Lycéens, dette, carburants, agriculteurs : Sebastien Lecornu cerné par les crises
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 17 %Attaque 42 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 45 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:29OuverteÉludée
Sébastien Lecornu est-il pour les quelques mois qui lui restent à subir les crises qui se superposent ?
- 1:50OuverteRéponse partielle
Je ne suis pas sûr que cette crise-là lui soit fatale, parce que j'ai l'impression que le mouvement est sur un plateau.
- 4:01OuverteRéponse partielle
Comment analysez-vous ce mouvement lié aux lycéens ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
Est-il légitime au regard de certaines vidéos de collèges ou de lycées complètement dégradés ?
- 8:31OuverteRéponse partielle
Regarder le sondage pour Odoxa et Backbone Consulting : 63% estiment que le mouvement est justifié, 80% ne comprennent pas les violences.
- 9:21OuverteRéponse partielle
À qui profite cette crise des lycéens ? Jean-Luc Mélenchon 53%, Marine Le Pen 46%.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:29InvitéChiffre
« Il y a pas mal de bâtiments qui sont un peu indignes. Je crois que ça se chiffre à 10% à peu près. »
- 7:56InvitéFait
« Sur le bâti, ça prend des années et des millions pour rejoindre la question budgétaire. »
- 8:42PrésentateurChiffre
« Les Français et le mouvement des lycéens, donc 63% estiment qu'il est justifié. »
- 8:59PrésentateurChiffre
« 69% pour une partie des Français, 69% ce sont les lycéens. 68% la France insoumise et 66% le gouvernement. »
- 25:00Locuteur non identifiéFait
« Le Premier ministre n'a fait absolument aucune annonce, rien qui permet de répondre aux revendications dont il dit lui-même dans son intervention qu'il s'agit de revendications légitimes. »
Temps de parole
- Présentateur24 %
- Invité24 %
- Invité 224 %
- Invité 319 %
- ?7 %
≈ 38,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C
'est l'heure du magazine politique et bienvenue à vous. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, voulait hier soir calmer la rue. Mais comment éteindre un incendie quand on n'a plus les moyens d'ouvrir des vannes
?
Lycéens qui manifestent des carburants, qui flambent des Français qui comptent chaque euro. Le mécontentement est total et s'installe. Et Matignon n'a rien de concret à proposer. Et dans cette brèche, la France insoumise s'engouffre. Le pouvoir accuse LFI d'attiser la révolte. La bataille est tout autant politique que sociale, qui parle au nom de la colère. Et qui peut réellement y répondre ? Mais une certitude demeure, le gouvernement ne peut pas indéfiniment demander le calme quand il n'a pas les moyens de satisfaire les attentes. On en parle avec nos invités sur ce plateau. Carole Barjan, éditorialiste à la Revue Politique et parlementaire. Bonsoir à vous et merci d'être là.
Vous êtes spécialiste aussi de l'éducation, enfin dans vos nombreuses cartes en main. Laurent Joffrin, bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes directeur du Libre Journal. Merci à vous d'être avec nous. Véronique Reissoult, présidente de Backbone Consulting et spécialiste des réseaux sociaux. Merci d'être avec nous. Bonsoir. Donc Sébastien Lecornu, est-il pour les quelques mois qui lui restent à subir, les crises qui se superposent ? Est-ce qu'il est là, dans le fond, pour les constater, les voir passer, mais ne donner aucune, absolument, aucune satisfaction à personne, Laurent
? Je
ne
suis
pas sûr que cette crise-là lui soit fatale, parce que j
'ai
l'impression que le mouvement est sur un plateau.
Une grande descendante
? Je ne sais pas, je n
'ai
pas les chiffres de fréquentation des manifs aujourd'hui. Oui, on a l'impression que c'est moins. Mais je crois que ça se calme.
Enfin,
à
partir de là, il
suffit d'attendre, ils vont se lasser, forcément. Et du coup, financièrement, politiquement, je ne
sais
pas, mais financièrement, la tactique aura été payante.
Ils
ont reculé le moment où il fallait parler vraiment de combien on met et comment est-ce qu'on pallie les graves défauts qu'on a constatés dans beaucoup d'établissements. Et donc là, il s'en sort, parce qu'il est coincé, parce que si jamais il lâche beaucoup d'argent, immédiatement, il y
a
une sanction financière nationale, c'est-à-dire le taux d'intérêt de la dette va encore monter, il est déjà très haut. Donc, ils essayent de passer entre les gouttes, de résister mollement. Mais à mon avis, ils ont fait une erreur, il faudrait faire une enquête sérieuse, mais je crois que le maintien de l'ordre au départ du mouvement a été une erreur. Ils ont essayé d'étouffer ça tout de suite,
en
envoyant immédiatement les policiers charger les lycéens qui bloquaient, en se disant,
on
va éteindre l'incendie au début.
Mais
en fait, ils l'ont provoqué, parce qu'une fois qu'il y a des brutalités, ça se répand par les réseaux et il y a immédiatement un
mouvement. Ils savent
ça, enfin, je veux dire, ils ne découvrent pas
l'ordre.
C'est facile à dire quand on n'est pas spécialiste du maintien de l'ordre, ce qui est mon cas. Mais il me semble qu'il y
a
un problème, qu'ils ont dû commettre son erreur au départ.
Il y a
une histoire de doctrine, quand même. On se souvient de la fameuse doctrine Grimaud. Enfin, moi, j'étais encore dans mes couches. Mais en 68, il n
'y
a pas eu de mort.
