Pénuries à la pompe, achats européens de gaz, sobriété énergétique... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pannier-Runacher, Emmanuel Macron a reçu hier à l'Elysée les parents de Lola, cette collégienne de 12 ans qui a été torturée et assassinée la semaine dernière à Paris. Que peut-on dire à des parents qui ont perdu un enfant dans ces conditions ?
Je pense que comme mère, comme citoyenne, on peut partager son effroi, leur apporter tout le soutien possible, leur dire la solidarité qu'on a avec eux. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant, et surtout dans ces conditions-là. Et donc, le président de la République a tenu à apporter tout son soutien, toute sa compassion aux parents de Lola. Après, la récupération politique qui est faite de cet épisode barbare est choquante.
Vous dites récupération politique, la droite et l'extrême droite accusent le gouvernement de laxisme migratoire, parce que la principale suspecte est algérienne, qu'elle était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français depuis deux mois, que leur répondez-vous sur ce point ?
Je leur réponds d'abord qu'ils connaissent parfaitement le fonctionnement de la justice, que le fonctionnement de la justice, c'est qu'on peut faire appel de ce type de décision, que le pouvoir exécutif...
C'était le cas de cette femme, elle avait fait appel de son obligation de quitter le territoire.
Comme vous le savez, je crois que Gérald Darmanin a donné tous les détails. C'est un point qui appartient à la justice aujourd'hui. Et je veux redire des choses très clairement. Vous avez une enfant de 12 ans qui a été torturée dans un fait divers qui est atroce. Et vous avez des partis politiques qui se lavent les mains de la douleur d'une famille et qui ont fait un fait politique sorti de son contexte. C'est inadmissible. C'est obscène.
Demain, Marion Maréchal-Le Pen, Éric Zemmour, Jordan Bardella, le président par intérim du RN, vont participer ensemble à une marche pour demander justice pour Lola. Est-ce que c'est leur place d'y être, à cette marche ?
On voit la récupération politique et les habitudes de l'extrême droite du RN. Chasser le naturel, il revient au galop. Moi, je pense qu'il faut laisser la justice faire son travail. Et elle le fera. Elle le fera avec droiture et elle le fera comme on le fait dans un état de droit. Il y a des investigations qui ont eu lieu. Il y a une suspecte qui est désormais interrogée. Et les choses suivent leur cours.
Agnès Pannier-Runacher.
Et qu'on laisse cette famille tranquille vivre son deuil.
Agnès Pannier-Runacher, 25% des stations en panne sèche contre 30% le week-end dernier. À ce rythme, il faudra encore combien de temps pour un retour à la normale ?
Écoutez, on observe une amélioration. Hier soir, on était à 22,8%. Donc, vous voyez que l'amélioration continue à se faire. On va voir ce matin si elle est confirmée. Puisqu'on a eu une journée de mouvement social hier. Donc, on va voir ce matin s'il est confirmé à midi. Vous savez que nous publions les chiffres à midi. Et nous observons dans une région comme les Hauts-de-France une amélioration très rapide. On est passé de 55% à moins de 20% aujourd'hui des stations qui ont un produit au moins manquant. Soit essence, soit diesel. Ça s'améliore partout pareil ou alors il reste des régions où c'est vraiment tendu ?
Il reste trois régions sur lesquelles il va falloir remettre encore de l'énergie. L'Île-de-France qui est aujourd'hui encore au-dessus de 30%. Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes. Et c'est pour cette raison que nous réquisitionnons ce matin le dépôt de Faisan pour permettre de soulager l'Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Et que sur l'Île-de-France, ce n'est pas un sujet d'approvisionnement en carburant. Puisque vous le savez, depuis que la raffinerie des Sceaux et le dépôt des Sceaux en Normandie a recommencé à fonctionner depuis quelques jours, le carburant est acheminé en Île-de-France.
