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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 avril 2025 16 min

Droits de douane : "Il n'y a rien à négocier" avec Donald Trump, estime le député Sylvain Maillard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sylvain Maillard, je suis le député qu'on reçoit ce matin avec William Guay-Costa, autant que le chef d'entreprise dans le contexte de guerre commerciale qui couvre, vous n'en parlez pas souvent mais vous êtes resté chef d'entreprise, en étant élu député vous produisez des composants électroniques, essentiellement à l'export.

0:21
Sylvain Maillard

Essentiellement, largement oui.

0:22
Présentateur

Ce qui est pertinent quand on parle de droits de douane, Eric Lombard le ministre de l'économie a haussé le ton hier contre le patron d'LVMH Bernard Arnault qui menacent d'aller produire davantage aux Etats-Unis pour échapper à ses droits de douane. Est-ce que Donald Trump n'est pas en train d'obtenir exactement ce qu'il cherchait, c'est-à-dire déstabiliser, fracturer, déstabiliser l'économie européenne ?

0:42
Sylvain Maillard

Oui, Donald Trump ce qu'il cherche surtout c'est à produire aux Etats-Unis, améliorer la souveraineté des Etats-Unis comme nous essayons d'améliorer la souveraineté européenne. Chacun est dans son rôle. Et ensuite on entend des chefs d'entreprise français qui défendent avant tout l'intérêt de leur entreprise. et c'est bien normal, même si l'un et l'autre sont français et d'autres qui prennent la parole. Mais ils ont vraiment le prisme du mode de distribution dans lequel ils sont. Et donc il faut le voir à travers ça. Bernard Arnault c'est une entreprise mondiale qui doit vendre partout pour pouvoir avoir un modèle économique qui fonctionne et qui fait rayonner la France partout à l'étranger.

Michel-Édouard Leclerc, il est franco-français et donc lui il voit l'intérêt de ces magasins.

1:29
Présentateur

Lui il dit à Bernard Arnault, attends, ne va pas signer des accords avant que l'Europe négocie. Nos salariés, nos collaborateurs ont besoin que les patrons jouent aux patriotes. Il dit aussi ça, fais nation, fais société s'il te plaît. Ils ont deux intérêts différents.

1:43
Sylvain Maillard

Ils ont leurs intérêts évidemment et ils représentent chacun des entreprises avec des intérêts différents. Moi je le dis, une chose simple, je pense que la situation qu'a provoqué Donald Trump, pour le moment elle est provisoire. On voit bien qu'il revient sur les droits de douane, il cherche à négocier, il cherche surtout à déstabiliser et puis surtout il cherche son intérêt. L'intérêt de son pays, les Etats-Unis, on peut contester d'ailleurs son raisonnement et puis aussi parfois son intérêt personnel. On voit bien que dans la façon dont il annonce ses décisions, il y a un intérêt et parfois un intérêt financier qui pose question.

2:21
Présentateur

Quand on parle de l'initié, c'est de ça qu'on parle.

2:24
Sylvain Maillard

C'est-à-dire que c'est des décisions qui l'intéressent lui. La première fois, au moment où il annonçait la suspension des droits de douane en plein milieu d'une journée boursière, en l'ayant annoncé quelques heures plutôt attention à acheter des actions, n'importe quel autre patron, où vous parliez des patrons qui feraient ça, serait immédiatement poursuivi pour, en tout cas, interroger sur un possible délit d'initié. Je crois qu'en tout cas aux Etats-Unis, c'est ce qui se passe autour de Donald Trump.

2:51
Présentateur

Mais Sylvain Maillard, est-ce que vous vous attendez à ce qu'il les abandonne enfin, ces droits de douane, le président Trump ? Est-ce que vous pensez justement que c'est juste une opération ? Peut-être qu'il y a eu un petit délit d'initié au détour, mais est-ce que vous, profondément, vous pensez que ça va rester en place tout ça ?

3:04
Sylvain Maillard

Il y a deux choses. D'abord, il a fait ça en deux phases. Il y a des 10% de droits de douane qui sont toujours là. C'est-à-dire qu'il a mis 10% de droits de douane à tout le monde. Oui, il promettait 9% mais on reste à 10. On passe au-dessus, on dit bon ben finalement... 25% même pour l'aluminium. Il a rajouté des droits de douane supplémentaires, mais il a mis 10% à tout le monde. 10%, vous savez, c'est souvent la rentabilité de nos entreprises françaises. C'est-à-dire qu'il a mis en énorme difficulté les entreprises qui exportent vers les Etats-Unis, les entreprises européennes qui exportent vers les Etats-Unis. Donc la discussion, elle est aussi sur les 10% à l'heure actuelle.

