Face aux experts du vendredi 13 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h29, notre invitée ce matin est Sarah Knafow, bonjour et bienvenue, vous êtes députée européenne pour Reconquête. Je lis beaucoup ces derniers jours que vous êtes partie cet été, vous formez chez les Trumpistes aux Etats-Unis, alors est-ce que c'est vrai ?
Alors plus précisément, c'est un think tank qui s'appelle le Claremont Institute et qui édite la revue conservatrice la plus répandue des Etats-Unis, le Claremont Review of Books. Donc j'y suis allée cet été et en réalité c'est une formation philosophique, politique et on s'aperçoit qu'avec ces Américains conservateurs, on a les mêmes sujets d'intérêt que ceux qui nous occupent ici en France. C'est-à-dire l'attention portée au bon gouvernement, l'attention portée à la baisse du niveau scolaire. Pourquoi est-ce que l'excellence a disparu des écoles ?
Comment est-ce qu'une idéologie, disons égalitariste à l'école, a pris le dessus sur le mérite, sur la volonté de former des étudiants, non seulement à l'école mais aussi à l'université ? Et ils ont les mêmes problèmes. Ils m'expliquaient par exemple que même Harvard, par exemple, avait chuté de niveau. Les mêmes problématiques d'identité nationale, des questions très fortes sur qu'est-ce qu'être américain et on s'aperçoit aussi qu'en France, chez nous, on se pose la même question. Qu'est-ce qu'être français finalement ? Toutes ces questions sur l'assimilation.
Est-ce que c'est traité avec objectivité ? Et vous allez comprendre ma question, parce que sans doute comme nous, vous avez regardé sur LCI le débat entre Mme Harris et M. Trump, qui a quand même asséné plusieurs contre-vérités tout au long de ce débat qui sont factuellement prouvées. Est-ce que cela participe d'un raisonnement global aux Etats-Unis dont vous avez été témoins en vous y rendant ?
Pas vraiment. Si vous voulez, je dirais que c'est un peu hors-champ politique dans le sens partisan du terme. Donc là, il y a vraiment un intérêt plutôt intellectuel. Mais vous avez raison, j'ai regardé le débat et ce qui me frappe aux Etats-Unis, c'est qu'ils ont retrouvé depuis quelques années un affrontement très très clair entre la droite et la gauche. Quand on regarde Kamala Harris contre Trump, on a deux personnalités avec des opinions tranchées, radicalement opposées et dans leur tempérament. Ils sont tous deux talentueux à leur manière et surtout dans leur programme, ce qu'on a un peu perdu en France. C'est-à-dire qu'en France, on a des oppositions qui sont devenues très floues.
Il n'y a plus la droite contre la gauche maintenant, c'est le centre-droite avec le centre-gauche, donc le macronisme.
Au-delà du positionnement, je vous interroge sur les mensonges. Est-ce que vous avez été témoins en vous rendant dans ce think tank une espèce d'adhésion, peu ou prou, à des théories fumistes, à des choses qui sont fausses ? Est-ce qu'on dit là-bas ? Oui, oui, Donald Trump a raison lorsqu'il parle de migrants qui mangent des chiens et des chats à Springfield.
Non, pas du tout. Ce n'était pas du tout l'objet. Et en réalité, ce qui interpelle, c'est aussi le traitement médiatique. Et donc, effectivement, les fake news, vous vous rappelez que Donald Trump avait fait sa campagne en 2016 pour combattre les fake news, dont il était victime cette fois et qui avait été pour le coup démontré. Mais sincèrement, ce qu'il faut dire en tant que Français, en tant que patriote française, que responsable française, c'est qu'on ne doit pas attendre notre salut des États-Unis. Ça dira quelque chose au monde occidental, selon le résultat que les Américains vont choisir.
Vous souhaitez que Trump gagne, vous ?
Moi, je suis davantage proche, évidemment, du programme d'un Donald Trump. Je trouve que Kamala Harris est tenu par le wokisme, etc. Je crois que Reconquête est le seul parti, d'ailleurs, qui dit soutenir Donald Trump. Mais en réalité, il ne faudra pas attendre notre salut des Américains. Et je dirais la même chose, il ne faut pas attendre notre salut ni de Bruxelles, ni de la Russie, ni de Washington, ni de quoi que ce soit. Il y a parfois eu cette tendance chez des patriotes français. Ce n'est pas du tout mon cas. Je pense que ça dira quelque chose à l'Occident, parce que ça montrera à l'Occident que la droite peut gagner, y compris contre un système médiatique hostile.
Ça montrera aussi, et on le voit avec le retour de Trump, qu'en politique, on n'est jamais mort. C'est ce qu'il est en train de nous montrer. Mais en revanche, il faudra que les Français, les souverainistes français, les patriotes français, n'attendent leur salut que d'eux-mêmes et jamais de l'étranger.
Il y avait parmi les participants à ce séminaire, cet été en Californie, l'un des avocats de Trump qui a plaidé pour dire que cette élection avait été volée. Est-ce que vous, vous croyez que l'élection a été volée par Joe Biden il y a trois ans et demi ?
Moi, je ne le crois pas. L'avocat dont vous parlez, c'est celui qui a démontré que dans certains bureaux de vote, il y avait effectivement eu de la fraude. Il a gagné d'ailleurs ses procès. Donc là, ce n'est pas une grande théorie sur le vol de l'élection. C'est montrer que dans tel bureau en Pennsylvanie, effectivement, il y avait eu une fraude électorale. C'est ce qu'il nous racontait. Il parlait plutôt d'exemples précis. Et sur ces exemples précis, il a plaidé, il a gagné. Mais non, moi, je ne crois pas qu'elle ait été volée. En tout cas, je n'ai pas de preuves qui m'ont dans ce sens.
Vous avez évoqué à quelques instants, la phrase m'interpelle à chaque fois, le système médiatique. Vous le dites dans une phrase, alors du coup, on l'entend sans l'entendre, mais est-ce que c'est encore vrai ? Donald Trump, puisque nous étions aux Etats-Unis, a bénéficié, même s'il lui a parfois dit le contraire, on pourrait dire, pour poursuivre dans le même champ lexical, d'une complaisance d'une chaîne très importante. Fox News, on a un soutien. En France, il y a aujourd'hui des questions sur les parties prises par certains médias. Ça fait encore recette chez les gens qui vous accompagnent de dire qu'il y a une défiance médiatique ?
Ce n'est pas question de faire recette. En réalité, c'est une question d'observer ce qui nous arrive. Vous citez l'exemple de Fox News. Alors en France, j'imagine que vous pensez à CNews. CNews, si vous voulez, ça fait depuis 30 ans, disons, qu'il n'y avait pas de chaîne qui représentait une grande partie des Français. Je dirais un tiers des Français qui a ses opinions, qui regardaient des chaînes, qui les insultaient, parfois sur le service public, avec leur propre argent, leur propre impôt. Et c'est très récent, le fait qu'on va dire la droite ait ses propres canaux médiatiques. Mais ils sont extrêmement minoritaires, en réalité. Ils sont extrêmement minoritaires.
Oui, il y a un système médiatique. Quand on regarde, typiquement, le traitement de ce qu'on appelle des faits divers. Je regardais la une de libération au lendemain d'une attaque au couteau en Allemagne, à Solingen, y titrer. Cette attaque relance le débat sur la possession des couteaux, typiquement. L'humanité, après la mort du gendarme Eric Comine, qui titre, encore un accident, encore un mort au travail. Quand on voit ça, qu'il y a une presse de gauche, je pense que ça, ce n'est pas un scoop de dire qu'il y a une presse de gauche.
Quand on voit France Inter, Libération, l'Humanité, Quotidien, qui a les mêmes angles, qui parle de ce qui arrive à la France de la même manière, qui, à mon avis, cache la réalité, ou la déforme, la dénature, change le sens.
