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interviewRMC — Face à Face· 18 décembre 2024 24 min

Face à Face : Bruno Retailleau - 18/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC

0:02
Bruno Retailleau

Face à face

0:07
Présentateur

Apolline de Malherbe Il est 8h30 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Bruno Retailleau

0:13
Bruno Retailleau

Bonjour Apolline de Malherbe

0:14
Présentateur

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin et d'avoir choisi RMC et BFM TV Vous êtes rentré hier soir de Mayotte et c'est d'ailleurs la première fois que vous répondez à une interview depuis la nomination de François Bayrou, vous êtes le personnage pivot de ce gouvernement, est-ce que vous resterez ministre ? De très nombreuses questions à vous poser ce matin, mais évidemment Mayotte vous en revenez, qu'avez-vous vu ? J'ai vu

0:37
Bruno Retailleau

ce que vous avez pu voir aussi dans vos images, dans les reportages une île qui est totalement dévastée des dégâts qui sont absolument colossaux ce qui m'a le plus frappé puisqu'on a parcouru dans un premier temps l'île avec un hélicoptère pour nous rendre compte un peu des dégâts, c'est ce contraste qui est saisissant entre d'un côté ces paysages totalement désolés, cette désolation et en même temps lorsqu'on se pose cette espèce de calme apparent cette espèce de silence j'ai vu finalement assez peu de personnes qui étaient au-delà de Mamoudzou donc c'est ce contraste qui est inquiétant

1:13
Présentateur

ce silence il est particulièrement inquiétant, où sont les gens ? voilà des cris que posent tous ceux qui sont sur place c'était relayé à ce micro hier par Fabien Roussel ils nous disent au téléphone où sont les gens ?

1:26
Bruno Retailleau

Où sont les gens ? nous avons, j'ai pris la décision il y a plus de 24 heures de faire venir une sous-préfète sur place elle aura cette mission d'enquêter, de recenser de même que nous avons donné les instructions au préfet de Mayotte je veux les saluer parce qu'ils sont admirals les services de l'état c'est vraiment admirable d'envoyer de dépêcher dans chaque commune de Lille des gendarmes avec un questionnaire très précis pour enquêter et pour que d'ici quelques jours nous puissions avoir un bilan mais surtout aussi pour qu'on puisse organiser plus rapidement possible des premiers secours

1:58
Présentateur

sur la question du bilan est-ce qu'on peut esquisser un bilan ce matin ?

2:02
Bruno Retailleau

non non ça ne sert à rien les 22 morts que je peux vous donner qui sont le bilan tel qu'on me l'a rapporté 45 blessés graves les 1300 et quelques blessés plus légers c'est un bilan provisoire ce que je peux vous dire et ce que je crains d'ailleurs c'est que le bilan soit lourd que ce bilan soit bien trop lourd

2:19
Présentateur

quand vous dites bien trop lourd on a parlé de plusieurs centaines peut-être un millier quand vous dites trop lourd c'était les mots du préfet

2:25
Bruno Retailleau

je ne donnerai aucun chiffre parce que je ne sais pas je ne sais pas

2:29
Présentateur

je n'ai pas inventé des chiffres on ne sait pas et c'est ça évidemment qui est le plus fou dans cette histoire une première nuit sous couvre-feu également est-ce que vous avez des nouvelles de cette nuit des questions aussi de sécurité de stabilisation

2:41
Bruno Retailleau

le premier réflexe quand vous avez des catastrophes de cette ampleur c'est trois priorités la première priorité c'est d'assurer l'ordre public et les premiers secours nous avons donné au préfet des instruments tout à fait exceptionnels un cadre juridique exceptionnel dès le départ je lui ai demandé je l'avais appelé dès samedi pour que dès que l'alerte la plus chaude était passée que les policiers les gendarmes soient dans les rues pour garantir l'ordre public pour ne pas ajouter du désordre au désordre et ça a été fait deux gendarmes ont été blessés cette nuit malheureusement comme c'est le cas trop souvent à Mayotte

