Impérialisme américain, Panot vs Faure, retour des otages… : Le Club | 28 minutes | ARTE
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir et bienvenue à tous. Nous revoilà et je suis ravi de vous accueillir dans votre club de 28 minutes. Ils sont venus, ils sont tous là. L'actualité ne s'arrête pas. Nos clubistes non plus, ils sont journalistes, essayistes, dessinateurs. Ils vont ce soir encore nous éclairer de leur lanterne. Au menu ce soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu qui échappe de peu à la censure grâce à l'accord entre le gouvernement et les socialistes sur la suspension de la réforme des retraites. En renonçant à l'utilisation de l'article 49.3, le Premier ministre est aussi engagé à redonner le pouvoir au Parlement.
Il est logique que chacun affirme ses convictions. Ce que je vous propose, c'est de trouver un chemin commun malgré les divergences. Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. Là encore, c'est une rupture.
Alors la France va-t-elle enfin devenir une vraie démocratie parlementaire ? Les responsables politiques peuvent-ils se convertir à la culture du compromis ou cette tentative est-elle vouée à l'échec ? On en débattra. Puis nous accueillons notre invitée de la semaine. Depuis toute petite, Taous Merakchi a une passion, les films d'horreur. Elle adore les monstres. Elle leur consacre un ouvrage en forme d'hommage. Parce que l'horreur, dit-elle, c'est bon et ça fait du bien. Et en fin d'émission, nous retrouverons le toujours surprenant David Castello-Lopez. Salut David ! Bonsoir Renaud. Oh là, ça n'a pas l'air d'aller fort. De quoi vous nous parlez ça ? Du froid. Ah oui, ouf.
Couvrez-vous David. A tout à l'heure. Alors voici donc le programme du Club de 21 minutes. C'est parti. Bonsoir Marjorie Adelson.
Bonsoir Renaud.
Tout va bien Marjorie ?
Parfaitement bien.
Tant mieux. Bienvenue à vous. Bienvenue Frédéric Seiz. Bonsoir Renaud. Bienvenue à tous les deux les amis. Et voici nos clubistes de ce soir. Bonsoir Rocaïa de Gallo. Bonsoir. Ravi de vous accueillir. Bienvenue sur ce plateau. Vous êtes journaliste, réalisatrice, éditorialiste pour le Washington Post et The Guardian. À vos côtés, Blanche Leridon, directrice éditoriale de l'Institut Montaigne. Bonsoir. Bonsoir Blanche, bienvenue à vous. Non. Jean Quatremer. Bonsoir Jean. Toujours correspondant européen de Libération. Absolument. Bienvenue à vous. Je tiens. Je tiens. Je vois ça. Ça me réjouit bien sûr. Bienvenue à tous les trois. Et au pupitre, c'est notre ami CAC. Salut CAC.
CAC, dessinateur bien sûr, président de Cartooning for Peace. Et l'association Cartooning for Peace signe d'ailleurs un livre qui paraît aujourd'hui même La bascule du monde, regards croisés de photographes et dessinateurs de presse. Et c'est aux éditions La Martinière. Tout de suite, Frédéric, nous allons passer à la première actualité de la semaine. Est-ce que le président américain Donald Trump, qui cultive l'ambiguïté, a vraiment l'intention de renverser son homologue vénézuélien, Maduro ? En tout cas, il a confirmé cette semaine Donald Trump, qu'il avait autorisé la CIA, les services secrets, à mener des opérations clandestines au Venezuela.
Vous savez qu'il avait aussi mobilisé l'armée. Huit navires de guerre depuis maintenant six semaines qui croisent au large du Venezuela. Alors, officiellement, pour lutter contre le narcotrafic, ce qu'il appelle les narcoterroristes, cinq bombardements de bateaux jusqu'à présent, 27 personnes tuées, sans procès bien sûr, et donc sans preuve. Donald Trump pourrait maintenant aller plus loin. Il ouvre la porte à des frappes terrestres au Venezuela. Et quand il est interrogé pour savoir si la CIA pourrait éliminer le président vénézuélien, eh bien, il ne dément pas.
Oh, I don't want to answer a question like that. That's a ridiculous question for me to be given. Not really a ridiculous question, but wouldn't it be a ridiculous question for me to answer. Alors, quelle réaction du très autoritaire président vénézuélien Nicolas Maduro
y dénonce les opérations de déstabilisation des États-Unis ? Alors, allusion au coup d'État soutenu par la CIA tout au long du XXe siècle au Guatemala, au Chili, au Nicaragua. Plus récemment, Donald Trump a dit vouloir prendre le contrôle du canal de Panama en Amérique centrale. Jean Quatremer, est-ce que ça marque le retour d'un impérialisme assumé, évoqué au grand jour, pour le coup, par Donald Trump ? En fait, il y a une parenthèse où on n'a plus parlé de l'impérialisme américain, c'est la Seconde Guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui, en réalité. Mais en fait, les États-Unis se sont fondés d'abord comme une puissance continentale. Il faut bien avoir ça à l'esprit.
D'ailleurs, le Congrès qui a déclaré l'indépendance des 13 premiers États américains, ça s'appelait le Congrès continental, c'est ce qu'on appelait la destinée manifeste. Et ensuite, à partir de 1823, ça s'est traduit par la doctrine Monroe qui voulait que… Le président américain qui considérait que c'était le précaré des États-Unis. Exactement. Donc, en gros, les Européens ne doivent pas intervenir sur le continent américain et réciproquement, les Américains n'iront plus mettre leur nez dans les affaires, ne pas leur nez, dans les affaires européennes. Et il y a ce double, une deuxième chose qu'on a oublié, c'est l'impérialisme. Ce qui n'est pas la même chose que la destinée manifeste.
L'impérialisme, c'est le fait, par exemple, de conquérir les Philippines. On a vu que les Américains ont acquis un empire. Hawaï, Guam, etc. On a oublié ça. Vous savez qu'en 1812, il y avait, à propos de la destinée manifeste, c'est le dernier point, après je laisse la parole à mes petits camarades, on a oublié qu'il y a eu une guerre contre le Canada. C'est-à-dire que les Américains, à l'époque, sans Trump, ont fait la guerre au Canada, donc aux Britanniques, pour faire main basse sur le Canada. Donc ce n'est pas nouveau, c'est juste le retour aux racines.
Mais donc Blanche Leridon, si je suis bien à l'analyse de votre voisin, qui a une très très longue mémoire, une très longue histoire, il faut prendre au sérieux Donald Trump. C'est-à-dire que ce n'est pas simplement des mots ou une ambiguïté qui est cultivée par Donald Trump, il va tout faire pour renverser le président vénusien Maduro.
Ah bien sûr, et en plus de ça, il a une aide de poids à ses côtés. On a tous remarqué qu'il n'avait pas obtenu le prix Nobel vendredi dernier, mais qui l'a obtenu ? Une des principales opposantes au régime Maduro, Maria Corina Machado et elle. Elle l'a remerciée, Donald Trump, pour ses initiatives en la matière. Donc il ne l'a peut-être pas eu, mais c'est un prix Nobel de la paix, en quelque sorte, on peut dire par procuration, qui lui a été décerné, puisqu'elle est assez alignée avec la lecture du président américain. Et pour reprendre ce que disait mon voisin à l'instant, ce serait... Jean, je vous ai compris, on est là. Jean Quatremer, à l'instant, on est quand même...
