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interviewLe Crayon· 4 février 2021 19 min

Loi sécurité globale - Interview débat avec Aurélien Taché

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Contre la facilité écologique, féministe, progressiste, etc.

0:12
Aurélien Taché

Aussi vraiment inscrit dans les luttes du temps, qui sont celles de l'écologie, du féminisme, du antiracisme.

0:17
Présentateur

Le réel risque, c'est un risque d'atomisation. Donc ce que nous nous proposons en génération d'un terre, c'est la rémigration.

0:23
Aurélien Taché

On ne veut pas de pénis dans ce qu'on nous sent. Un autre procès contre une personne qui vous a dit qu'il allait vous saigner en vous traitant de négresse.

0:29
Présentateur

Et on s'oppose à ça. Bonjour à tous, ici Antonin pour Le Crayon. On se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode d'Oeil pour Oeil. C'est un format où on interview des personnalités qui ont des points de vue. Et on essaie de rentrer en contradiction avec elles. Aujourd'hui, on est avec Aurélien Taché. Bonjour Aurélien. Aurélien, tu es député du Val d'Oise. Et tu t'es récemment opposé dans une vidéo, notamment sur Instagram, que j'ai pu voir, à la loi Sécurité Globale. Qu'est-ce que tu reproches à cette loi ?

0:57
Aurélien Taché

Beaucoup de choses. Cette loi, au départ, c'était une loi proposée par le député de La République En Marche, Jean-Michel Fauverg, l'ancien patron du RET, pour renforcer les pouvoirs de la police municipale. Jusque-là, moi, j'ai rien à dire. Je trouve même que c'était plutôt quelque chose d'intéressant. Et puis, à la faveur de ce qui s'est passé récemment dans le pays, à la faveur de la pression des syndicats de police sur le ministre de l'Intérieur, le gouvernement a lui-même ajouté un certain nombre de dispositions dans cette loi qui me paraissent très problématiques sur le plan des libertés.

D'abord, une disposition qui fait couler beaucoup d'encre en ce moment, qui va finalement obliger les gens à flouter le visage des policiers s'ils veulent diffuser leurs images, et surtout à prouver qu'ils ne le font pas dans un but malveillant.

1:40
Présentateur

Oui, c'est juste si le caractère est malveillant, soit la vidéo peut être diffusée, il n'y a pas de soucis sur la diffusion par rapport à ça.

1:45
Aurélien Taché

Non, mais j'ai bien peur que ce soit difficile de juger quand est-ce que quelque chose est malveillant ou non, en fait. Ça va reposer sur quoi ? Sur la base de quoi on va interpréter les choses ? Donc, ce qui va se passer, c'est qu'il va y avoir une forme de censure et d'autocensure très forte de la part des citoyens qui pourraient filmer des exactions de la part des forces de l'ordre. Moi, je rappelle que je ne considère pas que les forces de l'ordre sont par principe brutal, raciste ou autre, mais il y a des problèmes de violences policières dans ce pays qui sont plus, malheureusement, que simplement le fait de quelques individus égarés.

Il y a une manière de fonctionner dans l'institution police aujourd'hui qui peut produire de la violence parce qu'on a des syndicats qui parfois sont très politisés et qui ont beaucoup trop de pouvoir sur le terrain. On a une hiérarchie qui se déresponsabilise beaucoup trop et on a un contrôle de la police qui est fait par d'autres policiers et qui donc n'est pas opérant quand il y a des dysfonctionnements. Et tout ça, il faut pouvoir le dire et il faut pouvoir le changer. Et plutôt que de changer ça, cette loi préfère cacher et invisibiliser ces problèmes en interdisant aux citoyens ou aux journalistes de filmer.

Donc ça, c'est extrêmement problématique et on en a encore eu l'exemple ce matin même avec la vidéo de ce producteur de musique qui se fait littéralement frapper, insulté, victime de racisme aussi parce que ce que disent les policiers est très grave dans cette vidéo et les coups qu'ils lui portent sont très violents, qui démontrent, si besoin était encore, qu'il y a ce genre de problème. Donc voilà ce que je reproche principalement à cette loi.