Il y a au moins autant de titres de presse d'un autre bord politique ? Non, pas autant.
Ah bon ? Non, pas autant. Absolument pas. D'autre part, vous êtes en train de parler de bord politique. Est-ce que vous vous rendez compte que c'est admettre que le service public est d'un bord politique ? C'est-à-dire qu'avec nos impôts, on paye des choses qui sont d'un bord politique de gauche.
Vous parliez de droite, de gauche. Vous parliez tout à l'heure de flou. Est-ce que, justement, on n'est pas à un moment de clarification ? C'est-à-dire que Michel Barnier a été nommé Premier ministre. Les médias dont vous parlez, d'ailleurs, n'attaquent pas Michel Barnier, ce qui est assez intéressant à repérer. Donc, il vient des LR. Est-ce que, finalement, ce n'est pas une clarification ? Il va y avoir, d'un côté, le retour de la droite et, en face, une gauche qui essaie de résister, comme nous l'a dit Fabien Roussel hier, de se mettre en ordre de bataille, en tout cas, pour la présidentielle suivante.
Est-ce que ce n'est pas un moment où tout change, justement, où la formation dont vous faites partie était arrivée, justement, à la faveur du macronisme, en se disant qu'il y avait un gros espace à droite et qu'il fallait l'investir dans votre secteur très particulier ? Est-ce que, là, finalement, ce n'est pas une autre histoire qui est en train de se jouer ?
Si seulement vous aviez raison, mais je ne pense pas que Michel Barnier sera ce grand clarificateur. Je l'ai écouté chez vos collègues de TF1 et il dit « Tout le monde aura sa place dans mon gouvernement ». Et la présentatrice lui demande « Mais alors, est-ce que des gens de gauche auront leur place ? » Et il répond « Bien sûr ». Donc, je ne crois pas que ce sera ce moment de grande clarification.
Est-ce qu'il a votre soutien, madame Xenfo ?
Si vous voulez, moi, je n'ai pas beaucoup d'espoir dans le gouvernement de Michel Barnier. J'aurais aimé jouer le jeu, dire que je lui adressais mes félicitations républicaines, qu'il allait réussir, qu'on y croyait tous. Mais pour moi, ça reviendrait à dire « J'espère que les lâches vont devenir courageux. J'espère que des centristes vont devenir des hommes de droite. J'espère qu'un européiste convaincu va soudain protéger la souveraineté de la France. Mais je crois que les Français ont déjà été trop déçus, que ça fait beaucoup de mal à la politique quand, à chaque fois, là, si vous voulez, on est au troisième gouvernement en un an. Et à chaque fois, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
Quelle situation s'est améliorée ? Est-ce qu'on peut même citer un ministre sur lequel il y a eu des résultats positifs, concrets, tangibles ? Moi, je n'ai pas l'impression. Donc, je n'ai pas envie de faire semblant. Je n'ai pas envie de donner de l'espoir aux gens et que finalement, on se retrouve dans trois mois, dans un an, dans un an et demi. Je ne sais pas à quel moment ce gouvernement tombera. Mais je n'ai pas envie qu'on se retrouve à se dire à la fin « Finalement, on a encore été déçus. » On nous a fait croire à un retour de la droite. Et finalement, on a eu des ministres de gauche. Et finalement, on n'a pas mené la bonne politique.
Et je crois qu'au-delà du casting, ce qui va compter, c'est le programme. Quel programme ils vont mettre en œuvre ? Est-ce qu'ils auront le courage, par exemple, de revenir sur les classes de niveau à l'école ? Est-ce qu'ils auront le courage de chasser les associations de propagande de l'école ? Est-ce qu'ils auront le courage de baisser le niveau de l'immigration en France ? Où je rappelle qu'on a quand même 500 000 entrées légales chaque année. Est-ce qu'ils auront ce courage-là ? Si oui, alors j'applaudirai. Je reviendrai peut-être chez vous et je les applaudirai.