Il a suspendu les 20%, même s'il y a différentes tranches, mais les 20% pour 3 mois pour négocier. Mais moi je vais vous dire une chose, qu'est-ce qu'il y a à négocier en réalité ? Et négocier quoi ? La mort des entreprises européennes vers les Etats-Unis ? Du commerce ? Il n'y a rien à négocier là-dessus. Donc l'Europe prépare une riposte extrêmement forte avec différents volets. Vous avez eu l'occasion, je crois, sur votre antenne d'en parler, mais elle sera très forte la réponse. Honnêtement, c'est perdant-perdant pour tout le monde.

4:08
Présentateur

Il n'y a plus à discuter avec lui, c'est ça ?

4:10
Sylvain Maillard

Mais ne partons pas du principe que c'est Donald Trump qui doit toujours donner le « là ». Il prend une décision, il revient dessus de façon contestable, mais il n'est pas totalement revenu dessus. Et deuxièmement, c'est à l'heure actuelle la mort de nos entreprises, si on reste dans ce système-là, nos entreprises vers l'export vers les Etats-Unis. Donc il faut absolument tendre le jeu et faire en sorte que le bras de fer revienne à la situation qu'on a connue au départ.

4:42
Présentateur

Et tant pis pour les risques, si on ne négocie pas ?

4:46
Sylvain Maillard

Mais Berger, bon, les risques, ils sont tout de suite là. Les risques, ils sont tout de suite. Attendez, comment vous pouvez imaginer qu'à un moment, nos produits qui vont être taxés 10, 15, 20, 30, 40% supplémentaires, restent compétitifs aux Etats-Unis ? C'est tout de suite, en fait, le problème. Je pense au cognac, je négocie avec Jean-Noël Barraud et la diplomatie française. On a des taxes sur le cognac en Chine qui mettent en grande difficulté 30% de cognac. Mais aux Etats-Unis, on serait bien plus. Et c'est des marchés, c'est des régions entières qui peuvent être sinistrées.

Donc, il faut absolument rester dans un bras de fer fort et dire aux Etats-Unis ce qui est la marque de notre amitié. C'est qu'on a un libre-échange fort qui a permis de développer nos économies européennes et états-uniennes. Il faut le garder.

5:30
Présentateur

Sylvain Bayard, si on ne peut plus négocier avec les Etats-Unis, est-ce qu'il faut négocier avec d'autres ? On pense à la Chine, vous en parliez. On peut parler aussi de l'Amérique du Sud avec ce traité avec le Mercosur, ce traité qui faisait bondir les agriculteurs. La France se disait contre avec d'autres pays qui jusqu'à maintenant avaient une minorité de blocage au niveau européen et empêchent la ratification. Mais est-ce que finalement, avec les Etats-Unis qui nous abandonnent d'une certaine manière commercialement, il faut accepter peut-être quelques contreparties mais aller commercer plus avec l'Amérique du Sud ?

5:56
Sylvain Maillard

Ce n'est pas lié. C'est-à-dire que de toute façon, en tout cas moi c'est ma philosophie, il faut développer le commerce mondial. Un commerce évidemment respectueux mais respectueux des uns des autres. Le commerce mondial, c'est ce qui a permis de sortir dans ces 20-30 dernières années des centaines de millions de gens de la pauvreté partout dans le monde. Et donc évidemment qu'il faut continuer à développer ces produits. C'est deux choses différentes. Avec la Chine, attention parce qu'il y a évidemment des vraies difficultés de dumping sur certains produits. Il faut qu'il y ait un commerce équitable.

C'est-à-dire que nos entreprises doivent pouvoir combattre les entreprises chinoises à armes égales et ça c'est normal. Donc attention toujours à la bonne réciprocité. Avec le Mercosur, c'est un autre souci. Nous ce qu'on veut en Europe, ce n'est pas manger du produit de mauvaise qualité agricole. Et d'être inondé dessus. Donc tant qu'on n'a pas trouvé de solution sur les produits agricoles, pour nous la position est claire. Moi-même j'ai voté contre le Mercosur. Mais il a été voté politiquement. Pas la philosophie. Mais c'est le fait de... Parce que je suis pour les libres échanges évidemment. Mais par contre, il est hors de question d'importer en Europe des produits de mauvaise qualité.

