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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 19 avril 2019 64 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

Macron : de Notre-Dame... aux Gilets jaunes #cdanslair 18.04.2019

Source d'origine 6 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 45 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on se trompe en pensant qu'Emmanuel Macron veut faire durer ce moment d'unité nationale ?

  • 4:18OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est dans le ton juste en ce moment Emmanuel Macron ?

  • 7:42RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ça a du sens politique aux yeux des Français que l'héroïsme des pompiers soit comparé à ce qui se passe derrière un chef ?

  • 8:59OuverteRéponse directe

    Les présidents et le fait d'aller à la messe, est-ce compliqué ?

  • 12:36OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a rendu hommage aux pompiers aujourd'hui. Est-ce un nouveau message politique ?

  • 16:32FerméeRéponse directe

    Devrait s'exprimer la semaine prochaine, vous savez quand ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:14InvitéFait
    « Parmi ces mesures, la baisse d'impôts sur les revenus pour les classes moyennes, la réindexation des petites retraites sur l'inflation, des référendums locaux et la suppression de l'ENA. »
  • 14:30InvitéFait
    « Le président de la République souhaiterait également demander aux Français de travailler davantage, sans préciser de quelle manière. »
  • 24:32InvitéChiffre
    « Emmanuel Macron engage quand même la suppression de la taxe d'habitation. Il y en a quand même pour 10 milliards. »
  • 25:06PrésentateurChiffre
    « 1,4 milliard sur les petites retraites. »
  • 30:38PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron lui-même, élève de l'ENA, serait donc prêt à faire disparaître une école créée en 1945 par le général de Gaulle. »
  • 35:53InvitéChiffre
    « le chômage n'a fait qu'augmenter. »
  • 36:02InvitéFait
    « Chirac, énarque lui-même. »
  • 36:04InvitéFait
    « Sarkozy, pas énarque, mais beaucoup d'énarques. »
  • 36:45PrésentateurChiffre
    « 14% des élèves sont des petits-enfants d'ouvriers. »
  • 40:37InvitéFait
    « L'ENA a déjà été envoyée à Strasbourg. »
  • 41:21InvitéFait
    « au concours de sortie de l'ENA, il y a un classement, il y a ce qu'on appelle la botte, et ceux-là vont dans les 5 grands corps de l'État. »
  • 41:52InvitéFait
    « il y a une noblesse d'État, et c'est celle-là qui a été visée par les Français. »
  • 46:04InvitéFait
    « les mesures qui ont fuité dans la presse laissent plutôt sceptique ces gilets jaunes, comme l'application du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, mais sous condition. »
  • 47:56InvitéFait
    « les forces de l'ordre se tiennent prêtes à agir en toutes circonstances lors de cette nouvelle journée en jaune. »
  • 48:21InvitéChiffre
    « le mouvement connaît une baisse de régime, il pourrait bien reprendre de plus belle. »
  • 51:43InvitéFait
    « vous en avez une part qui est gilets jaunes et qui décide, contrairement au quinquennat précédent, de manifester dans la rue, samedi après samedi, son mécontentement. »
  • 51:59InvitéFait
    « il y a un réel souci aujourd'hui de voir cette société française qui n'arrive pas à trouver un sens à sa cohésion. »
  • 56:40InvitéFait
    « l'émotion suscitée, non seulement en France d'ailleurs, mais dans tous les pays, par rapport à ce qui est quand même peut-être le monument majeur qui résume le mieux notre histoire. »
  • 57:22InvitéFait
    « Emmanuel Macron, son grand récit aurait pu être la construction européenne. »
  • 57:41InvitéFait
    « Emmanuel Macron a été mis en extrême minorité, puisqu'il était quasiment le seul dirigeant européen à prôner pour une position très dure et très ferme. »
  • 1:00:05InvitéFait
    « il y a un rapport qualité-prix si vous me permettez. »
  • 1:01:52InvitéChiffre
    « un rapport de l'OCDE montrait que nous étions dans les pires pays pour ce qui est de l'écart entre la réussite scolaire et l'origine sociale. »
  • 1:02:34InvitéFait
    « est-ce que le Conseil constitutionnel va laisser passer ça ? »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 211 %
  • ?5 %
  • Invité 33 %