C'est maintenant un sujet de logistique, c'est-à-dire que chaque station-service doit pouvoir avoir le transporteur et le distributeur qui lui apportent le carburant. Ça a l'air d'être très simple sur le papier, mais en fait il y a 10 000 stations-service en France. Et comme les flux ont été désorganisés, on doit aider avec les préfets, ce qui naturellement est géré par les entreprises privées, à faire en sorte que la bonne station-service et le bon camion qui partent du bon dépôt à la bonne heure pour livrer et que les gens n'attendent pas comme aujourd'hui. Je redis aux Français, je comprends leur situation, c'est insupportable.
Et nous mettons tout en œuvre pour faire en sorte que la situation s'améliore très rapidement.
Et vous leur garantissez qu'il y aura du carburant absolument partout à partir de vendredi soir pour les départs en vacances ou pas ?
Je leur dis que je mets tout en œuvre pour qu'ils puissent partir en vacances tranquillement.
Certains s'interrogent aujourd'hui pour savoir tout simplement s'ils doivent annuler leurs réservations pour ceux qui ont la chance de partir ou les conserver. Que leur dit la ministre ce matin ?
La ministre leur dit que ma responsabilité est de mettre tout en œuvre pour soulager la situation. Je vous le dis, dans la plupart des régions, nous sommes dans une situation où aujourd'hui on trouve de carburant. Il faut améliorer la situation en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté et en Ile-de-France.
En dehors des réquisitions que vous nous annoncez ce matin du côté du Rhône, donc dans ce dépôt de carburant de Faisin, est-ce qu'il y en aura d'autres aujourd'hui ?
Aujourd'hui il n'est pas nécessaire de réquisitionner à Dunkerque par exemple, et ont été les réquisitions que nous avons menées ces derniers jours. Précisément parce que la situation dans les Hauts-de-France s'est très rapidement améliorée ces derniers jours.
Bourgogne-Franche-Comté, pas de réquisition, Auvergne-Rhône-Alpes, à part celle de Faisin ?
Bourgogne-Franche-Comté, ça dépend du dépôt de Faisin, donc c'est pour ça que nous faisons une réquisition à Faisin avec des trains qui puissent apporter le carburant en Bourgogne-Franche-Comté.
La grève de la CGT est maintenue au moins jusqu'à la mi-journée. Geoffroy Roude-Bézieux, le patron du MEDEF, affirme qu'il n'y a que 150 grévistes dans toute la France. Hier, la direction du groupe Total parlait de 90 grévistes. Où vous disposez, vous ?
Écoutez, ces chiffres sont relativement, je dirais, corrects. Nous, on ne compte pas les grévistes. Nous, on met du carburant dans les stations-service.
Non, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a moins de 200 personnes qui bloquent la France depuis trois semaines ?
Ça veut dire que vous pouvez bloquer un dépôt avec quatre opérateurs, puisque vous avez des fonctions qui sont très spécifiques et que, je dirais, techniquement, ça peut être des postes qui peuvent être bloqués facilement. Et c'est pour ça que les réquisitions sont également très ciblées. Je réquisitionne dix personnes à Fézin. Je ne réquisitionne pas 50 personnes. Dix personnes peuvent permettre de débloquer la Bourgogne-France-Comté. Maintenant, je le rappelle, la grève, c'est un droit constitutionnel. Nous, nous faisons des réquisitions.
Elle n'est pas illégitime, comme l'a dit Bruno Le Maire, cette grève-là ?
La grève est un droit constitutionnel. Nous, notre travail a consisté à faire en sorte que les organisations syndicales et que les directions se retrouvent autour d'une table et qu'il y ait un accord qui soit signé. Cet accord, il a été signé chez ESSO en début de semaine dernière, chez Total à la fin de la semaine. Donc, aujourd'hui, effectivement, j'appelle les grévistes à reprendre le travail parce qu'il me semble que le temps du dialogue social a eu lieu, qu'il y a un accord qui représente la volonté de la majorité des salariés et qu'il n'est pas illégitime de reprendre aujourd'hui le travail. Mais je respecte le dialogue social et les salariés. Et par ailleurs, nous, nous travaillons.