Et puis il y a aussi d'autres dispositions qui peuvent être problématiques sur le plan de la liberté de manifester, notamment la surveillance généralisée par des drones avec un système de reconnaissance faciale qui permet d'identifier immédiatement qui est en manifestation ou non. et un certain nombre de mesures qui peuvent limiter le droit de manifester.

3:31
Présentateur

Mais est-ce que justement, avec l'exemple que tu as évoqué de ce producteur qui s'est fait attaquer, etc., est-ce qu'en prenant cet exemple-là, on ne cède pas à l'émotion plutôt que de justement vouloir essayer de protéger la police parce que j'imagine que tu es républicain et que tu défends la police républicaine. Est-ce que justement, il ne faudrait pas penser la loi pour protéger les policiers dans l'idée que justement avec les nouvelles technologies et le fait que tout le monde puisse les filmer, on puisse s'en prendre à eux après des ordres qui auraient pu être donnés par la préfecture notamment ?

4:02
Aurélien Taché

Mais on peut éventuellement réfléchir à ce genre de choses, mais ça ne doit pas être au prix de la liberté d'informer. Évidemment qu'il faut protéger les policiers et que quand ils sont pris à partie dans leur vie privée pour les missions qu'ils exercent, c'est absolument insupportable et que quand ils subissent des violences, il faut pouvoir les protéger. Mais encore une fois, moi, je ne suis pas de ceux qui pensent parce qu'on renforce la sécurité d'une manière générale en réduisant les libertés quelles qu'elles soient. Et donc non, je ne crois pas qu'on s'aide à l'émotion quand on voit ce genre de vidéos. Ce n'est pas la première.

Il y en a quand même maintenant de manière extrêmement récurrente. Et encore, c'est que ce qu'on voit ça finalement parce que quand il n'y a pas de vidéos, on ne sait pas ce qu'il se passe. Ce qui se passe, c'est dénoncé maintenant avec suffisamment de force et depuis suffisamment longtemps par des acteurs très divers pour qu'on sache qu'il y a un problème de ce point de vue-là. Donc moi, je veux bien qu'on réfléchisse à des choses pour mieux protéger les policiers dans le cadre de leur vie privée notamment.

mais si on est capable aussi d'aborder cette question des dysfonctionnements dans la police, des violences policières parce qu'effectivement, je suis républicain, je défends la police républicaine et que je pense que la meilleure manière, je suis même petit-fils de policier, et que la meilleure manière de défendre la police républicaine, c'est de s'assurer qu'elle est véritablement irréprochable et de renforcer sa légitimité justement en demandant cette exemplarité dans la police. Et malheureusement, aujourd'hui, elle n'est pas toujours au rendez-vous.

5:22
Présentateur

Et qu'est-ce qu'on fait donc si un policier, si des images sont utilisées contre un policier, si cette loi n'est pas votée, comment on fait ? Est-ce que dans la loi, aujourd'hui, le cadre le prévoit d'aller ?

5:30
Aurélien Taché

Quelqu'un qui jette en pâture, qui finalement appelle à la violence sur quelqu'un d'autre, évidemment que ça peut être réprimé déjà avec les lois actuelles. Donc moi, je trouve ça très bien. Il ne faut pas hésiter à le faire à chaque fois que c'est nécessaire, poursuivre ceux qui font ce genre de choses. Mais en tout cas, ça ne peut pas être au prix du droit d'informer. Et la rédaction de la loi, aujourd'hui, est véritablement très mauvaise parce qu'elle va clairement conduire à des situations de censure.

Et on a parlé de cette vidéo de ce matin, mais regardez encore ce qui s'est passé l'autre soir, Place de la République pour les migrants, où un journaliste comme Rémi Buzine était encore une fois agressé, empêché de faire son travail. Et il explique très bien que finalement, dans le contexte actuel, maintenant, les policiers n'hésitent plus à dire, il y a la loi, tu n'as pas le droit de filmer. Voilà, donc on voit bien que l'interprétation qui va pouvoir en être faite. Et ça, c'est absolument insupportable.

