est Tous les retours Qu'on a Par exemple Sur la santé Et les hôpitaux
Donc je reviens Sur les chiffres Parce qu'on est d'accord Que ce n'est pas la politique Que je préconise Qui est appliquée Depuis 2017 D'accord avec moi Enfin cela dit
Depuis 2000 Il a bien montré Les chiffres quand même
Il monte de gauche
Comme de droite Tout le monde
C'est en cela que je montre C'est que les chiffres Qu'on nous a montés Juste avant Dans une réunion Juste avant Où ils n'étaient pas Et étaient plus éclairants Parce que depuis 2017 Il montre très clairement Que les recettes Diminuent dans ce pays Et vous savez comme moi Que la plupart des recettes Qui ont été baissées A hauteur de 60 milliards Vont au plus riche
Mais depuis quand ?
Depuis 2017 Ça baisse dans ce pays Non mais si c'est intéressant Je suis là Pour parler de la politique Qui est appliquée Par les différents gouvernements Qui peut ou prouf Parce qu'il y a eu La crise de la Covid Il y a eu la Covid Il y a eu la Covid Il y a eu la Covid Je mets le Covid à part Les recettes baissent dans ce pays Les dépenses publiques Sont stables On a même légèrement tendance à baisser Moins 2 points de PIB Les recettes baissent de 2,5 points Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que la politique Qui a consisté à faire en sorte De faire des cadeaux fiscaux Au capital Ça a été assumé
Aux entreprises Aux entreprises Non au capital
Au capital Oui mais il y a eu les deux Parce qu'on a baissé l'IS Et du reste ça a rapporté plus Les cadeaux fiscaux qu'on a fait On les a fait principalement Supprésant la flat tax Supprésant l'ISF Au revenu du capital D'accord ?
Au revenu du capital Par rapport au revenu du travail Bien Ces revenus du capital C'était Bruno Le Maire Qui théorisait en disant Ce que j'attends de ça C'est qu'on attire les capitaux Ça va augmenter l'investissement L'emploi etc Ça ne s'est pas passé C'est un écosystème de start-up On connaît bien ici La part des investissements Entreprises a baissé Il y a l'industrie Manufacturière a baissé La part de l'emploi Dans l'industrie a baissé Le chômage va augmenter A plus de 8% Il y a eu 130 000 emplois frais Et la pauvreté a augmenté
Il y a eu 130 000 emplois frais
Dont 900 000 apprentis Qui arrangent largement les choses Et qui ne peuvent pas vraiment Être considérés Comme des emplois Dans en tout cas La manière dont on les perce
Non mais c'est quand même mieux Que d'être au chômage Vous êtes d'accord ?
Oui d'accord Mais dans ces cas-là Excusez-moi Mais on peut tout admettre Mieux que le chômage Ce que je veux vous dire par là C'est que ça fausse Un peu les résultats De l'emploi Mais aujourd'hui Les résultats sont mauvais Donc cette politique A consisté à dire On va attirer les capitaux Pour pouvoir permettre D'investir Pour pouvoir permettre D'avoir plus de recettes d'impôts A échoué C'est l'examen Ma commission d'enquête Qui le montre Par contre ce qu'on voit C'est que Le fait d'avoir baissé Les dépenses publiques L'an dernier On les a baissées A hauteur de 33 milliards d'euros Avec les émissions de crédit Ça coûte 0,4 point De pays Ça coûte 6 milliards d'euros Sur 1600 milliards Les dépenses publiques Non mais qu'importe C'est pas ça la question La question c'est que La politique consiste A baisser les dépenses publiques Si vous baissez 4 milliards C'est récessif Et vous ne répondez plus Aux besoins des français Est-ce que vous savez Que l'an dernier Si vous baissez 4 milliards
Sur 10 milliards C'est énorme Si vous baissez de 4 milliards Sur 1600 milliards C'est pas gigantesque