Alors qu'on fait faire à nos agriculteurs des produits de bonne qualité.

7:02
Présentateur

Il y a deux questions. Est-ce qu'on peut encore le faire évoluer ? Ça semble compliqué puisqu'il a été voté politiquement. Il doit être adopté là cet été. Enfin ratifié. Et voté par le Parlement européen. Et si on ne peut pas le faire évoluer, est-ce qu'on le bloque ? Est-ce que la France peut obtenir une meilleure dirige de blocage ?

7:18
Sylvain Maillard

C'est le travail des diplomates français. C'est le travail à l'heure actuelle de la diplomatie française. Il est fait d'après ce que vous en savez ? Oui bien sûr. Vous savez, il y a eu un vote très très large de l'Assemblée nationale. Un vote, une position aussi large du Sénat. Le gouvernement, l'intégralité des partis politiques français. On dit qu'on n'accepterait pas un Mercosur qui saigne nos agriculteurs et qui nous fasse manger de la mauvaise qualité.

7:44
Présentateur

Il faut aller rallier d'autres pays européens. Votre connaissance, c'est en cours.

7:46
Sylvain Maillard

C'est le travail que doit mener la diplomatie française, mais pas que d'autres pays sont évidemment à nos côtés.

7:53
Présentateur

Sylvain Maillard, on va vous retrouver dans un instant. On a d'autres dossiers à aborder avec vous, notamment ce changement peut-être prévu du scrutin municipal dans les trois plus grandes villes de France. Paris, Lyon, Marseille, la loi PLM, vous portez ce projet.

8:04
Sylvain Maillard

Toujours avec Sylvain Maillard, député ensemble pour la République de Paris.

8:14
Présentateur

On voudrait revenir avec vous, Sylvain Maillard, sur ce dossier qui s'annonce très difficile au Parlement et avec le gouvernement, la préparation du budget 2026. On se rappelle que ça avait été compliqué pour 2025. Il faut trouver 40 milliards selon le gouvernement et toujours, visiblement, sans augmenter les impôts. Comment c'est possible ?

8:31
Sylvain Maillard

Il va falloir faire des réformes de structure. Moi, j'entends la ministre Amélie de Montchalin qui propose de supprimer des niches fiscales. Très bien. Nous, on a plein de propositions dessus. Attention, ce n'est pas évident de trouver beaucoup, beaucoup d'argent en supprimant des niches fiscales.

8:45
Présentateur

Enlever une niche fiscale, c'est un impôt en plus, Sylvain Maillard.

8:48
Sylvain Maillard

Oui, mais il y a des niches fiscales sur lesquelles on peut raisonnablement se dire qu'elles ont été inventées à des moments sur lesquels on peut revenir. Mais vous savez quoi ? Cette discussion, on ne l'aura pas ici, à 8h30, votre... Et pourquoi ? Parce qu'en fait, moi, ce que je voudrais vous dire, c'est qu'il va falloir faire surtout des réformes de structure. Parce qu'on ne trouvera pas 40 milliards à travers des... Oui, mais alors, on n'a pas d'idées pour l'instant. On ne dit pas quelque chose de précis, mais on dit qu'il n'y aura pas d'augmentation d'impôt. À renaissance, on a des idées. On le dit très clairement, il faudra faire une réforme de l'assurance chômage.

Nous pensons qu'il faut travailler plus, faire en sorte que, collectivement, nous travaillons plus. Et donc, il faudra une réforme de l'assurance chômage. Il faudra une réforme des retraites à travers, nous pensons, l'instauration d'une partie de capitalisation pour permettre d'avoir des pensions à des plus hauts niveaux, mais aussi qui coûtent moins cher. Voilà des réformes qui sont structurelles et qui permettent, pour le prochain budget et le budget suivant, d'avoir des vraies économies. Et puis, je pense, plus de justice aussi à travers ces réformes.

9:49
Présentateur

Retraite par capitalisation, ça, ça se fera à l'occasion, par exemple, d'une présidentielle. C'est quelque chose, comme vous dites, structurel qui ne se fera pas là dans l'année, pas pour le budget 2026.