Justement, vous parlez de l'école. Dans le discours de rentrée d'Éric Zemmour, il parle des parents vigilants. C'est un réseau que vous avez mis en place sur l'ensemble de la France. Vous espérez des parents vigilants dans chaque école. C'est quoi le but du jeu ? Est-ce que ce n'est pas rajouter du bazar que d'avoir des parents qui réagissent, qui vocifèrent avec des interventions locales ? On a l'impression qu'on est plus dans une mystérisation locale que dans quelque chose qui fait avancer. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ça ? Oui, bien sûr.
En réalité, c'est le contraire. C'est essayer de retirer le bazar, essayer de calmer l'hystérie. Les parents vigilants, comme leur nom l'indique, ce sont des parents. Donc, ils veulent le bien de leur enfant. Ils n'ont pas du tout envie d'hystériser le débat. Ils ne vocifèrent pas. Ils nous rapportent des faits qui se passent dans l'école de leurs enfants et qu'ils jugent scandaleux. Je vais vous donner un exemple. On est à Calais. Il y a une enseignante, une professeure de philosophie qui a des élèves dans sa classe. Et elle leur demande un beau matin de venir avec des affaires, des vêtements, de la nourriture.
Et elle leur dit je vais vous emmener à Calais et vous allez offrir vos vêtements, offrir de la nourriture à des migrants. Il y a un élève qui dit moi, je n'ai pas envie. Je ne me sens pas d'aller faire du bénévolat comme ça auprès de migrants. Ce n'est pas du tout mes opinions. Je n'ai pas envie de faire ça. Et elle lui dit c'est une sortie scolaire obligatoire. À ce moment-là, le parent de cet enfant nous en parle, à parents vigilants. Et on se dit c'est quand même scandaleux. On fait des recherches, on s'aperçoit que cette femme, cette professeure, dirige par ailleurs une association d'aide aux migrants. Et on se dit elle est en train d'enrôler ses enfants. Elle les enrégimente.
On a des enfants de 17 ans qui sont enrégimentés. Ils ne veulent pas le faire. Ils sont obligés de le faire. On le dénonce et cette sortie scolaire est annulée. Et là, on se dit voilà des victoires concrètes au quotidien. Et ça, malheureusement, aujourd'hui, à l'école, c'est partout. Et alors, ce que je veux dire, vous m'interrogez tout à l'heure sur le gouvernement. Est-ce qu'on peut attendre quelque chose ? Il faut savoir que pour empêcher les associations d'entrer dans l'école, il suffit d'une simple circulaire ministérielle. Il n'a pas besoin de majorité. Il n'a pas besoin d'un nombre de députés extravagants. Il n'a pas besoin de faire un référendum.
Il suffit d'une circulaire ministérielle.
Pour empêcher toutes les associations, ça, que vous souhaitez ? Il n'y a aucune association
qui puisse entrer dans l'école ? Aux associations politisées, justement, je vous donne un exemple. SOS Méditerranée a le droit d'entrer dans l'école. À mon avis, ça n'est pas le lieu. Et quand on dit qu'il faut dépolitiser l'école, ça ne veut pas dire remplacer une politique de gauche par une politique de droite. Ce n'est pas du tout mon point de vue. Nous, si vous voulez, ça ne nous viendrait même pas à l'esprit de dire qu'on va remplacer à l'école SOS Méditerranée par génération identitaire. Ce n'est pas l'objet. À l'école, ça doit être la transmission des savoirs. On ne doit pas enrégimenter des enfants. Ça, c'est l'objectif de parents vigilants.
Et heureusement qu'on est là pour aider ces parents, pour leur permettre d'avoir une voix médiatique qui porte, pour leur permettre
de suicider l'intérêt. C'est être au niveau local parce que ça ne fonctionne pas au niveau national. Parce qu'on a regardé, avant que vous arriviez, on a vérifié, on a regardé les chiffres. Donc, Reconquête, c'est un député européen. C'est vous, 16 conseillers régionaux, 4 conseillers départementaux. C'est un bilan, c'est un maigre bilan deux ans après le lancement du parti.
