"Je suis à LFI parce que je suis une révolutionnaire” | Danièle Obono
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je suis à la France insoumise parce que je suis une révolutionnaire. Aujourd'hui, face à la question de l'islam et la question de la Palestine, il y a une offensive réactionnaire. Nous, notre objectif, c'est d'être majoritaire dans le pays. Et aujourd'hui, je pense, pour des millions de gens, la gauche, c'est nous. Et on ne cède rien à ça, quoi. Et aujourd'hui, tu as des camarades qui sont encore plus, plus, plus radicaux sur ce genre de question. Moi, je dis « Ah ouais, ok, ok ». Ah, maintenant, c'est comme ça.
Bienvenue dans ce nouvel épisode du Fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir la députée de Paris et candidate au municipal à Paris dans le 18e arrondissement, Daniel Obono. Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. Comment ça va ?
Ça, oui, ça va. C'est le début de l'année. On a l'impression que ça fait déjà des mois et des mois que ça a commencé.
Nous, on est très content de te recevoir. C'est député de la France insoumise de Paris. Ça fait longtemps qu'on te voit à la France insoumise et qu'on te voit dans le paysage de gauche. Moi, je voulais, on fait ça souvent ici, revenir sur ton parcours. Comment tu t'es retrouvée en politique ? Qu'est-ce qui t'a politisé ?
Comment je me suis engagée en politique ? Ça date de mes années au lycée, globalement, où j'étais déléguée de classe. Je me suis organisée une première fois avec d'autres camarades de classe pour protester contre la présence de représentants de l'extrême droite du FN à l'époque dans les conseils d'administration des lycées. Parce que c'est à l'époque, ça date, c'est le XXe siècle. À l'époque, c'était une élection dans le sud, à Montpellier. Une élection régionale où la droite avait fait alliance avec l'extrême droite, déjà.
C'était précurseur.
Et du coup, ils avaient eu des élus. Et donc, comme c'est la région, des représentants dans les conseils d'administration des lycées. Et du coup, nous, on avait fait toute une mobilisation. On avait organisé une manif dans le lycée pour le jour du conseil d'administration. On était en prépa à l'époque. Du coup, c'est un an après la terminale, je crois. Et donc, on a réussi à faire en sorte que le OCA n'ait pas lieu et que le mec se barre. Donc, c'était première mobilisation anti-machiste et première victoire. Et donc, voilà, c'est comme ça un peu que j'ai commencé à militer. Et puis, c'était autour aussi du mouvement alter-mondialiste.
Parce que c'était l'époque où José Bové et la Confédération Paysanne mobilisaient contre les OGM dans les champs. Et puis, du coup, ils avaient démonté un McDo et ils avaient eu un procès. Et donc, c'est comme ça, en fait, que j'ai rencontré des militants politiques. Puisqu'on était allé aux mobilisations de soutien aux faucheurs des OGM, dont José Bové à l'époque. Un an après qu'ils aient démonté le McDo. Et donc, c'est là où j'ai rencontré les militants d'attaque. Et quand je suis arrivée à Paris, du coup, la rentrée de septembre suivant, on a rencontré avec les amis qui étaient montés à Paris aussi. Les militants qu'on avait vus dans le sud.
Et c'est comme ça qu'on s'est mis à militer dans le mouvement alter-mondialiste. Et voilà, c'est cette conjonction à la fois de la lutte anti-extrême droite et du mouvement alter-mondialiste qui m'a engagée, on va dire, en politique.
Du coup, très jeune, tu étais déjà intéressée par la question politique ?
Après, ce n'est pas si inédite que ça que quand on est au lycée, on fait les manifs. Et donc, on va dire que dans la période, c'était quelques années après le mouvement de novembre-décembre 1995. Je crois que c'était en seconde à l'époque. Et voilà, il y avait cette effervescence un peu de renouveau de mouvements sociaux après la chute du mur, le moment de retour de bâton et de la période supposément de l'histoire, etc. Et donc, en fait, on est quand même un pays où on a un mouvement social fort régulièrement et que des générations de lycéens, de jeunes se politisent à travers différents mouvements. Donc moi, ça a été à cette période-là.
Et dans ce moment-là particulier, justement, le début du mouvement alter-mondialiste qui m'a inspirée à son pays.
À cette époque, tu t'imaginais déjà députée ?
Non, mais parce qu'en fait, le paysage politique, quand même, était tout autre. C'est vraiment le monde d'avant. C'est-à-dire, bon, avec... C'était la droite au pouvoir, mais c'est la paix ultra-hégémonique à gauche. Avec, voilà, le BIP, RPR, PS, qui n'a pas d'espace. En tout cas, moi, je ne me suis pas politisée dans l'espace majoritaire, politique majoritaire, plutôt dans l'extrême gauche, en fait. se sont inscrits dans la dynamique, justement, du renouveau des luttes sociales des années 2000.
Et c'est donc plutôt, en fait, à la marge de la sphère institutionnelle et plus dans les mouvements sociaux que moi, je me suis retrouvée dans un espace où, du coup, le Parti Socialiste, en tout cas, en termes militants, était très peu présent. Et c'était plus les mouvements de gauche radicale et d'extrême gauche. Donc, voilà, ce n'est pas du tout un parcours militant comme d'autres générations ou d'autres profils politiques ont pu avoir, en passant par le syndicat, que ce soit dans le Parti Socialiste, les jeunesses socialistes, ou dans le Parti communiste, les législatives, etc. Ce n'était pas du tout ça.
Du coup, en rentrant tout de suite dans un espace politique et institutionnel que je me suis politisée. C'était vraiment les mouvements, quoi.
C'est quel moment où tu t'es dit, je veux aller dans la politique institutionnelle ?
Ce n'est pas tellement un moment, en fait. C'est que la période de ces années-là, c'est l'enchaînement, d'abord, de mobilisation. C'est le mouvement alter-mondialiste avec les forums sociaux européens. Enfin, moi, j'étais beaucoup impliquée dans le groupuscule gauchiste auquel j'appartenais, dans les mobilisations et l'organisation des cars pour aller à Gênes. C'était un moment assez marquant. La première mobilisation alter-mondialiste à Gênes, lors de laquelle un jeune manifestant, Carlo Giuliani, a été assassiné. Il y a eu une mobilisation incroyable en Italie. Enfin, l'Italie, c'était un truc hallucinant, quoi, de mouvements, de forces du mouvement social, etc.
Et 20 ans plus tard, c'est les fascistes qui sont au pouvoir. Mais ça dit aussi, justement, comment l'histoire, elle se joue et les rapports de force et l'existence d'une gauche solide fait la différence ou pas. Et du coup, c'est vrai que ce milieu dans lequel, moi, j'ai appris à la fois politiquement sur le fond les idées politiques marxistes de la théorie et en même temps, d'être dans des mouvements de masse, en tout cas, qui ont créé une résurgence d'inspiration en montrant qu'en fait, le fameux slogan « Un autre monde est possible », il vient de cette période-là.
Et il y a donc le mouvement alter-mondialiste, ensuite le mouvement anti-guerre, moi qui ai été marquant aussi, contre la guerre en Irak, d'abord l'invasion de l'Afghanistan et puis la guerre en Irak, 2003. Et on a participé à l'époque aussi dans les collectifs contre la guerre à mobiliser en France. Et donc, en fait, c'est comme ça que je suis arrivée à me poser la question avec d'autres de rejoindre 2002 avec le moment de l'extrême droite pour la première fois au second tour de l'élection présidentielle.
Donc, en fait, voilà, c'est cette articulation entre ce qui se passait dans les mouvements au niveau international, tous ces débats entre mouvement social, mouvement politique et la situation en France aussi, qui était l'expression de ce moment-là. Donc, voilà, dans ces débats politiques, j'allais dire, franco-français, la question donc de... Nous, on s'était posé la question de l'unité des révolutionnaires à ce moment-là avec les résultats électoraux de... Nous, je disais, avec les camarades avec qui je militais à l'époque, les résultats électoraux de la première candidature Besancenot, puis la seconde, enfin tout ça a créé une réflexion.