C'est pas récessif C'est gigantesque A partir du moment Où concrètement Ça donne quoi Ça donne que l'an dernier Par exemple le budget du logement A baisser de 1,5 milliard Vous prouvez que le logement Va bien en ce pays Qui a suffisamment De logements sociaux Que les gens logent Non Le budget de l'écologie L'environnement Sur les politiques environnementales Il a baissé de 2,4 milliards Et vous savez très bien Comme moi Que dans le même temps Vous avez le rapport Pisani-Ferry Économiste de Macron 2007-Mafouze Qui dit qu'il faudrait 37 milliards de plus D'investissements De l'État Et autant du privé Pour atteindre les objectifs Du climat Donc tout ça On n'est pas en train de le faire Et le problème Qu'il y a là-dedans Mais parce qu'on se trimballe
Une dette absolument énorme
Et puis qu'il y a une dépense publique La dette énorme Mais il faut peut-être La réallouer La dette énorme Qui n'est pas si énorme que ça Je le dis Je pense qu'on fait On fait très peur aux gens À cause de ça Elle est due depuis 2017 C'est ce que je vous dis Les déficits sont dus Aux pertes de recettes Donc il faut récupérer des recettes On a besoin D'aller récupérer des recettes Et de les récupérer Là où actuellement Ça gagne C'est-à-dire Dans les 10 Et même surtout Les 1% Des Français les plus riches Qui ont largement gagné Et qui n'ont pas réinvesti Dans l'économie Moi je préfère Aller prendre cet argent Et faire en sorte Que par exemple On investisse Que l'État investisse Pourrait permettre Une souveraineté industrielle Écologique Dans l'avenir Et donc Parce que font les Allemands
Voilà c'est ce que je préfère faire J'allais dire Éric Lombard Éric Coquerel Éric Coquerel Vous savez bien Sur les impôts les plus riches Certes Mais en même temps Ça les a fait revenir en France Tant qu'à faire autant Qu'ils ne soient pas en Belgique En Angleterre Où un peu comme maintenant On les voit partir A Rome Qui est devenue La nouvelle terre d'exil Au Portugal
Moi je ne suis pas sûr de ça Ben sûr Les chiffres ont été faits On a ou pas Supprimé l'ISF C'est très faible Parce que pour des riches C'est pas mal Est-ce que vous savez
Et vous avez des investissements Étrangers qui sont venus Ça a quand même fonctionné
Est-ce que vous savez Est-ce que vous savez Là je vous cite Le CPO Le comité des prélèvements obligatoires Oui Quand vous regardez Les très hauts revenus Par exemple Plus de 200 fois Le revenu médian Et bien vous apercevez Que la France N'a pas les prélèvements obligatoires Record en Europe On est dans la moyenne On est derrière les Anglais Derrière les Belges Ce que je vais vous dire par là C'est qu'on a aujourd'hui Mais sur le reste
Vous êtes d'accord C'est 43% Le taux de prélèvements obligatoires
En France Mais justement Vous savez très bien Que pour les ultra-riches C'est pas ça Les ultra-riches Aujourd'hui Ont réussi à être imposés A l'impôt sur le revenu A à peu près Zéro Et donc c'est leur taxe professionnelle Qui prend Donc ils sont à peu près imposés A 25% Sur l'ensemble de leur patrimoine D'où par exemple La taxe Zuckman Qui est proposée Quand quelqu'un Qui est assujetti A l'impôt sur le revenu Est assujetti Dans la même tranche A 45% Oui Mais en même temps Alors attendez On a un cumul des richesses
Qui nous manque Un entrepreneur Qui a réussi Qui a créé sa boîte Qui a réussi Et le président de la CPME Mais il me disait Mais vous avez la flat tax Qui est à 30% Mais derrière les dividendes Tout ça Ça a déjà été taxé à 18% Donc on est déjà taxé Vous voyez ce que je veux dire C'est que On ne met en avant Que le devant De la Le devant de la Le devant de la Le devant de la fiscale Si vous me permettez C'est l'entreprise
