Le jardin de la liberté, Herbignac 44
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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« Dès mon premier jour d'usine à 14 ans, je me suis dit je ne resterai pas jusqu'à mes 65 ans quand je pense qu'il va falloir trimer pour un minimum d'argent. »
- 3:28Invité politiqueFait
« On peut perdre sa vie à vouloir la gagner. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Quand on est salarié, on vit constamment dans l'idée si on perd son boulot, on va tout perdre et se retrouver très rapidement à la rue. »
- 6:04Invité politiqueFait
« Est-ce que cette société dans les loisirs qu'elle nous propose génère effectivement du bonheur ? Je dis toujours à nos visiteurs que je serais d'accord avec cette société de consommation si elle me prouvait que la majeure partie des gens sont heureux. »
- 10:37Invité politiqueFait
« En refusant l'emprise de la technologie et de l'économie, ils opèrent une véritable révolution, c'est-à-dire à la fois un retour en arrière et une perspective nouvelle sur le futur. »
- 28:50Invité politiqueFait
« Tout part de là de ce refus viscéral de l'enfermement et de la soumission. »
Temps de parole
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Je tâche de face le plusment possible. Marchons aussi beaucoup.
[musique]
Dès mon premier jour d'usine à 14 ans, je me suis dit je ne resterai pas jusqu'à mes 65 ans quand je pense qu'il va falloir trimer pour un minimum d'argent et pour en faire quoi ensuite. Puis ça a été mai 68, la naissance de ma fille Corine et la lecture insatiable d'une littérature qui m'a donné la faculté de réfléchir sur le fait que consommer c'est une allénation. Oui, pour moi la consommation est une alienation. C'est mon la que je suis bête. Pas qu'on arrive. Ben c'est le lait qui a débordé en plus. ici, il y a pas de on peut vivre de peu quoi. Bon, et et ce qui nous intéresse euh le BIB là, ce fameux BIB, le bonheur inter brut. Voilà, c'est ça qui n nous intéresse.
Alors, c'est le temps libre, hein. Euh et le travail à domicile euh c'est ce qui se rapproche le mieux de la liberté parce que dès l'instant qu'on va à l'extérieur et bien on gaspille sa vie. Ouais, mais moi je préfère ça. Elle prend vers le haut. Ouais. Bon le donne non plus. La première fois que je suis arrivé chez Ivané, j'ai senti que j'avais là sous les yeux une expérience dont je rêvais sans oser y croire. s'extraire du monde du travail, de ce système dont le but essentiel est de financer tant bien que mal un projet de vie qui finalement nous échappe. On peut perdre sa vie à vouloir la gagner. À eux deux, ils ont bâtit un monde en cohérence avec leurs idées.
L'idée qu'on ne peut pas vivre dans la soumission à l'argent. L'idée qu'en vivant avec moins, on peut vivre mieux. L'idée que respecter la nature, c'est se respecter soi-même. L'idée enfin qu'il est toujours possible d'inventer sa vie. Je considère que je que je remplis ma vie. Ceux qui vont à l'usine euh ils attendent la retraite. Apparemment c'est la retraite. Ils attendent cette période pour pouvoir vivre. Et bien ils sont usés. Moi ma retraite je l'ai prise
[musique]
c'était la retraite des jeunes. Euh en 1970 j'avais 25 ans. Je me suis dit ce serait pas possible de d'attendre. [cloche] En 70 à Saint-Nazar, Ivanique ont perdu tout espoir de vivre dignement dans l'environnement prolétarien qui est le leur. Un choix radical s'impose alors. Un jardin en bordure du maret de Brière, un jardin comme refuge, un jardin comme lieu de rencontre et d'expression, un jardin comme création. À partir de 96, il l'ouvre au public pour témoigner de leur expérience. Quand on est salarié, on vit constamment dans l'idée si on perd son boulot, on va tout perdre et se retrouver très rapidement à la rue.
Alors que nous, on sait bien qu'on peut vivre de peu et en vivant aisément quand même. On peut même encore s'acheter des plantes et des livres. Est-ce que cette société dans les loisirs qu'elle nous propose génère effectivement du bonheur ? Je dis toujours à nos visiteurs que je serais d'accord avec cette société de consommation si elle me prouvait que la majeure partie des gens sont heureux. Or, je vois autour de moi des gens qui ont besoin de tranquillisant, d'anxiolitique et pas nécessairement les plus démis. Alors, vous allez remarquer tout de suite que le sol est toujours recouvert de végétaux comme dans la forêt, même les allées et ça mévite l'arrosage.
