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interviewyoutube.com· 10 juillet 2026

Interview de Michel Fournier, Ministre délégué chargé de la Ruralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour, bonjour à tous. Bienvenue de retour sur le plateau d'Acteur Public TV ici depuis le Salon des maires à Paris. Merci de nous suivre et on poursuit nos échanges avec vous.

Michel Fournier, bonjour. Oui, bonjour. Vous êtes le ministre délégué chargé de la ruralité.

Quel message souhaitez-vous porter lors de ce congrès? Quel message, quelle priorité pour la ruralité? Alors peut-être que le premier des messages, pardon, ça serait d'être ministre des ruralités parce que les ruralités ne se ressemblent pas.

Et on peut facilement le démontrer quand on va d'un territoire à un autre. Eh bien, il y a vraiment des différences. Ça veut dire qu'à un moment donné, les politiques qui sont souhaitées, voulues, malheureusement ou heureusement, il faut faire un peu de dentelle pour être plus proche des réalités et des besoins de chaque territoire.

Et c'est peut-être ça la difficulté actuellement, je pense, sur tous les sujets d'aménagement du territoire, de logement, de santé, de répondre à toute cette différenciation aussi. Oui, parce que si vous prenez l'exemple du logement, il y a des capacités énormes dans le milieu rural de disponibilité de logement, bien entendu, avec des rénovations obligatoires, avec des, donc des, j'allais dire, des politiques qui doivent être fortes. Et on parlait aussi à un moment donné, à l'époque, vous savez que j'ai été président des maires ruraux de France.

De la MRF. Voilà, donc il n'y a pas très longtemps. Donc j'ai encore des souvenirs de ce que l'on pouvait...

Vous êtes toujours maire. Je suis toujours maire. Et j'ai encore des souvenirs de ce que l'on pouvait dire à cette époque-là.

On aurait besoin en ruralité, notamment pour la réhabilitation du bâti, si on prend ce logement, d'un vrai plan Marshall par rapport à cela. Parce qu'il y a des besoins spécifiques. Et quelquefois, ça pourrait se régler, pas forcément avec, j'allais dire, avec des plus budgétaires.

Ça pourrait se régler par, bien tout simplement, des exonérations fiscales sur certaines personnes qui font les acquisitions. Enfin bref, il y a toute une démarche à faire. Mais j'en ai parlé avec le ministre du Logement et on est tombé d'accord sur une approche commune par rapport à ce sujet-là.

Mais là, je n'ai parlé que du logement. Si vous voulez m'interroger...

Oui, mais par exemple, sur le logement, voilà, pour la première accroche, voilà, vous parlez de plan Marshall, il faut aller plus loin. Je crois qu'il y avait une piste qui a été évoquée, notamment quand vous citez président de la MRF, c'était de créer une agence rurale du logement aussi sous l'autorité des préfets. Il y a une nécessité ?

Oui, ça nous semble indispensable parce que, encore une fois, la réponse peut être parfois à la taille de la commune, parfois à la taille de l'interco, parfois à la taille du département. Donc il faut bien quelqu'un qui coordonne cela. Et cet opérateur du logement, eh bien, bien entendu, le préfet aurait toute sa raison d'être, d'être le coordonnateur et de définir...

Mais attention, avec une réserve forte, c'est que les opérateurs départementaux ne viennent que là où ils sont avec plusieurs garanties, c'est-à-dire dans les premiers cercles urbains. Et ils ne viennent pas dans le rural profond. Alors si on veut changer les choses, il ne faut pas forcément partir du fait de dire, vous avez des demandes de logement ?

Ah, vous n'en avez pas. Ah, bien, ce n'est pas la peine qu'on vienne. Je veux dire, il faut faire attention.

Je l'ai démontré dans ma commune. Il faut créer les choses. Et quand vous créez les choses, parce qu'il y a un besoin quand même qui est sous-jacent, eh bien, à ce moment-là, il n'y a aucun problème pour avoir, finalement...

J'ai une vingtaine de logements dans ma commune de 300 habitants faits par la commune. Eh bien, je peux vous dire qu'il y a un remplissage constant à 100% depuis maintenant près de 20 ans. Donc, vous voyez, il faut regarder les choses autrement.

Et avec ce travail de dentelle, voilà, on parlait du logement. Il y a un autre sujet sur lequel vous intervenez, c'est le sujet de la santé. Vous êtes rendu dans l'Hérault il y a quelques jours pour inaugurer une maison France Santé, le dispositif mis en place par le gouvernement pour renforcer la proximité de l'offre de soins.

Quels sont véritablement les objectifs de ces France Santé ? La logique, c'est véritablement une co-construction avec les collectivités sur le terrain pour développer cette offre de soins ? Alors déjà, je crois qu'il faut poser le problème autrement.

La santé, c'est la première demande de sécurité dans les territoires ruraux. Ce n'est pas forcément l'immigration. C'est la santé.

On veut une réponse santé. Et ce que j'ai inauguré il y a deux jours, mais également dans l'Orne la semaine auparavant, c'est l'expression même de ce qui peut être fait, de ce que l'on doit faire, c'est-à-dire travailler en commun. Mais quand je dis travailler en commun, ça veut dire l'État au travers, bien entendu, de ses représentants qui sont le préfet.

N'oublions pas l'ARS. C'est très important. Il y a beaucoup de débats sur l'ARS en tout cas.

Il y a beaucoup de débats sur l'ARS et peut-être que comme il y a des ruralités, il doit y avoir des ARS avec des différences d'approche qui peuvent être complètement...