≈ 31,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Rien ne s'est passé comme prévu. L'incendie de Notre-Dame est venu heurter un agenda présidentiel qu'elle est au millimètre pour la sortie du grand débat. Emmanuel Macron s'est mis au service de l'émotion de la nation depuis lundi soir et se retrouve maintenant face à un véritable casse-tête. Comment reprendre la main alors que les grandes lignes de l'intervention qu'il avait prévues lundi soir ont été publiées ? Les baisse des impôts, aucune fermeture d'écoles ou d'hôpitaux, gestes en direction des retraités ou encore la symbolique suppression de l'ENA.

Les propositions du président sont déjà débattues avant même d'avoir été prononcées. Comment peut-il reprendre la main de son agenda de sortie de crise ? Quelles sont ses annonces ? Sont-elles à la hauteur ? Est-ce que le mouvement des Gilets jaunes peut repartir ? Macron de Notre-Dame aux Gilets jaunes, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Yves Tréhard. Vous êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Votre journal qui titre aujourd'hui « Crise des Gilets jaunes », l'ENA au banc des accusés. Nous y reviendrons longuement au cours de cette émission. Anne Reusanchère,

1:19
Locuteur

vous

1:19
Présentateur

êtes directrice déléguée de la rédaction de l'Express. Votre hebdomadaire qui revient dans une édition spéciale demain sur l'incendie de Notre-Dame. Jean-Garry, vous êtes historien. Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans. Votre dernier ouvrage « La République incarnée » de Gambetta à Macron est publié chez Perrin. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'Institut de sondage IFOP. Et je rappelle votre dernier livre, « L'archipel français » publié aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre.

1:46
Locuteur

Merci de

1:47
Présentateur

participer à ce C'est dans l'air en direct. On a comme l'impression, Yves Tréhard, que le président de la République veut faire durer ce moment de rassemblement, ce moment d'unité nationale. Est-ce qu'on se trompe

1:58
Locuteur

? Je

1:59
Invité

crois qu'il

1:59
Locuteur

y a

1:59
Invité

deux choses, si vous voulez. D'abord, il

2:01
Locuteur

doit

2:02
Invité

respecter un moment d'unité nationale et une espèce de trêve, si vous voulez, politique pendant une semaine. En plus, c'est la semaine sainte. Ça a une signification pour beaucoup de Français. Donc, on voit mal, après ce qui s'est passé, comment il pourrait prendre la parole pour nous parler d

2:17
Locuteur

'économie, de fiscalité. Ça, c'est impossible de faire ça

2:18
Invité

politiquement.

2:19
Locuteur

À

2:19
Invité

mon avis, ça ne me paraît pas possible

2:20
Locuteur

cette semaine.

2:21
Invité

D'ailleurs, on arrive en fin de semaine et on ne voit pas comment il pourrait prendre la parole vendredi ou samedi. Samedi, qui est un rendez-vous des Gilets jaunes. Ça,

2:28
Locuteur

c

2:28
Invité

'est la première des choses. Et puis, la deuxième des choses, c'est qu'il cherche comment reprendre la main, comment parler. Comment parler et sous quelle méthode ? Parce qu'il avait prévu de faire ça lundi soir. Donc, lundi soir, il avait enregistré son intervention. Il y a eu le désastre de Notre-Dame. Et il ne peut pas reprendre la même technique ou dire la même chose, sachant qu'une grande partie des annonces ont été diffusées dans les médias, même si elles n'ont pas été mises en perspective, mises en forme. Donc, il faut qu'il trouve le moyen de reprendre la main, de capter l'attention des Français qui a pu se détourner justement sur Notre-Dame.