Enfin, tout ça a été écrit, pardon, mais quand on relit le discours d'investiture de Donald Trump, effectivement, il citait, il voulait inscrire ses pas dans ceux de McKinley qui étaient...
Oui, mais il a dit qu'il voulait annexer le Groenland, il ne l'a pas fait pour l'instant.
Non, pas encore, ça ne fait même pas un an qu'il est arrivé au pouvoir.
Il lui arrive parfois de parler un peu plus fort qu'il a fait, non ?
Évidemment, enfin là, les actions qui ont été menées, et déjà pendant son premier mandat d'ailleurs, il avait, dès 2020, qualifié le gouvernement de Maduro de narco-terroriste. Et pourquoi narco-terroriste ? Parce que l'appellation terroriste lui permet, en tout cas dans sa compréhension à lui, d'aller en dehors du droit international et donc d'être dans... de mobiliser un certain nombre d'outils qui échappent à la légalité. Et donc, oui, effectivement, on peut s'attendre à ce qu'il fasse tout son possible. Déjà parce que, comme on l'a dit à l'instant, ça fait partie aussi de cette histoire, peut-être pas impérialiste, mais expansionniste américaine, qui veut aussi défendre son précaré.
Et parce qu'encore une fois, déjà dans son premier mandat et dans son discours d'investiture, tout ça était très clairement énoncé. Procaya Diallo, ce lien entre le narcoterrorisme et le président Nicolas Maduro, c'est un prétexte qui est utilisé par Donald Trump ou c'est une réalité au final ? – C'est un prétexte absolument, puisqu'en fait, ça fait partie de sa campagne. Ce qu'il prétend, c'est que le Venezuela déporte les personnes qui sont censées être en prison sur son territoire, dans les prisons américaines, et n'envoie que des immigrants qui ont vocation à commettre des actes illégaux.
Il faut quand même rappeler que ces frappes qui sont lancées au large du Venezuela sont extraterritoriales, extrajudiciaires, donc sont complètement illégales. Et il faut rappeler surtout qu'il y a des morts, il y a 27 morts. Ce sont des morts qui sont aussi dénoncées par Human Rights Watch. Et finalement, Donald Trump, en fait, utilise cette possibilité pour effectivement imposer le pouvoir américain sur un territoire qui ne lui appartient pas. Et ça fait partie de l'ADN des États-Unis. C'est un pays qui s'est fondé sur la violence à l'intérieur de ces terres, par un génocide, et qui a toujours frappé, effectivement, d'autres pays en dehors de ses frontières.
– Un mot, est-ce qu'on n'est pas un peu dupe aussi du président Maduro ? Est-ce que ça ne l'arrange pas aussi de mettre en scène le grand Satan américain ?
– Ça le renforce, en fait, ça veut dire que ça sape même sa légitimité, puisque finalement, il va prétexter l'impérialisme pour finalement s'en prendre à ses opposants. Donc en fait, ça lui donne davantage de force.
– Surtout, ce qui est amusant, c'est qu'il commence à paniquer. Son discours, on a vu un extrait là, quand on prend le discours en longueur, c'est « surtout, surtout, ne venez pas m'abattre ». Parce qu'il sait que ça l'attend. – Dans son cas, là. – Et juste d'un mot, il faut préciser que ce sont les plus grandes réserves de pétrole du monde qui se trouvent au Venezuela. Là, le premier client, c'est la Chine, il y a aussi une dimension, bien sûr, géopolitique. – Un dessin de CAC. – Moi, j'ai trouvé que Nicolas Maduro répondait plutôt avec fermeté,
puisqu'aux menaces de frappe, le Venezuela a réagi. Moi aussi, je peux faire parler la poudre.
– Merci CAC. Frédéric, votre duel de la semaine maintenant, il oppose deux gauches de plus en plus irréconciliables. – Oui, à ma gauche, Mathilde Panot, 36 ans, la chef de file des députés La France Insoumise. À ma droite, Olivier Faure, 57 ans, le patron du Parti Socialiste. Alors, le PS a-t-il trahi la gauche ? Depuis 48 heures, les invectives pleuvent. Depuis que les socialistes ont accepté de maintenir en vie le gouvernement de Sébastien Lecornu, en échange d'une suspension de la réforme des retraites, motion de censure rejetée. Et hier, à l'Assemblée, Mathilde Panot est apparue ulcérée contre le PS.
– Évidemment, dans ce vote, la direction du PS porte une responsabilité historique dans cette non-censure. Je le dis là aussi solennellement aux militants et aux électeurs du PS qui, depuis plusieurs jours, ont dit leur dégoût de voir la direction du PS rompre avec le programme du Nouveau Front Populaire sur lequel ils ont été élus. Rompez les rangs !
Rompez les rangs, autrement dit, rebellez-vous, vous les militants socialistes. Mathilde Panot appelle, je cite, à la résistance parlementaire et populaire. Alors, que répond celui qui est vilipendé, insulté, traité de béquille du macronisme ? Et encore, je ne cite que les termes qu'on peut citer à une heure de grande écoute à la télévision. Eh bien, Olivier Faure assume le choix des socialistes. Pour lui, une motion de censure n'aurait pas empêché, n'aurait pas amélioré la vie des travailleurs. Elle n'aurait pas empêché le plan d'économie voulu par le gouvernement.
Il y a une formidable hypocrisie dans cet émissaire. Toutes celles et ceux qui vont voter la censure savent que si elle était votée, en réalité, le gouvernement procéderait par loi spéciale et tout ce qu'il prétend de combattre serait en réalité imposé aux Françaises et aux Français. En acceptant d'entrer dans le débat, comme nous le faisons, nous allons au contraire permettre d'amender et de corriger très sensiblement une copie qui n'est évidemment pas la nôtre.
Voilà. Plutôt que la censure, Olivier Faure veut mener le débat parlementaire. Il promet même de grandes conquêtes, je cite. Mais est-ce que les socialistes pourront vraiment éliminer les mesures d'économie qui sont prévues, comme les franchises médicales ou comme le gel des pensions de retraite ? La tâche s'annonce rude. Tâche encore plus rude, peut-être, se réconcilier à gauche, puisque sur les réseaux sociaux, les cadres de la France insoumise pilonnent véritablement les dirigeants du PS, qualifiés, comme ici, de Cerbère. Alors, dans la mythologie grecque, le Cerbère, c'est ce chien à trois têtes qui protège la porte des enfers. On a connu une comparaison plus sympathique.
