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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 30 juin 2022 49 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalSécurité

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron à l'issue du sommet de l'OTAN de Madrid

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 17:01OuverteRéponse directe

    Pensez-vous qu'un soutien sans limite de temps à l'Ukraine soit possible ou souhaitable, compte tenu des risques économiques ?

  • 21:00OuverteRéponse partielle

    Pouvez-vous préciser la contribution chiffrée de la France au renforcement de posture OTAN ? Et sur le remaniement ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle concret pour l'OTAN face à la Chine ? Et projets avec l'Australie ?

  • 29:00OuverteRéponse directe

    Que signifie la réévaluation de la loi de programmation militaire ?

  • 33:00OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de l'accord OTAN-Suède-Finlande-Turquie sur les extraditions ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Peut-on être européen et neutre après l'adhésion Suède-Finlande ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Emmanuel MacronPromesse
    « La France va livrer très rapidement les matériels dont l'Ukraine a besoin, notamment six canons César supplémentaires, ainsi qu'une quantité significative de véhicules blindés »
  • 5:30Emmanuel MacronFait
    « La Russie ne doit, en effet, pas l'emporter parce que c'est notre propre sécurité qui s'en trouverait alors directement menacée »
  • 7:30Emmanuel MacronFait
    « La France a décidé de prendre cet engagement à l'égard de la Roumanie et de l'ensemble des alliés, ce que fait figurer également cette carte »
  • 10:00Emmanuel MacronFait
    « La France est évidemment un contributeur important compte tenu de notre statut d'État doté et de notre implication depuis le début de l'Alliance dans ce cadre »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « Ce travail a ainsi abouti aujourd'hui à Madrid. Il permet de tirer les conclusions, d'orienter les décisions que nous prenons dans l'unité, la cohérence et la responsabilité »
  • 14:00Emmanuel MacronFait
    « La position de la France sur ce sujet, de même que celle de ses principaux partenaires et alliés, est très claire. L'OTAN n'est pas une alliance contre la Chine »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons pris d'abord des mesures nationales pour protéger nos populations et nos entreprises de la montée des prix »
  • 18:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons décidé de sortir ensemble de la dépendance au pétrole russe, cette décision a été prise »
  • 24:00Emmanuel MacronFait
    « La France a marqué sa volonté de renforcement immédiat, c'est-à-dire d'éléments préfigurateurs d'un état-major de brigades renforçables sur très courts préavis »
  • 30:00Emmanuel MacronFait
    « Nous devons réévaluer l'évolution de la menace. Nous l'avons fait, si je puis dire, en conduite, mais très clairement, nous avons appris du théâtre sahélien, nous sommes en train d'apprendre du théâtre ukrainien »
  • 34:00Emmanuel MacronFait
    « En l'espèce, ces gens-là ont été impliqués dans des crimes de sang et méritent d'être jugés sur le sol italien »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame et Monsieur le Ministre, Madame l'Ambassadrice, Mesdames et Messieurs, je veux, avant toute chose, remercier l'Espagne pour son accueil et la parfaite organisation de ce sommet, 40 ans après son adhésion à l'OTAN et suite à la restauration de sa démocratie, la démocratie qui est aujourd'hui contestée partout dans le monde par des régimes autoritaires et des puissances hostiles ; la démocratie qui, le peuple espagnol le sait comme les autres peuples européens, est un acquis toujours fragile, pour lequel il ne faut jamais abandonner le combat. Ce sommet nous a permis de clarifier et d'avancer résolument, dans un contexte, nous le savons, inédit pour notre Europe depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, et ceci au service de ce bien démocratique que j'évoquais. En effet, la situation que nous connaissons est d'une exceptionnelle gravité et nous y sommes tous collectivement confrontés.

Le continent européen, depuis le mois de février dernier, n'est plus en paix, et c'est le choix de la guerre qui a été fait par la Russie. C'est le premier constat dont le nouveau concept stratégique de l'OTAN prend acte. Vous vous en souvenez, en 2019 j'avais demandé avec force, parfois en bousculant les schémas établis pour que les choses bougent parce que c'était nécessaire, que l'Alliance conduise une réflexion stratégique en profondeur sur ses missions, ses objectifs et son rôle.

Ce travail a été conduit. Je veux en remercier le Secrétaire général, remercier aussi tous celles et ceux qui ont participé au rapport des sages et aux avancées de ces derniers mois et l'ensemble de nos ambassadrices et ambassadeurs. Ce travail a ainsi abouti aujourd'hui à Madrid.

Il permet de tirer les conclusions, d'orienter les décisions que nous prenons dans l'unité, la cohérence et la responsabilité, face à la nouvelle réalité stratégique et sécuritaire que le retour de la guerre en Europe nous impose. Tout d'abord, nous avons décidé unanimement, comme nous l'avons fait également il y a quelques jours au Conseil européen puis au G7, de renforcer notre soutien économique, humanitaire et militaire à l'Ukraine. Les alliés sont au rendez-vous de leurs responsabilités, je l'ai dit il y a une dizaine de jours à Kiev au président Zelensky.

La France va livrer très rapidement les matériels dont l'Ukraine a besoin, notamment six canons César supplémentaires, ainsi qu'une quantité significative de véhicules blindés, pour se défendre face à l'agression brutale de la Russie. La guerre est rude, le président Zelensky qui est intervenu à ce sommet nous l'a rappelé. Notre devoir est donc d'être à ses côtés, et nous avons été plusieurs à insister sur la nécessité de renforcer, de manière très concrète et la plus rapide possible, les livraisons d'armes et de munitions qui sont nécessaires à la résistance ukrainienne et à la reprise des territoires.

Nécessité impérieuse parce que, si le coût des sanctions et du soutien massif que nous apportons est, nous le savons, très important, il est le coût d'une guerre sur notre continent que nous n'avons ni voulue ni décidée. Il est aussi le prix à payer pour que l'Europe retrouve la paix. La Russie ne doit, en effet, pas l'emporter parce que c'est notre propre sécurité qui s'en trouverait alors directement menacée.

