Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 15 septembre 2025 21 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesDéfense

Christophe Gomart : « Si Emmanuel Macron était un véritable homme d’État, il démissionnerait »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce matin vous redites la même chose ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous, si vous aviez été député, vous auriez signé cette destitution ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que c'est la bonne personne au bon endroit en cette période ?

  • 2:58RelanceRéponse directe

    Mais quelle est votre position à vous ? Il faut lui tendre la main, ou c'est important d'imposer certaines lignes rouges et de ne pas en bouger ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Mais ça, c'est un chantier qu'on ouvre maintenant ou on attend 2027 ?

  • 5:03OuverteRéponse directe

    Quand vous avez lu hier la feuille de route de Sébastien Lecornu, vous dites les LR ont leur place au gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « on est dans une période d'instabilité totale et cette période d'instabilité n'est pas bonne pour la France »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « Le chef d'État dans notre Constitution est vraiment la clé de voûte de nos institutions. »
  • 3:26Invité politiqueChiffre
    « les retraites sont gigantesques. En réalité, c'est plus de 50% du poids de la dette. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « si on ne travaille pas plus, si on ne trouve pas un autre système de retraite, peut-être un peu par capitalisation, comme disait votre invité précédent, je pense qu'il est nécessaire de réfléchir à d'autres solutions que la retraite par répartition telle qu'elle existe aujourd'hui. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « au Danemark, c'est 70 ans, en Espagne, c'est 67 ans, sans que ça pose un problème. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Oui. On ne peut pas réduire, c'est-à-dire que les socialistes veulent redescendre la retraite à 62 ans »
  • 5:40Invité politiqueFait
    « les deux jours fériés, c'est les Français. Aujourd'hui, on ne travaille pas, mais les gens sont quand même payés pour ces deux jours fériés. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « Je pense que le vrai game changer, c'est que l'État se réforme. »
  • 8:12Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est une fake news de dire qu'il y a des cadeaux faits aux entreprises. »
  • 9:00Invité politiqueChiffre
    « 44 milliards, ça permettait de ne pas augmenter la dette. »
  • 13:45Invité politiqueFait
    « Il cherche à connaître la capacité de résistance des Européens parce que les Européens parlent beaucoup. »
  • 14:06Invité politiqueChiffre
    « Que fait l'Union Européenne ? Elle donne des armes, elle donne plus d'argent d'ailleurs que les États-Unis d'Amérique, ça c'est certain. »
  • 16:56Invité politiqueChiffre
    « Je crois qu'au total, on mettrait 5 000 à maximum 10 000 soldats. »
  • 17:52Invité politiqueFait
    « Pour moi, le moment est malvenu. »
  • 18:37Invité politiqueFait
    « Elle est totalement électoraliste, j'allais dire, de la part d'Anne-Olivier Faure. »

Temps de parole

  • Christophe Gomart75 %
  • Invité13 %
  • Présentateur12 %

6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Christophe Gomart. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, député européen LR, ancien chef du renseignement militaire. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Yann. Invite de vous retrouver pour cette nouvelle saison. Bonjour madame. Christophe Gomart, Narcisse doit partir. C'est ce que vous disiez sur ce plateau quand on vous recevait au mois de juin en parlant d'Emmanuel Macron. Est-ce que ce matin vous redites la même chose ?

0:38
Christophe Gomart

Je dis la même chose pour une bonne raison, c'est qu'on est dans une période d'instabilité totale et cette période d'instabilité n'est pas bonne pour la France au moment où la dette est gigantesque, au moment où les Français s'inquiètent énormément. On voit bien ce phénomène de ras-le-bol et la seule façon de reprendre une marche en avant, j'allais dire stable si possible, c'est d'avoir un nouveau chef d'État. Le chef d'État dans notre Constitution est vraiment la clé de voûte de nos institutions. Donc, changement de président de la République, nouvelles élections législatives, on peut espérer qu'il y ait une majorité qui lui soit donnée pour qu'il puisse gouverner.

