Le reste de la gauche court après Mélenchon - l'Actu de la semaine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 61 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteÉludée
Est-ce qu'il a soufflé tout le monde, Jean-Luc Mélenchon, avec ce meeting ?
- 3:16OuverteRéponse partielle
Quels éléments concrets Mélenchon a-t-il donnés sur le fond ?
- 4:20RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas trop vague pour l'instant ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
C'est une démonstration de force de Mélenchon ou de faiblesse du reste de la gauche ?
- 13:27OuverteÉludée
Réaction à la déclaration de Mélenchon : « La primaire est finie, c'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne »
- 18:17OuverteRéponse partielle
Comment est reçue la main tendue de LFI par les écolos et les communistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon a donné une grande démonstration de force pour reprendre l'élément, la phrase qui a été utilisée par absolument tout le monde et beaucoup d'observateurs. »
- 0:49PrésentateurChiffre
« La France insoumise revendique 26 000 participants. »
- 3:16PrésentateurPromesse
« Le SMIC à 1 700 euros, une loi de lutte contre la concentration des médias, l'abrogation de la réforme de retraite, puis éventuellement la retraite à 60 ans, on verra. »
- 3:27InvitéFait
« Il y a parlé de régionalisation écologique. »
- 3:34InvitéFait
« Il veut refaire les régions selon les bassins versants. »
- 11:36InvitéFait
« Il va y avoir des désistements individuels, enfin, il va y avoir des ralliements individuels ou par petits paquets qui vont aller vers Mélenchon depuis le Parti communiste, depuis les écologistes et peut-être ailleurs. »
- 13:31PrésentateurFait
« « La primaire est finie, c'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne. Ceux qui n'ont aucune chance d'accéder au second tour devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner. » »
- 25:50InvitéChiffre
« Sur 10 euros dépensés par les États européens dans le numérique, c'est 8 euros qui finissent dans les poches de gérants comme Google ou Microsoft. »
- 25:59InvitéChiffre
« Au total, c'est 264 milliards d'euros d'argent public qui vont vers des entreprises américaines chaque année. »
- 25:54InvitéChiffre
« c'est 8 euros qui finissent dans les poches de gérants comme Google ou Microsoft »
- 25:56InvitéChiffre
« Au total, c'est 264 milliards d'euros d'argent public qui vont vers des entreprises américaines chaque année. »
- 26:04InvitéFait
« les multinationales du web collectent et utilisent nos données. »
- 26:19InvitéFait
« un mouvement est en train de se créer pour organiser la sortie massive des GAFAM. »
- 26:59InvitéFait
« un second tour Bardella-Mélenchon. »
- 29:09InvitéFait
« il n'a pas envie que ce soit ni ce petit con de Gabriel Attal, ni ce connard d'Édouard Philippe. »
- 37:02PrésentateurFait
« Liana, 11 ans, retrouvée morte quelques jours après sa disparition à la sortie de son collège dans le Gers. »
- 37:10PrésentateurFait
« Le principal suspect dans cette affaire était déjà visé par une plainte pour viol sur mineurs l'an dernier, sauf qu'il n'a pas été entendu par la police. »
- 41:00InvitéFait
« Jean-Jacques Hurvois, ministre de la justice sous François Hollande, avait lui-même parlé à l'époque d'une justice clochardisée. »
- 41:22InvitéChiffre
« On est complètement à la ramasse. On devrait probablement avoir trois fois plus de personnel. »
- 45:16InvitéFait
« la France est le quatrième hébergeur de contenu pédopornographique au monde. »
- 50:25InvitéFait
« Darmanin a bénéficié de ce système-là »
- 50:58InvitéFait
« on sait que chez les magas américains la pédophie c'est quelque chose qui a été beaucoup avancé le pizza gate etc »
- 51:31InvitéFait
« quand on s'informe un peu sur le sujet on voit que ça ne marche pas tellement »
- 52:51InvitéFait
« il y a un bon nombre d'établissements dans le cadre desquels les heures ne sont pas suivies »
Temps de parole
- Invité28 %
- Présentateur26 %
- Invité 221 %
- Invité 317 %
- ?7 %
≈ 30,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On
a créé une cagnotte Ulule dédiée, spécifiquement destinée à financer des émissions pour la fin de la saison. En fonction de ce qu'on récoltera, on fera une, deux, trois, quatre émissions. Tout est envisageable, ça dépendra de votre soutien. C'est grâce à vous qu'on fait Backseat, je vous le rappelle. Et là, on a besoin de vous. Mesdames et messieurs, c'est la dernière émission de la saison Backseat. L'occasion de faire un dernier petit point sur la campagne présidentielle avant la rentrée de septembre prochain. Il va peut-être se passer plein de trucs cet été, on va en parler. On va faire le tour ensemble des meetings, des candidatures de ce début de campagne.
L'événement, c'était le week-end dernier, le premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon qu'il a tenu dans le désormais fief insoumis de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. La France insoumise revendique 26 000 participants. Jean-Luc Mélenchon a donné une grande démonstration de force pour reprendre l'élément, la phrase qui a été utilisée par absolument tout le monde et beaucoup d'observateurs. Est-ce qu'il a soufflé tout le monde, Jean-Luc Mélenchon, avec ce meeting ?
Ouais.
Là, personne n'a rien à dire, d'accord. On va enchaîner, on va parler
de la partie socialiste.
C'était carré.
C
'était une
belle démonstration de force. Non, mais tu étais, toi ? Comment
ça ?
Non, mais j'ai regardé quand même. Il paraît que le son était dégueulasse sur place. Le son sur place, oui, mais même ne pas sur place, c'était pas terrible. Non, moi, j'ai beaucoup aimé l'intervention d'Éric Vuillard. Oui, t'avais dit. C'est qui ? C'est un auteur. Écris
-moi.
Tu
expliques
pour
les gens qui nous écoutent. Oui,
parce qu'en fait, il aime bien agréger des soutiens un peu intellectuels.
Il y avait Annie Ernaud, qui est
au prix Nobel de littérature, maintenant. Ça, c'est pour la gauche
cave.
La gauche cave
? Un
petit
peu, quand même. Tu dis gauche cave, toi.
Bah oui.
La gauche qui
va chez Nicolas. C'est la gauche qui fait le tour des petites caves.
Cave
à un hâte. Un vin, super sympa. Et Éric Vuillard, qui est pris Goncourt, je crois, 2016. Pour l'ordre du jour. Pour l'ordre du jour, exactement. Qui racontait les liens entre les patrons et les nazis. Et très beau discours d'Éric Vuillard, si vous voulez écouter ça. Sinon, il
y
a Balibagayoko aussi, qui a pris la parole. Et puis Jean-Luc, qui a fait un discours très court, par rapport à ce qu'il fait d'habitude. Il était un peu au
pas
de course, il lisait sa
feuille.
Il
n
'a
pas fait de
sortie comme aujourd'hui. On n'a pas le temps, on n'a pas le temps.
On en avait déjà parlé sur Backseat avec toi. C'est ce côté Jean-Luc Mélenchon sous contrôle, qui ne
veut
pas faire de dérapage, qui se maîtrise, qui se tient.
C
'est ce qu'on appelle parfois affectueusement le papy Jean-Luc. Ce n
'est
pas le Grumpy Cat qui hurle sur tout le monde. C'était aussi ça, cet exercice maîtrisé de sa part.
Et
moi,
je
pense qu'on est parti pour un an de ça.
Et
à la fin, quand il a dit, bon, je vais aller vers ma conclusion. Les gens,
ils
ont fait, non, on n
'en
veut plus. Il a fait, oui, non, sinon je vous relis la feuille. Ça veut vraiment dire qu'il avait prévu ses trucs et on ne sort pas du... Parce qu'il sait que quand il part, il part. Donc, il ne
faut
pas qu'il parte. Là, il a plutôt épargné ses camarades de gauche. Il n
'a
pas dit grand-chose dessus. Il a plutôt défoncé la droite et l'extrême droite. Il y avait un peu de tout. Il y avait un peu de Nouvelle-France, un petit peu d'économie, un petit
peu
de trucs.
Oui, c'est ça. Alors, c'était un discours que j'ai trouvé, effectivement, qui brossait quand même assez large. Encore une fois, c
'est
un lancement de campagne présidentielle. On n'est pas encore au moment où il faut faire des propositions extrêmement précises et chiffrées. Ce n
'est
pas trop ce moment-là de la campagne. C'était beaucoup sur des thématiques. Il a quand même donné sur le fond quelques éléments, mais aucune surprise. Le SMIC à 1 700 euros, une loi de lutte contre la concentration des médias, l'abrogation de la réforme de retraite, puis éventuellement la
retraite à 60 ans, on verra. Il y
a
parlé de régionalisation écologique. Je demande encore à comprendre ce que c'est exactement. J'ai un peu bugué, moi aussi. Je n
'ai
pas compris. Il veut refaire les régions selon les bassins versants. Oui,
mais ça veut dire quoi ? Attends,
tu veux dire qu'il
va
nous faire une réforme territoriale sur des bassins versants ? Oui, mais ça nous avance à quoi ? Je
ne sais rien, moi, tu lui demanderas quand il
viendra sur Baxé, il me dit, raconte-nous cette histoire de refaire la carte des régions. Je ne sais même pas ce que c'est.