Un procès en autoritarisme que ne digère pas Olivier Faure. Au PS, il n'y a pas de Cerbère, parce que dans mon parti, on vote sous-entendu chez nous. On a une démocratie interne au PS, contrairement à LFI, où les contestataires sont tout bonnement purgés. Alors, derrière ces invectives, il y a une question de fond pour la gauche, question stratégique, est-ce qu'il faut préférer les petits pas, les petites victoires, ou bien le grand soir à tout prix ? C'est l'éternel débat depuis Jaurès et Jules Guède, logique réformiste ou logique révolutionnaire ? Bref, le compromis est-il une compromission ? Rocaille-Adiallo, pour vous, dans ce débat, qui a raison ?
Je pense qu'il y a quand même des rappels qui ont été dirigés vers le PS de ces sections locales. Donc, ce qu'on constate, c'est que je crains qu'il y ait vraiment une grande distance entre la direction du PS et sa base. Le PS a réussi à s'imposer électoralement, dernièrement, dans un contexte d'union avec les autres formations de gauche qui sont quand même plutôt favorables à la motion de censure. Et le peuple de gauche s'est essentiellement manifesté ces dernières années, que soit dans la rue ou sur le plan des suffrages, en hostilité au macronisme.
Et quand Olivier Faure dit, grâce à nous, des personnes pourront partir plutôt à la retraite dans l'année et demie qui vient, ça vous l'entendez ?
En fait, ça reste vraiment un objectif, déjà, qui concerne une frange assez réduite de la population et sur une période assez courte. C'est-à-dire que la suspension, ce n'est pas l'abrogation. Est-ce que réclamer les gens, c'est surtout de revenir sur cette réforme ? Donc, moi, je ne suis pas sûre que ça leur bénéficie, même sur le plan de l'identité politique et de leur ancrage à gauche. Donc, je ne suis pas vraiment certaine de la stratégie qui a été adoptée là.
Blanche Auridon, pour vous, qui a raison dans ce débat ?
Alors, pour moi, il y a déjà une bataille pour le leadership à gauche, mais il y a aussi, et peut-être surtout, une bataille pour qui incarne aujourd'hui l'opposition et qui est le plus crédible pour le faire. Vous auriez pu rajouter un troisième visage, qui est celui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, parce qu'il y a aussi, dans la démarche de la France insoumise, la volonté de dire la véritable opposition, c'est nous, parce qu'il y a eu aussi un certain nombre de compromissions du Rassemblement national qui a voté un certain nombre de textes soutenus tantôt par les socialistes, tantôt par le bloc gouvernemental. Il est trop tôt aujourd'hui pour répondre.
Tout dépendra évidemment de l'aboutissement de la discussion budgétaire. Et si effectivement on n'arrive pas à voter un budget ou qu'on a un budget totalement, comme on dit, Frankenstein, avec une association totalement délétère de mesures en contradiction les unes avec les autres, on pourra effectivement considérer que le parti socialiste n'a pas remporté son pari. Mais il est évidemment bien trop tôt pour le dire à ce stade.
En tout cas, au vu de l'état de ses gauches, il y a bien une solution, une proposition qui pourra régler le problème, n'est-ce pas, CAC ? Oui, face à ces nouvelles tensions à gauche, Olivier Faure préconise une solution à deux États. Merci, CAC. C'est l'heure maintenant de la une internationale. C'était mardi à la une du quotidien britannique The Daily Mirror, le jour que nous ne pensions jamais vivre après plus de deux ans de captivité. Les 20 otages israéliens encore vivants ont été libérés par les terroristes du Hamas. En contrepartie, Israël a libéré près de 2000 prisonniers palestiniens.
Donald Trump s'est félicité d'une journée historique, lors d'un discours à la Knesset, la Chambre des députés israéliennes. Mais le Hamas n'a toujours pas restitué toutes les dépouilles des otages morts et tente de restaurer son autorité sur la bande de Gaza en multipliant les exécutions. Alors, le gouvernement israélien pourrait-il décider, Jean Quatremer, de rompre ce cessez-le-feu qui semble très fragile et qui a été négocié par les deux partis ? – Ça s'est déjà passé une fois, je vous le rappelle, il y a eu un cessez-le-feu au printemps dernier. Il a été, justement, comme le Hamas n'a pas respecté sa part du marché, ils ont recommencé et ça a été une boucherie, mais voulue par le Hamas.
Et là, ce qui est intéressant, ce qui se passe sur place, c'est que le Hamas, en fait, ne veut pas de la paix. Le Hamas ne veut pas désarmer. Le Hamas exécute ses opposants, y compris dans les hôpitaux. C'est quand même, quand on lui expliquait que les hôpitaux servaient justement de base pour le Hamas, c'est vérifié aujourd'hui. Je veux dire que c'est même des Palestiniens eux-mêmes qui dénoncent les disparitions. Et la communauté internationale a l'air de s'en ficher complètement. Il n'y a que Donald Trump qui vient de dire qu'il faudrait se calmer, sous-entendu, si vous ne vous calmez pas, si ça continue, je pourrais donner le feu vert à Israël de recommencer la guerre contre vous.
– Rocaia Diallo, dans le plan de paix qui était promu par Donald Trump, il y avait le désarmement du Hamas. Le Hamas qui refuse pour l'instant de rendre les armes. Ce plan de paix, il est en sursis, selon vous ?
– Je ne sais pas dans quelle mesure c'est véritablement un plan de paix, étant donné qu'effectivement, il considère la bande de Gaza, mais la colonisation se poursuit en Cisjordanie de manière complètement illégale, en infraction avec le droit international. Et le Hamas, effectivement, a nécessairement vocation à tenter de s'imposer de manière violente, puisque pour restaurer son autorité, comme ça a été dit à l'instant, le Hamas procède à des exécutions publiques extrêmement violentes.
Et en revanche, sur la question de la restitution des corps des otages, quand un territoire a été bombardé de manière continue pendant deux ans, je ne sais pas dans quelle mesure il est possible d'identifier les personnes qui sont mortes, tout simplement sous les bombes, qui ont pour le coup tué de manière indifférente des civils.
– La Turquie a proposé son aide pour envoyer des personnels capables d'identifier.
– Et peut-être que ce sera nécessaire, mais je rappelle aussi qu'il y a des milliers de Palestiniens dont les morts n'ont pas été décomptés, qui n'ont pas non plus été identifiés. Et juste rapidement sur la notion de prisonnier palestinien, je tiens quand même à rappeler que parmi les personnes qui sont prisonnières, il y a des personnes qui n'ont jamais eu de procès, il y a un nombre très très important de mineurs. Donc il y a des Palestiniens qui considèrent que nombre de ces prisonniers sont aussi considérés comme des otages de la part de l'État Israël.
– Blanche Leridon, dans le plan qui a été signé par les deux parties, qui a été validé par les deux parties, il y a cette question du désarmement, de la démilitarisation du Hamas. On voit que le Hamas, visiblement, ne veut pas rendre les armes, on pouvait s'y attendre en même temps. Donc comment faire ? Qui va intervenir d'une façon ou d'une autre pour faire respecter ce point qui est évidemment crucial pour essayer de ramener la paix dans la région et d'abord dans la bande de Gaza ?