Non, il
n
'y a eu de mort, mais
c'était des accidents.
C'était justement le non-affrontement avec la jeunesse.
Enfin, il y a eu des affrontements violents, mais il n
'y a
pas eu de mort. Il y a eu une retenue qui a été réalisée sur ordre du préfet Grimaud. À l'époque, les manifestants le conspèrent en permanence. Puis après, une fois qu'on a fait l'histoire du mouvement, on s'est aperçu qu'il a sauvé la mise à beaucoup de gens.
Carole, aujourd'hui, comment vous analysez, vous, ce mouvement lié C1 ? Et dans le fond, une question qu'on a envie de vous poser, c'est est-il légitime au regard, effectivement, de certaines vidéos de collèges ou de lycées complètement dégradées ? Et d'un autre côté, on retrouve toujours cette idée des inégalités.
Quand
on va à Louis-le-Grand ou à Henri IV, ce n
'est
pas la même histoire. Donc, il
y
a quand même un sujet d'inégalités, toujours, dans l'éducation, ce qui vient mordre à chaque fois sur le sujet. Les inégalités dans l'éducation nationale sont profondes.
Oui. Bon, d'abord, les revendications. Oui, il
y a
plusieurs questions. On a toujours le droit d'avoir des revendications. Donc, c'est légitime d'avoir des revendications. Encore faut-il que le gouvernement commence peut-être par les écouter, et, comme a
dit
Laurent, ne pas commencer tout de suite à surjouer les forces de l'ordre contre les casseurs. Ensuite, elles sont pour partie légitimes, parce que c'est vrai qu'il
y
a pas mal de bâtiments qui sont un peu indignes. Je crois que ça se chiffre à 10% à peu près. Mais enfin, ce qui n'est pas légitime, c'est la violence. Et donc, brûler le lycée de Nantes, qui avait 10 ans d'existence, qui était pratiquement flambant neuf, non, ça, ça n'est pas légitime. Ensuite, sur la question
des
inégalités, c'est très compliqué. C'est très compliqué, parce qu'en réalité, parmi les revendications des lycéens,
il
y a l'état des constructions du bâti, comme on dit, il y a le non-remplacement des professeurs. Oui, il y a plusieurs sujets. Il y a aussi l'emploi du temps. Un emploi du temps de dingue raconte pas mal de lycéens, de 8h à 18h, qui est une des conséquences de la réforme du bac,
qui
avait été engagée par Jean-Michel Blanquer, enfin mise en œuvre même, par Jean-Michel Blanquer. Et puis, il
y
a Parcoursup. Donc, il y
a
beaucoup de revendications. Ah ben, il y en a quand même pas mal, oui, ça en fait déjà au moins 4. 10. Bon. Et Parcoursup, ce qu'on reproche à Parcoursup, c'est d'être opaque. C'est-à-dire que les élèves qui postulent dans certaines universités, dans certaines filières, quand ils sont refusés, on ne leur dit pas pourquoi. Ça, c'est une première chose. Et la chose qui précède, d'ailleurs, c'est que les universités ne disent pas
précisément
et ouvertement quels sont les critères
de
sélection qu'ils appliquent. Donc, en fait, les apprentis étudiants, si j'ose dire, sont un peu dans le noir. Donc, ça, c'est une des revendications, à mon avis, majeures. Parce que, peut-être d'ailleurs, la seule revendication sur laquelle le gouvernement pourrait apporter une réponse, en améliorant, de ci, de là, un peu les modalités de Parcoursup, en introduisant plus de transparence dans les critères. parce que sur le reste, très honnêtement, on voit bien que sur le bâti, ça prend des années et des millions pour rejoindre la question budgétaire. Sur les remplacements de
profs,
c'est très compliqué parce qu'il n'y a déjà pas suffisamment de candidats au poste de professeur. Et vous avez déjà des professeurs remplaçants qui sont déjà titularisés comme professeurs à plein temps. Donc, ça, ça ne va pas pouvoir être réglé très vite. Le seul truc sur lequel ils peuvent agir, c'est sans doute Parcoursup. D'accord.
De toute façon,
on
va revenir. Mais je voudrais, avec vous, Véronique Ressoult, regarder le sondage pour Odoxa et Backbone Consulting pour le Figaro. Les Français et le mouvement des lycéens, donc 63% estiment qu'il est justifié. 80% ne comprennent pas les violences. Ensuite, alors voilà, ça c'est la première chose. La deuxième question, la responsabilité des violences. 69%
pour
une partie des Français, 69% ce sont les lycéens. 68% la France insoumise et 66% le gouvernement. Et 58%
estiment que les
forces de l'ordre ne sont pas responsables.
Ça fait 200% ça.
Voilà. Question numéro 3. Quel candidat tire profit de la crise des lycéens ? Jean-Luc Mélenchon, 53%. Marine Le Pen, 46%. Donc peut-être nous expliquer ce sondage et ce paradoxe, parce qu'une partie des Français, 63%, estiment que ce mouvement est justifié. Mais enfin, la responsabilité, il leur impute les violences à 69%. Ce qui est intéressant,
c'est que ça n
'a
pas bougé en une semaine. C'était déjà 63%. On aurait pu imaginer que les violences et l'ensemble des images qui ont été partagées auraient pu faire descendre le soutien ou en tout cas la compréhension que l'on a de la révolte des lycéens. 63% c'est beaucoup. 73% quand
on
est sur les moins de 33 ans. Mais globalement, on voit bien que la population française comprend. Comprend pour plein de raisons. La première des revendications, c'est Parcoursup, c'est celle qui est le plus partagée par l'ensemble des lycéens et qui est partagée aussi par les parents et qui est partagée également par les enseignants et qui donc explique pourquoi est-ce qu'on comprend. Ensuite, l'état d'élabrement des lycées, les complexités des emplois du temps, le manque de professeurs. Les Français comprennent très bien les revendications.