Et le coût de la guerre, les Ukrainiens le connaissent et le vivent dans leur chair, c'est pourquoi soutenir l'Ukraine, l'armée pour se défendre et rétablir sur le terrain les conditions d'une paix négociée que la Russie a clairement refusée, est une nécessité pour nous tous et pour nous-mêmes. C'est une nécessité aussi pour que les principes et les règles sur lesquels nous avons bâti depuis 1945 notre propre sécurité soient respectés. C'est pour cela, nous avons été plusieurs à le rappeler hier et aujourd'hui, que la guerre lancée par la Russie est non seulement une guerre sur le sol européen, mais une guerre qui touche tous les pays du monde en ce qu'elle vient bousculer les principes mêmes de l'ordre international établi depuis 1945 : le respect de la souveraineté territoriale, de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale des États ; la démocratie et le respect du droit international ; le refus radical de la conquête de territoires par la force armée.

Donc, à cet égard, nous devons aussi défendre les règles internationales qui seules permettent la paix et la stabilité. Si le continent européen n'est plus en paix, l'Alliance atlantique pour autant n'est pas en guerre. Ce choix, lui aussi, a été clair dès le départ au sein de notre Alliance.

La Russie porte seule la responsabilité de cette guerre, ainsi que les conséquences graves qu'elle impose au monde entier, conséquences pour la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire notamment. Je récuse ici une nouvelle fois les arguments que certains voudraient imposer, qui voudraient faire croire que cette guerre et ses conséquences seraient liées à une hypothétique volonté de l'Ouest, de l'Occident ou de l'OTAN de s'imposer sur le reste du monde. C'est un mensonge qui cherche à inverser la réalité pour justifier une agression et tirer parti de ses conséquences.

Il ne s'agit pas de l'Ouest contre le reste, il s'agit de la guerre ou de la paix en Europe. La France, ses alliés et ses partenaires européens n'ont qu'un camp : celui de la paix, de la démocratie et du respect du droit international. C'est l'Ukraine qui aujourd'hui les défend de toutes ses forces.

Elle ne fait pas partie de l'OTAN, l'article 5 ne s'applique pas, mais le combat qu'elle mène pour se défendre est le nôtre. Il en va de notre sécurité, nous la soutiendrons donc aussi longtemps qu'il le faudra. La deuxième décision que nous avons prise à ce sommet est le renforcement de notre posture de dissuasion et de défense.

C'est le cœur de métier de l'OTAN, celui sur lequel la France a souhaité, dès 2019, qu'elle se recentre, et que le retour de la guerre en Europe a rendu nécessaire : la défense collective dans l'espace euro atlantique. Nous avons acté le renforcement de la posture sur le flanc oriental, pour assurer la sécurité de nos alliés et partenaires européens contre la menace que la Russie constitue désormais. Là aussi, la France prend toutes ses responsabilités, et je veux saluer le rôle de nos armées dont la réactivité et l'efficacité face au retour de la guerre en Europe sont exemplaires.

Notre contribution est, vous le savez, très importante, respectée, attendue et saluée par nos alliés. Cette carte ici en retranscrit les principaux éléments sur le flanc est. Nous poursuivons un soutien aux États baltes, avec la mobilisation du groupe aéronaval et du porte- avions Charles de Gaulle, au travers aussi du déploiement du Bataillon interarmées et de capacités de défense aérienne et antimissile en Roumanie, où nous assumons le rôle de nation cadre.

J'annonçais à Bruxelles il y a quelques semaines à la fois nos décisions nouvelles et le maintien des capacités qui étaient déployées, en particulier en Estonie, cette carte permet de retranscrire l'implication dans le cadre d'EFP et de la France, les différentes mobilisations et, évidemment, ce que nous avons déployé en Roumanie dès la fin du mois de février. Je vais ici dire l'importance et la crédibilité de la France dans ce dispositif. Nous avons pris la décision d'être nation cadre en Roumanie, pour la première fois.

Nous avons démontré notre réactivité à cet égard puisqu'il a fallu cinq jours entre la décision politique et le déploiement complet de nos troupes sur le terrain, ce qui montre cette réactivité si importante, et j'ai pu confirmer, à l'occasion de ce sommet, notre volonté de renforcer encore notre dispositif pour répondre aux besoins de nos alliés européens en tant que de besoin, comme cela sera le cas au niveau d'une brigade en Roumanie. Comme pour les autres alliés qui sont nations cadre et pour les différents déploiements, la France a décidé de prendre cet engagement à l'égard de la Roumanie et de l'ensemble des alliés, ce que fait figurer également cette carte. Au-delà de cela, je veux ici rappeler que, quand on parle de dissuasion de notre alliance, il ne faut jamais oublier sa composante nucléaire.

L'Alliance atlantique est aussi une alliance nucléaire avec des capacités et, à ce titre, la France est évidemment un contributeur important compte tenu de notre statut d'État doté et de notre implication depuis le début de l'Alliance dans ce cadre. Mais, nous le voyons bien, la guerre lancée par la Russie en Ukraine c'est le retour de la guerre sur le sol européen, d'une guerre de haute intensité, mais impliquant une puissance dotée. C'est aussi pourquoi la crédibilité de l'OTAN, dans ce contexte, emporte également sa capacité nucléaire.

La troisième décision structurante prise à l'occasion de ce sommet concerne l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN. J'ai, dès le départ, fermement soutenu ce choix souverain fait par deux de nos partenaires européens au terme de processus démocratiques. Cette décision permettra de renforcer leur sécurité face à la menace dans leur voisinage immédiat et permettra également d'apporter une contribution très significative au vu des capacités de ces deux partenaires à notre posture collective et notre sécurité européenne.

Nous avons pu faire ce pas qui était très important à l'occasion de ce sommet. J'en avais discuté il y a quelques semaines avec le président Erdogan, que j'ai rencontré hier matin avant le début du sommet, et je me félicite que la Turquie ait finalement rejoint le consensus pour permettre de respecter le choix souverain de la Suède et de la Finlande. À cet égard, le fait que ces deux pays aient décidé, malgré leur histoire et leur tradition, de rejoindre notre alliance et que nous ayons pris cette décision, est le message stratégique le plus clair qui soit à la Russie, et la signature du fait que la guerre décidée par le président Poutine en Ukraine est une faute stratégique majeure, y compris pour lui-même.