– Alors sous le contrôle de mes voisins, ce n'est pas l'intégralité du plan de paix qui a été signé par les deux parties. Il me semble que c'est surtout sa première phase. Donc là, en fait, c'est là où on n'arrête pas de dire à la fois il y a un immense erratisme dans la façon dont Donald Trump fonctionne, et aussi c'est le seul qui a des capacités de levier, notamment sur Netanyahou. – Il l'a montré là. – Il l'a montré mais qu'il le montre sur la durée. Et c'est là où maintenant tout se joue, c'est-à-dire qu'il y a eu cette première étape qui est clé, il ne faut surtout pas laisser passer le momentum et il faut qu'il y ait une création.
– Donc il va falloir réintervenir pour tordre le bras si j'ose dire Hamas.
– En tout cas, aux deux parties.
– Il faudra peut-être réintervenir, mais moi je pense que là, il serait peut-être temps que les pays arabes qui ont signé le plan de paix, qui jusque-là se désengageaient, tant l'Égypte que le Qatar, etc., ce n'était pas notre problème, ils soutenaient en parole le Hamas et ils le finançaient, en tout cas pour le Qatar. Et là, il était temps que les États arabes mettent la main dans le cambouis et interviennent pour éviter que justement Israël doive de nouveau faire le ménage. Mais qu'ils y aillent et qu'ils désarment le Hamas.
– Pardon, la notion de faire le ménage, je la trouve un petit peu légère, étant donné quand même que c'était au mieux des crimes de guerre et au pire un génocide, c'est pas faire le ménage que d'intervenir sur le…
– Mais tuer les terroristes, c'est faire le ménage, je suis désolé, nous, c'est ce qu'on a fait contre Daesh.
– Mais tuer, là, c'était 80% de civils, c'est pas seulement des terroristes.
– Non, non, non, c'est assez faux, c'est un chiffre qui a été débunké, ce n'est pas 80% de civils, ce n'est pas, ça n'est pas… Je dis non, voilà, on peut faire un débat là-dessus. – Ce sont des civils en majorité. – On vous dit que les chiffres qui sont faux. – Évoquaient les civils et vous, vous évoquiez les terroristes du Hamas. – Les combattants du terrorisme, oui. – Ce ne sont pas les seuls qui sont morts. – Un, un, et effectivement, ce ne sont pas les seuls qui sont morts, ça c'est clair, depuis le début de cette guerre. Un dessin de CAC.
– Oui, parfois la paix elle-même peut être désarmante, puisque contre toute attente, je n'arrive pas à m'y faire, cesser le feu, à l'idée que Trump puisse faire un truc bien.
– Merci, CAC. Frédéric, l'autre actualité de la semaine, c'est l'engagement du Premier ministre Sébastien Lecornu de ne pas utiliser l'article 49.3. La France va-t-elle enfin devenir une vraie démocratie parlementaire ? Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. C'est une phrase qu'a répétée cette fois, cette fois, le Premier ministre Sébastien Lecornu au cours de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. En fait, il veut donner évidemment des gages et montrer le changement de méthode, pas d'utilisation donc du 49.3, volonté de délibération collective. Olivier Faure, le patron du PS, se réjouit de ce changement.
– Pour la première fois depuis 1958, les députés sont députés. Jusqu'ici, vous aviez un numéro qui était un numéro de cirque bien connu. Vous pouviez arriver dans l'hémicycle, dire « je vote, je fais » et puis tout le monde créait victoire. La réalité, c'est qu'à la fin, il y avait un 49.3 et que tout était remis à plat et que finalement, rien n'était décidé par les députés.
Cette fois-ci, tout va être décidé par les députés. – Ça peut se terminer. – Blanche Luridon, le pouvoir au Parlement dans cette monarchie républicaine qui est originellement la Vème République, vous y croyez cette fois-ci ?
– J'ai envie d'y croire et en dépit de cet anaphore répété à sept reprises, comme vous l'avez très justement mentionné par le Premier ministre Sébastien Lecornu, il y a quand même des petits risques que ça ne se passe pas aussi bien que ça. Pourquoi ? Certes, il a renoncé au 49.3, mais il y a d'autres articles dans la Constitution qui participent de ce qu'on appelle le parlementarisme rationalisé. Qu'est-ce que c'est ? Ce sont d'autres moyens qui permettent au gouvernement de, disons…
– Tordre le bras, je vais un peu former ça.
– Voilà, tordre le bras, ou en tout cas, piloter un petit peu les débats parlementaires. Il y en a un, notamment, c'est l'article 40, qui empêche la représentation nationale de créer une charge supplémentaire dans le budget de l'État, ce qui n'est quand même pas neutre au moment d'un débat budgétaire. Et puis, deuxième élément, c'est l'article 47, qui limite à 70 jours le temps imparti au Parlement pour qu'il puisse voter un budget. Et qu'est-ce qu'il se passe si à l'issue de ces 70 jours, le Parlement n'a pas réussi à se mettre d'accord ? Eh bien, le gouvernement, le budget, pardon, s'applique par ordonnance.
– Mais ça, ça devrait conduire tout le monde à la responsabilité, justement, à discuter, puisqu'il y a 70 jours, on est en désaccord.
– Oui, sauf que tout le monde a des intérêts totalement contradictoires. Et donc, on pourrait aboutir à ce qu'on appelle cette espèce de budget Frankenstein, où vous auriez à la fois des mesures voulues par la gauche, des mesures voulées par la droite, et donc un accroissement du déficit. Et on oublie aussi, parfois, souvent, la place que vont jouer les sénateurs, qui, eux, ont plutôt, je pense, envie d'alléger la pression fiscale, et peut-être même d'enlever la suspension de la réforme des retraites.
– Le Sénat qui est à fond.
– Les débats, voilà, s'annoncent très difficiles. Un dernier mot, peut-être, qui nous permet d'aller dans le sens de l'optimisme formulé par Olivier Faure. Il semblerait, mais tout ça n'est absolument pas contraignant à ce stade, que les députés à l'Assemblée nationale se soient mis d'accord pour limiter leur nombre d'amendements. C'est-à-dire qu'en proportion de votre nombre de députés au sein de l'Assemblée nationale, vous auriez un contingent d'amendements pour ne pas faire de l'obstruction parlementaire et que les débats puissent être tenus dans les temps.
– Alors, je me tourne vers votre voisin, Jean Quatremer, qui est un expert du Parlement européen, où c'est l'expertise, là pour le coup, du compromis qui s'applique. Il y a des échanges beaucoup moins ténueux, en moyenne. Est-ce que selon vous, alors ça c'est une évidence, mais est-ce que selon vous, là en France, on est en train d'adopter cette culture de compromis ? Est-ce que les partis politiques français y sont prêts ? – C'est une question passionnante, je vais vous dire pourquoi. Parce que ça fait 65 ans que nous vivons en monarchie. Depuis 1960, nous vivons en monarchie. Nous avons vécu en démocratie parlementaire totale entre 1870 et 1960, avec l'interruption du pétinisme.