Reconquête, c'est aussi 100 000 adhérents. C'est vérifié par huissier. On est le seul parti à avoir fait vérifier les effectifs par huissier. Donc, c'est le plus grand parti de France en termes militants. J'espère que ça va nous conduire à des victoires électorales plus importantes. Vous avez raison de le signaler. Ça, ça dépend toujours
d'une mode d'admission.
C'est 75 000 parents vigilants dans toute la France avec un objectif d'avoir à terme à la fin de l'année scolaire un parent par établissement pour pouvoir couvrir l'ensemble du territoire. Je pense que c'est de belles victoires
pour un parti qui vient de mettre
au Parlement européen. Madame, oui.
Vous ne siégez ni avec le RN, ni avec Giorgia Meloni, ni avec le Parti conservateur. Forcément, ça vous affaiblit, ça vous isole. Mais avec l'AFD. Alors, je sèche avec l'AFD
qui vient de faire 33%
Mais qui n'a pas de groupe.
En Turin, je sais qu'il y a un groupe.
Oui, ils font partie de l'Europe des Nations Souveraines.
Je suis vice-présidente d'un groupe au Parlement européen qui s'appelle l'Europe des Nations Souveraines. On a créé ce groupe. Donc, si je sais qu'il y a un groupe, on n'est pas isolés, rassurez-vous. Au contraire, c'est le premier pays d'Europe, l'Allemagne quand même. Ils font 33% chez eux. Je pense que si on parle de l'Allemagne, vous vous appelez...
Enfin, vos élections dans les trois Landes... Absolument.
Et vous voyez déjà l'impact national immense de ce score puisque dix jours après leurs résultats, Olaf Scholz annonce qu'il va remettre des frontières, qu'il va rétablir les frontières nationales de l'Allemagne. Vous voyez un résultat concret immense. C'est-à-dire qu'en Allemagne, quand ils entendent que le peuple s'exprime d'une manière claire et sans équivoque, ils se disent on a entendu le message, c'est sans doute le sujet de l'immigration qui a fait un tel succès pour l'AFD, on rétablit les frontières nationales.
Oui, mais la grande différence, pardonnez-moi, je vous interromps, la grande différence, c'est qu'Olaf Scholz ne va pas sortir de Schengen. Il va juste appliquer l'une des dispositions du traité qui permet effectivement pendant une période maximale de six mois renouvelable, mais de pouvoir effectivement organiser des points de contrôle sur les frontières nationales. Ce n'est pas comme s'il fermait les frontières avec...
Je ne sais pas pourquoi vous dites la grande différence parce que c'était exactement le programme de reconquête. Donc le raisonnement de l'Allemagne est simple et implacable à mon avis. Ils disent nous protégerons nos frontières nous-mêmes jusqu'à ce que l'Europe soit capable de protéger ses frontières extérieures. C'est le programme de reconquête.
Mais c'est ce qui a été voté dans le pacte asile-immigration par le Parlement européen de pouvoir effectivement renforcer les frontières extérieures européennes.
Alors que chaque pays protège ses frontières.
Que l'AFD n'a pas voté.
Ça fait trois ans qu'on dit quand on demande de protéger les frontières ce n'est pas équivalent à proposer le Frexit. Tout le monde nous dit mais si vous voulez rétablir les frontières c'est que vous voulez sortir, etc. Vous êtes en train de dire que ce n'est exactement pas ça. On est parfaitement d'accord. Nous ce qu'on veut c'est rétablir les frontières nationales de la France. Toutes les frontières nationales. L'Allemagne est en train de montrer la voie. C'est formidable.
Sauf que vous confondez pour un mode temporaire et définitivement. En l'occurrence Schengen...