Là où ils sont à peu près unanimes, c'est sur la notion de violence qui n'était pas aussi forte la semaine dernière parce qu'il y avait une forme de confusion, justement parce que la façon dont la police avait pu gérer les premiers conflits,
il
y avait une espèce de mélange des genres. Là, cette semaine, c'est très clair pour les uns et les autres. Ils expliquent qu'à 80%, on ne peut en aucun cas accepter des violences. Donc ça veut dire qu'on peut comprendre qu'ils manifestent. Quand ils manifestent de façon pacifique, tout va bien. Les violences, quelles qu'elles soient, sont inacceptables et sont mal perçues. C'est intéressant de voir que la police, qui était très largement pointée, ne l'est plus du tout. En tout cas, ce n
'est
pas eux qui sont jugés comme responsables. On ne
dit
pas qu'ils ne sont pas par moments violents, mais ils ne sont pas responsables de la violence. Les lycéens, on leur impute parce qu'il y a eu beaucoup d'images qui montraient ce point-là. Après savoir si,
pour
répondre à la question de « est-ce que ça va se calmer ? », il y a quand même une réalité, c'est quand vous êtes très en colère et qu'on ne vous parle pas du tout, c'est assez rare que ça vous calme. Et globalement, ils sont tous plutôt avec une envie de manifestation plutôt joyeuse.
C
'était le cas hier,
je
ne
sais
pas si vous avez vu les images, mais il y avait plein d'endroits où ça se passait de façon
plutôt
calme, dans les chants. En Corse, on chantait
des
chants en Corse. En Bretagne, on dansait des danses bretonnes. Bref, il y avait quelque chose de plutôt sympathique. Mais pour autant, les revendications sont très claires. Ils ont compris qu'il va falloir s'organiser. Donc ça laisse la place à certains syndicats d'essayer de faire en sorte que les choses s'organisent un peu plus. Ils ont juste compris une chose, c'est qu'en fait, s'ils font beaucoup de bruit... Alors après, comment on fait du bruit ? Est
-ce
qu
'on
fait du bruit avec des violences ou est
-ce
qu'on fait du bruit avec des chansons et de la musique ? Mais si on ne fait pas de bruit, on ne nous écoutera pas. Et en gros, si on résume, parce qu'il y avait à peu près 3 millions de messages, donc c'est des résumés en une phrase très compliquée, mais globalement, ils ont l'impression que comme ils ne votent pas,
pour
beaucoup, leur voix ne compte pas vraiment. Dans ce que l'on pouvait le plus lire,
c
'est qu'en fait, il n
'y a
pas de programme pour les jeunes. Il n
'y
a pas de présidentielle... Enfin, dans la présidentielle, il n'y a pas vraiment de programme pour les jeunes. En revanche, des programmes pour les vieux, il y en a pléthore. Et globalement, ils disent qu'on nous parle beaucoup de retraite, on nous parle beaucoup d'IA qui va nous remplacer, on nous parle de plein de choses très anxiogènes, mais on ne nous apporte pas particulièrement de solutions. En revanche, on s'attache bien à tous les problèmes qui touchent plutôt... Alors moi, je vais dire les seniors plutôt que les vieux, mais eux, ils nous traitent de vieux, en disant que
c
'est la retraite, c'est les problèmes de santé, enfin voilà, même s'ils sont concernés pour les problèmes de santé. Donc on voit bien qu'il y a quelque chose qui grippe un peu. Et si on devait résumer, et ça revient un peu à ce que vous disiez, Carole, c'est qu'en fait, ils ont presque tous un ticket de sortie, parce que le bac est avec un taux de réussite qui est assez fort, ou vous avez un brevet, donc vous avez un ticket de sortie, mais vous n'avez pas de ticket d'entrée. C'est-à
-dire, en
gros, Parcoursup ne
vous
dit pas clairement pourquoi vous n'avez pas accepté, vous n'avez pas facilement un boulot en sortant, vous ne savez pas trop, d'ailleurs, comment vous devez vous positionner. Donc ce sentiment-là, il est très fort. Donc en fait, ça donne un sentiment d'urgence qui est, mais je vais faire quoi, moi, maintenant, de ma vie ? Alors,
oui, vous disiez, si on regarde votre sondage, effectivement, à qui profite cette crise des lycéens ? Donc Jean-Luc Mélenchon, 53%, Marine Le Pen, 46%. Laurent, quand même, sur pourquoi... Pourquoi ces deux-là ?
Pourquoi quoi
?
Non,
non,
mais pourquoi Mélenchon attire les jeunes ? Pourquoi Mélenchon,
il est audible ? Dans les classes d'âge de 18
-24, il est à 45% ? C'est pour ça que les gens disent, et les filles manipulent le mouvement. Pas du tout. C
'est vrai,
en ce sens que les leaders syndicaux lycéens qui se présentent comme apolitiques, ils sont tous proches de les filles.
Il ne
faut pas non plus prendre les gens pour des idiots. De la même manière qu'au moment
du
mouvement de Vaquay, tous les leaders connus étaient en fait socialistes. On ne le disait pas, mais c'était un fait. Et donc là, c'est vrai que les filles sont dans le mouvement. Mais ça ne suffit pas, parce que les groupuscules d'extrême-gauche, il y en a toujours eu dans le milieu étudiant et lycéen.