Donc en fait, ça se balance entre les deux. Moi je suis assez pessimiste, parce que regardez ce qui se passe actuellement. Même LFI, qui réclame une démocratie parlementaire, qui réclame la fin du présidentialisme, – La Sixième République. – La Sixième République dit, il faut une élection présidentielle anticipée pour trancher les débats. Et je me pose la question, on ne peut pas vouloir à la fois démocratiser, parlementariser la vie politique française, et dire, tout dépendra du prochain scrutin présidentiel. C'est complètement contradictoire.
En fait, on reste profondément attaché à l'idée d'un homme présidentiel, d'un président qui décide de tout, à peine on l'a élu, d'ailleurs, on n'a qu'une idée, c'est de lui couper la tête.
– Et justement, Rocaya Diallo, qu'est-ce qui resterait comme pouvoir à Macron, à part la dissolution et le référendum ? – Disons qu'en tout cas, ce n'est pas seulement lié à Emmanuel Macron, ce qu'on peut constater, c'est qu'en fait, depuis 2022, le président n'est plus dans une position aussi confortable qu'il a pu l'être auparavant. Et ça remet en question, effectivement, un régime qui est quand même hyper présidentiel, où le président est beaucoup plus puissant que dans toutes les autres démocraties occidentales.
Donc ça l'atténue, mais c'est vrai que, comme le disait à l'instant Jean Quatremer, il y a vraiment une question de culture, c'est-à-dire qu'en France, on a quand même cette culture de ce président hyper puissant qui est au centre du jeu et qui distribue les cartes.
– Et ceux qui refusent de participer à ces discussions, justement, en l'occurrence, elle est fille d'un côté et le RN de l'autre, disent, mais la vraie démocratie, ce n'est pas les discussions de tractation, les tractations, pas les bourbons, ce serait de retourner aux urnes. Est-ce que cet argument-là, Rocaya Diallo, il n'est pas légitime de dire, il faut soit une législative, soit une présidentielle, plutôt que ces négociations ?
– En tout cas, vu la défiance qu'il y a à l'égard du président aujourd'hui, ça pose une question, en tout cas, de l'expression populaire, d'autant plus qu'elle n'a pas vraiment été considérée l'année dernière. Donc la question, c'est aussi, ce que nous a montré la dissolution de l'année dernière, c'est que le président pouvait complètement ignorer une décision populaire, et je pense que c'est plus ça qui interroge que l'élection de l'élection de l'élection.
– Un premier ministre de gauche qui serait tombé tout de suite, arithmétiquement.
– Mais en fait, c'était pas… – Il n'y a pas de majorité, il n'y a aucune majorité. – Ce n'était pas nécessairement au président, en fait, d'imposer des équilibres qui correspondent à sa propre majorité. – Peut-être pour relativiser, pardon, d'un mot la spécificité française, il faut quand même regarder un petit peu autour de nous, tous les parlements européens, y compris les grands régimes parlementaires, sont face à des difficultés immenses, je n'en cite que deux, que ce soit l'Espagne de Pedro Sanchez, qui n'arrive pas à faire voter un budget, pardon, depuis 2023, ou encore les grandes difficultés du gouvernement britannique aujourd'hui.
Donc il faut aussi remettre ça dans un contexte un petit peu plus global et européen en particulier.
– Un dessin de CAC sur cette nouvelle forme de cohabitation au sommet de l'État, enfin, une cohabitation vestimentaire en tout cas ? – En tout cas, davantage de transparence, je pense, c'est ça peut-être la vraie rupture, avec le corps nu et le corps nu. – Voilà, merci CAC. Marjorie, c'est maintenant l'heure de votre point com de la semaine. Ce soir, en quelque sorte, c'est un point com, c'est un point mode, vous êtes très fashionista d'ailleurs. – Avec une drôle de tendance que vous allez nous faire découvrir, une drôle de tendance qui est lancée par l'influenceuse Kim Kardashian.
– Oui, la start de la télé-réalité et Femme d'Affaires a beaucoup fait parler d'elle cette semaine à cause du lancement d'un produit un peu spécial. Eh oui, qu'est-ce que c'est ? Alors, indice, ce ne sont pas des rats, ni des barbichettes, mais donc le nouveau produit de Kim K, des strings sur lesquels ont été collés de faux poils pubiens. Oui, oui, vous m'avez bien entendu. Il s'agit en fait de sa collection présentée sous la marque Skims. Son nom, Ultimate Bush, que l'on pourrait traduire par Buissons Ultimes. Renaud, je ne vous fais pas son dessin.
– Très mauvais en anglais, vous savez.
– Mais il y a la direction, hein. Au total, 12 coloris sont disponibles, du blond au roux, en passant aussi par le brun, mais aussi des textures différentes, poils lisses, bouclés. C'est comme chez le coiffeur, sauf que ça ne se porte pas sur la tête. Alors en plus, il vous faudra débourser la coquette somme de 42 euros. – Ah oui, c'est pas pour toutes les bourses. – Non, c'est pas pour toutes les bourses, exactement. Ce serait déjà en rupture de stock. Alors clairement, on a l'impression d'assister à un canular. J'ai googlé la date pour vérifier qu'on n'était pas un 1er avril, nous dit cet Instagrammeur.
Et d'ailleurs, beaucoup d'internautes comme ça s'amusent de cette situation, et certains lui ont déjà trouvé une utilisation, disons, présidentielle. Regardez ce Donald Trump, totalement relooké. Alors d'autres se demandent de leur côté s'il s'agit d'accessoires d'Halloween. En revanche, certains sont beaucoup plus pragmatiques. Du coup, est-ce que ça passe en machine ou faut-il utiliser du shampoing, nous dit-on avec malice ? Alors certains internautes ont carrément décidé de customiser ce bas. Voici par exemple le string en poil pubien, spécial Halloween. Alors la grande question, c'est de se demander qu'est-ce qu'on peut faire si on ne trouve pas son bonheur ?
Parce que malgré les 12 coloris, les poils pubiens des personnes âgées, c'est-à-dire gris ou blancs, ne sont pas représentés, pas assez inclusifs, cette Kim K. Mais pas de panique, cette dame a la solution.
C'est astucieux.
Mais quel est l'intérêt de tout ça pour Kim Kardashian ?
Déjà de faire parler d'elle, parce que c'est avant tout une femme d'affaires et ça marche. La preuve, elle n'en est pas à son premier lancement de produit. Le buzz, c'est vraiment ça, son fond de commerce. Alors pour la majorité des internautes, c'est quand même la sidération, même pour ses fans. Ses fans, pardon. Kim, d'habitude, tu es brillante, mais là, tu m'as perdue. D'autres n'hésitent pas à rappeler l'incongruité entre le produit vendu et la réalité du quotidien des femmes. Kim se vend de fausses culottes poilues pendant que je supporte sur la plage des regards incrédules parce que je refuse de raser les miens, nous dit cette dame, même son deux cloches ici.
Donc après des années de propagande pour qu'on s'épile intégralement, on veut maintenant nous faire porter des strings avec des faux poils pubiens. C'est donc ça la stratégie marketing. Alors certaines sont quand même épatées, il faut dire, par cette trouvaille de Kim Kardashian. Bien joué, voilà pourquoi nous, nous ne sommes pas millionnaires, nous dit-on. Un internaute le rappelle toutefois, Kim Kardashian, elle n'a rien inventé. Ces perruques pubiennes étaient autrefois utilisées au Moyen-Âge par les prostituées. Elles auraient servi notamment à barrer la route aux morpions. Voilà, bon appétit. De son côté, Kim Kardashian, elle, elle n'a pas du tout communiqué.