Donc ce jardin n'a jamais été arrosé. Alors, dans ce genre de jardin, il n'y a pas de mauvaises herbes. Il y a que des plantes accompagnatrices. Il n'y a pas d'animaux nuisibles non plus. Même la taupe est un merveilleux petit laboureur. Ça c'est une très belle phrase de J Clément. Et je ne cherche pas la petite bête. Donc je ne fais pas d'enquête policière pour savoir qui a euh manger ces feuilles. Et euh et à quoi bon ? Ouais. Vous apportez jamais de d'engré chimique, c'est tout le temps. Ah bah non non. J'ai pas Ah ben non, [rires] je je ne vois pas le je vois pas l'intérêt de de d'utiliser ces produits-là. Je le je vois pas l'intérêt uniquement jang organique.
Bah oui oui oui oui alors dans le temps j'avais des chevaux mais euh maintenant je fais mes compostes. J'essaie d'être un peu plus euh un peu plus sérieux justement sur le sur le compostage compostage en temp. Mais on va en parler tout à l'heure, je vous amène. On va aller voir les fleurs. Écoué par le c'est ce qui est en train de se passer de ce côté-là. hein, de ce côté-là, c'est une rosolière encore. On voit déjà les les saes qui approchent. Il y a déjà deux trois petits chaînes, mais si vous repassez là, ben moins de 20 ans, ce sera ce sera un bois un bois de de chaîne. Euh si personne s'y interpose.
Quand on a la chance d'avoir au minimum un hectare, faut garder un endroit en friche pour voir que la nature est généreuse et se rendre compte qu'on ne maîtrisera pas toute sa vie, qu'on vieillit petit à petit, on perd ses forces, on nous fait croire qu'avec des moteurs à explosion ou des produits chimiques, on va on va juguler la la la friche. Mais moi, je vous garantis que si je vieillis dans ce lieu, je laisserai l'endroit se refermer. C'est ça deviendra une chaîne. Donc je crois que je commencerai le livre par le 14 juillet 2003, 18h27° à l'ombre parce que c'était tout à fait ça. Et s'extraire de la torpe estivale pour accueillir des visiteurs au jardin.
Difficile de commencer ces travaux d'écriture. 32°gr hier, ainsi de plus au Farnient. Et cependant, nous accomplissons ce grand œuvre avec souvent un sentiment de délectation. J'ai introduit une nuance parce que cette passion dévoreuse d'énergie et de temps laisse peu de place aux pulsions premières qui tarôent les trèsfonds de notre âme. Peinture et écriture. Ce jardin est paradis, la niche écologique dont nous sortons si peu. J'aime à croire qu'il existe sur terre ailleurs, d'autres avres de paix pour conforter mon sentiment que l'homme est fait, non pour détruire, mais pour semer. 14 juillet 1789. prise de la Bastille. Plus de 200 ans après, la révolution est à refaire en ce pays.
Alors, en signe d'opposition, depuis trois décennies, nous nous sommes affranchis des contingences matérielles pour vivre en ce lieu où nous avons tout construit. Je dédis ce préambule à Serge dont je reparlerai, sans qui ces premières lignes n'ent pas ce jour été écrites. Car le trop car le quotidien trop souvent m'accapare et je remets au calandre grec ce qui néanmoins reste à dire. l'empreinte à travers l'écrit de deux réfractaires unis dans un même mouvement pour s'extraire à notre condition de prolétaire. Donc je crois que ça je le garderai.
En refusant l'emprise de la technologie et de l'économie, ils opèrent une véritable révolution, c'est-à-dire à la fois un retour en arrière et une perspective nouvelle sur le futur. Ils sont à la fois archaïques et précurseurs. Archaïques, car ils remettent en pratique des savoirs traditionnels et considèrent le progrès comme une supercherie. précurseur car ils inventent une alternative au mode de vie occidental trop en énergie et en matière première et beaucoup trop polluant. En réaction à la toute puuissance de la société de consommation, Ivanique produisent eux-mêmes le peu d'électricité dont ils ont besoin, l'essentiel de leur nourriture.
Ils se soignent par les plantes, captent leur eau à la source, recyclent leurs déchets et ils s'accomplissent dans cette reprise en main de leur existence. Pour eux, l'homme n'est pas là pour dominer la nature ni pour s'en défendre. Il est là pour composer avec elle et pour s'en inspirer. Ici, je comprends que l'écologie au quotidien, c'est avant tout refuser la société de consommation. Euh oui, le la notion du beau, on l'a perdu. On ne fait que des on ne fait que des choses vite fait dans des matériaux qui ne sont pas nobles. Mais les animaux longs, les oiseaux longs, ils font des des nid splendides. Et si on ne sait pas faire sa cabane, on est passé à côté de sa vie, il me semble.