Et
tous les ans, ils disent, il faut faire un grand mouvement.
Ça
ne marche jamais, en général.
Et quand ça marche,
ça veut dire qu
'il
y a d'autres raisons. Et il y a des vraies raisons. En l'occurrence, il y
a
des vraies raisons. Moi, je trouve qu'il y
a
un problème dans ce mouvement, dans cette discussion qui s'est instaurée, c'est qu'on ne parle que de moyens. Il
n
'y a pas assez de moyens. Mais vous croyez vraiment que la baisse du niveau, qui est quand même la question clé, est-ce qu'elle est liée seulement au manque de moyens ?
Ou
est-ce qu'elle n
'est
pas liée à des causes plus profondes ? C'est une question, ça. Et qui peut mener à des choses, d'ailleurs, contradictoires.
Parce
que, par exemple, les lycéens disent, oui, mais alors, on a des emplois du temps trop chargés. D'accord ? Donc, il faut les alléger. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la semaine, il y a trop de cours dans une semaine. C'est pour ça que c'est chargé. Ils ne disent pas que l'emploi du temps est trop chargé. Ben si,
ils
disent de
8
à 18 heures, ce n
'est pas possible. Ils disent que
l'amplitude horaire est trop grande et qu'entre deux, ils sont souvent en
nérance. Et donc, en fait,
eux, ils disent se lever à 6 heures du mat' pour...
J'en ai entendu qui
disaient qu'il y avait trop de travail. On
va dire que j'essaie de bassifier. Ils disaient qu'il fallait alléger les
programmes,
etc. Mais si on fait ça,
ce qui est vrai, la vérité, c'est quoi ? C'est que l'année est trop courte et que la semaine est trop longue. Mais si l'année est trop courte, donc il faut qu
'elle
soit plus longue. Et donc, les vacances, il faut en
supprimer.
Mais ça,
ce
n
'est
pas de leur ressort, bien sûr.
Quand on présente des
revendications,
il faut se demander
quelles sont ces... Et même chose, Parcoursup. C'est vrai que c'est une boîte noire, d'accord. Mais avant, on a abandonné le système humain parce que le système humain était engorgé. Et qu'on était venu au tirage au sort pour désigner les endroits.
Mais si
on supprime Parcoursup...
Excusez-moi, je suis obligée de vous interrompre pour voir cette... Ah, excusez-moi, Laurent.
Non, il
n'y a
pas de
mal. C'est l'image de Sophie Adnaud qui va amérir. Voilà. Après 235 jours dans l'espace, à 400 kilomètres de la Terre. Voilà, elle fait son retour sur Terre. Ils sont quatre à rentrer de cette mission. Deux Américains, un Russe et une Française, donc Sophie Adnaud.
Voilà,
elle est en train d'amérir dans l'océan,
au
large de la Californie.
Voilà
l'appareil,
une
fois en mer. Voilà, on voit peut
-être...
Voilà l'amérissage,
je
vous laisse regarder.
Voilà,
l'appareil sera hissé à bord d'un navire spécialisé et les astronautes seront ensuite installés sur des civières pour prévenir les risques de syncope et de chute. En ce
qui concerne
la Française, c'était sa première mission
et c'est la
deuxième Française
de
l'histoire. Allez, Laurent. Le dix-trois de son. Oui,
vous disiez ? Qu'est-ce qu'on voit à droite et à gauche ?
En
bas. On dirait des falaises, mais ce
ne
sont pas des falaises.
Je découvre en même temps que vous cette image.
Tout
ça, c'est
grâce à... Je crois que c'est
l'écran, en fait.
L
'écran...
Ah oui. Tout ça, c'est grâce à Elon
Musk. L'écran de la
NASA.
Vous
voyez, avec...
Et... Bon. On
revient ? Voilà.
Ah
non, non, non. Ok.
On
attend qu'elle amérisse, oui. Voilà, ils sont
à... Ça
a été une mission assez longue.
Une
des plus longues, d'ailleurs. Huit mois.
Si
quelqu'un a envie d'ajouter quelque
chose... Et
voilà.
C
'est fascinant. Pardon ? Que c'est fascinant et que ça fascine et que
c
'est tout d'un coup une espèce de nouvelle positive.
C
'est du bien. Oui.
Ça
va être caché dans les nuages.
Elle
va atterrir dans 30 secondes, apparemment. Amérir, plutôt.
Le
terme serait plus juste, oui. Voilà, donc, amérir dans l'océan Pacifique. Là, c'est au large de la Californie.
Ils
vont être récupérés. Sans doute.
Dans
les minutes qui suivent, l'amérissage.
C
'est encore assez haut.
Vous
n'êtes pas très bavards.
On
manque de compétence.
L
'autre fait.
Oui, on manque de compétence.
Une fois qu'on a dit que c'est beau et que
c
'est émouvant. Que, effectivement, a priori, c'est de la civière.
Je
me souviens que quand
Thomas
Pesquet avait été revenu sur Terre,
elle
expliquait qu'il en perd la masse musculaire.
Ça y est. Ça ne peut pas
marcher comme ça.
Voilà, amérissage, ça y est. Ça y est. Waouh. Ça y est, c'est fait. Voilà, un bateau va venir les récupérer, comme je vous le disais il y
a
quelques instants. Voilà pour cette petite parenthèse. Donc, revenons au plancher des vaches.