Qui a été Non non non Oui l'entreprise L'entreprise paye des impôts Oui Alors sur les profits Donc le dividende Qui touche
A déjà été fiscalisé Non
Elle a été fiscalisé Pour l'entreprise Mais pas pour le détenteur De dividendes C'est comme si vous me disiez C'est comme si vous me disiez Quelqu'un qui touche un salaire Attendez Quelqu'un qui touche un salaire C'est arrivé Ça participe à la valeur ajoutée De l'entreprise Donc l'entreprise a été imposée Donc on n'a plus besoin D'imposer celui qui touche des salaires C'est la même chose Le dividende C'est la rentabilité Non productive Et non investie du capital Ces dividendes Ils ont doublé par deux Sauf que vous prenez un risque
Quand vous investissez Dans une entreprise
C'est-à-dire que vous pouvez
Toucher les dividendes Mais comme vous pouvez Ne pas toucher les dividendes Donc c'est quand même Une rémunération
Il y a peut-être Vous seriez peut-être d'accord Avec moi Qu'il y a peut-être Un équilibre à trouver Ah non ça D'accord Quand Oui oui D'accord Mais c'est autre chose Vous reconnaissez que c'est autre chose Non c'est pas autre chose 200 milliards d'euros Qui sont mis Et qu'une partie Est distribuée dans les dividendes Je ne vois pas pourquoi Par exemple les dividendes Ne sont pas imposés Comme les revenus du travail
Ce serait de la justice Est-ce qu'on peut revenir Un instant sur l'actualité Parce que Il y a quand même C'est central ce que je vous dis là Non mais bien sûr Non non c'est pour ça C'est très intéressant Mais ce qu'il y a C'est que l'horloge tourne Ce budget Ce budget Donc juste pour être clair Pour vous La survie du pays N'est pas en jeu Vous répondez non Bien sûr que non
Elle est en jeu Si on ne change pas de politique Ok Parce qu'on va reculer Reculer Reculer Et la consommation populaire Va faiblir C'est le feu de l'activité Économique française C'est ce qui nous permet D'avoir des milliers Résultats que les allemands
Lombard a trouvé Pour faire des économies Pour le budget 2026 Alors Ça ne veut pas dire Que la dépense publique Elle continue d'augmenter Mais elle augmentera Moins vite Vous êtes d'accord avec ça ?
Non ce qu'ils ont prévu C'est qu'elle n'augmente plus
Ah moi j'ai entendu Eric Lombard Qui disait que ça continuait C'est pour ça qu'il a parlé D'allègement Non
Ce qui est prévu Pour la l'équipe C'est le fait que Désormais On reste Au même budget D'accord On ne l'impacte pas Par l'inflation Donc de fait Ça va baisser D'accord Et on ne l'adapte pas Non plus Aux besoins Ça s'appelle La croissance tendancielle C'est-à-dire les besoins Donc il va y avoir une baisse Et on va attaquer En plus de ça Les collectivités territoriales Dont je vous rappelle Qu'elles assurent 70% De l'investissement public
C'est ce qu'il a souligné ce matin Le Premier ministre Vous êtes d'accord Avec le 6 mai Il a annoncé Une conférence des territoires
Oui mais là Si on leur prend encore De l'argent Alors qu'elles ont Des frais de fonctionnement Qui sont contraints Par l'État Je pense qu'on va fermer Là aussi
Juste un point J'en profite Éric Coquerel Comment vous expliquez Que le nombre de fonctionnaires Augmente Dans les collectivités locales C'est plus 2% Ou plus 1% Pourquoi il augmente