J'ai construit ma maison avec des matériaux de récupe, des portes, des fenêtres de d'ancienne ville là. Elle m'a coûté 17000 francs. C'est ce qui me laisse toute la liberté de me lever à l'heure qui me plaît. J'ai jamais fait de crédit de ma vie et dans dans l'absolu, j'aimerais vivre sans argent. Alors, on en a pas vraiment besoin de beaucoup et et je me suis toujours arrangé pour en avoir peu parce que j'ai remarqué que les gens qu'en avaient, faut qu'il le placent, faut qu'il enfin ils ont peur de se faire voler. Oui, c'est c'est vraiment une chose d' merde [rires] l'argent c'est pourvu pourvu oui qu'on reste suffisamment riche pour vivre comme les pauvres.
Alors moi faut que je passe le courrier parce que remarque que ça ce serait beau à dessiner Très beau.
[musique] [musique] [musique] [musique] [musique]
C'est c'est à chacun sa route. On peut pas prendre de route à la fois. Donc moi, c'était la mienne. 1968 peut être marquant mais finalement si 68 n'avait pas existé, j'aurais pris exactement la même route. Et je l'avais déjà pris bien avant puisque j'avais déjà contesté et et on m'avait un peu rappelé à l'ordre. La ville de Saint-Antait une ville sous influence américaine, donc une ville une ville à matelot, une ville à à entraîneuse. Donc ça ça n'incitait pas à travailler. Et ben j'ai pas travaillé, je suis tombé très rapidement dans la délinquence. Donc révolté, oui, je l'étais. Je le suis toujours contestataire. Donc je j'ai passé ma vie à à contester tous ces gens avec les cravates. Oui.
Euh je n'arrive pas à comprendre qu'au 21e siècle, on a besoin de se mettre un tel bout de chiffon autour du cou et et j'ai l'impression que ces gens-là euh représentent veulent représenter absolument l'honnêteté. Ça ça me révolte. Issue de la classe ouvrière. Ivéanique se méfie de la tentation des ouvriers d'imiter les bourgeois. Pour ceux à leur niveau de vie, il faut s'endetter. Et quand on doit rembourser la maison, la voiture, la télé, la grève ne peut pas durer. Beaucoup sur les le souvenir douloureux des années d'usine fait de chaque journée passer au jardin une satisfaction, une victoire.
Le plaisir est là dans cette disponibilité, dans cette énergie quotidiennement consacrée à leur création, dans l'écoulement d'un temps qui leur appartient. Je n'ai jamais passé une nuit sereine la veille de de mon départ. Jamais ça pas été possible. En 1998, Yve s'est laissé convaincre d'accompagner les étudiants de l'école du paysage dans des expériences de jardinage au potager du roi à Versailles. la veille de mon départ, la machine commence à s'emballer parce que je m'arrache de ce territoire. Je suis propulsé en fait dans un dans quelque chose qui que j'ai pas vraiment euh choisi quoi.
Alors une fois sur place, je me dis "Oh là là, pourvu qu'il m'arrive pas un emmerde, c'est-à-dire un emmerde, un malaise, euh un accident et d'être bloqué voir même mourir à Oui, mourir mourir dans Paris, ça me ferait chier quoi. Mourir, mourir sur le marais, ça me gênerait pas, mais mourir dans Paris, c'est donc bon, le TGV c'est pratique, c'est vrai 2h30 après, j'y suis mais je suis pas fait pour me déplacer à 300 l'heure. Moi je suis fait pour aller à maximum à la vitesse d'un vélo, mais la marche à pied. C'est ça ma C'est ça mon rythme. D'ailleurs, vous mettez vos déchets chez vous. Alors voilà.
Bon, le profumier est pas un mauvais outil mais pour une si petite planche l'outil est un peu un peu trop grand. Ça aurait pu trouver. Il y a il y a celui dedans qui est pas mal. C'est de la marrante non ? Et et tu tu égalises. Ouais. Oui, ça c'est de la marante mais euh qui s'est remé spontanément si tu en veux dans mon jardin, ça manque pas. Alors aller chercher les aller chercher des fleurs dans mon jardin. Les capucin les capucines, moi je les arrache tellement il y en a. La marante, il y en aura partout. Vous pouvez ressemer du du souci le calendular. Ah oui, c'était c'est une plante accompagnatrice en bordure. Tu pouvais faire une petite bordure.
