Aurélien Pradié
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité de Guillaume Durand avec le Figaro
Première question, puisque nous sommes dans une matinée historique, elle est à caractère historique. Au fond, pourquoi, après ce qui s'est passé hier, comment vous interprétez l'intervention, si l'on peut dire, du Premier ministre dans le JDD ce week-end ?
Je pense qu'il est temps de remettre les pendules à l'heure et donc je vais vous parler avec des mots directs. Je trouve que cette intervention était misérable. Jean Castex est le Premier ministre de la France, dans une période de crise inouïe. Et Jean Castex, le Premier ministre de la France, vient tenter de faire un petit coup politique, misérable, dimanche dernier, en tentant de fracturer la droite républicaine.
C'est misérable, à mon sens. A l'époque, pardonnez-moi, j'essaye d'être précis, à l'époque, vous pensez sans l'aval de Muselier ?
Je pense que Renaud Muselier s'est fait avoir, pour dire les choses simplement, dans cette histoire. Mais vous savez, ceux qui commettent une faute sont à la fois ceux qui tendent la gamelle, mais ce sont ceux qui y vont. Vous vous rendez compte de l'inversion des valeurs dans lesquelles nous sommes aujourd'hui ? Nous sommes face à un parti majoritaire, celui du Président de la République, qui est incapable d'avoir une liste La République en marche, en PACA. C'est ça la réalité. Et qui donc tente de se payer le premier parti d'opposition de notre pays, dans cette manœuvre politique. Ce n'est pas grave pour la droite.
Ce n'est pas le niveau, c'est ce qu'il a déjà fait en 2017.
Oui, c'est une vieille méthode. C'est une nouvelle méthode. Oui, c'est une nouvelle méthode, mais c'est une vieille méthode pour Emmanuel Macron. Et vous savez, tout cela ne serait pas grave s'il s'agissait seulement de la droite. Je suis secrétaire général des Républicains, donc on pourrait penser, ceux qui m'écoutent pourraient supposer que je défends ma boutique. Non, c'est grave pour la démocratie. Cette manière de faire depuis plusieurs mois d'Emmanuel Macron, qui consiste à tout effacer entre lui et Marine Le Pen, c'est d'un cynisme absolu. Il joue avec le feu et il le sait. Et pour moi, c'est une faute absolument impardonnable. Je crois aux repères politiques dans notre démocratie.
J'ai 35 ans, je suis engagé dans ma famille politique, c'est une chance merveilleuse. Je suis député de mon pays, je suis candidat au régional en Occitanie et je tente de tenir ce cap-là. Je le fais comme candidat dans ma région, en disant, la droite républicaine, cette grande famille politique historique du gaullisme, ce n'est ni l'arrière-boutique de la Macronie, ni l'arrière-boutique de Marine Le Pen.
Alors, les impradiers, je vais reprendre, filer la métaphore napoléonienne. Vous parliez tout à l'heure justement du gaullisme du général de Gaulle. Alors, il y a eu Pompidou, et puis après, effectivement, il y a eu Jacques Chirac, puis après, il y a eu Juppé, après, il y a eu Sarkozy. Donc, aujourd'hui, si on prend les descendants de l'Empereur, il n'existe pratiquement plus.
Mais les descendants du gaullisme, si on prend, par exemple, les dernières élections, et vous savez très bien qu'elles ont été très défavorables, vous concernant notamment les élections européennes, c'est peut-être aussi pour ça, parce que le score de Bellamy était tellement atroce que les gens ont fait une croix sur les Républicains.
Est-ce que nous avons besoin de nous reconstruire, Guillaume Durand ? La réponse est oui. Nous avons perdu les élections présidentielles.
Il n'a pas essayé de vous briser, vous êtes brisé tout seul. C'est de ce score...
Nous sortons des chèques électoraux, et je le redis, je pourrais être aveugle et ne pas en parler, mais nous avons échoué aux présidentielles, aux législatives. Moi, je fais partie de ceux qui sont sortis des flammes, élus dans une terre de gauche. Le lot est pourtant toujours fidèle à mes idées. Et nous avons perdu aux européennes. Il faut en tirer les enseignements.
Donc, ce n'est pas simplement le fait que Macron est appuyé sur un bouton pour désintégrer ou déviser les Républicains. Les Républicains sont allés au-devant d'échecs eux-mêmes.