Parce qu'il n'augmente plus Au niveau de l'État Et dans les collectivités Il augmente encore un peu Tout simplement Parce qu'à partir du moment Où vous avez plus De transferts de compétences Que les collectivités Pour beaucoup Se retrouvent Par exemple Je prends les départements Avec des Vous savez Ils prennent une grande part Des questions sociales Oui Et bien Il y a besoin De plus de gens Pour s'en occuper Donc tendanciellement Vous avez un peu Une augmentation Mais cette augmentation Si je regarde Par rapport A la part Des collectivités Dans le PIB Elle n'augmente pas Ce n'est pas vrai Donc c'est aussi Parce que vous avez vu Quand vous avez vu Un transfert de l'État Vers les collectivités Sur un certain nombre de prestations Il y a des choses Qui augmentent un peu Du côté
Est-ce qu'il faudra Est-ce que d'abord Est-ce que vous pensez Qu'il y a des hausses d'impôts ? Non Je l'espère Non dit Le Premier ministre Oui Je ne sais pas ce que vous avez dit Éric Lombard tout à l'heure À la commission des finances
J'espère qu'il y a des hausses d'impôts Pour les plus riches Oui Je le dis précisément Parce que ce n'est pas Les classes moyennes C'est le danger Non mais vous savez Le danger il est là Oui bien sûr Vous avez vu l'étude Qui montre que sur l'impôt Sur le revenu Seuls les 10% les plus riches Ont vu leur impôt Sur le revenu baisser Dans ce pays Donc le danger il est là Donc moi je suis pour rendre L'impôt à nouveau redistributif Et aller chercher L'argent Là où il est trop parti Depuis 2017 Alors là vous allez bondir
Sur votre chaise Mais est-ce qu'il y a La moitié des français Vous êtes d'accord Qu'ils ne payent pas d'impôts Et que vous avez Les 10% les plus riches Qui payent 70% Du montant de l'impôt Sur les revenus Vous êtes d'accord avec moi
Ce n'est pas les ultra riches
Non mais il y a les 10% Les plus riches
Voilà Enfin les ultra riches Qui ne payent pas d'impôt Sur le revenu
Mais vous êtes d'accord Ce 10% Il paye 70% de l'IR L'impôt sur les revenus Est-ce qu'il ne faut pas Que ça soit mieux réparti ?
Alors si Si si Alors par les plus riches
Mais aussi sur l'ensemble Des français
Dans ces cas là Il faut prendre la fiscalité globale Oui Globale Moi par exemple Dans un changement De fiscalité globale Je serais pour un impôt A 14 tranches Et qui impacterait tout le monde Même symboliquement Même symboliquement Pour les plus déshérités
Une hausse de la TVA
Par contre justement Le problème c'est qu'on oublie Que l'impôt c'est environ 25% de la fiscalité L'impôt sur le revenu Et que le reste par exemple C'est La TVA C'est l'impôt le plus injuste Puisqu'il est non proportionnel Donc je suis plutôt Pour des baisses La TVA C'est un impôt non proportionnel Donc si vous voulez ma question Je serais plutôt Pour un impôt sur le revenu Plus rentable Qui touche plus de monde Plus de tranches De façon à être plus juste Et qui par exemple Passe par contre Des baisses de la TVA Sur certains produits De première nécessité Pour les plus Et si on fait une hausse De la TVA
En excluant Les produits De première nécessité
Non Je suis contre Une hausse de la TVA D'accord La TVA est l'impôt le plus injuste Qui touche Ceux qui consomment Le plus proportionnellement A leur revenu C'est à dire Les plus défavorisés
Sur les retraités Éric Coquerel Est-ce que Où est-ce que Vous vous situez Donc je rappelle Que vous êtes député Les filles Où est-ce que Est-ce qu'on peut Supprimer Peut-être L'abattement de 10% Sur frais professionnels Et est-ce qu'on peut Désindexer Les retraités Ou du moins Les retraites Les plus élevées Ou continuer À indexer Les retraites Les plus modestes
Je vais vous répondre Globalement Je ne suis pour abaisser Aucune retraite Aujourd'hui Aucune pension de retraite Par quelques mois
Et qu'on fait les plus riches