Et essayer aussi, parce que les commentaires sont plutôt assez négatifs sur les propositions qui ont fuité. Et donc, d'essayer de reprendre un discours qui soit un discours qui est une forme de projet, de nouveau projet pour la France, ce qui manque singulièrement dans les fuites qu'on a vues. Parce que c'est plutôt, si on va en reparler, mais je pense que ça relève plutôt du catalogue de mesures tel qu'on le vit depuis des années et des années, que d'un projet vaste qui a du souffle et qui est digne.

3:37
Locuteur

Mais

3:37
Invité

il ne

3:37
Locuteur

faut

3:37
Invité

pas oublier une chose, c'est qu'on sort d'un débat de trois mois. Trois mois de débat où les Français ont joué le jeu, pas tous, mais une grande partie des Français ont joué le jeu, et où il y a eu une grande inquiétude de la part d'une majorité de Français de savoir de quoi sera fait l'avenir.

3:52
Présentateur

Vous avez raison de le rappeler, parce qu'on a fait plusieurs émissions pour expliquer qu'il y avait une attente toute particulière, qu'on était dans un moment majeur du quinquennat. On était ensemble en début de semaine, Yves Tréard, vous nous disiez, ça peut être un tournant du quinquennat s'il ne répond pas aux

4:06
Locuteur

attentes qui

4:07
Présentateur

se sont exprimées. C'était qui tout double,

4:08
Locuteur

c

4:08
Présentateur

'était le titre de votre édito. Et puis il s'est passé Notre-Dame. Et là, vous considérez, on va revenir naturellement sur le détail des annonces, mais est-ce que vous, je voudrais avoir votre avis aux uns et aux autres, est-ce que vous considérez qu'il est dans le ton juste en ce moment Emmanuel Macron, dans ce moment où la France, un peu sonnée, a assisté à l'incendie de Notre-Dame ? Je vous dis ça parce qu'on a une partie de l'opposition qui dit, bon, ça sent un peu l'électoralisme, il fait de la politique politicienne, il essaie de tirer la corde jusqu'au bout. Alors,

4:36
Invité

je pense qu'il est dans le ton juste, dans le sens où il a compris sur le moment, et très rapidement, qu'il se passait quelque chose d'important, et qu'il fallait en effet très vite suspendre le cours normal des choses, et qu'il devait s'exprimer de façon assez solennelle sur ce qui se passait, pour ne pas traiter l'événement avec désinvolture, d'autant plus que je pense, une partie de la population a ressenti cet incendie comme une désinvolture face à notre héritage, comment ça se fait que ce chantier n'était pas assez protégé, et puis bon, il y a aussi tout le symbole d'un monde qui part en fumée, etc.

Donc, le fait qu'il prenne la parole, et même qu'il gomme certains tics de langage dans son allocution, on n

5:16
Locuteur

'a

5:16
Invité

pas entendu de celles et ceux, par exemple, alors que d'habitude, il y

5:19
Locuteur

en

5:19
Invité

a trois par phrase, enfin des choses comme ça, je pense que c'était juste, néanmoins, je pense qu'il a fait une erreur fondamentale, c'est de tout de suite revenir à une espèce de volontarisme de communication, dont on sait que ça va être très compliqué à tenir, et de dire on va faire ça en cinq ans avec l'horizon des JO, du coup ça devient Notre-Dame des JO, alors que c'est tout sauf ça, je veux dire, franchement, voilà, en disant on va la faire encore plus belle qu'avant, alors qu'on la trouvait déjà assez belle comme ça, voilà, il y a, et c'est Marcel Gaucher qui dit ça, il y

5:48
Locuteur

a

5:48
Invité

chez Emmanuel Macron une vraie compréhension que les symboles existent,

5:51
Locuteur

mais

5:52
Invité

il a du mal à les utiliser jusqu'au bout, et il tombe à côté, donc il voit qu

5:56
Locuteur

'il

5:56
Invité

y

5:56
Locuteur

a

5:56
Invité

un symbole, il prend la parole, et après, il fait des bêtises qui ne plaisent pas forcément à la majorité.