3:20
Présentateur

blessés ça veut dire blessés dans des affrontements

3:22
Bruno Retailleau

par des projectiles par des projectiles mais rien malheureusement de ce qui dénote de la routine sur Mayotte qui est une île en grande souffrance dans ce cadre juridique il y a ce couvre-feu que le préfet a décrété et pour la première fois je lui ai demandé d'utiliser l'article 27 de la LOPMI qui concentre les mains entre les mains du préfet tous les pouvoirs de l'État il va avoir autorité sur tous les services de l'État l'État est debout c'est d'ailleurs sa fonction première c'est même sa définition étymologique et je pense que la solidarité nationale dans ce genre d'épreuve elle prend tout son sang donc c'était la première priorité les secours et l'ordre public la deuxième priorité c'est assurer les besoins vitaux de la population en eau et en alimentation un stock de plus de 100 tonnes va être distribué de nourriture aujourd'hui on assure un pont aérien chaque jour plus de 20 tonnes de livraison entre la Réunion et puis Mayotte par l'aéroport des bouteilles d'eau bien sûr et puis aussi de la nourriture la troisième priorité c'est bien sûr toutes les grandes infrastructures y compris l'hôpital je me suis rendu à l'hôpital l'hôpital désormais à l'électricité fonctionne à peu près à 45 à 50% un hôpital de campagne avec 100 lits 90 personnels soignants va venir le renforcer des dialysés ont été évacués de Mayotte vers la Réunion donc nous nous organisons avec des ponts aériens puisque la piste est sauve en revanche le système de balisage ne permet pas d'atterrir la nuit mais très prochainement on va pouvoir le réparer des équipes de la direction générale de l'aviation civile sont sur place du génie aussi militaire sont sur place un pont maritime avec des bateaux privés de CMACGM je veux remercier Rodolphe Saab

5:03
Présentateur

qui sont les propriétaires de BFMT oui mais peu m'importe

5:07
Bruno Retailleau

moi ce qu'il me faut c'est des gros porteurs des portes containers un va arriver dans les jours prochains avec des tonnes et des tonnes des centaines de tonnes de fret

5:16
Présentateur

mobilisation générale mais pour que l'on comprenne bien de quoi il s'agit lorsque vous évoquez ces dialysés il y a un peu plus d'une vingtaine de personnes qui ont besoin de dialyses quotidiennes qui ont effectivement été évacues à la Réunion et qui ont pu reprendre le cours de leur dialyse mais ce que disait le médecin ce matin qu'on entendait sur RMC c'est qu'il y en a au moins cinquante-huit autres qui sont on le sait des personnes qui ont besoin de dialyses quotidiennes dont ils sont sans nouvelles c'est dire effectivement cet effroi et cette angoisse sans nouvelles

5:43
Bruno Retailleau

c'est la raison pour laquelle les sapeurs-pompiers mais aussi le personnel j'avais ce matin encore le maire de Mamoudzou son personnel je connais bien le président qui est un ami le président du département chacun est à sa tâche pour pouvoir débloquer les routes les grands axes depuis hier sont débloqués il reste des routes secondaires et notamment vers le nord de l'île c'est ce qui permettra d'approcher au plus près de ces malades chroniques mais tout est mis en place j'ai eu chaque jour je fais au moins une à deux fois par jour le point avec Sébastien Lecornu nous avons le renfort de l'armée deux navires militaires sont en route notamment des navires là encore qui permettent d'avoir de gros emports

6:21
Présentateur

vous savez quand est-ce qu'ils arriveront ?

6:23
Bruno Retailleau

oui oui un le premier arrivera je crois que c'est jeudi il y a le Marion du Champlain le Marion Dufresne ensuite on a un certain nombre de militaires du génie qui sont sur place les forces armées sont mobilisées je veux remercier bien entendu le ministre des armées de sa mobilisation

6:40
Présentateur

vous avez dit à l'instant Bruno Retailleau qu'il s'agissait d'une île en très grande souffrance vous avez eu ces mots sur Twitter il faut déjà penser au jour d'après on ne pourra pas reconstruire Mayotte sans traiter avec la plus grande détermination la question migratoire Mayotte est le symbole de la dérive que les gouvernements ont laissé s'installer sur cette question il faudra légiférer pour qu'à Mayotte comme partout sur le territoire national la France reprenne le contrôle de son immigration est-ce que c'était le moment ?