Mon ambition, ma responsabilité, c'est de libérer les stations-service.
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Je rappelle ce chiffre que vous nous avez donné il y a quelques instants. 23% des stations désormais accourent d'au moins un carburant, selon la formule désormais rituelle depuis un peu plus de deux semaines en France. Des difficultés toujours dans trois régions. Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, où là, on dépasse les 30% de stations à sec. Le fil info à 8h41 avec Mourine Chénière et on poursuit dans un instant.
Trois sites sur cinq ont déjà dit oui, oui à la reconduction de la grève chez Total Energy. La pénurie de carburant se résorbe. 23% des stations essence touchées, selon le gouvernement. Mais cela dépend des régions. Du côté de la SNCF, circulation quasi normale pour les TGV et les intercités. Aujourd'hui, des perturbations encore pour les RER et les Transiliens en région parisienne. La Commission européenne propose aux États membres d'acheter du gaz en commun. Comme pour les vaccins contre le Covid, les chefs d'État et de gouvernement se réunissent à partir de demain en sommet. Du Premier ministre, deux premiers ministres à PDG de la RATP. La reconversion en cours de Jean Castex.
Son dossier vient de passer une première étape. Il doit encore être approuvé en Conseil des ministres. Il pourrait ensuite donc diriger la régie des transports parisiens. Une situation tendue sur le front, notamment dans la région de Kersone. C'est ce que reconnaît le général russe Sergei Sourouvikin, chargé des opérations depuis dix jours. Cette région annexée par les Russes le mois dernier est visée par des frappes ukrainiennes.
France Info. Le 8.30 France Info. Salia Braquia. Marc Fauvel.
Toujours avec la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, les ristournes de 30 centimes de l'État et celles de 20 centimes de total vont être prolongées jusqu'à la mi-novembre. C'est ce qu'on a appris en début de semaine. Et après le 15 novembre, il se passe quoi ?
Après le 15 novembre, on revient à des ristournes de 10 centimes pour l'État, comme nous l'avions prévu initialement au 1er novembre.
C'est définitif ?
C'est la position qu'on a prise, oui, très clairement.
Ça peut encore évoluer, comme ça a déjà évolué une fois-là ?
Non, je pense que c'est assez clair que la Première Ministre a pris la décision de prolonger la ristourne carburant dans un moment de tension d'accès sur le carburant, dans un moment où la ristourne carburant diminuait sur le week-end de la Toussaint, qui est un week-end où les Français ont l'habitude de se retrouver. Donc il n'était pas question de compliquer les choses avec des afflux complémentaires aux stations-services. Le 15 novembre, ça permet de sortir progressivement de la ristourne carburant, et donc ce sera le 15 novembre.
Même avec des carburants à 2,50 euros d'ici là, la ristourne disparaîtra ? Alors, ça, à priori, le prix du carburant a augmenté sous l'effet des difficultés d'approvisionnement,
puisque vous avez des coûts de logistique qui ont augmenté, parce qu'on fait venir le carburant depuis plus loin, depuis la Belgique.
Vous voulez dire que ça va baisser mécaniquement quand la grève s'arrêtera ?
Alors, théoriquement, la grève devrait avoir un effet de diminution du prix. Après, il y a le cours du pétrole mondial, et ça, nous adapterons nos réponses en fonction de ce cours du pétrole mondial. Mais ça, c'est une autre histoire.
Est-ce que c'est vrai, Agnès Pannier-Runacher, qu'on a donc augmenté les importations de carburant, et notamment de carburant russe ?
Alors, si vous voulez, on a augmenté les importations de carburant depuis la Belgique, et en arrivée depuis le port de Rouen. Et ça, ce sont des marchés qui sont complètement fongibles. Le carburant, il vient de toutes les productions mondiales.