Il a réussi à ce que des États qui jusqu'alors étaient restés dans une posture parfois plus prudente ou plus en réserve à l'égard de l'Alliance, décident d'eux-mêmes de la rejoindre. Le résultat très clair du choix délibéré et unilatéral de la Russie de lancer une guerre aura été le renforcement de l'alliance et le renforcement entre Européens au sein de cette alliance. Nous avons, ce matin, eu l'occasion d'échanger sur les menaces et défis auxquels nous sommes tous confrontés, en particulier le terrorisme, et sur la nécessité de respecter les intérêts de sécurité de chacun des alliés dans les décisions stratégiques que nous prenons, les exigences que nous portons, les responsabilités qui sont les nôtres, ainsi que le socle de valeurs et de règles sur lesquelles repose l'Alliance atlantique.

Nous avons parfois eu des discussions franches par le passé, en particulier avec la Turquie, sur ces sujets. Nous les poursuivons parce qu'une alliance est faite pour cela et que je suis attaché à la cohésion comme à la cohérence des décisions et des actions qui sont les nôtres. Mais j'ai pu ce matin rappeler également, d'une part qu'il ne revient pas à l'OTAN de définir ce qu'est une action terroriste, d'autre part que la lutte contre le terrorisme nous avait impliqués et continue à nous impliquer au Levant et dans la zone irako syrienne où, si nous avons eu des premières victoires contre un califat territorial, la bataille contre Daech et tous les groupes terroristes demeure notre priorité et, d'autre part, que la bataille contre le terrorisme au Sahel, dans le golfe de Guinée, dans la région du lac Tchad et également dans la région du Mozambique, demeure une priorité pour la France et pour les Alliés et qu'en la matière il ne faut en aucun cas relâcher nos efforts, mais continuer d'appuyer les États de la région qui prennent leurs responsabilités.

Ce qui a d'ailleurs donné lieu, comme vous le savez, à des choix de réorientation de notre dispositif. Je pourrais y revenir, si vous le souhaitez, dans le cadre des questions. La quatrième décision que nous avons actée est, je l'évoquais, l'adoption du nouveau concept stratégique de l'Alliance.

Ce concept, qui est un document fondamental pour une alliance militaire comme l'est l'OTAN, prend acte du nouvel environnement de sécurité créé par l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Il consacre également la coopération structurante entre l'Union européenne et l'OTAN, sur laquelle je veux ici revenir. Nous connaissons tous les débats, souvent très vifs, qui ont eu lieu dans cette enceinte sur la concurrence entre le renforcement de l'autonomie stratégique européenne et l'Alliance atlantique.

Les faits viennent de démontrer que ces débats étaient parfois trop passionnés, ou en tout cas sont devenus moins utiles que naguère. La réalité, c'est que l'Europe a pris ses responsabilités face à la guerre en adoptant des sanctions massives, en apportant un soutien économique, humanitaire et militaire décisif à l'Ukraine ; en lui ouvrant la porte de la famille européenne, par l'octroi du statut de candidat à l'adhésion qui est venu apporter une pierre à l'édifice futur de sécurité européenne, dans laquelle les Européens prendront toute leur part. La réalité, c'est que le renforcement est nécessaire pour notre sécurité collective, comme l'est la fiabilité de l'engagement américain et canadien à l'égard des alliés européens.

Nous avons fait la démonstration, ces dernières semaines, du renforcement mutuel de cette autonomie stratégique européenne et de l'Alliance atlantique. Les bouleversements que nous vivons transforment les réalités stratégiques, accélèrent, nous le voyons, les temps de décision, et confirment la nécessité d'une défense et d'une souveraineté européennes renforcées, coopérant avec l'Alliance atlantique dont elles renforcent la sécurité. Les échanges que nous avons pu avoir hier soir, grâce au travail de Pedro Sanchez que je veux tout particulièrement remercier pour cela, ont permis de démontrer la cohérence entre l'Alliance atlantique et l'ensemble des Européens, qu'ils soient membres ou non de cette alliance, et la discussion était à cet égard largement inédite.

Le concept stratégique consacre donc ce partenariat, et ce dans la droite ligne des orientations que nous avions actées avec le président Biden il y a quelques mois à Rome, en octobre dernier. Il permet aussi de tenir compte du rapprochement entre la Russie et la Chine à la faveur de la guerre, ainsi que des défis pour notre propre sécurité que ce partenariat ne fait que renforcer, et c'est l'autre aspect sur lequel je veux ici insister. Nous avons eu de longs débats pour évoquer le sujet de la Chine, nous étions revenus sur ce point-là il y a quelques semaines, ensemble à Bruxelles.

La position de la France sur ce sujet, de même que celle de ses principaux partenaires et alliés, est très claire. L'OTAN n'est pas une alliance contre la Chine, elle est une alliance pour la paix et la défense collective dans l'espace géographique euro atlantique. Mais il nous faut tenir compte, d'une part des défis systémiques que pose la montée en puissance de la Chine dans cet espace et, d'autre part, de la contestation de l'ordre international que le partenariat entre la Chine et la Russie vise.

C'est le sens même du concept stratégique que nous avons adopté. C'est également le sens des partenariats que nous bâtissons dans l'Indo-Pacifique, au travers là aussi d'une stratégie que la France, dès le printemps 2018, puis l'Union européenne dans la foulée, deux ans plus tard, ont portée. La cohérence de nos propos ici et de notre position, de ce qui a été porté dans le cadre de ce nouveau concept, se trouve être en continuité complète avec notre stratégie indo-pacifique.

Il y a un défi chinois, mais il n'y a pas une alliance qui veut s'opposer ou qui cherche un nouvel ennemi. J'ai pu m'entretenir, à l'occasion de ce sommet, avec la première ministre de Nouvelle-Zélande et le président de la Corée du Sud. J'ai eu de nombreux échanges également en marge du G7, comme ici des entretiens avec le Premier ministre japonais, et je recevrai demain à Paris le nouveau Premier ministre australien, pour poursuivre le renforcement de la stratégie de la France et de l'Europe dans la région au service de la paix, du respect du droit, du développement et de la protection de l'environnement.

Voilà les quelques décisions principales sur lesquelles je souhaitais revenir, qui ont pu être prises à l'occasion de ce sommet et qui engagent l'avenir sur le long terme. Il y aura derrière un très gros travail de mise en œuvre, mais nos alliés et nos partenaires savent pouvoir compter sur la France face aux menaces. Nous sommes là.