7:09
Bruno Retailleau

bien sûr que c'est le moment je me suis rendu dans une réunion improvisée où il y avait la population dans la mairie de Mamoudzou il y avait de nombreux élus de l'île il y avait le président du département et qu'est-ce que l'on m'a demandé on m'a demandé de ne pas recommettre les mêmes erreurs on m'a dit mais si on reconstruit sur du sable alors les mêmes causes produiront les mêmes effets pourquoi ?

parce que le bilan qu'on constatera dans quelques jours il sera très lourd il ne sera pas très lourd là où il y avait des habitations en dur il sera lourd où il y avait ce qu'on appelle des bangas c'est-à-dire des bidonfils vous vous rendez compte que Mayotte compte à peu près 320 000 habitants on pense qu'il y a autour de 100 000 clandestins en situation irrégulière qui vivent justement dans cette très grande précarité d'où il y a aussi un effet de violence donc il faut reconstruire nous avons décidé d'ailleurs de passer d'anticiper à cette phase de reconstruction un délégué interministériel va être nommé mais il va falloir si j'ose dire dans cette reconstruction ne pas commettre toutes les mêmes erreurs d'abord ça veut dire un les logements moi j'ai vu qu'il y avait par exemple sur les logements en dur des toitures qui avaient bien tenues et d'autres qui ont mal tenu donc il faut construire en tenant compte en prenant compte ces leçons pour qu'on puisse résister à des vents de plus de 220 km heure il y a la question

8:28
Présentateur

des normes et de la construction du logement mais il y a aussi la question de la clandestinité comme vous dites quand vous évoquez ces 100 000 personnes clandestines qu'est-ce que ça veut dire est-ce que ça veut dire que vous estimez qu'au fond s'ils n'avaient pas été là si la France n'avait pas quand vous dites il y a eu une forme de dérive et d'abandon on les a laissés en quelque sorte s'installer je ne comprends pas bien est-ce que vous considérez qu'ils ont eu une responsabilité eux-mêmes à se mettre dans des endroits où ils étaient en danger

8:55
Bruno Retailleau

je vais m'expliquer mais merci de me laisser développer sur le logement sur le logement ce qui est fondamental c'est qu'il y aura des règles nouvelles et là encore nous devrons passer une loi pour accélérer les choses pour faire en sorte que la bureaucratie habituelle ne nous empêche pas de reconstruire vite ça c'est fondamental et puis bien entendu il y a la question de l'immigration irrégulière parce qu'on a laissé les Mahorais seuls devant leur malheur avec cette immigration qui est totalement incontrôlée vous savez qu'il naît dans la maternité de Mamoudzou c'est la plus grande maternité française un enfant par heure et malheureusement 74% de ces enfants ce sont des mamans qui sont dans la clésistinité pourquoi ?

parce qu'on a un régime qui est très attractif en France on a ce droit du sol et les clandestins les mamans qui sont en situation irrégulière viennent à tout prix accoucher parce qu'elles savent que si elles viennent elles parviennent justement à mettre le pied sur le sol maorais bien entendu qu'on accueille ces femmes-là et qu'on ne les laisse pas accoucher dans des bidonfils et que par conséquent avec le droit du sol il suffit même quand on est clandestin d'accoucher dans ces conditions pour que demain l'enfant à sa majorité devienne lui-même français c'est ça qu'il faut qu'on règle aussi

10:13
Présentateur

mais ça veut dire quoi ? ça veut dire que là au moment où l'on se parle et c'est vraiment l'urgence de la situation on a des gens qui certes pour grand nombre d'entre eux sont clandestins mais qui tentent de reconstruire de leur main des bidonvilles est-ce qu'il faut leur dire écoutez non en fait vous ne reconstruisez pas et on vous renvoie de l'autre côté de la mer ailleurs