Et donc, c'est à ce moment-là qu'avec d'autres militants d'extrême-gauche, on a rejoint, on a demandé à rejoindre la LCR à l'époque. Et ça a pris un peu de temps. Et donc, c'est en 2003 qu'on a rejoint la LCR. Et du coup, d'être impliqué dans la construction de cette organisation révolutionnaire. Et en fait, c'est comme ça. Dans les débats politiques de la question de l'unité des révolutionnaires à l'unité de la gauche radicale, il y a le mouvement qui se traduit politiquement, le mouvement intermondialiste qui se traduit politiquement au moment de la campagne contre le traité constitutionnel européen. Donc, ça crée cette dynamique-là.
Donc, en fait, c'est cet enchaînement, la dynamique des mouvements sociaux et des débats politiques qui m'amènent à me retrouver dans ces espaces-là, à défendre des positionnements en faveur, justement, de l'unité de la gauche radicale. Et voilà, arriver de fil en aiguille à la France insoumise. Et puis, du coup, à la France insoumise. Donc, voilà, ce n'est pas, j'allais dire, un objectif que je m'étais tracé ou autre. C'est plus l'implication dans les mouvements et les débats sociaux et politiques de la période de ces années-là qui m'a amenée, du coup, à m'entrouler, à construire, à finalement être candidate en 2017 à la France insoumise.
Vu que ton parcours, on parle beaucoup de ce passage des mouvements révolutionnaires intermondialistes au Front de Gauche et à la France insoumise. Je ne vais pas trahir un secret de politique, parce que c'est un peu le cas. Mais quand on connaît les gens de la France insoumise, etc., ils sentent une évolution de la ligne idéologique de la France insoumise progressive. Et beaucoup disent que c'est aussi grâce à ton travail, à toi, idéologique, que la France insoumise a évolué sur des questions décoloniales, sur des questions antiracistes, etc.
Est-ce que toi, tu sens que, de plus en plus, la France insoumise arrive à s'ancrer dans des combats qui, peut-être avant, n'étaient pas une priorité à l'époque des phrases type réconcilié, le fâché pas fâcho, etc.
En fait, je pense que, d'abord, pour moi, la France insoumise, c'est le produit aussi de l'histoire dont je parle, en fait. Je crois que la première fois que j'ai dû croiser Éric Coquerel, il participait, c'était poste, je ne pense pas que j'ai croisé beaucoup de militants qui étaient OPS à l'époque, parce que, du coup, ce n'était vraiment pas les mêmes sphères. Mais à partir de 2005, en fait, je me rappelle d'ailleurs, la première fois où j'ai, entre guillemets, entendu parler de Mélenchon, c'était une camarade, Marie, qui m'avait dit « Ah ouais, je vais aller à la réunion publique, il y a Mélenchon, il parle trop bien et tout. » Et nous, on était dans les débats de l'extrême gauche, etc.
Mais à partir de ce moment-là, en fait, beaucoup de gens qui sont partis du Parti Socialiste, avec Jean-Luc Mélenchon et d'autres, et puis se sont retrouvés. En fait, cet espace-là de la gauche radicale a évolué aussi dans son ensemble parce qu'il s'est passé des choses. Il s'est passé en 2005, la révolte après la mort de Ziedébouna. Et puis, voilà, les mouvements aussi, l'auto-organisation du mouvement antiraciste sous différentes formes, qui a aussi bousculé et interpellé la gauche.
Et puis, la réalité d'un pouvoir qui, déjà pendant la période Sarkozy, mais surtout depuis Macron, assume une violence sociale et qui s'est particulièrement aussi attaquée aux quartiers populaires, aux immigrés, etc. Et qui, en fait, a obligé, et avec une islamophobie de plus en plus explicite et décomplexée, qui a obligé, en fait, les uns et les autres à prendre position.
Et en fait, dans la France insoumise, il se trouve que, moi, si je pense que je suis à la France insoumise parce que je suis une révolutionnaire, et je pense que cette organisation-là est une organisation et un mouvement révolutionnaire, pas au sens que peuvent avoir, et ça, c'est des débats de la gauche et de la gauche avec la gauche radicale depuis, j'allais dire, toujours, quoi, mais qui a pour vocation de mener un changement total dans la société et à prendre le pouvoir pour mener ce changement. Et donc, pour moi, en fait, je continue à être la même révolutionnaire dans un cadre et dans le cadre où on a le plus de moyens et d'opportunités d'arriver à faire ce changement.
Et en fait, ce mouvement-là, avec l'objectif qui s'est donné, notamment celui d'être un mouvement populaire et qui s'adresse au peuple et qui organise et qui s'organise avec le peuple, à un moment donné, en fait, il a été confronté à la réalité de ce qu'est ce peuple-là. Et je pense que c'est à la fois la nature du mouvement et de la stratégie qui s'est donnée qui a amené ces militants et ces dirigeants à un moment donné être confrontés, au limite peut-être, de certaines idées ou certaines analyses.
Je pense que quand le groupe, en 2017, le groupe des 17 est constitué et où on se retrouve à avoir une partie, au moins 5-6 députés qui sont élus dans des villes populaires, des quartiers populaires qui votent massivement pour Jean-Luc Mélenchon et pour ses députés, etc., et que ce sont des électeurs, des habitants qui portent des revendications, qui ont une histoire et qu'on a l'intelligence d'écouter et de ne pas juste plaquer son analyse théorique, on se rend compte que le rapport, y compris par exemple avec l'institution policière, face à le déni des droits que ça suscite, face aussi aux mobilisations, et je pense que sur ces questions-là, par exemple, ce qu'on construit, les mouvements comme le collectif Justice pour Adama, le mouvement Vivolet et l'organisation des familles de victimes de violences policières, qui interpellent à un moment donné, vous êtes élus, vous êtes députés, sur ces questions-là, ça oblige à prendre position.
Et donc c'est ça en fait, je pense que c'est à la fois le fait que la nature du mouvement a permis que des gens un peu différents rejoignent avec une diversité d'approche, et y compris, moi je disais, au départ, la France insoumise, il y avait des gens, voilà, c'était des Kousmanovic et des Obono, quoi, donc voilà. Pour ne pas le citer ? Après, oui, mais il y avait ce qui a permis que moi j'y sois, à un moment donné, c'est aussi parce qu'il y avait, ce qui nous rassemblait, c'était le programme et sur une base qui était suffisante pour être porté et assumé par tout le monde, même si on n'était pas d'accord sur tout dans le détail.
Et après, ce qui a construit le mouvement, c'est d'être confronté et de faire des choix. Et en fait, voilà, il y a des choix qui ont été faits et qui ont aussi clarifié, et fait qu'il y a des gens qui sont restés sur leur positionnement et à qui l'évolution du mouvement n'a pas convenu et qui sont partis par ailleurs d'eux-mêmes à un moment donné parce qu'il y avait un rapport de force qui s'est institué, mais pas, j'allais dire, ce n'est pas une personne ou moi qui, je ne sais pas, aurait convaincu, je ne sais pas quoi. En fait, c'est simplement, on est des militants politiques, des élus et des responsables.
Quand tu dois décider, qu'est-ce que tu fais quand il y a une mosquée qui a attaqué des gens qui sont ciblés, tu peux dire ce que tu veux, islamophobie ou pas islamophobie, en fait, si tu es militant politique de gauche, tu dis, est-ce que je suis aux côtés et je défends ces gens-là et je ne suis peut-être pas d'accord avec tout ce que portent tous les gens qui veulent se mobiliser, mais je suis là avec les gens. Et donc, c'est aussi ça, en fait, qui a fait, je pense, évoluer le mouvement et en fait, la capacité de se dire et ça, je pense que c'est une de nos forces.
On est d'accord sur le programme et on est ouvert, en fait, au fait qu'en tant que mouvement, on ne demande pas d'être d'accord sur toute l'histoire de la lutte des classes et de toutes les théories. Voilà, c'est ça qui fait la différence. Je pense que la forme-mouvement, elle permet aussi de... Et c'était ça aussi l'objectif, que viennent des gens qui ont une culture politique, une histoire très longue comme des gens qui n'en ont pas. Et ça fait, des fois, une hétérogénéité qui n'est pas simple à gérer.