Refaire la carte des régions
? Est-ce que les bassins de vie ne correspondent pas forcément aux bassins versants
? Et du coup,
il y
aura
combien de régions ? Oui, c'est rien. Il
y a
cinq
fleurs. Est-ce qu'il y a une
région
de Meuse ?
Peut-être les plus
jeunes d'entre vous qui n'ont pas connu la loi NOTRe et le passage de 22 à 13 régions qui a déjà été un
psychodrame de l'espace.
Qu'est-ce qu'on a ri à cette époque-là ? C
'est pour la
gestion de l'eau. Oui, d'accord. Mais ce
n'est pas
une compétence du conseil régional.
Oui, mais du
coup, est-ce qu'il veut mettre de nouvelles compétences ?
Bref,
il n
'y a
pas de proposition qui sorte de l'ordinaire à ce stade de la part de Jean-Luc Mélenchon
? Ça, ça sort
un
peu de l
'ordinaire, ça. Non
?
C
'était
tellement pas précis que là, pour l'instant, moi, je n'ai que des questions. Je ne comprends pas très bien quelle était cette idée-là.
Est-ce que c'est pas lui qui
vient au lieu de Noël Barreau ? Mais
respect, monsieur le ministre.
Là, c'était le premier meeting. Il était là pour rassembler les troupes et faire un truc. Tout le monde est d'accord.
Et
après,
il
va...
Tout le monde
derrière, ils étaient
bien
contents. Ah oui, tout le monde était content. Les journalistes ont été obligés de dire, oui, bah,
c
'est plutôt réussi.
En
même temps, un meeting d'un candidat à une élection présidentielle où personne n'est content, c'est rare. Bah non,
j'en ai connu. Attends, t'es crès, t'es crès. J'en ai
connu, les gens n'étaient
pas trop contents.
T'avais
des
gens qui sortaient
de la salle et qui disaient que c'était
dur.
Un peu immérité.
C
'était dur. Debout ! Bah
oui, les gens étaient
assis, il faut faire debout. Bon,
mais
du coup, c'est une démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon ou c'est une démonstration de faiblesse du reste de la gauche
?
Bah
oui. Oh, elle est bien
écrite, celle-là. Bah là,
on
attend Glucksmann, là, ça va être bien, c
'est
samedi. C'est samedi, Glucksmann. A priori, je vais essayer de le streamer. Je ne sais pas si je vais
pouvoir,
mais
je vais essayer. Oh, t'auras pas eu le droit. Mais c'est vrai qu'au moins... C'est clair, c'est mort. Ce que je disais un peu dans la carte blanche, c'est que l'avantage de LFI, c'est qu'ils ont décidé, donc la conne nature avec une modé de sélection qui était un peu chiquée, mais c'est pas très grave, de leur point de vue. Et donc, au moins, ils ont décidé qu'ils auraient une campagne. Ils ont lancé leur programme qu'ils ont... L'avantage, j'ai posé, ils ont un programme un peu ancien, donc il est déjà là. Il suffit de le réactualiser tous les cinq ans, l'avenir en commun.
Et donc, ils ont une
organisation. La
dernière réactualisation, c'était 2025. Ah, à Skip, il y avait
une plateforme pour... Oui, tu peux proposer, je crois. Oui,
mais
il n
'y a
encore que quelques semaines, là, de... Ouais.
Voilà, donc
amusez-vous chez vous.
Allez mettre vos propositions. Et
au moins, ils ont le truc de... Ils savent qui est leur candidat. Ils ont quand même une base programmatique à peu près là. Ah, ils y vont, quoi. Et les autres ne peuvent pas aligner ça en face.
Non, les autres ne peuvent pas aligner ça en face.
J'ai l'impression, vous me dites ce que vous en pensez, mais j'ai l'impression que le reste de la gauche, pour l'instant, la seule technique qu'ils ont,
c
'est de multiplier les candidatures pour exister. Et de dire que Mélenchon perdra au second tour.
Et
de dire que Mélenchon perdra au second tour, que ce n
'est
pas le choix stratégique, etc. Ça,
c
'est la réponse stratégique à l'argument stratégique du vote utile. Ça, c'est dans toutes les présidentielles, évidemment. Mais... Mais
ce n'est pas exceptionnel.
Moi, je n
'ai
pas été non plus soufflé par ce meeting qui confirme qu'ils savent faire des gros meetings, ils savent les remplir, ils savent même affrêter des cars pour remplir s'il y a besoin. Mais là, je pense qu
'il
n
'y
avait pas tellement besoin. Même dans le métro, c'était pénible d'y aller, c'était compliqué de ce que j'ai entendu et tout. Mais... À la 13, c'est toujours pénible. J'ai envie de dire, ils ont toujours su faire ça, particulièrement pour les campagnes électorales. Donc,
il
n
'y
a pas... Moi, ça ne me paraît pas être un signe fort que cette fois, c'est différent de d'habitude. Je trouve que les 300 000 signatures en ligne, ça,
c
'est plus important. Et c'est un signal plus fort que... Ah, ce n'est pas comme la dernière fois. Les gens ont l'air d'être un peu plus investis.
Je reviens sur ce que je disais, sur le fait que là où c'est impressionnant, c'est en miroir de ce que fait le reste de la gauche qui est un foutu de savoir qu'on va s'en sortir. On n
'a
aucun processus de désignation clair. Le PS est en train de se noyer dans ses propres processus internes. Et en face de ça, Jean-Luc Mélenchon, il fait un giga-meeting.
Bien sûr. En fait, c'est
juste... Mais
tu veux toujours dire
du mal du reste de la gauche. Tu veux toujours dire du mal du PS.
Non, mais la réalité, la réalité...
Ce n
'est
pas toi qui ferais ça, Jules ? Non. La
réalité,
qu'on soit d'accord sur le fond ou pas avec ce que proposaient les filles, peu importe. La stratégie qui est menée par le parti depuis des années désormais est la seule stratégie gagnante à gauche.
À la présidentielle, il faut préciser. Pas que ! Franchement, sur
les municipales,
ils ont quand même réussi un certain nombre de gros coups. On peut le
dire.
Ils
ont 100 fois moins de mérites que le PS.
Pardon ? Ils ont 100 fois moins de mérites que le PS. Le PS, c'est la prime au sortant pour beaucoup quand
même.
Justement.
Ils sont là depuis
100
ans. Exactement. Non, mais franchement,
il faut le dire. Moi, ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui, il y a un parti à gauche en France, on en dit ce qu'on veut, qui bosse. Et c'est la France Insoumise. Ils réussissent quand même à chaque fois à faire effectivement des gros meetings. Ils sont présents sur le terrain. Énormément
présents sur le
terrain.
Distribution de tracts, notamment.
Mais oui. Ils arrivent à mobiliser.
Un an d'une présidentielle,
c'est rare.
Ils bossent, quoi. Je ne
dis
pas que les autres ne foutent rien. Mais c'est vrai qu'en tout cas, en termes de stratégie, on comprend qu'il
y a
une certaine lisibilité qui manque ailleurs.
Et puis, ce n
'est
pas tant qu'ils bossent, c'est qu'ils bossent et ça marche. En plus. C'est ça le truc.
C
'est qu'il y
a
des résultats
en face. il
n
'y
a pas de fumée sans feu, je veux dire.
Non, non, je
suis d'accord. Tu
vois comment
c'est le sbeul chez les Verts ?
Oui, mais ce n'est pas pour
autant que je dirais que les Verts ne bossent pas. Oui, des fois, il y en a qui
bossent. Ils ont
leur process, ils ont leur fonctionnement, etc. avec toute la chaleur que ça génère. Je ne
peux
pas dire que les Verts ne bossent pas, mais ce n
'est
pas à les acharner. Ah oui, avec leur thémat de chat. Non, non, non, pas du tout.
Et
puis,
il v
'y a que je fais un vote et puis j'attends le vote d'après et
puis
en
attendant, on ne fait
rien.
Ils parlent tous
comme ça. En fait, c'est une question d'articulation entre différents éléments.
C
'est-à-dire que la France Insoumise a un programme, a un candidat. Pas d'embrouille interne parce qu'il n
'y
a pas d'espace pour avoir des embrouilles.
Oui, au moins, ça c'est
vrai. Comme dirait l'autre C carré
démocratique et tout ça fonctionne ensemble.
Là
où l'EPS, ils nous ont dégainé un programme qui a été bossé par Chloé Rydel. On en
avait parlé
sur Backseat.
On l'embrasse.
On l'embrasse évidemment, mais programme du PS. Oui, mais il
y
a qui pour le porter ? Ah, c'est compliqué, on ne sait pas. Mais
c'est là où je vais dire,
méfiez-vous et les filles. Ne glissez pas de l'incarnation à la starification. Ce
sera
le moment du soir. Non, ce n
'est
pas l'argent.