Je vous ai coupé
la parole, mon cher Laurence, parce
que
ça ne se fait pas du tout.
Donc,
j'ai profondé...
Non,
non,
mais il n
'y
a pas de mal.
On
parlait du niveau scolaire. Oui, le niveau
scolaire. Est-ce
que c'est lié uniquement à un manque de moyens ou à un défaut d'organisation ? Ou bien un manque de travail ? Je ne
sais
pas. Il devait y avoir des raisons.
On
n'en parle pas, du
coup. Est-ce que c'est qu
'il
suffit
de mettre des milliards et puis tout ira mieux ? Oui,
oui,
oui. Alors, ce n
'est
jamais inutile d'avoir plus de moyens, mais ça ne suffira pas, à mon avis.
Il y a d'autres problèmes.
Et je prends l'autre exemple,
c
'est celui de l'enlever. Parcours sub, c'est horrible, il faut l'enlever. Oui, mais avant, ça se faisait à la main, en quelque sorte. Et alors, ça se faisait tellement mal qu'on avait fini par utiliser le tirage au sort pour désigner
les places pour les étudiants.
Et là, ça pose une autre question, c'est pourquoi est-ce qu'un étudiant sur deux, à peu près, échoue en première année d'université ? Un sur deux ? C
'est
énorme. Alors, pourquoi
?
Et s'il n
'y
a pas de parcours sub, s'il n
'y a
pas de système d'orientation avec des décisions, vous, vous allez là, vous, vous allez là,
mais
comment on s'organise ? Parce que
les
demandes et l'offre ne vont pas correspondre. Il y
a
beaucoup de gens qui vont aller dans telle discipline, il n
'y a
pas assez de place, et donc on va leur dire, ben non, il n
'y a
pas de place. Mais
c'est ce qui se passe. On les inscrit comment ? C'est exactement comme ça.
Oui,
mais
s'il n
'y a
pas de... Vous faites
des
vœux et après,
en fonction des places. Oui, mais c'est sur dossier.
Oui, mais résultat, c'est pour ça qu'il
y a
un sur deux, c'est que vous vous retrouvez quelquefois dans des filières, ben vous aviez mis en vœux d
'un pays, un
truc qui ne vous intéressait pas plus que ça, parce qu'en plus, il
y a
une espèce de mécanique, comme c'est très obscur, les uns et
les autres
sont soi-disant des martingales pour faire en sorte que ce soit le vœu d'eux
qui
passerait en premier, en moment d'indésistement,
enfin
bref, des tas de spéculations sur la réalité des décisions, et certains se retrouvent dans des filières que n'ont pas du tout envie de prendre, quoi. Oui,
mais... Mais non, mais là, il y a quand même un pardon, mais... On va multiplier les bâtiments
pour s'adapter
aux demandes. Non, mais
la question, elle est plutôt en amont de ce Parcoursup,
c'est
comment est-ce qu'on oriente, comment est-ce qu'on explique, comment est-ce qu'on comprend ce que l'on va faire comme études,
enfin,
voilà, donc oui,
vous avez raison, c'est l'ensemble
qui doit... En
fait,
la question qui est posée par Parcoursup, là, qui est sous-jacente, parce que personne n'ose, évidemment, prononcer le vilain mot de sélection, mais la vérité, c'est que Parcoursup est un système de sélection qui ne dit
pas
son nom, en fait. Et après, vous avez plein de postulants qui se retrouvent, voilà, qui ne sont pas admis, qui finissent par l'être, mais dans des filières annexes qu'ils n'avaient pas du tout demandé, parce que, en fait, l'enseignement supérieur est obligé de leur trouver quelque chose. Bon, donc la question, elle est en amont. Et s'il y a tant de postulants pour aussi peu de place, c'est peut-être parce qu'il y a des élèves, et là, je parle bien d'élèves, qui n'ont pas été orientés comme il fallait et orientés suffisamment tôt. Bon, ça, ça fait hurler. Évidemment, une bonne partie des parents, une bonne partie de la gauche, mais c'est quand même une question qu'il faut se poser.
Est-ce qu'il y a suffisamment d'évaluations à l'entrée en sixième, ensuite à l'entrée en seconde, etc. En fait, ça pose toutes ces questions-là.
Maintenant qu'on a fait, effectivement, un peu le diagnostic, enfin, un bout du diagnostic, peut-être, revenir à la politique. Et on va écouter... C
'est une
politique. Bastien Lecornu, hier, le pauvre, qui n'avait rien à dire parce qu'il n'a rien à offrir, en quelque sorte. Donc, on va l'écouter. Et la réaction de Manuel Bompard de La France Insoumise.
Tu
leur dis de... Les temps de dialogue engagés aujourd'hui se poursuivront à partir de demain dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine.
La
plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de
l
'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions.
Elle
nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles.
Je
crois pouvoir dire qu'on a assisté hier
à
une opération d'enfumage XXL, opération d'enfumage XXL sur l'ensemble des sujets. Évidemment, d'abord, sur cette mobilisation lycéenne et étudiante historique, le Premier ministre n'a fait absolument aucune annonce, rien qui permet de répondre aux revendications dont il dit lui-même dans son intervention qu'il s'agit de revendications légitimes.
Alors, Véronique, moi, j
'ai
le sentiment que ce n'est même pas de l'enfumage, c'est de l'impuissance totale. Il le sait, il le sait lui-même. Il a le pouvoir, mais il n
'a
pas les moyens.