Mais ça fait aussi une forme de, je trouve, de liberté de pouvoir arriver comme on est et de se dire, à la différence, en tout cas, moi, mon expérience des organisations d'extrême-gauche, où il fallait être d'accord à la virgule près et qu'on se split à la moindre... Bon, c'est un peu une caricature, mais pas comme ça. C'est encore un... Bon, j'ai un beau aspect pour les camarades, mais l'histoire récente de l'extrême-gauche montre que, voilà. Bref. Donc, voilà. Et je pense que c'est... Pour moi, c'est ce qui fait la force du mouvement et le fait que, encore une fois, on est un mouvement qui a un objectif clair, qu'il ne s'agit pas de... Voilà.
Encore une fois, d'être d'accord sur les 200 ans de l'histoire de la gauche internationale et française autour d'un programme. Et c'est ça, le programme. Et on est d'accord sur le programme et la mise en œuvre de ce programme-là. Et c'est ça qui fait que le programme, il s'est nourri aussi. Et c'est ça qui fait avancer. Je pense qu'aujourd'hui, le travail de la Boétie, tout ça s'est nourri aussi du fait que, quand on a été élu à 17, en fait, on a dû être aussi confrontés à prendre des positions. Le programme, il s'est nourri de ces prises de positions-là.
Et c'est ça qui a fait aussi évoluer, j'allais dire, intellectuellement et théoriquement, le mouvement de la France insoumise et qui a du coup donné de la force au fait de tenir sur un certain nombre de positions quand le vent réactionnaire, là, s'est accentué. Nous, on a été solides parce qu'on a fait ce travail-là de fond et par rapport aux vrais gens et au peuple, en tout cas, à travers le fait d'être impliqués dans les mouvements sociaux, d'être aux côtés des gens qui luttent. Et bien, les gens qui luttent, ils sont... C'est aussi bien les paysans comme ceux qu'on était allés soutenir à l'époque, il y a 20 ans, avec les camarades sur les questions d'OGM.
Aujourd'hui, c'est ceux de la coordination rurale, mais c'est les mêmes sujets, en fait. Pour moi, en tout cas, c'est mon histoire aussi. Alors, on pourrait se dire, au bono, qu'est-ce qu'elle a à foutre avec coordination rurale, mais en fait, quand je te parle d'être allée soutenir les faucheurs d'OGM, c'était les mêmes questions, en fait, de la mondialisation, du libre-échange. Donc, moi, je comprends et je connais ces sujets-là aussi bien que ceux de la question de la lutte antiraciste et des violences policières. Et donc...
Je pense que tu as participé à rendre ce mouvement. Peut-être qu'il y avait des gens racisés ou plutôt qui sont des militants contre l'islamophobie, etc., qui sentaient que c'était la France insoumise qui était la plus proche de leurs idées, etc., mais que maintenant, c'est un endroit aussi qui est... Je ne sais pas comment dire, mais c'est un safe space pour eux. Enfin, c'est un endroit où ils peuvent militer pleinement, où les gens se sentent légitimes d'aller rejoindre ce mouvement, etc., ce qui n'était pas le cas, par exemple, il y a plus que quelques années, je dirais quelques années, mais à l'époque où il y avait encore des positions assez...
Je ne sais pas comment je vais décrire, mais des positions assez... l'eye card sur le voile, sur plein de sujets comme ça. Je ne sais pas si tu ne veux pas t'attribuer cette chose, mais je pense que toi aussi, tu as participé à faire évoluer pas mal d'esprit.
Je pense que tous les militants... En fait, peut-être que ce qui fait partie un peu de la caricature, je ne dis pas que tu fais une caricature du mouvement, mais l'image qu'on a, c'est l'impression qu'un bloc, c'est tant mieux parce qu'en fait, c'est une force. d'être un bloc. Mais en fait, on débat tout le temps. Les débats qu'on a eus en 2019, 2020, 2021, ce n'était pas des débats simples. Et je pense qu'il y a encore des laïcars à la France insoumise. Moi, je ne le vois pas comme une insulte. Par ailleurs, c'est une sensibilité, une histoire, des gens qui ont cette approche-là.
Et en fait, moi, ce que j'ai appris justement à la France insoumise, c'est de se dire bah oui, en fait, on a des camarades qui pensent c'est quoi, qu'est-ce, quoi que tu penses ? La question, c'est aujourd'hui, une lycéenne se fait virer de son lycée parce qu'elle porte un... La bailleur ? Non, non, même pas la bailleur, l'histoire-là d'un calot parce qu'elle fait de l'alopécie. Ah oui, il lui en avait un justificatif de non-religiosité. Une dinguerie. Donc, tu penses que tu veux du voile, tout ce que tu veux, mais à un moment donné, non, mais c'est même pas là, à un moment donné, t'es de quel côté ? Et donc, pour moi, c'est ça.
Et du coup, tu peux être laïque car, penser que oui, quand même, etc. Ok, bon, moi, c'est pas... Voilà, je vais pas essayer de quoi que ce soit, ça m'intéresse pas, mais à un moment donné, voilà, est-ce que t'es aux côtés de cette jeune fille-là ? Est-ce que tu dénonces ça ? Et pour moi, c'est ça qui fait en partie notre force de dire on va pas... On n'a pas les mêmes histoires, les mêmes expériences, les mêmes approches, mais on va être d'accord sur l'idée qu'aujourd'hui, il y a une offensive réactionnaire, que la question de l'islam est une obsession raciste et qu'en fait, il faut combattre ça, quoi. Donc, tu vois, je me dis, ça, c'est...
j'allais dire, à ce moment-là, c'était déjà beaucoup plus clair et plus simple, mais sur la loi séparatisme, etc. En fait, c'est à chaque fois, le mou déterminait la ligne parce qu'on devait la décider à chaque étape, etc. Et donc, à chaque fois, il a fallu des débats. Des fois, ça n'a pas été simple. Des fois, il y a des moments, y compris très médiatisés, où on n'était pas d'accord sur des aspects. Il y a même des gens qui sont partis parce qu'ils trouvaient que c'était trop, etc. Mais donc, voilà, tout ça fait débat. Ce n'est pas quelque chose qui vient simplement.
Et comme je le disais, c'est aussi confronter au rapport de force global dans la société, à se faire interpeller par des gens, à se faire interpeller par des gens qui votent pour vous, qui sont des habitants qui disent mais en fait, ça, ce n'est pas possible, etc. Voilà, tu peux penser ce que tu veux en théorie, dans la pratique, en fait, c'est ta classe, c'est le peuple, c'est des gens normaux qui sont confrontés à de la discrimination, qui sont confrontés à des violences et c'est juste pas possible et tu ne peux pas juste rester en disant oui mais ou je ne sais pas quoi, tu prends position et je pense que c'est ça aussi qui a fait qu'on est arrivés.
Mais ce que je veux dire par là, c'est que rien n'est acquis et c'est une question de débat aussi, constant en fait, de volontarisme politique aussi en fait, pour mettre en œuvre tout ça. Ça ne veut pas dire que comme dans tous les espaces politiques et sociaux de manière générale, il y a à construire un apport de force pour qu'effectivement ce soit des espaces où chacun se sente bienvenu et à sa place et en vie.
Moi, je trouve qu'on a encore beaucoup de boulot à faire parce qu'on est encore nous-mêmes un mouvement qui est le héritier d'une histoire et qui fait qu'il y a encore beaucoup à faire pour que ce soit effectivement la place et les endroits où on se sente en sécurité et qu'on ait envie surtout qu'on ait envie de s'impliquer et de militer et de faire partie de ce mouvement-là. mais ça, c'est vrai sur les questions antiracisme comme les questions féministes, etc. et je pense qu'il y a encore du boulot. Après, on est une organisation cette année ça va faire dix ans qu'on existe.
Oui, très jeune.