Alors, après avoir semé euh tes graines, tu regriffes, tu regriffes dessus et ensuite tu dames là avec un rateau ou avec ça hein, tu tasses la terre ou une planche même mais avec le crou en carré, tu vois. Et ça mais ça c'est pas vraiment tassé. En même temps, il faut mieux faire comme ça non ? Pour tasser avec une pelle quoi. Ouis. Mais oui mais c'est pas très beau. Ouais. pour passer dans les parcelles. Euh oui, moi j'étais avec nous. J'étais avec vous, j'ai fait le toit avec vous. C'est nous qui avons mis les notes. Euh bien sûr. D'abord, je m'en sens pas la la compétence de je suis pas un enseignant euh et puis je suis plutôt un anarchiste, un 68h.
Donc ça ça m'est toujours très difficile de juger quelqu'un quoi. Quand quand tu dis que tu as pas la compétence. Alors là, c'est n'importe quoi. Pas je m'en sens pas le et puis euh non. Enfin c'est c'est ce le le système que je refoule quoi en gros de de de mettre des notes. C'est ce qu'il faudrait c'est parce que nous on a mis des notes avec Gabriel mais surtout deux trois petites phrases en disant bah il serait temps de revenir faire ceci.
dans la fin de l'hiver là et moi j'ai l'impression mais faut faudrait leur demander confirmation que que ça les a un peu oui à revenir faut qu'on se rapproche d'eux et qu'on aille c'est un jardin qui a été beau dans un moment ça mais il est toujours beau [rires] ah non non là faut pas exagérer et je suis pour les jardins sauvages c'est un fait mais beau non là là il est et ben si on le structure un peu mieux là Ah ben oui mais faut faut y aller hein et c'est pas où c'est que vous allez le structurer là. J'ai pas le temps de vous aider aujourd'hui mais je m'en serais fait un plaisir. Mais mais là faut démonter ça. Les mulot, qu'est-ce que ça mange les mulot ?
Les mulot bah ça mange tout flance des graines des glands. Manger un peu de tout. On va chercher les mulot. C'est une sorte de rat. Tu vas voir ? Euh oui. Elle est juste auudessus de ma tête. Ouais. Mais attention à pas te piquer la tête. Tu peux enlever celle d'en haut. Et là, elle est bien celle-là ? Oui, mais tu peux enlever celle d'en haut. OK, c'est bon. Il c'est bon. Bon, tu es prêt ? Euh oui. Je les envoie. Ouais. Tu vas me dire que ça passe bien. Euh oui, elle est passée en haut. Ouais. Alors maintenant je passe l'autre de l'autre. Je voudrais passer de l'autre côté là. Tu la vois ? Euh oui. Tiens, prends l'autre. [musique] Tu me diras quand tu l'auter dessus.
Celle d'en haut, tu peux hein. Ouais, je peux déjà. Oui, bien, pas bien. Ah !
[musique] [musique]
Où elle [musique] est parti ? Est-ce que ils font quelque chose dedans ? C'est fou ce qu'il y a parfois dans les poches de pantalons des petits garçons. Alors en 33 ans, il y a eu bien sûr des tas de rappels à l'ordre du style est-ce qu'on est à côté de nos bodas ? en vivant comme on vit et puis on s'est dit bon bah si on on rentrait dans le contexte de tout un chacun, on serait vraiment très malheureux parce qu'on aurait justement plus ce sentiment de liberté qu'on a eu tout le temps, même si parfois elle a été très cher payée. Euh de Ah voilà le vieux lièvre. Qu'est-ce qu'on lui dit ? Bon alors est-ce que je gagne que tu lui as dit hier soir ?
Bon anniversaire ce que je gagne même un tois là. Ouais, toujours le premier parl à Nick, elle est au 9 toi tu es au 14. Bon 3, ça c'est à moi. 1 2 3. Ça c'est à toi. C'est à toi. Trois pour Annie. Oui ben alors laisse-moi jouer quand même parce que tu j'ai pas tellement confiance en toi hein. Regarde regarde regarde. [rires] 6 6 pour moi. Non c'est pour moi. 1 2 3 4 5 6 Tu es tombé dans quoi ? Encore à moi 5 1 2 3 4 5 Ça c'est à An 3 1 2 3 Ouais bah tu parles à la même casquive. C'est à toi. Mais c'est [raclement de gorge] parce qu'on s'aime, tu vois. Regarde. J'avais une grand-mère qui aimait la peinture et tout petit, elle me parlait de tas de chose.
