Nous ne sauverons pas la nature en fragilisant la culture.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« la Commission s'apprête à publier une révision des règlements REACH et CLP sur les substances chimiques »
- 0:30Invité politiqueChiffre
« il deviendrait impossible de travailler le vitrail, par exemple, quand il faudra des dizaines de milliers d'euros de dossiers pour une simple autorisation temporaire »
- 0:50Invité politiqueFait
« Des métiers d'art, déjà, ont disparu, non par manque d'ouvrages, mais par excès de normes »
- 1:10Invité politiqueFait
« Nous allons menacer la restauration de Notre-Dame de Paris à coups de formulaires administratifs »
- 1:20Invité politiquePromesse
« Avec notre groupe, Madame la commissaire, nous déposons un amendement pour établir ce principe simple : la Commission doit prévoir une exemption »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Merci Monsieur le Président. Ce texte sur la culture est l'occasion de parler d'une menace qui, je crois, à travers un règlement purement technique pourrait toucher directement le patrimoine européen. Parce que la Commission s'apprête à publier une révision des règlements REACH et CLP sur les substances chimiques. À travers cela, il y a un risque majeur : celui de nouvelles normes qui interdiraient les productions pourtant vitales pour notre patrimoine. Prenez la lavande, par exemple. Improbable, mais vrai : la Commission pourrait proscrire comme un produit chimique l'extrait de cette plante, merveille provençale avec laquelle les hommes parfument et soignent depuis l'Empire romain.
Je pense aussi au plomb, qui est explicitement menacé. Si le plomb était concerné demain, il deviendrait impossible de travailler le vitrail, par exemple, quand il faudra des dizaines de milliers d'euros de dossiers pour une simple autorisation temporaire. Quel artisan pourra continuer de travailler ? Des métiers d'art, déjà, ont disparu, non par manque d'ouvrages, mais par excès de normes. "2 000 ans, écrivait Péguy dans sa prière à la cathédrale de Chartres. 2 000 ans de labeur ont fait de cette terre un réservoir sans fin pour les âges nouveaux. 1 000 ans de votre grâce ont fait de ces travaux un reposoir sans fin pour l'âme solitaire.
Après ces siècles d'efforts, nous allons menacer la restauration de Notre-Dame de Paris à coups de formulaires administratifs, comme l'entretien de la moindre chapelle de village. La fierté de nos prédécesseurs, ce qui a fait l'Europe, c'est la grandeur des œuvres qu'ils ont laissées. Nous ne pouvons pas la défaire aujourd'hui par la hauteur des murs administratifs que nous érigeons contre tous ceux qui essayent désespérément de créer, de transmettre, d'entretenir ce que nous avons reçu. Chers amis, chers collègues, c'est le même sujet, au fond : on ne sauvera pas la nature en fragilisant la culture.
Avec notre groupe, Madame la commissaire, nous déposons un amendement pour établir ce principe simple : la Commission doit prévoir une exemption - en prenant en compte, bien sûr, la santé et l'environnement, à chaque fois qu'une nouvelle norme mettrait en danger une filière culturelle ou patrimoniale. Nous comptons sur vous.
François-Xavier Bellamy