On a l'impression que...
C'est le poids de la responsabilité d'être la seule organisation de gauche qui assume une rupture donc on a l'impression que...
Oui, en fait on a encore beaucoup à apprendre on va certainement foirer des trucs et il y aura des moments où on... on se posera des questions il y aura encore des débats C'est bien, ça permet de répondre à l'idée
que c'est l'ultra-verticalité de la France insoumise c'est pas vraiment ça il y a beaucoup de délibérations de débats internes
Il y a des débats mais c'est vrai que c'est l'articulation de ces débats-là qui ont lieu dans les moments et les espaces qui sont faits pour mais nous on ne croit pas que l'espace du débat politique public soit un espace où voilà on peut on peut discuter de tranquillement extrait en fait on est aussi dans un rapport qu'on assume et on dit en fait c'est nous les médias ou les débats c'est pas nos amis je veux dire quel est l'intérêt de mettre en scène en plus d'abord ça n'intéresse absolument personne le grand nombre les gens en fait il n'y a que les militants politiques qui pensent que leur débat interne intéresse ou sont intéressants des gens en vrai les gens ils se disent bon bah en fait tu vas faire quoi voilà après je ne veux pas dire oui il y a les débats politiques et on organise des débats politiques etc.
et qu'il y a plein de gens mais ce que je veux dire c'est que en fait voilà le fonctionnement interne des partis c'est pas la première chose que les gens se disent etc. c'est quoi les débats qu'il y a donc c'est aussi l'idée que bah oui il y a aussi de la de la de la verticalité parce qu'on est une organisation qui a un objectif justement on n'est pas le congrès éternel de la tendance je sais pas quoi qui passe son temps à discuter etc.
enfin notre objectif c'est de prendre le pouvoir donc il faut être organisé et donc il faut aussi avoir une cohérence parce que en fait si tout le monde va dans tous les sens en fait on ne comprend plus rien les gens ne comprennent plus rien c'est toujours de se penser en fait qu'est-ce que à qui on s'adresse et qu'est-ce que les gens entendent et est-ce que ça donne de la force ou ça démoralise quoi les gens qui passent leur temps à se pouiller à dire pique-ponde les uns des autres etc. alors peut-être avec de bonnes raisons mais en fait franchement les trois quarts des gens ça les renforce sur l'idée bah voilà
c'est le truc de partie voilà
ils passent leur temps à se pouiller la gueule enfin nous on a suffisamment de difficultés dans la vie pour pas avoir à se taper et surtout ça décrédibilise donc oui on est un mouvement qui a une stratégie claire et fait bloc parce qu'en fait on est dans un rapport de force on est dans une lutte de classe et où et où il n'y a aucune bonne foi de qui que ce soit à notre rencontre surtout qu'ils ont décidé que c'était nous les ennemis publics de Mérin donc oui c'est aussi une stratégie politique et ça ne veut pas dire et ce qui fait la force et pourquoi on peut faire bloc c'est précisément parce qu'on est en capacité d'avoir des débats entre nous de clarifier les débats et d'être convaincu en fait à un moment donné pas sur tout mais de dire bon voilà les choses sur lesquelles on est d'accord et voilà les choses sur lesquelles on se bat ça ne veut pas dire qu'on n'a pas bien sûr et je pense qu'on est aussi la force où il y a une diversité de profils d'histoires et de figures publiques entre guillemets assez différentes et pourtant qui arrivent à dire la même chose avec des sensibilités différentes et je pense que ça aussi c'est une force
et si vous en avez marre des médias qui passent leur temps à couvrir les 37 congrès du PS et les 12 chats de Marine Le Pen vous pouvez continuer de soutenir le média qui vous propose des thématiques de fond et des émissions de cette qualité sur soutenez.lemédiatv.fr voilà c'était le moment tu m'as donné la transition j'étais de vite à l'heure en train d'essayer de te placer
pour les médias dans la suite
indépendants je voulais te demander du coup retour sur ton parcours on a dégassé un peu mais c'était très bien c'était quoi le moment le plus marquant de ta carrière politique de ton de ton de ta trajectoire politique
alors c'est toujours dur dire c'est quoi les moments enfin c'est pas c'est pas un moment en fait comme je disais moi quand j'ai commencé à militer l'expérience de Gênes et du sommet du G8 à ce moment là pour moi elle est c'est un tournant quoi parce que c'est c'est à la fois en fait la violence de l'état et et vraiment la violence physique quoi parce que l'époque c'était la pression était brutale c'était brutale et c'était vraiment une question de tu vois à quoi sert la police l'état pour protéger le capital enfin c'était aussi caricatural de ça mais c'était vraiment ça en fait et puis la mort de Carlo Giuliani et aussi la capacité de mobilisation des organisations italiennes à ce moment là notamment Refondation et Communista qui fait venir des dizaines de milliers de tout le pays le lendemain pour manifester enfin ça c'est une expérience sur la force de l'organisation et puis le fait de dire à un moment donné voilà il faut être organisé et c'est aussi la question de la ligne politique c'est à dire qu'à ce moment là dans la soirée après le meurtre de Carlo en fait t'as des débats de dire qu'est-ce qu'on fait est-ce qu'on arrête et puis voilà c'est où on continue et en fait les dirigeants politiques et notamment de la gauche radicale disent ben on continue quoi on lâche pas en fait on recule pas quoi et au contraire on fait une démonstration de force donc ça c'est une leçon assez marquante pour moi à plein de niveaux de la force des mouvements du mouvement social la force du collectif et la question du rapport de force politique après après j'allais dire le moment aussi assez lunaire mais aussi éclairante quand on éclate l'affaire Benalla à l'Assemblée et où on vit des heures assez enfin voilà un autre moment où tu vois le pouvoir qui est l'affaire Benalla et ensuite les gilets jaunes aussi c'était assez donc il y a plein de moments comme ça il y a le moment de la bataille contre la réforme des retraites à l'Assemblée aussi et puis les mobilisations les mobilisations quoi d'être en capacité de mobiliser autant enfin voilà il y a plein il y a plein de moments mais j'allais dire bon si je devais choisir un moment c'est j'aime parce que parce que ça rassemble à la fois mobilisation sociale et direction politique quoi
et forcément tu me vois arriver c'est quoi à contrario ta plus grande déception politique
la plus grande déception bah j'allais dire on va pas parler de déception politique il y a beaucoup de frustration voilà il y a beaucoup de frustration d'être député je sais pas ce qui était pire d'être 17 ou 71 et d'avoir 17 c'était violent quand même parce que parce que c'est pas non j'allais pas dire que c'est de la déception mais en fait c'est c'est c'est usant
oui
en même temps je pense qu'on a fait on a fait voilà c'est une expérience assez assez puissante quoi de la démonstration de force qu'on a réussi à faire mais la frustration ouais c'est d'être d'être minoritaire et de voir de voir ces gens qui font n'importe quoi qui disent n'importe quoi la plupart du temps qui comprennent même pas pourquoi ceux qui votent mais ils votent parce qu'il faut voter que surtout voilà le premier mandat où ils étaient ultra majoritaires et en fait ils t'expliquaient mais pourquoi est-ce que vous parlez là il faut voter t'as l'impression mais en fait ça s'appelle le parlement c'est ça c'est écrit dessus quoi et donc c'était ouais ça c'était c'était c'était très c'était très dur et puis bon en fait le décalage le passage de militants politiques à élus à députés enfin donc voilà c'est des moments assez assez assez particuliers et j'allais dire les autres moments après ouais après à partir de 2022 c'est oppressant encore une fois c'est pas les déceptions mais ce qui était oppressant c'est de voir le nombre des fascistes en face ça fait un choc et je pense qu'à un moment donné c'est la première fois où je me suis sentie en insécurité et c'est parce que c'est vraiment un truc physique de se dire c'est pas juste le nombre de députés le fait qu'ils sont nombreux c'est les députés les collabs enfin c'est beaucoup de monde