Il n'y a
pas
de risque. L
'EPS, ils n'ont pas de problème de starvation. Ah,
ça non
! Je trouve qu'il y
a
une autre grosse différence entre le LFI et le reste de la gauche. C'est
-à-dire
que le reste de la gauche est là à penser en termes de part de marché électorale, etc. Et dire, bon, les gens, ils votent quoi d'habitude ? Là, moi, je vais me situer plutôt là pour parler plutôt à ceux-ci, ceux-là. On a vu la note interne de Glucksmann. Mais je pense que c'est un petit peu pareil. Je pense que les communistes, ils attendent à ce que les vieux communistes votent pour eux. Puis ils ont déjà un peu, on va en parler sans doute tout à l'heure, mais ils ont déjà un petit peu visé qu'ils vont plutôt viser les ruraux. Voilà, parce que de toute façon, ils sont un peu grillés sur...
Je veux dire, même leur maire de banlieue ont dit qu'ils seraient plutôt branchés LFI parce qu'ils tiennent à leur siège de maire de banlieue. Et
que maintenant, ça vote LFI chez eux.
Et il y a eu un accord en Seine-Saint-Denis en plus avec LFI. Bref, la différence,
c
'est que LFI crée son électorat. Mais vraiment, c'est-à
-dire
ils retournent leur électorat, ils le créent, ils le labourent. Ils sont là à dire aux gens, vous nous retournez tout le monde là, mais pas seulement dans les quartiers populaires. Il y a vraiment l'idée de dire aux jeunes, tiens, Nouvelle-France, les jeunes là, les jeunes, vous allez dire à vos grands-parents, vous allez dire à vos parents que ça, c'est la candidature dont on a besoin, nous, notre génération. Et ils essaient de créer un espace au forceps et en allant chercher chaque voix avec des militants motivés. Et la différence, c'est qu'ils y vont pour gagner. Et les autres, ils essaient d'hériter d
'un électorat déjà existant. Les autres parlent d'un électorat
déjà existant en essayant de gérer leur part de marché électorale pour refaire un peu le rapport de force à gauche, inverser le rapport de force. Et au final, la gauche ne gagne jamais. C'est des gens qui ne partent pas dans l'esprit de faire gagner la gauche. Ou si la gauche gagne, ce sera malgré eux. Il y a un truc un peu dans la mystique de LFI,
parce
que chaque partie a un peu des mythes comme ça. Pour eux, c'est la remontada de fin de campagne. Et donc, ils ont eu ce coup d
'air
en 2017,
en
2022, qui effectivement a eu lieu.
C'est un
mélange de
mobilisation,
des abstentionnistes, de votes utiles, etc. Et il se trouve que cette fois-ci, ils partent en fait à un ordre présidentiel avec un socle pas trop mauvais, qui est au-dessus des 10%, qui n
'est
même pas loin des 12, 13, 14% selon les sondages. Et donc, en fait, ils se retrouvent un peu surmobilisés, parce qu
'ils
se
disent,
si en fait, on part à 5 points de plus maintenant, qu'est-ce qui pourrait arriver si on a à nouveau la remontada ? Alors, je ne sais pas si ce sera le cas, parce qu'effectivement, le socle de gauche, lui, il
est
à 30%, il ne bouge pas, donc on ne pourra pas capitaliser infiniment. Mais c'est vrai qu'ils ont ce truc-là, comme ils y croient beaucoup, et qu'en plus, ils ont des signes que ça se réalise, et effectivement, les européennes ont montré qu'il y
avait
quand même un socle de 10% de gens sûrs, on va dire, pour LFI. Maintenant, ils l'ont utilisé, ils vont chercher les
gens,
les gens qui sont bien sédimentés LFI maintenant. Donc c'est vrai qu'ils y croient, et c'est pour ça qu'ils se mobilisent,
et
après,
ils
ont aussi des façons de se montrer. C'est pour ça qu'ils ont prévu 10 000 personnes, alors qu
'on
sait très bien qu
'il
y
aurait
plus de 10 000 personnes à ce minute final, où il y a un effet de montrer le succès, mais il faut bien dire que, eux, ils savent quel réctorat, ils savent où chercher, et les autres, ne sachant déjà pas s'ils auront leur propre candidat à la fin, sont un petit peu ennuyés. Ils essaient de faire voter plus de gens, en se basant sur l'hypothèse qu'il y a des abstentionnistes à aller chercher, Tristan Haute qui commence
à dire que,
bah oui, chez les abstentionnistes, tu vas trouver des gens dans des conditions économiques, dans
des conditions
culturelles, propices à un vote Mélenchon, mais qui souvent ne vont pas y aller, bah là, il faut aller les chercher. C'est la stratégie qui
a été
théorisée par Jean-Luc Mélenchon en 2017-2018, après le premier tour de 2017, de dire que les voix qui nous ont manquées se trouvent chez les abstentionnistes dans les quartiers populaires.
Pas seulement dans les
quartiers populaires, chez les abstentionnistes, c
'est
-à
-dire
chez les jeunes aussi,
tu
vois. Oui, chez les jeunes aussi, mais...
Les
jeunes, ils ne votent pas
tant que ça. Il y a des points à aller chercher là-bas.
Très souvent les mêmes.
Mais
donc, ouais, c'est une stratégie, c'est une stratégie qui est... Pour le coup, la machine insoumise se met au service de cette stratégie. Et pour l'instant, ça montre, comme tu l'as dit, des fruits intéressants. Je voulais vous faire réagir à une déclaration de Mélenchon au cours de ce meeting. Je cite, « La primaire est finie, c'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne. Ceux qui n'ont aucune chance d'accéder au second tour devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner. » Ben oui,
oui.
Qu'est
-ce
que vous en pensez ?
Oui,
ben oui.
Ils auraient... Mais encore.
Ben
oui, évidemment.
Ben oui,
oui,
oui. Forcément. C'est à mon... Quand tu parles de... Ben, j'ai dit... Mais si tu parles... Et puis après, t'as... Voilà.
Il a
raison.
Il a
raison.
Non, mais
ils n
'ont
pas tort d'essayer.
C'est
-à
-dire
qu'effectivement, là, il est acquis qu'ils ont une possibilité de se qualifier au second tour. Je ne
sais
pas si elle est énorme, mais en tout cas, elle est là puisque, de toute façon, il y a peu de gens à part un candidat éventuel un petit peu unis d'un centre qui s'unirait un petit peu plus que maintenant qui pourrait l'en empêcher.
Et
effectivement, leur gros enjeu, qui reste vrai, c'est d'arriver à gagner ce second tour, donc de dépasser l'espace
de socle de
gauche à 30%. Et donc, après, effectivement, il ne suffit pas de le dire qu'il faut essayer. Il faut vraiment mettre une stratégie pour le mettre en place, mais au moins, ils n'ont pas tort de dire qu'ils veulent essayer. Mais évidemment, enfin, je veux dire... En
disant des évidents, en disant
des évidents !
Si tu essaies de dire un truc, il faut que tu essaies plus fort. J'essaie
effectivement de dire un truc, mais j'ai du mal à le formuler parce qu'on est pressés par le temps. Mais du coup, ça met la pression, je n'arrive plus à parler.
Il n'y a pas de
pression, t'inquiète.
Pour être... pour faire un petit pas de côté, disons.
Il
n'est pas faux que finalement, 2022 nous a quand même un peu appris ça. Les législatives nous ont quand même un peu appris ça. Aujourd'hui, la principale force mobilisatrice à gauche en France, c'est LFI. Et peut-être, effectivement,
qu'on
gagnerait qu'on gagnerait à, dès à présent, unir nos forces pour emporter cette fucking présidentielle.
Et
qu
'on
ne se retrouve pas
avec
l'ERN ou...
Je
ne
sais
pas, moi. Voilà, donc, dans les jours à venir...
Je m
'interroge, je ne dis pas. Et je comprends par ailleurs les réticences de celles et ceux qui préfèrent avoir un processus démocratique, etc. La question que je pose, c'est, il nous reste un an, qu'est-ce qu'on fait ? Soit vous vous mettez d'accord sur la primaire, on y va, aller, aller, on y va, mais là, il va falloir
se sortir les doigts. Un grand homme,
un jour a dit, il s'appelait Jean-Luc Mélenchon, la gauche, quand elle a gagné, il y
a
toujours eu plusieurs candidats au premier tour, je n
'ai
pas eu le problème.
Oui,
moi,
je pense que c'est un problème. Oui,
mais il y
a
aussi une époque où la gauche était à 40-45%
de manière générale. C'est exactement ça, c'est que là, on parle d'un camp
politique qui est faible. Depuis 10-15 ans, la gauche est
faible
électoralement en France. Mais d'où la nécessité
de s'unir le plus rapidement possible. Il
y a
une urgence absolue. Surtout, tu peux dire aussi aux autres parties de la gauche, écoutez, il va y avoir des désistements individuels, enfin, il va y avoir des ralliements individuels ou par petits paquets qui vont aller vers Mélenchon depuis le Parti communiste, depuis les écologistes et peut-être ailleurs. Pas le PS. Ah, depuis le PS,
c
'est le plus compliqué. Depuis place publique,
c'est sûr.
Depuis place publique. Le monde des citoyens. Donc, il
va
y avoir des ralliements, il va y avoir... Mais dites-vous bien que si Mélenchon gagne et si la gauche obtient une majorité au Parlement, on ne
sait jamais, on ne sait jamais.
Quand même, quand on en arrive là aussi, c'est plus gagnable la présidentielle que les législatives, mine de rien, j'ai l'impression. Donc, si la gauche gagne...
tu
crois ? Oui. Je pense qu'on va avoir... Enfin, je pense qu'il est évident que vos socialistes, vos communistes et vos écolos préférés seront dans le gouvernement. Surtout ceux qui ont été gentils avec Mélenchon avant.
J'ai eu une vision.
Évidemment. J
'ai eu une
vision.
Alors, peut-être que Jean
-Luc Mélenchon ne va pas remporter la présidentielle. Peut-être. Je ne
sais
pas. Mais peut-être. Peut-être qu
'il
ne gagne pas. Mais, quelqu'un horrible, horrible personne gagne.
OK.
Vous me suivez là.
Et
ensuite, il y
a
des législatives et c'est la gauche qui remporte les législatives.
Ça serait
stylé aussi.
Ça
n'existe pas. Ah !
Le NFA a remporté les dernières législatives qui ne sont pas de loi. Après, s'il y a 50
% des gens qui sont prêts à voter Bardella, il n'y a pas 50% des gens qui sont prêts à voter à gauche ou l'éislative après, quoi. Bah si, s'il
y a
une mobilisation dans le pays... Oui,
bah... Bien sûr ! Si vous
voulez...
Face à l'urgence, face à
la peur... Après
l
'urgence où les gens se sont dit une urgence mais après le
second tour. Si
vous voulez des scénarios
rigolos,
sur
ma chaîne, les habitués du tchat le savent, on a une théorie, c'est le budget est absolument impossible à adopter cet hiver. C'est possible. À cause du dérapage budgétaire, du mur de la dette, etc. Dissolution de l'Assemblée nationale avant la présidentielle.
Pas, pas, pas...
C'est possible, ça ? C'est totalement possible.
Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les partis de gauche doivent se mettre d'accord avant la présidentielle.
Eh bah faites-le maintenant ! Je les pense capables de faire une alliance législative et pas présence. Oui, c'est possible, ça. Rien que pour le fun, tu vois. Mais du coup,
ça va changer l'ambiance de la campagne.
Ah
bah
oui.
Ah
bah oui, non, si,
si. On n'a pas parlé de
Ruffin.
Bah pas encore,
non,
mais pas qu
'on a encore le temps. Il n
'y
a pas grand-chose de neuf du côté de Ruffin, quand même. S'il est allé au Puy-du-Fou pour son émission France 2. Ah
bah super. Ah bon ? Il a dit on a des plus déserts. Ah bah ça s'arrange.
Je note que Manuel Bompard, pour revenir sur ce que tu disais, Léa, Manuel Bompard, le coordinateur national de la France insoumise, donc, a tendu la main aux écolos et aux communistes en évoquant un accord législatif et des places dans un éventuel gouvernement insoumis. Et bah voilà. La question, c'est comment est-ce que cette main tendue est reçue du côté des écolos et des communistes
? Sachant
que la contrepartie de l'accord, évidemment, c'est se ranger derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Bien entendu.
Bien donc. Bon,
il y a une force d'inertie des partis qui veulent... Voilà, c'est assez terrible. Mais ils représentent quand même plus grand-chose de ce qui se passe dans la société, si ce
n
'est dans les collectivités territoriales et leurs administrations respectives. Mais enfin, dans ce qui se passe dans le pays, ils représentent quand même plus grand-chose. Donc, je pense que des élus un petit peu malins se disent que la force va à la force, comme dit Jean-Luc, et qu'ils vont finir par se rallier, peut-être pas tout de suite. Enfin, ça va se faire, doucement. Mais la question qui se pose quand même, c'est que les partis, bon, ça n
'est
plus terrible, mais n'empêche que c'est des militants
et
c'est du pognon. Donc, c'est des gens qui peuvent mettre au service. Plus
beaucoup de militants
quand même. Plus beaucoup de militants, mais le PCF qui s'effondre, il reste à 30 000 personnes. Oui,
oui, j
'ai vu. Qui en plus, vote Roussel après en majorité parce que c'est le vieux PCF à l'ancienne.
Et
donc, bon, c'est 30 000 personnes.
Je
pense que les filles ne seraient pas contre les avoir éventuellement avec elles pour aller tracter, etc. Comme ça a été le cas pendant le Front de Gauche en 2012 et 2017.
Je crois que ça n'a pas laissé un
bon souvenir au PCF, le Front de Gauche, précisément. Non, mais pour le coup, tous ceux qui se sont barrés se sont déjà barrés la plupart du temps. Tous les groupes d'action insoumis proches de chez vous, vous pouvez aller sur la plateforme Action Populaire, voilà, les j'ai milité, les chers,
les
chats. Et vous allez voir que dans votre groupe d'action, il y a forcément un, deux, trois anciens du PCF, du PCF jeune ou même des vieux. J'en ai déjà vu des vieux aussi. Il y en a plein qui sont en fait déjà barrés. Ça
ne leur parlait
pas, la ligne Roussel, des gens qui disent moi je veux la gauche au pouvoir,
je
vais avec Mélenchon, je vais aider les insoumis plutôt.
Ce qui s'est passé avec Roussel effectivement au PCF, je te rejoins sur le fait que les communistes hostiles à la ligne Roussel qui étaient les communistes favorables plutôt à l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon se sont barrés du PCF pour rejoindre Jean
-Luc Mélenchon au cours des dix
dernières années en fait.
C
'est fait. Oui, mais c'est vrai, mais le PCF reste aussi le parti le plus riche de France. Oui, ça c'est vrai. Qui
a
le meilleur, qui
a
le plus gros patrimoine. Énorme trésor de guerre. Voilà, énorme trésor de guerre. Évidemment, ils ne peuvent pas tout dépenser pour une campagne présidentielle parce que ça rend des limites de compte. Mais à un moment donné, si tu
es
un parti qui veut chercher plus loin, qui veut avoir une énorme campagne, tu as besoin d'aller chercher au-delà de leurs gars un peu gazeuses des Insoumis, même s'ils sont structurés depuis le temps.
Les écolos de leur côté sont divisés. Thondelier attend la décision du PS sur la primaire qui aura lieu le 9 juillet au plus tard. Sandrine Rousseau veut faire alliance tout de suite avec la France Insoumise et Delphine Bateau est candidate pour sa pomme en dehors de la primaire.
C'est comment son parti
? Pomme bio.
Génération écologique.
J'ai un doute. Si,
si, si.
C'est ça. Donc voilà, les écolos sont divisés.
J
'ai cru comprendre que Marine Thondelier avait l'intention de réunir les instances dirigeantes du parti pour prendre une décision avant
le 11.
Pour valider une feuille de route. Pour valider une
feuille de route.
C'est vrai en plus. Non mais oui, c'est comme ça que
ça
fonctionne.
Le
PS donne sa décision le 11 juillet. Le
9 juillet.
Le 9 juillet, pardon. Et la primaire est censée avoir lieu quand ?
Le 7 octobre. Non, pas le 7. Oula, sale date. Justement, ils ont pris une autre date. Non, oui. Mais début octobre, début octobre.
Alors, en sachant que pendant ce temps-là, t'as Glucksmann qui fait pression sur le PS pour qu
'il
n
'y ait
pas de primaire qui lui dit il faut que ça se règle dans les instances et qu'il va être en discussion parce que lui, vous savez, il s'est donné trois mois. Il s'est donné l'été pour se rendre indispensable, incontournable. Moi, je pense que
ça
n'a pas tellement marché. Mais en attendant, il discute avec le PS pour que le PS ne s'engage pas dans ce processus de primaire. Ce à quoi Olivier Faure a répondu avec un processus de double vote. D'abord, on vote pour savoir si on va à la primaire.
Et t'en voulez
pas, on t'en fait deux, tiens. On vote à la primaire.
C'est
-à
-dire que c'est effectivement ça l'espèce de truc.
Je
vais vous citer Olivier Faure. Dans un premier temps, les militants, celles et ceux qui se reconnaissent dans l'espace de la gauche socialiste et social-démocrate, seraient amenés à désigner leur candidat.
Et
dans un second temps, ce dernier prendrait part à un départage ouvert au reste de la gauche démocratique et écologique. Ce que ça veut dire, c'est qu'il ouvre la porte à Glucksmann, en tout cas à toute la partie droite du Parti socialiste. Il désigne un candidat. Puis, on croise les doigts pour que ce candidat accepte que sa candidature qu'il vient de voir légitimer soit soumise à nouveau à un processus de légitimation démocratique. Je n'y crois pas un quart de seconde. Surtout pas si c'est Raphaël Glucksmann. Parce qu'il y
a
un truc qu'il ne
faut
pas oublier avec Glucksmann.
C
'est que Glucksmann ne
veut
pas entendre parler de primaire. La réalité, c'est qu
'il
ne peut pas faire campagne sur le Parti socialiste. Il a besoin de
l
'appareil du PS. Il
a besoin du pognon du PS. Il a besoin
de tout ça. Donc, Glucksmann ne peut pas non plus se permettre de faire sa sucrée. Non. Il est un peu obligé
de
reconnaître que le PS... Ça sucrée ? Non, je ne
sais
pas, je ne connais pas encore la tronche à l'heure actuelle. D'une manière ou d'une autre. Est-ce que c'est un vote des militants PS ? Est-ce que c'est un truc d'acclamation par le Conseil national ? Je ne sais pas. Mais il ne peut pas se permettre de dire non et d'attendre tout simplement que le PS se
mette à son service.