6:02
Présentateur

On va voir si ça plaît, est-ce qu'il y

6:04
Locuteur

a

6:04
Présentateur

une arrière-pensée vis-à-vis, par exemple, de l'électorat catholique, ou est-ce qu'on lui a parfois reproché, il s'est exprimé à l'ensemble, adressé à l'ensemble des Français, lors de son intervention solennelle

6:15
Locuteur

? Il

6:15
Invité

était normal qu'il s'adresse à l'ensemble des Français, les présidents de la République, et bien évidemment, les catholiques sont concernés au premier chef, mais Notre-Dame,

6:22
Locuteur

c

6:22
Invité

'est bien plus que cela, et on le voit, l'émotion était très importante dans le pays, et largement répartie dans les différentes catégories de la population, croyant comme non-croyant, et croyant fervent comme croyant plus tiède, c'est beaucoup de choses, Notre-Dame. On a convoqué la mémoire de Victor Hugo, on a convoqué les grandes heures de l'histoire de France, donc je pense que Emmanuel Macron, là, il était tout à fait dans la bonne et pure, comme il a pu l'être à d'autres moments, où il se saisit

6:52
Locuteur

de

6:53
Invité

ces événements particuliers pour essayer de recréer du ciment dans une nation qui est fragmentée. L'hommage au colonel Beltrame, dans un tout autre registre, sous un autre parvis d'église, la messe pour Johnny Hallyday, de manière beaucoup plus festive, le 14 juillet, la victoire des Bleus, donc à chaque fois, avec une fortune plus ou moins grande, tout se passe comme s'il avait compris cet état de fragmentation de la société française, et qu'il se saisit de ces moments-là pour parler à l'ensemble de nos concitoyens.

Moi, ce qui m'a notamment frappé, c'est l'hommage qu'il a rendu aux pompiers, quand il explique qu'ils ont entre 20 et 25 ans, ils viennent de toutes les régions de France, soudés derrière leur chef pour sauver Notre-Dame. Et donc là, c'est une allégorie un peu de la nation qui se mobilise pour sauver son

7:39
Locuteur

patrimoine. – Mais ça a

7:40
Présentateur

du sens aux yeux des Français, à votre avis, Gérôme Fourquet, que ça ait du sens politique. Vous l'avez très bien expliqué jusque-là, c'est-à

7:46
Locuteur

-dire

7:46
Présentateur

qu'il

7:46
Locuteur

y a

7:46
Présentateur

une forme de bonne intuition chez Emmanuel Macron de se saisir des symboles qui parlent à l'ensemble du pays. Mais est-ce que ça parle à l'ensemble des Français lorsqu'on compare à la fois l'héroïsme des pompiers à ce qui peut se passer derrière un chef, à savoir le président de la République ?

7:59
Locuteur

Vous

7:59
Présentateur

voyez ce que je veux dire ?

8:00
Invité

Est

8:00
Présentateur

-ce que c'est juste une habileté intellectuelle ou est-ce que ça peut rassembler le pays ?

8:04
Invité

–

8:04
Locuteur

C

8:04
Invité

'est une question de dosage.

8:05
Locuteur

C'est-à-dire qu

8:06
Invité

'il le fait bien sur le coup, il y a un certain nombre d'intuitions qui sont bonnes. Et après, effectivement, il faut regarder jusque ne pas aller trop loin pour que ce ne soit pas dans la récupération. Mais on voit bien qu'on a aussi un problème de calendrier, c'est comment rebondir, comment trouver les moyens de s'en sortir. Et encore une fois, même si on a des communicants qui sont très brillants, tout ça n'était pas prévu. C'est-à-dire que tout était enregistré, il y a cet événement qui surgit, il faut réadapter toute la communication, refaire le discours. Donc il ne faut pas non plus trop lui en demander.

