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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 2 février 2026 11 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsSécuritéSantéInstitutions & élections

Municipales : les 5 enjeux d'un scrutin

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conséquences du budget en termes d'opinion ? Qui tire son épingle du jeu ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    En termes d'opinion, plus généralement, vous retenez quoi de cette séquence ? Ca aura fait des dégâts ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Ce scrutin intéresse-t-il les Français ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Sur quoi vont se jouer ces élections ? Quels thèmes reviennent régulièrement ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce scrutin sera-t-il plus serré que jamais ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Quelles sont les villes que le RN pourrait faire basculer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30J.FourquetFait
    « S.Lecornu, quand on regarde un peu en arrière, a fait montre de sa capacité à durer, à manoeuvrer également. »
  • 1:00J.FourquetFait
    « On a vu des tractations, l'absence de boussole. Beaucoup de secteurs économiques sont quasiment à l'arrêt en l'absence du vote du budget. »
  • 1:30J.FourquetChiffre
    « On est sur un niveau d'intérêt déclaré qui se situe à peu près au niveau de ce qu'on mesurait en 2014. »
  • 2:00J.FourquetFait
    « Quand on interroge les Français sur les thèmes qu'ils considèrent comme centraux pour les municipales, il ressort, en numéro 1, la question de la santé, avec la question des déserts médicaux. »
  • 2:30J.FourquetFait
    « En 3e lieu, il y a la question des dépenses publiques locales, des finances communales... Même si la taxe d'habitation a été supprimée pour beaucoup de Français, il reste encore une préoccupation en lien avec la question du pouvoir d'achat. »
  • 3:00J.FourquetFait
    « Historiquement, on se concentrait surtout sur les villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants. Dans l'ancien monde, avant la victoire d'E.Macron en 2017, ce qu'on regardait, c'était le nombre de villes qui passaient de gauche à droite ou inversement. »
  • 3:30J.FourquetFait
    « Nous avons un RN qui ne fait pas, historiquement, de très gros scores dans les grandes villes françaises, à l'exception de celles du Sud. »
  • 4:00J.FourquetFait
    « Le paysage est plus éclaté, avec un seuil de maintien au 2e tour de 10 % des exprimés. Ca rend possible des présences au second tour de très nombreuses listes, d'où potentiellement des triangulaires ou des quadrangulaires. »
  • 4:30J.FourquetFait
    « LFI a décidé de se présenter dans beaucoup de villes, à la fois pour voir combien elle pèse, mais aussi pour installer un rapport de force vis-à-vis du PS et des écologistes dans la perspective des présidentielles. »
  • 5:00J.FourquetChiffre
    « Il y a la dizaine de villes que les écologistes avaient remporté en 2020, qui était l'un des principaux enseignements de ce scrutin. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Très belle fin de journée sur France Télévisions, à demain. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. La France va donc avoir un budget. Ca va se passer dans quelques heures avec le rejet prévu Des dernières motions de censure qui donne la possibilité au Premier ministre et aux députés peut-être de se projeter dans autre chose et peut-être dans les élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars.

Nous allons poser les enjeux de ce scrutin avec J.Fourquet. Bonsoir.

Vous êtes politologue, directeur du département opinion de l'institut de sondage Ifop. Quand même un mot sur le budget. On a tellement attendu ce budget.

Quelles sont les conséquences en termes d'opinion? Qui tire son épingle du jeu? Si on parle de S.Lecornu, est-il crédité du fait qu'il est passé, même s'il est passé par 49-3?

Est-il critiqué pour avoir procédé ainsi? - J.Fourquet: Tout dépend des électorats, mais d'une manière globale, S.Lecornu, quand on regarde un peu en arrière, a fait montre de sa capacité à durer, à manoeuvrer également.

C'est maintenant une personnalité qui compte dans le paysage politique. C'est une séquence intéressante pour lui, compte tenu des difficultés qui se présentaient à lui. - C.Roux: En termes d'opinion, plus généralement, vous retenez quoi de cette séquence?

Ca aura fait des dégâts? - J.Fourquet: Enormément.

