DÉCONFINEMENT DU 11 MAI : LE GRAND N'IMPORTE QUOI
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Chapitres
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- 3:00animateurFait
« Monsieur le président, c'est vrai ce mensonge ? Parce que quand même, les 1er mai jusqu'ici, ça ne vous avait pas trop réussi… »
- 3:30animateurChiffre
« On nous dit qu'on fait actuellement 250 000 tests par semaine alors qu'on sait que c'est plutôt 120 à 140 000. »
- 4:00animateurChiffre
« On nous dit qu'on va en faire 700 000 à partir du 11 mai alors que c'est impossible. »
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Salut à toutes et à tous. Nous sommes le 4 mai 2020, 49e jour du confinement en France, et 7e jour avant le début du déconfinement façon Macron-Philippe. Vous regardez le troisième épisode de notre module d’actu “L’info confinée”.
Aujourd’hui, nous allons revenir sur le drôle de 1er mai que nous avons vécu. Nous allons parler de ces travailleurs à qui une énorme charge mentale est imposée avec un déconfinement dont le maître-mot semble être : refiler à d’autres la patate chaude. Nous allons aussi parler de la grande distribution, dont les patrons sont accusés d’être des profiteurs de guerre, et des dernières accusations des Etats-Unis contre la Chine, qui nous rappellent furieusement les justifications de l’invasion de l’Irak… C’est parti !
Ce 1er mai, en France, il n’y a donc pas eu de manif et de cortèges à l’occasion de la journée internationale des travailleurs… Mais en revanche, il y a eu Emmanuel Macron à la télé. Et notre bien-aimé président a joué le rôle du gars trop désolé que les traditions aient été sacrifiées. Et il nous a parlé de sa folle espérance… Avec cette volonté forte : retrouver, dès que possible, les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre nation.
Monsieur le président, c’est vrai ce mensonge ? Parce que quand même, les 1er mai jusqu’ici, ça ne vous avait pas trop réussi… Rappelons-nous du 1er mai 2018, de ses violences policières, et du Rambo de la place de la Contrescarpe, alias Alexandre Benalla. Regardez ça comment il le matraque.
C’est un malade. C’était quand même le commencement des embrouilles pour vous, non ? Souvenons-nous du 1er mai 2019, de ses violences policières, de ses interpellations massives et de la vraie-fausse attaque de l’hôpital de La Pitié Salpêtrière… Des gens ont attaqué un hôpital.
Des infirmières ont dû préserver le service de réanimation. Nos forces de l’ordre sont immédiatement intervenues pour au fond pour sauver le service de réanimation. Si les manifestants sont entrés dans l’enceinte de l’hôpital, ce n’était pas pour l’attaquer de leur volonté, mais plutôt pour fuir les gaz lacrymogènes et une tension qui était alors très forte dans le cortège du 1er mai à Paris...
Monsieur Castaner ne peut pas rester. Il doit démissionner. Il n’est pas digne de sa fonction.
Il ne se comporte pas en homme d’Etat. Il a instrumentalisé sciemment la presse dans cette affaire. Donc il doit partir sans délai… Monsieur le Président, avouez que vous êtes peinard cette année, même si vous redoutez tous les énervés qui vont bientôt déconfiner leur colère… Bon déjà le mec il nous parle de solidarité.
Depuis quand Macron il est solidaire avec les travailleurs ? C’est lui qui voulait faire passer la réforme des retraites, loi travail XXL et là maintenant avec son état d’urgence sanitaire on nous matraque on nous réprime. C’est un confinement autoritaire.
On a des plans de sauvetage de 100 milliards d’euros pour les entreprises et on n’a rien pour les travailleurs qui sont en première ligne. C’est ta solidarité et ton gouvernement qui votent des ordonnances où on nous dit qu’on va pouvoir travailler plus de 60 heures par semaine, où on nous dit qu’on va réduire les congés payés et après il vient nous parler de solidarité avec les travailleurs en ce 1er mai. Et viens pas nous parler non plus de jours heureux et chamailleurs en fait.
Parce que le 1er mai, c’est un jour de lutte, c’est pas un jour de fête. C’est vrai qu’à une semaine du déconfinement, les travailleuses et les travailleurs ont des raisons d’être énervés. On a l’impression que rien n’est prêt pour le 11 mai, que tout le monde sait qu’on va dans le mur, et qu’on y va quand même parce que le chef a parlé, et qu’il ne faut pas le contrarier.
On savait que le Conseil scientifique et une flopée d’experts n’étaient pas chauds du tout. Désormais, ce sont les biologistes qui expriment leur scepticisme. On a des interrogations, voire des inquiétudes, justement sur les réactifs et les écouvillons.
Il faut aussi suffisamment de personnes capables d'effectuer des prélèvements. Un geste technique. Mal réalisé, il peut générer de mauvais diagnostics.
Le professeur Froguel, en service au CHU de Lille et au prestigieux Imperial College de Londres, lui, y va franco, et ce qu’il dit est inquiétant. Dans l'histoire des tests, tout le monde ment. Des directeurs d'hôpitaux à Emmanuel Macron en passant par la Direction générale de la Santé ou Olivier Véran.