Et de mon point de vue, ça part de là. On voit bien là, on va avoir une succession de premiers ministres. Rien ne dit que Sébastien Lecornu restera jusqu'à mai 2027.

1:20
Présentateur

Mais juste une partie de la gauche demande sa destitution. Est-ce que vous, si vous aviez été député, vous auriez signé cette destitution ?

1:25
Christophe Gomart

– Non, moi je pense qu'il doit démissionner, c'est-à-dire de son plein gré, montrer qu'il est un véritable chef d'État, qu'il est en effet, il dit qu'il est plutôt gaulliste. Je pense qu'effectivement, Charles de Gaulle a démissionné de son plein gré. Et c'est ce que je demande, c'est-à-dire que s'il veut vraiment le bien de la France, s'il veut vraiment le bien de l'État, il est nécessaire qu'il s'en aille, en effet, pour permettre à la France de repartir de l'avant et pour redonner de la clarté, j'allais dire, à notre système et à la France au moment où c'est très déstabilisé.

Et on voit bien au niveau, même européen, on voit bien au niveau mondial, sur le plan géopolitique, il est nécessaire que la France retrouve une certaine stabilité.

2:02
Invité

– Christelle ? – En tant que spécialiste des questions de défense, vous devez bien connaître, j'imagine, Sébastien Lecornu. Est-ce que vous pensez que c'est la bonne personne au bon endroit en cette période ?

2:12
Christophe Gomart

– Alors c'est quelqu'un qui est taiseux, c'est quelqu'un qui ne parle pas pour ne rien dire, j'allais dire, et qui sait où il veut aller. C'est quelqu'un de tenace. Et en cela, on peut se dire que c'est bien, il va chercher effectivement à trouver un consensus. Je crains malheureusement qu'il ait du mal à trouver un véritable consensus quand je regarde toutes les lignes rouges qui sont mises par les différents partis politiques au regard de sa politique. – Y compris par le vôtre ? – Y compris par le parti LR, qui ne veut pas plus d'impôts. Je crois que c'est Bruno Rotaillot l'a dit hier en Alsace, où effectivement, il a marqué des lignes rouges.

C'est-à-dire qu'on ne veut pas plus d'impôts, en effet.

2:47
Présentateur

– Mais trop, il y a trop de lignes rouges, y compris de la part des LR ?

2:50
Christophe Gomart

– Il n'y a pas trop de lignes rouges. Chacun dit ce qu'il ne veut pas, ou ce qu'il veut. Et ensuite, ça va être à Sébastien Lecornu de trouver un chemin au milieu de ce…

2:58
Invité

– Mais quelle est votre position à vous ? Il faut lui tendre la main, ou c'est important d'imposer certaines lignes rouges et de ne pas en bouger ?

3:05
Christophe Gomart

– Je pense qu'il faut certaines lignes rouges, en particulier celles de ne pas augmenter les impôts. Je crois que c'est absolument essentiel. C'est à l'État de se réformer, et non pas à faire payer le poids de la dette et les difficultés qui sont les nôtres aux Français. Les Français, il faut augmenter le temps de travail, ça c'est certain. C'est-à-dire qu'on ne travaille pas assez, et sur le plan démographique, on voit bien que le poids de la dette est lié surtout au poids des retraites. C'est-à-dire que les retraites sont gigantesques. En réalité, c'est plus de 50% du poids de la dette.

C'est-à-dire que si on ne travaille pas plus, si on ne trouve pas un autre système de retraite, peut-être un peu par capitalisation, comme disait votre invité précédent, je pense qu'il est nécessaire de réfléchir à d'autres solutions que la retraite par répartition telle qu'elle existe aujourd'hui. Compte du fait qu'aujourd'hui, on a un actif, virgule 5 pour un retraité, demain, quand on aura un actif pour un retraité, vous imaginez…

3:53
Présentateur

– Mais ça, c'est un chantier qu'on ouvre maintenant ou on attend 2027 ?

3:56
Christophe Gomart

– Je pense qu'il faut l'ouvrir dès maintenant.