Elle regarde les gens faire le marketing à sa place. Roquette Diallo, qu'est-ce que ça nous montre cette histoire ? En fait, que quand on est puissant comme ça et qu'on a tous les codes des réseaux sociaux, eh bien on peut absolument vendre n'importe quoi. Oui, et que Kim Kardashian est quand même aussi une championne de la récupération. Elle avait fait les kimonos, les tresses africaines. Aujourd'hui, on sait que le poil est une forme de réaffirmation pour les corps de femmes qui sont contraints justement par la volonté de se conformer à certains canons. Donc elle essaye de s'inscrire dans cette mouvance qui est très très d'ailleurs présente dans la génération Z.
Donc c'est encore une fois une manière de s'inscrire dans les tendances. Mais voilà, c'est une femme d'affaires comme ça a été dit. Et Kim Kardashian, je pense qu'on va l'avoir recrutée, récupérée notre culture prochainement. Jean, ça vous inspire ?
J'ai un conseil pour économiser 42 euros. Laissez pousser vos poils. Merci. Merci Jean Quatremer. Un dessin de CAC. Eh bien oui, je vous propose tout simplement à poil cette nouvelle génération qui refuse de s'y faire. Merci CAC. Alors nous allons enchaîner avec vos photos de la semaine. Vous avez chacun choisi une photo qui illustra vos yeux. Un autre sujet de la semaine. On va commencer par votre photo, Blanche Le Ridon. Il s'agit d'une dame qui a l'air bien embêtée. Qui est cette dame accablée de soucis ?
Cette dame, c'est Marine Le Pen. Et pourquoi est-ce qu'elle est accablée de la sorte ? C'est parce qu'elle vient d'apprendre que le Conseil d'État avait rejeté son recours contre la décision d'inégalité avec exécution au provisoire. Alors attention, ça n'est pas la décision en appel qu'on attend pour le début de l'année prochaine. Mais c'est une petite étape qui peut-être l'éloigne d'une candidature possible pour l'élection présidentielle de 2027. Pourquoi c'est intéressant ?
Parce que selon moi, ça arrive dans une semaine quand même très compliquée pour le Rassemblement national qui n'a pas réussi à faire voter sa motion de censure, qui par ailleurs a obtenu beaucoup moins de soutien que la motion de censure présentée par les Insoumis. Et puis qui aussi se trouve en grande difficulté sur sa communication parce qu'elle se retrouve à sanctionner un gouvernement qui propose pourtant de suspendre une réforme des retraites qui était très critiquée par une immense majorité de son électorat et qui renoue avec un discours très anti-système, plutôt en faveur du chaos et de la déstabilisation qu'une forme de stabilité.
Et je pense que pour l'électorat, tout ça va être un petit peu confus et peut-être à leur détriment.
Merci Blanche-le-Ridon. Jean Quatremer en Vanchine avec votre photo. C'était-il hier l'anniversaire, le cinquième anniversaire, la commémoration de l'assassinat de Samuel Paty, cet enseignant assassiné par un terroriste islamiste était à Conflans-Saint-Honorine. Absolument, décapité par un terroriste islamiste, effectivement l'appel d'une figure centrale du collectif français de Sheikh Yassine, Sheikh Yassine qui était le fondateur du Hamas, je le rappelle. C'est aussi l'anniversaire de l'exécution de la mort de Dominique Bernard qui s'est interposée contre un autre terroriste islamiste. Et donc en fait, moi ce que je veux faire, là c'est dire clairement les choses.
Il y a un moment, il faut désigner notre ennemi. En fait, on est depuis le début du XXIe siècle sous attaque de l'islamisme politique. Et il y a un moment, il faut le dire et l'assumer. Eux, ils n'hésitent pas une seconde à dire que nous sommes leurs ennemis. Le Hamas dit que les Juifs sont leurs ennemis, mais qu'aussi, ils ont l'intention de conquérir une sorte d'empire méditerranéen. C'est-à-dire, il faut dire, ben non, nous nous combattons ces gens-là. Si on ne nomme pas le mal, on ne le combattra pas et il y aura d'autres Samuel Paty. – Merci Jean-Catron, mais on va finir avec votre photo, Rocaïa Diallo.
Vous nous emmenez à Madagascar, où à la suite d'un puissant mouvement, le pouvoir a changé de main.
– Effectivement, fin septembre, la jeunesse s'est rassemblée pour protester contre les injustices à Madagascar, les coups pour dos, d'électricité, une jeunesse qui est désœuvrée. Un pays qui est composé à deux tiers de moins de 25 ans. Et en fait, cette révolte a été réprimée dans le sang. Il y a eu 22 morts, une centaine de blessés, avant qu'une partie de l'armée ne se retourne et finalement provoque la fuite du président Andri Razzouel, qui a été transporté dans un avion militaire français. Il faut savoir qu'il a acquis la société française en Katimini en 2014. C'est un pays qui était anciennement colonisé par la France.
– Il est franco-malgache.
– Voilà, c'est ça. Il est devenu malgache pendant qu'il était président de Madagascar. Et puis surtout, là, le pouvoir militaire a pris les rênes du pays et désignait un président issu de l'armée. Et aujourd'hui, la question, c'est que la constitution est suspendue pour 18 à 24 mois. Et la génération Z, cette génération qui s'est emparée d'un drapeau issu de la pop culture, d'un manga de One Piece, est aussi vigilante par rapport au fait que l'armée ne va pas installer un pouvoir à nouveau illégitime. Et donc, c'est vraiment un mouvement très, très important qui fait aussi écho à ce qui se passe au Népal et au Maroc.
– Merci, Roké Diallo. Un dessin de cas qui se réfère à la photo que vous avez choisie, Blanche Loridon.
– Oui, bien, personnellement, je trouve ça compliqué, cette histoire d'exécution provisoire, parce que d'un côté, on a Marine Le Pen qui a une interdiction de se présenter,
et d'un autre côté, Nicolas Sarkozy qui, lui, a une obligation de se présenter. – En effet, c'est compliqué, mais heureusement que vous êtes la CAQ pour nous éclairer. Merci à vous. Il est temps maintenant d'accueillir notre invité de la semaine. Comme le veut la formule « Chacun ses goûts », et bien ceux de Taous Merakshi sont plutôt originaux, disons. Sa passion, ce sont les monstres. Elle les adore, les chéris, les admire, ça lui fait du bien, c'est une vraie thérapie. Et vous leur consacrez cet ouvrage, monstrueuse, publié aux éditions La Ville brûle.
Alors, l'exorciste, Scream, les vampires, les figures sataniques dans tout genre, vous avez grandi en fait, en vous délectant, j'allais dire presque en vous gavant, de films d'horreur. Un bonheur sans cesse renouvelé, quand on vous lit. Et la légende, d'ailleurs, dites-vous, Chateous Merakshi, que vous auriez vu votre tout premier film d'horreur à l'âge de 3 ans. – Quoi ? – Est-ce que vous vous en souvenez ? – C'était quoi ? – C'était quoi ces parents ?