Je pense que vous n'avez pas compris l'ironie de leur raisonnement quand ils disent on protégera nos frontières nous-mêmes jusqu'à ce que l'Europe soit capable de protéger ses frontières extérieures. Vous appelez ça temporaire. Dites-moi à quelle échéance l'Europe arrivera à protéger ses frontières extérieures.
Le pacte asile-immigration qui a été voté par le Parlement européen et par une grande majorité de partis de droite de gauche et du centre vise effectivement à renforcer les frontières extérieures.
Donc l'Allemagne est en train de dire on n'attendra pas les effets. On protégera dès maintenant. Bravo.
Madame Knafo je voudrais revenir au chemin de reconquête depuis sa création. Éric Zemmour se présente à l'élection présidentielle. D'ailleurs par parenthèse beaucoup ont reproché aux médias le surtraitement de sa propre campagne. Il l'est donné à un moment donné presque au second tour.
Ça ne veut pas dire traitement favorable. Il faisait les meilleures audiences à chaque fois qu'il allait sur une chaîne c'était le record historique de la chaîne. Par conséquent il a été traité mais ça ne veut pas dire un traitement favorable.
Pour être objectif il faut l'être je pense que moi c'est mon métier en tout cas il y a eu un traitement qui a été reproché par certains à Éric Zemmour. Il est donné presque au second tour à un certain moment et puis derrière bon il y a un score qui est faible et puis là on sort d'une séquence électorale que décrivait Soisy Kemener qui est très très dure pour vous. Je lisais des papiers qui parlaient de la fin politique d'Éric Zemmour. Vous êtes la seule élue d'un parti aujourd'hui qui financièrement même de ce fait peut être en difficulté. Est-ce que reconquête deux ans après c'est un échec ?
Non, je ne pense pas que ce soit un échec. Si vous voulez moi je regarde d'un point de vue plus global l'impact qu'a eu Reconquête sur la vie politique française et je pense que personne ne peut nier cet impact.
On a imposé des termes dans le débat public on a imposé des débats je crois sincèrement que Reconquête alors certains peuvent le déplorer parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les thèmes qu'on a imposés mais personne ne peut le nier même nos pires ennemis nous le reconnaissent et je pense que ce parti ce jeune parti a eu plus d'impact dans la vie politique française que bien d'autres qui alinent des candidats tous les trois ans qui ne se battent jamais pour une idée qui ne se battent jamais pour des conditions
Pourquoi Mme Cnaffot est-ce qu'à ce moment-là vous êtes la seule élue nationale et vous siégez au Parlement européen mais pourquoi est-ce que vous êtes la seule 0,7% des élections législatives
Je vous rappelle qu'on était 5 à avoir été élus puisque c'est soit 0 soit 5 donc on était 5 le soir du 9 juin je pense que vous savez l'histoire on ne va pas y revenir
Oui il y a eu des départs Mario Maréchal M. Ravier etc
Je pensais que Bardella allait devenir Premier ministre ils sont partis Bardella n'est pas devenu Premier ministre bon voilà mais sinon pour la suite on vient de naître donc moi j'aurais adoré qu'on réussisse du premier coup vraiment j'aurais adoré on se présente en 2021 tout neuf personne n'avait jamais fait de politique aux côtés d'Éric Zemmour avant que ceux qui avaient déjà fait beaucoup de politique nous rejoignent j'aurais adoré du premier coup ça aurait été magnifique pour la France on aurait pu faire aussi vite qu'on le souhaite le programme qu'on voulait mettre en oeuvre parce qu'on considère que c'est urgent malheureusement ça n'a pas été le cas pour des raisons diverses et variées je n'y reviens pas aujourd'hui et ensuite on s'est dit est-ce qu'on continue ?
est-ce qu'on continue ? voilà la question se pose on sort de 2022 on a eu un espoir fou les Français aussi ont eu beaucoup d'espoir à la fin il y a eu le vote utile etc mais est-ce qu'on continue ? et quand on regarde la classe politique on se dit mais si on n'était pas là qui parlerait comme nous ? qui ferait ce qu'on fait ? qui s'intéresserait à l'école d'un point de vue concret ?