Lui, il veut régler ça entre hommes en parlant aux dirigeants et en disant non, mais vous me désignez moi, vous voyez bien. Il attend des bons sondages pour arriver à la discussion en position de force. Sauf que je ne sais pas ce que lui donnent les sondages pour l'instant.
C'est quand même pas trop mal.
C'est pour ça d'ailleurs que c'est l'argument central de Glucksmann, c'est de dire je suis le meilleur espoir du reste de la gauche pour battre Mélenchon. Alors, il a même dit plier Mélenchon. Oui, mais molo l'ami. Tranquille, tranquille. Le plier, je ne sais pas. Il a dit que
je vais les plier.
En fait, il a dit ça. Il a dit que je vais les plier un peu de la même manière que je les ai pliés aux européennes. Et moi, je ne
suis
pas tout à fait d'accord. Certes, il a fait un meilleur score que la France insoumise aux européennes, mais il a fait trois points de plus. Ce n
'est
pas non plus ouf comme pliage. C
'est
un petit pliage. C'est une avancée. C'est une avance. Il a gagné, disons, le match à gauche. Mais de là...
À quel moment on se base sur les européennes pour déterminer les résultats d'une présidentielle et la
stratégie d'une présidentielle
? Certes.
Jadot avait fait pareil. Il s'est pris une énorme
claque.
Oui, j'adore. Il s'est pris une énorme
claque. Il était arrivé en disant maintenant c'est les Verts les chefs de la gauche et la présidentielle. Ça a été la fin des Verts. Moi,
je
pense que Glucksmann, son problème vient en partie de sa gauche mais vient aussi un petit peu de sa droite parce que sa capacité à aimanter un électorat venu du macronisme dépend aussi de l'incarnation du macronisme.
Gabriel
Attal, je vous emmène très délicatement
vers le sujet. Je n'ai pas fini, je n'ai pas fini, s'il te plaît, sur
le PS.
On
revient sur le PS ou pas ?
Vas-y, vas-y, si tu veux.
François
Hollande ! Il allait faire une... François Hollande, point d'interrogation
pour l'instant. François Hollande
! Non, non,
non ! Je crois que c'est la théorie de
Ribot, je suis à peu près d'accord avec lui, c'est qu'à la fin, ça va se régler entre Hollande et Glucksmann parce que Hollande
est
extrêmement habile politiquement et capable d'emmener derrière lui tout un tas de cadres socialistes et de faire s'affronter les deux géants.
J'ai envie de voir
ça, moi.
Une primaire Hollande-Glucksmann et ils se battent sur... Un
débat sur
Backseat ! Ah oui, un débat Backseat !
Ah oui, je ne reviens
pas avec François Hollande. On
a
déjà fait un débat PS à la FI, on peut faire
un débat PS... Ah
oui, lui, il posera des questions à François Hollande et tout. Elle a déjà fait,
hein ?
Oui,
j'ai déjà fait.
Oui, il sera dégoûté, Hollande et tout. Salut, je suis Bertil de la suite.coop, partenaire de cette émission Backseat. Savez-vous que sur 10 euros dépensés par les États européens dans le numérique, c'est 8 euros qui finissent dans les poches de gérants comme Google ou Microsoft ? Au total, c'est 264 milliards d'euros d'argent public qui vont vers des entreprises américaines chaque année. Or, on le sait, les multinationales du web collectent et utilisent nos données. Alors, face à l'instabilité politique actuelle et l'escalade de l'intelligence artificielle, nos libertés sont réellement en danger. La surveillance de masse n'est plus une fiction.
En France, un mouvement est en train de se créer pour organiser la sortie massive des GAFAM. Parce qu'on ne peut plus laisser notre avenir numérique se décider sans nous et qu'il est temps d'agir ensemble pour écrire la suite, faites partie de la solution en rejoignant la suite.coop et en devenant sociétaire.
Alors, Gabriel Attal, de son côté, il a proposé la semaine dernière d'organiser une primaire du bloc central. Pourquoi ? Mais oui, il l'a dit. Qu'est-ce que c'est que cette proposition de
Gabriel Attal ?
Parce
que jusqu'à présent, Gabriel Attal s'était lancé avec son concurrent, Édouard Philippe, dans un processus qu'on appelle de primaire sauvage. C'est-à-dire, en gros, chacun fait campagne de son côté et on fait le point en janvier 2027 sur qui est le mieux placé pour incarner l'alternative à un second
tour Bardella-Mélenchon. Tu remarquesas que ce n
'est
jamais le mieux placé qui propose une primaire. Hein ? C'est bizarre. C
'est
par hasard. Voilà. C'est
vrai.
Quand tu es un peu devant, tu n
'as
pas trop intérêt à te faire emmener dans un débat. Tu ne comprends pas avec qui, avec quoi. Puis après, on te débat de si tu es légitime ou non. Par contre, quand tu es à 8% contre je ne
sais
pas moi combien, 16% pour Philippe, tu as un peu intérêt à lui grignoter les monnaies. Ébobis de mon analyse.
À quoi ça va ? Non,
non, non.
Ça me fait réfléchir. C'est bien.
À quoi
ça va ressembler la suite
du côté du bloc central, du côté de la Macronie ?
Est
-ce que ça va ressembler à quelque chose ? Il
y a toujours une
interrogation aussi. Est-ce qu'Emmanuel Macron va donner sa préférence à un moment ou pas dans cette élection présidentielle ? Je mise sur le fait qu'il ne va rien
dire.
Jean
Castex
!
Jean Castex
! Je mise sur le fait qu'il ne va rien dire et qu'il va préparer
son tour en 2013.
Non,
non,
mais vraiment, il est question. L'hypothèse, Jean Castex... Un article. Non, mais faire... Dans
ta folie, Jules ! Il dit que Macron
aime bien Jean Castex et il réfléchit.
Mais Marc Andeveld, journaliste bien connu, va plus loin pour lui. Pour Marc Andeveld, il dit que Macron, en fait, il voudrait bien placer Jean Castex un petit peu dans une hypothèse Poutine-Medvedev. C'est-à-dire...
Ah ! Habile !
Comme ça, il
n'est jamais écrit, il n
'a
jamais été écrit parce que Macron ne peut pas se représenter mais Macron pourrait tout à fait être Premier ministre. Je crois qu'il a trop d'égo pour ça. Et peut-être c'est un petit peu... C'est peut-être un peu humiliant.
D'un certain point de
vue, j'ai hâte parce qu'il sera obligé d'être précis cette fois-ci.
Par contre, ce qui est dit, c'est que mine de rien, en effet, son poulain, c'est Castex parce que c'est le seul qui ne
l'a
jamais trahi, c'est le seul qui ne
dit
pas de mal de lui contrairement à Attal. Il ne dit
rien. Ce n'est pas un homme politique
Jean Castex,
c'est pas ça.
Si, c'est un politique, mais un politique des trains, quoi, tu vois.
C
'est un politique du métro, quoi, voilà. Non, c'est quand même un politique. Oui, il était élu maire de Prades. Maire de Prades, quand même. Il le dit comme ça, d
'ailleurs.
L'idée, c'était que éventuellement,
au pire, en fait,
Macron n'a pas envie d'avoir un successeur. Il n'a pas envie que ce soit ni ce petit con de Gabriel Attal, ni ce connard d'Edouard Philippe.
Oh là ! Non, mais Macron, il parle
comme ça, Macron.
Il
parle comme ça. Et donc,
il
se dit Jean Castex, ça foutra un peu la merde. Je suis dégoupillé à Jean Castex dans les pattes. Bien, bravo,
c'est
magnifique.
Encore,
encore. Donc, c'est ce que dit Marc-Andevel, en tout cas. Il
dit
qu'il
y
a une hypothèse dans laquelle il n
'ait
pas dit que ça aille très loin, ce plan, mais il n
'ait
pas dit que Macron, d'une manière ou d'une autre, n'essaye pas d'emmerder les deux autres successeurs.
Moi, je suis d
'accord avec une partie de l'analyse. Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait intérêt à la défaite trop humiliante de son camp à l'élection présidentielle, mais je pense qu'Emmanuel Macron n'a pas envie non plus d'apporter son sponsor à quelqu'un qui va perdre parce qu'il veut rester vierge de toute défaite électorale pour pouvoir revenir en 2032 comme un sauveur après 50 bar de l'art.
Mais exactement, surtout si son camp perd, c'est lui qui revient après. Si son camp gagne, tout
le monde va pas faire autre chose. On va tous voter Macron
en 2032 qu'au second tour. Mais la question, c'est quelle est la capacité de Macron à se faire obéir par les cadres d'ensemble aujourd'hui ? Justement, il peut juste se faire obéir par Jean Castex. Jean Castex peut obéir.
Même Gilles
de Macron. Voilà, il y a Attal qui a quand même mis sous coupe renaissance, horizon qui est littéralement dédié à Édouard Philippe.
Bon,
le modem, on s'en fout. Voilà, donc à un moment donné, qu'est-ce qui reste comme force loyale à Macron à
part... Le modem, on
va voir avec notre invité. Il a quand même... Oui, s'il veut. Il a quand même vexé Philippe, Attal, Born.
