Intervention d'Alexandre ALLEGRET-PILOT sur la santé mentale chez les jeunes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, trois gouvernements se succèdent avec la même priorité affichée. Après Gabriel Atal et Michel Barnier, François Berou a lui aussi dessigné désigné sa grande cause nationale, la santé mentale. Il me semble important de saluer la continuité de l'orientation donnée à minima dans la communication car dans l'action, les choses se corsent et les déclarations d'intention restent malheureusement l'être morte.
Les quelques tentatives engagées par les différents gouvernements peinent à porter leurs fruits. En 2022, déjà, la santé mentale des adolescents s'était nettement dégradé. 24 % des lycéens déclaraient avoir eu des pensées suicidaires.
En 2022, pourtant, Olivier Verrand nous avait déjà promis, je cite, une petite révolution en matière de santé mentale. H séances de consultation de consultation chez le psychologue avec le dispositif Montpsi qui était alors boycotté par 93 % des professionnels libéraux. L'élargissement du dispositif sous l'impulsion de Michel Barnier introduisant le principe d'une consultation mensuelle de psychologie gratuite pour tout demandeur reprend les erreurs du socialisme saupoudrer d'argent public le problème sous nos yeux comme on tenterait d'éteindre un incendie à l'aide d'un arrosoir de jardin.
Pendant ce temps, les centres médicopsychologiques sont totalement embolisés. Le constat demeure sans appel en 2025. Nous sommes encore bien loin de la petite révolution pour la santé mentale annoncée par Olivier Verrand.
Mes chers collègues, combien de temps allons-nous continuer à maltraiter les conséquences plutôt que bien traiter les causes ? Alors que 78 % des Français affirment que la santé mentale est aussi importante que la santé physique, seul 34 % d'entre eux constatent qu'elle est réellement traitée à l'égalité. Résultat, 63 % des jeunes français sont régulièrement inquiets pour leur état psychique.
La souffrance est bien réelle. Un/4 des personnes interrogées ont traversé un épisode dépressif prolongé. Plus alarmant encore, chez les 18-24 ans, le nombre de tentatives de suicide a doublé depuis 2027.
La consommation d'antidépresseur abondit de 60 % chez les 12 25 ans en 4 ans. Il a certainement un effet dû à l'évolution des des pratiques médicales et des prises de conscience chez les jeunes français. Ces deux éléments doivent être interrogés.
Il y a aussi indubitablement une vague de fond qui vient ravager toute une population, en majorité des filles et des jeunes femmes. C'est cette population française qui aura la lourde tâche de refonder notre pays autour de famille équilibrées et dans une nation confiante et ambitieuse. Il faut donc l'accompagner avec la plus grande bienveillance et la meilleure exigence.
L'essort du wokisme chez les plus jeunes est par ailleurs bien souvent l'expression d'un mal-être qui traduit un niilisme bien contemporain. L'éclatement des structure familiales, la perte de repère collectif ambitieux ainsi que la large diffusion d'idéologie victimaire et autocentrée prenant la déconstruction plutôt que la construction ne sont pas sans conséquence. Le doute, l'anxiété et le sentiment d'impuissance semble avoir largement remplacé la confiance, la sérénité et la réalisation dans l'action.
Dans ces conditions, difficile de conserver un équilibre physique et mental, l'un n'allant d'ailleurs pas sans l'autre. Ce n'est là que l'exquisse d'un diagnostic bien modeste, je vous l'accorde, et hautement imparfait, de la part d'un simple député. Car c'est ici que se trouve le nœud du problème.
Pour traiter la véritable épidémie qui touche la santé mentale des jeunes français, il nous faut avant tout en avoir une connaissance suffisante, c'est-à-dire en définir le périmètre comme le dirait Michel Fou, enidentifier et en hiérarchiser les causes tout en cartographiant les populations les plus à risque. C'est seulement ainsi que nous pourrons alors déployer des solutions qui viendront non seulement amoir les conséquences mais aussi et surtout réser résorber les causes des dérèglements psychologiques et physiques qui affectent beaucoup trop de nos concitoyens. En premier lieu, les jeunes.
Pourtant, la dernière mission d'information à l'Assemblée nationale sur ce sujet date de 2013. Mes chers collègues, au regard de la situation que chacun peut constater, il est grand temps de renouveler cette mission et je vous invite tous à vous y joindre. Le 22 octobre 2024, il y a maintenant 3 mois, j'ai adressé au Premier ministre une demande d'établissement d'un état des lieux clair tant sur la situation mentale des jeunes français que sur les causes et les interprétations associées.
Je n'ai toujours pas reçu de réponse. Il faut croire que cette priorité nationale ne l'était pas tant que cela. J'espère que vous nous démontrerez qu'au-delà des mots, vous accorderez à cette problématique la place essentielle qu'elle mérite et que méritent les jeunes français.
William Golding écrivait "Pire que la folie, la santé mentale." Ensemble, donnons-lui tort. M.
Alexandre Allegret-Pilot