Il y a deux données. La première, c'est que ça n
'a
pas été très bien accueilli par les étudiants. Là, on a vu un politique qui expliquait que c'était de
l
'enfumage. Eux, ils l'ont résumé en disant merci pour le numéro vert, ça a bien nous aidé. Donc, voilà. Ensuite, l'autre sujet, c'est que cette idée en France, comme vous venez de le dire, c'est
qu
'est-ce qu'on donne comme argent ? Mais un politique peut parler pour proposer autre chose qu'un sujet pécuniaire. Il peut très bien dire qu'effectivement, le système Parcoursup, ça va mettre longtemps à être revu. J'entends la colère. Nous allons travailler dessus. Il a un calendrier qui fait que même les étudiants énervés peuvent comprendre que ça va prendre du temps de revoir un système global. Mais de savoir qu'on entame un processus, ça peut être intéressant. Et puis, recueillir la parole. Mais ils se sont largement exprimés. Alors oui, il
y
a des étudiants qui s'expriment moins que d'autres. Mais globalement, les faire réagir sur des nouvelles idées, sur des propositions qui ne demandent pas forcément toujours de l'argent, mais plus du temps de l'organisation, de la coordination, ça aurait sans doute eu plus de succès. En tout cas,
pour lui, ça aurait sans doute...
tracier interne, la journée des lycées, je ne
sais
plus...
Comme sujet qu'on a déjà eu au moment du grand débat, si on ne sait pas à quoi sert les consultations, qui arbitrera et comment elles seront étudiées, ça donne l'impression du numéro vert. Donc, en fait, le sujet, il est pour se sortir d'une crise et visiblement, il n'en a pas qu'une. Donc, autant essayer d'éteindre un minimum les braises. C'est déjà de se dire que vous pouvez recueillir des réactions sur des propositions et que tout n'est pas que pécuniaires, même si, bien sûr, c'est un sujet au bout du compte de budget. Mais les lycéens, après, ça renvoie dans ce qu'on pouvait entendre en disant qu'on va faire des efforts budgétaires pour certains sujets et pas pour nous.
Et donc, en fait, si vous voulez sortir de ce débat-là, il faut quand même proposer autre chose et pas simplement une consultation sur une plateforme.
Oui, qui a fait...
Oui, ils cherchent à gagner du temps et à ne rien faire, surtout.
Parce
que dès qu
'ils
veulent faire quelque chose, on va leur demander de l'argent. comme ils n'en ont pas, ils
gagnent
du temps.
Oui, mais c'est
ce que Véronique
disait, il n'y
a
pas forcément toujours une question d'argent. Non, c'est pour
ça... Oui, mais c
'est des réformes de structure. Il faut un débat très précis, complexe,
avec
des spécialistes de l'éducation, avec des gens qui
ont
travaillé la question, avec les lycéens, avec les représentants des lycéens aussi. Mais ça, ça prend des semaines et des semaines.
En plus,
il y a une présidentielle, donc dans les programmes des candidats, il y a des projets. Mais pour gagner du temps, c'est pas mal.
Pourquoi
donc ? Un sujet qui va prendre des semaines et des semaines et qui a gagné du temps ? Ah oui, oui, il pourrait faire ça. Non, mais ce
qu'il aurait pu
faire, c'est embêtant parce que ça donne un point à la France insoumise, c'est de recevoir, lui, solennellement, les délégués. Oui. Pour marquer de la considération, quitte à leur dire qu'on ne peut pas faire grand-chose, mais au moins faire un geste. Ça, ils n
'ont
pas voulu le faire.
Parce qu'il n'aime pas les projecteurs, il n'aime pas se mettre en
avant. Non, je ne crois
pas. C'est parce qu'ils ne veulent qu'ils ne relèvent pas forcément d'une augmentation massive du budget de l'éducation qu'il a dite, c'est qu'ils pouvaient essayer d'améliorer le système du parcours sup. Et ça, ça peut peut-être se faire...
Ça,
ça ne coûte pas d'argent.
Exactement.
Relativement
rapidement.
Voilà. En
tout cas, la transparence des algorithmes, ça,
ça
ne coûte pas d'argent de la partager. Voilà. Après, que ce soit
dangereux, c
'est
possible, mais en tout cas, ça ne coûte pas d
'argent.
Je voudrais en revenir sur LFI quand même, parce que le gouvernement attaque frontalement, parce que comme il peut... Voilà, il n'a rien à proposer, il fait de la politique, donc il tape sur LFI. Alors, bien sûr, LFI, on l'a vu, ils assument d'être effectivement dans les cortèges. Et alors maintenant, comme ils sont accusés de mettre de l'huile sur le feu, on voit...
Ce
qu
'ils ont fait.
Oui.
Ce
qu'ils ont fait, oui.
On va me dire les choses clairement. Ce qu'ils ont fait au
début, ils ont changé après. Personne ne
dit assez ça. Ils ont complètement changé et quand ils ont vu l'ampleur
des violences, ils ont dit, oulala,
ça va trop loin. ça va trop loin. C'était ma question. Ils ont dit,
nous voulons des moyens
pacifiques. La veille, ils disaient le contraire.
Quand ils ont vu l'ampleur des violences et qu'ils ont entendu qu'on les en rendait
responsables. Oui, ben... Exactement,
et c'était ma question.
Et maintenant, on les voit, effectivement, avec leur écharpe, faire barrage de leur corps entre... et vous voyez venir.
Et
d'ailleurs, celui qui a réussi de manière incroyable, c'est Bali Bagayoko, le maire de Saint
-Denis.