Il
n
'y
a plus que Jean Castex qui ne t'a pas des hobbies.
C
'est grave. Voilà, c'est grave. Après, il n'obéit à personne Jean Castex. Non. Il est très sage.
Apparemment,
il voulait foutre Jean Castex aussi à la place de Lecornu. Il voulait le mettre partout en
fait. Plutôt que Lecornu, il avait proposé Castex. À la place de Brigitte.
Castex a refusé.
Si on regarde, si on prend un petit peu de recul et qu'on regarde, regardez, on vous a fait une infographie des candidats à
l
'élection présidentielle. C'est beau ça. En
vert, il y a ceux qui sont
déclarés officiellement en orange. C'est ceux qui sont pressentis. Georges Luxman, on se doute bien qu'il va
être candidat à un moment.
Il en manque. Il en manque sûrement, notamment ce qu'on appelle, pardon de manière un peu méprisante, mais des petits candidats. Il y en a certains qu'on n
'a
pas rajoutés, mais on voulait vous montrer cette infographie pour poser
quelque chose qui est un an de l'élection présidentielle. Oui,
elle l
'a
dit. Ce n
'est
pas pour les Daltoniens par contre. Jamais vert et orange. Ah oui, mais vert et orange, ce n
'est
pas bon ? Ben non, c'est les pires couleurs.
Je verrais
bien si ça n
'a
qu'une fois à plus de Zemmour.
Un petit trahison
au
pays
de...
Et Karim Boehmran
à
la place de Raphaël Luxman, évidemment.
Je le vois tous les jours. Il nous manque Karim, on a oublié Karim.
Il est là,
Karim Boehmran, il est au-dessus de l
'effort.
Ah, il est là ! Mais oui, il est déclaré.
On ne le voit pas, on fait
de remarquer. Karim Boehmran qui sera notre indité politique dans la deuxième partie de cette émission. Personne le respecte. Qu'est
-ce
que je voulais dire ? On
a une
inflation du nombre de candidats à l'élection présidentielle, 25 officiellement déclarés à ce stade. Qu'est-ce que ça dit de notre paysage politique ? Tu en as parlé un petit peu, Émilien, dans ta
carte blanche. je veux juste faire une carte
blanche de 3 minutes dessus, mais ce n
'est
pas grave. On me respecte, on me respecte.
De
toute façon. La polarisation.
La tripolarisation ? La
tripolarisation.
La
25...
Parviens dans le micro.
Non,
non,
non. Ça dit que tout le monde essaie de sauver ce pays. En gros, tout le monde est dévoué. Tout le monde se sent un peu habité par une cause et je trouve ça super émouvant. Je suis contente de voir qu'il y
ait
autant de gens qui
souhaitent
nous sortir de la merde. Moi, ça me touche.
Toi, tu as regardé le beatstick de Gabriel Attal, tu en as pensé quoi ?
Non, je n
'ai
pas regardé, non.
Je ne
peux pas.
Moi, j'ai vu des bouts, si ça t'intéresse.
J
'ai vu, ouais, des bouts, mais franchement,
je
ne peux pas. D 'accord. C'est battu ce que tu as trouvé que Gabriel Attal était très de gauche sur l'école, Jean. En vrai,
j'ai vécu le... Gabriel
Attal, ancien Premier ministre, actuel président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale qui soutient le corps nu, dans son discours de candidat à
l
'élection présidentielle, nous a expliqué que lorsqu'il y
a
une baisse démographique dans les écoles,
il
faut en profiter pour maintenir le nombre d'enseignants pour améliorer le taux d'encadrement. Waouh. Moi, j'ai bugué complètement.
Je
me
suis
dit mais c'est l'inverse. Parce
qu'il faut les mater, les gamins. Est-ce que maintenir égal le nombre d'enseignants est vraiment une proposition extrêmement de gauche ? Je
ne
sais pas, mais... En tout
cas, c'est exactement la position de la gauche dans l'hémicycle depuis des semaines. Toutes les séances de questions au gouvernement qu
'on
s'est coltinées
sur ma chaîne, on
a entendu la gauche taper à bras raccourcis sur le gouvernement en leur reprochant les fermetures de classe. Gabriel Attal qui rejoint la gauche en disant c'est vrai que les fermetures de classe c'est pas ouf, faudra qu'on arrête. Ok, intéressant. Je trouve ça fou, mais ok, dont acte.
C'est son positionnement Macron original, l'original Macron de... Il fait vraiment du en même temps et quand tu l'écoutes
dans notre interview aujourd'hui...
Il fait
du en même temps, ça c'est vrai. Vraiment, je suis d'accord avec toi sur le fait que Gabriel Attal c'est vraiment le revival de 2016-2017 de ce dépassement. Deux,
on
va travailler ensemble main dans la main. Là où Edouard Philippe assume beaucoup plus le côté droite. Oui, oui, oui. Droite et centre, il le dit comme ça. Mais pour dire, c'est cet espace RPR, c'est cet espace un peu UDF aussi, cet espace européen, libéral, autoritaire, c'est pas
le bon mot.
Juppéiste, montain.
Un peu conservateur,
juppéiste montain,
etc.
Très très juppéiste en réalité. Vous allez prendre cher.
Donc voilà.
Et ça fait du
bien quelque part, un petit revival de Macron, un petit revival de Juppé, c'est ce dont on a besoin. Moi
le meeting d'Atal,
je l'ai vécu à travers vous en fait. Ah oui.
Tu peux me tutoyer,
tu sais. La conversation WhatsApp. Ah oui. Moi,
je regardais le meeting
et je me suis dit merde, j'ai envie de partager parce que là, je suis dans un moment extraordinaire. Vraiment, je regardais le meeting d'Atal tout seul, c'était dans les transports et je me dis merde, avec qui je vais pouvoir partager ça ?
Ah
bah tiens. Backseat, allez hop. Eux, il doit bien y
en
avoir qui regardent ça. Et en effet, vous étiez en train de le regarder aussi, donc pas toi Léa, mais j'étais pas tout seul. C'est quoi
si c
'était en...
On a une
conversation WhatsApp absolument lunaire.
Ouais, ouais.
On a débriefé. Mais franchement, j'ai vécu un bon meeting. Ça m'a vraiment rappelé les grands messes macronistes d'origine où les trucs animés par... Putain, je sais plus son nom là. Il était chauve aussi là. Enfin bon, bref, les trucs de macronistes qui ressemblent toujours à
des...
Il y a beaucoup de chauves.
En vrai, l'escurre. C'est pas Jean-Denis Varro. J'allais dire l'escurre. Mais tu
vois,
ça
fait partie des raisons pour lesquelles j'aimerais bien interviewer... Le gendre
?
J'aimerais bien interviewer Gabriel Attal précisément pour l'interroger là-dessus sur ce revêt
de Macroniste. Ah oui
! Qu'est-ce qu'il te vient ? Je
sais
pas. Attends, je vais regarder.
Je
sais pas si il n
'a
pas perdu. Tout le monde s'en fout.
il
n
'a
pas perdu, je crois. Oui, oui. Et tu m'invites parce
que
c'est mon député, Gabi. D'accord. Oh bah super ! Et donc, il y avait une ambiance truc d'entreprise en fait, séminaire d'entreprise où tu sens bien que dans la salle, tout le monde est obligé d'être là. D'une manière ou d'une autre, le public y compris. Il y
a
des gens qui sont sortis. J'ai vu des interviews à la sortie du truc. Ils étaient assez confus. Ils n
'avaient
pas retenu grand-chose. Moi, ce que j'ai retenu quand même, c'est qu'il reste toujours hyper pro-business. Il faut libérer les énergies.
Il
y
a
trop de charges. On a démarré avec un patron, le patron de lunettes pour tous qui était là. Il faut qu
'on
puisse entreprendre dans ce pays. Il faut libérer les énergies.
Je
me
suis
dit mais les frères, vous avez fait quoi depuis 10 ans ? Vous n'avez pas libéré assez les énergies ? Ils n'avaient pas pété assez le droit du travail ? Ils n'avaient pas donné assez d'allègements de charges et de je ne sais quoi. C'est vraiment le macronisme de base. Quelque part, c'est frais. C'est robotique, certes. C'est mécanique. C'est insincère. Mais ça a son charme pour qui aime le monde de l'entreprise et vraiment le Macron d'origine. On a Malek dans le
chat qui
débarque au moment où on est en
train de parler de Gabriel Attal. J'espère que tu es
content.
On aurait voulu que tu sois sur le plateau.
Un meeting d'Attal, c'est un peu une ambiance de before-backseat.
Je
vais
enchaîner. Je vais enchaîner.
Je
vais digérer ça.
Donner de l
'argent. Mesdames et messieurs,
on
va continuer quand même dans l'actualité.
Juste pour vous sachiez,
il ne fait plus rien Guérini.
Il
n
'a
pas été rélu en
2024. On l'embrasse Stanislas, on
t'embrasse.
On enchaîne
évidemment l'autre actualité qui a défrayé la chronique ces dernières semaines, ces derniers jours. C'est Liana, 11 ans, retrouvée morte quelques jours après sa disparition à la sortie de son collège dans le Gers. Le principal suspect dans cette affaire était déjà visé par une plainte pour viol sur mineurs l'an dernier, sauf qu'il n'a pas été entendu par la police. Ça provoque un scandale, une défiance envers la justice aussi.