8:39
Locuteur

– C'est un plan de sortie de crise contrariée, le dit aujourd'hui. – Et on est maintenant

8:43
Invité

trois jours après l'événement.

8:44
Locuteur

–

8:45
Invité

Donc certes, c'est le week-end de Pâques, donc on peut encore parler de tout cela, mais il va falloir sans doute passer à autre chose.

8:53
Présentateur

– Passer à autre chose, alors même qu'on explique que le président de la République pourrait assister à une messe

8:58
Locuteur

ce

8:59
Présentateur

week-end. Jean Garrigue, c'est compliqué. Les présidents et le fait d'aller à la messe, certains le faisaient à titre personnel.

9:06
Locuteur

On

9:06
Présentateur

se souvient de Jacques Chirac, qui allait à la messe à Bamblé-Mimosa,

9:09
Locuteur

qui allait pendant ses

9:10
Présentateur

vacances. – Giscard.

9:12
Locuteur

– Giscard.

9:13
Invité

– Général de Gaulle qui avait une chapelle à l'Élysée, Georges Pompidou qui allait à la messe aussi, très régulièrement, près d'Orvilliers, où avait sa maison de campagne en fait. Oui, non, ça c'est quelque chose qui… C'est normal que… D'abord, moi je trouve qu'il était logique qu'il s'adresse ça aux Français comme il l'a fait, en tant que président de la République, parce qu'il y a eu une catastrophe nationale, il n

9:34
Locuteur

'y a

9:34
Invité

pas eu heureusement de victimes, mais c'est quelque chose qui est comparable à un traumatisme comme celui de Charlie ou du Bataclan, ce qui s'est passé, parce que c'est une partie du livre d'histoire

9:44
Locuteur

de la France. – Certains ne sont pas d'accord avec vous. – Oui,

9:46
Invité

oui, mais moi je pense que ce n'est pas mon opinion, c'est le ressenti que jette de la population française. Il y a eu une émotion et une tentation, un besoin aussi de solidarité et d'unité spontanée sur lequel il était obligé de réagir et de se comporter en président de la République. que le président de la République soit cinquième, c'est le père de la nation, donc il doit incarner ça. Et en même temps, il est aussi le président des catholiques, des chrétiens qui sont en pleine semaine pascale, c'est-à

10:16
Locuteur

-dire

10:16
Invité

que

10:16
Locuteur

c

10:16
Invité

'est le moment fort pour les catholiques, donc ça peut être aussi normal qu'ils puissent faire un geste en fonction, en vue de cet électorat.

10:27
Locuteur

–

10:27
Présentateur

Yves Tréhard allait à la messe,

10:28
Locuteur

un

10:29
Présentateur

week-end pascal ?

10:30
Locuteur

–

10:30
Présentateur

Oui,

10:30
Locuteur

je

10:30
Invité

serais plus réservé que Jean quand même, parce que, on va prendre l'exemple, j'en le connais très très bien, de Charles de Gaulle. Charles de Gaulle, qui est le père de cette constitution, qui est le père de cette République, n'allait jamais à la messe officiellement. Il s'y refusait. Parce que, et Dieu sait pourtant si c'était un homme qui pratiquait sa religion, très catholique, très croyant, mais il refusait d'aller à la messe. Contrairement, d'ailleurs, à certains de ses successeurs comme Valéry Giscard d'Estaing. Là, s'il va à la messe, ça va être considéré comme un acte public. C'est pas un…

Et surtout qu'on ne connaît pas la pratique religieuse d'Emmanuel Macron les autres week-ends, les autres dimanches. On ne dit pas qu'il va à la messe tous les dimanches. Charles de Gaulle, à Colombais, les deux églises, allait à la messe tous les dimanches

11:18
Locuteur

comme

11:19
Invité

un citoyen ordinaire. Ce qu'il n'était pas, évidemment, mais il ne convoquait pas les médias. Là, ce qui va se passer, c'est que vous allez avoir, Emmanuel Macron, si,