Je pense qu' qu'elle essayait d'éveiller en moi des ou alors elle avait ressenti en moi peut-être quelques quelques sensibilités et c'est ressorti euh à l'adolescence. Cette adolescence turbulente m'a amené dans des endroits évidemment assez dur à l'époque dans les années 60. Je me suis retrouvé en prison. J'avais un codétenu. Sa mère travaillait aux galerie la Faillette et elle avait réussi à lui faire parvenir de la gouache et des cartes postales de d'impressionniste et que j'ai reproduit assez fidèlement d'ailleurs en miniature. Ne bouge pas. Alors à partir de ce moment-là euh je n'ai plus vu le temps passer. Ça va être bon avec un café chaud.
J'avais pas en plus j'ai eu la chance de de de rencontrer oui un homme charmant qui venait me voir une une fois par semaine le dimanche c'était mes seules visites commence à bouger alors lui m'a m'a permis j'avais jamais lu un livre un livre de bibliothèqu euh bon j'étais plutôt le le petit loubard à lire des conneries donc il m'a passé un premier livre, je me suis senti obligé de le lire. Arrête et arrête, tuas pas le droit. [rires] Et j'ai enchaîné livre sur livre et et la peinture plus livre. Oui. m'ont redonné la liberté. Il est méchant avec son pauvre grand-père. Tout part de là de ce refus viscéral de l'enfermement et de la soumission.
Après la prison, c'est l'usine et la ville ensuite dont il faut s'évader. Grandmère, c'est toi ? Ouais. 21 ans. En 70, nous sommes partis Yve, Corine et moi pendant 5 ans. C'est grâce à la roulotte qu'on a pu avoir cette vie. C'était l'abri qui nous permettait de ne pas avoir de loyer, [musique] de voyager, en fait, de réduire nos besoins à l'essentiel, c'est-à-dire la nourriture. Sinon, on aurait été contraint de travailler jusqu'à la retraite, condamné aux travaux forcés. Mais on s'est évadé à la fin du premier été, tout d'un coup, la France entière s'est remise au travail. Alors, on a eu un peu mauvaise conscience, une espèce de flottement.
matin en se disant mais c'est ma fille, est-ce que réellement on va pouvoir tenir le choc indéfiniment ? Et puis là c'était la roulotte qui est là maintenant et puis ça c'était l'entrée. Et regardez la roulotte au début sur le terrain quand on est arrivé. Tu te souviens Corine ? Ah ben moi je me souviens de tout. C'était comme ça le terrain quand vous êtes arrivé ? Ah non le terrain il était beau là. Là on avait tout défriché quand on est arrivé il y avait de la ronce, de la ronce, de la ronse et de la ronce. Il y avait que ça. C'était horrible. Alors par l'électricité, oui, on se on s'éclairait sans doute dès qu' on était au gaz.
Non, au tout au tout début, on avait on avait pour aller à l'extérieur, on avait les lampes à pétrole. L'intérieur, on avait les lampes à gaz, les petites lampes bleues là. L à gaz. Et vous avez vu le l'heure du bain là à l'extérieur, c'était ça ? Ouais, mais enfin ça ça c'était à la limite drôle parce que c ça faisait vaances. Ce qui était moins drôle, c'est quand on s'est installé là, maman était une grosse maniaque. Alors, on avait pas le droit. Ah si et tu l' été nous avec qui on avait des four ries, on disit bon on va encore y passer on va encore y passer.
Le chien il passait tout le monde tout le monde passait avit pu laver les poules alors elle avait les poules dou ah ben attends on a eu on a une douche qui était dehors. C'était euh il avait quand même il y avait pas de toit il y avait rien de la crottechel rien.
C'était juste des petits bouts de rosea que tu avais mis pour qu'on voit pas nos fesses et maman dit "Allez à la douche" et moi je pas encore si à la douche et c'était on était glacer et il disait "Attends, il fait trop froid ce soir, on peut attendre demain à la douche, c'est moi qui lave les draps, tout le monde à la douche." Allez alors parce que moi en plus je passais ma journée à laver les Bah maman avait comme la mère de comme toujours. Il y avait des moments qui étaient géniaux pour une gosse parce que c'était liberté totale mais il y avait des trucs qui me faisaient suer he alors la rosolière commence ici. J'ai ma jauge regarde 15 jours d'absence. Changement de niveau.