Voilà. Et surtout avec les communes, avec les intercos et avec, bien entendu, c'est quand même les premiers concernés, c'est-à-dire l'ordre des médecins, les infirmiers, kinés, pharmaciens, etc. Il faut que tout le monde se mette ensemble.

Et c'est ce qui a été démontré dans le village où j'étais, dans le département de l'Hérault. Les éco-constructions, c'était un peu le modèle aussi des France Service. Et on a vu l'efficacité des France Service sur le déploiement, le maillage territorial des France Service.

C'est de reproduire un petit peu le même modèle, la même méthode. Oui, parce que France Service, c'est une évidence, ça fonctionne. C'était pas gagné au début.

Il a fallu que tout le monde se mette d'accord pour savoir qui fait quoi. Et je crois que France Santé, si on peut s'appuyer, et ça sera le cas, n'oublions pas que le choix du Premier ministre, en 2026, c'est 2000 France Santé qui vont. Il y en a 5000 à l'horizon.

Et donc, ça prouve une chose. Ça prouve que quand on a un affichage clair comme cela, comme a eu Sébastien Lecornu dans ses premières interventions en tant que Premier ministre, la santé, ça doit être une priorité. Ça fait des années et des années, suite, on le sait, c'est le numerus clausus fermé qui a entraîné ces déserts médicaux pour la plupart.

Et bien, on sait qu'il va y avoir une approche complètement différente. On sait aussi qu'il y aura des problématiques. Il ne faut pas se cacher.

Il ne faut pas se voler la face. Aujourd'hui, pour remplacer un médecin, il n'en faut pas un. Il en faut deux, voire deux ennemis.

On travaille différemment. Les gens veulent aussi donner des priorités à leur vie personnelle, etc. Et donc, tout cela, il faut des réponses multiples.

Et les potentialités qui sont définies par les différents ministres de santé, y compris madame la ministre qui est en exercice aujourd'hui, eh bien, je pense que ça peut aider à répondre. Il faudra simplement être prudent. Il ne doit pas y avoir des coquilles vides et des territoires vides.

Et de travailler avec les élus locaux et de leur faire confiance. Je vais vous donner un exemple aussi. On a eu une approche qui a été faite récemment, c'est-à-dire l'an passé, même pas l'an passé, en début d'année, en définissant des territoires en grande difficulté.

Malheureusement, cette approche a été faite au niveau de l'intercommunalité. Et dans une intercommunalité XXL, eh bien, les territoires ne se ressemblent pas forcément à l'intérieur. Donc, il faudra revenir sur des approches, là aussi, faire de la dentelle, prendre le temps, et surtout, associer les associations d'élus locaux et associer, bien entendu, le préfet qui doit être le maître d'œuvre de cette histoire.

Oui, pour établir la confiance entre l'État et les collectivités. Une autre question. Où en est-on du plan France Ruralité ?

En juin dernier, l'ex-premier ministre François Bayrou avait annoncé la prolongation des mesures de ce plan France Ruralité. Où on en est actuellement ? La période de désert budgétaire aussi.

France Ruralité, c'est, j'allais dire, c'est une mesure transversale. Il y a beaucoup de déclinaisons. Il y en a une qui est très importante et pour laquelle j'ai quand même eu vraiment une volonté de faire aboutir ces villages d'avenir, par exemple.

Et si on prend cet exemple-là, là aussi, j'ai inauguré dans le même département de l'Hérault, eh bien, tout un secteur où il y avait des villages d'avenir retenus. Et ce n'est qu'une seule réponse. Cette ingénierie, on en a besoin.

Nous avons, aujourd'hui, grâce à cette ingénierie, réussi à mettre en place nos projets. Parce qu'on doit avoir des projets, quelle que soit la taille de la commune. On me parlait toujours de structurant, c'est-à-dire de trucs énormes pour être structurant.

Mais tu es structurant en fonction de ton projet et surtout de la taille de ta collectivité. Donc, tout village peut, un jour, avoir une labellisation village d'avenir, si je prends cet exemple-là. Si je prends un exemple aussi de la réintroduction de commerce, parce que c'est un des axes de travail, eh bien, on s'aperçoit que c'est un service qui peut être remis en place dans beaucoup de petits centres bourgs.

Ce n'est pas dans tous les villages. Il faut un petit pôle de centralité pour cela. Mais c'est aussi une approche qui permettra de redonner confiance à nos habitants, à nos locaux.

Ces exemples-là. Et puis, sur le niveau scolaire, on a signé avec Elisabeth Borne, dans le dernier CIR, pareil, l'observatoire éducatif, etc. Il y a plein d'éléments comme ça.

L'agenda rural, c'était la base de France Ruralité. Et avant l'agenda rural, eh bien, c'était cent et quelques mesures qui avaient été annoncées par le Premier ministre, Edouard Philippe. Alors, vous voyez, ça date un peu, quoi.

Ça veut dire qu'on avance, voilà, petit à petit. Et pour faire monter en puissance au service de la ruralité, ou plutôt des ruralités, comme vous l'avez dit. Merci beaucoup, Monsieur le ministre, pour le temps que vous nous avez accordé ici, depuis le Salon des maires.

Merci. Et je vous remercie de m'avoir accueilli en ruralité de l'UGAP. Oui, c'est ça.

Merci beaucoup, Monsieur le ministre. Merci à vous de nous avoir suivis. Et bonne journée sur Acteur Public.

Au revoir.