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Podcast / conversationyoutube.com· 22 octobre 2026 25 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

Macron a tué le corps diplomatique : les confidences d’un ancien ambassadeur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi avoir écrit cet ouvrage sur la diplomatie française ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Quels changements majeurs avez-vous observés dans la diplomatie depuis 2022 ?

  • 5:48OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé entre votre époque et la nouvelle diplomatie ?

  • 8:42OuverteRéponse directe

    Comment la France pourrait regagner en puissance diplomatique ?

  • 13:05OuverteRéponse directe

    Votre parcours vous prédestinait-il à devenir ambassadeur d'Algérie ?

  • 17:25OuverteRéponse directe

    Cette politisation des nominations est-elle nouvelle ou antérieure à Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:31Fait
    « le ministre des Affaires étrangères et le ministère des Affaires étrangères sont totalement marginalisés »
  • 18:09Fait
    « la diplomatie c'est le domaine réservé du chef de l'État, du président de la République »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Et pour ce nouvel entretien, chers auditeurs, nous recevions Xavier Driancourt qui va nous parler de son ouvrage Une diplomatie sans diplomate préfacé par Boalem Sansal. Mais avant de parler de votre cher de votre de votre ouvrage tout à fait intéressant que j'ai lu évidemment pendant ces derniers jours, je vais j'avais envie de vous lancer évidemment sur ces sur ces émeutes qui évidemment ont fait beaucoup parler qui ont choqué qui ont choqué la France et notamment sur ces influenceurs algériens qui se sont prononcés avant et pendant les émeutes. Oui, ce n'est pas la première fois qu'il y a des ingérences algériennes. On parle beaucoup de l'ingérence de la Russie, de l'ingérence de l'Iran. Peu de gens ont

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souligné l'ingérence algérienne officieuse par l'intermédiaire de ces influenceurs, mais c'est pas la première fois parce que déjà depuis 2 ans ils interviennent beaucoup sur les réseaux sociaux instrumentalisés et même sans doute payés par Alger. Et puis il y a une ingérence officielle euh par exemple, la semaine dernière, samedi dernier, Mathilde Panot avait appelé les Algériens à manifester parce que c'était le 17 octobre, date de l'anniversaire du 17 octobre 61. Et donc voyez, il y a un amalgame qui est fait. Le recteur de la mosquée de Paris bien évidemment

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était là parce que ne peut rater une occasion comme cela. Il y avait beaucoup d'officiels algériens du consulat, de l'ambassade. Donc on voit bien qu'il y a une une une ingérence algérienne dans ces manifestations de samedi dernier. Effectivement, vous vous l'avez dit, on on dénonce toujours les les ingérences d'autres pays, mais par contre quand c'est l'Algérie évidemment toujours On est toujours prudents, on est toujours sur la défensive. Effectivement. Bon évidemment, nous allons rentrer au cœur du sujet, avec Xavier Darancour, puisque c'est quand même la raison principale pour laquelle nous vous recevons. Une diplomatie sans diplomate, où vous nous racontez au sein de cet ouvrage, où vous y rédigez vos mémoires, si on peut les nommer ainsi, ces 40 années passées au Quai

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d'Orsay, mais également l'ensemble de votre carrière qui est quand même assez riche. Voilà, qui est pleine d'anecdotes, mais qui est aussi qui est aussi surtout rentre dans tous ces mécanismes qui sont très souvent méconnus du grand public, notamment dans la diplomatie. Alors, une première question assez naturelle, pourquoi avez-vous décidé de rédiger cet ? Bah, au départ, c'était effectivement quelques souvenirs personnels que je voulais mettre par écrit, et puis progressivement, c'est devenu plus, je dirais, plus politique, dans la mesure où d'une part, il y a une très belle préface de Boualem Sansal, qui est qui est magistrale, je dois dire, et puis d'autre part, parce que beaucoup de