Il
y
a
eu des mobilisations, des marches blanches. C'est quoi les réactions politiques suite à cette affaire que vous avez entendue
? Parce
que dans le paysage, il y
a
eu un peu de tout. Ça a été très tendu à l'Assemblée nationale sur des positions de gauche qui dénoncent le manque de moyens de la justice, sur des positions de droite
qui
dénoncent le laxisme, sur des positions du centre qui disent qu'il faut travailler ensemble main dans la main
et
dépasser nos différences.
Moi, ce qui m'a choquée de la part notamment de la droite, mais pas que, aussi en la personne de notre ministre de la justice,
c
'est à quel point l'institution judiciaire a été encore une fois prise pour cible de la part des politiques.
Et
malheureusement, ça devient vraiment quelque chose d'assez régulier. on prend pour cible l'état de droit, les magistrats et magistrates. Je trouve que c'est quand même très problématique dans un pays qui se veut démocratique. Et voilà,
c
'est ma première réaction. Émilien, ça a été quoi la réaction de la droite
? Alors,
dur, Bruno Otaillot, il s'est emparé de la question assez fermement et notamment il a repris une vieille entienne de la droite qui est le contrôle des magistrats. C'était évoqué par Léa. En fait, Sarkozy avait un truc qui était on va remettre de l'indépendance dans le conseil supérieur de la magistrature mais justement pour avoir un truc où les magistrats sont bien encadrés, etc. Mais on accepte qu'en gros ils continuent à se juger plus ou moins entre eux. L'idée, c'est qu'on va garantir qu'ils soient plus une forme de neutralité. Là, il dit non, ça ne suffit plus.
Ils
ont fait trop n'importe quoi. Donc, on va remplacer le CSM qui est quand même dans la constitution par une autre instance de surveillance des magistrats où notamment le but, c'est qu
'ils
soient jugés par d'autres personnes ou
des
personnalités qualifiées quoi que ça veut dire.
Ou un juif d
'assises. Voilà. Donc, en gros, qu'il y ait des
personnes extérieures à la
magistrature qui jugent les magistrats notamment pour les punir de s'ils. Alors, un truc un peu américain, tu vois. On peut les révoquer s'ils n'ont pas fait le boulot qu'on attendait d'eux. Et par ailleurs, Darmanin, lui, en fait, au lieu d'accepter que le ministre de la Justice ne peut pas mettre les mains de toutes les affaires de... Enfin, heureusement, quelque part, dans le secteur judiciaire, a
dit,
mais oui, mais j'ai fait des directives. Donc, on sort du compte Mediapart notamment qui a fait un gros dossier dessus qu'en fait, ils ont envoyé des dizaines, presque plus d'une centaine de directives en un an à magistrats qui n'ont plus de priorité claire parce que tu leur dis de faire tout en même temps parce que tout est une priorité. Et donc, ça a encore remis la faute sur un. En fait, ils n'ont pas fait ce que je leur ai demandé. Donc, les magistrats deviennent en gros fautifs d'à peu près tout sans se poser la question de comment marche une enquête, de combien de temps ça prend, de combien de gens ça demande. Et notamment,
il
y avait un billet très bien de Valérie Robert qui est une autrice féministe sur la question de la punitivité et d'à quel point est-ce qu'en fait, je vois qu'il y
a
un fait divers et ça remonte des années 90 avec certains tueurs en série. En fait, on va remettre une forme de punition qui ne marche pas si bien que ça. Mais ce n
'est
pas important parce que ce qui compte, c'est qu'on montre aux gens qu'on est plus dur. ce n
'est
pas l'efficacité in fine, c'est vraiment une réponse émotionnelle à l'actualité qui n'est pas effectivement toujours extraordinairement saine. Il y a un autre billet qui était intéressant, c'était sur les blogs de Mediapart, c'était Perrine Vasque qui est une ancienne journaliste de BFM TV qui maintenant travaille avec Cyril Châtelain à l'Assemblée nationale. Elle est passée du côté politique. Mais elle reste une observatrice avisée de ce qui se passe sur les plateaux télé et elle a noté que de manière assez spectaculaire lors de cette affaire Liana, c'est vrai que dans un premier temps on a parlé des moyens de la justice. On parle des plateaux de BFM TV là.
On a parlé parce qu'en fait tout le monde sait. Jean-Jacques Hurvois, ministre de la justice sous François Hollande, avait lui-même parlé à l'époque d'une justice clochardisée. Il avait employé le terme. Donc tout le monde sait qu'on n'a pas assez de juges, qu'on n
'a
pas mis assez de moyens. Chaque fois qu'on met des moyens de toute façon c'est pour construire des nouvelles prisons parce qu'on a inventé pour ce qui est du nombre de procureurs, du juge d'instruction par habitant, etc. On est complètement à la ramasse. On devrait probablement avoir trois fois plus de personnel. Là, il
y
a un article dans Mediapart aussi qui est sorti hier qui parle d'une asphyxie littéralement du système pas seulement judiciaire mais aussi policier. C
'est
-à
-dire
que même la PJ étant sous-effectif, il y a un engorgement qui est terrible et que tout le monde connaît. Donc au départ, sur les plateaux de BFM TV, ils étaient un peu partis là-dessus en mode bah oui, c'est parce que ce qui est choquant évidemment, c'est que la justice avait des informations et puis rien n'a été fait. Le mec était toujours en liberté et puis s'est passé le drame. Donc ils étaient partis. Et puis Macron a pris la parole
et
il a fait je ne
veux
pas qu
'on
me parle de moyens. Ne me parlez pas de moyens.
La raison pour laquelle il dit ça, c'est parce qu'il a augmenté de 40% le budget de la justice entre 2017 et 2020. C'est
son
argument
à lui. C'est de dire
on les a mis les moyens.
Mais ce que notait Perrin Vask, c'est qu'à partir du moment où il
y
a eu cette sortie où Macron a dit ne me parlez pas de moyens, moi tu ne me parles pas d'âge. Et derrière, il y a eu les journalistes se sont alignés et ont systématiquement répété ça. Non alors, le président a dit on ne parle pas de moyens et donc ils n'ont plus parlé de moyens. Littéralement. On a changé de sujet. On a parlé des juges. On a parlé alors les responsabilités individuelles, les dysfonctionnements. C'est là où le mot dysfonctionnement est devenu le mot le plus cité et le plus tourné et on a cherché les dysfonctionnements. Donc c'est un article très intéressant parce qu'il revient vraiment point par point et elle connaît le système un peu de l'intérieur.
Assez inquiétant de voir comment la parole du président peut orienter vraiment le journalisme politique de cours.
Il y a un truc que je trouve intéressant c'est qu'Emmanuel Macron ne veut pas parler de moyens. Comment il s'appelle ? Gérald Darmanin a commencé par expliquer que ce n'était finalement qu'un dysfonctionnement qui tenait quasiment à des personnes. On parle de la procureure en l'occurrence. En gros c'est ça. C'est juste il y a eu un bug dans un système qui n'est pas censé dysfonctionner. Et en même temps Sébastien Lecornu a accepté de reprendre au compte du gouvernement une proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes contre les enfants qui prévoit 3 milliards d'euros d'investissement sur 3 ans.
On est sûr qu'elle prévoit
vraiment ça
?
Oui. Elle prévoit des investissements racifs avec des créations de nouvelles juridictions. Est-ce qu'il a vraiment prévu de tout reprendre ? Justement je ne sais pas. Il a envoyé la copie au Conseil d'État pour un avis du Conseil d'État avant une transmission à l'Assemblée nationale. Donc je ne sais pas quelle est la version de la copie et surtout quels sont les engagements budgétaires que le gouvernement est prêt à faire en soutenant cette proposition de loi. Parce que c'est une proposition de loi qui en plus est transpartisane qui est portée par une députée socialiste dont j'ai oublié le nom. Moi je fais confiance aux parlementaires pour ne pas se laisser avoir.
Si là cet été en urgence on vote une loi pour protéger les enfants il est hors de question qu
'il
n
'y ait
pas des engagements précis chiffrés, budgétaires
et ensuite on s'engueulera l
'automne prochain sur le budget parce que évidemment ça va avoir un lien. Mais
je
trouve ça très bizarre cette manière de dire il n
'y a
pas de problème de moyens mais on est prêt à mettre des moyens.