est-ce que le principal effet de tout ça c'est finalement vous avez un peu recentré Marine Le Pen vous l'avez rendu finalement plus présentable 11 millions d'électeurs avec l'apport d'un Éric Ciotti qui finalement a joué le rôle que vous auriez pu jouer c'est-à-dire un rôle d'addition pour Marine Le Pen est-ce que là c'est pas elle que vous avez servi finalement au risque de votre disparition en tout cas dans la représentation ?
alors moi je réfléchis pas du tout en ces termes à mon avis la politique c'est de se dire est-ce qu'on dit la vérité aux gens oui ou non ? est-ce qu'on dit aux gens ce qu'ils veulent entendre ou est-ce qu'on leur dit ce qu'ils doivent entendre ? non on a choisi la deuxième option je réfléchis pas du tout en ces termes je sais pas qui ça va recentrer redroitiser etc je me dis est-ce qu'on dit la vérité ? qui d'autre dit la vérité ? notre réponse c'est personne donc on se dit il faut penser
on a pas le choix si je suis votre raisonnement c'est-à-dire que les français n'ont pas envie d'entendre la vérité en tout cas celle que vous portez parce qu'à la fin des fins vous êtes une démocrate ce sont les urnes qui parlent et ce sont les français qui s'expriment ils vous ont donné 0,7% des voix législatives c'est-à-dire je ne veux pas vous manquer de respect mais c'est quasiment rien c'est un fait ça veut dire qu'ils ne comprennent pas les français ou qu'ils ne veulent pas entendre la vérité ?
je sais pas combien vous faites de part d'audience généralement 1%, 2%, 3% je vous dis pas que c'est rien du tout vous voyez j'insulte pas la chaîne elle a raison d'exister
personne ne vous a insulté
il y a pas 11 millions de personnes qui regardent LCI pardonnez-moi pour autant ça existe vous voyez vous avez une voix vous portez une voix vous parlez de l'Ukraine ça existe nous ce qu'on porte ça existe en France personne ne peut dire que ça n'existe pas il y a deux manières de voir la démocratie la première manière c'est de dire on va dire aux gens ce qu'ils veulent entendre à l'instant T et on va essayer de leur plaire il y a une autre manière là vous parlez du rassemblement national il y a une autre manière notamment mais de toute la classe politique et d'ailleurs tous les français le perçoivent ils sont 90% à être écœurés des partis politiques et la deuxième manière de voir la politique c'est de se dire on va essayer de les convaincre ça peut prendre plus de temps mais il faut se dire voilà est-ce que les électeurs votent pour nous parce qu'ils disent parce que je dis ce qu'ils pensent ou parce que je dis ce que je pense et que j'arriverai à les convaincre ça c'est notre manière de faire et on se dit on va essayer d'imposer nos thèmes on va essayer de montrer aux gens qu'on a raison et ça peut marcher mais il y a une question du financement
qui a fonctionné vous tenez combien de temps ? c'est-à-dire qu'il y a la question du financement politique c'est-à-dire que pour qu'un parti existe vous le savez mieux que personne il y a besoin de subsides
alors sur ça sur ce point-là rassurez-vous rassurez-vous le financement on a des gens qui nous soutiennent je vous ai dit qu'on était le premier parti de France en termes militants on a énormément de soutien il y a beaucoup de gens qui y croient qui ne regardent pas la politique uniquement à l'instant T mais qui se disent il y a un potentiel énorme il y a un potentiel énorme dans la société française il y a un potentiel énorme parce que nos convictions sont de plus en plus partagées Giorgia Meloni était à 2% il y a 4 ans aujourd'hui elle est premier ministre de l'Italie ça existe en politique des succès qui sont rapides des échecs qui finissent par des succès c'est la vie
merci beaucoup madame Knafo d'avoir été avec nous merci à vous en direct sur LCI
Sarah Knafo