6:19
Présentateur

Tu as été élu député de la République en marche aux élections législatives. Et donc, est-ce que tu considères qu'aujourd'hui, Macron a changé de politique ? Est-ce qu'aujourd'hui, il fait une politique de droite, notamment avec cette loi, ou il est dans sa logique dans laquelle il avait été élu, et dans laquelle toi, tu avais été élu à la République en marche ?

6:39
Aurélien Taché

Si je considérais qu'il était encore dans la logique de 2017, à savoir quelque chose qui était une espèce de dépassement d'éclivage ancien, mais pour aller vers une société progressiste, ouverte, moderne, qui, moi, m'avait beaucoup convaincu à ce moment-là, je ne serais pas parti. Effectivement, si je considérais qu'il était dans cette logique-là, il y aurait une incohérence à finalement avoir quitté ce groupe, et aujourd'hui, même à m'opposer assez largement à la politique qui est mise en place par le président de la République et son gouvernement. Pour moi, il y a vraiment eu un changement totalement radical, en fait. Il y a cette loi qui en est un exemple, mais il y en a d'autres.

Déjà, dès le départ, en 2017, fin 2017, la loi Asie des Immigrations, sur laquelle moi, j'avais beaucoup travaillé, était quand même assez contraire à ce qu'il avait porté pendant la campagne. Alors, effectivement, moi, j'ai travaillé sur le volet intégration, donc sur le volet un peu social, sur le volet un peu positif de cette loi, à mon sens, en tout cas. Et donc, j'avais considéré qu'on était encore dans une forme de « et en même temps ».

Et au fil des mois, j'ai quand même vu jusqu'à, par exemple, la loi Casseur, qui a été pour moi un premier point de rupture, les choses s'éloigner de cette « et en même temps », et notamment d'une défense des libertés qui soit vraiment à la hauteur de ce que j'avais espéré. Et j'ai aussi vu tout ce qui n'a pas été fait, parce que là, je parle de ce qui a été fait, mais j'ai aussi constaté que sur la lutte contre les discriminations, les inégalités, toutes ces attentes des catégories populaires, et notamment des habitants des quartiers populaires, ont été complètement déçus. Il n'y a eu aucun acte fort. Le plan Borloo a été enterré. Aucune grande loi sur ce sujet.

Et même quand il y a eu la question de George Floyd, Emmanuel Macron n'a même pas voulu prononcer son nom. Alors évidemment, George Floyd était aux États-Unis, mais l'ensemble des chefs d'État mondiaux l'ont fait quand même. Et nous, on est toujours dans cette espèce de déni, cette espèce de peur que finalement, si on parle de ces sujets-là, on soit obligé de regarder ce qui se passe en France et de traiter ça avec un peu de sérieux. Je précise tout de suite que je considère que la situation américaine et la situation française sont très différentes, notamment du point de vue des violences policières. Jusqu'à aujourd'hui, on a quand même une police qui tire peu.

Aux États-Unis, la police tire et tue. On peut vraiment dire que la police assassine. En France, c'est différent. Il y a un problème de violence, mais on ne peut pas dire ça. Mais néanmoins, si on continue dans cette direction, on finira peut-être par en arriver là. Et moi, je suis toujours frappé de ceux qui me disent « Ah oui, mais tu dénonces des choses. Pour l'instant, le principal risque, ce n'est pas ça. Pour l'instant, pour l'instant, pour l'instant.

» Mais oui, mais quand on voit les choses se dégrader, quand on voit qu'on va dans la mauvaise direction et qu'en plus, ça ne réglera pas les questions de délinquance, les questions de terrorisme qu'on veut prendre à bras le corps et on a bien raison, eh bien, il faut quand même agir avant qu'on soit dans une situation extrêmement complexe. Donc oui, beaucoup de choses ont changé dans la politique d'Emmanuel Macron. à la faveur de la crise, moi, je pensais aussi qu'il aurait peut-être une prise de conscience sur certaines choses pour finalement aider tous ces Français qui vont beaucoup souffrir dans la crise sociale qui arrive, etc. Ce n'est pas le cas.