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gens, dont moi, évidemment, sommes choqués par la suppression qui a eu lieu par le président de la République du corps diplomatique, comme du corps préfectoral, du reste. Et donc, voilà, on voit aujourd'hui les conséquences de la suppression des diplomates, donc une diplomatie sans diplomate, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a à la fois du copinage à grande échelle, une politisation du corps diplomatique, alors on recase tel député, battu tel ami politique, tel secrétaire général du Modem, et cetera, de partis politiques. Donc, il y a un Il faut rappeler que l'ENA a été créée en 1945 par Michel Debré et le général

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de Gaulle, pour justement mettre fin au au copinage qu'il y avait avant la Seconde Guerre mondiale dans le recrutement du corps diplomatique, comme du corps préfectoral, comme des corps d'inspection ou du Conseil d'État. Donc, on a créé l'anonymat du concours avec ensuite la sortie selon un classement. Donc, il y avait des règles objectives. L'ENA était supprimée, le corps préfectoral est supprimé, le corps diplomatique est supprimé et donc, on recrute X ou Y selon ses talents ou sa proximité avec le le chef de l'État. Et on va voir que d'ici les élections de d'avril prochain, cette tendance va s'accélérer. Donc, la conséquence, c'est qu'on va avoir une diplomatie un peu à

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l'américaine avec des amis, des hommes d'affaires, des golfeurs, des propriétaires de golf. Nous, en France, ce sera surtout des hommes politiques qu'on recasera. Effectivement, et on imagine que ces hommes politiques en question manqueront certainement d'une expertise que les vrais diplomates, si j'ose dire, ont pu acquérir Oui, voilà, il va y avoir une perte de mémoire, une perte de continuité et c'est ce que Boualem Sansal qualifie dans dans sa préface, quoi, la la perte de la continuité de l'État, du temps long par opposition à la gesticulation. Effectivement, et Boualem Sansal, même dans cette préface, explique que lorsque vous êtes diplomate, vous n'êtes jamais tout à fait vous-même, vous êtes la parole d'un autre. Oui. Et c'est ce qu'on oublie. C'est ce qu'on

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oublie parce que lorsqu'on est diplomate, à plus forte raison ambassadeur, on est le représentant officiel de la France, du président de la République, du gouvernement et donc, on n'est pas soi-même et on ne s'exprime pas comme on pourrait s'exprimer soi-même. On s'exprime en tant que représentant officiel du président de la République et de la France. On représente un pays. Alors, je dois dire, ça fait le lien avec votre toute première question, que ça doit être aujourd'hui particulièrement difficile de représenter la France à l'étranger dans le contexte actuel, c'est-à-dire représenter un pays euh affaibli politiquement, économiquement, budgétairement, financièrement et socialement

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euh voilà, aller clamer euh la grandeur de la France, la grandeur de la politique étrangère française, ça doit être très difficile aujourd'hui. Vous avez certainement remarqué des évolutions entre la diplomatie donc de votre temps, si j'ose dire, et celle qui est la nouvelle donc notamment depuis depuis début 2022. Euh qu'est-ce qui a véritablement changé selon ? Qu'est-ce que vous avez pu ? Et je ne suis plus au Quai d'Orsay donc je peux pas répondre sur ce qui se passe de à l'intérieur, mais je crois que le changement majeur, c'est d'une part une extrême centralisation de la diplomatie à l'Élysée euh chez le président de la République

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le fait que le ministre des Affaires étrangères et le ministère des Affaires étrangères sont totalement marginalisés euh les diplomates du Quai d'Orsay sont priés de de faire des notes ou de de préparer des dossiers pour l'Élysée selon ce que l'Élysée attend euh et non pas selon leur propre avis ou leur propre expertise. Et puis le deuxième changement, donc le premier changement, c'est ça, c'est la mise à l'écart des diplomates, on a une diplomatie sans diplomates. Et le deuxième changement, ce sont les instructions données par euh monsieur Barreau euh qui n'a rien d'autre à dire finalement puisqu'il n'est pas présent sur le terrain diplomatique, de faire de