3:57
Présentateur

– Donc vous l'appelez à rouvrir le chantier de la réforme de la retraite ?

4:00
Christophe Gomart

– Oui. On ne peut pas réduire, c'est-à-dire que les socialistes veulent redescendre la retraite à 62 ans, mais on voit très bien que partout en Europe, je crois qu'au Danemark, c'est 70 ans, en Espagne, c'est 67 ans, sans que ça pose un problème. C'est-à-dire que sur le plan politique en Espagne, la retraite à 67 ans, ça ne pose aucun problème, qu'on soit droite ou de gauche, ça paraît normal, compte tenu du vieillissement de la population.

4:24
Invité

– Mais en voyant que le dossier des retraites, c'est un dossier explosif, si vous le réouvrez maintenant, comment trouver un point d'accord avec les socialistes ? Ça paraît compliqué.

4:32
Christophe Gomart

– Oui, c'est compliqué. C'est bien pour ça que moi, je milite pour un changement de chef d'État qui permettrait de repartir de l'avant avec un vrai gouvernement stable et non pas un gouvernement un peu hétéroclite. Alors certes, on peut, et je pense que c'était l'expression d'ailleurs de Bruno Retailleau, avoir un gouvernement d'utilité publique, un gouvernement qui est là pour faire fonctionner la France de la manière la plus stable possible. – Un gouvernement technique en quelque sorte.

– Un gouvernement technique en quelque sorte pour arriver jusqu'en 2027 sans mettre les gens dans la rue, un gouvernement finalement qui gère les affaires courantes pour permettre à la France de continuer à avancer.

5:03
Présentateur

– Quand vous avez lu hier la feuille de route de Sébastien Lecornu, vous dites les LR ont leur place au gouvernement ?

5:08
Christophe Gomart

– Les LR ont leur place au gouvernement si, en effet, on n'augmente pas les impôts, si, en effet, on ne baisse pas l'âge de la retraite, etc., etc., oui.

5:16
Présentateur

– Donc votre place, elle n'est pas encore acquise au gouvernement ?

5:18
Christophe Gomart

– Je pense que la place n'est pas encore acquise.

5:20
Invité

– On va lisser un peu les propositions faites par Sébastien Lecornu ce week-end à la presse quotidienne régionale. Notamment, il a annoncé de façon qui semblerait définitive qu'il renonce à la suppression des deux jours fériés proposés par François Bayrou. Est-ce qu'il a raison de renoncer là-dessus ?

5:35
Christophe Gomart

– Je pense qu'il a raison parce que les deux jours fériés, c'est les Français. Aujourd'hui, on ne travaille pas, mais les gens sont quand même payés pour ces deux jours fériés. Donc demain, c'est-à-dire que si on fait travailler pendant les deux jours fériés, les Français ne sont pas payés plus. Donc en fait, c'est encore un impôt vis-à-vis des Français. Moi, je pense que le vrai game changer, c'est que l'État se réforme. Je pense qu'aujourd'hui, on a beaucoup trop de ministres, par exemple. Je pense que du coup, il y a trop de cabinets ministériels.

Je pense qu'il faudrait un gouvernement réduit en nombre, en nombre de ministres ou de secrétaires d'État, et un gouvernement qui se concentre sur comment fait-on des économies dans le train de vie de l'État, dans le fonctionnement de l'État.

6:10
Invité

Alors lui, il dit qu'il faut en effet réduire le nombre de ministres, supprimer par exemple les avantages des anciens ministres, et il propose aussi un acte majeur de décentralisation. Est-ce que ça, de votre point de vue, ça va dans le bon sens ?

6:21
Christophe Gomart

Alors ce qui va dans le bon sens, effectivement, c'est tout ce qui réduit le train de vie de l'État. Et je pense que réduire, enfin, je veux dire, tous les privilèges à vie de certains ministres, comme le ministre de l'Intérieur qui peut avoir, effectivement, des agents de sécurité, des officiers de sécurité auprès de lui, ça, ça me paraît incroyable, c'est-à-dire que quand on est ministre de l'Intérieur, effectivement, on est une personne qui peut être ciblée, et qu'il a une protection, ça me paraît normal. En revanche, quand on a été ministre de l'Intérieur il y a 10 ans, ça ne me paraît plus du tout normal d'avoir une protection.

Donc tout ça, effectivement, ça permettrait de réduire le train de vie de l'État. Une certaine décentralisation, sans doute, mais vous savez, la décentralisation, on l'a voulu en France, on a créé des strates supplémentaires à chaque fois, sans que pour autant on réduise le nombre de fonctionnaires. Je ne parle pas des fonctionnaires nationaux, je parle des fonctionnaires territoriaux. On voit bien qu'il y a des strates de plus en plus nombreuses qui, en fait, ne facilitent pas la vie des Français, qui gênent la vie des entreprises. Et c'est en cela où, de mon point de vue, il faut travailler pour essayer de simplifier.

La simplification est un mot qui devrait être dans l'esprit de tous nos ministres.

7:22
Présentateur

L'urgence, c'est de construire un budget. Il y a une des lignes rouges des Républicains, c'est la taxe du Kman. Est-ce que ce n'est pas juste de taxer les plus riches ?

7:29
Christophe Gomart

Attendez. Je ne sais pas pourquoi, en France, on n'aime pas les riches. Les riches, c'est ceux qui permettent d'investir, c'est ceux qui font travailler les PME, etc. Après, il y a un ruissellement. Si on taxe trop les riches, les riches, ils s'en vont. Ils vont ailleurs, dans des pays.

7:44
Invité

Il n'est pas normal que tout le monde contribue dans cette période qui est difficile.

7:47
Christophe Gomart

Tout le monde contribue, les entreprises contribuent largement. Je pense qu'il faut arrêter de taper sur les gens qui travaillent, qui produisent et qui investissent. Vous savez qu'une grande partie de l'épargne des Européens part investir aux États-Unis d'Amérique. Ce n'est pas normal. Il faudrait que nos investissements, l'argent des Européens, des Français en particulier, aillent en France et en Europe.

8:06
Présentateur

Donc, il ne faut aucune taxe supplémentaire. À un moment où on parle de justice fiscale, de justice sociale, il ne faut aucune taxe supplémentaire sur les personnes...

8:12
Christophe Gomart

Je pense que c'est une fake news de dire qu'il y a des cadeaux faits aux entreprises. Les entreprises sont là pour travailler, elles sont là pour produire. J'ai été pendant 7 ans dans une entreprise privée. Je vois bien ce que fait une entreprise privée. Elle n'est pas là pour se mettre de l'argent plein les poches, pour les actionnaires. Un actionnaire, c'est quelqu'un qui va investir dans une entreprise. Donc, qui a des dividendes ? Tant mieux, c'est que l'entreprise fonctionne main. Et s'il veut continuer à investir, qu'il investisse. Il aura plus de dividendes demain.

Mais j'allais dire, ces investisseurs, pourquoi est-ce qu'on voudrait les taxer supplémentairement, de manière supplémentaire ? Pour moi, ce n'est pas les entreprises sur lesquelles il faut taper. Ce n'est pas les Français sur lesquelles il faut taper. Il faut réduire le train de vie de l'État et réfléchir en effet au problème des retraites qui reste à un problème majeur.

8:52
Présentateur

Mais est-ce que ça va suffire à économiser 44 milliards ? Et d'ailleurs, est-ce qu'il faut rester sur ces 44 milliards ?

8:57
Christophe Gomart

Je pense que c'est à peine suffisant, 44 milliards en réalité. 44 milliards, ça permettait de ne pas augmenter la dette. Les socialistes qui veulent redescendre à 22 milliards, ont continué d'augmenter la dette. Mais je trouve ça…

9:08
Présentateur

Donc il faut aller plus loin que les 44 milliards ?

9:09
Christophe Gomart

Il faut aller au moins à 44 milliards. Et c'est politiquement possible ? Tout est possible après. Malheureusement, on est dans un pays dans lequel qui est chauffé à blanc.

9:17
Présentateur

À un moment, il faut trouver des accords avec la gauche. Je suis bien d'accord. Ce n'est peut-être pas possible.

9:20
Christophe Gomart

C'est compliqué. Je pense que c'est très difficile aujourd'hui. Et je pense que les 44 milliards de M. Bayrou étaient nécessaires pour ne pas augmenter la dette. Si on va aller plus loin pour tenter…

9:31
Présentateur

Donc vous demandez à Sébastien Lecornu de ne pas aller en dessous de ces 44 milliards ?

9:33
Invité

Ce que là, vous venez de dire, rien sur les retraites. Enfin, on n'accorde rien à la gauche sur les retraites. Plutôt, vous aimeriez aller dans un sens plus… Rien sur la taxe Zuckman. Rien sur la suppression des exonérations de charges pour les entreprises. Comment, dans ce cadre-là, si vous mettez ces lignes rouges-là, espérez-vous que Sébastien Lecornu puisse réussir à discuter avec le Parti socialiste et trouver un accord de non-censure avec eux ?

10:02
Christophe Gomart

– On a eu les socialistes au pouvoir pendant des années. On voit bien où on est la France. On a réduit le temps de travail. On voit bien où on est la France. On a descendu l'âge de la retraite à 60 ans.

10:10
Invité

– Et là, vous lui interdisez quasiment de pouvoir discuter avec les socialistes.

10:12
Christophe Gomart

– Je pense que ce n'est pas la bonne solution. Mais que pèsent réellement les socialistes ? – Alors, certes, ils peuvent faire tomber un gouvernement. Mais c'est bien pour ça qu'on reste sur une instabilité majeure en France, ce que je regrette infiniment. Et c'est bien pour ça que, pour moi, si M. Macron était un véritable homme d'État, il prendrait ses responsabilités, il démissionnerait pour qu'on puisse élire un nouveau président de la République et repartir sur, je l'espère, une meilleure stabilité qui permette au pays d'avancer avec une vision plus claire et des objectifs stratégiques plus lointains.

10:41
Invité

– Alors, hier, Marine Le Pen avait organisé un meeting à Bordeaux. Et elle a balayé, elle aussi, toute possibilité de négociation avec le nouveau Premier ministre et elle a assuré qu'il serait censuré dans quelques semaines. Est-ce que, si M. Macron va pouvoir tenir même jusqu'à la présentation du budget ?

11:00
Christophe Gomart

– Je ne suis pas devant.

11:01
Invité

– Pas de boule bas de cristal. Mais quand même, là, dans le contexte… – Non mais est-ce que vous le souhaitez au moins qu'il tienne ?

11:06
Christophe Gomart

– Oui, moi je souhaite que le pays garde une certaine stabilité dans un monde dans lequel qui évolue en permanence. on voit bien avec la guerre entre la Russie et l'Ukraine, on voit bien ce qui se passe à Gaza, on voit bien ce qui se passe avec la Chine qui monte en puissance, avec des États-Unis qui veulent nous déclarer presque une guerre commerciale. Donc il est nécessaire, en effet, que notre pays soit le plus stable possible pour répondre dans ce monde complexe et ce monde dans lequel les tensions sont très vives. Donc j'espère, oui, que Sébastien Lecornu pourra rester le plus longtemps possible et qu'on ait un gouvernement stable le plus longtemps possible.

11:40
Invité

– À ma première question, c'est est-ce qu'il ne faut pas se montrer magnanime justement avec le Premier ministre de manière à lui assurer un avenir et lui permettre de faire voter ce budget ?

11:50
Christophe Gomart

– J'espère qu'il y aura un budget pour la France. Après, ça, ça reste des discussions entre, j'allais dire, les chefs de partis politiques… – Si vous avez parti. – Et le Premier ministre, je ne suis chez l'LR que depuis un an et demi, donc je vois bien la position des LR que je soutiens, évidemment. Mais il est nécessaire ensuite, c'est des discussions pour arriver à un compromis. Il est vrai que certains vont devoir faire des concessions. Enfin, certains, tout le monde va devoir faire des concessions.

12:15
Invité

– Ils vont devoir faire des concessions. Pour citer un autre grand responsable politique, Oriane, François Hollande disait ce week-end que si Sébastien Lecornu était censuré, il n'y aurait pas d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale pour Emmanuel Macron. Vous partagez cet avis ?

12:30
Christophe Gomart

– Moi, je pense, je reviens sur mon idée. La première question d'Oriane Morsfili, c'est que je pense que c'est en cela où, pour éviter toute cette déstabilisation, on va refaire des élections. Mais attendez, c'est une instabilité permanente. Les Français, on en aura le bol. En fait, ils voudraient avoir un gouvernement stable, je suis persuadé de ça. On voit bien les tensions qui montent dans le pays à l'occasion de l'ouverture d'un fast-food, au Halle. On a vu cette tension entre ces jeunes et les policiers. C'est explosif. La France est dans une situation explosive. Donc oui, il faut de la stabiliser. Pour ça, il faut retrouver une stabilité politique.

Aujourd'hui, on a à peu près trois tiers. On a une extrême gauche qui est révolutionnaire. On a, j'allais dire, un centre entre des socialistes, du centre des LR et puis l'extrême droite. Et on voit bien que tout ça est totalement explosif et que personne n'est prêt à faire des concessions. Or, malheureusement, dans la vie, on est bien souvent...

13:21
Invité

Donc là, vous lancez un appel à Emmanuel Macron,

13:22
Christophe Gomart

vous dites qu'il faut démissionner. Je pense que si c'était un chef d'État responsable et qu'il aimait le pays qui est la France, mais il ne parle jamais de la France, vous remarquerez, il parle souvent de l'Europe et du monde, rarement réellement de la situation en France.

13:36
Présentateur

Justement, on va parler de l'Europe et du monde. Des drones russes ont pénétré dans l'espace aérien de la Pologne et de la Roumanie. Que cherche à faire Vladimir Poutine, selon vous ?

13:45
Christophe Gomart

Il cherche à connaître la capacité de résistance des Européens parce que les Européens parlent beaucoup. Mais réellement, on met des sanctions, des sanctions, des sanctions. On doit être au 19e train de sanctions sans que ça change réellement la donne.

13:56
Présentateur

– Ça veut dire que l'Union Européenne n'a pas les moyens de riposter flas à Vladimir Poutine ? Elle ne le fait pas bien ? Elle n'est pas suffisamment bien ?

14:04
Christophe Gomart

– Ah non, non, soyons honnêtes. Que fait l'Union Européenne ? Elle donne des armes, elle donne plus d'argent d'ailleurs que les États-Unis d'Amérique, ça c'est certain. Mais ce n'est pas comme ça qu'on gagne une guerre. Une guerre, on la gagne, soit on la fait, soit aujourd'hui on va vers un plan de paix pour éviter qu'il y ait plus d'Ukrainien qui meurent demain ou après-demain. Aujourd'hui, l'Union Européenne, qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit il faut que la Russie libère les territoires qu'elle a conquis ou qu'elle occupe. Mais ça n'arrivera pas. Ça c'est du wishful thinking, c'est de la pensée magique. Sur le terrain, ce qui gagne, c'est une armée qui avance ou une armée qui recule.

Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe sur le terrain réellement ? Les Russes avancent, grignotent du terrain, détruisent des villes, détruisent tout ce qui est devant eux, tuent des civils bien évidemment, mais eux progressent. Que font les Ukrainiens ?

14:50
Présentateur

– Pour vous c'est une alerte, ça veut dire qu'il y a un risque de guerre sur le sol de l'Union Européenne ?

14:53
Christophe Gomart

– Je trouve qu'il y a des vattes en guerre sur le sol européen. La réaction d'Emmanuel Macron d'envoyer trois rafales est très bien. C'est-à-dire que ça montre qu'effectivement on est prêt à s'investir si jamais les Russes allaient plus loin que l'envoi de drones.

15:05
Présentateur

– C'est suffisant l'envoi de trois rafales ?

15:06
Christophe Gomart

– C'est déjà une première mesure. Je ne dis pas que c'est suffisant. Mais en tous les cas, ça permet de montrer aux Russes, attendez, nous sommes là, vous ne toucherez pas aux pays qui dépendent de l'Union Européenne ou de l'OTAN. Ça c'est un point positif. Mais au-delà de ça, ça ne permettra pas aux Ukrainiens de reconquérir les terres aujourd'hui occupées par les Russes. C'est-à-dire que c'est là où je pense que les Européens ont un objectif stratégique qui est que l'Ukraine appartienne à l'Union Européenne. Très bien, ça c'est l'objectif. Comment est-ce qu'on y arrive ? Comment est-ce qu'il n'y a pas de plan de paix entre les deux ?

C'est-à-dire qu'entre la situation actuelle où les Ukrainiens reculent et la situation demain où l'Europe souhaite que l'Ukraine appartienne à l'Union Européenne, qu'est-ce qu'on fait ? On fait la guerre pour repousser les Russes ou on essaye de trouver un plan de paix insatisfaisant parce qu'il y aura forcément un vainqueur et un vaincu où on fait en sorte surtout, ce qui est important de mon point de vue, c'est que l'Ukraine reste indépendante et que l'Ukraine reste indépendante et libre de ses choix. Ce que ne veulent pas les Russes. Les Russes, ils veulent une Ukraine totalement dépendante. Moi, je pense qu'il est nécessaire, en effet, que l'Ukraine reste...

Enfin, ce n'est pas nécessaire, que l'Ukraine reste indépendante et libre de ses choix. Pour ça, en effet, il faut montrer une volonté, une vraie détermination. Donc, continuer à soutenir l'Ukraine, oui, mais ne pas dire qu'on ira jusqu'à la victoire de l'Ukraine contre la Russie. Ça, ça me paraît un peu pieux.

16:25
Invité

Marine Tondelier a demandé à Emmanuel Macron l'organisation de réunions en format Saint-Denis pour discuter justement de tout ça. Est-ce que vous aussi, vous lui demandez ça et vous y êtes favorable ?

16:34
Christophe Gomart

Je pense qu'il est nécessaire qu'Emmanuel Macron, avec sa coalition des volontés, ce qui est un bon point, la coalition des volontés, c'est-à-dire que ça permet de montrer ceux qui veulent, effectivement, qui sont prêts à se battre. Quand on regarde la réalité des faits, il y a peu de soldats. Les Britanniques ne veulent pas y aller. Les Allemands ne veulent pas y aller. Les Italiens ne veulent pas y aller. Peut-être quelques Estoniens, mais l'armée estonienne, c'est combien de soldats ? Je crois qu'au total, on mettrait 5 000 à maximum 10 000 soldats. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a 30 ans, c'était les accords de Dayton.

Les accords de Dayton, ça met fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine. Qu'est-ce qu'elle est le game changer ? C'est 20 000 soldats américains, plus 40 000 soldats alliés, soit 60 000 soldats, qui vont s'interposer en Bosnie-Herzégovine. Ça met fin à la guerre. Il y a 30 ans, aujourd'hui, quel est le game changer ? Les Américains ne veulent pas y aller. Personne ne veut y aller. Donc oui, il est nécessaire, en effet, d'arriver à un véritable plan de paix. Je ne sais pas si c'est la solution des accords de Saint-Denis, mais en tout cas, il est nécessaire de mettre autour de la table…

17:30
Invité

Les chefs de partis politiques pour discuter d'une éventuelle…

17:34
Christophe Gomart

Oui, ça, on peut discuter entre chefs de partis politiques. Personne ne sera d'accord, parce que personne n'a la même vision, mais au moins pour savoir ce que l'on peut faire pour soutenir, en effet, l'Ukraine.