Donc, il est possible ou probable qu'aujourd'hui, quand on fait son plein, il n'y a pas d'embargo encore sur le pétrole russe ? Mais voilà, je rappelle, en fait... Il vient probablement du pétrole russe dans nos voitures.
Je rappelle qu'il n'y a pas d'embargo sur le pétrole russe, jusqu'au 31 décembre pour les produits non raffinés, et jusqu'au deux mois plus tard, pour les produits raffinés.
Quelle est la part de pétrole russe dans notre consommation aujourd'hui ?
Elle est très faible aujourd'hui, puisque nous sommes un des pays qui était le moins dépendant du pétrole russe. On avait à peu près 20% d'approvisionnement là où le reste de l'Europe était au-delà de 40%. Et Total, qui est le principal fournisseur de pétrole français, s'est désengagé du pétrole russe depuis déjà le mois de mars dernier, de mémoire, ou avril. Donc, il est très faible en France.
Allez, après le pétrole, le gaz, vous allez accompagner Emmanuel Macron demain et après-demain à Bruxelles pour le sommet européen. Comme pour les vaccins, l'Europe a décidé de procéder à des achats communs de gaz. À partir de quand ?
À partir de l'année 2023, puisqu'il s'agit d'imposer aux États membres de reconstituer une partie de leurs stocks stratégiques sur la base de ces achats communs. C'est 15% des stocks stratégiques qui devront être achetés en commun. Et ça, l'objectif est que ça a un impact sur le prix du gaz.
Pourquoi 15% et pas plus ? Si le gaz est moins cher, pourquoi on n'en achète pas plus ensemble ?
Parce qu'il y a des logiques aussi d'organisation. C'est-à-dire que les entreprises qui achètent aujourd'hui du gaz pour le compte des États ont leurs circuits d'approvisionnement qui sont souvent déjà contractualisés. Et donc, l'idée, c'est sur la partie qui ne serait pas contractualisée d'avoir cet appui. C'est un complément. On va devoir aller chercher beaucoup plus de gaz, puisque nous n'aurons plus l'appui du gaz russe pour nous fournir. Mais je veux dire ici qu'avec le Président de la République, on veut aller plus loin.
On veut aller plus loin parce qu'il nous semble que ce qui est proposé aujourd'hui par la Commission européenne n'est pas suffisant pour faire face à la situation du prix du gaz et du prix de l'électricité.
La Commission européenne, par exemple, qui a fait connaître ses décisions hier soir, ne retient pas la proposition française de plafonner le prix du gaz lorsqu'il sert à produire de l'électricité. Ça fait des semaines qu'Emmanuel Macron se bat là-dessus. Très clairement, Berlin a gagné.
Je ne crois pas. Je crois que c'est une discussion qu'on doit avoir. Ce n'est pas dans les propositions de la Commission. C'est écrit de manière un peu plus lâche. Mais je le redis, notre objectif, et ce n'est pas un objectif qui est propre à la France, c'est un objectif qui est soutenu aujourd'hui par 12 pays, c'est d'avoir un mécanisme qui permette de faire baisser le prix de l'électricité, de le faire baisser aujourd'hui et rapidement, pas l'année prochaine.
Mais là, la Commission ne dit pas de plafonnement du gaz et par conséquent pas de gaz-électricité découplé aussi ?
Alors, vous savez, Salia Braclia, la Commission, elle dit « achat groupé obligatoire sur une partie des... » Ça, c'est une proposition de la France depuis deux mois. La Commission, elle a rejoint les propositions de la France sur les stocks stratégiques. Donc, ça fait un certain temps que la France est à la manœuvre et obtient des bougies de la part de la Commission européenne. Donc, nous allons continuer à agir et nous allons continuer à agir aussi au niveau national. C'est-à-dire, nous ne laisserons pas nos industries tomber parce qu'il y a aujourd'hui un prix de l'électricité qui est trop élevé. Nous ne le laisserons pas faire.