Les images ont fait le tour du monde. Le tour du monde. Il y a eu déjà le sujet des brassards blancs, des casques blancs protégés, qui étaient plutôt bien accueillis dans le pion public, même si... Mais de dire qu'ils s'interposaient. Ils protègent maintenant.
Ils n'exigent pas.
Et la fameuse image de M. Bali Bagayoko, en fait, elle était assez impressionnante parce qu'il se met en travers, je ne
vais
pas vous le
mire, mais en gros, voilà, et
il protège des millions d'enfants. Donc, évidemment, il y
a
eu... Des millions, peut-être pas. Ah,
mais...
Si, des millions d'enfants sur les réseaux sociaux parce
que
du coup, l'image a fini par déjeuner. Donc là, il sauve la France entière qui pousse. Il arrête des trains. Il fait des trucs incroyables maintenant à ses bras. Mais la réalité, c'est que ça donne une image. D'abord, elle a été partagée dans le monde entier. Donc, ça raconte une histoire de... En fait, les élus sont obligés de protéger les lycéens parce que si vous n'avez pas les sous-titres, vous ne connaissez pas l'histoire, ce qui est le cas quand vous avez une image rapidement partagée sur les télés étrangères.
Donc, il gagne la
bataille du récit, elle est à
la file.
Eh bien, il gagne en tout cas un récit qui est... Ils sont du côté des jeunes. Ils les comprennent, ils les écoutent et ils les protègent contre un gouvernement qui ne sait pas les écouter et qui envoie la police. Voilà. Si on résume, en tout cas, dans la façon
dont le récit était... On se demande ce que font les autres partis, d'ailleurs.
Il y a un parti socialiste, il y
a
un parti communiste, il
y a
un parti
vert. Pourquoi est-ce qu'on ne les voit pas ? Il n'y a que
le RN qui s
'est posé... En tout cas, ça se résume à une
discussion entre RN, Retailleau, d'un côté, il y
a
des violences et de la faute de
Mélenchon
et de l'autre côté, Mélenchon qui dit il y a des violences et de la faute de la police et du gouvernement. Il y a ça. Et puis, il n
'y
a rien d'autre. Apparemment, on s'étonne, les extrêmes progressent. Évidemment, avec ce genre de scène, c'est sûr que les autres ne vont pas se remettre en selle.
Oui,
alors on voyait aussi Louis Boyard, je crois que c'était devant... Je ne
sais
pas si c'était Sciences Po, c'est
un
blocus challenge. Où on le voit discuter avec les policiers. Alors, je vous avais dit que je
ramène ma phrase à
chaque fois avec Mai 68, mais les...
Vous
avez peut-être plus de mémoire que moi, Laurent, j
'ai écrit un livre en 68. Ben
oui. Les jeunes, que ce soit Mendès France ou
Mitterrand,
n'ont pas réussi à cornaquer le mouvement en 68. Corrigez-moi si je me trompe. Qui
n
'a
pas réussi ?
Les
écrans
ne se sont pas laissés
cornaquer par les politiques.
Non, le mouvement était largement spontané, d'ailleurs.
Parce
qu'il a démarré alors que tous les leaders étudiants étaient dans des paniers à Salane.
Donc
il n
'y a
pas eu de mot d'ordre. Ça a démarré le 3 mai 68,
je crois.
Et il y a eu une arrestation massive à la Sorbonne.
Et
ce sont des étudiants non organisés qui ont fait une espèce d'émeute spontanée au nom de libérer nos camarades.
Et
ensuite, trois jours après, il y
a
eu une deuxième manif étudiante, et là, le service d'ordre de la Ligue communiste
qui
n'était pas encore révolutionnaire à l'époque, dans le titre en tout cas, a attaqué la police carrément pour provoquer des violences. Et c'est ça qui a fait
l
'ampleur de l'émotion
qui,
pendant une semaine, il
y
a eu des manifestations pratiquement tous les jours, jusqu'à la dernière du vendredi de Ruguay-Lussac où là,
il
y
a
eu des barricades qui ont été montées
et
ces barricades ont créé une grève générale dans les lycées, d'abord, et ensuite, a déclenché une grève générale des salariés. Et c'est ça l'originalité de 68, c'est qu'il y
a
eu 11 millions
de
grévistes.
Parce
qu'il y a une chose qu'on ne
dit
pas assez aussi, c'est que les lycéens bloquent les lycées.
Mais
en 68, il n
'y avait
pas besoin de bloquer puisque les gens se mettaient en grève tout seuls. Là, le blocage, c'est un aveu de faiblesse. Ça veut
dire
qu'on est minoritaire, qu'on n'arrive pas à mettre le lycée en grève ou en âgé ou je ne
sais
pas quoi,
parce
que les lycéens sont indifférents ou bien ils ne veulent pas entendre parler de ça, ils travaillent. Et donc, on bloque le lycée. Donc, on donne le sentiment que les lycéens sont en grève. Ils ne
sont
pas en grève, ils ne peuvent plus aller étudier. Et en fait, ça se déplace ensuite sur la question des violences et c'est ça qui crée la diffusion de mouvements autant que les revendications initiales. Il y
a
une mécanique comme ça. Mais cette mécanique est difficile à faire aboutir cette fois-ci parce qu'à chaque fois qu'il y
a
eu ce genre de choses de vaquets, enfin, il y a
eu
plein de projets comme ça, le
CPE, il
y avait un projet. Donc, il y avait une cible simple
en
plus qui ne coûtait pas cher sinon l'humiliation du gouvernement mais il fallait retirer le projet.