10:31
Bruno Retailleau

moi je pense que pour reconstruire et en matière d'immigration irrégulière on ne pourra plus en réalité faire comme avant je pense qu'il y a au moins trois actions trois actions qu'il faudra développer d'abord être beaucoup plus dur vis-à-vis des Comores parce qu'on sait très bien qu'il y a une politique comorienne qui consiste finalement à laisser partir voire même à encourager une population parce que les Comores n'ont jamais supporté l'autodétermination pour la France de Mayotte jamais et donc il y a une forme le mot est sans doute trop fort de guerre hybride si j'ose dire en poussant des populations vers Mayotte pour susciter une sorte d'occupation clandestine donc il faudra être beaucoup plus dur de ce point de vue-là deuxième chose il faudra aussi envisager des nouveaux moyens de lutte notamment en utilisant un certain nombre d'outils modernes de drones etc.

pour prévenir l'arrivée des Kwasa Kwasa et puis enfin il faut modifier notre législation pourquoi est-ce que je veux moi qu'on légifère sur l'immigration parce qu'on a besoin de régler des problèmes pratiques et tous ces biens pensants à gauche tous ces biens pensants à gauche et ailleurs d'ailleurs que j'entends depuis hier et bien je souhaite qu'ils aillent au contact des Mahorais c'est très facile à Paris et à l'Assemblée Nationale ou ailleurs ou dans les médias de proférer un certain nombre d'oukaz vis-à-vis de telle ou telle position moi je veux régler le problème il n'y a aucune société au monde vous m'entendez bien là-bas la population à majorité elle est musulmane voilà la peau elle est brune voilà ce sont des gens des français je ne connais pas de territoire de France aussi attaché à la mère patrie à la France que Mayotte que ce soit dit mais qu'ils aillent au contact de ces élus au contact de la population ils leur diront que c'est impossible c'est comme si en France on avait à peu près 20 millions de clandestins est-ce qu'une société laissez-moi terminer est-ce qu'une société peut vivre dans la concorde civile avec un tel déséquilibre démographique et bien je dis non donc il faut changer les règles quand ces règles causent un certain nombre de conséquences désastreuses

12:34
Présentateur

ce que vous voulez dire c'est que vous vous adressez à un certain nombre d'élus vous dites ces élus de gauche qui moralisent en leur disant cette population-là ne souhaite pas ce que vous vous dites c'est ça vous dites à ces élus qu'ils se trompent

12:48
Bruno Retailleau

mais exactement qu'ils sortent de leur bien-pensance de leur beau quartier parisien de leur confort intellectuel médiatique et autres et qu'ils se confrontent à la réalité vous savez les maorais ils ne sont pas racistes ils ne sont pas je vous disais ils pratiquent très largement d'ailleurs la religion musulmane mais croyez-moi tous les élus ont le même langage tous les élus souhaitent qu'une situation stable redevienne qu'elles seront les on verra le bilan des victimes eux-mêmes demandent

13:15
Présentateur

le changement de la loi eux-mêmes demandent

13:17
Bruno Retailleau

la fin du droit du sol mais bien sûr c'est eux qui le demandent c'est d'abord eux qui le demandent et j'ai un projet un texte d'ailleurs qui permettrait non pas d'abolir parce que je pense qu'il faudrait modifier la constitution mais au moins d'avoir un délai d'un an pour que par exemple la maman soit en situation régulière avant la naissance pour que le bébé puisse à la majorité devenir vraiment français qu'il y ait une situation régulière de celle qui accouche

13:41
Présentateur

est-ce que vous aurez les moyens de faire avancer ce genre de loi j'en viens évidemment à la question politique vous aurez un rendez-vous tout à l'heure à 9h30 avec François Bayrou tous les deux Bruno Retailleau est-ce que vous allez rester dans ce gouvernement ?