Mais vous n'avez toujours pas le plafonnement du prix du gaz. Pardon, je le répète parce qu'on n'arrive pas à savoir ce que vous pouvez avoir de plus demain. Non, pas de plafonnement du prix du gaz et pas de découplage d'électricité. Ce qui fait que l'électricité est plus chère.
Je rappelle qu'aujourd'hui, Salia Braclia, je rappelle qu'aujourd'hui, le prix du gaz a fortement diminué. Sur les marchés spot, le prix du gaz a fortement diminué.
Mais il peut augmenter.
Oui, mais il a fortement diminué. Donc, il est en dessous des niveaux où on aurait imaginé un plafonnement il y a quelques jours. S'agissant du marché de l'électricité, on va prendre nos responsabilités. Nous travaillons avec le président de la République et la première ministre un mécanisme pour les entreprises, pour les collectivités locales parce que nous ne laisserons pas faire cette situation où le prix de l'électricité perdure à des niveaux élevés.
C'est quoi le mécanisme des franco-français ? Il ne peut pas être européen ?
C'est un mécanisme qui permettra de protéger nos entreprises d'un prix de l'électricité trop élevé.
Sans quitter le marché européen de l'énergie ?
Bien sûr que non. Sans quitter le marché. Je rappelle que la France, depuis le début de cette crise... Marc Fauviel, la France, depuis le début de cette crise, a pris des mesures pour protéger. Nous avons pris des mesures pour protéger les ménages. Nous avons aujourd'hui des mesures qui protègent les très petites entreprises et les très petites collectivités locales.
En gros, ça consiste à faire payer l'État pour l'instant.
Ce sont les collectivités locales, les ménages et très petites entreprises qui payent le prix de l'électricité, le prix du gaz, le prix de l'électricité, pardon, le moins élevé d'Europe. Et nous allons continuer à agir pour nos entreprises pour éviter qu'elles aient à subir un prix de l'électricité qui soit inaccessible pour continuer à travailler.
Agnès Pannier-Renaché, que se passera-t-il si la grève se poursuit pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, dans les centrales nucléaires ?
Alors, sur la grève dans les centrales, je vais d'abord dire une chose. C'est qu'hier, quatre organisations syndicales ont signé un accord majoritaire dans la filière énergie, dont la CGT. Aujourd'hui démarrent les discussions bilatérales entre la direction d'EDF et ses organisations syndicales. Et dans les jours qui viennent, dans les heures qui viennent, la négociation va avoir lieu chez EDF.
Quand on dit EDF, en vrai, c'est l'État, 84% du capital.
C'est une entreprise qui, aujourd'hui, a son autonomie de direction.
Est-ce que, oui ou non, l'État, l'actionnaire principal, va accorder les 5% d'augmentation entre les claves de la CGT ?
Alors, l'État n'a pas à s'immiscer dans une négociation d'une entreprise. Alors, est-ce que EDF doit le faire ? Elle n'a pas à s'immiscer dans la négociation d'une entreprise. En revanche, moi j'ai eu les organisations syndicales hier, j'ai eu, en tout cas, une partie d'entre elles. Nous avons échangé avec la direction d'EDF. Il rentre dans cette négociation avec un esprit de responsabilité. Avec la volonté d'aboutir vite. Donc, je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance aux organisations syndicales et à la direction d'EDF pour conclure sur un accord qui soit équilibré.
Il est 8h50, le fil infos avec Maureen Suenard. On poursuit dans un instant avec vous, Agnès Pannier-Renaché.
Merck, mise en examen pour tromperie aggravée. En 2017, le laboratoire a changé la formule du médicament du Lévothyrox. Des dizaines de milliers de patients ont subi des effets secondaires. Le laboratoire est mis en cause pour ne pas avoir été suffisamment transparent. C'est une information France Info, une réunion prévue ce soir entre les dirigeants de la NUP et les cadres de différents syndicats, ceux de la CGT, de FSU et de Solidaires, pour faire le point sur les précédentes mobilisations sociales et envisager une manifestation commune. La grève qui est pour le moment reconduite dans trois sites de Total Énergie, 23% des stations-services en situation de pénurie en France.
