Il faut sortir de l'illusion budgétaire : il n'y pas de prospérité sans travail.
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10François-Xavier BellamyFait
« On a un peu l'impression d'entendre Jérôme Kerviel qui s'inquiéterait de la bonne santé de la Société Générale. »
- 0:25François-Xavier BellamyFait
« C'est Emmanuel Macron qui, dans son discours d'Aix-la-Chapelle, avait dit "Il faut en finir avec le fétichisme de l'excédent budgétaire et de l'excédent commercial". »
- 0:50François-Xavier BellamyFait
« Nos partenaires européens regardent la situation française avec inquiétude, parce que nous sommes en plein délire sur le plan budgétaire. »
- 1:40François-Xavier BellamyFait
« Si nous payons beaucoup plus cher notre énergie, c'est aussi parce que nous sommes massivement importateurs, parce que nous avons cessé de produire. »
- 2:55François-Xavier BellamyFait
« J'entends gaspillage, j'entends dépense plus ciblée, dépense plus intelligente. »
- 3:45François-Xavier BellamyFait
« On gagne parfois à ne pas travailler plutôt qu'à travailler. »
- 4:10François-Xavier BellamyChiffre
« Si on baisse les charges qui pèsent sur le travail, on augmente mécaniquement la rémunération des Français. »
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Il en va de notre souveraineté, de l'avenir de notre pays et de la génération qui vient. Et c'est assez surprenant d'entendre Bruno Le Maire dire que la France a atteint la cote d'alerte en matière de dette. On a un peu l'impression d'entendre Jérôme Kerviel qui s'inquiéterait de la bonne santé de la Société Générale.
Parce que la vérité, c'est que c'est ce gouvernement qui a endetté la France comme jamais auparavant. Avant même que les mesures Covid n'arrivent ! C'est Emmanuel Macron qui, dans son discours d'Aix-la-Chapelle, avait dit "Il faut en finir avec le fétichisme de l'excédent budgétaire et de l'excédent commercial".
Et donc, en fait, ce gouvernement, ce président de la République nous ont expliqué que c'était parfaitement normal de vivre dans ce monde irréel où la dette n'existe pas, ne coûte rien, est potentiellement infinie. Et aujourd'hui, on se réveille enfin. Pour notre part, ça fait très longtemps qu'on parle de cette question. - On a le sentiment que personne n'est audible sur ce sujet, parce que, pendant la campagne présidentielle, effectivement, ce sujet a été mis un peu de côté.
Et même votre candidate n'en a pas tellement parlé. Est-ce que vous ne craignez pas ce risque, justement, de ne pas être vraiment audible ? - Ce serait, je pense, ne pas être juste envers notre famille politique que de dire que nous n'en avons pas parlé.
Mais la vérité, c'est de quels sujets avons nous vraiment parlé pendant l'élection présidentielle ? Collectivement, quelles sont les les grandes questions auxquelles nous nous sommes confrontés ? La vérité, c'est qu'aujourd'hui, je vous le dis en étant tous les jours au Parlement européen, nos partenaires européens regardent la situation française avec inquiétude, parce que nous sommes en plein délire sur le plan budgétaire. - Délire, dites-vous ?
Bien sûr, ça fait des mois maintenant, y compris dans cette période électorale, ce qui pose un problème démocratique, à mon sens, assez majeur. Y compris pendant les derniers mois, on n'a pas arrêté de distribuer des chèques, on les appelle comme ça : le chèque énergie, le chèque inflation, des chèques à tous points de vue. Et cette politique avait pour but, évidemment, de mettre la France sous anesthésie, alors que la réalité de notre crise, elle, se fait de plus en plus sentir.
La réalité de notre dépendance commerciale, notamment. Si nous payons beaucoup plus cher notre énergie, c'est aussi parce que nous sommes massivement importateurs, parce que nous avons cessé de produire, parce que nous avons cessé d'investir dans notre parc nucléaire, par exemple. Et donc, en fait, plutôt que de résoudre les problèmes à la base, eh bien, on a distribué de l'argent public.
Et distribuer de l'argent public, ça veut dire, en réalité, entretenir les Français dans une fiction. Et cette politique, oui, je le redis, c'est une folie. C'est une folie.
Mais est-ce qu'on peut poser la question de la dette sans poser au même moment la question du modèle social français ? C'est à dire : j'entends gaspillage, j'entends dépense plus ciblée, dépense plus intelligente. Mais en dernière instance, est-ce que le modèle social français ne s'accompagne pas inévitablement d'une dette considérable, colossale et peut être ingérable un jour ? - Vous avez tout à fait raison.
En tous les cas, le sujet, c'est celui de notre modèle économique, de notre modèle social, de notre modèle industriel des cinq dernières années bien sûr, mais aussi des défis qui sont devant nous, et les débats qui vont arriver. On parlait à l'instant sur votre plateau de la loi sur le pouvoir d'achat qui va venir dans quelques semaines à l'Assemblée nationale. La question du pouvoir d'achat va évidemment se poser dans un contexte où l'inflation galope.
Mais comment on répond à ce problème de pouvoir d'achat ? Il y a deux options : soit on continue de dépenser et de donner des chèques aux gens, c'est à dire d'acheter le pouvoir d'achat d'aujourd'hui sur les générations qui viennent - parce qu'encore une fois, c'est de cela qu'il s'agit - soit on poursuit dans cette fuite en avant, soit au contraire, ce qui est, à mon avis, le chemin que nous devons suivre, on fait en sorte que si l'État a un effort à faire, ce serait celui de baisser les charges qui pèsent sur le travail. Il faut que le travail paye en France.
Et vous avez raison de parler de modèle social. Aujourd'hui, nous sommes dans cette situation terrible où on gagne parfois à ne pas travailler plutôt qu'à travailler. - François-Xavier Bellamy, le temps que le travail paye, et que ce que vous dites infuse, nécessite quelques années, alors que là, nous sommes dans une urgence. - Non non non non, bien sûr, on peut le faire tout de suite.
Si on baisse les charges qui pèsent sur le travail, on augmente mécaniquement la rémunération des Français.
François-Xavier Bellamy