Et
donc, ça pouvait durer comme ça indéfiniment jusqu'à ce que le gouvernement retire le projet devant l'ampleur des manifestations.
Mais
là, il n
'y a
pas de projet. Il n
'y a
pas de projet à retirer. Sauf à dire on va supprimer le parcours sup.
On
va supprimer le parcours sup.
Ça
fait créer un désordre absolu et ça paraît difficile. Donc là, le mouvement, je crains ou j'espère, peu importe selon les uns ou les autres,
va
s'arrêter parce que
la cible
est lointaine. Il
faut
des
crédits.
Le crédit, c'est dans un budget. il faut réformer le parcours sup. Ça demande des mois de travail, etc. Donc, ça va s'arrêter.
Oui, mais les politiques, j'entendais Marine Tondelier, même LFI le dit, la fameuse convergence des luttes,
même
au Parti communiste. Cette convergence des luttes, voilà, sur le carburant, les agriculteurs.
Là,
il n'y
en
a pas,
franchement.
Même à l'université, il n
'y a pas. Mais
c
'est
ce qu'ils souhaitent. Non, il y
a
plutôt eu une convergence des réponses du côté de le cornu, je dirais. parce qu'en réalité, tout le monde pensait qu'il allait s'exprimer uniquement sur la crise lycéenne hier soir. Et en fait, donc, dans sa...
Matignon avait
dit qu'il
parlerait
aussi de la dette, des cas
de...
Oui, enfin, il était quand même très attendu là-dessus, d'abord. Et puis, finalement, vous avez eu un Premier
ministre
qui a parlé du déblocage de millions de barils pour faire baisser le prix du gasoil, de la crise agricole et de je ne sais plus quoi encore.
En
gros, toutes les crises qui auraient pu se cristalliser. Et
c'est lui qui... C'est un peu lui qui a fait le lien.
Ou plutôt, on s'est dit, en fait, il craint. Par la réponse qu'il a faite hier soir, on s'est dit, en fait, lui, il craint une convergence des
luttes. Je sens que vous avez terriblement envie de parler de la primaire socialiste.
C'est
gentil,
ouais.
C
'était une vraie
envie.
Donnez-nous puisqu'on est un peu nous.
C'est pas
qui
va voter. Il faut que je vous dise ce que disent les gens.
Qu'est-ce que disent les gens, alors ?
Voilà. Rien.
No face. Ils disent rien, c'est-à-dire ?
En fait, d'abord, ça ne concerne pas beaucoup de gens. Ils ont beaucoup commenté pendant les différents débats qu'il
y a
eu. Ça les a intéressés. Alors, ils n'ont pas tous eu le même succès, on va dire. Et puis après, on revenait, on parlait de parcours et de l'obscurité les uns et les autres. C'est quand même très difficile d'imaginer ce qui va sortir. Donc, dans le fond, ils attendent. On verra bien qui sera l'heureux élu. Et puis après, on commencera à discuter. Donc, ils n'en parlent pas tant que ça. Après, il y a des petits lieux sur Reddit où il y a des petites théories du complot comme quoi
les
gens qui sont inscrits ne sont pas du tout ceux qu'on imagine et que c'est pour manipuler.
Ce qui est sans doute... Vrai ou pas, je ne
sais
pas. Non ? Enfin,
je ne sais pas.
Un
sujet où il n'y a pas
de
théorie. Ça n'a jamais
été prouvé qu'il y ait eu des infiltrations comme ça, massives.
Non, mais si tout le monde peut voter, chacun votera. Mais donc, on en parle finalement.
Oui, mais tout le monde peut voter, mais il
faut payer et il faut donner ses coordonnées quand même. C'est un travail.
Ah oui. Donc, Jean-Luc Mélenchon ne pourra pas voter.
Par exemple.
Un mot peut-être, Carole, sur cette primaire socialiste.
Ça
vous emballe ?
Étant
donné la tenue du dernier débat qu'il y a eu sur BFM dimanche dernier et qui était assez consternant, oui, je comprends que les gens s'y intéressent assez moyennement parce qu'ils ont...
Oui,
on verra qui sortira, point.
Non, mais enfin, ils se sont tous empoignés. Bon, c'est le fait d'une primaire, mais il y avait une militante absolument désolée qui disait, mais enfin, vous donnez un spectacle épouvantable. C
'est vrai comme ça.
Mais peut-être que les primaires, ce n
'est
pas un bon système parce que c'est forcément une compétition. Et une compétition, ça peut aussi finir en guerre. donc
c
'est un grand classique.
C
'est le problème. Les critiques qui sont faites aux concurrents, ensuite sont reprises par la droite quand c'est une primaire de gauche ou vice
-versa
pour s'en servir comme d'un gourdin contre le candidat. C'est ça l'effet pervers de la chose. Même Hollande avait eu l'histoire de quand c'est flou, il y a un loup,
ça
lui est resté.
Alors
c
'est sa camarade Martine Aubry qui a dit ça. Et là le stagiaire de
Ségolène
Royal ça risque de rester. Oui
comme le
capitaine de pédalo sur Transport.
Non mais
ça c'était
pas dans une
primaire ça.
Non c'était pas dans une primaire vous avez raison mais c
'est
un peu resté.
Ah mais il
y a
des formules quand elles
sont bien choisies. Jean
-Luc Mélenchon qui avait surnommé comme ça François Hollande et ça lui a collé un petit peu. Tembi aussi.
Il a été élu.
Merci à tous. Merci à Flore Simon d'avoir préparé cette émission et merci à toute l'équipe technique. à très vite.
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