Oui, mais nous avons eu une période d'échecs, et nous sommes en train de nous reconstruire, y compris avec une nouvelle génération autour de Christian Jacob, qui tentent de retrouver le chemin d'une droite qui porte un espoir, d'une droite qui ne soit pas une punition. Mais la faute d'Emmanuel Macron, c'est de penser que les idées politiques, ça n'a plus d'importance. De considérer qu'au fond, tout ça, c'est une grande affaire de tambouille, qu'on peut s'acheter et se faire acheter. Et voyez-vous, on est dans une journée historique, je suis encore jeune en politique, mais je garde l'espoir que la politique ce soit autre chose que cela.
Et je pense qu'il est temps de réhabiliter une forme de courage politique
qui passe aussi par la clarté des convictions. Nous sommes en direct avec Aurélien Pradié. Le problème, c'est que vous parlez de clarté, mais je dois vous dire que beaucoup de gens qui écrivent ce matin dans la presse n'y comprennent rien. Je vous donne un exemple. Il n'y aura pas de leader de La République En Marche sur la liste, qui est celle de Muselier en pacaille. Et en même temps, Gabriel Attal a invité chez Darius Roslin que oui, il y aura des membres de La République En Marche sur la liste de Muselier. Donc ce matin, il est 8h et 21h, on ne sait toujours pas exactement ce qui va se passer.
Les choses ont été claires hier. Nous avons passé une journée très difficile. Je crois que de cette crise, nous sommes sortis clarifiés. Renaud Muselier a pris un engagement ferme. Il n'était pas initialement prévu qu'il le prenne. Et c'est après avoir discuté fermement avec ses amis politiques, après avoir pris conscience aussi que cet enjeu le dépassait, que ça dépassait Paca, qu'il s'agissait aussi de l'enjeu de la stabilisation de notre démocratie et de l'avenir de notre famille politique. Eh bien, il a pris une décision qui est de sortir de ses listes les représentants de La République En Marche, députés et ministres.
Vous êtes donc un des responsables. Il n'y aura pas la moindre personnalité proche de La République En Marche sur la liste Muselier.
C'est l'engagement qui a été pris hier. Pourquoi Attal dit le contraire ? Parce qu'Attal raconte des bobards en permanence. Attal, excusez-moi, mais je me désespère de cette situation. C'est un rabatteur. Et donc depuis trois jours, derrière le Premier ministre, il joue au rabattage électoral. Et je le redis à Gabriel Attal comme aux autres, tout ça est misérable. Vous savez, j'ai été député avec Gabriel Attal. Il a été socialiste, il est aujourd'hui à la Macronie, et il a, pardon de le dire et de mettre les mots sur des choses, il a le panache du traître. C'est la plume qu'on met sur le chapeau de celui qui a trahi sa famille politique.
Et je considère, quitte à être dur, que depuis de longs mois, on n'ose plus nommer les choses. Ceux qui trahissent leur famille politique ne font pas honneur à la politique.
Je ne suis pas en train de défendre, mais ils ont le droit d'avoir évolué. Parce qu'il y a des gens de... Bruno Le Maire a évolué, Gabriel Attal a le droit d'évoluer. Guillaume Durand, je crois que nous sommes... Vous avez beaucoup de gens aussi, pardonnez-moi, parce que j'ai essayé de refixer des choses dans le passé. Vous savez très bien qu'une partie des Républicains, non seulement il y a eu le score des Européennes, qui n'était pas très bon, je ne vais pas y revenir de ce que j'ai déjà dit, mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont allés du côté de Macron parce qu'ils ne voulaient pas obéir à des Républicains dont le chef était Wauquiez.
Ils étaient hors des accords totales avec la ligne de Wauquiez. Et je l'ai été aussi, parfois.
Et pourtant, je ne me suis pas barré de ma famille politique. Je crois que nous sommes trop complaisants. Et je crois que ce qui, d'ailleurs, c'est l'évidence, ce qui fait monter les extrêmes, et notamment Marine Le Pen, c'est aujourd'hui le spectacle politique global. Et donc, je le redis, le courage politique aujourd'hui, c'est y compris de rester fidèle à ses convictions et à ses idées. Pourquoi est-ce que je combats Emmanuel Macron ? Non pas par sectarisme, mais parce que le projet de société qui est le sien, injuste, arrogant, n'est pas le mien. Et donc, je ne vais pas aller à la soupe, au prétexte que je passerai à côté d'un poste de quelque nature que ce soit.