Alors, ce ruisseau là, c'est moi qui l'ai creusé. Euh je ne tolérerais pas sans mon consentement quelqu'un d'autre venir couper du roseau ici. C'est c'est une règle qu'on qu'on essaie de respecter entre nous entre les coupures de roseau. Chacun chacun son coin. Oui, il y a toujours des tentatives, hein. J'ai compris tout de suite que cette activité là allait correspondre à à mon idéal écologique des végétaux que je coupe et qui repoussent que je que je peux commercialiser. C'est comme toute activité professionnelle, je veux pas dire que c'est vraiment une corvée, mais c'est si on pouvait s'en passer, on s'en passerait de l'activité professionnelle. surtout pas perdre sa foutille.
Couper 50 g dans une journée euh c'est faisable par n'importe quel homme qui se servir de ses bras. C'est faisable. C'est dans la durée. Euh déjà au bout d'une semaine, quand on a 250 gerbes dans les bras, ça on commence à [gémissement] les les muscle commence à se tétaniser. Au bout d'un mois, on refoule. Et moi, j'ai même vu euh à la fin de la saison euh avoir un espèce de réflexe qui m'empêchait de prendre ma faussille.
[musique]
Il
[musique] [musique] [musique]
y a Marinette, il Il y a Jean-Louis, il y a Jean-Louis, il y a José, les Marinettes. [musique] Oui. Et puis Jeun vique les Ah oui, Pierre Monique aussi. Qui ? Je ne vienne. Ah ben euh de l'année
[musique] [musique]
au nombre des agréments de l'existence. Le maître Suzeki comptait, paraît-il, le fait d'aller chaque matin se soulager tout en précisant que c'était une satisfaction d'ordre essentiellement physiologique. Or, il n'est pour apprécier pleinement cet agrément d'endroits plus adéquats que des lieux d'isance de style japonais d'où l'on peut à l'abri [raclement de gorge] de mur tout simple à la surface nette contempler l'azure du ciel et le verre du feuillage. Je n'ai certes rien contre l'adoption des commodités quiffre la civilisation en matière d'éclairage, de chauffage, de cuvettes, de cabinet.
Mais là, je me suis demandée tout de même pourquoi les choses étant ce qu'elles sont, nous n'attachons pas un peu plus d'importance à nos usages et à nos goûts et s'il était vraiment impossible de nous y conformer davantage. C'est beau. H Alors, cette page là, je l'ai recopié pour l'envoyer à Christophe Hin qui prépare un livre sur les compostes, les toilettes sèches à compost. Donc cher Christophe, comme promis, voici les pages d'écriture sur les toilettes du Japon de Tenisaki. Il y a encore peu de temps, les plus démunis avait le luxe de mettre les Chines au soleil à l'abri du vent et se délestaiit au champ des oiseaux.
Une poignée d'herbe raflée alentour servait d'essuitour recyclé sur place et gratuit. Le progrès a fait bénéfice de notre merde. Bonne bonne année de nous deux ainsi qu'à Yvan Ivanque. Bon, est-ce qu'il faut que je le recopie à la machine ? Ah bah non. Ah bah non, il débrouillera. Oui. Cela relié à la nature est d'importance pour l'homme. Sorti [raclement de gorge] de ce contexte de ce dernier civil. Je reviendrai à cette notion de création qui a un oubli et à tout le moins apaise. Celle qui nous a impulsé le désir de voyage, sortir des contingences matérielles pour retrouver notre seule dimension existentielle, vivre et créer ou plus précisément créer notre vie.
Si j'ai pas passé mon coup de tondeuse et mon coup de rateau euh avant l'heure, je suis tendu. Je je suis pas décontracté parce que je veux quand même que les conditions soient les plus favorables pour pour mes visiteur. Les les gens sont heureux. Nous, on est heureux de les avoir vu heureux. on baigne dans le bonheur euh on se couche euh et le lendemain on rebosse dans le jardin, ça nous dynamise pour le remettre encore plus beau. Et vous l'avez eu vite fait quand même. C'était fait pour ça en fait hein, l'ouverture du jardin. Je j'avais dit à Nick, j'ai dit "Écoute, t'inquiète pas euh la les rencontres qu'on fera elles sont extraordinaires." Les étudiants Versaillais ont fait le voyage.
les futurs diplômés de l'École nationale supérieure du paysage viennent chercher l'inspiration auprès de nos deux jardiniers autodidactes. Alors ça apparaît ça paraît oui de nos jours archaïque de chauffer de l'eau comme ça pour une machine à laver mais moi je la chauffe au bois le jour de la lessive une fois par semaine le lundi. Je remplis ici je mets je mets le tuyau de d'arrosage là ici je remplis je contrôle le niveau d'eau. Je fais une flambée et 1 heure ou deux après Amic vient voir la température et a rempl sa machine à laver. Alors la machine à laver marche sur batterie hein. Vous avez bien compris qu'ici les panneaux solaires se trouvent là les panneaux photovoltaïques.