Moi, j'ai proposé des dizaines d'amendements dans la loi de finances pour finalement aider ceux qui vont se retrouver le plus en difficulté pour qu'ils aient accès à du logement social, pour que les jeunes aient accès au RSA dès 18 ans, pour qu'on puisse aider tous ces Français qui vont tomber dans la pauvreté. Refus catégorique. Donc, entre la dérive sur les libertés, l'absence de politique sur la question des discriminations, et finalement, une approche de la question sociale qui nie complètement la crise qui est devant nous, je ne pouvais que quitter ce mouvement.

9:54
Présentateur

Mais justement, j'imagine que tu as été très touché que l'atteinte aux droits fondamentaux des migrants qui a pu avoir place de la République il y a quelques jours, ça t'a touché. Pourtant, il y a quelques... Justement, tu as évoqué qu'en 2018, tu as voté la loi asile et migration. Est-ce que justement... Tu n'as pas pris par... La défense des droits fondamentaux ici des migrants que ça s'arrête à l'opportunisme politique ?

10:19
Aurélien Taché

Je crois qu'on ne peut pas me faire ce procès-là. Qu'à un moment, j'ai voulu essayer de changer les choses de l'intérieur chez Emmanuel Macron, c'est un fait. Et donc, effectivement, quand vous voulez être un tout petit peu crédible et audible, vous ne pouvez pas vous opposer systématiquement. Sinon, vous prenez vos responsabilités, vous partez. C'est ce que j'ai fait plus tard. Mais dans un premier temps, et il y avait des raisons de penser qu'Emmanuel Macron pouvait être un président ouvert sur ces questions, c'est lui qui a fait campagne sur le thème qu'Angela Merkel a été courageuse, les réfugiés sont des héros, en s'opposant à Emmanuel Valls à l'époque, ce temps paraît lointain.

Donc, moi, j'ai essayé de vouloir croire à cette promesse-là et de me dire, bon, dans cette loi à l'asile d'immigration, encore une fois, je ne m'y suis pas opposé, mais je n'ai pas pris part au vote parce que, justement, il y avait mes travaux sur l'intégration qui étaient repris dedans. Je me suis dit, il y a une espèce d'équilibre, il va falloir se battre pour que ça penche toujours le plus possible du bon côté, mais je vais essayer de jouer le jeu.

Et je crois que, bon, moi, avant d'avoir fait ce rapport et d'être député, j'étais au cabinet des deux dernières ministres du logement du gouvernement Hollande, Sylvain Pinel et Emmanuel Cosse, où je m'occupais, au plus fort de la crise migratoire, de l'accueil des migrants. Très honnêtement, je ne crois pas avoir grand-chose à prouver sur ce sujet. L'ensemble des acteurs associatifs me connaissent depuis longtemps, savent que je travaille sur ces sujets depuis des années, que j'ai toujours été un point d'entrée, d'abord même au Conseil Régional de l'île de France, puis dans l'État, pour ces acteurs-là, pour aider et pour pousser au maximum les idées de solidarité et d'accueil.

J'ai voulu continuer dans le cadre de mon engagement politique comme député chez Emmanuel Macron. Et puis, à un moment, j'ai pris mes responsabilités quand j'ai vu que c'était voué à l'échec. Donc, je crois qu'on peut me faire beaucoup de reproches, pas celui d'opportunisme politique et pas celui de l'insincérité sur ces questions.