On nous dit qu'on fait actuellement 250 000 tests par semaine alors qu'on sait que c'est plutôt 120 à 140 000. On nous dit qu'on va en faire 700 000 à partir du 11 mai alors que c'est impossible. Au CHU de Lille, la communication nous dit par exemple qu'ils devaient faire 2800 tests par jour.
En fait, ils n'en font que 400. En ce moment, le nombre de tests effectués a même tendance à baisser par exemple dans les Hauts-de-France. Et puis, il y a aussi 300 maires, dont Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui veulent renvoyer sa patate chaude à l’expéditeur.
Selon eux, le 11 mai, c’est une date “intenable” et “irréaliste” pour le retour à l’école. Les enseignants sont forcément inquiets. Et ils le disent.
Lisons ensemble ce témoignage recueilli par le média engagé Cerveaux Non Disponibles. Je suis enseignante remplaçante dans une classe de Grande Section / CP et je viens de lire les 63 pages du protocole sanitaire pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires. Je vous ai fait une petite compilation pour que vous vous rendiez compte, parents en particulier, des conditions dans lesquelles vos enfants vont être accueillis à l'école à la reprise.
Malgré toute la bonne volonté des enseignants et personnels les mesures seront quasi inapplicables, sachez-le. Les apprentissages, si nous parvenons à trouver un peu de temps à y consacrer, seront infimes et certainement moindres à que ??? ce que vous faites déjà à la maison.
Mais c'est secondaire. Le plus inquiétant à mon sens c'est les conditions anxiogènes dans lesquelles vont devoir évoluer les enfants. Ne pas se toucher, ne pas interagir...
Quid de l'enfant de maternelle qui, trop content de revoir son copain ou sa maîtresse voudra lui faire un câlin ? Quid de l'enfant qui, inquiet de cette situation aura un chagrin et pleurera ? Croyez vous que nous pourrons les repousser ?
Et si jamais l'un d'entre eux tombe malade malgré tout, qui sera responsable ? J'en ai les larmes aux yeux. Le 11 mai je reprendrai le chemin de l'école mais mes filles resteront à la maison.
Dans le secteur des transports publics, c’est la même petite musique qui se fait entendre. Mais on peut tout de même se réjouir que les patrons des sociétés concernées aient pris leur courage à deux mains pour dire les vérités qui dérangent. Ils expliquent, en gros, dans une lettre à Edouard Philippe, que les mesures de distanciation sociale limiteront les capacités de leurs entreprises, alors même que le gouvernement appelle à la reprise économique.
Il risque d’y avoir des tensions, et il faudrait mobiliser les forces de l’ordre. Et de toute façon, ces tensions conduiraient forcément à des suspensions d’exploitation. Emmanuel Macron et son gouvernement ont recours de manière systématique au vocabulaire martial pour qualifier la pandémie que nous vivons.
Du coup, est-ce qu’on peut affirmer que les patrons français de la grande distribution sont des “profiteurs de guerre” ? C’est la polémique du moment. Les professionnels de santé accusent la grande distribution d’avoir constitué des “stocks cachés” de masques en prévision du déconfinement.
Tout est parti de fanfaronnades des grandes enseignes. Carrefour a annoncé pouvoir distribuer 225 millions de masques, et Leclerc 170 millions. Depuis, ils ont été menacés de poursuites judiciaires par Renaud Muselier, le président LR de la région PACA.
Désormais, ils disent les avoir sécurisés, ne pas en disposer physiquement. Mais on s’imagine bien que dans les chaînes logistiques internationales, les capacités des centrales d’achat de grosses entreprises à rayonnement mondial sont plus grandes que celles des groupements de pharmaciens ou même de l’Etat. Pendant le confinement, c’était la guerre entre les Etats pour contrôler les stocks de matériels médicaux, maintenant c’est la guerre entre les entreprises.
Et le plus fort gagne. Surtout s’il y met le prix. Les tarifs pratiqués par la grande distribution sont exorbitants, 10 fois plus chers que ceux pratiqués avant la crise, indique par exemple un journaliste de 60 millions de consommateurs.
Alors, profiteurs de guerre ou pas ? Il faut rappeler que c’est le gouvernement qui a autorisé toutes ces importations, et qu’il peut toujours faire valoir son droit de réquisition et pratiquer des prix administrés. S’il ne le fait pas, c’est qu’il ne le souhaite pas.
Pour terminer, une info internationale avec les Etats-Unis qui affirment que le coronavirus provient d’un laboratoire de Wuhan en Chine. Donald Trump, qui a longtemps négligé la menace, semble avoir trouvé un nouveau “grand Satan” à l’étranger pour faire diversion. Et il veut faire payer des taxes punitives aux Chinois.
Jusqu’ici en retrait, son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, est rentré dans la danse et indique avoir des “preuves immenses” à ce sujet. Quand il le dit, on pense forcément à d’autres preuves immenses, au sujet des armes de destruction massive en Irak. Surtout quand il dit une chose et son contraire en moins d’une minute.
Ecoutez. Ecoutez la suite. On est d’accord.
Après avoir dit que le coronavirus était une création humaine, il affirme qu’il est d’accord avec les scientifiques qui indiquent le contraire… Si vous y comprenez quelque chose, écrivez-le en commentaire. Pour être informés de nos prochaines émissions, abonnez-vous pour ceux qui ne le sont pas, et activez la clochette pour ceux qui le sont déjà. N’oubliez pas de mettre des petits pouces bleus...
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