tu sens les regards tu sens quand tu
et du coup ouais c'est et tu dis en fait voilà et tu vois les macronistes qui voilà qui ont fait en sorte que ça passe d'une poignée à ce bloc là donc voilà ça c'est ça c'est les sensations là c'est c'est très en fait ça rend bien vénère et en même temps voilà c'est
c'est le fait d'être coincé dans un ascenseur avec eux des fois tu te dis ouais après bon après
pour moi c'est pas ça individuellement après les gens c'est des gens c'est plus la locauté d'abord de bloc là tu vois le nombre qui sont et puis la manière dont à chaque fois tous les débats ils vont sortir des horreurs et que voilà et pour moi c'est devenu y compris physiquement insupportable ils ont bien investi
l'assemblée aussi ils ont ramené leurs partenaires enfin frontière maintenant ils sont toujours là ah oui non mais tu vois
voilà et comment en fait tout enfin toute la Macronie a permis ça a légitimé ça et continue à légitimer quoi bref donc voilà transition parfaite
on ne peut pas ne pas parler de ça les attaques racistes que tu subis au quotidien c'est d'une violence inuit et on ne peut pas s'y habituer j'imagine c'est impossible mais surtout c'est c'est un volume d'attaques qui est impressionnant comment tu fais pour gérer ça au quotidien comment tu arrives à enfin récemment j'entendais encore même les gens qui sont les plus modérés au lieu de te défendre là dessus ils t'accusent j'entendais Jean-Michel Apathy sur quotidien qui disaient qui disaient qui disaient que t'étais en train de il l'a pas dit mais il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée il voulait dire que tu faisais du racisme anti-blanc c'est ça qu'il voulait dire
non mais ça à la rigueur c'était même pas tu vois j'ai même pas répondu à ce truc que j'ai vu les fachos essaient de faire monter un peu la sauce là dessus et on voit qu'ils ont une stratégie d'attaquer de cibler les élus de la France insoumise notamment les élus racisés t'as une stratégie là d'aller laisser de et bon bref quotidien Apathy qui fait le lit de tout ça ça m'intéresse pas trop mais par rapport à ce que à ce que tu notes sur la violence raciste et y compris sexiste parce que il y a une misogynoire aussi spécifique y compris je pense notamment sur les réseaux sociaux il y a des des chercheurs qui montrent ça que les les personnes les segments les plus attaquées ce sont les les les les femmes noires et qu'il y a vraiment une intersection entre le racisme et le sexisme mais de manière générale en fait là c'est un des des des objectifs de la campagne qu'on mène en ce moment la campagne antiraciste avec l'appel à des témoignages et qui montre que oui en fait il y a un niveau de de violence dans les espaces donc notamment numérique réseaux sociaux pour les différentes raisons et tu vois comment aussi le la prise de pouvoir de l'extrême droite le changement des agroïdes enfin tout ça alors c'est c'est pas c'est pas l'expression de la réalité exacte mais ça ça dit aussi la permissivité ce qui est permis par ceux qui possèdent les réseaux sociaux ceux qui possèdent les médias et donc il y a un niveau de violence moi en fait quand on a été élus là aussi c'était un cadre particulier on était 17 j'étais la seule enfin il y avait Jean-Yves Gratnon qui est député de de la réunion et moi on était les deux seules personnes racisées du groupe et donc en plus comme on a été ciblées parce que c'était les insoumis et c'était les petits groupes etc donc c'est vrai que j'ai été exposée entre guillemets tout de suite avec voilà des polémiques après polémiques jusqu'au jusqu'au à l'article de de de de valeurs actuelles mais en fait voilà dès le dès le début du du du du du mandat ça avait été j'avais été ciblée là-dessus et en fait il y a d'abord le fait de se dire que c'est c'est c'est une une attaque politique pas pas simplement déjà les individus qui mettent des messages racis mais en fait ça participe d'une stratégie politique qui vise à invisibiliser et à disqualifier toutes les voix qui ne rentrent pas dans le cadre c'est à dire y compris en tant que femme noire je ce qui est acceptable pour pour pour ma ma condition c'est pas d'être députée et de l'ouvrir et d'être de gauche etc on veut bien une femme noire qui illustre tel ou tel stéréotype ou qui reste à sa place comme comme l'écrit Rocaia Diallo mais pas dans d'autres cases donc en fait déjà le fait de comprendre les ressorts et la dynamique ça aide en fait aussi à comprendre pourquoi ça veut dire qu'on est au bon endroit pour là où ça fait mal et que c'est un enjeu du coup et c'est une responsabilité d'y répondre politiquement et donc ça clarifie aussi et ça renforce la nécessité du combat politique antiraciste féministe donc et pour moi ce qui a été fondamental c'est d'être dans un groupe où on fait bloc quoi tout simplement y compris à des moments où les polémiques essayaient justement de d'utiliser voilà enfin voilà la règle c'est bon vous êtes peut-être pas convaincus sur telle analyse extra mais en fait on laisse rien passer quoi enfin ça c'est une règle et je pense que c'est une de nos forces aussi c'est à dire que on laisse rien passer les camarades c'est une attaque politique et on cède à rien à ça quoi et après voilà on a les débats et en fait les débats ils ont clarifié ils ont et voilà au final je veux dire aujourd'hui t'as des camarades qui sont encore plus plus radicaux sur ce genre de question moi je dis ah ouais
ok ah bah attends c'est comme ça
voilà non mais voilà et moi je pense que c'est ça qui le collectif et le fait voilà d'avoir une solidarité politique encore une fois c'est bon individuellement humainement bien sûr mais c'est politique en fait c'est pas juste parce qu'on t'aime bien ou quoi c'est parce que en fait c'est un c'est une compréhension collective d'une attaque politique et que là dessus on cède pas quoi et ça en fait tu dis bon ok pareil je suis au bon endroit parce que parce que je suis avec des gens avec qui en fait voilà on sait qu'on se bat ensemble et qui te laissent pas voilà qui te à la première attaque ils commencent pas à trembler des genoux là à bafouiller parce que voilà en fait et à ce moment là c'est un certain nombre de questions y compris par rapport à des camarades qui étaient peut-être pas ah ouais c'était peut-être fallait pas mais en fait ça on se le dit mais face aux attaques tu lâcherais encore et je pense que pour moi c'est ça qui a fait et puis bon après de faire aussi le bloc collectivement pour pour se protéger et puis aussi se saisir à un moment donné c'était ça aussi le choix de porter plainte c'est aussi de se dire en fait oui c'est un combat politique mais la question du droit et de la justice c'est aussi une arme politique en fait c'est le produit de lutte et de combat gagné sur la reconnaissance de la question du racisme même si c'est encore très très limité qu'il y a des biais tout ce que tu veux mais d'être aussi dans une position où j'ai les moyens de mener cette bataille-là sur ce champ-là ce que n'ont pas beaucoup de gens et donc du coup d'en faire aussi un élément de l'offensive et de la riposte en fait et donc c'est individuel et c'est politique et d'être réussi d'avoir réussi à reconstruire un cadre politique dans le mouvement dans le groupe où voilà on a pu enfin on déploie maintenant une riposte et donc c'est aussi ça le fait de se dire quand on se fait attaquer là-dessus c'est pas juste t'as pas à répondre juste toute seule en fait et comme c'est comme c'est une attaque politique la réponse elle est collective et c'est ça qui te donne confiance que en fait on se laisse pas voilà on se laisse pas attaquer sans réagir et non seulement on se protège mais on fait reculer aussi cette offensive-là qui attaque qui attaque d'autres encore de manière encore plus violente parce que les autres personnes n'ont pas le capital symbolique et les moyens matériels de se protéger quoi