13:55
Bruno Retailleau

au moment où je vous parle je ne le sais pas et ça ne dépend pas de moi moi je suis rentré au gouvernement avec Michel Barnier pour éviter à la France le chaos dans une situation de crise j'y suis rentré pour barrer la route à la gauche et à l'extrême gauche voilà pour avoir une alternative dans une période chaotique que traverse notre pays mais je ne pourrai rester au gouvernement que si je suis en mesure de mener la politique que veulent la majorité des français c'est-à-dire de restaurer l'autorité la fermeté l'ordre public aussi bien dans la rue qu'à nos frontières

14:32
Présentateur

je vais vous poser la question différemment Bruno Retailleau est-ce que vous souhaitez rester dans le gouvernement ?

14:38
Bruno Retailleau

je le souhaite si j'en ai les moyens parce que j'ai commencé un travail et je souhaite le mener à bien je suis d'ailleurs très heureux de voir que les mesures de fermeté que j'ai proposées sont soutenues très majoritairement non seulement par les français de droite mais aussi par les français de gauche vous n'imaginez pas lorsque je suis allé au congrès des maires le nombre de maires qui m'ont dit écoutez on n'a pas les mêmes options politiques que vous je suis à gauche mais ce que vous faites c'est bien allez-y continuer ça veut dire que certes il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale mais il y a ce que le général de Gaulle appelait la majorité nationale moi je veux que l'on mène avec ce gouvernement là si jamais ça devait être le cas la politique que la majorité des français de droite et de gauche souhaite que nous menions pour rétablir l'ordre public c'est fondamental

15:20
Présentateur

mais à quel prix c'est-à-dire vous dites je souhaite rester si j'ai les moyens de travailler on l'a bien compris vous êtes le personnage clé de ce gouvernement à venir puisque certains disent nous on veut bien participer ou ne pas censurer s'il n'y a pas Brune Retailleau ou alors s'il n'y a pas sa loi immigration est-ce que vous pourriez vous rester ministre mais accepter de renoncer à la loi immigration que vous appeliez de vos voeux

15:44
Bruno Retailleau

quand je suis rentré quand je suis rentré au gouvernement je me suis fait une promesse et je m'y tiendrai c'est ne pas me trahir et ne pas tromper les français moi je ne suis pas sectaire tous celles et ceux avec qui j'ai travaillé y compris au Sénat d'un autre bord vous diront que j'ai des convictions qui sont très affirmées que je ne me mets jamais le drapeau dans ma poche mais qu'en revanche je ne suis pas sectaire je ne suis pas sectaire mais je ne suis pas non plus un mercenaire ça veut dire quoi ?

je ne suis pas prêt à vendre mes idées à n'importe quel prix je veux précisément parce que mes idées mes convictions j'y tiens et un nombre important de français les partage par conséquent sur la politique migratoire je pense qu'on peut mettre fin j'ai déjà un certain nombre de résultats de premiers résultats on peut mettre fin à si j'ose dire ce manque de contrôle des flux migratoires mais il faudra légiférer j'ai donné par exemple le cas de Mayotte sur le droit du sol le délit de ces jours

16:39
Présentateur

légiférer est-ce que vous pourriez glisser ces points législatifs dans d'autres lois ou est-ce que vous avez besoin encore une fois on le comprend bien c'est la clé est-ce que vous aurez besoin d'une loi immigration ou est-ce que vous dites bon je suis prêt à renoncer à cette loi immigration mais il y a un certain nombre de points vous vouliez notamment rallonger le délai dans les centres de rétention revenir effectivement sur la question du droit du sol à Mayotte est-ce que ces points-là nécessitent à vos yeux une loi immigration est-ce que c'est la loi immigration ou rien ?