Notre effort de défense nationale est reconnu et respecté. Nous n'avons pas attendu le retour de la guerre pour le mener, au demeurant. Ce sont les choix que j'avais pris il y a cinq ans et que nous avons tenus avec précision et constance durant les années passées que nous allons continuer de mener.

Les actions et les initiatives que nous portons, à l'échelle européenne comme internationale, sont les seules voies efficaces pour préserver notre sécurité et limiter l'impact de la guerre sur nos économies et nos vies. Cet effort que nous menons pour soutenir l'Ukraine, pour qu'elle préserve sa souveraineté et son intégrité et pour que la Russie cesse cette guerre mortifère est historique et impérieux pour nous-mêmes. Il en va là de l'essentiel, c'est-à-dire de la paix, du respect du droit et de la démocratie que j'évoquais en commençant mon propos.

Je vous remercie et je vais maintenant répondre à vos questions. Cédric Pietralunga, du Monde. Monsieur le Président.

Question, le secrétaire général a affirmé, et vous-même à l'instant, que l'OTAN soutiendrait l'Ukraine le temps nécessaire, ce sont ses termes. Pensez-vous qu'un tel soutien sans limite de temps soit possible, voire souhaitable, compte tenu de l'effet que cela représente en matière militaire mais aussi économique, avec le risque de spirale inflationniste et de récession que cela comporte en Europe ? Merci.

Je l'ai dit, le défi qui est le nôtre c'est que nous ne pouvons pas céder et que nous ne faisons pas la guerre et que donc, depuis le premier jour, nous agissons dans une grammaire que nous avons ainsi posée. Céder ou accepter, c'est en quelque sorte abandonner nos principes, acter le retour de la guerre sur le sol européen et acter qu'il puisse y avoir des ajustements de frontières par la force. C'est pour nous inacceptable.

C'est pourquoi le combat de l'Ukraine, même si l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN, est le nôtre. C'est un combat pour nos valeurs, pour les principes qui sont les principes des démocraties européennes, des démocraties de l'Alliance, et qui sont au cœur, je le disais, du droit international. C'est pourquoi la Russie ne peut ni ne doit gagner cette guerre et que nous continuerons, par les sanctions qui sont les nôtres, je le rappelle, l'Union européenne a déjà pris six trains de sanctions, la première ayant été prise deux jours après le lancement de l'agression, que nous continuerons les sanctions et que nous continuerons aussi longtemps que nécessaire le soutien budgétaire, financier et humanitaire, sur le sol ukrainien comme sur notre sol par l'accueil des réfugiés et militaires.

Il ne doit y avoir aucun doute sur ce sujet. Ensuite, il nous appartient de prendre les décisions qui sont les nôtres pour atténuer les conséquences directes et indirectes de cette situation, en rappelant toujours une chose, c'est que les conséquences énergétiques, alimentaires ou les autres qui viendraient derrière ne sont pas le fruit de nos décisions, de ce soutien de nos sanctions, mais de la guerre choisie par la Russie. Pour ce faire, nous avons pris d'abord des mesures nationales pour protéger nos populations et nos entreprises de la montée des prix.

La France l'a fait très tôt, nous avons eu des approches qui se sont progressivement harmonisées. Nous devons agir davantage en Européens, avoir une stratégie européenne, nous l'avons actée il y a deux conseils de cela, d'achat commun de gaz pour pouvoir sortir de la dépendance au gaz russe. Nous avons décidé de sortir ensemble de la dépendance au pétrole russe, cette décision a été prise, et donc c'est la mise en œuvre maintenant de cette stratégie.

Il nous faut ensemble réformer en Européens le marché de l'électricité, qui permettra de réduire l'impact du gaz et de son évolution sur les prix de notre électricité. Et, nous en avons lancé les prémices lors du G7, nous devons agir tous réunis, la communauté internationale, pour pouvoir limiter les prix du pétrole et du gaz, et donc avoir une alliance d'acheteurs pour permettre d'abord très vite ce qui a été proposé par les Américains de mettre en œuvre, ce plafond sur le pétrole et le gaz russe mais progressivement, par des stratégies d'orientation des prix et d'incitation de la production, de pouvoir baisser les prix. Pour ce qui est de la situation alimentaire, nous soutenons avec force et constance l'initiative prise par le secrétaire général des Nations unies qui, à court terme, est la plus importante pour sortir justement les volumes de céréales qui sont pris au piège de la guerre à Odessa.

Nous avons déjà, ces dernières semaines, amélioré notre efficacité collective en sortant davantage de céréales par la voie ferroviaire et fluviale, via la Roumanie et la Moldavie. Nous continuerons mais ce n'est pas suffisant, nous devons continuer de trouver des solutions additionnelles. Comme vous le savez, je l'ai annoncé en marge du dernier sommet de l'OTAN, dans la réunion exceptionnelle que nous avions tenue il y a quelques semaines, nous avons pris avec le Sénégal, présidence française de l'Union européenne/ présidence sénégalaise de l'Union africaine, une initiative commune, dite FARM, pour faire face à ce défi de la sécurité alimentaire.

Nous allons continuer. Le G7 a permis d'accroître cela, le G20 sera un rendez-vous important. D'ores et déjà, avec le Programme alimentaire mondial et la FAO, nous avons acté des stratégies pour produire davantage et orienter cette production vers les pays qui étaient les plus dépendants du marché ukrainien et russe, et nous avons accru les moyens, dans nos stratégies existantes : donner aux pays africains, comme aux pays, d'ailleurs, du Caucase et du Proche et Moyen-Orient, pour produire davantage sur leur sol, ce qui est très cohérent avec les stratégies que nous avions lancées.

Un des points que nous allons régler à très court terme, qui est une des conséquences de la situation, c'est le sujet des engrais et autres fertiliseurs dont ont besoin beaucoup de ces pays. Et nous sommes en train d'apporter une réponse technique, en lien avec, en particulier la FAO et les Nations Unies, pour pouvoir justement faciliter, soit des solutions de substitution, soit l'acheminement de ces engrais qui sont indispensables, apparemment, à beaucoup de pays membres du G20 ou pays membres de l'Union africaine. Voilà les quelques éléments de réponse.