On a vu des tractations, l'absence de boussole. Beaucoup de secteurs économiques sont quasiment à l'arrêt en l'absence du vote du budget, donc des subventions qui ne sont pas arrivées. Il y a des partis qui ne se sont pas livrés à ces négociations, comme LFI ou le RN, qui peuvent camper sur un positionnement assez clair en disant qu'ils ne mangent pas de ce pain-là et qu'ils ne sont pas dans le système.

Mais il y a aussi une forme d'usure face à la lenteur de ce processus. Heureusement que les municipales arrivent pour donner goût à la politique à nos concitoyens. - C.Roux: Ce scrutin intéresse-t-il les Français? - J.Fourquet: On est sur un niveau d'intérêt déclaré qui se situe à peu près au niveau de ce qu'on mesurait en 2014.

On met de côté les élections municipales de 2020, qui se déroulent au moment du covid. On est sur des niveaux d'intérêt proches de ceux qu'on mesurait en 2014. Ca laisse penser potentiellement qu'on aurait une participation qui reviendrait à un étiage plus classique, aux alentours de 2/3 de Français qui avaient voté en 2014, alors qu'en 2020, il y avait une abstention massive liée au covid. - C.Roux: Sur quoi vont se jouer ces élections?

Ce sont des élections différentes entre les territoires...

Il y a des thèmes qui reviennent régulièrement? - J.Fourquet: Quand on interroge les Français sur les thèmes qu'ils considèrent comme centraux pour les municipales, il ressort, en numéro 1, la question de la santé, avec la question des déserts médicaux, plus uniquement dans les zones rurales, mais également dans les grandes villes.

C'est intéressant. C'est pas à proprement parler une compétence d'une municipalité, sauf que c'est la feuille de route que leur assignent les Français. Le 2e sujet, c'est l'insécurité.

La délinquance...

Mais aussi de plus en plus les conséquences de l'extension du trafic de drogue sur tout le territoire. - C.Roux: Ce sont plutôt des prérogatives de l'Etat. - J.Fourquet: Oui, à ceci près que dans les grandes villes, on peut attendre des budgets supplémentaires sur la vidéosurveillance, l'armement des polices municipales...

En 3e lieu, il y a la question des dépenses publiques locales, des finances communales...

Même si la taxe d'habitation a été supprimée pour beaucoup de Français, il reste encore une préoccupation en lien avec la question du pouvoir d'achat. - C.Roux: Pourquoi on entend dire que ce scrutin sera plus serré que jamais, avec des hypothèses de quinquangulaires à Paris, de sextangulaires à Strasbourg?

Aucun maire des 10 plus grandes villes de France n'est certain de rester. - J.Fourquet: On verra.

En tout cas, ce scrutin sera plus difficile à lire que par le passé. Historiquement, on se concentrait surtout sur les villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants. Dans l'ancien monde, avant la victoire d'E.Macron en 2017, ce qu'on regardait, c'était le nombre de villes qui passaient de gauche à droite ou inversement.

En général, ça se passait assez mal aux municipales pour le camp qui était au pouvoir au niveau national. Il y avait un vote sanction. Là, comme le parti macroniste est très peu présent dans les municipalités, la volonté de sanctionner l'exécutif national ne peut pas se matérialiser par ce vote. - C.Roux: C'est pour ça qu'on se retrouve dans cette situation?

Regardons la carte. C'était déjà le cas? - J.Fourquet: Ce que j'essayais d'expliquer, c'était sur la moindre lisibilité.

Et pourquoi plus de candidats? Nous avons un RN qui ne fait pas, historiquement, de très gros scores dans les grandes villes françaises, à l'exception de celles du Sud. Mais là, compte tenu de sa poussée, il pourra être présent au second tour.

LFI, à gauche, a décidé, dans de nombreuses villes, de faire sa propre liste pour essayer de mettre la pression sur le PS. Le paysage est plus éclaté, avec un seuil de maintien au 2e tour de 10 % des exprimés. Ca rend possible des présences au second tour de très nombreuses listes, d'où potentiellement des triangulaires ou des quadrangulaires. - C.Roux: Et même au-delà, avec éventuellement 6 candidats...