11:52
Présentateur

Donc, tu as été député de la République en marche. Aujourd'hui, tu es non inscrit. Quel parti, vers quel parti on pourrait... Celui que je crée. On est en train d'en créer un. OK, d'accord. Mais du coup, ce parti-là serait plutôt de gauche, j'imagine. On peut dire ça. Où est-ce que tu te situes

12:07
Aurélien Taché

justement par rapport à gauche ? Oui, je comprends. Moi, je me sens de gauche. C'est mon histoire. Je ne suis pas très vieux. Je n'ai que 36 ans. Mais moi, j'ai milité à l'UNEF, chez les jeunes socialistes, au Parti socialiste, avant de rejoindre Emmanuel Macron. Je viens d'une famille qui est très largement aussi engagée au Parti socialiste. Mon grand-père était résistant communiste. Donc, la gauche, chez mon histoire personnelle, familiale, et je m'y reconnais. Aujourd'hui, ce qu'on est en train d'essayer de créer, ce mouvement Nous Demain, il ne se dit pas ouvertement de gauche. Pourquoi ? Parce que, pour beaucoup de gens, ça ne veut plus rien dire. Il faut les réactualiser.

Moi, je crois au clivage. Je crois à l'opposition. Je crois à la dialectique démocratique qui se fait sur la base de clivage. Par contre, je pense qu'effectivement, les clivages du marxisme versus le gaullisme, ce n'est plus exactement ça la grille de lecture de la société française. Et moi, j'avais cru à Emmanuel Macron au départ parce que je pensais qu'il allait réinventer des clivages sur la base, justement, de ce qui me semble important. Une société ouverte, une politique écologique, une vraie égalité des chances, mais qui est assez éloignée du vieux logiciel de la gauche, en tout cas marxiste, et assez, évidemment, en opposition à celui conservateur de la droite.

Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Donc, aujourd'hui, nous, on essaie de construire ça. On se dit héritier des combats de la gauche, des combats pour la fraternité, des combats pour l'émancipation, aussi vraiment inscrits dans les luttes du temps qui sont celles autour de l'écologie, du féminisme, de l'antiracisme. Et surtout, on veut repenser un peu la question démocratique, le partage du pouvoir, le renouvellement de la vie politique, la décentralisation de la prise de décision et la réforme d'une gouvernance qui, aujourd'hui, est beaucoup trop verticale. Donc, on est en train de travailler sur ces questions-là.

Évidemment, si on devait se situer, quand même, moi, je ne me vois pas aller travailler avec l'opposition de droite et je ne me vois même plus travailler avec la majorité. Donc, ça veut bien dire que les partenaires et les alliés naturels seraient plutôt les écologistes, les socialistes. France insoumise, ça me paraît compliqué. Pourquoi ça me paraît compliqué ? Il y a des gens avec lesquels je peux être très en accord, mais il y a aussi quelque chose qui me gêne dans la France insoumise. Moi, je suis un démocrate. La culture un peu insurrectionnelle, je n'y crois pas. Je pense que la prise du pouvoir par quelque chose qui flirte avec l'insurrection est quelque chose de mauvais pour le pays.

C'est pour ça que je ne peux pas véritablement être d'accord avec Jean-Luc Mélenchon.

14:13
Présentateur

Il est très républicain,

14:17
Aurélien Taché

et pas toujours très au clair sur la question de la démocratie. Et moi, je suis très démocrate. Donc, voilà, ça me gêne un peu. Et les accointances de Jean-Luc Mélenchon à l'international souvent le démontrent. Moi, je ne suis pas fan de Poutine, de Chavez ou de tous ces mecs-là, en fait. Donc, j'aurais un petit peu de mal à travailler avec quelqu'un qui les adulte.

14:34
Présentateur

OK. On avait reçu précédemment Geoffroy Lejeune, avec qui on a parlé beaucoup de liberté d'expression, etc. Et moi, je me demandais quel est ton avis, ton point de vue sur récemment l'affaire Mila qui est revenue sur l'actualité.

14:53
Aurélien Taché

Que vous me disiez que c'est avec Geoffroy Lejeune que vous avez parlé de ça renforce ce que je pense. À savoir, cette jeune fille est évidemment un petit peu... Enfin, cette jeune fille doit être défendue. Elle a absolument le droit de dire ce qu'elle a dit. On a le droit de critiquer l'islam. On a le droit de le faire en des termes virulents, particulièrement quand on est comme ça un peu jeune ado. Elle se définit un peu rebelle, un peu artiste. On aurait dit un peu punk à mon époque. Maintenant, je ne sais pas si on le dit encore. Mais du coup, je comprends complètement qu'elle puisse être dans ce discours-là. Moi, ça ne me choque pas du tout.