Donc oui, l'effort continuera aussi longtemps que nécessaire. Et oui, nous avons des réponses à apporter, qui supposent de la coopération internationale pour faire face aux conséquences de la guerre. Elsa Bertholomey de BFM.TV devant vous, Monsieur le Président.

Bonjour Monsieur le Président, vous avez fait mention tout à l'heure du renforcement de posture qui a été décidé pendant ce sommet de l'OTAN. Est-ce que vous pouvez peut-être apporter des précisions un peu plus chiffrées sur la contribution de la France à ce renforcement de posture ? Et puis, vous rentrez ce soir à Paris après une semaine de déplacements internationaux, vous allez avoir un autre dossier à gérer, qui concerne le remaniement.

Allez-vous nommer un gouvernement avant la déclaration de votre Première ministre mercredi, suite à la plainte déposée contre Damien Abad ? A t-il encore toute sa place au sein de ce gouvernement ? Le considérez-vous, en tout cas ?

Enfin, un dernier tiroir dans cette question : face à l'urgence économique et sur le pouvoir d'achat, face à l'urgence sanitaire également, avec la crise Covid, que répondez-vous à ceux qui, dans l'opposition, vous accusent de ne pas mettre fin à cette période de flottement qui dure maintenant depuis deux mois ? Autrement dit, est-il urgent d'agir ? Merci.

J'ai toujours considéré, merci pour votre question, je pense qu'il est urgent d'agir. Il est normal aussi que l'action prenne compte des choix de nos compatriotes et qu'elle se fasse en bon ordre. Et donc le gouvernement, comme d'ailleurs le gouvernement précédent, a pu prendre des décisions très structurantes sur le pouvoir d'achat ou les questions sanitaires, et continuera de le faire.

Et il y a après, pour ce qui relève du domaine de la loi, des décisions qui nécessitaient qu'une nouvelle chambre puisse se former, avec les élections qui sont aussi attendues au sein de la nouvelle Assemblée nationale. Donc tout ça se fait en bon ordre et je ne ferai pas d'autres commentaires. Vous avez fait référence à des tiroirs, je les ouvre les uns après les autres.

Là aussi, j'essaie de le faire en bon ordre et des bons endroits. Pour ce qui est des dispositifs militaires sur le flanc Est, nous avons un dispositif actuel, cette carte le montre très bien, que nous avons choisi de maintenir. Comme vous le savez, en Estonie, avec le dispositif eFP, nous avons une présence avancée renforcée.

Nous avons aussi une mission très importante, appréciée de nos partenaires de police du ciel, que là aussi nous avons réactivée dans des délais très rapides et qui apportent toute satisfaction. Nous avons, sur très court préavis, un dispositif renforçable, avec la projection de forces aéroportées, né le 22 juin, en moins de six heures, entre la France et l'Estonie. Et donc c'est toujours la même chose que nous privilégions : des capacités qui sont toujours les nôtres, et nous avons toujours, de manière rotative, comme c'est prévu, été depuis des années dans le cadre des missions eFP.

Nous avons, en plus de cela, apporté de la réactivité pour crédibiliser cette approche. À côté de cela, nous avons déployé 500 militaires, vous le savez, dès la fin du mois de février, j'y faisais référence, en Roumanie. Et nous sommes là.

Nous avons été là d'abord avec nos alliés belges, qui sont maintenant repris, j'entends le Premier ministre belge en écho, qui doit saluer cette même implication, et donc qui maintenant sont relevés par les Néerlandais. Et donc nous continuerons d'avoir, évidemment, cette présence. Je le disais, nous sommes Nation-cadre, à la fois une présence importante, avec des systèmes solaires moyenne portée aussi, c'est-à-dire des équipements que nous déployons avec beaucoup de force sur cette opération, et avec aussi, en lien avec les autorités romaines, la volonté de construire des centres d'entraînement et donc l'installation, véritablement, d'une présence dans la durée.

Comme je l'ai dit, à ce dispositif s'ajoute le renforcement, conformément à ce qui a été demandé par les pays du flanc Est. Et donc la France a marqué sa volonté de renforcement immédiat, c'est-à-dire d'éléments préfigurateurs d'un état-major de brigades renforçables sur très courts préavis. Ce seront des éléments qui seront projetables en urgence à partir de la France.

Et donc l'idée, c'est d'avoir un équivalent brigade depuis la France, qui soit activable sur le sol roumain dès notification d'une alerte. La France, compte tenu de nos spécificités opérationnelles et constitutionnelles, fait partie des quelques États de l'Alliance dont la crédibilité a été plusieurs fois testée en la matière. C'est-à-dire que notre capacité à nous déployer, comme je l'ai évoqué tout à l'heure, est extrêmement rapide et efficace.

En plus de ça, il y a tous les éléments que j'évoquais et qui sont reproduits sur cette carte. Voilà l'implication qui est aujourd'hui la nôtre. Nicolas Barotte, du Figaro.

Bonjour Monsieur le Président. Une double question sur l'indo-pacifique. L'OTAN considère la Chine comme un défi systémique.

Mais qu'est-ce que cela implique concrètement pour l'Alliance ? Quel rôle doit-elle jouer pour s'opposer à l'influence de la Chine et empêcher un rapprochement avec la Russie ? Et sur l'Australie, avez-vous des projets communs à annoncer, avec le nouveau Premier ministre, pour tourner la page de la brouille de l'année dernière ?

Merci. Comme je le disais, l'OTAN a un défi chinois et notre volonté est d'abord de ne justement pas considérer qu'il y a une fatalité dans le rapprochement sino-russe. Notre volonté c'est, partout, de faire respecter à la fois notre sécurité et la sécurité des alliés, et faire respecter aussi les principes et les valeurs qui sous-tendent notre alliance.

C'est pourquoi, à travers les partenariats qui sont les nôtres, et nos partenaires étaient présents hier, notre volonté, de manière très cohérente avec la stratégie indo-pacifique de la France et maintenant de l'Union européenne, c'est en quelque sorte une logique d'équilibre. Je cite souvent un ancien Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, qui avait cette belle formule : c'est "la liberté de la souveraineté". Ce que nous voulons faire respecter dans l'espace indo-pacifique, et nous le voulons pour nous-mêmes, puisque je rappelle que la France a cette spécificité parmi les alliés, qui est que nous sommes une puissance indo-pacifique.