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la communication. Alors si vous regardez les réseaux sociaux, X, LinkedIn, euh Facebook et cetera, les ambassadeurs sont priés de de faire de la communication, de l'agitation, de la gesticulation, de dire "Ah ben je suis content d'avoir rencontré un tel, je suis content content de vous présenter une nouvelle recette de cuisine que mon cuisinier a préparé." Euh je suis très fier d'avoir fait le son le de Kuala Lumpur ou de New York, voilà. On demande aux gens de la communication. Alors, les Anglais avaient fait ça, ils avaient appelé ça la diplomatie publique à une certaine époque, mais nous on tombe à côté de la plaque, c'est pas de la diplomatie publique, c'est de la

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gesticulation publique. Effectivement, et puis euh on le voit, la communication, on peut dire qu'elle a quand même littéralement euh primé au détriment des intérêts euh des Français puisque on le voit bien avec les deux quinquennats Macron, je pense que nous les Français, on a quand même assez rodé là-dessus, on a l'habitude de ces effets d'annonce. En fait, ce fameux euh cette fameuse tendance à l'effet d'annonce permanent, bien en fait permanente pardon, et bien en fait elle se répercute même sur la diplomatie française. Oui, je crois que notre défaut, pas seulement en diplomatie, mais notre défaut, c'est l'effet d'annonce, c'est d'annoncer les choses et de pas les faire. Donc, on annonce telle solution, tel déplacement, tel tel grand pacte, telle grande coalition et

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cetera, et ensuite ça fait pschitt. [grognement] Euh je je le dis par exemple pour revenir aussi à une à votre toute première question avec euh l'Algérie, on a il y a quelques années, c'était le ministre qui avait annoncé "On va réduire les visas de 50 % avec l'Algérie, de 50 % avec le Maroc, de 30 % avec la Tunisie." Le résultat, c'est que les trois pays se sont rebellés, l'Algérie a rappelé pour la première fois son ambassadeur à Alger, et puis un mois plus tard, qu'est-ce qui s'est ? Ben on a fait marche arrière, monsieur Darmanin est allé à Alger et s'est excusé et dire qu'on allait reprendre le rythme des visas et cetera, et madame Colonna s'était rendue qui était

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ministre alors, s'était rendue au Maroc pour dire la même chose. Donc on on privilégie l'effet d'annonce parce que c'est bien au 20h de pouvoir annoncer "On va réduire le nombre de visas délivrés." et puis on ne fait rien après. Effectivement. Il faut faire l'inverse, pour faire les choses et pas le dire. Et on a bien l'impression que la France ne cesse de baisser son pantalon face à des pays comme l'Algérie et compagnie. Euh, alors vous vous vous l'avez dit, la communication euh a primé au détriment des intérêts des Français. Euh, Jean-Noël Barrot a cessé de dire euh qu'il fallait une riposte graduée euh contre l'Algérie. Manifèstement, la riposte graduée, on en est ? Bah euh il y avait euh on l'a suffisamment dit vous et vos confrères journalistes l'ont

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suffisamment dit, il y avait deux lignes en gros, la ligne euh Macron-Barrot-Nunez et la ligne Retailleau comme on disait, la ligne Retailleau c'était la ligne de fermeté vis-à-vis de l'Algérie que le ministre d'État, ministre de l'Intérieur a été empêché de mettre en œuvre, on le sait, et d'autre part la ligne gouvernementale euh Macron-Barrot-Nunez, la ligne de la diplomatie des embrassades ou de la diplomatie du dialogue exigeant, je crois que c'est le terme employé par monsieur Barrot, le dialogue exigeant, ça veut rien dire, mais le résultat c'est que euh près de 3 ans après son arrestation, Christophe

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Glez est toujours en Algérie. Donc on voit bien que cette ligne politique, c'est pas une ligne droite, c'est une ligne qui n'aboutit à rien et qui aboutit à une impasse. Effectivement, une ligne une ligne en zigzag qu'on pourrait qu'on pourrait l'appeler. Euh justement pour retrouver euh un petit peu et bien d'aplomb au sein de la au sein de la diplomatie française, qu'est-ce qu'il faudrait que la France ? Euh pardon, quel est votre votre ? J'ai pas non, je vous je vous demandais comment est-ce que la France pourrait regagner en puissance au sein de la diplomatie, comment est-ce qu'elle pourrait ? Oui, j'ai dit aplomb, pardon. Euh écoutez, pense qu'il faut faire preuve d'une certaine humilité, c'est-à-dire nous voulons faire la leçon