je voulais revenir là sur le début de la question parce que du coup on a parlé de ce qu'a dit Jean-Michel Apathy et sur le concept même de racisme anti-blanc là récemment pour un article j'ai étudié le concept de fragilité blanche et je sais pas si c'est quelque chose dont on parle beaucoup en France mais du coup il y a des chercheurs américains j'ai oublié leur nom mais on vous les met dans la description mais qui ont vraiment écrit un bouquin dessus pour expliquer c'est quoi comme concept parce que j'ai l'impression que les personnes blanches même quand elles sont bien intentionnées sur les questions anti-raciste etc dès qu'on utilise le terme de blanc il y a un blocage où on n'arrive pas à parler c'est à dire ils se sentent personnellement agressés comment on l'explique comment on fait pour expliquer que c'est pas méchant c'est pas quelque chose
en fait je pense que ça c'est la réaction de tous les dominants au sens là aussi basique du terme en fait et c'est vrai je pense que quand t'es une femme et quand t'es une féministe et quand t'es une militante des droits des femmes dans les années à 50-60 et que tu commences à dire ah ouais quand même etc bah en fait les hommes ou individuellement et collectivement et d'ailleurs c'est encore le vrai aujourd'hui je ne sais pas pourquoi je parle des années 50-60 parce que non mais voilà c'est ça que je veux dire c'est que ça je pense que c'est une réaction de protection en fait parce que tu mets à nu quand tu dis moi je me rappelle j'y repensais récemment la première fois où j'ai dit le mot blanc dans un cadre politique c'était encore j'étais à l'ALCR à l'époque je me rappelle deux camarades en plus qui se reconnaîtront qui écoutent ça qui étaient là et qui étaient choqués parce que j'avais parlé des féministes blanches à l'époque et j'ai l'impression d'avoir sorti par une
un gros mot quoi
mais en fait ou alors mais je pense que c'est parce que ces caractéristiques là elles renvoient à des conditions qui sont des conditions ou des caractéristiques de domination en fait parce que le noir le blanc etc n'existe pas ce sont des catégories raciales qui ont été construites pour assurer la domination donc oui le noir ou l'arabe ou le musulman ou le juif ce sont des catégories de dégrinement d'assignation et de discrimination donc dire le mot c'est un peu briser la fiction de color blindness comme on le disait l'absence de couleur etc c'est briser en fait la fiction universaliste ou égalitaire donc c'est pour ça que du coup la réaction d'essayer de se sentir attaqué et c'est vrai donc sur les questions anti-racistes comme les questions féministes comme sur les questions d'identité sexuelle et voilà et il y a toujours cet argument voilà on parle de racisme anti-blanc ou de sexisme anti-hommes ou il y a même des gens là qui disent les hétéros maintenant sont minoritaires ou on n'a plus le droit d'être hétéro enfin bref donc je pense que voilà ça fait partie de ces mêmes mécanismes et c'est pour ça que c'est important je pense en fait ça dépend à qui tu parles et dans quel contexte c'est-à-dire que moi je peux prendre le temps d'expliquer parce que parce qu'en fait c'est ce que c'est ce qu'on explique dans les formations qu'on fait que je fais sur la question du racisme anti-racisme la question de la race comment on déconstruit ça en fait c'est parce que les gens ils ont été socialisés comme ça en fait et donc du coup bah ouais en fait tu fais du travail politique donc tu expliques de quoi tu parles et puis dire bah en fait blanc, noir enfin voilà c'est des cas de etc la question c'est comment tu l'utilis si tu dis pour dire sale noir ou etc bah tu vois bien que c'est pas la même chose de dire bah en fait il y a des blancs il y a des noirs ok ça renvoie à quoi après je pense qu'il y a des moments où y compris peut-être dans des cas plus mi-temps t'as envie de dire aux camarades bon en fait faites un peu d'effort quoi je veux dire aujourd'hui il y a de quoi faire et instruisez-vous un peu enfin j'allais dire la question de comment réagir après ça c'est individuellement mais collectivement c'est pour ça qu'il faut et ce que je disais que même dans les espaces où il y a accès à un savoir académique etc qui sont censés être politisés bah en fait il y a toujours un travail de formation et de déconstruction et ça par contre ça doit être pris en charge collectivement et c'est pour ça moi je trouve que c'est important ce qu'on fait dans le mouvement avec notamment l'institut la Boétie et le cursus de formation etc de dire en fait on prend charge collectivement la formation politique et le fait que ça repose pas sur les personnes concernées qui prennent la charge mentale supplémentaire de devoir passer son temps à expliquer dit bon en fait non en fait on organise ça collectivement et on forme et on donne les outils et en fait c'est aussi une responsabilité collective que de se former et d'être formé sur ces questions là quoi parce que ça peut pas être à chaque fois les meufs les racisés noirs et arabes qui passent leur temps à expliquer aux dominants non mais tu comprends etc dans la vidéo
à laquelle réagit quotidien t'es à la fête de l'humain c'est ça non c'est la fête de l'humain où tu dis que
la représentation
à la fête de l'humain et tu commences par dire bon désolé c'est vraiment encore tu sens que t'es encore obligé de le dire parce qu'il y a personne qui le dit que c'est majoritairement des blancs qui sont représentés à la fête de l'humain
après ce qui est vraiment bon c'est que c'est vraiment une table ronde super intéressante en fait le titre de la table ronde c'est démocratiser la politique représentation des femmes personnes racisées minorité de genre je veux dire c'est écrit dessus c'est de ça qu'on va parler je veux dire on n'est pas arrivé masqué il n'y a personne c'est pas un truc une dinguerie qui est sorti en fait c'est littéralement démocratiser la politique et du coup la représentation donc si on se pose la question c'est que il y a un problème pour les femmes pour les personnes racisées pour les minorités de genre tu te dis bah ouais et donc en fait quand on est un peu conscient tu te dis dans tous les espaces et en fait je veux dire c'est plutôt intéressant de se dire on se pose la question dans nos propres espaces dans nos propres organisations et de reconnaître qu'il y a aussi ces mécanismes là de domination etc et comment on les déconstruit et tu es dans un espace ou un moment où tu te sens suffisamment libre pour pouvoir avoir cette discussion comme quoi même quand même quand tu es dans des espaces comme ça après moi je pense qu'il faut aussi comprendre il y a une stratégie de l'extrême droite qui vise à empêcher ces débats là parce que justement il y a eu des avancées alors c'est pas des avancées enfin c'est pas suffisant mais on a eu aussi parce qu'il y a eu des mobilisations des personnes concernées des sujets qui sont portés des travaux de recherche qui ont permis de légitimer ce que disaient depuis des décennies les personnes concernées etc mais bref des institutions comme la défenseur des droits la CNCDH etc qui ont parlé de racisme systémique de discrimination systémique etc donc on a une réaction voilà c'est le retour de bâton réactionnaire qui vise à disqualifier et c'est pas simplement l'extrapoir sur les réseaux sociaux la fachosphère mais je veux dire quand Macron pendant les mobilisations contre les violences policières explique que les jeunes étudiants sont manipulés par les professeurs dans les universités il y a eu une attaque du pouvoir de la Macronie contre la recherche contre les travaux contre les sciences sociales contre les universités donc il faut aussi enfin je pense que c'est important de comprendre ce mouvement-là et c'est ce qui se passe aux Etats-Unis d'Amérique l'international réactionnaire et c'est la nature même des mouvements d'extrême droite fasciste et de ce truc-là c'est de remettre en cause et de faire reculer la conscience la connaissance le savoir et parce qu'en France ce qu'on a réussi des sujets sur lesquels on a réussi à avancer ça fait l'objet du coup de la réaction et puis il y a quelques idiots utiles qui aident à ça et qui légitiment ça mais je pense que c'est important de voir que il y a une offensive et c'est une offensive politique et donc oui du coup dans ce moment-là je pense que c'était un moment extrêmement riche avec des témoignages