Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 13 juillet 2017 4 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

«NOUS NE VOULONS PAS DE VOTRE MONDE» - Mélenchon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00MélenchonChiffre
    « Dix-huit millions de personnes vont voir leur situation juridique et leurs rapports de subordination dans le travail radicalement modifiés. »
  • 3:00MélenchonFait
    « Nous n’y croyons pas un seul instant. Nous croyons tout le contraire. »
  • 4:00MélenchonFait
    « NOUS NE VOULONS PAS DE VOTRE MONDE. »
  • 5:00MélenchonPromesse
    « Le moment viendra où, en nous choisissant et en nous confiant les responsabilités de l’Etat, vous nous donnerez les moyens d’abroger la totalité de ces ordonnances. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C’est un moment grave et important que nous vivons, et je veux en marquer la solennité en m’exprimant depuis la tribune de notre Assemblée. Je dis aux braves gens qui nous entendent à cette heure qu’un évènement se produit sous leurs yeux, dans la douceur de l’été, sans, peut-être, qu’on s’en rende vraiment compte : l’ordre social républicain va être renversé. Là où, hier, régnait la Loi, et où il était toujours possible de s’entendre, dans la branche ou dans l’entreprise, pour améliorer, dorénavant, la source de la norme sera dans l’entreprise, là où il n’y a pas, selon nous, des rapports libres et égaux comme ils le sont lorsque les citoyens vont pour voter, qu’ils choisissent leurs représentants qui, eux, fixent la loi qui s’applique à tous, partout, de la même manière.

Dix-huit millions de personnes vont voir leur situation juridique et leurs rapports de subordination dans le travail radicalement modifiés. Les institutions du personnel seront moins fortes et, dans le contrat de l’avenir, seule une des deux parties est liée. À juste titre, on a dit ici que le travail, sa nature, son contenu, son objet, allaient connaitre, dans les décennies qui viennent, une profonde mutation.

C’est à nous d’empêcher qu'elle se règle à la manière sauvage, et quand je dis sauvage, je ne parle pas des rapports personnels ; je parle de la brutalité qui résulte de ce mythe de la main invisible du marché, qui serait, au fond, le grand organisateur d’un bon ordre et d’une bonne harmonie. Nous n’y croyons pas un seul instant. Nous croyons tout le contraire.

On l’a dit : dans ce type de circonstances, la force va à la force, et seule la loi protège le faible. Mais quand nous combattons les dispositions qui nous ont été proposées, nous ne défendons pas seulement les protections des salariés, acquises au prix de tant de luttes. C’est une vision du monde que nous portons.

NOUS NE VOULONS PAS DE VOTRE MONDE. Nous ne voulons pas d’un monde dominé par la marchandise, où produire n’importe quoi, n’importe comment, du moment que ça se vend, est la norme de vie de la société. Nous voulons une société dans laquelle le collectif délibère, parce que, dans tout ce qui est entrepris par l’activité humaine, il est temps, dorénavant, d’introduire une raison supérieure, celle de l’intérêt général de l’humanité, directement mis en cause par notre façon de produire et d’agir.

C’est pourquoi, au terme d’un si long débat, c’est le moment de vous dire que, jusqu’à l’heure à laquelle vous aurez promulgué les ordonnances, et ensuite encore, nous ne serons pas seulement une opposition mais une alternative. Et nous disons d’ores et déjà à tous ceux qui nous entendent : Le moment viendra où, en nous choisissant et en nous confiant les responsabilités de l’Etat, vous nous donnerez les moyens d’abroger la totalité de ces ordonnances. D’ici là, braves gens, écoutez !

Souvenez-vous du message du jeune La Boétie, dénonçant les conditions de notre servitude volontaire. Oui, souvenez-vous : « Ils ne sont forts que si nous nous laissons faire. » Et c’est pourquoi, m’exprimant au nom de tous ceux qui nous ont conduits jusque sur ces bancs, je vous appelle à la lutte.

Les gens, pensez à ceux qui vous ont fait la vie que nous avons ! Soyez à la hauteur et l’honneur de ceux qui nous ont acquis, au fil des luttes, de cent ans de luttes et même plus, les protections qui vous étaient acquises jusqu’à cette heure ! Braves gens, ne le supportez pas !

Organisez-vous ! Révoltez-vous ! Faites en sorte que ce gouvernement, saisi par la force de votre seule mobilisation, hésite et, pour finir, recule !

«NOUS NE VOULONS PAS DE VOTRE MONDE» - Mélenchon — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote