Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 26 novembre 2025 88 min

L'intégrale du 26 novembre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce mercredi 26 novembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Le Sénat s'est opposé hier soir à la suspension de la réforme des retraites. Ce vote empêchera-t-il tout compromis alors que députés et sénateurs se réunissent ce soir pour chercher un accord ? Le président par intérim de la Commission des Affaires Sociales du Sénat, Alain Millon, est notre invité dans quelques instants. Comment réagit le Parti Socialiste à ce vote ?

Lui qui avait fait de la suspension de la réforme des retraites la clé d'un accord avec Sébastien Lecornu. Pense-t-il, comme le Premier ministre, qu'il existe une majorité pour voter les budgets ? Dans une demi-heure, nous recevons Joanna Roland, la première secrétaire déléguée du PS. Jordan Bardella est-il déjà le favori de la présidentielle 2027 ? Notre sondage Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale le donne vainqueur, quel que soit son adversaire de second tour à 15 mois du scrutin. La dynamique peut-elle encore s'enrayer ? On va en parler dans une heure avec Françoise Degoy et Elisabeth Martichoux.

Et puis à la une de nos régions, nous irons à la prison des Beaumettes à Marseille, pour qui, pour favoriser la réinsertion des détenus, a ouvert un restaurant en son sein. Un reportage à suivre. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chers vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Cyp Jordan. Bonjour Yann. A la une de ce mercredi 26 novembre, le Sénat qui s'oppose donc à la suspension de la réforme des retraites. Par 190 voix pour et 108 voix contre, le Sénat a rétabli la réforme borne. Ambiance tendue et clivage droite-gauche au menu de la séance. Hier soir, on voit ça avec Céline Schmitt.

190 contre 108, les 4 amendements identiques sont adoptés et l'article 45 bis est ainsi supprimé. La partition s'est jouée sans fausses notes. Hier, à 20h10, les sénateurs ont voté sans surprise contre la suspension de la réforme des retraites. De quoi mettre en doute au moins provisoirement le décalage à janvier 2028 de la réforme borne, portant l'âge légal de départ à 64 ans. La gauche pointe l'absence de volonté du Sénat d'arriver à un compromis, alors que le texte visait justement à garantir la stabilité du pays.

2:34
Locuteur 4

Si on veut que ce pays ait un budget, il faut aboutir à un compromis.

2:38
Locuteur 7

Et moi, je dis à mes collègues de droite, soyez, non pas raisonnables, mais soyez responsables devant les Français. Permettez à ce que ce pays ait un budget et il faudra que vous fassiez un effort.

2:51
Présentateur

Bruno Rotaillot, lui, se félicite de ce coup porté à ce qu'il nomme un marchandage de la gauche en échange de la survie du gouvernement. Le président des LR défend l'utilité de cette suspension.

3:02
Locuteur 7

Est-ce qu'on pense un seul instant ? Est-ce que les Français... Je sais que dire qu'il faut travailler plus, c'est compliqué, c'est pas populaire.

3:09
Alain Milon

Mais on sait parfaitement que si on rejette le poids sur les futures générations, en réalité, on va amoindrir cette génération qui va nous suivre et qui sera en droit de nous demander des comptes.

3:19
Présentateur

Ce soir, à 19h30, 7 députés et 7 sénateurs se réuniront en commission mixte paritaire pour tenter de trouver un compromis. Sébastien Lecornu envisage de baisser les prix de l'électricité. Le Premier ministre qui demande au ministre de l'économie de réfléchir à des scénarios de baisse de prix. Les éventuelles décisions pourraient s'inscrire dans le cadre des débats budgétaires. Plusieurs options sur la table. L'Oriane selon Matignon qui évoque un grand plan écologique de décarbonation de l'électricité et de l'énergie. La plateforme Chine sera-t-elle suspendue ? C'est au tribunal judiciaire de Paris de trancher ce mercredi matin.

Le géant asiatique de la fast fashion défend ses positions devant le juge alors que l'État demande sa suspension pour trois mois minimum et une réouverture sous condition. En cause, la vente de poupées sexuelles d'apparence enfantine et d'armes de catégorie A sur le site Internet. La décision judiciaire sera rendue dans les prochains jours. Les supermarchés Auchan vont bientôt changer de nom. En difficulté Auchan, effectivement, va changer de nom. Ces magasins vont passer sous franchise. Ils pourraient passer sous l'enseigne intermarché. Ça pourrait prendre effet d'ici à la fin de l'année prochaine. Ça concernerait environ 300 magasins. Et ça passe très mal auprès des syndicats. Écoutez.

4:32
Locuteur 2

La stupeur, c'est peut-être aussi de l'incompréhension. On savait qu'il y avait un risque de glisser en franchise. Mais perdre les magasins de proximité, c'est peut-être pas forcément un très bon calcul à long terme d'un point de vue économique. Donc, stupeur, ça c'est clair. Inquiétude pour les salariés.

4:51
Présentateur

La Cour de cassation se prononce aujourd'hui sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Big Magnon. Ultime recours pour l'ancien chef de l'État dans ce dossier. Si la Cour rejette le pourvoi, l'affaire Big Magnon deviendra la deuxième condamnation pénale définitive au casier judiciaire de Nicolas Sarkozy. Après l'affaire des écoutes, pour rappel, en février de l'année dernière, il avait été condamné en appel à un an d'emprisonnement, dont six mois fermes pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Et puis Emmanuel Macron estime qu'il n'y a pas de volonté russe d'un cessez-le-feu en Ukraine.

Le chef de l'État s'exprimait hier devant des journalistes à l'issue d'une visioconférence de la coalition des volontaires. Emmanuel Macron a appelé à continuer de mettre la pression sur la Russie. Écoutez-le.

5:32
Locuteur 4

Mais alors que la Russie faisait croire une fois encore qu'elle était prête à la paix, les dernières heures ont été marquées par à nouveau des frappes contre des infrastructures civiles,

5:41
Locuteur 3

en particulier énergétiques, et contre des civils ukrainiens. Et donc, sur le terrain, la réalité est tout le contraire d'une volonté de plus. Plusieurs participants à notre réunion ont aussi rendu compte de leurs échanges directs avec les Russes, en particulier avec le président Putin.

5:57
Locuteur 2

Il n'y a aujourd'hui clairement pas de volonté russe d'avoir un cessez-le-feu.

6:01
Présentateur

– Merci Steve, à tout de suite. Et on va revenir sur ces actualités avec vous Alain Milon. Bonjour, merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénateur à l'air du Boclus, président par intérim de la Commission des Affaires Sociales du Sénat. On va évidemment très longuement revenir sur le budget de la Sécurité Sociale et le rejet de la suspension de la réforme des retraites. Mais d'abord, on va regarder comme tous les jours les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une de la dépêche. Pourquoi le service militaire va revenir ?

Dans un contexte de tensions internationales et de guerre en Ukraine, Emmanuel Macron s'apprête à relancer un service militaire basé sur le volontariat. La deuxième une, c'est celle du populaire du centre. La France au diesel. Alors que la fin des ventes de voitures thermiques neuves est prévue pour 2035, il existe encore une France qui ne jure que par le diesel. Et puis la dernière une, c'est celle du progrès. Scandale Chine, BHV, Frédéric Merlin assume. Une centaine de marques ont quitté le BHV, invoquant notamment l'arrivée de Chine. Frédéric Merlin, le patron du BHV, réfute tout boycott. Il assume le partenariat avec le géant chinois.

La justice, on la dit, se prononce aujourd'hui sur une suspension en ligne de Chine. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

7:07
Locuteur 4

Peut-être bien la Chine.

7:12
Présentateur

La Chine ?

7:13
Locuteur 4

Oui.

7:13
Présentateur

Et la déferlante, c'est aussi un débat qu'il y a dans…

7:16
Locuteur 4

Non, non, mais justement, la Chine, ça me rappelle tout ce qui se passe dans la pharmacie, dans le médicament. Donc je voudrais vraiment parler de ça, puisque j'en ai parlé d'ailleurs dans la description générale. La Chine produit actuellement 31% des médicaments innovants, ce qui est absolument considérable, puisque la France produisait, il y a encore 10 à 15 ans en arrière, 20% de ses médicaments innovants. Elle est largement dépassée maintenant, et c'est quelque chose qui est important, puisque désormais, les investissements en industrie pharmaceutique, pour les médicaments innovants, pour traiter l'ensemble des malades sur le territoire national, ont baissé en France.

Les promesses d'investissement ont baissé de moitié par rapport à l'année passée. Et dans le même temps, les promesses d'investissement sont passées à 550 milliards de dollars aux États-Unis, et les investissements en Chine sont, ces dix dernières années, de 330 milliards. Donc on prend vraiment du retard au niveau de la pharmacie, et ça risque de poser un problème à jour dans l'approvisionnement des médicaments pour le français.

8:21
Présentateur

Avec un risque à nouveau, puisqu'on y est déjà un peu de pénurie de médicaments du coup ?

8:26
Locuteur 4

Avec un risque majeur de pénurie de médicaments, d'autant que si c'est la Chine ou les États-Unis qui produisent ces médicaments innovants, ils seront d'autant plus chers.

8:33
Présentateur

C'est un débat aussi qu'on avait eu pendant le Covid, et qu'Emmanuel Macron avait un peu pris à bras le corps pendant le Covid de ramener sur le sol français et européen la production de médicaments. Ça a un peu marché quand même ou pas ?

8:46
Locuteur 4

Oui, pour certains types de produits, ça a en effet marché. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce qui marche, c'est bien, mais ce sont quand même des produits matures, l'essentiel. Ce qu'il faut maintenant, c'est favoriser l'installation des grosses firmes, évidemment. celles qui ont les moyens pour qu'elles puissent produire sur le territoire national des médicaments innovants. Les luttes contre le cancer, les luttes contre certaines maladies neurodégénératives, etc. C'est ça le sujet essentiel. L'installation d'entreprises qui fabriquent du paracétamol, pour ne pas le citer, c'est fait. Mais maintenant, il faut aller au-delà.

Et pour aller au-delà, il ne faut pas dire en permanence du mal de laboratoires pharmaceutiques, qui n'ont certainement pas toutes les qualités, c'est évident. Mais il faut aussi faire en sorte qu'ils puissent investir chez nous. Parce que nous, la France, toute seule, elle n'aura pas les moyens seuls d'investir.

9:42
Présentateur

On va parler du budget de la Sécurité sociale, avant de revenir sur la séance d'hier sur la suspension de la réforme des retraites. Ce soir, d'abord cet après-midi, les sénateurs vont voter sur ce budget de la Sécurité sociale. Et ce soir, vous allez vous réunir avec les députés pour tenter de trouver un accord sur ce budget de la Sécurité sociale. Il est possible le compromis ou pas ?

10:02
Locuteur 4

– On peut toujours discuter. Après, compromis, il y a des lignes rouges qui sont fixées par l'Assemblée nationale. Il y a des lignes rouges qui sont fixées par le Sénat. Et je ne pense pas que nous puissions nous retrouver sur ces lignes rouges. Donc non, je pense que la CMP devrait ne pas être conclusive. Moi, ce que je veux dire, c'est que par exemple, nous, ici au Sénat, il y a évidemment le refus de la suspension des retraites. On pourra en parler après. Et puis il y a aussi d'autres lignes rouges qui ont été mises en place. – Lesquelles ? – Pas de taxes, pas d'impôts nouveaux.

Et puis une ligne rouge que j'ai demandé, que l'on fixe, c'est le respect de la politique conventionnelle entre la Sécurité sociale et les professionnels de santé. Ce respect-là, quand on signe une convention au mois de juin dernier et que trois mois après, on ne la respecte pas, et il y a vraiment un problème majeur.

10:59
Présentateur

– Donc, peu de chances que ce soit conclusif ce soir.

11:02
Locuteur 4

– Très peu.

11:02
Présentateur

– Il y aura du coup une nouvelle navette. Est-ce qu'au bout, vous pensez qu'on aura un budget de la Sécurité sociale ? Est-ce que ça, c'est possible ?

11:11
Locuteur 4

– La Ve République permet beaucoup de choses. Donc je pense que oui, il y aura un budget de la Sécurité sociale.

11:18
Présentateur

– C'est bien entendu, c'est prévu de certains outils prévus par la Ve République.

11:22
Locuteur 4

– Oui, mais il en faut un, puisque ce n'est pas une loi de finances. Donc s'il n'y a pas de budget à la fin de l'année, il n'y aura pas de budget pour 2026. Et là, c'est véritablement la catastrophe. Donc il y aura obligatoirement un budget. Lequel, ce ne sera pas le budget du Sénat, c'est une évidence. Ce ne sera sûrement pas complètement le budget de l'Assemblée nationale non plus. Il faudrait bien que le Premier ministre trouve une solution. Alors il a renoncé au 49-3, donc il lui reste des ordonnances. Et puis il n'y a pas de loi spéciale. Il ne lui reste que les ordonnances.

11:50
Présentateur

– Mais est-ce qu'en deuxième lecture, le Sénat sera plus enclin au compromis ? Ou est-ce que vous resterez sur les mêmes lignes que jusqu'à maintenant, que jusqu'à aujourd'hui ?

12:00
Locuteur 4

– Mais pourquoi ce serait au Sénat de céder ? Pourquoi l'Assemblée nationale ne ferait pas non plus quelques pas vers nous ? Je pense que nous n'avons pas de tort sur beaucoup de sujets. Je ne sais pas si on rediscute après ou pas des retraites. Mais j'ai dit hier des choses intéressantes, en particulier sur tout ce qui avait été mis en place par Marisol Touraine, voté par les socialistes, sur lesquels on pourrait revenir. Donc ça on verra après.

12:26
Présentateur

– On va en parler tout de suite de cette suspension de la réforme des retraites, puisque le Sénat poursuit jusqu'à aujourd'hui l'examen du budget, vote aujourd'hui. Mais hier, Steve, c'était le gros morceau politique, en tout cas, de ce texte, la suspension de la réforme des retraites. – Oui, c'était, Auriane, le moment le plus attendu, peut-être, depuis le début de l'examen du budget de la Sécu la semaine dernière. Pas parce qu'il y avait du suspense, je n'en avais pas, pour dire la vérité, Auriane, mais parce qu'il s'agit d'un point de vue de divergence politique cruciale entre la droite et la Macronie.

Pendant les débats, l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a ciblé le gouvernement Lecornu. Écoutez.

13:01
Locuteur 7

– L'abrogation, enfin la suspension de la réforme des retraites, c'est le tribut payé par le gouvernement à la gauche pour durer. – Nous allons nous y opposer, nous allons nous y opposer parce que nous pensons

13:16
Présentateur

que cette suspension est contraire aux intérêts des Français. – Et les débats ont été très animés. – Oui, on rappelle l'équation, en échange d'une non-censure des socialistes, Sébastien Lecornu s'était engagé à suspendre la réforme des retraites d'Elisabeth Borne. En première lecture, les députés ont voté pour une mise en pause jusqu'au 1er janvier 2028. Hier, la majorité sénatoriale a dit non. Écoutez. – Est-ce que raisonnablement, quand la gauche décide de mettre la retraite à 60 ans,

13:45
Locuteur 7

l'espérance de vie était à 72 ans, il fallait servir 12 ans de retraite. Aujourd'hui, l'espérance de vie à 60 ans est de 82 ans, bientôt 83.

13:55
Présentateur

Est-ce qu'on peut raisonnablement servir plus de 20 ans de retraite ? Ça n'est pas sérieux pour les générations à venir.

14:02
Locuteur 4

– Pendant que l'Europe repousse l'âge de départ à la retraite, comme en Italie et en Espagne à 67 ans, et au Danemark à 70 ans, la France ferait marche arrière, comme d'ailleurs dans beaucoup de domaines, pour revenir à 62 ans et demi.

14:18
Présentateur

– Dans le détail, le Sénat a donc supprimé la suspension de la réforme des retraites. En gros, il a rétabli la réforme Borne. Résultat du scrutin, 190 voix pour, 108 voix contre. Tout au long du débat, la gauche a tiré à bout les rouges sur la droite. Écoutez.

14:32
Locuteur 3

– Cette réforme des retraites, la façon dont elle a été menée, personne n'en est satisfait. Et même vous, qui la portiez, vous ne pouvez pas être satisfait de la façon dont ça s'est passé. – Vous assumez donc pleinement de voler des années de vie à 3,5 millions de Français. Car c'est de cela qu'il s'agit. Des années de repos méritées après une vie de travail,

14:59
Locuteur 7

c'est injuste, c'est inacceptable.

15:02
Présentateur

– En votant pour le retour de la réforme des retraites, Alain Mélon, vous prenez des années de vie aux Français. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Qu'est-ce que vous répondez à Patrick Cannaire ?

15:10
Locuteur 4

– Je lui ai répondu en séance. Je trouve qu'il est allé un peu loin quand même. – J'ai un peu de temps, parce qu'en fait, ce qu'a dit M. Henault, en 1983, lorsque la retraite a été mise à 60 ans, il y avait 4 actifs pour un retraité, et l'espérance de vie était vraiment à 73 ans. Et en plus, à l'époque, quand même, les métiers étaient autrement plus compliqués à exercer qu'actuellement. Aujourd'hui, il y a 1,7 actif pour un retraité, et l'espérance de vie est à 83 ans, quand on a atteint l'âge de 60 ans, comme d'ailleurs en 83. Ça, c'est le premier point qui me semble important. Donc, 20 ans de retraite, ça fait quand même beaucoup financer, surtout par 1,7 actif pour un retraité.

C'est le premier point.

16:01
Présentateur

– Ça fait beaucoup pour le système par répartition. – Oui, bien sûr. – C'est pas tenable pour sauvegarder un système par répartition viable.

16:08
Locuteur 4

– Non, si le système marchait, s'il y avait de quoi, c'est sûr que c'est à prendre. Mais bon, ça ne peut pas être le cas, et on va aller très vite vers des déficits considérables du système, et probablement, on va dans le mur. On va droit dans le mur si c'est comme ça. Mais moi, je voulais ajouter une chose. J'ai trouvé, d'abord, M. Caner a eu un langage un peu dur avec des métiers qui, dans les années 80, existaient, se sont nettement améliorés au point de vue de la pratique maintenant.

Mais il est allé loin aussi, parce que dire qu'on vole des années de vie à nos concitoyens, je pense, moi, que les années de vie, elles sont d'autant plus intéressantes que l'on peut travailler des métiers intéressants. Évidemment, il y a certains métiers pénibles pour lesquels il faut arrêter plus tôt. On avait aussi, au Sénat, ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel parce que c'était une loi de finances, mais on avait aussi remis tous les critères de pénibilité de la loi El Khomri, c'est-à-dire une loi qui avait été votée par les socialistes du temps de M. Hollande.

On avait remis la pénibilité, on avait remis les femmes, on avait remis les carrières longues, tout ça a été retoqué parce que c'était une loi de finances. Et nous, on l'avait fait, ça.

17:24
Présentateur

– Non, non, mais parce qu'on connaît les divergences entre la droite et la gauche

17:27
Locuteur 2

sur la réforme des retraites, sur le fond.

17:28
Présentateur

– Mais là, et c'est ce que vous dit d'ailleurs Yannick Jadot, il dit, bon ben, on aurait pu suspendre cette réforme des retraites, il dit ça aux sénateurs de droite, et ensuite voir pour la présidentielle 2027, vous 65 ans, 67 ans, on connaît un peu les positions de la droite.

17:40
Locuteur 4

– L'addition pour 2025, c'est 300-400 millions d'euros, l'addition pour 2026, c'est 1,7 milliard, etc. – Et qu'il faut sauver le régime.

17:50
Présentateur

– Mais est-ce que l'addition d'une absence de budget n'est pas encore plus élevée que l'addition de la suspension de la réforme des retraites ?

17:57
Locuteur 4

– Il n'y aura pas d'absence de budget, il n'y aura pas d'absence de budget de toute façon. Moi, je voudrais revenir sur l'âge limite, 63-64 ans. Actuellement, avec la réforme de Marisol Touraine votée par M. Cannaire alors qu'il était ministre dans le même gouvernement que Mme Touraine, le nombre d'annuités, c'est 43 ans. 43 ans, ça fait que pratiquement l'ensemble de nos concitoyens partaient à la retraite à 63 ans et 8 mois. Donc, 63 ans et 8 mois. On ne rajoute que 4 mois par rapport à 63 ans et 8 mois. Ça, les gens ne le savent pas. Alors, évidemment, M. Cannaire a dit à un moment donné, la retraite était à 62 ans. C'est vrai qu'elle était à 62 ans.

Mais quand vous partiez à 62 ans à la retraite sans avoir fait vos 43 ans d'annuité, vous partiez avec une décote considérable. Et donc, la plupart de nos concitoyens ne partaient pas à 62 ans, faisaient leurs 43 ans d'annuité et partaient à 63 ans et 8 mois. Donc, il n'y a que 4 mois de différence.

18:53
Présentateur

Mais est-ce qu'il ne faut pas revoir le système et, par exemple, ne plus faire de l'âge un critère et ne tenir compte que des annuités ? Est-ce que ça, ce ne serait pas une solution ?

19:02
Locuteur 4

Ça a été envisagé. Ça peut être une solution. Il faut regarder ce que ça donne financièrement parlant. Mais tout à fait. D'ailleurs, on l'a fait pour la pénibilité, on l'a fait pour la carrière longue, au Sénat tout au moins. Mais je pense aussi qu'il va falloir mettre en place une réflexion plus importante sur le système par répartition. C'est évident que quand on n'a plus que 1,7 actif pour un retraité, le système par répartition n'est plus viable très longtemps. Alors, il y a d'autres systèmes. Le président de la République, dans sa première mandature, avait proposé un euro cotisé, etc., pour tout le monde.

19:39
Présentateur

– Un système par point ? Que Gabriel Attal veut remettre sur la table ?

19:42
Locuteur 4

– Que Gabriel Attal remet, mais que d'autres probablement remettront sur la table. C'est un autre sujet, c'est le sujet des présidentielles.

19:49
Présentateur

– Y compris les LR ? – Pardon ? – Y compris les LR ?

19:52
Locuteur 4

– Pourquoi pas ? Ça, je ne sais pas, moi, je participerai sûrement à l'élaboration du programme. Donc, j'essaie de réduire mon affluence.

19:57
Présentateur

– Mais vous, vous dites qu'il faut passer à un système par point ? C'est quelque chose que vous allez défendre ?

20:01
Locuteur 4

– Il faut passer à un autre système que le système de répartition. J'avais proposé, aussi, pendant le débat sur les retraites, d'autoriser les caisses de retraite complémentaires à utiliser le système par capitalisation. Les fonds de pension, moi, je suis au regret de vous dire, on a actuellement, dans le domaine de la santé, c'est le seul que je connaisse bien, des groupes financiers par fonds de pension étrangers, essentiellement australiens et suédois, qui, actuellement, s'investissent dans les cliniques privées, s'investissent dans les centres de santé.

Et j'avais, moi, rencontré, il y a quelques temps en arrière, le président du MEDEF suédois, à qui on expliquait la Sécurité sociale française, et qui, en partant, me dit, je dois vous remercier, M. le Président, à l'époque, j'étais président de la Commission, parce que l'assurance maladie française finance les retraites des Suédois.

Alors, pourquoi ne pas mettre en place un système de capitalisation pour les fonds de pension, pour les caisses de retraite complémentaires, fonds de pension qui seraient garantis par l'État, avec obligation pour ces fonds de pension d'investir, essentiellement, dans la santé, dans l'armée, dans l'armement, puisque, actuellement, on a quand même un gros problème de ce côté-là.

Et, je termine, certains fonds de pension ont quand même des réserves considérables, 30 milliards, par exemple, pour un certain type de fonds de pension, dans ce terrain, ici, pourquoi ne pas les mettre sur la table et permettre, finalement, comme on a des déficits un peu partout, de réduire ces déficits, et, enfin, que les Français puissent aller dans un système purement français.

21:37
Présentateur

– Un dernier mot, juste, sur cette réforme des retraites. On a très bien compris vos positions hier, les positions de la droite sénatoriale, vous les avez réaffirmées. Est-ce que, dans la suite du processus, vous pourriez un peu les assouplir pour trouver un compromis, ou, sur la réforme des retraites, vous ne bougerez pas une virgule de ce que vous avez affirmé ?

21:54
Locuteur 4

– Il y a deux lignes rouges. Celle-là, et puis, ce que je vous ai dit tout à l'heure… – Donc, là-dessus, vous ne toucherez à rien. – Non. Et puis, la Londam, aussi.

22:01
Présentateur

– Et on va en parler. Mais, Justivière, il était également aussi question du gel des pensions. – Oui, le gel qui consiste à ne pas augmenter les pensions et les prestations sociales l'année prochaine, même si l'inflation progresse. Ça se traduit, ça se traduit par une baisse du pouvoir d'achat pour ceux qui bénéficient de ces prestations. La majorité sénatoriale a donc voté pour ce gel, sauf pour les retraites inférieures à 1 400 euros bruts et pour les adultes handicapés. Là encore, la gauche est montée au créneau. Écoutez.

22:28
Locuteur 6

– Est-ce que vous considérez que 10 millions de pauvres, ça ne suffit pas ? Est-ce que vous, quand vous vous baladez dans vos départements, vous ne constatez pas, vous aussi, que les files de l'aide alimentaire sont de plus en plus longues et qu'on a de plus en plus de gens qui tombent dans la pauvreté du fait des décisions qui ont été prises depuis maintenant des années ?

22:50
Présentateur

– Monsieur le sénateur, vous vous attaquez aux plus fragiles ? C'est ce que dit la gauche qui vous a attaqué beaucoup là-dessus.

22:56
Locuteur 4

– La gauche, encore une fois, ne joue pas le jeu. De 2014 à 2016, il n'y a eu aucune indexation des retraites et ce n'était pas la droite qui était au pouvoir. C'était M. Cannaire et ses amis politiques. Donc qu'il y ait un moment, une stabilité des pensions, c'est raisonnable pour, encore une fois, l'ensemble du régime. En 2024, les pensions ont été augmentées de 5%, 5,5%. L'addition de cette augmentation, c'est 14 milliards. En 2026, les pensions ont été augmentées de 2%. Ça a entraîné une augmentation des pensions de près de 7 milliards. On ne peut pas continuer comme ça, sauf à mettre, encore une fois, le régime en danger.

Alors évidemment, ce que vous avez dit n'est pas tout à fait exact. On a voté une stabilité des pensions au-dessus de 1 400 euros et puis la hache n'est pas dans le lot. Mais s'il y a une inflation considérable, il y a évidemment un système de surveillance de tout ça qui permettrait de réajuster au cas où. Si on a une inflation qui est inférieure ou égale à 1%, honnêtement, ça ne se verra pas beaucoup, sauf pour les petites pensions, bien sûr, et qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais on a besoin pour l'instant de stabiliser le système, en particulier dans le système de répartition. Il est en danger. où on l'arrête.

24:24
Locuteur 2

Donc tout le monde doit faire des efforts, c'est ce que vous dites.

24:26
Locuteur 4

Tout le monde. Et ça, je dis bien tout le monde, parce que aussi la gauche ne dit qu'on ne demande des efforts qu'aux pauvres et pas aux riches. C'est faux.

24:33
Présentateur

On va parler de la situation de l'hôpital. C'est l'actualité dans votre département. Et pour ça, on va retrouver Léo Pturguet. Et pas que. Enfin, on va retrouver Léo Pturguet, président et directeur éditorial de La Marseillaise. Bonjour Léo. Merci beaucoup d'être avec nous, Léo. Vous vouliez revenir avec Alain Mijon sur la situation de l'hôpital public dans le département du Vaucluse.

24:55
Alain Milon

Oui, bien sûr. Effectivement, il n'y a pas qu'en Vaucluse que l'hôpital public est en souffrance. Mais en Vaucluse, il l'est tout particulièrement. On pense aux urgences de Carpentras. On pense à la fermeture d'un bloc chirurgical à l'hôpital d'Apte. Et tout ça pose à nouveau la question des moyens. Monsieur Millon, vous venez de dire que vous demandez des contributions aux riches. Est-ce que la question pour le financement de la santé ne serait pas de mettre à contribution les revenus financiers ?

25:26
Locuteur 4

La situation des hôpitaux en général, il n'y a pas que Carpentras et Apte qui sont en difficulté. En plus, à Carpentras, ça n'est que la fermeture des urgences allongées et sur une période de la nuit en période de nuit profonde. Pas autrement. Et les urgences debout, elles sont toujours prises, même en période de nuit profonde. Ça, c'est quand même… il faut rétablir la chose. Pour Apte, c'est un autre sujet. En ce qui concerne Apte, il y a actuellement des procès qui sont en cours. La justice a été saisie. Donc, je n'interviendrai pas sur le sujet.

Pour ce qui est de la situation des hôpitaux, évidemment qu'il faut augmenter l'ondame hospitalier pour permettre aux hôpitaux, un, d'avoir le personnel nécessaire, deux, de pouvoir investir dans les matériels récents, IRM et autres.

26:14
Présentateur

Ce que veut le gouvernement, qui prévoit plus de moyens pour l'hôpital ?

26:19
Locuteur 4

Le gouvernement a mis 850 millions de plus. Les déficits des hôpitaux, c'est 3 milliards. Donc, il y a quand même beaucoup encore à faire avant d'arriver à ce qu'on ait une situation acceptable. La difficulté, c'est évidemment le financement, et là, vous avez raison. Mais la difficulté aussi, c'est le manque de personnel formé, compétent. Dans les infirmières, ça va à peu près. Mais au niveau médical, pendant des années, on a eu quand même, et tout le monde le sait, un numerus clausus qui bloquait les étudiants, qui bloquait la formation des docteurs en médecine.

On était arrivés, il y a une dizaine d'années à l'intérieur, à 7500 médecins formés pour 10 à 12 000 médecins qui partaient en retraite. Et donc, avec Mme Buzyn, à l'époque, il a été décidé la suppression de ce numerus clausus. Donc, maintenant, on est à 13 500 médecins en formation qui n'arriveront sur le terrain que 10 ans après. C'était en 2022. Donc, ils arriveront sur le terrain en 2032. Et puis, il y a eu d'autres réformes, en particulier la réforme de Philippe Buzyn, et puis des amendements qui ont été mis en place, en particulier sur la quatrième année de médecine, à faire dans un cabinet médico-libéraux.

Et cette quatrième année de médecine, et ces médecins-là vont sortir en novembre 2026. Alors, pour l'instant, la situation est compliquée, et il y a une concurrence terrible entre l'hôpital public et les cliniques privées, les fameux fonds de pension. Et évidemment, les cliniques privées payant beaucoup mieux le personnel médical que l'hôpital, pour l'instant, que l'hôpital public, les médecins, les professionnels de santé partent plus facilement dans le privé que dans le public. Donc, tout ça, c'est en train de se résoudre progressivement. Et j'entends bien ce que vous dites. D'ailleurs, on en avait discuté ensemble à Sorgue, à une certaine époque.

Il n'y a pas si longtemps, il y a deux ou trois mois en arrière.

28:19
Alain Milon

Absolument.

28:20
Locuteur 4

Où on avait fait une réunion avec le Parti communiste et moi, en présent. Donc, ce n'était pas si évident que ça, surtout à Sorgue.

28:26
Alain Milon

C'était un vrai débat.

28:27
Locuteur 4

C'était un vrai débat. On avait trouvé pas mal de terrains communs, d'ailleurs, à l'époque. Donc, la situation, c'est celle-là. Il n'y a pas de solution miracle, tout le temps qu'on n'aura pas formé le personnel suffisant. Ce qui est dommage, c'est que pendant des années, on n'a pas formé suffisamment de médecins. Maintenant, je ne vais pas être méchant avec la mandature précédente, mais je me souviens d'une ministre qui disait qu'il n'y a jamais eu autant de médecins sur les territoires français qu'en ce moment.

28:59
Présentateur

Merci, Léo. Merci d'avoir été avec nous, Léo. La Une de la Marseillaise, c'est un autre sujet. C'est Jeanne Provenceau qui refuse de faire la guerre. C'est à la une de votre journal. Un dernier mot, Alain Milon, parce qu'à l'issue des débats, on devrait avoir un déficit de la sécurité sociale entre 15 et 20 milliards.

29:17
Locuteur 4

17,6.

29:18
Présentateur

Selon ce qui sort du texte. et d'un éventuel compromis. Est-ce qu'il faut revoir notre modèle social ?

29:24
Locuteur 4

Oui. De quelle manière, du coup ? Oui. Tout ce qui est branche famille, branche ATMP, branche retraite ou branche autonomie, ça doit rester dans le domaine des cotisations. Mais est-ce qu'il est normal que 30% des Françaises et Français, dont vous faites partie, cotisent actuellement pour permettre le soin le mieux possible, le meilleur possible à 100% des Français ? Donc là, il y a un vrai problème au niveau de la santé, puisqu'on a des déficits considérables. L'essentiel des déficits de la sécurité sociale, c'est le déficit de santé en plus.

Donc, il faut revoir le système de financement, non pas de la sécurité sociale, mais le système de financement de la branche maladie et de la sécurité sociale.

30:12
Présentateur

De quelle manière, du coup ?

30:13
Locuteur 4

C'est une réflexion à mettre en place aussi, parce que, bien évidemment, les cotisations, ça rapporte pas mal d'argent, mais il y a les taxations, il y a les impôts, il y a peut-être d'autres systèmes de financement. Si on rentre là-dedans, on va me dire que je suis en train de mettre en place un programme présidentiel, alors que pour l'instant, je ne suis pas autorisé à le faire.

30:32
Présentateur

– Merci Alain Milon, on attendra du coup que vous écriviez le programme présidentiel DLR. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Le vote du budget de la sécurité sociale, c'est cet après-midi, commission mixte paritaire à suivre à partir de 19h30. Merci d'avoir été avec nous Alain Milon. Steve, nous on se retrouve dans 20 minutes pour la rue de presse régionale. – Et on parlera de la victoire de l'OM, tiens, la victoire de l'OM en Ligue des champions. – Ah, ça c'est une bonne nouvelle. – Ça, c'est une bonne nouvelle Alain Milon, d'accord.

30:58
Locuteur 4

– Voilà, c'est l'acteur du coin. – Je soutiens Lens, moi je suis originaire de Lens.

31:00
Présentateur

– Et vous étiez content de la victoire de l'OM ?

31:02
Locuteur 4

– Bien sûr. – Nous aussi. – On va en parler. – À tout à l'heure.

31:05
Présentateur

– Mais d'abord, on repart le budget. Johanna Roland nous rejoint. – Bonjour Johanna Roland. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être l'invité de cet entretien. Vous êtes maire socialiste de Nantes, première secrétaire déléguée du Parti socialiste et présidente de France Urbaine, l'association qui regroupe les grandes villes et les métropoles. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesseroton du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.

31:42
Locuteur 2

– Bonjour Auriane, bonjour Johanna Roland.

31:44
Présentateur

– Bonjour. – On va évidemment parler du budget pour commencer, Johanna Roland. Le Sénat qui a donc rejeté hier soir la suspension de la réforme des retraites, c'était la clé du Parti socialiste pour un compromis. Est-ce qu'après ce vote, vous croyez ce matin encore à un compromis ? – Vous le savez, nous socialistes, on est entrés dans ce débat parlementaire, dans ce débat budgétaire, avec un premier objectif qui était d'arracher ce qui était devenu, disons-le, le totem de la Macronie avec cette réforme des retraites.

Sans beaucoup de surprises, je dois l'avouer, hier soir, les sénateurs de droite se sont évertués à remettre toutes les horreurs qui étaient contenues dans la copie initiale du projet de loi de finances de la sécurité sociale. C'est quoi le problème derrière ? Ce n'est pas le débat entre la droite et la gauche, c'est les Françaises et les Français. C'est que derrière, ce sont les plus modestes, les classes moyennes, les femmes, je le rappelle quand même au passage, qui seraient pénalisées. Bon, ce soir, il y a une commission mixte paritaire. Je doute un peu qu'elle soit totalement conclusive.

La réalité, c'est que le texte va retourner à l'Assemblée, que c'est l'Assemblée qui aura le dernier mot. Et ce que je peux vous dire ce matin sur votre plateau, c'est que les socialistes vont se battre jusqu'au bout sur ce sujet. Est-ce que les socialistes Olivier Faure a eu des échanges avec Sébastien Lecornu depuis le vote du Sénat ? Olivier Faure a surtout eu des échanges avec les députés socialistes, avec l'ensemble des députés de gauche et écologistes. Et donc, je vous le dis, ce sujet pour nous, il est central, il est majeur. Nous serons absolument intraitables sur cette question.

Et ce qui veut dire que pour que ça aille au bout, et Amélie de Montchalin le répète, pour qu'il y ait suspension de la réforme des retraites, il faut qu'il y ait un budget. Est-ce que ça veut dire que les socialistes, à minima, s'abstiendront sur ce budget de la Sécurité sociale ? Eh bien, pour l'instant, nous allons nous battre, nous allons travailler, nous allons nous opposer à tous les retours en arrière. Et le moment venu, nous prendrons notre décision collective. Mais pour le moment, Eva, dans quel sens cette décision ? Depuis hier soir, avec le dit tricotage des sénateurs, si vous me posez la question, est-ce qu'on pourrait voter ce qui sort du Sénat là, à l'instant ?

La réponse est évidemment non. Bien sûr qu'il faut un budget pour le pays, mais un budget de justice. D'abord parce qu'il n'y aura pas de stabilité pour la France sans de la justice sociale, fiscale, écologique. Donc nous, c'est cette ligne que nous allons tenir.

34:05
Locuteur 4

Vous arrivez à rester optimiste, quand même ? Vous pensez que c'est faisable, tout ça ? Un budget avant la fin de l'année ?

34:11
Présentateur

Écoutez, je pense que le pays a besoin d'un budget. Parce que nos collectivités ont besoin d'un budget pour fonctionner les associations. Ensuite, je vais vous dire une chose très simple. Les socialistes ne peuvent pas être responsables pour tout le monde. Donc on est dans le moment où chacun doit prendre sa part du travail. Mais y compris vous, parce que vous entendez, la droite dit que le gouvernement est dans la main du PS. Le PS en demande trop. Est-ce que, alors sur la suspension de la réforme des retraites, on a compris que ça, ça restera une de vos lignes rouges, mais est-ce que sur d'autres points, vous êtes prêts au compromis et à dire ça, ok, on retire ?

Franchement, je crois que les socialistes ont fait la preuve toutes ces dernières semaines et tous ces derniers mois qu'ils étaient prêts, que nous étions prêts au compromis. Il y a une copie qui est sortie de l'Assemblée nationale. Alors je le dis, c'est un peu délicat, on est sur Public Sénat. Mais la vérité, c'est que c'est à l'Assemblée nationale que le dernier mot va se jouer. Et donc c'est là que, oui, nous allons mettre toutes nos forces dans cette bataille. Il n'est pas question, à aucun moment donné, que la suspension de la réforme des retraites ne soit pas une avancée tangible, concrète pour les 3,5 millions de Français qui en ont besoin.

Mais est-ce que je ne rappelle pas que vous allez réussir à faire passer ce budget ? Est-ce que vos collègues écologistes, vos collègues communistes sont prêts à vous suivre sur une abstention ? Eh bien, je crois que ça dépend de la suite des discussions. Je veux dire, on n'est pas au bout des échanges. Le travail n'est pas terminé. Moi, franchement, je comprends que quand on est un parlementaire écologiste, on dise c'est quoi les mesures écologiques qui sont mises sur la table. Enfin, on ne va quand même pas reprocher à ceux qui ont été élis pour défendre des convictions, de porter ces convictions.

C'est ça la noblesse du débat démocratique et en particulier quand on veut donner plus de place aux parlementaristes. Donc la question, elle s'adresse aujourd'hui au bloc central, aux 210 parlementaires qui sont censés soutenir la ligne de Sébastien Lecornu. Il faut être présent dans l'Assemblée, il faut assumer, il faut prendre sa part de responsabilité. Je le redis, il n'y aura pas de stabilité sans justice. Un compromis semble possible sur le budget de la Sécurité sociale, il semble plus compliqué sur le budget. Même les socialistes disent sur le budget, le compte n'y est pas. Qu'est-ce que vous attendez de plus du gouvernement sur ce sujet ?

Olivier Faure l'a dit clairement sur la partie du budget et si nous avons voté contre, je le rappelle, la partie recette, contre avec l'ensemble de la gauche, avec nos partenaires écologistes, avec nos partenaires communistes, c'est parce que pour pouvoir corriger la partie dépense, il fallait d'abord corriger la partie recette. Donc ça, c'est l'étape 1. Il y a besoin d'aller chercher des recettes si on veut financer non seulement ce qui concerne la vie des gens, mais ensuite les politiques publiques.

J'en dis un mot parce qu'on en parle beaucoup moins, mais ce qui se prépare sur l'éducation, sur la santé, sur l'écologie, sur la sécurité, je donne un exemple, est-ce qu'on mesure que les fonds dédiés à la prévention de la délinquance dans le budget tel qu'il est là, baissent de 17% ? C'est quand même totalement surréaliste. Donc de ces sujets de contenu, il va falloir discuter, trouver des solutions si les uns et les autres veulent réussir à avancer. – Ça veut dire que là vous n'êtes pas fermé, vous socialiste, un vote, une abstention sur le budget ? – Aujourd'hui, le compte n'y est pas du tout, absolument pas du tout.

Le premier secrétaire, Olivier Faure, l'a dit, donc il faut se mettre autour de la table, travailler, faire des propositions. Ce qui est clair, c'est qu'en l'État, aujourd'hui, sur le PLF, le vote est contre. – Du coup, Sébastien Lecornu se trompe quand il dit qu'il y a encore une majorité pour voter les budgets ? – Mais vous le voyez bien, on n'est pas à la fin du travail. Donc il faut être autour de la table, faire des propositions, faire son boulot. Mais je le redis, les socialistes ne peuvent pas être responsables pour tout le monde. – Mais tout est possible, mais tout est possible. – Mais le travail n'est pas fini. – C'est ce que vous dites. – Le travail n'est pas fini.

– Et qu'est-ce que vous dites à la droite à Bruno Retailleau qui dit que le gouvernement est dans les mains du PS ? – Eh bien, je lui dis qu'il devrait s'habituer. Parce que quand la gauche va regagner dans ce pays, nous menerons une vraie politique de gauche. Et ce qui est en train d'être négocié là, le projet de loi de finances de la sécurité sociale, ce n'est pas une politique de gauche. C'est un budget d'attente, puisqu'on le sait. Ce budget, ça a été dit tout à l'heure, c'est vrai, ni le budget du Sénat, ni le budget de l'Assemblée. Ce ne sera ni le budget de Sébastien Lecornu, ni le budget des socialistes.

En revanche, quand nous aurons regagné dans ce pays, oui, nous proposerons aux Françaises et aux Français un budget qui les protège, en particulier les classes moyennes et les plus modestes. – Est-ce que vous ne regrettez pas quand même un peu, quand vous voyez la tournure des débats, d'avoir demandé à Sébastien Lecornu d'abandonner le 49-3 ? – Non, je crois que c'était une forme de maturité, de se dire que dans le moment dans lequel on est, qui est assez inédit, auquel la France n'est pas habituée, disons-le, il y a ce travail qui est mis sur la table. Donc, non, pas de regrets. – Mais là, ça ne vous coince pas un peu, vous socialistes ? Ça ne vous aurait pas arrangé quelque part un 49-3 ?

– Moi, je le redis, on est encore au milieu du chemin. Donc, je veux savoir, à la fin de l'histoire, ce sera quoi la copie sur l'éducation, sur la santé, sur la sécurité, sur le logement. Vous le savez, je suis première secrétaire déléguée, mais je suis aussi maire. Et je peux vous dire que la vérité, c'est que les Françaises et les Français commencent à regarder tout ça avec beaucoup de circonspection. Ce qui les intéresse, c'est, à la fin de l'histoire, il y a quoi sur la copie ? Et en fonction de ça, nous prendrons nos responsabilités.

– Est-ce que ce serait un casus belli si Sébastien Lecornu finit par dire, bon, pour faire passer le budget et pour faire passer la suspension de la réforme des retraites, il faut en passer par un 49-3 ? – Je crois que ce serait un échec. Enfin, on ne peut pas dire pendant… – Un échec, oui, mais est-ce que ça voudrait dire censure des socialistes ? – On ne peut pas dire pendant des semaines et des semaines qu'il faut travailler, faire des propositions, faire revue de la démocratie parlementaire et puis changer de pied tous les quatre matins. De ça non plus, les Français ne veulent pas. – Mais ça vaudrait censure ? Écoutez, on verra à ce moment-là. Qu'est-ce qu'il y a sur la table ?

Pour faire quoi ? Quel budget ? Enfin, moi, mon sujet, c'est de protéger les Françaises et les Français. C'est de proposer des améliorations concrètes dans la vie de tous les jours. Je ne vais pas vous donner une position en l'air. Nos parlementaires bossent et moi, je veux les remercier vraiment pour le boulot qu'ils font, qui est exigeant, qui est parfois ingrat, qui est, je le dis, d'un niveau de mécanique parlementaire. Il faut mesurer que parfois, les Françaises et les Français commencent à regarder avec un peu de distance. Vous savez, sur le terrain, la vérité, c'est que les Françaises et les Français, ils attendent la fin de l'histoire.

Et en fonction de la fin de l'histoire, je crois qu'ils se feront leur propre avis. – Est-ce que vous accepteriez des ordonnances ? – Je crois que ce budget doit être voté. Parce que la démocratie, c'est pouvoir prendre ses responsabilités, comme nous l'avons fait sur le volet recettes. Ce volet recettes était insuffisant. Avec nos partenaires de gauche écologistes, nous avons dit, c'est non. – Est-ce que vous comprenez la France insoumise qui brandit déjà la menace d'une motion de censure en décembre ? – Non, mais la France insoumise, on connaît leur stratégie. Reconnaissons leur immérite, elle n'a pas changé depuis des mois et des mois.

Aller le plus vite possible à l'élection présidentielle pour que Jean-Luc Mélenchon soit candidat, la destitution du président de la République. Ce n'est pas notre ligne, ce n'est pas notre stratégie, et vous le savez.

40:59
Locuteur 4

– Vous, vous pensez que ça peut tenir jusqu'en 2027, tout ça ?

41:03
Locuteur 2

Bonne en malin.

41:04
Présentateur

– Je crois que personne n'a intérêt à précipiter le désordre, le vacarme et le chaos. En tout cas, ce n'est pas la position des socialistes. – On va parler de ce qui concerne les collectivités. Sébastien Lecornu, lors des différents congrès des collectivités, a fait plusieurs annonces, notamment sur le plan financier. Est-ce que vous avez le sentiment, vous, maire, d'avoir été entendue par le Premier ministre ? – À ce stade, on n'y est pas encore. Je le redis, il faut quand même mesurer. L'année dernière, l'effort qui était demandé aux collectivités, globalement, ce qu'on appelle la ponction, et ce qui s'y ajoutait, c'était 2 milliards. Là, on est à 6 milliards.

Moi, je voudrais qu'on comprenne bien une chose. Quand les collectivités locales se battent, comme elles le font dans la période, ce n'est pas pour elles-mêmes. C'est pour trois raisons. Un, l'économie de ce pays. Il y a quand même un sujet complètement absurde, je vous le dis comme je le pense dans ce qui est mis sur la table, autour des impôts industriels. Est-ce que vous savez que les villes qui vont être pénalisées, je le dis comme présidente de France urbaine, Cherbourg, Dunkerque, Le Creusot, il y a un consensus dans le pays sur la réindustrialisation du pays, et finalement, on va pénaliser les territoires qui y contribuent. Premier problème, problème économique.

Deuxième problème, problème écologique. Les grandes villes, c'est deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. On sort de la COP, on sait qu'il faudrait 11 milliards pour les collectivités à investir sur la transition écologique, et pendant ce temps-là, on divise le fonds vert par quatre. Où est la cohérence ? Il y a quand même un problème. Troisième sujet, un sujet démocratique. Qu'est-ce qui se joue derrière ? Ce n'est pas seulement des enjeux financiers. C'est la libre administration des collectivités locales, et derrière, c'est la décentralisation. Donc derrière, le sujet, c'est quoi le modèle français qu'on veut ?

Moi, je suis pour un État fort, un État régalien, mais aussi un État qui décentralise et qui décentralise mieux. Je prends trois exemples concrets. L'emploi des jeunes, la prévention de la délinquance et l'écologie. Emploi des jeunes, le budget des missions locales va être diminué de 13%. Fonds vert, diminué par quatre. Les fonds sur la prévention de la délinquance, alors qu'on dit qu'il faut s'occuper sérieusement des sujets de sécurité, moins 17%. Où est la cohérence ? Vous voyez bien que quand les collectivités locales se battent, c'est pour derrière continuer à être en capacité d'amener des solutions aux gens. C'est ça qui nous mobilise, c'est ça qui nous intéresse.

43:16
Locuteur 4

François Sauvadet, président des départements de France, Jean-Louis Borloo, dans un autre registre, qu'on entend un peu plus ces dernières heures, crie à la faillite, en fait. Vous êtes à la tête d'une collectivité locale,

43:27
Locuteur 2

c'est votre perception de la situation ?

43:28
Présentateur

Ce qui est certain, c'est que si la copie était maintenue, pour la première fois, un certain nombre de grandes villes du pays, qui sont, je le rappelle, le moteur de l'investissement, n'oubliez jamais que 70% de l'investissement public en France passe par les collectivités locales. Si cette copie déraisonnable était maintenue, pour la première fois, certaines grandes villes basculeraient dans ce qu'on appelle l'épargne nette négative. Ce serait quoi les conséquences ? Un, ralentissement économique, quand les grandes villes sont aussi le moteur de la prospérité du pays. Deux, effet contre-productif sur la dette.

Puisque, évidemment, s'il y a épargne nette négative, là où il y a des travaux, des chantiers qui ont été lancés, mais où les règles du jeu sont modifiées à la dernière minute du match, évidemment, le maire, il va finir de construire son école. Et donc, l'effet sur le déficit sera contre-productif. Donc, oui, moi, je ne fais pas partie de ceux qui disent circuler, il n'y a rien à voir, les collectivités ne doivent pas faire d'efforts. À France Urbaine, on a même fait une contre-proposition. On l'a mis sur la table. Mais l'effort, il doit être soutenable, il doit être raisonnable. Sinon, finalement, l'effet concret va être l'inverse du discours annoncé.

Bercy envisage d'augmenter la taxe foncière pour environ 7 millions de foyers. C'est de l'argent qui va dans les caisses des collectivités. Est-ce que vous, vous êtes favorable à cette augmentation ? D'abord, permettez-moi de dire quand même que Bercy n'est pas à une hérésie prête pour ne pas dire plus. Leur créativité est quand même parfois sans limite. Donc, cette annonce est aussi absurde que choquante. Et je peux vous dire que l'ensemble des associations d'élus, j'ai eu plusieurs de mes collègues au téléphone, sont clairement opposés à cette annonce précipitée qui est un problème sur le fond et sur la forme. Vous demandez à Bercy d'y renoncer ?

Vous demandez au gouvernement d'y renoncer ? Mais pourtant, ce que dit Amélie de Montchalin, c'est que c'est de l'argent qui va dans les cadres des collectivités et qui demande le type de financement. Avec quelle concertation ? Avec quelle étude d'impact ? Enfin, à un moment donné, on ne peut pas diriger les choses comme ça à la petite semaine, ce n'est pas possible. Donc, vous dites qu'il faut y renoncer. Un dernier mot sur cette question budgétaire. Est-ce qu'une nouvelle rencontre est prévue entre Olivier Faure, le Parti Socialiste et Sébastien Lecornu ?

Mais le premier secrétaire du Parti Socialiste échange avec le Premier ministre quand le Premier ministre en fait la proposition au président de groupe et aux responsables de parti. Et c'est bien logique. Donc, il n'y a pas aujourd'hui de rendez-vous spécifique prévu. Il y a un dialogue qui continue. Mais qui, je le redis, doit continuer avec l'ensemble des parlementaires. Parce que là où ça se joue, ça va être celles et ceux qui vont voter. Et donc, la responsabilité des parlementaires, de droite, des parlementaires, du bloc central, c'est là que l'avenir va se décider pour notre part.

On va défendre les Français, on va défendre nos convictions, on va proposer aussi des solutions comme on l'a fait depuis le début. Je prends un exemple. Le travail que mène Guillaume Garraud sur le sujet de la désertification médicale. À quel moment ces sujets avancent concrètement ? Je peux vous dire ce qu'attendent les Françaises et les Français. C'est ça sur les sujets de leur vie quotidienne, se loger, se déplacer, se nourrir, la sécurité, est-ce que oui ou non, leurs responsables politiques leur amènent des solutions ? Et justement, on va parler de la sécurité, Fabrice. Oui, et pour terminer sur le sujet taxes,

46:38
Locuteur 2

est-ce que vous faites partie des élus de gauche qui pensent qu'il faut rétablir une taxe d'habitation ?

46:42
Présentateur

Je fais partie des élus de gauche qui pensent que c'est un problème quand l'État a failli à toutes ses paroles. Suppression de la taxe d'habitation, ça devait être compensé, ça ne l'est pas. Suppression de la CVE, c'était demandé par personne, ça n'a pas été compensé. Donc ma première priorité pour l'instant, c'est que l'État tienne enfin sa parole.

47:04
Locuteur 4

Sur la sécurité ? Oui, sur la sécurité, on a vécu une nouvelle séquence très dure à Marseille, à Grenoble notamment, le maire de Grenoble l'été. Sur ce plateau il y a quelques jours, sur la question du narcotrafic, que plaide l'EPS sur ce sujet ?

47:16
Locuteur 2

Que plaide l'EPS pour en sortir de cette crise autour du narcotrafic ?

47:20
Présentateur

L'EPS, c'est d'une lucidité implacable. Vous savez, nous avons, vous l'avez rappelé, beaucoup de maires en situation de responsabilité dans de nombreuses villes du pays. Donc nous sommes en première ligne pour savoir que le narcotrafic est un fléau qui gangrène nos villes et nos villages. Donc nous appelons à ce que notre pays puisse se doter de moyens à la hauteur de ce sujet. Jérôme Durin, sénateur socialiste, avait beaucoup travaillé avec son collègue, il a été à l'initiative, vous le savez, de la loi sur le narcotrafic. Je soutiens ce travail qui a été mené.

De la même manière que la France s'est dotée d'outils de haut niveau pour lutter contre le terrorisme, le pays doit se mobiliser avec la même intensité sur la question. Vous êtes d'accord avec le gouvernement ? C'est ce que dit Emmanuel Macron ? Sur ce sujet, je considère que le narcotrafic est une priorité et qu'on doit s'en saisir. Ensuite, plus globalement, sur les questions de sécurité, on a besoin d'activer tous les maillons de la chaîne. Sur lequel, il y a beaucoup de reproches que s'en fait quand même aux socialistes sur ce sujet-là.

Vous savez, moi en 2023, je prenais l'initiative avec 50 maires, de gauche comme de droite, d'appeler un grand plan national et européen pour lutter contre le narcotrafic. Nous faisions un certain nombre de propositions précises. Sur la sécurité. Parcès spécialisé. Ça va bientôt être chose faite. Ça fait trois ans que je le demande avec d'autres. Des moyens de renseignement accélérés. Des moyens sur l'enquête judiciaire. La vérité, c'est qu'il y a des moyens colossaux financiers. Énormes du côté des narcotrafiquants. À un moment donné, on ne peut pas se contenter de réponses à peu près.

Donc, la gauche des maires socialistes en responsabilité, je peux vous dire que c'est de se confronter aux enjeux de sécurité tous les jours. Aucun angélisme. Puis vous savez, mener la bataille pour la sécurité, c'est aussi mener la bataille pour l'égalité. Donc, la gauche peut être très à l'aise sur ces questions. Est-ce que, comme votre collègue maire de Grenoble, Éric Piolle, vous seriez favorable à la dépénalisation du cannabidi ? À titre personnel, c'est un sujet sur lequel je suis extrêmement partagée, je le dis. Parce que quand on regarde les choses du point de vue de la tranquillité publique et de la sécurité, je crois que la question peut se poser.

Quand on la regarde du côté de la santé publique et notamment du côté de la santé de nos adolescents, je garde quelques doutes. Donc, je suis à ce stade très partagée à titre personnel sur cette question. Sur les élections à venir et la présidentielle, hier, on a publié notre baromètre au DOXA pour Public Sénat, la presse régionale. Jordan Bardella, largement devant au premier tour, vainqueur au second tour, quel que soit son adversaire, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Luxman. Qu'est-ce que vous dites de ça ? D'abord, je crois que ce sondage appelle chaque responsable politique à la plus grande humilité et à la plus grande responsabilité.

50:12
Locuteur 4

Donc, vous le prenez au sérieux, ce sondage ?

50:14
Présentateur

Je me permets un bémol. Un sondage à 18 mois, sur un échantillon, avec ce nombre de personnes, qui va jusqu'à faire des pronostics de deuxième tour ? Bon. Mais, laissons ce sondage de côté. On ne peut pas faire comme si on ne voyait pas qu'il y avait une réalité des rassemblements nationaux qui montent, qui s'organisent et qui se structurent. Pourquoi, avec Olivier Faure, avec Marine Tondelier, avec François Ruffin, nous portons cette idée d'un candidat commun de la gauche à l'élection présidentielle ? Parce que nous considérons que, dans ce moment historique, notre responsabilité, c'est de faire en sorte que la gauche soit au deuxième tour de l'élection présidentielle.

Sauf qu'il y aura forcément deux candidats de la gauche. Vous n'allez pas faire une candidature commune avec Jean-Luc Mélenchon ? Non, je vous le confirme. Donc, il y aura deux candidats de la gauche à minima à la présidentielle. Deux candidats de la gauche, ce n'est pas la même chose que huit candidats de la gauche. Vous pensez que la primaire, elle peut avoir lieu ? Raphaël Luxman ne veut pas y participer. Moi, je crois que, face à l'histoire, le moment venu, chacun devra se dire est-ce qu'on a tout fait pour empêcher l'arrivée de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen ? Il y a une chose qui est certaine. S'il y a sept candidats de gauche, nous aurons failli.

Parce que nous n'aurons pas tout fait pour empêcher l'arrivée du RN. Mais ça veut dire que le PS peut renoncer à une candidature PS à la présidentielle ? Ça veut dire que le PS peut gagner cette primaire, surtout. Je suis première secrétaire déléguée du Parti Socialiste. Donc, qu'est-ce qu'on fait, nous ? D'abord, on travaille. On a confié à Chloé Rydel, je le dis, parce qu'une des choses qu'Olivier Faure a mis en place, c'est aussi de faire monter une nouvelle génération de responsables politiques. Chloé Rydel, députée européenne, talenteuse, et celle à qui on a confié le soin d'écrire le projet. Ce projet, ensuite, il va être porté dans une plateforme programmatique commune.

En ce moment, vous savez, on le fait discrètement à Babui, mais ça bosse. C'est 156 auditions qui ont été réalisées parce qu'on a cherché des experts, des chefs d'entreprise, des acteurs associatifs. Réinvitez-moi sur votre plateau dans quelques mois et je viendrai vous parler de notre projet. Avec plaisir, mais est-ce qu'à l'heure actuelle, le candidat pour porter le rassemblement que vous appelez de vos voeux, ce n'est pas Raphaël Luxemann ? Moi, je crois que quand on est démocrate, quand on est attaché au travail en commun, on a plutôt intérêt à s'inscrire dans une aventure collective. Donc, j'invite Raphaël à venir mettre son talent au service du collectif.

Et à participer à la primaire ? Naturellement. Merci, Johanna Roland. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Fabrice, la une du bien public, c'est la guerre numérique, ingérence étrangère. Attention aux fossiles d'information. Y compris régionales. Et c'est à la une des journaux du groupe Ebra. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On regarde ce qu'il fait la une dans nos régions. Et c'est l'heure de notre reportage en région à la prison des Beaumettes à Marseille pour aider à la réinsertion, à l'accueil, un restaurant, les Beaumets. Il est ouvert du lundi au vendredi pour le service du midi. La quinzaine de détenus qui y travaillent est recrutée après des entretiens assez poussés.

Cécile Sicsou, s'y est rendue. Des riz d'agneau et des ravioles de champignons. Le menu pourrait faire penser à un restaurant ordinaire. Pourtant, derrière ce décor chaleureux, il y a les barbelés et la prison. Car les Beaumets est un restaurant particulier situé au cœur des Beaumettes, la prison marseillaise. Ici, les serveurs sont des détenus, tout comme les commis dans les cuisines. Je suis en train de faire la crème pour le gravelax. Isabelle s'occupe des entrées. Incarcérée depuis avril 2024 pour une peine de 7 mois de prison, elle a été recrutée pour sa bonne conduite après un entretien. Pour moi, c'est vraiment un échappatoire. J'ai toujours travaillé.

Moi, je travaille depuis l'âge de 14 ans. Et c'est vrai que rester dans la cellule sans rien faire, moi, c'est pas possible. Voilà. Donc, ça me permet de prendre un bol d'air. L'équipe est très sympathique. On s'entame bien. Trois jours par semaine, elle apprend la cuisine sous la houlette de Valentin, le chef.

54:07
Locuteur 7

Il y en a beaucoup qui connaissent absolument rien de la cuisine. Ils n'ont jamais touché de casserole. Ils ne savent pas d'où viennent les produits ou comment s'appellent les produits. Donc, il y en a certains, il faut vraiment tout leur apprendre.

54:20
Présentateur

Apprendre un métier à se condamner à moins de deux ans de prison et les aider à se réinsérer dans la société, leur donner une deuxième chance, c'est le pari fait par l'administration pénitentiaire avec l'association Festin. Depuis l'ouverture du restaurant il y a trois ans, 110 détenus sont passés par ce programme. C'est chouette d'être aux entrées. Ben oui, ça me change un peu, c'est bien. Les personnes détenues qu'on accompagne, il faut savoir qu'ils sont la moitié du temps sur le plateau et l'autre moitié du temps, ils ont un accompagnement par notre chargé d'insertion professionnelle.

Ils les reçoivent en entretien, en atelier collectif ou individuel pour les faire progresser sur leur projet professionnel à la sortie. Elles organisent des immersions dans les entreprises pendant qu'ils sont encore avec nous au beau mai. Donc ça veut dire qu'ils sortent déjà à l'extérieur. Ou aussi des stages qui ne sont pas dans la restauration parce que notre idée, ce n'est pas tout prix qui continue dans la restauration, mais c'est bien qu'ils trouvent leur voie. Côté clients, le restaurant est ouvert tous les midis en semaine aux personnes venant de l'extérieur qui sont accueillies par un agent pénitentiaire.

55:22
Locuteur 1

Si vous avez des questions, n'hésitez pas, posez-moi-les. C'est gratos. Vous disiez, ils peuvent sortir un jour et après on rentre aussi, vous disiez. On leur donne des permissions pour aller faire soit les stages, soit les formations, soit se présenter même chez des futurs employeurs.

55:34
Présentateur

Pour rentrer au restaurant, il faut montrer pâte blanche, pas de casier judiciaire, pâte portable et n'espérez pas boire du vin. L'idée pour l'administration pénitentiaire, c'est aussi de donner une autre image de la prison.

55:47
Locuteur 4

On a beaucoup de fantasmes effectivement sur la prison et c'est l'occasion pour nous

55:53
Présentateur

de faire connaître ce milieu très spécifique effectivement. Plus de 12 000 curieux ont testé la table des Beaumais où le menu semble tenir ses promesses. J'avoue qu'en aligo avec le parmesan,

56:08
Locuteur 5

les aromates, les oignons pris, c'est délicieux. Si ça continue comme ça, c'est sûr qu'on revient tous les mois quand ça change de revenu.

56:16
Présentateur

Isabelle, qui doit sortir en décembre, espère trouver rapidement un emploi. Elle envisage de travailler dans un restaurant à mi-temps en Ardèche. Et si, on va voir ce qu'est à la une de nos quotidiens régionaux. D'abord, on parle beaucoup du retour du service militaire ce matin. Oui, à la une de la dépêche du midi qui nous explique notamment pourquoi et comment ce service va revenir dans le contexte de la guerre en Ukraine et plus généralement des tensions internationales. Emmanuel Macron va annoncer un service militaire basé sur le volontariat. Pas question d'envoyer nos jeunes en Ukraine, a-t-il dit hier sur RTL. La durée envisagée par le chef de l'État serait de dix mois.

Le service est rémunéré à hauteur de plusieurs centaines d'euros, annonce d'Emmanuel Macron à suivre demain. Aureanne. Attention aux faux médias locaux. Plusieurs journaux dont l'Alsace mettent en garde les faux sites d'infos pullulent sur Internet. Ils sont générés par intelligence artificielle et diffusent des fake news au service de la propagande russe. L'objectif est de polluer le débat public à l'approche des élections municipales du mois de mars. Selon Reporters sans frontières, on compterait 85 faux sites francophones actifs. Ils ont déjà publié près de 14 000 articles depuis le mois de février. Aureanne. A Bordeaux, beaucoup de questions.

Et beaucoup d'émotions après qu'un étudiant de 17 ans a été retrouvé mort hier dans la cour d'un établissement bordelais. Ça fait la une de Sud-Ouest. Acte de désespoir aux chutes accidentelles. Une enquête a été ouverte par la police. Le maire de Bordeaux, Pierre Urmic, s'est rendu sur place. Des cellules d'écoute ont été installées pour les élèves et les personnels de l'établissement. Le secteur de la distribution poursuit sa transformation. Les supermarchés Auchan s'est terminé. En tout cas sous cette bannière. Elle a eu la voie d'une heure aujourd'hui. D'ici à la fin de l'année prochaine, Auchan, qui est en difficulté, va changer de nom. Ces magasins vont passer sous franchise.

Ils pourraient passer sous l'enseigne intermarché. Ça pourrait prendre effet d'ici à la fin de l'année prochaine. Ça concernerait environ 300 magasins. Un coup de massue pour les salariés du groupe nordiste, nous dit le quotidien La Voie du Nord. Allez, on termine par la meilleure nouvelle de la soirée pour le peuple marseillais. Je ne sais pas. La nouvelle pour le foot français en Ligue des champions hier. Effectivement, l'OM a renversé les Anglais de Newcastle 2-1 après un début de match très compliqué. Deux buts signés Aubameyang. L'OM qui se replace dans le classement alors qu'il reste encore trois matchs à disputer dans la première phase de la compétition.

La Provence est contente ce matin. Oriane est contente ce matin. Tout le monde est content ? Tout le monde est content. Vous aussi ce soir. Même moi. C'est vrai ? Non, pas ça. PSG total. On en reparlera demain matin. Merci beaucoup. Merci Steve pour cette revue de presse. On continue l'actualité dans nos régions et on va voir ça avec nos partenaires de la presse locale. On va à tour. Bonjour Michael Texier. Merci beaucoup d'être avec nous, rédacteur en chef de Val-de-Loire TV. Alors, votre région, et plus particulièrement, le Loir-et-Cher a dit hier au revoir à deux de ses plus célèbres habitants.

59:13
Locuteur 6

Et oui, ce dimanche a déroulé au zoo-parc de Beauval. Un dernier goûter en public pour ces deux habitants qui sont des pandas, Yuan Yuan et Yuan Zi. Les deux spécimens sont retournés en Chine, vous l'avez dit. Dès mardi, départ 5h du matin, direction l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sous bonne escorte. La foule nombreuse qui était présente témoigne de cette pandamania qui a boosté les entrées du zoo-parc de Beauval pendant ces dernières années. Des visiteurs venus en Onde d'un peu partout en France avec des habits en l'honneur des deux pandas. Des fans assidus depuis le début de l'aventure en 2012. Je propose d'en écouter certains.

59:53
Locuteur 5

On est fans de pandas, on les aime beaucoup et c'est les premiers pandas qu'on avait vus en vrai. C'est la vie aussi. Yuan Yuan est malade et il vaut mieux qu'elle soit en Chine pour être mieux soignée. Et en attendant, leurs deux filles restent. On aura quand même des raisons de venir à Beauval.

1:00:08
Locuteur 1

Avant, je venais tous les mois avec le pass premium. Maintenant, j'essaie de venir moins souvent quand même parce qu'il y a la route. Mais j'essaie d'être quand même régulièrement au zoo de Beauval. Ça fait un petit pincement au cœur mais c'est nécessaire aussi pour eux et puis pour la préservation des pandas.

1:00:25
Locuteur 6

Allez, tous ont aujourd'hui un pincement au cœur, évidemment. Mais la raison l'emporte. Les deux pandas sont âgés de 17 ans. Yuan Yuan souffre d'insuffisance rénale. Les deux finiront donc leur vie en Chine après avoir fait le bonheur du zoo et des fans pendant 13 ans. Après 5 ans de négociation, Yuan Yuan et Yuan Zi sont arrivés comme des rockstars à Beauval en janvier 2012 via un vol direct FedEx Panda Express. En 2017, 5 ans plus tard, un premier panda est né. Le premier né en France. Un événement exceptionnel à tel point que c'est Brigitte Macron qui en est la marraine à l'époque. On parle à ce moment de diplomatie du panda. Il est reparti en 2023 pour se reproduire en Chine.

Et puis en 2022, deux nouveaux pandas naissent. Deux femelles de 140 grammes chacune et parrainées cette fois par le champion Kylian Mbappé. Les deux sont encore à Beauval. Ils resteront au moins jusqu'à 2027. Les fans ont de quoi se réjouir. Le zoo parc aussi, boosté notamment par ces pandas. La fréquentation a franchi la barre des 2 millions de visiteurs annuels, ce qui place le zoo parc de Beauval dans le top 10 des sites les plus visités de France.

1:01:34
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Mickaël pour ces belles histoires de pandas. Merci d'avoir été avec nous Mickaël Texier, rédacteur en chef de Val-de-Loire TV. On va revenir à l'actualité politique et les débats au Parlement. Y a-t-il encore une majorité pour voter le budget ? Comme le dit Sébastien Lecornu, la réponse se complique encore un peu plus. hier après le vote sans surprise du Sénat qui a rejeté la suspension de la réforme des retraites. On va revenir sur les temps forts de cette séance avec Céline Schultz. 190 contre 108, les 4 amendements identiques sont adoptés et l'article 45 bis s'est ainsi supprimé. La partition s'est jouée sans fausses notes.

Hier, à 20h10, les sénateurs ont voté sans surprise contre la suspension de la réforme des retraites, de quoi mettre en doute au moins provisoirement le décalage à janvier 2028 de la réforme borne, portant l'âge légal de départ à 64 ans. La gauche pointe l'absence de volonté du Sénat d'arriver à un compromis alors que le texte visait justement à garantir la stabilité du pays.

1:02:43
Locuteur 4

Si on veut que ce pays ait un budget, il faut aboutir à un compromis. Et moi, je dis à mes collègues de droite, soyez,

1:02:50
Locuteur 7

non pas raisonnables, mais soyez responsables devant les Français, permettez à ce que ce pays ait un budget et il faudra que vous fassiez un effort.

1:02:59
Présentateur

Bruno Rotaillot, lui, se félicite de ce coup porté à ce qu'il nomme un marchandage de la gauche en échange de la survie du gouvernement. Le président DLR défend l'utilité de cette suspension.

1:03:11
Locuteur 7

Est-ce qu'on pense un seul instant ? Est-ce que les Français, je sais que dire qu'il faut travailler plus, c'est compliqué, c'est pas populaire, mais on sait parfaitement que si on rejette le poids sur les futures générations,

1:03:21
Alain Milon

en réalité, on va amoindrir cette génération qui va nous suivre et qui sera en droit de nous demander des comptes.

1:03:27
Présentateur

Ce soir, à 19h30, 7 députés et 7 sénateurs se réuniront en commission mixte paritaire pour tenter de trouver un compromis. Et on va revenir sur ce sujet avec nos deux éditorialistes. Bonjour Elisabeth Marti. Bonjour Aurélien. Merci d'être là et bonjour Françoise de Gord. Bonjour ma chère Aurélien. Merci également d'être là. Elisabeth Françoise, vote hier du Sénat. Alors, c'était un vote sans surprise sur le rejet de la suspension de la réforme de la retraite. Le Sénat qui a donc rétabli la réforme Bourg, la droite qui est restée sur sa ligne, pas de tentative de compromis sur ce sujet. Ce n'est pas vraiment un rebondissement.

On ne peut pas dire qu'on est surpris par le fait que la droite suspende la suspension de la réforme des retraites. C'était écrit, tout le monde s'y attendait. Voilà, on en est là. Vous savez, on est bien sur le budget de la Sécu. Il va y avoir une CMP, commission mixte paritaire, ce soir, dont tout le monde dit qu'elle durera une demi-heure, le temps que tout le monde s'installe et dise nous on veut la suspension, nous on n'en veut pas, au revoir, à bientôt. Et donc là, Navette reprend son cours, en tout cas prend son cours puisque ce sera la deuxième mais la première après la CMP.

Bon, ce qu'on peut dire à ce stade, budget, État, Sécu confondu, il y a deux personnes aujourd'hui qui veulent un aboutissement, c'est Sébastien Lecornu et Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. En dehors de ça, chacun joue sa partie avec sa clientèle et ne risque pas d'aider au compromis.

Est-ce que leur volontarisme, on voit bien que le Premier ministre, lui, ne veut surtout pas évoquer la question de la loi spéciale, il ne veut pas donner corps à cette idée qui serait un échec pour lui quant à Olivier Faure, il met tout son poids dans la balance pour essayer de trouver un accord, alors, sur le PLFSS, sur la Sécu, avec la suspension de la réforme des retraites, est-ce qu'on va y arriver ? Honnêtement, moi, je ne fais aucune prévision. Nous sommes au jour, le jour. Sur le papier, le compromis n'est pas possible. Après,

1:05:29
Locuteur 1

est-ce que le Parti Socialiste arrivera à embarquer une partie des écolos, les communistes en partie, et puis peut-être

1:05:38
Présentateur

à l'Assemblée, quelques LR qui, rappelez-vous, avaient voté contre la réforme borne à la fin, c'est ça l'idée. Mais, aujourd'hui, publiquement, le Parti Socialiste dit faites un petit effort au gouvernement pour donner des arguments aux écologistes pour nous aider, on verra. La partie n'est pas jouée, elle est extraordinairement difficile. Je m'en tiens là, la Sécu, parce que c'est de cela dont on parle. Après, oui, alors, elle est extraordinairement difficile, mais après, il y a le moment de vérité, vous savez, il y a la vérité de chaque vote, il y a beaucoup de postures, moi je suis d'accord avec ce que dit Elisabeth. Après, qui a intérêt à la dissolution ou pas ? C'est ça, si vous voulez.

Après, à un moment donné, vous avez la vérité des prix, Auriane, c'est-à-dire que, est-ce que les LR ont intérêt à la dissolution ? La réponse est non. Est-ce que Renaissance a intérêt à la disposition ? La réponse est non. Gabriel Attal, quelle histoire aurait-il à raconter pour la présidentielle avec un groupe qui passerait de 90 à 40 députés ? Parce que c'est ça les projections. Celui qui est le plus allant véritablement pour atterrir, c'est Olivier Faure, et en fait, lui, le Parti Socialiste, a fait ses propres projections.

La dissolution n'est pas un problème, en fait, pour le Parti Socialiste dans la mesure où les projections sans LFI permettraient une augmentation même du groupe du Parti Socialiste. Donc, on est quand même dans un moment, ce n'est pas un marché de dupes, c'est véritablement des postures. Bien sûr, je suis d'accord avec Elisabeth, qui peut s'étonner de ce qui s'est passé hier au Sénat ? La réalité, c'est que tout recommence à l'Assemblée nationale.

Et vous avez des personnages, vous avez des gens qui, comment dirais-je, travaillent, ça marche, et bien sûr, sur le tandem, mais qui est en tandem, il faut arrêter avec la bromance, Olivier Faure, Sébastien Lecornu, je connais très bien l'un et l'autre, on n'est pas dans la bromance, cette espèce de... Alors, la version LFI, ce n'est pas la bromance, c'est carrément le dîme, mafieux, etc. Non, vous avez un homme qui est de gauche, qui est, de mon point de vue, au baris centre, en tout cas, aujourd'hui, de la gauche, et vous avez un homme qui est de droite. Personne n'oublie cela. Personne n'oublie cela. Les deux pensent qu'il faut un budget.

Sébastien Lecornu pour sa survie politique, Olivier Faure, parce que si on part dans le chaos, on part dans le chaos, et ça, aucun de nous n'est capable de dire autour de cette table comment on maîtrise ce chaos. Donc, à partir du moment, j'entends tout ce que font les Verts, les déclarations, j'entends le PC, etc. Vous savez, quand il s'est agi de s'abstenir il y a 15 jours, si vous voulez, les Verts étaient là pour s'abstenir et le PC était là aussi pour s'abstenir. Donc, il faut... C'est des écrans, il y a des postures, à la fin, c'est la vérité du vote.

Quand vous êtes devant la vérité du vote et que vous savez quelles sont les conséquences, il y a un fait politique en tout cas là-dedans et tous les messages qui sont passés à Emmanuel Macron et à Sébastien Lecornu. Tenez votre majorité et tenez un peu les Républicains. Et le gouvernement qui croit encore aux compromis à l'image de Gérald Darmanin qui était l'invité ce matin d'RTL.

1:08:33
Alain Milon

Je fais confiance au Premier ministre pour trouver un compromis. C'est le principe même de l'action qu'il mène depuis plusieurs semaines. Il a réussi à montrer qu'il l'avait fait précédemment. Il faut que toutes les forces politiques deviennent raisonnables. On ne peut pas voter n'importe quel budget quand on est parlementaire. Moi, je le comprends absolument bien. On ne peut pas voter un budget qui voit une augmentation d'impôt délirante qui décourage les entreprises et les entrepreneurs. On ne peut pas voter un budget qui augmente de façon trop importante nos dépenses publiques. Mais je pense que chacun peut trouver un compromis pour trouver un budget.

1:09:00
Présentateur

C'est de la méthode Coué ou il peut vraiment aboutir ce compromis, Elisabeth ? Alors, moi, je pense qu'il y a une troisième voie. Il y a deux voies qu'on vient de voir, d'évoquer. C'est le vote du budget ou la dissolution. Moi, je ne crois pas. Je crois qu'il y a une troisième voie qui va s'imposer. Est-ce qu'on aura un budget au 31 décembre ? Est-ce qu'on va repousser les limites du calendrier jusqu'au dernier moment ? Et Amélie Montchalin le dit d'ailleurs, la ministre des Comptes publics. Attendez, si on doit siéger le 27 et le 28 décembre, on siégera. Ils sont tous prêts les parlementaires à ça. Ils sont tous prêts.

S'ils étaient tous prêts à faire des choses raisonnables, ça se saurait, François. Mais en tout cas, ils le feront de toute façon. Ils n'auront peut-être pas le choix. Mais si jamais, le pire pour... De mon point de vue quand même, si on n'a pas un budget, ce n'est pas une bonne nouvelle. Eh bien, est-ce qu'il y aura une dissolution derrière ? Moi, je ne crois pas. Je ne crois pas que si on arrive au 31 décembre avec ce constat d'échec de pas de budget, qui votera la censure derrière ? Qui votera une censure à deux mois des municipales ? Tout le monde. Eh bien moi, je fais le pari que ça n'est pas si évident. Parce qu'il y a un calendrier qui sera à ce moment-là extrêmement contraint.

Il y aura des impératifs liés aux municipales qui feront qu'il n'est pas du tout évident qu'une censure soit votée automatiquement. Et donc, on ne peut pas ne pas penser que le gouvernement pense à ça. Sébastien Lecornu, juste pour terminer, parce qu'hier, il a mis les tarifs de l'électricité sur la table. Deux jours avant, ou la veille, il avait fait le débat sur la défense. Tout ça, c'est fait pour essayer d'embarquer. Vous n'allez pas faire une loi spéciale pour faire tomber un des avantages concrets pour les Français, deux des intérêts stratégiques, souverainistes pour la France. Je résume. Il essaye tout, mais au cas où...

C'est pour ça que je vous dis que les gens qui pensent qu'ils sont pessimistes en disant qu'on est loin, c'est difficile, moi je pense qu'à la fin des fins, la raison l'emportera, la raison politique électorale, parce que là où je ne suis pas du tout d'accord avec vous, ce sera la censure automatique. Je vous assure que si le budget tombe et ne passe pas, ce sera évidemment la censure, ce sera une obligation quasiment... Comment dirais-je ? Ça sera une obligation politique pour les groupes. On ne pourra pas...

Il ne faut pas imaginer que parce qu'Olivier Faure a passé ses jours et ses nuits et le groupe du Parti socialiste a négocié, a trouvé des compromis, les socialistes ne peuvent pas porter cette chose-là tout seuls. Et donc, il est évident qu'électoralement, ce sera une censure et ce n'est pas un problème les municipales puisque de toute façon, vous savez très bien que Beauvau travaille déjà sur un scénario. Il y a les gens qui cauchemarent en se disant « Mon Dieu, c'est affreux, les législatives vont être le même jour que les municipales ». Il y a un autre scénario qui consiste à dire « On fait les législatives et on repousse les municipales ».

Après tout, ce qui ne serait pas totalement délirant puisque les municipales ont eu lieu en juin 2020. Donc, le scénario, c'est ça. Le scénario de la dissolution, il est même travaillé, il est même travaillé, si vous voulez, par Beauvau sur, comment dirais-je, la question des dates. Donc, moi, je vous dis que le fait qu'il y ait les municipales ou pas, oui, ça censurera. Le PS censurera, les Verts censurera, c'est évident. Et donc, la censure passera avec le RN. Donc, Sébastien Lecornu le sait très bien, c'est ça où il chute. Donc, tout le monde fait des efforts. Voilà. C'est ce que je crois.

– On entend le gouvernement, Elisabeth, pointer du doigt la France insoumise, le RN et leur stratégie anti-compromis. Est-ce que le principal problème pour aboutir à un compromis, le principal problème de Sébastien Lecornu, ce n'est pas son propre camp ? – Bien sûr, aussi. Vous savez, tout le monde a des problèmes. Ici, nous sommes au Sénat avec Bruno Retailleau qui vient de revenir et à l'Assemblée, nous avons Laurent Wauquiez. Chez les LR, il y a cette bataille-là mais qui pèse. C'est quand même invraisemblable. Il pèse aussi sur la détermination des votes à droite. Et évidemment, Sébastien Lecornu, il a aussi des difficultés à rassembler son camp. C'est pour ça qu'il a fait un appel hier.

Il l'a dit. Il faut absolument que vous soyez là, que vous siégiez, il faut que vous soyez là pour tous les votes. Il l'a rappelé. Parce que comment faire quand on a une situation politique aussi fragile si on le voit bien, ne serait-ce qu'à Renaissance, évidemment, voter la suspension de la réforme des retraites, pardon, mais c'est humain. Quand on a été député, quand on s'est battu, quand on a repris, on a pris des sauts et des sauts et des sauts de contestation, qu'on a tenus peut-être avec hésitation et qu'on doit aujourd'hui voter, comment voulez-vous ? Mais c'est ça aussi, les intérêts qu'on doit dépasser. Ils doivent les dépasser.

Horizon, évidemment, Edouard Philippe pense à 2027, Gabriel Attal aussi, un petit peu moins, il est président de groupe, mais quand même, tout ça joue. Donc si vous voulez, vous avez un Premier ministre qui a du mal à tenir sa majorité, le Parti Socialiste qui doit faire avec quand même des difficultés, pas facile, Olivier Faure à convaincre tout le monde aussi. – Oui, et puis surtout, vous avez l'enjeu avec la défi, c'est la présidentielle qui se joue aussi, c'est la domination de Mélenchon ou pas. – Mais évidemment, il y a les deux extrêmes, c'est monolithique, c'est militaire, c'est la discipline et puis au milieu, tout le monde se débine. – Alors, il y a…

– Enfin, tout le monde se débine. J'exagère ! – Non, mais elle a 100% raison, Elisabeth, et je rajouterai peut-être une notion, parce qu'elle l'a oubliée dans l'inventaire à l'après-verre, c'est que la réalité, c'est que Gabriel Attal et Édouard Philippe savent aussi une chose, c'est un Cornélien pour eux, c'est-à-dire que si jamais Sébastien Lecornu arrive à ce tour de force de passer ce budget, Sébastien Lecornu sera en piste aussi pour être un des… peut-être même l'héritier, je veux dire, de la Macronie. – Ah bah, quel cadeau ? – Non, non, c'est pas… si vous voyez quand même les…

comment dirais-je, les sondages d'opinion, je regardais, parce que pour moi, le baromètre IFOP, tous les mois, il est très important, parce qu'il existe depuis 88 et il dit des choses, ce ne sont pas des intentions de vote, mais vous voyez Sébastien Lecornu qui monte mois après mois dans l'opinion. Si Sébastien Lecornu arrive à faire passer un budget, c'est ennuyeux pour Gabriel Attal et Édouard Philippe quand même, sur le plan, comme le disait Elisabeth, de la présidentielle. Et à gauche, bah écoutez, c'est est-ce que le Parti Socialiste s'émancipe définitivement de la FI ? À mon avis, ce qui est en train d'arriver, c'est une très bonne nouvelle.

– Et puisque vous parlez des sondages d'opinion, on va revenir sur notre baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. – Je ne vous félicite pas. – Bon, ça je sais que vous allez nous le dire, François, je compte sur vous. Intention de vote pour 2027, Jordan Bardella, largement en tête au premier tour, donné vainqueur au second tour, quelle que soit la configuration, on va voir ce qu'en disait ce matin la première secrétaire déléguée du Parti Socialiste, Johanna Roland. – Je crois que ce sondage appelle chaque responsable politique à la plus grande humilité et à la plus grande responsabilité.

1:16:07
Locuteur 4

– Donc vous le prenez au sérieux ce sondage ?

1:16:09
Présentateur

– Je me permets un bémol. Un sondage à 18 mois sur un échantillon avec ce nombre de personnes qui va jusqu'à faire des pronostics de deuxième tour, bon, mais laissons ce sondage de côté. – Il y a une dynamique du Rassemblement national dans le pays. – Il y avait une réalité du Rassemblement national qui monte, qui s'organise et qui se structure. – Est-ce que Jordan Bardella est déjà le favori de la présidentielle de 2027, Elisabeth ? – Moi, je suis tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Johanna Roland. Il faut croire ce que l'on voit. Vous savez la phrase philosophe, nous ne croyons pas ce que nous voyons.

J'aurais peut-être pas dit ça il y a six mois, mais là, aujourd'hui, ce qui est solide, en dehors des réserves qu'on peut avoir, évidemment, sur la dimension prédictive d'un sondage un an et demi avant, tout le monde sait que la campagne, évidemment, remodèle. Mais tout de même, moi, ce qui me frappe, c'est la solidité, contrairement à tout ce qui se passe par ailleurs, la solidité du vote RN qui a traversé l'épreuve entre guillemets de la condamnation de Marine Le Pen sans bouger d'un iota. Jordan Bardella, maintenant, est favori dans des proportions jamais vues pour un second tour, évidemment un second tour quand on ne connaît pas la dynamique après un premier tour.

Mais toutes ces réserves étant dites, moi, je suis quand même très impressionnée par, encore une fois, la consolidation de ces intentions de vote en faveur de Jordan Bardella. On peut dire ce qu'on veut du profil du candidat, ce qu'on veut de la distance encore qui nous sépare. Il y a là un fait politique qu'on aurait tort de ne pas regarder et qu'on peut s'étonner d'ailleurs qu'on regarde comme si c'était normal. Il y a une forme de résignation collective collective à ce qui serait évidemment pour la vie politique française un tsunami. On l'a oublié. Bon, ben voilà. Jordan Bardella, c'est un phénomène politique. Le Rassemblement National, c'est extraordinairement solide.

Ça vient de très loin. Votre sondage est très impressionnant. Ça montre la colère. Ça montre l'envie des Français d'en faire, de faire passer à autre chose. La phrase qu'on dit depuis tellement longtemps, Françoise Degoy, le sait mieux que moi, ceux-là, on va les essayer parce qu'on ne l'a jamais fait, elle devient mais d'une réalité absolument incontournable. Vous pourrez garder l'enregistrement aujourd'hui. Je ne suis absolument pas impressionnée mais alors je m'inscris en faux avec tout ce que vient de dire Elisabeth. Pourquoi ?

Je ne suis pas impressionnée parce que vous savez Jacques Lacan quand un jour un élève lui demande maître, parce qu'il se faisait appeler maître, qu'est-ce que c'est le réel ? Et alors il réfléchit, Lacan il dit le réel c'est quand on se cogne. Voilà. Donc là nous sommes dans la fantasmagorie. Vous comprenez ce que je veux dire ? Il ne dit pas quelque chose quand même ce baromètre ? Non, mais il dit ce qu'on sait tous. Je vais tout à fait dans le sens d'Elisabeth sur le fait que le Front National, le Rassemblement National progresse. Ok. Mais il progresse jusqu'à quand ? La réalité, vous savez, la majorité c'est 50% plus une voix.

Dicton de Karl Rove qui était l'âme damnée de George Bush qui l'a quand même réussi à faire lire père et fils. Voilà. Donc 50% plus une voix. Ok ? Moi je veux bien qu'on soit complètement vraiment dans le lamento. Jordan Bardella, c'était les mêmes mots avant les législatives en 2024. Je me souviens des mêmes commentaires. Pas vous, Elisabeth, forcément. Les mêmes... Oh là là ! Il était en tête de tout. La réalité, c'est qu'ils se votent complètement. Après, on peut dire c'est horrible, il y a eu un front républicain, personne n'a mis un fusil sur la tempe aux Français pour aller voter.

On n'a jamais autant voté à des législatives à un second tour pour contrer Jordan Bardella qui devait terminer à 340 députés et être à Matignon. Il termine à 126. Donc, s'il vous plaît, Elisabeth, elle pense, vous dites ce que vous voulez, moi je dis ce qu'il veut. Non, non, mais je veux dire dans ce sens que... Tout le monde dit ce qu'il veut. Non, mais tout le monde dit ce qu'il veut. Moi, franchement, ça me laisse de marbre. Un sondage avec 696 personnes interrogées. Un sondage... Mais vous savez, pour moi, ça me laisse véritablement de marbre parce que ça n'existe pas. Parce que la réalité, c'est que vous ne savez même pas quelle est l'offre politique.

La réalité, c'est que nous parlons dans le vide. C'est exactement comme quand les intentions de sondage donnaient Édouard Philippe à 32%. Édouard Philippe rentre dans l'atmosphère. Ils font comme un esquimau sur une plage corse. Il est à 18-19. On ne sait même pas s'il se qualifiera pour le second tour. On arrête avec ça. Moi, il y a une tyrannie sondagière qui me saoule parce que ça n'est pas le réel. Ça n'est pas le réel. Il y a une réalité de la progression du RN. Mais il y a une autre réalité du RN. Son plafond de verre ne lui permet jamais d'accéder au pouvoir. et je pense que cette fois-ci, ça sera pareil.

Alors, je pense qu'il n'y a pas de plafond de verre et la présidentielle, c'est un concours. C'est ça. Et donc, aujourd'hui, quel acteur est susceptible de battre le RN ? Personne. Personne. Est-ce qu'il va y avoir une figure à la Macron en 2016 qui émerge et qui, à la faveur de circonstances très particulières, on rappelle, l'affaire Fillon, etc., arrive à dégommer tout le monde ? D'accord. Aujourd'hui, ça n'est pas du tout... Vous pouvez avoir une bonification des acteurs, Elisabeth ? Non, non, mais... Vous avez déjà lu, le sondage... Quand vous dites le RN progresse, c'est ça quand même qu'on ne peut pas négliger. C'est la progression.

Non, mais du coup, si vous voulez, on ne peut pas faire comme si... Comme si ce sondage... Mais pas ce sondage. Tout ce qui précède. Parce que moi, je vous aurais dit la même chose avant même cette Odoxa. Cette Odoxa, bon, tout le monde dit incroyable, etc. C'est parce qu'il fait encore plus de précédemment et que Jordan Barnella supplante Marine Le Pen. Bon, voilà, on va voir l'effet que ça produit. Mais pour l'instant, tous les sondages, toutes les enquêtes d'opinion, et ça vient de très loin, et tous les votes des Français depuis maintenant 2012 montrent une progression telle du Rassemblement national dans un contexte de colère et évidemment de défiance totale à l'égard des autres.

Que la vraisemblance d'une élection d'un candidat RN devient de plus en plus importante et tangible. On peut faire tous les débats que vous voulez. Je vous explique que ce discours-là, je l'ai entendu pour les législatives. J'ai toujours entendu ça avant les régionales pour Marine Le Pen. La réalité du Rassemblement national en France, c'est qu'au moment-homme, ce Rassemblement national ne fait jamais 50% plus une voix. Je n'ai pas dit que je devais m'en réjouir. Je vous dis juste que cet apocalypse, si vous voulez, sondagiaire, pour moi, est nul et non avenu. Une campagne, ça existe. vous le savez très bien. Nous ne croyons pas ce que nous voyons. Non, je crois ce que je vois.

Je vous réponds, le réel, c'est quand on se cogne. Le réel d'une campagne, c'est quand on se cogne. Vous savez à quel point on dévise vite. Vous savez à quel point en un débat, vous savez à quel point Jordan Bardella, dès que ça commence à monter sur la politique, dans l'entre-deux-tours, il a commis trois erreurs au moins, notamment sur la question des étrangers. Vous savez la friabilité de l'opinion. Je vous rappelle, je vous rappelle qu'aux Pays-Bas, on a mangé du gardilaire pendant 15 ans. Non, non, je reviens, je finis. Je voudrais qu'on arrive, nous-mêmes, nous, les observateurs, à nous départir de ce type, si vous voulez, d'illusion. Pour moi, votre sondage, c'est une illusion.

C'est une illusion d'optique. C'est une illusion épidermique du moment. Est-ce qu'il n'a pas un avantage, Jordan Bardella ? C'est que dans un contexte de tripartition de la vie politique française, il est le candidat de son camp quand la gauche en aura probablement un minima 2, quand la droite risque également d'en avoir plusieurs s'il n'y a pas d'annonce entre les LR et les macronistes. Mais la question, d'abord, est-ce que lui est au second tour de façon évidente ? Parce qu'on le donne à 30%, c'est un premier point. Est-ce que lui, obligatoirement, il est au second tour la personne de Jordan Bardella ? Je ne poserai jamais ce questionnement sur Marine Le Pen. Jamais.

Parce que Marine Le Pen est corsetée, elle est cortiquée, elle sait ce qu'est une campagne présidentielle, elle connaît. Jordan Bardella, le deuxième point, c'est au moment de voter. Vous savez quelle est la première question que se pose un électeur avant de voter ? La dernière question, c'est où est-ce que je vais avec cette personne ? Ok, voilà. On va voir comment ça se pose pour Jordan Bardella. Donc moi, je vous dis, je ne suis pas en train de faire du déni, je ne suis pas en train de faire du lamintour non plus, je vous dis juste que restons cool, quoi. Pour moi, c'est une illusion d'optique. Et la question aussi, c'est qui sera le ou les candidats de la droite et de la gauche.

Comment seront-ils des partagés ? Il se pose notamment la question d'une primaire. On va voir ce qu'on dit du côté du camp central Gérald Darmanin. On va le réécouter ce matin sur RTL.

1:25:15
Locuteur 3

Moi, je suis favorable qu'on ait un candidat unique. Pour l'instant, on ne l'a pas. Mais ça peut aller de Sarah Knafou à Gérald Darmanin, jusqu'à vous ? Je pense que la bonne primaire,

1:25:25
Locuteur 7

c'est celle qui va de Gabriel Attal à Bruno Retailleau, personnellement.

1:25:28
Locuteur 3

Avec Gérald Darmanin

1:25:28
Locuteur 7

en candidat ou pas ? Pour l'instant, je suis aux affaires de l'État, à mon poste. On verra ce qui se passera les prochaines 17 mois en politique. C'est le paléolithique.

1:25:37
Présentateur

Comment le bloc central se départage ? En fait, personne ne sait comment il va départager. À gauche non plus, je vous rassure. Mais personne ne sait. C'est une question. C'est une énorme interrogation pour les partis. Comment on fait les sondages, la primaire ? Personne n'est d'accord. Tout le monde veut y aller. Là, franchement, pendant que l'ERN progresse et encore une fois s'installe et n'est touché par aucune de ces turpitudes, les partis ne savent pas. Il y a une forme d'interrogation majeure. Ce n'est pas moi qui vous donnerai la solution. Non plus, d'ailleurs. Franchement.

Mais il va falloir réfléchir et assez rapidement puisqu'on va être évidemment dès le résultat du deuxième tour des municipales en pleine campagne présidentielle. La présidentielle, c'est quand même extraordinairement impressionnant en France. Ça reste l'élection. Et avec ces problèmes de majorité à l'Assemblée, plus que jamais nous sommes déjà en présidentielle. J'adore. C'est vraiment le spectacle, le premier spectacle. C'est pour ça que restons calmes. Les municipales sont cruciales. Je vais vous faire... Vous savez que Saint-François Hollande a une phrase. Saint-François Hollande ? Saint-François Hollande. Ça va loin. Là, ça va loin. Il a une phrase que j'adore.

Il a une phrase que j'adore et je vous la livre. Il faut laisser dégorger les estargots parce qu'ils finissent toujours par dégorger. Donc, je pense que les partis sont condamnés à être dans cette philosophie. Laissons dégorger parce que je ne vois pas comme Elisabeth comment tout le monde se départage. Allez, on suivra évidemment tout ça. Merci beaucoup, Elisabeth. Merci. Bonsoir, on va terminer par l'histoire du jour et à l'éloème, évidemment. Magnifique but de Bameyang. L'histoire du jour, c'est cette initiative d'un Lillois de 22 ans qui vise à faciliter les dons aux sans-abris et surtout à éviter la problématique du manque de pièces de monnaie dans nos poches.

Désormais, vous pourrez faire un don grâce à une carte. La carte s'appelle Soli. Elle contient un QR code que vous pouvez scanner sur votre smartphone. Vous remplissez un formulaire et ensuite, ça sert pour le paiement et des cartes qui ne fonctionnent que pour les produits de première nécessité ou des nuitées d'hébergement. L'initiative, elle a été lancée à Lille. Elle a vocation à être déployée dans toute la France. Voilà pour l'initiative du jour. Merci beaucoup. Merci à toutes les deux. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour chez vous.

Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.