et en fait c'est des personnes littéralement concernées qui parlent de ces mécanismes-là et c'est un moment de formation politique aussi et de se donner de confiance et qui a été réduit à une seconde où tu formules et je trouve que dans la discussion d'ailleurs je le dis à un moment donné dans le débat tu parlais de quand j'ai commencé à militer en fait ça n'existait pas c'est pas des discussions qui existaient je racontais comment moi j'ai milité pendant une bonne partie de ma période d'engagement politique et où j'étais seule enfin quasiment la seule femme noire relativement jeune maintenant c'est plus le cas mais dans des espaces très majoritairement et je me rappelle à l'époque c'est intéressant de rappeler ça à l'époque quand tu allais dans les mobilisations inter-mondialistes tu avais des tribunes il n'y avait que des mecs je veux dire c'est aujourd'hui je veux dire personne n'acceptera ça mais c'était il y a 20 ans d'accord mais ce que je veux dire c'est que moi c'est ça que j'ai connu entre guillemets je peux faire ma vieille là pour dire j'ai connu ça j'ai connu l'époque où il n'y avait que des mecs et ça ne posait pas de problème et donc il a fallu avoir ces discussions-là ça a été porté et tout et ça a évolué et donc je me dis aujourd'hui on est en capacité en tout cas à gauche et ce n'est pas toujours gagné et il y a encore et je pense que ce qui s'est passé je pense que c'était l'été dernier dans un certain nombre de festivals et d'espaces où il a fallu que des personnes concernées puissent dire non sur ces questions-là en termes de représentation dans le mouvement écolo notamment et c'était important mais voilà c'est des choses qui se disent et qui sont dites aujourd'hui à gauche et c'est super important et du coup d'être tranquille sur bon on sait quelle est l'offensive de l'extrême droite quels sont leurs objectifs mais on ne lâchera pas quoi on ne lâchera pas et parce qu'en fait on est là enfin je veux dire au bout d'un moment moi ce dont je peux me féliciter aujourd'hui c'est dire qu'en fait on est là il y a plein de et ce qu'a permis la France insoumise je ne sais pas si c'est à l'insulte son plein gré ou pas on s'en fout mais quand tu veux faire un mouvement du peuple pour le peuple et par le peuple à un moment donné le peuple se dit ah ouais peut-être et donc le peuple a rieux et donc voilà on est là et ben on restera là et voilà et puis tant mieux donc les discussions elles vont avoir lieu et ces sujets-là ils ne seront pas mis sous le tapis et donc et puis voilà c'est comme ça on va être plus fort en fait
tu parlais tout à l'heure de la radicalisation du camp réactionnaire et la radicalisation des macronistes de l'extrême droite de la droite dite classique eux se radicalisent bon il y a la France insoumise qui assume une ligne plutôt radicale etc pourquoi le reste de la gauche a si peur de la radicalité a si peur de certains maux de certaines prises de position etc on l'a vu enfin je ne sais pas j'ai déjà posé la question dans le dernier fauteuil mais sur la le nouveau front populaire s'est cassé la gueule sur la Palestine la NUPES sur la mobilisation pour Naël à chaque fois c'est sur des questions antiracistes ou des coloniales ou sur des questions qui touchent des arabes et des noirs
moi je je ne réduirais pas ça à ça même si c'est intéressant qu'il y a toujours un facteur où en fait il faut que tu choisisses ton concours et donc ça clarifie c'est des moments de clarification mais je pense qu'il y a une différence de stratégie de rapport au pouvoir de rapport à la classe à un moment donné quelle classe tu choisis et quel camp tu choisis et quel bloc tu choisis nous on a cette analyse justement des trois blocs des trois quatre blocs et voilà le bloc le bloc bourgeois à un moment donné il y a la direction la direction et les directions de certaines formes politiques ont choisi le bloc bourgeois plutôt que le bloc populaire c'est à dire de dire pour pour de bonnes raisons pour face à l'extrême droite il vaut mieux s'allier et c'est ce que proposent comme ligne les Glucksmannes les Hollande et les forts en fait qui a choisi il vaut mieux rejoindre le bloc bourgeois reconstituer un bloc bourgeois auquel ils appartenaient voilà plutôt que le bloc populaire y compris avec tous ces gens etc je pense qu'il y a il y a effectivement une vision du peuple une vision de la classe de ça et parce que ils sont leur propre position de classe et celle d'être des dominants je ne dis pas que la gauche du bloc populaire n'est pas une gauche bourgeoise classe moyenne classe intellectuelle mais l'analyse qu'on fait de de de de de la conflictualité et de voilà elle est différente c'est pour ça que je pense que c'est une question vraiment d'analyse stratégique et de dire face à la crise du capitalisme face à la crise de la domination capitaliste pas simplement du système économique mais de sa domination auquel une partie des classes dirigeantes a décidé de répondre par le fascisme par l'extrême droite enfin le fascisme sens large c'est à dire la violence pure et simple la la la prédation pure et simple et c'est l'expression de ça c'est Trump enfin je veux dire Trump il assume totalement je veux dire là ces derniers jours ils ont tué ils ont tué à bout portant
une jeune femme
une femme une mère de famille blonde aux yeux bleus etc et les les les porte-paroles ils expliquent que c'est une ultra-gauchiste enfin c'est un voilà le niveau de dinguerie ça devrait faire la une des journaux de notre prévu que dalle quoi mais c'est pour dire et ça ben voilà il y a dix ans c'était c'était que les noirs et les arabes maintenant ils assument la violence donc la crise de cette domination des classes dominantes qui ne peuvent assurer leur production leur reproduction que par ça et donc face à ça quelle réponse est-ce que tu assumes de confronter ou tu te complais dans l'illusion justement de la démocratie occidentale l'illusion qui en fait personne ne croit mais en fait ça faisait plaisir de se dire voilà on est supérieur on est intelligent on est tout ce que vous voulez et en fait eux ils s'accrochent à ça à cette illusion-là d'un bloc bourgeois de compromis etc et donc les moments de clarification oui vont se jouer sur à un moment donné tu ne peux pas être entre deux quand l'état défend et promeut et et et et assume comme l'ont fait les ministères de l'intérieur de défendre des policiers qui et c'est même pas défendre c'est de soutenir au moment de des manifestations devant l'Assemblée nationale de factions ouais de factieux qui disent le problème c'est la constitution et que tous vont moi je pense que il y a il y a le naël ensuite mais ce moment-là c'est quand même un moment où tu dis ah bah ouais tu vois qu'il dit qu'il tient et qu'il tient pas à l'époque Olivier Faure
fait une interview où il dit
oui il faut se poser la question
de la justice
et effectivement à un moment donné quelle réponse tu donnes à des révoltes face à un meurtre policier face à une injustice structurelle etc mais ça clarifie de quel côté t'es est-ce que t'es voilà de quel côté t'es pas juste de la barricade de la classe ou en tout cas même si que tu choisis d'être et pour moi c'est lié à ça et la question de la Palestine et du génocide parce que c'est l'expression et c'est la bascule dans laquelle on se retrouve en fait le basculement où tous les préceptes ou les concepts ou les idéaux ou les principes plus ou moins fumeux plus ou moins du droit international et le tabou du génocide qui était alors même si ils ont laissé faire des génocides au Rwanda ils ont laissé faire des génocides mais voilà là ça éclate l'hypocrisie éclate et pareil t'es voilà t'es obligé d'assumer ou pas une position de rupture en disant en fait non on n'acceptera pas ça et on sera t'aider de tous les noms mais on tient bon sur ça donc pour moi c'est plus l'expression les moments où leur positionnement de classe et de et le le centre de gravité de leur stratégie s'est éclairé en fait du fait que ils étaient leur vision elle est positionnée du côté du bloc bourgeois plutôt que du côté du bloc populaire et moi je pense que c'était juste ce que tu demandais est-ce que c'était une erreur ?