17:46
Présentateur

Lundi prochain, Emmanuel Macron sera à l'Assemblée générale de l'ONU. Est-ce que, selon vous, c'est le moment de reconnaître l'État de Palestine ?

17:52
Christophe Gomart

Pour moi, le moment est malvenu. C'est malvenu, pourquoi ? Parce qu'il y a toujours des otages. Le Hamas continue à gérer Gaza de manière à utiliser la population comme bouclier civil. à mettre les enfants en avant. Donc, pour moi, c'est malvenu. C'est-à-dire que ça donne… En faisant ça, on dit, finalement, le Hamas a eu raison de mener le 7 octobre 2023.

18:17
Invité

C'est une manière d'accorder une victoire au Hamas ?

18:19
Christophe Gomart

C'est une manière d'accorder une victoire au Hamas. Qui est un État palestinien ? Je ne suis pas du tout contre le fait qu'il y ait un État palestinien. Mais en tout cas, je trouve que le moment est très malvenu.

18:26
Présentateur

Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, il appelle à faire flotter le drapeau palestinien sur les mairies ce 22 septembre prochain. Jouer Emmanuel Macron sera donc à l'ONU. Qu'est-ce que vous pensez de cette idée ?

18:37
Christophe Gomart

Je suis contre totalement cette idée. Elle est totalement électoraliste, j'allais dire, de la part d'Anne-Olivier Faure. Il cherche à être plus jusqu'au boutiste que les LFI pour essayer de s'assurer peut-être des victoires municipales. Alors, il fait de la politique politicienne. Mais ça m'apparaît dingue au moment où on a quand même… Souvenons-nous du 7 octobre 2023, ce qui s'est passé. Et tout ce qui a découlé par la suite, c'est la suite. Malheureusement, on peut critiquer, effectivement, ce que fait Benjamin Netanyahou très, très bien. Mais la réalité du départ, c'est le 7 octobre 2023. C'est le massacre en direct avec des gens qui sont filmés.

Et une population palestinienne qui a joué le jeu, quand même, du Hamas, en tout cas une partie d'entre elles, parce que les otages sont détenus chez qui ? Ils sont détenus parmi la population palestinienne. Donc, on voit bien que reconnaître un État palestinien avec un Mahmoud Abbas qui n'a pas eu d'élection depuis 2009, avec le Hamas qui ne veut absolument pas d'élection et qui veut continuer à dominer le territoire de Gaza, c'est quand même difficile et c'est malvenu de mon point de vue.

19:39
Présentateur

Christophe Gomar, on termine cette interview par une question de fin un peu plus personnelle. Depuis la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, le poste de ministre des Armées est vacant. Ça vous fait envie ?

19:48
Christophe Gomart

Je ne suis pas prévu pour ça. Je suis ancien militaire. Justement. Est-ce qu'il faudrait qu'un militaire soit la tête du ministre des Armées ? Je n'en sais rien.

19:56
Invité

C'est pas une condition nécessaire ?

19:57
Christophe Gomart

Je ne le pense pas. En tous les cas...

19:58
Présentateur

S'il vous appelle et qu'il vous le propose, vous dites oui ?

20:01
Christophe Gomart

Je pense... Il ne m'appellera pas. Ça y est. C'est avec lui qui ne vous appellera pas. Pour ça, je ne me pose pas la question. Non, non, il ne m'appellera pas. Je ne suis pas certain. On n'a pas eu de généraux, d'officiers généraux, ministre en charge des Armées depuis des années. En revanche, mettre quelqu'un qui connaît ce qu'est la défense, ça me paraît indispensable. Quelqu'un qui sait ce que sont les militaires, ça me paraît indispensable.

20:21
Présentateur

Merci, Christophe Gomar. Notre invitée pour cet entretien. Christelle, la une de La Dépêche ? On la regarde ? Vous êtes au radar. Attention, ça flashe. C'est à la une de votre journal. Merci beaucoup à tous les deux. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.