– Alors, oui, c'était les années 90. Donc, il y avait une permissivité un peu plus lâche qu'aujourd'hui. Chez une fille de 5 ans et demi, je ne ferais pas ça aujourd'hui. – Oui, elle ne regarde pas de films d'horreur. – Elle a peur de vendre les mots, on va s'arrêter là. Mais moi, effectivement, j'avais un père qui était un peu plus relax. – Vous souvenez de ce que vous avez vu à l'estagé ou pas ? – Je crois me souvenir, parce que j'ai un souvenir qui date de cette époque-là, je ne sais pas si c'était cette soirée-là spécifiquement, mais je crois me souvenir que c'était Le retour des morts vivants, qui est une comédie.
– Oui, c'est vrai. – Ça fait bien.
– Ben oui, et du coup, pendant des années, j'ai cru qu'il y avait un mannequin sans tête qui parlait, en fait, non, c'était un cadavre. – Mais vous le dites, vous êtes tombée dans la marmite, vous, toute petite. Mais est-ce qu'on est tous capables, au final, d'apprécier l'horreur ? – Oui, parce que l'horreur, c'est un chapiteau qui est extrêmement large. C'est-à-dire que les gens, quand ils pensent horreur, ils pensent angoisse extrême et gore, alors qu'en fait, c'est beaucoup plus large que ça. Si on aime l'univers de Tim Burton, on aime l'horreur. Si on aime Hocus Pocus, qui est un film de Disney, avec lequel on a grandi, on aime l'horreur aussi.
Il y avait les chairs de poule quand on était petits, il y a de l'horreur qui est faite pour un jeune public, et il y a de l'horreur pour tout le monde. On n'est pas obligé de se traumatiser pour l'apprécier.
– Alors, moi, je reconnais que je suis assez hermétique aux films d'horreur. J'ai l'impression qu'il y a déjà assez de moments pénibles dans la vie sans s'en rajouter au cinéma. Qu'est-ce que vous me conseilleriez comme film pour entrer dans ce genre ?
– Les comédies horrifiques, du coup. – Par exemple ? – Comme « Shaun of the Dead », « Le retour des morts vivants », qui est vraiment très, très marrant. – Pourquoi ? – Parce que c'est vraiment… ça prend le genre du zombie comme une espèce de grand dessin animé. mais c'est très « Looney Tunes » comme ambiance, avec vraiment ce zombie qui se promène un peu partout, qui fait tout tomber sur son passage, et tout le monde crie très, très fort.
– Deuxième degré.
– Complètement. Il y a beaucoup, beaucoup de comédies horrifiques.
– Comment est-ce que vous définiriez, puisque c'est le titre de votre ouvrage, « Monstrueuse », comment est-ce que vous définissez un monstre ? Qu'est-ce que c'est un monstre ? Vous avancez plusieurs thèses, d'ailleurs.
– Oui, alors c'est très difficile de définir le monstre, surtout avec le temps qu'on a là. – Il y en a peut-être sur ce plateau, d'ailleurs. – Voilà.
– Non, non, ne bougez pas, allez-y.
– Parce que le monstre, c'est forcément quelqu'un qui est en dehors de la norme, qui fait peur, mais ça peut être pour des milliards de raisons, c'est-à-dire qu'on peut se retrouver soi-même à être désigné comme monstre alors qu'on n'en est pas un et qu'on n'a pas des intentions monstrueuses. Et un exemple classique qui est sur la couverture, c'est la créature de Frankenstein, qui n'est pas un monstre, il est victime avant tout. Le vrai monstre de l'histoire, c'est Victor Frankenstein. – Blanche. – Il y a une autre figure qu'on essaie de réhabiliter depuis quelques années maintenant, c'est la figure de la sorcière.
Est-ce que vous faites un lien entre cet univers monstrueux et cette figure de la sorcière-là ? Est-ce qu'elle vient participer à cet environnement que vous décrivez dans votre livre ? – C'est exactement le même effet que les films d'horreur ont sur les fans de films d'horreur, c'est-à-dire que ça s'adresse à des gens qui se sont sentis en manque, en déficit de pouvoir pendant des années, et pour une fois, on leur dit « Hé, regarde, là, il y a du pouvoir, là, tu peux utiliser des trucs qui ont été utilisés contre toi pendant des années et en faire une vraie arme et une vraie motivation. »
– Vous dites vous-même que vous avez ce que vous appelez des films doudous, des films d'horreur qui sont des films doudous, donc vraiment, ça vous fait du bien, ça vous fait du bien ? – Oui, oui. – C'est quoi ? C'est quel genre de film et pourquoi ça vous fait tant de bien ?
– Alors, pour moi, c'est essentiellement les films avec lesquels j'ai grandi et notamment ceux qui ont accompagné mon adolescence, parce qu'évidemment, ce qu'on découvre à l'adolescence en termes de culture, c'est ce qui nous marque le plus, c'est ce à quoi on revient le plus souvent. Et voilà, moi, j'aime beaucoup les slasher, les teen movies, j'aime beaucoup les histoires de vampires, je suis très fan de Blade, je suis très fan de The Crow, j'aime les héros torturés qui ont une espèce de métissage en eux qui est monstrueux, qui fait écho à mon métissage en moi, qui m'a été désignée comme monstrueux pendant très longtemps.
Donc voilà, c'est ma revanche. – On découvre aussi en vous lisant qu'il y a des tas de façons d'aimer, d'adorer soit les films d'horreur, soit les monstres, d'être intéressés par les monstres. Il y a notamment une catégorie qui s'appelle les thératophiles.
– C'est ça, il peut y avoir… – C'est quoi les thératophiles ? – Alors c'est des gens qui ont une attirance sexuelle et ou romantique pour les monstres, voilà, et je suis fièrement membre de ce club. – Ah, vous c'est romantique ?
– Oui, j'aimerais rencontrer monsieur.
– Alors, il ne ressemble pas à un monstre de film d'horreur, mais il ressemble un peu à Billy Loomis, l'un des tueurs de screen, donc ça me va, voilà.
– Il faut bien préciser, vous l'écrivez d'ailleurs, que le fait d'être attiré, d'aimer les monstres, c'est pas du sadisme, c'est pas au contraire, ça n'a rien à voir avec ça, on n'est pas attiré par quelque chose justement qui fait peur ou qui fera du mal, c'est exactement l'inverse.
– Oui, ça commence comme ça, avec l'enfance et l'adolescence, on va chercher des sensations fortes de plein de manières différentes, et effectivement avec l'âge, j'ai plus du tout envie juste d'être traumatisée, j'ai pas envie de tester mes limites, j'ai envie juste d'être dans un univers qui ressemble à ce qu'il y a dans ma tête.
– L'autre nom des thératophiles, si je ne me trompe pas, c'est les Monsters Fuckers, c'est bien ça ? – D'accord, c'est bien ça. – Merci Taous Merakchi, il faut lire absolument monstrueuse, aux éditions La Ville Brûle, c'est absolument passionnant, merci à vous, un dessin de CAC.
– Merci, parce que c'est important, je pense, de nous rappeler qu'on a tous nos rêves d'enfant, parce que mon trauma d'enfance, quand j'ai compris que le Père Noël n'existait pas,
et moi c'est quand j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de monstres sous-monde. – Merci CAC, et c'est maintenant l'heure de retrouver notre ami David Castel-Lopez, en vrai sur le plateau, le voici en chair et en os, salut David. – Bonsoir Renaud. – Bienvenue David, chaque semaine vous venez nous parler d'un objet, vous vous posez des questions que pas grand monde à part vous ne se pose, il faut bien le reconnaître, vous y répondez de votre façon qui est souvent un tout petit peu absurde, votre chronique s'appelle Le Monde des Choses.
– Le Monde des Choses.
– Et ce soir David, vous allez nous parler du froid. – Oui, fabriquer du chaud, c'est facile, vous mettez le feu à un truc qui brûle et hop, ça fait du chaud. Fabriquer du froid, en revanche, c'est très difficile. La preuve, c'est que la production de chaud, ça date de L'Homme des Cavernes, la production de froid à la demande, ça date d'il y a 100 ans avec les premiers réfrigérateurs. Avant ça, la seule façon qu'on avait de créer du froid, c'était de mettre de la glace dans le voisinage de ce qu'on avait envie de refroidir, méthode qu'on utilise encore de nos jours pour le gin tonic, mais qui, avant l'invention du frigidaire, était utilisée partout.
En France, par exemple, au XIXe siècle, on importait de la glace de Norvège. Parce que oui, si vous mettez une tonne de glace dans ce studio, la température du studio va baisser, ça va devenir une sorte de gros frigo. Mais ça, ça a plusieurs inconvénients. Un, transporter une tonne de glace, c'est laborieux, et encore, je reste poli, et surtout deux, à mesure que le froid de la glace se transmet à la pièce, et bien la glace, elle fond, et quand il n'y a plus de glace, il n'y a plus de froid, et du coup, on est triste. Alors, pour en savoir plus, je suis allé, porte de Versailles, à Paris, pour assister au salon international du froid et de ses applications, le CIFA.
Et comme toujours, j'ai adoré. Parce que quand vous passez les portes du salon, vous entrez dans un monde parallèle. Un monde où le froid, ce n'est pas une chose parmi d'autres, c'est une obsession partagée par tout le monde. Partout dans les allées, il n'y a que des gens qui sont obsédés par le froid, des gens qui discutent des dernières tendances du froid, des gens qui écoutent des conférences sur le froid, et qui vendent leurs compétences sur le froid, à l'image de ces messieurs de chez Kiloutou. Ces messieurs de chez Kiloutou, ils louent des appareils qui servent à faire du froid en grande quantité. Et ils se présentent ainsi comme spécialistes du génie climatique.
Alors, génie climatique, c'est impressionnant comme expression. Moi, j'imagine un très grand monsieur dans le ciel avec une écharpe en nuage. Mais en fait, non, génie climatique, ça veut juste dire le chauffage et la clim. J'étais un petit peu déçu. Mais les gens de Kiloutou, ils m'ont expliqué plein de choses sur le froid. Et en particulier, ils m'ont expliqué que les réfrigérateurs, ils ne créent pas du froid. Ils enlèvent la chaleur qu'il y a à l'intérieur d'eux, et ils la rejettent à l'extérieur. Les frigos, si vous voulez, ce n'est pas des créateurs de froid, c'est des suceurs de chaud. Et plus ils enlèvent de la chaleur, plus c'est froid à l'intérieur. Merci, Kiloutou.
J'ai vu aussi des entreprises avec des slogans intéressants, comme par exemple, « Restons cool sans réchauffer la planète ». Des entreprises aussi avec des noms super, comme par exemple la Sogetube. Sogetube qui n'hésite pas à proclamer « We are Sogetube ». Sogetube, c'est une société spécialisée dans un seul produit, les tubes en cuivre. Renaud, combien de fois par semaine vous pensez à des tubes en cuivre ? Enormont. Environ zéro. Et bien eux, ils y pensent toute la journée depuis toujours. Et c'est vrai que si vous regardez bien, les appareils qui fabriquent du froid, ils sont tout fourrés de tuyaux en cuivre. Alors je vous connais Renaud, vous êtes pointu.
Vous allez me dire, « Attends, mais pourquoi du cuivre ? » plutôt que de l'aluminium ou de l'acier tremble ? J'allais vous le demander, David. Et bien parce que le cuivre a plein d'avantages. Ça conduit super bien la chaleur. Vous pouvez le tordre facilement sans qu'il casse. Et il résiste très bien à la pression et à la corrosion. Voilà, comme ça maintenant, vous savez. Et puis, à force de déambuler dans les allées du salon, je suis tombé sur un stand qui vendait un livre que le monde du froid attendait depuis longtemps. Je veux parler bien sûr de la 7e édition, de la pratique du froid, connue dans le milieu du froid francophone, comme le best-seller du froid.
Il était en vente sur ce stand pour la somme très raisonnable de 69 euros. Et donc, qu'est-ce que j'ai fait ? Eh bien, j'ai sorti 69 euros et je l'ai acheté et je ne suis pas déçu. Parce qu'à l'intérieur, c'est plein d'informations précieuses sur le froid. Par exemple, Renaud, vous me disiez encore l'autre jour, « J'aimerais bien me mettre au froid, mais je maîtrise mal les mélanges azéotropes. » Pas de panique, ce livre, il y a tout ce qu'il faut savoir sur les mélanges azéotropes. Et donc, je vous l'offre. Merci, on va combler mon week-end. Merci, David. J'espère que vous avez fait une note de frais. Vous l'avez ? Merci, David. Un dessin de CAC.
Oui, mais j'étais moi aussi au Salon du froid, alors je n'ai pas eu l'honneur de croiser M. Cassier-Lolobès. Mais j'ai croisé une autre visiteuse qui était là cette semaine. Merci à tous les amis. On se retrouve quand ? Demain, à la même heure, 20h05 ou ça, sur Arte, bien sûr, pour 28 minutes samedi, et son club international.
Mais attendez, Renaud, je crois que CAC a encore un petit dessin pour vous.
Allons-y. Oui, pardon, je ne vais pas vous enlever le mot de la fin, Renaud. Mais disons que c'est tout pour aujourd'hui. Nous sommes le vendredi 17 octobre, et ça fait une semaine que la France n'a pas changé de premier ministre. C'est vrai, ça, c'est vrai. En général, c'est le dimanche soir. On va attendre encore un peu. Merci, CAC. Merci à tous. Comme toujours, on va se quitter en musique avec un clin d'œil à notre invité de la semaine, venu tout à l'heure nous faire partager son amour des films d'horreur et des monstres. Eh bien, nous, on va carrément aller danser avec le diable et le grand orchestre du splendide La Salsa du Démon. Tchuss !
Mathilde Panot