D'autant plus que Darmanin lui-même s'était plaint de son budget a déjà souvent dit dans d'autres occasions que la justice manquait quand même un petit peu de moyens et que par exemple sur les coupes budgétaires qu'il y avait eu parce que là il y
a
eu 400 millions qui étaient gelés gelés donc budgétés mais gelés parce qu'on est dans la merde à cause de Donald Trump du détroit d'Hormuz et de je ne sais quoi et Darmanin avait quand même fait des pieds et des mains pour essayer de les redégeler parce qu'il sait très bien que c'est déjà tout le monde bricole n'importe comment avec beaucoup trop de dossiers par personne et tout donc il le sait et là en effet il fait le tour des plateaux en disant on va couper deux trois têtes on va voir où sont les dysfonctionnements ça n'est évidemment pas lui le dysfonctionnement évidemment donc ça c'est une grosse question je suis d'accord il y
a
un truc qui est sorti cet après-midi que je trouve assez symptomatique je ne
sais
plus où j'ai vu ça je crois que c
'est
dans le monde le National Center for Missing and Exploited Children aux Etats-Unis avait envoyé un signalement comme ils en envoient beaucoup ils en envoient près de je ne
sais
plus j'ai plus les chiffres mais avait envoyé un signalement en France c'est à dire qu'il y a une agence américaine qui surveille vous savez que la France est le quatrième hébergeur de contenu pédopornographique au monde et donc les américains ont un oeil là-dessus aussi dites-vous que les américains ont un oeil sur à peu près tout ce que vous faites sur internet ils ont un oeil aussi là-dessus donc ils avaient envoyé déjà un signalement qui arrive à la PJ de Paris à l'Offmin l'office qui s'occupe des mineurs l'Offmin qui a été créé en 2023 par Darmanin qui devrait compter 85 officiers de police judiciaire qui n'en comptent que 40 voilà et qui croule littéralement sous les signalements qui n'a absolument rien fait de ce signalement sur ce fameux Jérôme Barrella qui donc depuis des mois était identifié en fait il y avait plein de moyens de l'identifier il y avait plein plein de moyens le dysfonctionnement est majeur et il est lié à mais même l'Offmin
étant
sous-effectif en fait alors justement c'est intéressant Léa cette affaire nous fait aussi montrer le peu de considération pour les droits de l'enfant qu'on a
ah
bah ça c'est sûr oui oui et puis au-delà avant de revenir sur effectivement la prise en compte des droits de l'enfant de manière générale dans nos sociétés j'ai envie de dire c'est aussi la question de l'approche des cas de violences sexuelles et sexistes de manière générale avec une logique toujours très répressive très punitive là effectivement on parle beaucoup des moyens de la justice mais c'est a posteriori en fait quand le mal est fait en quelque sorte j'ai envie de dire on nous parle assez peu de moyens pour tout ce qui est prévention et autres donc ça je trouve que déjà c'est assez inquiétant que ça soit un peu absent du débat public et politique
ça
mériterait de le remettre sur le devant de la scène
je
rappelle aussi qu'il y avait eu tout un travail qui a été fait par la commission la civise je ne
peux
pas vous le décliner ici mais qui en gros était mandatée pour effectivement faire des propositions
qui
avaient sorti tout un tas de propositions une quarantaine si ma mémoire est bonne pour renforcer la protection des enfants et lutter contre ces violences qui sont systémiques dans notre société il faut le rappeler et en réalité finalement ces propositions n'ont pas été vraiment suivies des
faits
le juge Durand qui était
figure
de proue de cette commission qui était président de cette commission a été gentiment sorti sans trop comprendre pourquoi peut-être parce qu'il ouvrait un peu trop sa gueule notamment sur les moyens qui étaient mis en place pour lutter contre les violences
qui
aujourd'hui est beaucoup sollicité dans les médias parce qu'il a quand même une expertise
très
précise sur la prise en compte de la parole des victimes ce qu'il faut faire etc
et
la protection de l'enfance de manière générale
mais
il y
a
effectivement au-delà même comment dire de l'absence de prise en compte de la parole des victimes notamment des enfants il y a un véritable problème de rapport de domination sur finalement les enfants
dans
nos sociétés
qui
sont considérés comme des sous-humains en quelque sorte et tant qu'ils n'ont pas accédé à un rang d'adulte on ne prend pas en compte leur volonté on ne prend pas en compte leur consentement donc voilà c'est assez problématique il y a tout ça qui est nécessaire à déconstruire et c'est lié évidemment à l'éducation on a parlé des violences dans le périscolaire on a parlé des violences dans les crèches on a parlé de la maltraitance à tous les niveaux en fait et le manque de prise en considération de l'enfant et des enfants dans notre pays est absolument dramatique et je pense très sincèrement qu'il est grand temps que l'on se questionne mais de manière collective sur finalement quel est notre rôle à jouer ensemble pour protéger davantage les enfants et effectivement c'est aussi une question de moyens et c'est aussi une question de volonté politique et aujourd'hui peu importe effectivement les grands discours etc etc
la
question de la volonté la volonté politique est absente parce qu'en réalité si on a envie de mettre les moyens pour faire en sorte de lutter contre les violences sexuelles et sexistes de manière générale faire en sorte de protéger davantage les enfants
on
les a on sait quoi faire il y a d'autres états l'ont fait l'Espagne l'a fait avec des résultats quand même très probants bref on a les moyens on a des propositions on a des associations qui sont qui sont expertes sur ces questions la fondation des femmes qui a sorti effectivement qui je pense à qui on peut faire confiance sur ces questions là on a l'expertise on a les moyens il y a juste un grand grand manque de volonté politique et pourquoi pardon et je finirai par là je soupçonne un certain nombre de dirigeants politiques d'être bien content qu'il
y ait
des dysfonctionnements avec la justice d'être bien content qu'il
y ait
un certain nombre de plaintes qui soient classées sans suite parce qu'on n'a pas les moyens d'aller jusqu'au bout de certaines enquêtes etc donc voilà moi je pense
pourquoi
? parce que pour protéger un certain nombre de personnes
ah
d'accord on
a
un ministre de la justice qui lui-même a eu deux plaintes contre lui
pour infraction
insuffisamment caractérisée voilà
par exemple
notamment infraction insuffisamment caractérisée ça veut dire faute de preuve c'est
-à-dire
qu'il
n'y a
pas eu les moyens de toute façon pour enquêter sur ces trucs-là alors que souvent les victimes ont des preuves et pourraient en fournir mais les policiers n'en cherchent pas dans plein d'affaires ils ne les écoutent même pas ils ne se sont même pas convoqués pour une audience etc et donc en effet Darmanin a bénéficié de ce système-là et on voudrait que ce soit lui qui le change
donc
voilà en gros c'est ce pardon juste pour terminer là-dessus on est dans un système qui ne cherche pas à se remettre en question on est dans un système qui protège encore les agresseurs Emilia oui juste avant être oui mais c'est dur de passer avant mais il y a quand même un truc que je trouve un peu gênant sur ces questions de violences sur enfants bon le meurtre et viol en l'occurrence c'est qu'il y a une hystérisation de certaines parties de la société qui est d'autant qui me paraît inversement proportionnelle l'action qui est réellement faite notamment on sait que chez les magas américains la pédophie c'est quelque chose qui a été beaucoup avancé le pizza gate etc il se trouve que par ailleurs après on a découvert que beaucoup d'entre eux eux-mêmes avaient des liens avec la pédocriminalité et en fait on a des formes de surréaction mais qui sont compréhensées parce qu'évidemment c'est des enfants c
'est
des personnes avec qui on a le moins envie qu'il arrive quelque chose et en même temps qui quelque part masquent presque une vraie réflexion sur le sujet je pensais la propulsion de Bruno Retailleau d'avoir la castration chimique automatique des pédophiles quoi que ça veut dire je ne
sais
pas qui vivent exactement condamnés ou pas il se trouve que quand on s'informe un peu sur le sujet on voit que ça ne marche pas tellement parce que en fait c'est des questions beaucoup de suite psychologique qui comptent pour prévenir l'acte évidemment ce n
'est
pas aussi sexy que de dire on va punir quelqu'un parce qu'il a fait la pire chose possible mais en même temps ça ne
veut
pas dire qu'il ne fallait pas évidemment punir ou empêcher la personne qui a fait ça mais il y a quelque chose de prendre le sujet en face et d'agir en fonction de ce que disent les associations les acteurs les militants engagés et de juste réagir parce qu'on pense que c'est un sujet qui aussi va toucher les parents des parents électeurs et une forme d'instrumentalisation que je trouve très gênante et ces surréactions peuvent être compréhensibles la part de citoyens qui expriment une crainte une angoisse une horreur compréhensible mais la part de politiques qui sont censées prendre en charge les sujets et protéger les enfants notamment c'est quand même moins compréhensible mais oui je rebondis parce qu'il
y a
quelqu'un qui parle de l'Evars dans le chat qui est donc l'éducation à la vie sexuelle et affective et effectivement il y a des obligations qui ont été consignées dans la loi la loi oblige un certain nombre d'heures dans l'année pour tous les niveaux tous les niveaux de la maternelle au lycée sur l'éducation à la vie sexuelle et affective et en fait on se rend compte que la réalité voilà ça ne s'est pas réalisé il y
a
un bon nombre d'établissements dans le cadre desquels les heures ne sont pas suivies donc déjà rien que ça mettons les moyens pour qu'il y ait déjà des heures d'éducation à la vie sexuelle alors que c'est déjà enterriné dans la loi donc même j'ai envie de dire et je n
'ai
pas envie non plus d'être dans le dooming absolu peut-être allons vers une loi intégrale votons cette loi intégrale je veux dire allons-y clairement mais surtout surtout il faut cette volonté politique parce que sans qu'on n'aura pas cette volonté politique on
peut voter
toutes les lois de la terre ça ne changera
rien
j'ai hâte de voir les débats je suis vraiment curieux de voir les débats cet été sur cette loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes qui concerne les enfants