17:12
Bruno Retailleau

je n'ai pas besoin d'une loi je ne suis pas fétifiste j'ai besoin de mesures législatives ces mesures législatives dans notre constitution elles peuvent venir du gouvernement elles peuvent venir soit des députés ou soit des sénateurs mais sur le droit du sol à Mayotte sur le rétablissement du délit de ces jours irréguliers nous en avons pratiquement besoin concrètement besoin sur par exemple Philippine je n'ai pas oublié moi le drame de Philippine je veux que pour les prédateurs sexuels

17:39
Présentateur

je veux que pour les prédateurs sexuels

17:44
Bruno Retailleau

on puisse allonger le délai de rétention dans les centres de rétention administrative donner au pouvoir un pouvoir au préfet lorsqu'il fait appel par exemple d'une décision du juge qui veut libérer justement un personnage un individu dangereux qu'avec ce pouvoir du préfet qui deviendrait suspensif pour s'opposer à cette décision en attente bien entendu d'une seconde instance le préfet puisse avoir aussi ce pouvoir donc on a besoin de mesures très concrètes ce sont vos lignes rouges bien sûr ce sont mes lignes rouges je le dis très simplement je pense d'ailleurs que François Bayrou me connaît

18:15
Présentateur

vous avez longtemps travaillé ensemble il me connaît très bien

18:18
Bruno Retailleau

je le verrai après cette émission j'ai un rendez-vous avec lui je l'ai déjà vu on s'est déjà entretenu il sait très bien qu'en choisissant de me faire venir au gouvernement il choisit un style il choisit des convictions il choisit une ligne donc moi je ne tombe personne sur la marchandise comme on dit vulgairement simplement où on me fait confiance pour une politique qui me semble être la politique d'ailleurs celle que m'avait demandé de conduire Michel Barnier et celle que soutiennent une majorité de français une majorité de français où c'est possible et je rentrerai au gouvernement où ça n'est pas possible et je me retirerai

18:53
Présentateur

et vous vous retirez vous en tirez les conséquences je n'ai pas tout à fait compris si vous parliez en votre nom Bruno Retailleau ou au nom aussi de la droite dont vous êtes l'un des leaders vous avez présidé pendant longtemps le groupe Les Républicains au Sénat Laurent Wauquiez lui estime qu'il y a je cite trop de flou que la participation des Républicains au gouvernement de François Bayrou n'est pas acquise est-ce qu'il parle au nom de la droite est-ce que vous parlez en votre nom quelle est la position est-ce qu'elle est commune

19:17
Bruno Retailleau

je vous dis ce que je dis ce matin je l'exprime de façon commune j'ai eu Laurent Wauquiez hier j'ai eu Mathieu D'Arnaud qui m'a succédé à la présidence du groupe au Sénat j'ai vu longuement aussi Gérard Larcher ce que je vous dis aujourd'hui nous le disons du même voie pour l'instant les conditions ne sont pas réunies et donc on essaiera de voir dans les jours prochains si un certain nombre d'obstacles sont levés parce qu'il est évident que si ce gouvernement part à gauche alors que une majorité des Français sont de droite et qu'en plus les Français qui votent à gauche sont moins à gauche sur les questions d'autorité que je représente et de fermeté sont beaucoup moins à gauche que leurs propres députés donc ça serait un incomple que le gouvernement tire à gauche alors que la France elle est à droite

20:01
Présentateur

J'ai encore deux questions Bruno Retailleau sur la question de la menace terroriste mais un mot quand même sur le fait que vous vous étiez à Mayotte que pendant ce temps-là François Bayrou il lui a été beaucoup reproché d'avoir fait le choix d'aller au conseil municipal de Pau est-ce qu'il n'était pas à contre-temps ?

20:16
Bruno Retailleau

Alors j'ai vécu cette polémique très franchement de façon un peu surréaliste puisque j'étais moi donc en préfecture sur place et on avait la cellule de crise qui était présidée par le président de la République il y avait autour de la table 12 ou 13 ministres et j'ai vu moi le premier ministre qui était aussi en visio depuis Pau mais peu importe et ça ne nous a absolument pas empêché de prendre les bonnes décisions très franchement j'ai trouvé un peu surréaliste il y a peut-être et sans doute une portée symbolique mais en tout cas ça n'a pas empêché l'action de l'État de se déployer et croyez-moi c'est ce que je veux dire c'est que je suis ministre dans un ministère du régalien régalien ça veut dire l'État croyez-moi c'est dans ces conditions-là où tout s'effondre s'écroule qu'on voit bien que l'État se tient debout et l'État est le recours l'État est le seul recours à Mayotte