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au monde entier sur les droits de l'homme, sur l'Europe, sur l'Ukraine et cetera. Mais les autres pays nous renvoient à juste titre à notre à nous difficultés internes. Donc faut commencer à faire preuve d'humilité et arrêter, mettre fin à ces annonces permanentes. La deuxième chose, je pense, c'est une de mes conclusions, c'est que bah il faut écouter un peu les experts, les diplomates. Alors ce qui est frappant, c'est que les experts et les diplomates, ils sont invités en permanence sur les plateaux de télévision de toutes les chaînes d'information en continu sur l'Ukraine, sur l'Iran, sur le Golfe, sur

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Israël, sur Trump, sur Poutine et cetera. On envoie, je cite aucun nom, mais il y a un nombre important de mes collègues qui sont invités sur les plateaux télévision. Mais à l'inverse, le l'Élysée et le Quai d'Orsay, le ministre n'écoute pas ces experts. Donc c'est ça le problème. Donc je pense qu'il faudrait quand même à la fois mettre fin à cet effet d'annonce et de communication et deuxièmement écouter un peu plus les experts et donc moins centraliser, concentrer tout dans les mains d'un seul homme, fut-il brillant comme on le sait, fut-il aussi brillant que l'on sait. Effectivement, alors revenons à votre ouvrage précisément si vous le voulez bien Xavier Driancourt. Alors à

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l'origine, pas forcément beaucoup d'éléments vous prédestinaient à devenir ambassadeur d'Algérie enfin d'ambassadeur de France en Algérie pardon. Voilà, vous avez quand même un parcours assez étoffé et vous nous confiez à la page 59 de votre ouvrage qu'à l'origine, votre souhait le plus grand c'est celui de partir en Australie. Oui, oui, oui, ça faisait partie de de je dis pas de rêve mais enfin le et encore aujourd'hui je trouve que l'Australie est un pays assez étonnant immense ouvert sans préjugés sans histoire aussi sans histoire au sens historique du terme et que effectivement je voulais aller en Australie tout le monde m'avait dit mais n'allez pas en

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Australie vous serez oublié là-bas personne ne pensera à vous allez à bonne à Londres à Washington n'allez surtout pas en Australie bon je suis allé en Australie je ne l'ai pas regretté j'ai poursuivi après une carrière que je raconte. Effectivement vous pouvez peut-être nous la raconter justement revenir sur ce parcours tant grand que vous nous avez dressé dans ce J'ai été d'abord beaucoup longtemps au Quai d'Orsay à Paris à m'occuper de sujets tout à fait passionnant comme l'Iran l'Irak la coopération nucléaire avec ces pays ensuite bon il y a eu cet australien ensuite j'ai eu 4 ans avec Alain Juppé ministre des Affaires

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étrangères d'abord dans le gouvernement Balladur de cohabitation avec François Mitterrand et ensuite aussi au moment de l'époque à la fois de l'ex-Yougoslavie et cetera et puis déjà l'Algérie les moines de Tibhirine le détournement de l'avion d'Air France d'Alger vers Paris et puis ensuite à Matignon où je l'ai suivi après il y a eu une expérience d'ambassadeur de France en Malaisie à Kuala Lumpur et puis ensuite j'ai eu à nouveau une longue période parisienne dans les cuisines dans la machinerie du Quai d'Orsay comme directeur du budget directeur des ressources humaines directeur général de l'administration secrétaire général adjoint donc je

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raconte avec parfois beaucoup d'anecdotes cette période les nominations d'ambassadeur de consul un autre monde qui a disparu aujourd'hui puisque encore une fois tout est centralisé à à l'Élysée, mais un autre monde à l'époque de processus de nomination des des diplomates à des postes de responsabilité et puis ensuite il y a l'Algérie l'Algérie à deux reprises comme ambassadeur et puis chef de l'inspection générale du Quai d'Orsay où là j'ai pendant 5 ans j'ai parcouru le monde pour inspecter nos ambassades. Effectivement et c'est vrai que le métier d'ambassadeur c'est un métier qui qui suscite beaucoup de fantasmes beaucoup beaucoup de rêves, on imagine que c'est