Le gouvernement prêt à retenir une centaine d'amendements déposés par les députés au projet de loi de finances 2023. Cela concerne des amendements de l'opposition, mais pas celui du Modem sur les super dividendes. La Première ministre s'apprête à utiliser le 49.3 en fin de journée pour faire passer le texte sans vote. Une sanction financière de 778 millions de dollars. La Farge, lourdement sanctionnée aux Etats-Unis après avoir appelé des coupables pour avoir versé des millions d'euros à des groupes terroristes pour maintenir son usine en Syrie.
France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Agnès Pannier-Runacher, ça fait des semaines que le gouvernement demande aux Français plus de sobriété dans leur consommation d'énergie. Est-ce que ça marche ? Est-ce qu'il y a déjà des effets qu'on arrive à mesurer ?
RTE, qui est notre expert, notamment énergétique et qui assure le transport de l'électricité en France, a indiqué hier que la consommation d'électricité en France avait baissé de 5%.
Sans lien avec la météo.
Corriger des aléas climatiques, évidemment, puisque sinon ça n'aurait pas beaucoup de sens. Donc une baisse de 5% sur l'électricité, une baisse à deux chiffres sur le gaz, hors consommation des centrales à gaz, puisque pour protéger nos centrales nucléaires et les avoir en force pendant l'hiver, nous utilisons nos centrales à gaz. Hors centrales à gaz, nous avons une baisse de l'ordre de 14% sur le gaz.
Est-ce qu'il faut récompenser les Français qui jouent le jeu ? Total et Engie, notamment, ont annoncé qu'ils allaient donner un peu d'argent aux Français qui arrivent à réduire leur consommation d'électricité et de gaz. Est-ce que vous souhaitez que ce soit généralisé ?
Alors, j'ai demandé aux fournisseurs d'énergie, le 7 juillet dernier, effectivement, de mettre en place des tarifs qui permettent d'aller au-delà de la simple baisse de facture lorsqu'on fait des économies d'énergie, mais qui récompensent les Français qui font des économies d'énergie.
Ils vont tous le faire ou pas ?
EDF a fait des propositions. Ce sont les tarifs, l'équivalent heure pleine, heure creuse.
Temco, c'est ça, les jours bleus, les jours rouges, etc. Mais ça, ça existait déjà ?
Ça existait déjà, mais on n'avait pas le droit de les promouvoir. Donc, aujourd'hui, ils sont revenus et il y a un travail, justement, pour les représenter aux Français. Engie a fait des propositions. Total a fait des propositions. D'autres petits fournisseurs font également des propositions. Et je pense que les Français doivent être attentifs dans leur choix de contrat, effectivement, à ce que, s'ils sont en capacité de baisser leur consommation d'énergie, qu'ils choisissent le tarif, qu'ils permettent de mieux le valoriser.
Beaucoup de fournisseurs d'électricité, aujourd'hui, font des simulateurs pour voir si vous arrivez, effectivement, à activer ces leviers de baisse d'énergie et donc de baisse de facture encore plus importante.
Agnès Pannier-Renacher, le dispositif Ma Prime Rénov' est critiqué très durement par la défenseure des droits, Claire Hédon. Elle l'estime trop complexe, trop lent. Elle dit notamment que l'obligation de faire les démarches sur Internet est une rupture d'égalité. Est-ce que vous allez revoir votre copie ?
En tout cas, j'ai lu le rapport de Claire Hédon avec beaucoup d'attention. Elle pointe un certain nombre de dysfonctionnements, qui sont des dysfonctionnements inadmissibles. Il faut y remédier. Si on regarde ensuite la statistique, on traite plus d'un million, l'ordre d'un million cinq de dossiers Prime Rénov'. Donc, les chiffres qu'elle nous remonte sont relativement modestes par rapport à cet énorme volant de dossiers que nous traitons. Mais ce n'est pas une raison pour accepter que quand quelqu'un, par exemple, cherche à faire son dossier Ma Prime Rénov', n'y arrive pas parce que ça ne fonctionne pas sur le site, lance ses travaux, revient ensuite pour obtenir sa subvention.