Donc c'est la production principale. La machine à laver c'est un vieux clou. La jaquette elle a plus de jaquette. Alors, souvenez-vous les hérons que vous avez vu un peu partout, les oiseaux découpés, c'est la jaquette de la machine à la [rires] m évité de la renvoyer à la à la déchetterie. Donc tout est recyclé pour qu'elle tourne pour qu'elle tourne dans les deux sens.
Un moteur d'essulace 24 V entraîne donc lui il a il a un réducteur tourne pas trop vite mais il tourne encore trop vite et entraîne un réducteur de moteur d'essuieglace de 4 L et sur une cam c'est-à-dire une petite rondelle en alu euh j'ai que j'ai découpé peut pas trop bien la voir là sur le côté et elle va toucher des microconts d'un côté alors euh pendant bon je vais la mettre en route, la minuterie est là-haut et ça va me faire tourner la machine à laver dans les deux sens. Alors pourquoi pas de l'électronique ? C'est vrai que on est à l'époque de l'électronique mais moi j'y connais rien d'électronique. Et s'il avait jol où c'est que tu as appris toute cette mécanique là ?
La la mécanique la mécanique c'est pas sorcier, c'est un peu trouver tout seul quoi. Oui. Euh bon quand j'étais adolescent, j'avais des mobylettes. C'est c'est la même chose quoi. C'est comme une ça dépend des gens. Ouais, ça dépend des gens. Oui, ça c'est alors il a marché pendant une dizaine d'années. J'ai réformé le moteur parce que c'était un petit moteur de chez Rang Zok de ricube qu'un copain bosser chez Rang Zok de photocopieuse et il a largué hein. Il il avait déjà été réformé parce qu'il était vieux et malade. Ça y est, j'ai compris. Ouais. La première machine à laver d'e côté pas de l'autre. C'était une boule.
une boule qui se tournait en c'était une manivelle qui alors moi j'avais enlevé la manivelle mine un plateau de mobylette et du plateau de mobylette il y avait une courroie de mobylette et un moteur d'ci glace avec une autre poulie et je faisais tourner la boule la boule qui tournait avec maintenant c'est presque comme tout le monde et la prochaine fois la prochaine fois sera comme pas jamais vraiment comme tout le monde. Jamais. Tu ne l'as pas décidé ce jardin avant de avant de le faire. Il s'est fait euh au fur à mesure il se fait il se refait en permanence euh il se fait défait il se défait hein la nature les inondations nous le défont.
Il y a plein d'arbres qui ont été coupés donc sans cesse tous les trous c'est pour le c'est pour le refaire. Non, il me viendrait pas l'esprit de faire ça. J'en serai pas j'ai pas les compétences. Et puis de ma vie durant, je n'ai jamais pu me tenir à un mode d'emploi. Je suis un fran tireur. Donc si je faisais un dessin, je suis sûr que je ferais quelque chose d'autre. Je je dessine un truc mais je faire quelque chose d'autre. Faut dessiner directement sur la terre. et on dessine des comme je dis, je peins sur la terre avec des fleurs mais je le dessine directement C'est J'ai j'ai besoin de ce décor. Oui. Pour pour rêver pour rêver ma vie.
Sinon, je la trouve un peu trop un peu trop dure, un peu trop cru quoi. Le système de la vie est est assez violent. Euh il faut faut J'ai planté le décor pour pour rêver. En arrière-plan, il faudrait il faudrait un un persistant. Ouais, mais les bambous c'est persistant. Ouais. Alors, oui, on peut le planter. Oui, ma fois. Alors, on va définir l'endroit. Premier plan. Tuas tu as tout ça là. Mais d'ailleurs, c'est là qu'il faut le mettre. Oui, mais ça va gêner. Oui, mais si ça te gêne tout de suite, je coupe. Mais bon, non, elle gêne pas. Euh, ell gênneront pas. Ça sera le côté sauvage, il poussera. Il sortira dans ça. C'est un sering alors s'il veut pousser, il poussera. Ouais.
Et là, et là, qu'est-ce qu'on a dit là à l'entrée ? Ah oui, ton petit arbuste. Non, c'est là derrière. Non, non, je le mets derrière là. Je le mets sur les bords. Je vais le mettre pas là. Si tu mets un rosier là, lui euh je je vais le mettre là. Il faut mettre un bambou. Non, pour donner une idée. H ouais, moi je regarde par rapport aux amour aussi. Il aura pas une mauvaise place. Et là, qu'est-ce qu'on mettra là dans les Ah ben là, si tu regardes de plus près, il y a déjà plein de choses. Donc s'il y a l'exocorda, il sera pas nécessaire, il aura de la lumière seulement. Le matin, il est il est là, il se lève là. À 11h, il est là, à midi, il est là.