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un métier dans lequel on voyage énormément là où on se sent libre. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez ressenti lors de votre parcours parce qu'on imagine qu'il y a aussi certains certains ? Oui et et c'est toujours vrai malgré tout le même malgré en dépit de tout ce que je viens de dire, c'est-à-dire que la diplomatie a été dévitalisée euh par l'Élysée mais de manière voulue euh le mot diplomate la fonction de diplomate, la fonction d'ambassadeur nourrissent beaucoup de de de fantasmes, de rêves, on vous imagine

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avec une coupe de champagne évidemment dans une réception dans un pays au soleil Bon, ça n'a rien à voir mais voilà dans l'imaginaire collectif, il y a souvent cette image euh voilà un peu un peu indéfinie ou mal mal conçue mal définie des diplomates, des ambassadeurs qui mènent une vie euh à l'étranger. Tout ceci va s'accentuer avec à la fois cette politique de communication dont je vous parlais tout à l'heure et avec la politisation de de de dénomination. Le maire de Douai qui est nommé ambassadeur en Nouvelle-Zélande,

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regardez son compte X ou Facebook, il passe son temps à dire "J'ai pris le petit-déjeuner avec un tel, je bon et cetera et cetera." Donc j'ai fait une réception pour telle et telle personne. Donc voilà, il se ça ça nourrit dans l'opinion publique l'image de diplomate déconnecté du monde. Effectivement, justement cette perte d'influence de la France ou cette politisation plutôt des des des nominations, est-ce que c'est quelque chose que vous observez déjà avant avant le la prise de pouvoir par Emmanuel Macron ou alors est-ce que c'est quelque chose de l'ordre ? il y a toujours eu parce que je l'explique, la diplomatie c'est le domaine réservé du chef de l'État, du président de la République. Il y a

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toujours eu sous la 4e, 3e, 5e République, surtout avec le général de Gaulle, une dénomination de personnalités étrangères au au corps diplomatique. Euh René Brouillet, chef de cabinet du général de Gaulle, Gaston Palewski également ambassadeur à à Rome. Euh il y a eu Jean-François Deniau par Valéry Giscard d'Estaing, le PDG de Renault, Bernard Vernier-Palliez par François Mitterrand. Donc il y a il y a toujours eu traditionnellement euh euh 10 20 % des des des postes d'ambassadeurs qui

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étaient un peu mis de côté, réservés à des personnalités venant ou du monde politique ou du monde économique. Mais aujourd'hui, il y a plus que ça, c'est 100 % donc les les diplomates qu'on a formés et l'État a payé pour leur formation pour apprendre des langues rares parfois pour s'investir sur les dossiers du Moyen-Orient, de l'Asie, de la Chine, de l'Amérique latine, du nucléaire, ben on les met de côté, on leur dit bon ben vous vous serez vous serez des experts, vous travaillerez avec tel ou tel des amis du du président ou autre. Donc voilà, il y a une dévitalisation

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du métier diplomatique. Effectivement et est-ce que Et on va le voir avant les les élections encore une fois, vous allez donc ça s'est accentué cette cette politique s'est accentuée depuis 2017 parce que le président de la République ça avait commencé dès 2017 parce qu'il avait voulu nommer un de ses amis journalistes qui avait écrit un livre sur lui comme consul général à Los Angeles. Et puis il y a eu une réaction négative du Quai d'Orsay sur cette nomination et c'est là où le président de la République a décidé d'abord que les consuls seront nommés par lui, président de la République, alors qu'avant ils n'étaient pas nommés en Conseil des ministres et ensuite en