21:03
Présentateur

un mot parce qu'avant que vous ne partiez à Mayotte il y avait la question de la Syrie avec un certain nombre de nos voisins l'Allemagne l'Autriche le Danemark la Grande-Bretagne qui ont décidé de suspendre le traitement des demandes d'asile des Syriens vous l'envisagiez est-ce que vous le ferez ?

21:20
Bruno Retailleau

ah non mais c'est déjà le cas l'OFPRA puisque nous avons tout gelé l'OFPRA nous avons tout gelé bien sûr l'OFPRA dans ces conditions-là bah oui parce que imaginez-vous que des bourreaux c'est pas cher à la salle réclament veuillent se replier en France réclament un droit d'asile donc non non il est hors de question l'OFPRA a pris ses décisions comme une douzaine d'autres pays européens

21:39
Présentateur

c'est donc gelé est-ce que vous estimez la menace terroriste aujourd'hui particulièrement élevée ?

21:46
Bruno Retailleau

pour l'instant nos services qui s'occupent du contre-espionnage notamment la DGSI mais aussi la DGSE pour l'extérieur n'estiment pas que la menace est augmentée de ce point de vue-là mais nous sommes là encore très très très vigilants je veux regarder aussi la menace migratoire où des individus si jamais elle advenait pourraient se mêler c'est ce qui s'était passé en 2015 vous vous souvenez malheureusement avec les attentats notamment de Paris donc aujourd'hui on est très très prudent et je pense que beaucoup de pays européens partagent notre politique

22:17
Présentateur

grande prudence un mot sur nos accords avec l'Algérie parce que ça fait un mois que l'écrivain Boalem Sansal qui est franco-algérien est toujours retenu en Algérie l'Algérie qui a refusé d'accorder un visa à son avocat qui ne peut donc pas défendre Boalem Sansal est-ce qu'il faut de notre côté que l'on continue à accepter les visas est-ce que les échanges doivent perdurer comme si de rien n'était alors qu'on a cette rétention

22:40
Bruno Retailleau

si vous me posez la question vous savez à qui vous la posez et vous en connaissez sans doute la réponse je suis partisan d'une politique de fermeté simplement il se trouve que quelques jours avant qu'il ne soit enlevé je correspondais par SMS avec Boalem pour convenir d'une date d'un déjeuner ou d'un dîner donc c'est quelque chose qui me touche dès le départ j'ai pris le contact la tâche du président de la République et je pense que la France fait le maximum simplement dans ces cas-là c'est la discrétion qui est la plus efficace donc je serai très très discret mais je suis partisan dans la majorité des cas et avec l'ensemble des pays d'une politique de fermeté et c'est la réciprocité où les pays coopèrent avec nous et alors on peut octroyer les visas mais quand il n'y a pas coopération moi je suis pour un blocage et de façon très nette il y a un accord aussi très particulier très dérogatoire de décembre 1968

23:29
Présentateur

trop dérogatoire

23:30
Bruno Retailleau

bien sûr beaucoup trop dérogatoire qui pouvait correspondre à ce moment-là du temps du général de Gaulle qui ne correspond plus aujourd'hui à rien du tout mais encore une fois c'est cette idée de la réciprocité et j'espère que la relation entre l'Algérie et la France permettra de stabiliser les choses mais je souhaite que Boalem sans salle puisse nous revenir très rapidement si tel n'était pas le cas je pense que la France serait en mesure de déployer un certain nombre de réponses

23:58
Présentateur

Merci Bruno Retailleau ministre de l'Intérieur ministre démissionnaire donc d'avoir choisi RMC et BFM TV ce matin il est 8h53 Merci Bruno Retailleau

Face à Face : Bruno Retailleau - 18/12 — Bruno Retailleau · Pourquijevote