Oui Oui Parce que c'est pas Du côté des retraités Qu'on trouve les ultra riches Donc j'estime Que quelqu'un Attendez J'estime que quelqu'un Qui a cotisé Toute sa vie D'accord Par rapport A son salaire Et qu'il se retrouve Avec une retraite Je ne suis pas d'accord Avec le fait D'aller lui abaisser Sa retraite Je pense que les privilégiés Ne se situent pas là Et en plus C'est un autre problème C'est que là aussi Ça touche la consommation populaire Parce que si vous abaissez Les revenus du travail Et les retraites Ce sont des revenus du travail Différés Et bien là aussi Vous allez toucher La consommation populaire Donc c'est pas une bonne politique
D'accord Donc là dessus On ne touche pas Donc on ne voit pas très bien Encore Et sur le fait Que la proté Oui Mais ça ne suffira pas Pour combler les 40 milliards Vous êtes d'accord
Mais si Oui
J'étais là Pour la démonstration De Manuel Bompard On a voté 50 milliards Est-ce que Est-ce que vous êtes Pour élargir La protection sociale Qui pour l'instant Notre modèle social Repose sur le travail Est-ce que d'une manière Et d'une autre Il faut faire contribuer D'autres personnes Les retraités Notamment avec la CSG Parce qu'il faut rappeler Que la CSG Les retraités Se sont exonérés Depuis 2000 Parce qu'il y avait Un souci d'équité Parce qu'à l'époque Les retraités Vivaient bien plus mal Que les actifs Mais aujourd'hui Ce n'est plus le cas Est-ce qu'il faut bouger ça ?
Ma préférence C'est que notre système social Est adossé C'est un système assurantiel De solidarité Entre travailleurs Juste donc Pour qu'il soit adossé Il reste uniquement
Uniquement sur le travail
A partir du moment Où dans le travail On met bien évidemment Les salaires différés Que sont les cotisations Et je suis plutôt Pour qu'on augmente Dans le partage De la valeur ajoutée Ce qui va au travail Y compris ce qui va Aux cotisations De façon à assurer La pérennité de ce système C'est ma préférence Vous savez qu'on pourrait Rpasser de 64 à 62 ans En augmentant Les cotisations De 0,15 points Sur 7 ans Maintenant par exemple Il y a certaines personnes Le proposent au moins Dans un moment d'urgence Même si ça ne va pas Pour préférence Mais on pourrait très bien Penser aussi Qu'on fait cotiser Au moins exceptionnellement Les dividendes par exemple Non pas taxer Mais cotiser Ça pourrait être des solutions Ça a été voté Dans le PLFSS Avant qu'il soit annulé Par le 49-3 Sous Barnier Et c'était 15 milliards Comme ça d'apportés Voilà En tout cas Il y a largement de quoi Assurer notre système social Dont je voudrais le dire Parce qu'on parle beaucoup Parce qu'on parle beaucoup de déficit Mais il faut savoir Qu'une grande partie De la dette de l'État Est transférée Dans la dette sociale Ce qui est un problème Oui Voilà Et ce qui fait que Après on dit Ah il y a des déficits Sauf que par exemple Il était assez anormal Que tout le chômage partiel Du Covid Soit transféré Sur la dette sociale On peut considérer Que c'était une décision De l'État Qui n'avait pas reposé Sur le système social
Vous avez sans doute vu Que ce matin Il y a un nouveau dérapage De l'assurance maladie On voit bien Qu'il y a des dérapages Importants Un comité d'alerte Déjà hier Il y avait La commissaire Pierre Moscovici Qui a donné Sa note de synthèse Pour expliquer Qu'il fallait faire 30 milliards d'économies Là aussi Est-ce que le déremboursement Des médicaments Pour les plus hauts revenus Ou pour des revenus Les plus élevés Est-ce que vous êtes favorable ?
Radicalement compte Je pense que c'est la remise en question De notre système assurancier Pourquoi ?