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2022, patatras si je puis dire, suppression du corps diplomatique, en même temps suppression du corps préfectoral, suppression de l'ENA et cetera pour concentrer tout au niveau de d'administrateurs généraux. Lorsque vous étiez ambassadeur d'Algérie, vous nous confiez à la page 195 en Algérie. Je j'arrive pas de France en Algérie, je vais je voilà, je me mélange, excusez-moi, c'est c'est jeudi matin, c'est comme c'est comme ça. Vous nous confiez à la page 195 avoir ressenti une certaine une certaine solitude Oui. lorsque vous étiez ambassadeur de France en Algérie, voilà, j'ai réussi. Pourquoi pour pourquoi c'est c'est c'est un métier

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C'est quelque chose qu'on qu'on sous-estime, qu'on méconnaît, qu'on imagine pas ce métier qu'on imagine encore une fois autour des fastes et de d'une certaine représentation. C'est un métier, c'est la la solitude du coureur de fond. Vous êtes j'emploie l'expression du reste c'est vous êtes seul parce que vous êtes loin, vous êtes éloigné de Paris, il y a un décalage horaire. Je l'ai ressenti en en Australie d'abord parce que j'étais à 12h de décalage horaire de Paris donc vous ne pouviez appeler que la nuit là-bas et le jour à Paris. Euh en Malaisie également parce que encore une fois d'abord vous êtes

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mécaniquement, géographiquement éloigné de Paris, c'est pas comme si vous étiez sur le terrain de la France métropolitaine et puis deuxièmement surtout vous m'avez posé la question tout à l'heure parce que vous êtes le représentant de du gouvernement et de la France. Donc en cas de pépin, vous êtes vous êtes seul, vous n'avez pas forcément d'instructions précises parce que vous êtes éloigné parce que il y a d'autres préoccupations prioritaires en France par exemple en ce moment la situation sécuritaire j'imagine l'emporte sur toute autre considération. Donc l'ambassadeur qui encore une fois représente la France, le gouvernement est seul

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et donc doit faire au mieux comme on dit et et c'est effectivement quelque chose de très très très important dans ce métier la solitude du diplomate. Oui, on imagine que c'est aussi irritant Malgré les moyens de communication. Effectivement, on imagine que c'est c'est assez assez irritant mais justement malgré ces moyens de communication, est-ce que vous avez peut-être eu la sensation d'une déconnexion entre vous, vos fonctions et le gouvernement en ? Euh oui parce que encore une fois à Paris, on a d'autres priorités on sous-estime un peu ce qui peut se passer à [raclement de gorge] l'étranger. On sous-estime le regard qu'ont les autres sur la France, qu'ont les autres,

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qu'ont les pays étrangers sur la France, sur l'action diplomatique. Donc il y a il y a un décalage c'est évident. Effectivement alors Xavier Driancourt, il nous reste 2 minutes alors on le sait c'est un peu l'idée principale de votre ouvrage la suppression du corps diplomatique par Emmanuel Macron a été une immense erreur. Euh est-ce que vous attendez demain du prochain parti politique qui montrera lui aussi à l'Élysée peut-être de renouer avec ce corps ? Je pense que ce sera nécessaire qu'il faudra rétablir le corps diplomatique comme le corps préfectoral qui sont deux des piliers de l'administration française. Les diplomates ils existent depuis 1500 80 et quelques sous François 1er ou

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Henri II Henri II pardon et les préfets ils existent depuis Napoléon. Ce sont les deux piliers administratifs qui ont construit la France d'une certaine façon. Donc je pense qu'un prochain gouvernement, un prochain président devrait non seulement rétablir ces corps mais les écouter. Si vous pensez que le Rassemblement National en est en est ? Je pense que c'est nécessaire. C'est nécessaire que ils écoutent les experts, les diplomates, les préfets, les hommes de terrain et ceux qui connaissent les subtilités du métier diplomatique et les contraintes. Effectivement. Merci beaucoup Xavier Driancourt d'être venu à notre antenne ce matin. Je rappelle que vous avez rédigé ce dernier ouvrage

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Une diplomatie sans diplomate que j'encourage évidemment tous les auditeurs à lire aux éditions donc Salvador. Avec une préface de Boualem Sansal qui est une préface de Boualem Sansal qui est qui est absolument géniale au prix de 19 euros donc chers auditeurs allez vous le procurer et merci beaucoup monsieur Driancourt et à très vite sur Radio Courtoisie. Voilà.