Ça ça n'a jamais été une corvée que de jardiner. On comprend bien. D'ailleurs, je trouve que les journées sont trop courtes. Bon, je peux pas jardiner la nuit, mais la nuit on on lit des livres sur le jardinage. On rêve encore de jardin. Donc finalement, on jardine 24 he 24. Absolument pas. Je viens pas me démolir. Et en tant que jardinier du roi, qu'est-ce que tu deviens ? Euh, j'ai d allé au mois de novembre pour la formation continue, mais pour les étudiants, je suis je suis pas allé depuis le mois d'octobre. Donc qu'habituellement je faisais quand même décembre, janvier aussi, février et on reparta il y a pas de d'option.
Il y a eu une année peut-être où je j'étais pas allé [raclement de gorge] et tu es reparti au roseau là ? Non le roseau j'en ai fait au mois de décembre et puis après euh pas de roseau pas de Versailles. Ouais. Ah bah c'est une petite année mais il y a toutes les années sont [rires] pas le les visites de jardin pourrait suffire à nous faire vivre l'année. Mais oui mais bon vous avez bien vu notre organisation par mois à de avec les visites de jardin en gros. Ouais. Ah oui donc là là faut être sparti quand même. Oui les livres fin on est toujours trop riche. On est toujours trop riche.
On travaille toujours trop parce que les enfants quand ils viennent ici, d'ailleurs Manuel quand il avait 4 ou 5 ans même peut-être avant, je me souviens plus, il a dit quand je serai riche, je vous achèterai un vrai water. [rires] On voit le traumatisme de l'enfant. Ouais, c'est 15 ans de canal. Et moi quand les copains à Paris veulent me garder quelques jours, je leur dis non non non, je pourrais pas je pourrais pas rester plus de 2 de jours moi je faut que ce soit la nature qui me reçoive. Il faut chaque jour sur le métier remettre son ouvrage. L'art du jardin est empreint de modestie. Mais il n'est pas mineur.
L'action de jardiner son carré de légumes pour se nourrir est aussi un acte politique. Parallèlement, puisque je me penche vers le sol, je découvre un univers qu'auparavant je foulais de mon pas ignorant. Peu à peu, le regard circonspect du jardinier débutant va s'aiguiser au fur et à mesure de sa prise de conscience jusqu'à devenir une sorte d'obsession, à travailler de concert avec cette terre si peu respectée. Il est étonnant de constater l'évolution sur une trentaine d'années de notre action de jardinage. J'ai trop de soleil. Tu me diras [musique] si Je descend. Merci
[musique] [musique] [musique] [musique] [musique]
On va à l'essentiel, je crois quand on vient, on a moins l'envie de séduire, on en a plus les apanages. On est donc plus plus sincère sans doute et et de la même manière, on aborde le jardin avec oui beaucoup d'humilité et de sérénité. Ce que j'ai peut-être oublié de dire, c'est que le monde végétal me parle des moments donné. Donc je sens bien qu'en vieillissant, je creuse de plus en plus cette idée qu'on peut dialoguer avec les plantes aussi. Ce sentiment de de d'extase, on pourrait parler, ou d'osmose. En tout cas, c'est très fugitif. C'est pas tous les jours.
Il y a un concours de circonstan qui fait que c'est souvent la solitude, souvent le matin et le soir parce que la température est adéquate, la lumière, le et puis en même temps tout d'un coup, on fait on fait complètement corps avec ce jardin, avec ses plantes, avec le champ des oiseaux et il y a un grand moment de bonheur. C'est c'est toute la diversité de de la nature qui que je trouve extraordinaire. Toute cette anarchie, tous ces végétaux, toute cette complexité, c'est merveilleux. Je pense que c'est ça le le paradis, faut pas chercher plus loin. On a on a un court passage dans ce paradis et je crois que c'est largement suffisant qu'on aurait pas besoin d'autres.
Si l'expérience qui mè depuis 35 ans et le fruit d'un parcours qui leur est propre, elle ouvre néanmoins des perspectives nouvelles. Quand on rentre de chez eux, on ne voit plus le monde de la même manière. L'idée qu'il est possible d'explorer d'autres voix me soulage, me libère aussi. J'ai le sentiment de réapprendre à vivre, à vivre. en ce jardin.