Parce que Si vous voulez Ce système marche Parce que Il permet à chacun De bénéficier Des mêmes droits Si demain Vous dites À des gens Qui ont Des revenus très hauts Vous n'êtes plus Remboursés De la même manière Alors que Vous cotisez De la même manière Ils ne seront plus d'accord Au bout d'un moment Et ils iront prendre Des assurances privées Donc un régime universel Ça permet à tout le monde D'être remboursé En fonction de la cotisation Donc je suis Absolument compte Et je pense que ça va très loin Parce qu'effectivement Monsieur Bérou l'a évoqué ce matin Mais si c'est le cas On en finit avec Notre régime de sécurité sociale
Est-ce que le fait De supprimer Certaines commissions Les comités théodules Comme on a mal à le dire Il y en a plus de mille en France Est-ce que vous trouvez Qu'on peut peut-être En tous les cas Faire un certain tri Certains Quand le travail Est-ce qu'ils sont très utiles Je suis très méfiant là-dessus
Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi C'est que ça sent quand même Un peu le trumpisme C'est-à-dire que On en est loin
On n'a pas encore sorti La tronçonneuse Je n'ai pas le temps De vous faire écouter Amélie Monchalin
On en est juste Avec une scie à main Mais c'est un bon début Donc C'est quoi ce qui nous vient Des Etats-Unis ? C'est l'idée Qu'il faut absolument Affaiblir l'Etat Donc on ferme des opérateurs On supprime Des postes de fonctionnaires On demande aux fonctionnaires Ce que veut faire François Bérou De dire Qu'est-ce qu'il fait Est-ce que quelqu'un N'autre pourrait pas mieux le faire Voir le privé ?
Pourquoi pas on fait ça Dans une entreprise On fait ça chez vous ? Bien sûr
Mais d'abord je vais vous dire Il y a un contrôle Qui existe des fonctionnaires Ce qu'ils font Il ne faut pas laisser croire Qu'il n'y a aucun contrôle De ce qu'on fait aujourd'hui La fonction publique Ce n'est pas vrai Mais derrière ça C'est quoi l'idée ?
C'est de faire en sorte D'affaiblir l'Etat Si vous affaiblissez l'Etat La régulation Elle se passera ailleurs Et la régulation Quand elle se passe ailleurs Dans le privé C'est la loi du plus fort Qui l'impose Donc je ne suis pas d'accord Avec cette logique Ça ne veut pas dire Qu'il ne pourrait pas Y avoir un travail d'expertise Notamment de ré-internalisation Dans l'Etat Mais ça veut dire Dans ces cas-là Qu'on ne supprime pas Les postes en question Des opérateurs
Donc on va vers une motion De censure de la part de LFI Bien sûr Oui Bien sûr Donc vous allez reprendre Est-ce qu'on peut faire Comme en 1962 Georges Pompidou Non ça c'est moi
Qui l'ai fait avec Barnier C'était la première fois Oui vous l'avez fait avec Barnier
Mais du coup Ce n'est pas lui Qui a été renommé Alors que Pompidou Lui a été renommé C'est pour ça que je disais ça Petite différence
Parce que la différence Avec Pompidou et De Gaulle A l'époque C'est qu'ils étaient majoritaires Dans le pays Ce qui n'est pas le cas De ce gouvernement Qui n'a pas de légitimité A mon avis pour gouverner C'est son problème D'ailleurs c'est la raison Pour lesquelles La commission d'enquête S'est intéressée Il a très largement Maquillé une partie Des résultats l'an dernier Pour passer les écueils Électaux
Merci Eric Coquerel En tous les cas Voilà comme ça On a pu apurer certains points On est d'accord Ou pas d'accord Mais en tous les cas Vous avez pu les exposer Merci Eric Coquerel Président de la commission des finances C'était donc notre invité Tout de suite Vous retrouvez les experts Qui vont débriefer justement Cette interview
La grande interview Sur BFM Business
Éric Coquerel