Nous avons 1 million de nos compatriotes, à tout le moins, qui vivent dans cette région et nous avons plus de 8.000 de nos militaires qui y sont déployés, avec très souvent des opérations conjointes que nous menons. Donc nous sommes des acteurs.

On ne parle pas de quelque chose qui est loin pour la France. Notre volonté, c'est qu'il y ait partout respectée la liberté de notre souveraineté. C'est-à-dire que les principes qui sont les nôtres soient respectés dans l'espace indo-pacifique, et donc, à l'égard de cela, que la Chine puisse respecter notre capacité à nous mouvoir, notre indépendance technologique et notre capacité à être souverains sur notre sol, comme celle pour les alliés et nos partenaires, et qu'il n'y ait pas de logique de déstabilisation ou d'hégémonie.

Voilà de manière très simple. Demain, je verrai le Premier ministre albanais avec beaucoup de plaisir. Nous avons pu échanger, à la fois en marge de ce sommet et téléphoniquement il y a quelques semaines ; nous allons réengager les choses.

D'abord, il y a là un Premier ministre dont l'agenda est beaucoup plus cohérent avec l'agenda de la France. Il est exactement dans la logique que je viens de décrire à l'égard de la Chine. Il a une logique et une politique, en matière de climat, qui est très proche, en tout cas beaucoup plus proche de celle de l'Europe et de la France que ne l'était son prédécesseur.

Et donc il y aura beaucoup de sujets de coopération. Il lui appartient ensuite aussi de me dire comment il voit les choses sur le plan stratégique. Et nous aurons à réengager un dialogue stratégique, politique, peut-être de défense, capacitaire, sur la base de la discussion que nous aurons demain.

Je ne veux pas la préempter, mais j'aborde cet échange avec beaucoup d'optimisme et de volontarisme parce que l'Australie est un grand partenaire, et la situation héritée des mauvaises manières passées n'était pas une bonne situation. Et je le dis aussi, dans un moment où la France a mené un processus inédit du point de vue des Nations Unies, et a pu clarifier aussi sa place dans la région, puisque, je le rappelle, le quinquennat passé a été celui de trois référendums. Et donc dans un processus qui avait été pensé et voulu depuis 1988, puis 1998, nous avons mis en place quelque chose qui est inédit au sein des Nations Unies : trois référendums successifs.

Ces trois référendums ont confirmé clairement le choix des néo-calédoniens. Et donc nous avons maintenant cette vocation indo-pacifique, qui est importante pour la France dans son entièreté, pour la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, mais aussi La Réunion et Mayotte, dans toute cette région lato sensu. Je n'oublie pas nos Terres australes et antarctiques françaises qui y ont aussi une place très importante, et nos amis de Wallis et Futuna qui ont aussi vocation à vivre dans cet espace et dans le cadre de cette stratégie.

Une dernière question de Julien Fautrat, de RTL. Bonjour Monsieur le Président. Je voulais vous poser une question sur le budget de l'armée française.

Il y a quelques jours, à Eurosatory, vous avez parlé d'une réévaluation de la loi de programmation militaire. Qu'est-ce que ça signifie, cette réévaluation ? Est-ce que c'est du matériel ?

Dans quelles proportions ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Alors d'abord merci de me permettre, ce faisant, de rappeler que là aussi nous avons essayé de faire les choses avec méthode et dans le bon ordre.

Et donc en 2017, j'ai dit que je souhaitais pouvoir réengager. Nous avons fait une revue stratégique, qui a donné lieu à une loi de programmation militaire, qui a été dûment votée et qui est déployée sur la période 2019-2024. Elle a donné lieu, à une époque où la guerre n'était pas là et où quelques-uns pouvaient reprocher à la France de repartir sur une stratégie ambitieuse, je veux ici dire que l'Histoire nous a malheureusement plutôt donné raison.

Elle a permis à la France, d'abord de réparer les faiblesses capacitaires qui étaient les siennes et d'avoir une loi de programmation militaire à hauteur d'homme, c'est-à-dire à travers le plan famille, ce qu'on a fait sur le logement, sur les équipements de protection et les équipements du quotidien pour nos soldats, de pouvoir aussi, je dois dire, rendre ce que nous devions à l'ensemble de nos forces armées. Principe de base. On a aussi pu réengager un vrai travail en profondeur sur les carrières et nous avons aujourd'hui, ce qui est une force, une armée attractive, qui engage massivement.

Et je le dis parce que ce n'est pas vrai partout, chez les Alliés et partout en Europe, c'est une force de la France. À côté de ça, nous avons lancé des grands projets d'innovation et des grands projets de partenariat avec, entre autres, l'Allemagne, mais nous avons aussi accru cet effort français d'un effort européen inédit, avec le Fonds européen de défense, Initiative européenne d'intervention, etc. Cette loi de programmation militaire, je le dis parce que là aussi, c'est inédit depuis trois décennies, elle a été exécutée à l'euro l'euro, chaque année.

C'est-à-dire que ce qui avait été prévu, conçu puis voté dans une loi de programmation a été exécuté, et nous continuerons de le faire pour les exercices que cette loi de programmation recouvre. À côté de cela, nous devons réévaluer l'évolution de la menace. Nous l'avons fait, si je puis dire, en conduite, mais très clairement, nous avons appris du théâtre sahélien, nous sommes en train d'apprendre du théâtre ukrainien, des choses très simples.

Quelles sont les conséquences sur nos matériels, les engagements ? On revit une guerre de haute intensité, on voit aussi l'hybridité qui est en train de se développer un peu partout. Nous voyons des innovations arriver, mais si je puis dire, le retour, comme diraient nos militaires, d'une certaine rusticité sur ces théâtres.

Et donc tout ça doit interroger la stratégie qui est la nôtre pour l'avenir et préparer une autre loi de programmation. Et donc ce que nous allons faire, j'ai demandé au ministre et au chef d'état-major des armées de mener un travail stratégique pour pouvoir réévaluer à l'aune de ce que nous sommes en train de vivre les sujets capacitaires et humains, regarder aussi nos grands programmes technologiques, regarder nos différentes évolutions, nos partenariats, et pouvoir me proposer une nouvelle base pluriannuelle. Donc je ne vais pas ici, aujourd'hui, vous faire des annonces.