non enfin nous notre objectif c'est d'être majoritaire dans le pays et donc l'idée que ce bloc populaire il existe parce qu'il y a à la fois cette histoire et cette expérience de la gauche qui est le socle du bloc populaire et qui doit s'élargir au-delà notamment vis-à-vis de ceux et celles qui ont été dégoûtés qui ne vont plus voter qui sont le quatrième bloc abstentionniste et que notre objectif moi qui reste le mien c'est d'entraîner en fait
on a fait un dixit sur la stratégie de la France insoumise et pourquoi les sondages se trompent sur Jean-Luc Mélenchon notamment avec l'idée d'aller récupérer les abstentionnistes
mais donc du coup moi je pense que c'était juste après je ne dis pas que c'est facile et je ne sais pas et aujourd'hui bon on verra ce qui se passe dans les prochains mois il y a 2027 et tout mais je pense que y compris ça va être plus difficile de convaincre même si on en est convaincu à un moment donné de convaincre les gens de croire et ça c'est et ça c'est grave en fait et ça c'est la faute c'est pas simplement une erreur mais c'est une faute politique grave de tous ceux qui sont les bagages accompagnés de Hollande et qui se retrouvent dans le train pour dans le le mouvement là autour de l'unité pour l'unité ou ce qui ne veut plus rien dire en fait ces gens ont dévalué on a passé 10 ans à essayer de reconstruire et de reconstruire l'idée de gauche une gauche radicale avec un contenu et là en quelques mois ils ont complètement dévalué je pense qu'ils n'y sont pas arrivés parce qu'on est là justement on existe et aujourd'hui je pense pour des millions de gens la gauche c'est nous et ça il faut continuer à le dire et à le battre et pas les laisser justement liquider tout le travail qui a été fait pour redonner du fond et de la légitimité à tout ça donc en fait nous la ligne elle reste la même en fait la ligne reste la même sur le programme de rupture et on continue à s'adresser à toutes celles et ceux qui veulent continuer à le faire et donc je pense qu'il y a aussi des secteurs dans le parti socialiste chez les écologistes certainement encore plus nombreux qui sont pas d'accord avec ce qui se passe qui voient bien qu'en fait ça mène à l'impasse et donc notre responsabilité c'est de faire en sorte que ces gens là ben voilà on reste ouvert à ça on reste ouvert à tous ces gens qui croient vraiment qu'on peut reconstruire et qu'on a reconstruit et qu'on a un bloc populaire qui peut être majoritaire dans ce pays qui a montré qu'il était en 2024 on a gagné envers et contre tout tout le système conspiré pour faire gagner l'extrême droite on y est arrivé parce qu'on a été clair et on n'a rien lâché et je pense que pour moi la ligne ça reste celle-là c'est plus difficile aujourd'hui mais personne n'a dit que ce serait simple et puis et puis l'ennemi il il il attend pas les bras croisés qu'on prenne le pouvoir je dirais et du coup bien sûr qu'il va avoir mené les stratégies qu'il faut donc je pense que il faut continuer à se battre là-dessus nous on continue à défendre l'unité populaire et construire le bloc le plus large possible sur encore une fois nos propositions politiques le programme de rupture et et la dynamique populaire quoi et les secteurs les plus les plus avancés les plus mobilisés dans la jeunesse dans les milieux populaires qui sont qui sont les les les forces vives pour pour mener cette bataille-là quoi et gagner cette majorité
on aime bien faire ça à la fin des fauteuils on passe à une sorte de petite partie culture je voulais te demander si si tu devais écouter que trois albums cette année trois albums uniquement c'est qu'est-ce que tu gardes
le dernier j'ai vraiment beaucoup aimé c'est Cowboy Carter
d'accord
j'écouterais
Mon Afrique de Mokobé ah wow
ça date
mais oui mais c'est
très bon choix
voilà et en troisième j'écouterais Arabian Panther de Médine
ah qui était notre premier invité sorti de l'école
avec trop peu de diplômes on fait des albums aux salures de paix
voilà je suis dit on va dire les trucs que je que je réécoute toujours faudrait que j'en écoute Mokobé là mon Afrique il est vraiment bien
c'est ça très bien vieillit mais Arabian Panther c'est aussi un très bon choix parce que c'est pas l'album que les gens citent en général de Médine en général soit vraiment les derniers derniers soit
moi j'ai moins écouté c'est la période où j'ai écouté beaucoup Médine Don Panique enfin les mix-tapes Don Panique Arabian Panther
mais t'es candidate dans le 18 c'est l'arrondissement le plus peut-être le plus riche en termes de rap et de culture urbaine tu vas souvent au concert tu vas ah non
c'est l'horreur c'est horrible ça c'est horrible j'ai absolument le temps de absolument rien faire du tout c'est terrible et je m'oblige à mettre dans mon agenda des créneaux parce que sinon j'ai le temps de rien voir je suis dégoûtée j'ai rien lu il y a d'autres Mathilde elle arrive à lire par exemple moi j'y arrive pas à lire et j'ai le temps d'aller rien voir je suis dégoûtée parce que parce que ouais il y a plein de choses il y a plein de concerts il y a plein de concerts et il y a plein de trucs que je rate mais c'est terrible ça c'est une des grandes frustrations est-ce que c'est une résolution
de faire plus ah oui
mais je me suis améliorée déjà j'ai essayé de voilà de m'obliger à à passer plus de temps à aller voir des choses mais c'est ça c'est une bonne résolution que j'ai essayé de tenir encore cette année
ok c'est quoi ton prochain concert
c'est ah bah tiens Oxmo ah ouais à l'aréna à l'aréna et du coup ça ça faisait partie des actions et on a vu avec des potes et dit ah allez on y va et là je me suis mis à l'agenda je tu bloques
le créneau
donc voilà je suis super fière de moi
d'avoir à tout le temps
bah oui voilà du coup tu vois c'est à ce point là je suis à ce point de
Oxmo t'es bienvenue dans le fauteuil bon même question plutôt qu'au dessiné je sais pas si si t'as vu des choses récemment tu dois garder qu'un seul film pour l'année c'est quoi
bah tiens donc là ça fait c'est aussi récemment il faudrait que j'aimerais bien le revoir parce que c'est tellement une mine c'est Soundtrack tout au coup d'état
ah je connais pas
ah si si il est magnifique il y a il y a vraiment plein de choses quoi
c'est sorti récemment
c'est oui c'est sorti récemment c'est sur sur le coup d'état contre le mumba ok au congo c'est magnifique et il y a il y a une bande son de ouf et ça je pense que tu passes bien toute l'année à le voir et à le revoir pour trouver des c'est vraiment il y a des archives de l'ONU enfin de toute la période moi que j'avais pas vue il y a plein d'histoires que tu connais un peu de la légende et c'est très riche c'est du coup enfin ouais je pense que il faudrait le revoir et le revoir et le revoir pour choper des choses je vous invite si vous n'avez pas eu l'occasion et de le voir et j'aimerais bien j'aimerais bien organiser une projo à l'assemblée
tu faisais ça souvent j'en ai fait quelques-unes
ouais ouais ouais et mais ça ça vaudrait le coup quoi il y a eu plein de j'imagine plein de projections débat mais il est super riche ce film
et bon recommandation lecture pour les gens qui nous regardent qu'est-ce que tu leur recommandes de lire pour peut-être pour se politiser plus sur certaines questions
après il y a plein de bouquins pour se politiser mais on va dire le dernier bouquin que j'ai lu politique que j'ai trouvé excellent c'est le bouquin de Chapoutot Les Irresponsables oui
oui
qui est là aussi oui
je crois qu'on parle de Yann Chouapoutot à chaque fauteuil ah ouais Chapoutot qui est le bienvenu également sur le fauteuil du média moi j'ai vu récemment sur Twitter qu'il y avait des Chapoutot fan account ok voilà non mais
pour lier avec l'analyse de la période enfin c'est quand même assez assez à la fois éclairant mais là aussi comprendre les mécanismes les dynamiques et voir en fait qu'est-ce qui rien n'est inéluctable en fait rien n'est inéluctable c'est vraiment des choix politiques quoi et je trouve que c'est ça c'est ça qui est qui est puissant et c'est bien de se le rappeler maintenant et de comprendre en fait comment ce qui apparaît comme je vois la pente la plus simple que prennent certains en fait à quoi ça peut mener et que en fait ça ne mène que si on choisit de suivre cette voie-là quoi
l'art de la conclusion merci beaucoup Daniel merci beaucoup d'être venu sur le fauteuil merci à vous de nous suivre et de continuer de soutenir le média qui nous permet de faire ce genre de format et j'espère qu'on pourra en faire plein d'autres rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr pour qu'on puisse continuer à vous proposer de nouveaux contenus merci à vous
Danièle Obono