Ce sont des cas de figure évoqués. On se demandait également, dans les enjeux du scrutin, vous parliez du RN...

Quelles sont les villes que le RN pourrait faire basculer? - J.Fourquet: On a en tête un certain nombre de grandes villes mais on sait que c'est pas dans les grandes villes que le RN fait ses meilleurs scores.

Parmi la dizaine de villes que le RN détient aujourd'hui, la plus grande, c'est Perpignan. On a déjà une indication: le nombre de villes dans lesquelles le RN peut présenter des listes. Ils revendiquent cette année plus de 600 listes.

C'est beaucoup plus que ce qu'on observait historiquement. Et il faudra suivre Marseille, sur les grandes villes, tout comme Toulon, Nice, où le RN, dans les 2 dernières, qui a des chances importantes. A Nice, c'est pas le RN en tant que tel mais c'est une liste avec E.Ciotti, avec en toile de fond le comportement des électeurs et des élus de la droite classique.

E.Ciotti est déjà passé du côté du RN, mais on verra si, dans certaines villes, on a ce barrage républicain ou non qui se réactive, ou s'il y a des ententes entre la droite classique et le RN. - C.Roux: Un mot rapide sur ce qui s'est passé lors des législatives partielles en Haute-Savoie, où le candidat UDR d'E.Ciotti et le candidat RN ont battu le candidat LR.

C'est un bastion historique de la droite traditionnelle, la Haute-Savoie. C'est peut-être un indicateur. - J.Fourquet: Il y a la suite de cette poussée pour le RN.

A ceci près que c'est un candidat UDR, donc qui a une étiquette historiquement de droite. Il est élu local. Il est maire d'une commune.

C'est pas à proprement parler une victoire du RN, mais on voit la pression se faire plus pressante sur la droite classique. - C.Roux: On peut résumer en disant que ces municipales seront un test pour ce qu'on a appelé l'union des droites? - J.Fourquet: Pas un test, mais peut-être une étape supplémentaire dans la mise en place de ce processus.

Si jamais la droite perd un certain nombre de villes, la présidentielle sera un an plus tard, on dira à droite qu'il faudra peut-être envisager des stratégies d'alliances parce que sous leurs propres couleurs, ils n'arriveront plus à remporter la victoire. - C.Roux: La gauche est dans un ordre dispersé, entre le PS et LFI qui n'a pas joué le jeu du compromis avec S.Lecornu.

On peut parler aussi des écologistes. - J.Fourquet: Les écologistes sont souvent en union avec le PS.

LFI a décidé de se présenter dans beaucoup de villes, à la fois pour voir combien elle pèse, mais aussi pour installer un rapport de force vis-à-vis du PS et des écologistes dans la perspective des présidentielles. - C.Roux: Et les écologistes? - J.Fourquet: Il y a la dizaine de villes que les écologistes avaient remporté en 2020, qui était l'un des principaux enseignements de ce scrutin.

Est-ce qu'ils vont garder ces villes? Il n'y a pas de règle absolue. Des villes comme Bordeaux...

Monsieur Hurmic est en position favorable. C'est plus compliqué à Lyon avec la candidature surprise de monsieur J.-M.Aulas.

Il faudra regarder dans les villes où les écologistes ne sont pas sortants, comment ils se comportent et s'allient. Il y a des tensions au sein même des écologistes avec l'aile gauche des écologistes, qui ne se range pas dans une alliance avec le PS mais qui envisagent des alliances avec LFI. Cela augure aussi des manoeuvres pour les présidentielles à gauche. - C.Roux: Faudra-t-il tirer des enseignements pour la prochaine présidentielle?

Certaines figures de la vie politique comme E.Philippe, au Havre, jouent la suite, évidemment. - J.Fourquet: Pour ces personnalités, c'est évident.

S'ils sont battus dans leur fief, c'est très compliqué de revendiquer une candidature à la présidentielle. Et ce qu'on disait de la gauche, la droite et du RN...

Ces municipales nous permettront aussi de mesurer les rapports de force. Tout cela va peser dans les négociations, les tractations ou les choix des états-majors dans les mois qui viennent.