Je dis simplement qu'on ne peut pas dire : il y a le retour de la guerre en Europe et continuer d'avoir la même loi de programmation militaire en toutes choses. Donc, nous devons en tirer les enseignements et je veux aussi que nous en tirions les enseignements sur l'organisation de nos armées avec les industries de défense. Nous devons sans doute savoir produire davantage, plus vite, mieux standardiser notre offre.

Et ça, ça ne concerne pas simplement la France, mais l'Europe tout entière, parce qu'au fond, nous étions habitués à produire de la très haute innovation avec des programmes de très long terme, laquelle d'ailleurs est une force de la France, de nos armées comme de nos exportations, nous l'avons encore vu avec les résultats obtenus ces derniers mois en Grèce, en Croatie, aux Émirats arabes unis. Mais nous devons maintenant, rentrant dans une période de guerre, savoir produire plus vite, plus fort, certains types d'équipements. C'est une réorganisation profonde pour nous Français, nous Européens.

Voilà le cap, si je puis dire, pour les prochaines semaines et les prochains mois, qui donnera lieu, donc, à la formalisation de ce travail, à une série de décisions et à une nouvelle programmation législative pluriannuelle. Merci à tous. La conférence de presse s'arrête là.

Le président doit partir. Je peux prendre rapidement 2 questions, si elles sont très rapides. Je vois deux mains qui se lèvent.

Marco, de La Stampa. Bonjour, Monsieur le Président,Marco Bresolin, du journal italien La Stampa. Vous avez mentionné le sujet du terrorisme.

Ici, à Madrid, la Turquie a signé un accord avec la Suède et la Finlande qui, entre autres choses, inclut aussi les demandes d'extraditions des citoyens turcs qui sont accusés de terrorisme. Donc je voulais tout d'abord savoir : que pensez-vous de cet accord ? Et aussi si vous avez discuté avec le Premier ministre italien de la décision de la justice française, qui a bloqué l'extradition des dix citoyens italiens qui sont accusés de terrorisme en Italie ?

Merci beaucoup. Merci. S'il y en a une ou deux autres, je les prends d'un seul tenant.

Richard Werly, du quotidien suisse Blick. Monsieur le Président, est-ce qu'on peut être aujourd'hui, après la décision de la Finlande, la Suède, Européen et neutre ? Et une dernière de Guillaume Daret.

Bonjour, vous évoquiez il y a quelques instants la lutte contre l'inflation, issue notamment de la crise ukrainienne. Ce matin, votre ministre de l'Économie dit que les grandes entreprises qui en profitent doivent faire davantage. Est-ce que vous estimez qu'elle en font suffisamment ?

Et qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent qu'il faut peut-être une taxe sur ces super profits issus de l'inflation ? Merci ! Valérie Gas, RFI.

Merci Monsieur le Président. Il n'y aura pas de tiroirs, mais pour poursuivre sur la question d'Élisa tout à l'heure, vous rentrez à Paris ce soir. Quand comptez-vous annoncer aux Français la composition du gouvernement Borne 2 ?

Il y a d'autres questions ? Pas de regret ? Harold Hyman ?

Oui, allez-y ! CNews. Merci !

Monsieur le Président, l'armée russe a évacué l'île des Serpents et il paraîtrait que c'est grâce aux canons Caesar. Est-ce qu'il faut s'en réjouir ? C'est une information de l'état-major ukrainien.

Allez-y, Monsieur, la toute dernière. Est-ce que vous pouvez vous présenter, s'il-vous-plaît, Monsieur ? Could you present yourself, please ?

Monsieur le Président, excuse, a question in english from NBC News. [ INAUDIBLE ] Par courtoisie, j'ai déjà répondu sur la France. Donc les deux questions qui étaient sur l'actualité française, je n'y reviendrai pas.

Je ne suis pas là pour faire des commentaires sur ce que disent les ministres depuis Paris ni pour dire ce que je vais faire à Paris. Je le ferai une fois que je serai revenu. Sur le terrorisme, d'abord je me réjouis qu'un accord ait été trouvé et que nous puissions, de manière consensuelle et unanime, dire oui aux deux pays qui souhaitaient nous rejoindre, la Suède et la Finlande.

Ensuite, il n'appartient pas à l'OTAN de qualifier ce qui est terroriste et ce qui ne l'est pas. Ce n'est pas dans ses compétences. Et donc, je ne veux pas m'immiscer dans ce qui est un dialogue bilatéral, mais je sais simplement comment fonctionne, à peu près, l'état de droit en Suède et en Finlande, qui sont deux grands États amis, européens, qui ont souscrit aussi aux mêmes traités internationaux que nous.

Ces demandes seront soumises aux règles qui sont les nôtres et qui protègent aussi celles et ceux qui parfois ont obtenu l'asile sur notre sol. Et donc ils le feront en respectant l'État de droit. Voilà !

Sur ce qui est de la décision de la justice française, par définition je ne la commenterai pas. J'ai dit, politiquement en tout cas, que la démarche, je la soutenais, et que j'appuyais la demande du gouvernement italien pour ces brigadistes, conformément d'ailleurs, je le redis ici, à la doctrine qu'a toujours eue la France, puisque la France n'avait rejeté que les demandes d'extradition de gens qui n'étaient pas impliqués dans des crimes de sang. En l'espèce, ces gens-là ont été impliqués dans des crimes de sang et méritent d'être jugés sur le sol italien.

C'est le respect que nous devons aux familles des victimes et à la nation italienne. Il y a une décision de justice qui est rendue. Cette décision n'étant pas aujourd'hui connue, son résultat [INAUDIBLE].

En tout cas, je ne l'ai pas vue écrite. Il nous appartiendra dans les prochaines heures de voir si un recours en cassation est possible, en tout cas s'il y a encore des voies juridictionnelles qui nous permettraient d'aller plus loin. Je ne peux donc pas vous dire davantage que cela, sauf vous réitérer la volonté politique qui a été la nôtre de coopérer avec le gouvernement italien sur ce sujet et ce pourquoi je l'ai fait, en cohérence avec la ligne qui a toujours été celle e la France, et vous dire que tout cela dépend maintenant de sujets plus juridiques et juridictionnels, en l'espèce.