Non, je pense que le courage aujourd'hui, c'est de défendre ses convictions, de les reconstruire et d'incarner une droite qui puisse à nouveau porter un espoir.
Beaucoup de critiques qui viennent des Républicains concernent le projet économique d'Emmanuel Macron. Je vous donne une dernière information. Alors évidemment, on pourrait parler, et c'est sans fin, et c'est d'ailleurs la réalité économique, le déficit du commerce extérieur, de l'endettement, etc. Mais 2,7 millions de projets d'embauche cette année, d'après le paramètre Pôle emploi, c'est la dernière information qui est sortie. Donc, ça veut dire que quand même, la situation n'est pas aussi dramatique qu'il n'y paraît. Et il semble que l'on sorte quand même de la crise. Je parle de la pandémie cette fois-ci.
Et je l'espère. Je ne suis pas là pour polémiquer sur le dos de la crise sanitaire et de la crise économique. J'espère de tout cœur que nous puissions sortir de cette situation-là. La réalité, c'est qu'Emmanuel Macron a fait le minimum qui devait être fait durant cette période-là. Il n'y a pas l'ombre d'une polémique sur la gestion de la crise sanitaire. Il a fauté aussi, depuis le début, avec des mensonges géontés sur les masques. Et pardon de vous dire que je ne l'ai pas oublié. Pour le reste, nous sommes à une phase de reconstruction. Nous devons le faire avec nos convictions, celles de la droite républicaine, et avec un projet de société qui n'est pas celui d'Emmanuel Macron.
J'insiste sur ce point. Emmanuel Macron n'a pas envie de changer les choses. C'est un comédien. Donc, il assiste au spectacle de la société. Il est là pour faire accepter une forme de fatalité aux uns et aux autres. J'ai écouté Guillaume Tabard tout à l'heure sur la question de l'histoire et de la déconstruction de l'histoire. Je l'ai trouvé bien indulgent avec Emmanuel Macron. Lorsqu'Emmanuel Macron parle de déconstruction de l'histoire, il ne fait pas une erreur de langage. Il le pense véritablement. C'est sa vision mondialiste de la société. C'est sa vision de notre culture et de notre histoire. Et c'est pour cela que je ne partage pas son projet politique.
Question concernant évidemment la présidentielle. Que va-t-il se passer ? Parce que beaucoup de ceux qui sont les ténors des Républicains sont plus ou moins sortis des Républicains, ou même complètement sortis des Républicains, même s'ils restent proches des Républicains. Certains ne veulent absolument pas entendre parler. Vous le savez, c'est le cas de Xavier Bertrand de primaire. D'autres pensent que les primaires pourraient être utiles. C'est le cas éventuellement de Valérie Pécresse, plus David Lysnard. Il y a beaucoup de gens qui sont sur les rangs. Aurélien Pradié, ce matin, prévoit quoi exactement ?
Puisqu'au fond, vous allez être au cœur de l'organisation si vous n'êtes pas candidat vous-même.
Non, je ne serai pas candidat moi-même. Je ne suis pas encore frappé de cette maladie qui arrive de plus en plus tôt pour certains. Plus sérieusement, je suis personnellement farouchement opposé aux primaires. Je le dis depuis le début. Je pense que c'est une machine à rétrécir. C'est une forme d'intelligence artificielle. Au fond, on délègue à un bidule qui s'appelle la primaire le choix du candidat à la présidentielle. Et donc, on ne rassemble pas les Français derrière une primaire. On rassemble un clan. Et on a besoin de construire un chef d'État, pas un chef de clan. Donc, je dirais toujours mon opposition à la primaire.
C'est qui d'après vous, aujourd'hui ? Ça va très très vite le quinquennat.
Oui, je suis un garçon fidèle. J'ai depuis le début dit que mon candidat a été François Baroin. Et tant qu'il n'aura pas dit qu'il n'était pas candidat, je garderai cette fidélité, peut-être cette illusion. Chacun jugera de considérer qu'il peut être le meilleur des candidats.
Il est 8h27 sur l'antenne de Radio Classique. Nous étions avec Aurélien Pradié, qui est député du Lotte et l'un des responsables des Républicains. Nous avons rendez-vous. Merci d'être venu ce matin. Avec David Abiquaire.
Aurélien Pradié