Ce qui me gêne, c'est la manipulation politique. J'ai du respect pour Geoffroy Lejeune. Oui, c'est quelqu'un d'éminemment respectable et j'ai même du plaisir à confronter nos idées parce que c'est quelqu'un qui défend des choses. Mais je sais aussi où il se situe. Et je sais très bien pourquoi il s'intéresse à la fermie-là et pourquoi tout un champ de la sphère politique s'intéresse à la fermie-là. Parce que ça permet de dérouler un discours contre l'islam, contre les Français de culture musulmane, contre l'immigration que Valeurs Actuelles ne cesse de mettre en avant.

Et donc, effectivement, avoir cette jeune femme et en faire une héroïne sert l'agenda politique de Je l'offre jeune et de ses amis. Et ça, je ne suis pas dupe. Donc moi, je défends Mila, pas de problème. En revanche, je dis aussi attention à la récupération et à la manipulation politique d'une certaine partie finalement des élites françaises, qu'elles soient politiques, qu'elles soient médiatiques ou qu'elles soient intellectuelles. Et je sais que sur la fermie-là, il y a beaucoup de manipulations et beaucoup de récupérations. Et donc, je ne serai pas dupe et je ne tomberai pas là-dedans non plus.

16:25
Présentateur

Très bien. Donc, pour terminer cet entretien, quel invité vous aimeriez voir ici, assis à votre place, à ta place ?

16:34
Aurélien Taché

C'est une bonne question, ça. À qui on pourrait poser des questions comme ça qu'on n'entend pas ? S'il ne faut en choisir qu'un, interroger Edgar Morin parce que lui, il a vraiment une leçon de sagesse à nous donner sur bien, bien, bien des sujets. Et donc, il faut toujours entendre Edgar Morin.

16:50
Présentateur

Edgar Morin, si tu nous regardes. Et donc, du coup, pour terminer la phrase, la question qu'on pose à tous nos invités, qu'est-ce que ça t'évoque si je te dis trace tes contours ?

16:59
Aurélien Taché

Trace tes contours. Peut-être que ça m'évoque le fait que... Moi, il m'arrive d'être incompris dans un certain nombre de combats que je mène, d'être un peu flou, pour reprendre un mot qu'on emploie beaucoup en ce moment sur d'autres sujets. donc, trace tes contours. Ça m'évoque le fait que j'aimerais vraiment qu'on s'oppose à moi pour les bonnes raisons et pas pour les mauvaises et qu'on arrête de me faire des faux procès sur la complaisance avec certains, le relativisme ou autre.

Et donc, il faut peut-être que je sois encore plus clair en traçant mes contours sur le fait que moi, je ne me bats que pour une chose, la liberté, la démocratie, les droits humains et que je serai toujours contre tous les obscurantistes qui s'en prennent à ces sujets-là, qu'ils soient islamistes ou qu'ils soient d'une autre obédience. Et voilà ce que m'évoque l'expression trace tes contours parce que certains essayent de faire croire que je pourrais être plus conciliant avec certains qu'avec d'autres.

17:52
Présentateur

Merci beaucoup Aurélien d'avoir répondu à nos questions. On se retrouve pour un nouvel épisode d'Euille pour oeil très bientôt. Abonnez-vous et voilà. Merci. Merci au jour. Merci. J'espère que cette vidéo vous aura plu. En tout cas, avec Valorant, on a vraiment apprécié ce format avec Aurélien Taché. Sachez que lundi prochain, il y a un nouvel Oeil pour oeil avec Rocky Adiallo. On a eu la chance de tourner ça et c'est Mariyama cette fois-ci qui interviewera Rocky Adiallo. Voilà. Abonnez-vous. Suivez-nous sur Instagram évidemment. Vous aurez toute l'actualité que vous attendez. sur Instagram.

18:31
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