Je pense qu'on peut encore être européen et neutre, si j'en crois l'Autriche, pour ne citer qu'un pays, et d'autres. Donc oui, il y a des traditions politiques, militaires, historiques qui font que c'est encore possible. Il y a simplement eu un sursaut, en particulier en Europe du Nord et en Europe de l'Est, face à la menace que représente maintenant la Russie, et donc je crois très clairement que le choix fait par la Suède et la Finlande traduit cela.

Maintenant, je voudrais élargir, puisque vous m'en offrez l'occasion, la focale, pour y ajouter le Danemark. On a peu parlé lors de ce sommet du fait que la première ministre danoise, avec son gouvernement et beaucoup de courage, a été devant les électeurs et a soumis au référendum le retour du Danemark dans la politique européenne de sécurité et de défense. Le Danemark, qui avait exercé ce droit de sortie, de se tenir à l'écart, est revenu dessus, ce qui veut dire que vous avez eu un phénomène très complémentaire : un allié a décidé de rejoindre, ces dernières semaines, avec un résultat très clair du suffrage du peuple, plus de 60 %, de rejoindre ce qui est l'Europe de la défense, ce qui, si besoin en était, vous démontre que l'Europe de la Défense et l'Alliance atlantique sont deux maillons d'une même chaîne qui se renforcent mutuellement.

Non, mais je ne vais pas m'engager sur ces sujets, je pense qu'après, chacun, je le disais, je l'évoquais, par définition, en connaissant Monsieur [INAUDIBLE], je ne voulais pas le mettre en porte-à-faux, je prenais un proxy, mais les neutralités continuent de demeurer et elles sont respectables, elles n'empêchent pas les discussions, y compris que nous continuerons à avoir avec engagement et amitié sur d'autres sujets voisins où je ne désespère pas, ce qui me permet un clin d'œil suisse. Sur la cinquième question qui m'a été posée, je prends note de ce que l'armée ukrainienne dit et qualifie. Ce qui est clair, si d'aucuns en doutaient, le soutien de la France aux armées ukrainiennes est un soutien qui ne passe pas uniquement par des engagements verbaux, mais bien par le déploiement de matériel sur place, qui a toujours été accompagné d'une formation efficace et surtout d'un déploiement rapide.

Les canons César, qui sont aujourd'hui au nombre de douze, qui seront complétés par six canons additionnels, font partie, je crois, des équipements appréciés par les armées ukrainiennes. Ils font partie des équipements crédibles, aussi, compte tenu de leur portée et de leur efficacité. Et donc il appartient aux armées ukrainiennes d'apporter ces qualifications.

Je veux simplement dire que nous, nous resterons au soutien. Ces six canons César arriveront très rapidement dans les toutes prochaines semaines et nous continuerons d'équiper et de former, dans la limite que nous nous sommes donnée en termes opérationnels, c'est-à-dire jamais pour attaquer le sol russe, mais toujours pour défendre le sol ukrainien et être au soutien de ses armées. En répondant à votre question, Monsieur, je ne sais pas si j'aiderai le président Biden ou pas, et donc je ne sais pas jusqu'où je dois aller.

En tout cas, je peux dire que dans les propos que le président Biden a tenus, à la fois dans le cadre du G7, dans le cadre de ce sommet, dans ce que j'ai pu lire également dans les colonnes du New York Times, de mémoire, je crois voir une vraie convergence de vue sur ce qu'est cette guerre et la position que nous devons tenir, oui. Ensuite, et c'est normal, nous n'avons pas toujours eu la même intensité de discussion avec le président russe. C'est assumé.

Moi, j'ai toujours eu ces discussions de manière transparente et coordonnée, d'abord avec le président Zelensky et ensuite avec l'ensemble des partenaires européens et des alliés. À chaque fois que la situation le justifiera, je n'exclus pas de le faire, parce que je pense que c'est la responsabilité de la France et parce que si sur des sujets de court terme ou d'urgence, humanitaire ou autre, la discussion peut être utile, il faut la mener, ensuite parce que si, à un moment donné, lorsque ce sera le choix de l'Ukraine et lorsque les situations le permettront, il faut réengager un dialogue, il faut que nous puissions le faire aussi, nous Européens. Voilà ce que je peux vous dire.

Merci beaucoup. Un dernier mot, peut-être, avant de lever cette conférence. C'est un sujet adjacent, mais en marge de ce sommet, nous avons continué, et c'est l'un des derniers actes de cette présidence française de l'Union européenne, les échanges avec la Bulgarie et la Macédoine du Nord.

Vous le savez, ces derniers jours, ont permis de marquer plusieurs avancées, en particulier sur le paquet climat européen. La présidence française a pu conclure avec tous les collègues et les institutions une avancée majeure dans la nuit de mardi à mercredi. Mais il restait un sujet important, qui était d'aller au bout du sujet, entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord.

Et donc, sur la question des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord, nous avons poursuivi, ces derniers jours, et en particulier ces dernières heures, les consultations avec les autorités macédoniennes et avec les autorités bulgares, car notre attachement, qui a été rappelé par le Conseil européen les 23 et 24 juin derniers, est celui de, justement, dans le cadre de la perspective des Balkans occidentaux, de pouvoir ouvrir le premier chapitre d'adhésion, à la fois pour la Macédoine du Nord et pour l'Albanie. Sur la base de ces consultations, je suis convaincu que nous avons trouvé une solution de compromis, qui répond aux sensibilités des deux partis, respectant entièrement leurs mandats. Je crois profondément qu'elle est dans l'intérêt, à la fois de la Bulgarie et de la Macédoine du Nord, qu'elle est acceptable pour tous, et j'espère que son examen dans les prochains jours par les deux partis le confirmera.

D'ores et déjà, le président et le premier ministre bulgares m'ont confirmé leur adhésion à cette proposition française. L'adhésion de principe va maintenant avancer dans les prochaines heures, aux prochains jours, mais nécessite des concertations à Skopje. Cette solution apporte à tous de la sécurité, de la prévisibilité et l'assurance de surmonter les différends hérités du passé, ce qui est la marque-même de l'esprit européen, et je souhaite qu'elle permette d'aller au bout de ce chemin et de commencer in concreto les travaux, à la fois avec la Macédoine du Nord et avec l'Albanie.

Voilà les quelques mots que je voulais rajouter. Merci à toutes et tous. Merci à tous.

C'est la fin de la conférence de presse.