9:57
Sylvain Maillard

Je pense que c'est très important que pendant ces deux ans, on puisse aussi, deux ans qui mènent jusqu'à la présidentielle, qu'on puisse tracer des voies qui permettent... Si on peut faire des réformes tout de suite, il faut le faire. Si on trouve des majorités pour le faire, on le fait. Et sinon, de pouvoir discuter très largement en France, au-delà des sphères politiques ou des sphères techniques, de ce qu'il faudrait faire et de l'évolution de notre système, de notre système social. Parce qu'on voit bien que ça coûte trop cher par rapport à ce que nous gagnons. Nous dépensons beaucoup plus que ce que nous gagnons.

10:28
Présentateur

Et là, tout de suite, l'imposition des plus riches, oui ou non, cette fameuse taxe Zuckman, c'est entre 15 et 25 milliards, c'est quand même pas rien par rapport aux 40 conférences ?

10:37
Sylvain Maillard

Nous sommes contre, nous sommes déjà les champions du monde de la taxation. Si on était heureux de taxer, ce serait le pays où les gens seraient le plus heureux. Un moment... C'est ce genre de plus riches qui sont les plus taxés.

10:47
Présentateur

Ça concerne 100, c'est une centaine de personnes.

10:50
Sylvain Maillard

Mais j'entends, et puis après, vous savez, à la fin, quand on commence à dire qu'on augmente pour les plus riches, d'ailleurs, quand on va commencer à gratter, finalement, ça finira sur la classe moyenne. À chaque fois, on augmente les impôts. C'est en France qu'on a les impôts les plus impôts.

11:02
Présentateur

Pourquoi vous dites ça ? Là, pour le coup, on est sur une assiette.

11:06
Sylvain Maillard

Regardons, quand on regarde, on taxe en France à 25%, on a baissé la taxe.

11:10
Présentateur

C'est les patrimoines au-dessus de 100 millions, ce dont on parle.

11:12
Sylvain Maillard

Je vous fais deux analyses. On a baissé, nous, les impôts de 33% à 25% pour les entreprises. On s'aperçoit de quoi ? Toutes les entreprises en France payent 25%, mais les très grandes entreprises qui ont plus de facilité, d'optimisation, payent beaucoup moins d'impôts.

11:30
Présentateur

Il y a un problème d'optimalisation, ce n'est pas le problème de l'impôts.

11:32
Sylvain Maillard

Je vais continuer. Pour les grands patrimoines, qu'est-ce qui se passera ? C'est qu'évidemment, il y aura, si on se dit, on va uniquement récupérer de l'argent dessus, on va augmenter le taux global de tout le monde, et vous verrez qu'il y aura encore des possibilités de s'exonérer de l'impôt. Moi, je dis une chose très simple. Ce qu'il faut être sûr, c'est que ce qui a été voté soit bien payé. Deuxième chose, il nous faut faire des économies. Nous avons un mode de vie, un train de vie qui est trop important. Vous pourrez continuer à taxer sur une année. Ça marchera sur une année. L'année suivante, nous n'aurons plus les mêmes rendements, et déjà, nous taxons largement plus que nos voisins.

12:07
Présentateur

L'acceptabilité de l'effort, ça compte aussi, non ?

12:11
Sylvain Maillard

Bérangère Bonte, j'entends, mais le symbole, il est important.

12:13
Présentateur

Et dire ça, vous dites ça.

12:15
Sylvain Maillard

Je lis à l'antenne, je sais bien que, comme ça tous, sans personne, sans personne, on dit, je préfère que les autres payent l'impôt à ma place. La vérité, c'est que si nous ne faisons pas des économies, nous n'arriverons pas à financer sur le long terme notre modèle social. Il faut l'entendre. Si les grands patrimoines payent plus, on peut toujours regarder ce qui peut fonctionner. Pourquoi pas ? Mais croire qu'au fond, ce sont toujours les autres qui feront les efforts, ça ne marchera pas, ça ne fonctionnera pas. Et à la fin, c'est toujours la classe moyenne qui paye. Toujours.

Vous regardez, d'ailleurs, à juste titre, y compris dans les bulletins de vote, vous voyez très bien que, à la fin, c'est toujours eux qui payent. Donc nous, ce que nous voulons, c'est ne pas augmenter les impôts. On estime qu'on a déjà beaucoup d'impôts en France, et faire en sorte d'optimiser tout ce qu'on dépense pour garder notre modèle social, mais aussi peut-être le réajuster. Je vous en ai donné deux pistes. Continuons, travailler tous ensemble pour trouver la meilleure formule.