On lui dit « Vous êtes venu trop tard » alors qu'il avait cherché à s'inscrire plus tôt et qu'il en a la preuve. Voilà, c'est ça que pointe Claire Hédon. Elle pointe aussi le besoin pour certains Français d'avoir un accompagnement parce que tout le monde n'a pas accès à Internet.
Il y a une obligation aujourd'hui de passer par Internet.
C'est ce qu'on fait aujourd'hui dans les maisons France Service, typiquement. Vous avez un accueil humain qui vous permet de remplir vos dossiers pour faire un certain nombre de démarches administratives sur Internet. Mais oui, Claire Hédon a raison de pointer ces dysfonctionnements. Et moi, je souhaite que mon administration en tienne compte et remédie à ces dysfonctionnements.
Ça, c'est ce que dit la défenseure des droits. La Cour des comptes également a épinglé MaPrimeRénov' en estimant que le dispositif finalement a très peu d'impact sur l'efficacité énergétique des logements. La Cour des comptes dit que l'an dernier, 2500 logements rénovés seulement ont pu changer d'étiquette énergétique. Passer de F à E, par exemple, remonter d'un cran. C'est vrai ça ? 2500 seulement ?
Alors là, pour le coup, je ne partage pas l'avis de la Cour des comptes puisque nous, nous avons des évaluations qui montrent que 80 000 logements ont pu faire des économies importantes d'énergie, de l'ordre de 30%. La Cour des comptes se trompe ? Je ne dis pas que la Cour des comptes se trompe.
Si vous dites que c'est 80 000, ils disent 2500, il y a un petit...
Je dis précisément qu'elle se focalise sur un des dispositifs qui est la rénovation globale, qui est MaPrimeRénov'Sérénité. Donc certes, il y a 2500, MaPrimeRénov'Sérénité, mais au-delà de ce dispositif, il y a le dispositif global, MaPrimeRénov', qui pour 80 000 logements permet de faire des économies significatives d'énergie. Et donc, il faut regarder cette vision un peu plus large. Maintenant, notre objectif est de faire en sorte que nous ayons des économies encore plus impactantes.
Et une des pistes de travail, c'est de regarder si on ne peut pas conditionner les subventions à la réalité de la performance énergétique après, puisque un an, deux ans, trois ans après, de mesurer, de voir si, effectivement, on a obtenu la plénitude des économies qui étaient espérées.
À l'Assemblée nationale, la tension ne retombe pas après des jours de débat autour du budget. Vous confirmez que le gouvernement, que la Première Ministre, va recourir au 49.3 aujourd'hui ?
Alors, je le redis, ça fait des jours et des nuits que nous travaillons, que nous discutons sur les bancs de l'Assemblée nationale, Bruno Le Maire, Gabriel Attal, pour porter ce projet de loi de finances. Donc, nous faisons tout en sorte pour aboutir à un projet qui soit voté sans passer par le 49.3. Après, on prendra nos responsabilités. C'est-à-dire que si ça ne fonctionne pas, on déclenchera le 49.3.
Merci la droite qui ne votera pas la motion de censure de l'ANUP.
Ça, c'est à la droite ce qu'il appartiendra de juger si elle doit voter ou pas une motion de censure.
C'est elle qui est à votre sort, sort du gouvernement et de vous, ministre, entre les mains.
Encore une fois, moi, j'agis en responsabilité, le gouvernement agit en responsabilité, la Première Ministre agit en responsabilité. Les Français auront un budget. Ils auront un budget et nous prendrons nos responsabilités pour avoir ce budget.
Merci à vous, Agnès Pannier, Renachet, ministre de la Transition énergétique, invitée ce matin de France Info.
Agnès Pannier-Runacher