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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 27 juillet 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéTransports

L'invité du jour : Éric Durand - 27/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Pourquoi on n'arrive pas à tous les avoir mobilisés dans ce type de situation ?

  • 1:06RelanceRéponse partielle

    La maintenance, les pannes, vous le disiez, une flotte qui est vieillissante, c'est ça le fond du sujet ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    La maintenance hivernale qui a lieu au mois d'août, c'est quand même un problème ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Et qui est dû à quoi ?

  • 2:49FerméeRéponse directe

    Ça veut dire que sans la solidarité européenne, aujourd'hui, on serait incapable de faire face ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on paye le fait d'être dépendant d'un constructeur qui est étranger ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « Il y a à la fois la maintenance qui est nécessaire sur ces avions, comme sur les autres avions d'ailleurs de la sécurité civile, parce qu'il faut bien comprendre que les vols que réalisent ces avions sont très éprouvants pour les machines. »
  • 1:18Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, les Canadairs, ils ont en moyenne 30 ans. »
  • 1:35Invité politiqueFait
    « Et aujourd'hui, par exemple, sur le peu de disponibilité que nous avons aujourd'hui, vous en avez encore deux qui sont en maintenance hivernale, parce que justement, notre mainteneur n'a pas su sortir ses avions à temps pour la saison feu. »
  • 2:18Invité politiqueFait
    « Il y a une feuille de route qui a été signée justement pour que tout soit respecté au mieux entre la Direction Générale de la Sécurité Civile et la direction de cette société qui s'appelle Sabena Technics. »
  • 2:29Invité politiqueFait
    « Mais en fait, la feuille de route, pour l'instant, elle n'est pas respectée. »
  • 3:18Invité politiqueFait
    « De la Ville-en-de-Canada, finalement, a le monopole sur les bombardiers d'eau amphibie. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « Pour éteindre le feu, ou du moins aider les pompiers à l'éteindre, il faut amener une masse d'eau énorme. Et aujourd'hui, dans le monde aéronautique et sur le monde des bombardiers d'eau, finalement, si le plan d'eau pour pouvoir écoper est très très proche, il n'y a que le Canadair qui sait faire ça. »
  • 4:27Invité politiqueFait
    « Mais disons que ça peut changer la donne à condition qu'il soit utilisé convenablement, ce qui pour l'instant n'a pas été le cas, puisqu'en fait, il faut bien savoir que l'utilisation d'A400M, ça a été fait dans l'urgence. »
  • 4:48Invité politiqueChiffre
    « Il faut environ 4 ans pour former un commandant de bord sur bombardier d'eau. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Donc vous voyez, en fait, l'efficacité du concept, pour l'instant, elle est très très limitée. »

Temps de parole

  • Eric Durand68 %
  • Présentateur32 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Il est 8h50 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story. Bonjour Eric Durand. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes le secrétaire général adjoint du syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile. Vous êtes vous-même commandant de bord de Canadair. Je le disais, ce week-end, la France n'a pu compter que sur 5 puis 7 de ses 12 Canadair. Pourquoi on n'arrive pas à tous les avoir mobilisés dans ce type de situation ? Comment on peut expliquer ça à nos auditeurs ?

0:32
Eric Durand

On peut l'expliquer très simplement. Il y a à la fois la maintenance qui est nécessaire sur ces avions, comme sur les autres avions d'ailleurs de la sécurité civile, parce qu'il faut bien comprendre que les vols que réalisent ces avions sont très éprouvants pour les machines. Du coup, des fois, on revient avec des pannes, les systèmes qui sont dans la rue d'État.

0:56
Présentateur

Je vous interromps, essayez de vous rapprocher peut-être de votre téléphone, parce qu'on vous entend très bien quand vous vous en éloignez. Très bien, très proche du téléphone. Oui, la maintenance, les pannes, vous le disiez, une flotte qui est vieillissante, c'est ça le fond du sujet ?

1:13
Eric Durand

Non, ce n'est pas vraiment le fond du sujet. J'entends beaucoup dire effectivement que la flotte est vieillissante. Vous savez, les Canadairs, ils ont en moyenne 30 ans. Mais finalement, si vous regardez n'importe quelle autre flotte utilisée dans le monde de l'aviation, 30 ans, ce n'est pas si vieux pour un avion. Et le nombre de vols de nos Canadairs, il n'est pas si monstrueux non plus que ça. C'est juste que la maintenance doit être réalisée correctement.

Et aujourd'hui, par exemple, sur le peu de disponibilité que nous avons aujourd'hui, vous en avez encore deux qui sont en maintenance hivernale, parce que justement, notre mainteneur n'a pas su sortir ses avions à temps pour la saison feu. Donc déjà, vous en enlevez deux qui sont en maintenance hivernale. Et ensuite, sur les autres, vous avez des pannes.

1:56
Présentateur

La maintenance hivernale qui a lieu au mois d'août, au mois de juillet en l'occurrence, c'est quand même un problème ?

2:01
Eric Durand

Oui, oui, tout à fait. C'est exactement le problème. Voilà.

2:05
Présentateur

Et qui est dû à quoi ?

2:06
Eric Durand

Qui est dû à des retards de sortie dans le calendrier de sortie présenté par l'industriel. Donc, c'est une société privée. Il y a une feuille de route qui a été signée justement pour que tout soit respecté au mieux entre la Direction Générale de la Sécurité Civile et la direction de cette société qui s'appelle Sabena Technics. Mais en fait, la feuille de route, pour l'instant, elle n'est pas respectée. Donc, du coup, on se retrouve avec un manque de moyens nationaux. Alors bon, ça a été compensé par des moyens de location, par l'appel aux autres pays européens qui sont venus en masse nous aider. Donc, c'est très très bien. Mais à la base...

2:49
Présentateur

Ça veut dire que sans la solidarité européenne, aujourd'hui, on serait incapable de faire face ?

2:54
Eric Durand

Sans la solidarité européenne, on serait incapable de faire face, exactement.

2:57
Présentateur

Est-ce qu'on paye le fait d'être dépendant d'un constructeur qui est étranger ? On rappelle que ces Canadaires sont fabriqués par un industriel canadien. Il n'y a pas de constructeur en Europe. C'est ça aussi le problème ?

3:14
Eric Durand

La certitude, c'est que... La certitude, c'est que... De la Ville-en-de-Canada, finalement, a le monopole sur les bombardiers d'eau amphibie. En gros, il n'existe que le Canadair, aujourd'hui, capable de répondre à une attaque de masse sur un feu de forêt. Il y a quelque chose qu'il faut bien relever. Pour éteindre le feu, ou du moins aider les pompiers à l'éteindre, il faut amener une masse d'eau énorme. Et aujourd'hui, dans le monde aéronautique et sur le monde des bombardiers d'eau, finalement, si le plan d'eau pour pouvoir écoper est très très proche, il n'y a que le Canadair qui sait faire ça. Alors, vous parlez de masse énorme ?

3:53
Présentateur

Il y en a un qui peut transporter une masse encore plus grande d'eau ou de produits retardants. C'est l'A400M qui a été déployé pour la première fois ce week-end dans ce rôle-là, avec un dispositif adapté pour pouvoir lui faire transporter et répandre du retardant. C'est donc l'A400M, c'était samedi. Est-ce que ça change vraiment la donne ?

4:15
Eric Durand

Alors oui, ça va changer un petit peu la donne, parce que mine de rien, tous les moyens qui pourront être apportés pour larguer de l'eau ou du retardant seront forcément les bienvenus. Mais disons que ça peut changer la donne à condition qu'il soit utilisé convenablement, ce qui pour l'instant n'a pas été le cas, puisqu'en fait, il faut bien savoir que l'utilisation d'A400M, ça a été fait dans l'urgence. Donc l'équipage n'a pas été formé au travail du feu de forêt. Nous qui sommes, enfin, moi je fais partie des bombardiers, des pilotes de bombardiers d'eau. Il faut environ 4 ans pour former un commandant de bord sur bombardier d'eau.

Donc vous imaginez bien qu'un équipage d'A400M, en une semaine, il ne peut pas apprendre le métier. Du coup, pour qu'il puisse travailler, on est obligé de construire une bulle aéronautique rien que pour lui à l'endroit où il largue. Et pendant que cette bulle travaille, le reste du travail se fait moins bien ou ne se fait pas. Donc vous voyez, en fait, l'efficacité du concept, pour l'instant, elle est très très limitée. Alors j'imagine que ça va venir parce qu'il va continuer ses largages et petit à petit, on va arriver à se coordonner. Mais ce n'est pas le moment de faire de l'expérimentation.

Là, il faut laisser les gens dont c'est le travail, il faut les laisser travailler parce qu'on est professionnels du feu de forêt. On sait exactement ce qu'il faut faire et pour ça, il faut nous donner les moyens. Et aujourd'hui, les Canadaires, on ne les a pas encore tous.

5:36
Présentateur

Et vous nous disiez également que la grande différence aussi, c'est que l'A400M, pour aller recharger, évidemment, il est obligé d'aller se poser, contrairement au Canadair qui, lui, fait des rotations beaucoup plus rapides puisqu'il récupère de l'eau directement sur un point d'eau très proche.

5:52
Eric Durand

C'est exactement ça. Vous voyez, un A400M, là, c'est 20 tonnes de retardants qui sont largués à peu près, pour l'instant, je crois, une fois par heure. Un Canadair, une rotation de deux Canadair sur les feux de la Gironde, par exemple, en fait, en une heure, ils vont larguer 120 tonnes d'eau. Vous voyez, ce n'est pas du tout le même ratio. Donc, il faut bien s'imaginer que pour lutter comme ça, il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a qu'une. Il faut lancer le maximum d'eau en un minimum de temps.

6:27
Présentateur

Et donc, les Canadair sont extrêmement précieux, c'est ce que vous nous redites ce matin. Et ceux qui nous manquent, effectivement, font vraiment, vraiment défaut. Commandant Eric Durand, merci beaucoup d'avoir été avec nous.

L'invité du jour : Éric Durand - 27/07 — Eric Durand · Pourquijevote