13:07
Présentateur

Sylvain Maillard, je voudrais vous faire réagir assez rapidement sur un projet que vous portez depuis plusieurs années. Vous parliez tout à l'heure de l'échéance présidentielle en 2027. Il y en a une autre d'échéance électorale en 2026. Ce sont les municipales. Et vous, vous portez ce projet de réformer le mode de scrutin pour Paris, Lyon et Marseille. Trois villes qui ont un modèle de scrutin différent des autres. Le texte, il a été adopté cette semaine en première lecture à l'Assemblée nationale. Ça s'annonce plus compliqué au Sénat début juin. Cette loi, elle sera appliquée, selon vous, dès 2026. On le rappelle, deux votes. On élira le maire de la ville et les élus de secteur.

Ça sera appliqué dès 2026.

13:40
Sylvain Maillard

Exactement. D'abord, on m'avait dit aussi que ce serait très, très difficile à l'Assemblée nationale. Et on a eu un vote très large. Et on va travailler avec le Sénat pour trouver, évidemment, la meilleure formule. Mais moi, je le dis très clairement, dans ces trois villes, nous souhaitons avoir le même mode de scrutin que dans n'importe, en tout cas le plus proche possible de n'importe quelle autre ville de France.

13:56
Présentateur

Vous êtes un peu accusé de tripatouillage au dernier moment électoral.

13:59
Sylvain Maillard

Oui, enfin, vous savez, faire en sorte qu'un Parisien égale une voix, un Lyonnais égale une voix, dire que c'est du tripatouillage. Non, en fait, le système actuel qui a été inventé par Gasson de Fer pour gagner alors qu'il était minoritaire, ça, c'est effectivement...

14:10
Présentateur

Ce ne sera pas le même mode que dans les autres villes, puisqu'il y aura deux votes. Donc, ne dites pas que ce sera Paris.

14:15
Sylvain Maillard

Ce sera le plus proche possible. C'est pour ça que je me suis permis de redire le plus proche possible. Mais l'idée, elle est très simple. C'est de faire en sorte que celui qui a le plus de voix, en fait, gagne l'élection. Mais aussi de changer la gouvernance de ces trois villes. Ces trois villes, elles ont été... C'est 10% du corps électoral français. Ces trois villes, elles sont, depuis 40 ans, coupées en deux, quelle que soit la majorité municipale en place, parce qu'on favorise toujours ces mairies d'arrondissement, ces mairies de secteur, dans ces budgets, dans ces organisations, ces associations.

14:42
Présentateur

Justement, ces mairies d'arrondissement qui coûtent... Je ne sais pas quel est le budget d'un... Vous avez été entendre dans le 9e. C'est quoi le budget d'un... Avec des compétences qui sont très limitées et un budget important.

14:52
Sylvain Maillard

Dans le 9e, par exemple, le 9e arrondissement de Paris, moi, j'étais maire adjoint. C'est un budget autour d'entre 12 et 15 millions par an.

14:58
Présentateur

Pour faire quoi ?

14:59
Sylvain Maillard

C'est ça qui organise toute votre vie quotidienne. Les places en crèche, faire les mariages, la proximité, toutes les associations de proximité. C'est, je crois, plébiscité par les Parisiens, par les Marseillais et les Lyonnais. D'autres grandes villes ont des mairies de proximité sans avoir d'arrondissement. Vous avez raison, mais c'est l'histoire de nos trois villes, depuis 40 ans, d'avoir ces mairies d'arrondissement. On l'a questionné, et pour nous, c'est suffisamment puissant pour dire... En tout cas, je reprends encore un exemple. Je suis élu parisien. Dans le 15e arrondissement, c'est plus de 200 000 habitants. C'est la taille d'une grande ville française.

Et donc, il est important d'avoir une mairie de proximité. En tout cas, les Parisiens, les Marseillais et Lyonnais sont attachés à ces instances de proximité. Donc, on les conserve avec une urne. On votera directement, comme dans n'importe quelle ville de France, et une autre urne pour voter pour la mairie centrale, comme dans n'importe quelle autre ville de France.

15:51
Présentateur

C'est de beauté, bien sûr, au mois de juin, au Sénat.

15:53
Sylvain Maillard

Bien sûr. Merci, Sylvain Maillard.

15:54
Présentateur

Et applicable dès 2026. Merci, Sylvain Maillard, député ensemble pour la République de Paris, d'avoir été l'invité du 830 France Info.

Droits de douane : "Il n'y a rien à négocier" avec Donald Trump, estime le député Sylvain Maillard — Sylvain Maillard · Pourquijevote