11:27
Locuteur

vous

11:27
Invité

allez avoir Emmanuel Macron dans une église avec toutes les caméras, tous les médias nationaux et internationaux. Et ça va devenir un acte politique. Et ça va devenir

11:39
Locuteur

une

11:40
Invité

polémique. Et ça va devenir un sujet. Vous voyez ce que je veux dire ? Ça ne va pas du tout être un acte pris comme un acte de recueillement et d'appel à l'unité de la nation. Ce qu'il a fait jusqu'à présent. Après, on peut commenter. Je suis tout à fait d'accord pour dire que, comme Anne, il va toujours plus vite que la musique. Il veut aller plus loin que loin. Mais il a quand même

12:03
Locuteur

bien

12:04
Invité

assuré le coup. Surtout que c'est un art qui sait faire ça. Faire de l'unité nationale des phrases, de la littérature,

12:10
Locuteur

de l

12:10
Invité

'histoire. Il adore ça. Mais ça, je dirais qu'il prend un risque.

12:14
Locuteur

Il prendrait un risque politique.

12:15
Présentateur

Pour l'instant, rien n'est

12:16
Locuteur

acquis.

12:17
Présentateur

On a vu juste Brigitte Macron assister, elle, pour le coup,

12:20
Locuteur

à une messe en

12:20
Présentateur

hommage. Elle était dans son rôle. Et rappelons que, lors des obsèques, on parlait des obsèques de Johnny Hallyday, il avait prononcé son discours à l

12:27
Locuteur

'extérieur

12:27
Présentateur

de l'Église. Alors, l'opposition, je le disais, lui reproche déjà d'en faire trop. Mais Emmanuel Macron continue de caler son agenda sur les suites de l'incendie de Notre-Dame. Aujourd'hui, à l'Élysée, il a rendu hommage aux pompiers engagés sur le sinistre. Le chef de l'État a affirmé qu'ils étaient l'exemple parfait de ce que nous devons être. Un nouveau message à connotation politique d'un président qui espère profiter de ce moment d'unité nationale. Paul-Rémi Barjavel, Myriam Zéard.

12:57
Locuteur

Une

12:57
Invité

file ininterrompue de pompiers dans la cour de l'Élysée. Emmanuel Macron leur a rendu hommage aujourd'hui pour avoir sauvé Notre-Dame.

13:08
Locuteur

L

13:09
Invité

'incendie de la cathédrale

13:10
Locuteur

a,

13:11
Invité

depuis lundi soir, bouleversé le monde entier et chamboulé le calendrier de l'exécutif.

13:17
Locuteur

Ce

13:17
Invité

soir-là, Emmanuel Macron se rend en urgence sur le parvis de la cathédrale. La diffusion de son allocution télévisée enregistrée quelques heures plus tôt est annulée. Il devait y annoncer des mesures pour la fin du grand débat et tenter de sortir de la crise des gilets jaunes.

13:33
Locuteur

L

13:34
Invité

'opération de communication préparée minutieusement tombe à plat.

13:38
Locuteur

Il y a

13:38
Invité

un proche du président qui a un mot pour résumer ce changement de programme.

13:41
Locuteur

Il

13:41
Invité

dit patatras. Tout était prévu, millimétré, séquencé. L'incendie de Notre-Dame est venu bousculer tout le programme d'Emmanuel Macron. Ce que son entourage dit, c'est que le président, lui, prend les choses telles qu'il vienne.

13:57
Locuteur

C

13:57
Invité

'est-à-dire que là, c'est la séquence Notre-Dame. Il est concentré sur Notre-Dame. Il y consacre toute sa semaine.

14:04
Locuteur

Le

14:04
Locuteur 2

chef de l'État espérait pourtant se

14:06
Locuteur

relancer,

14:07
Invité

trouver un second souffle.

14:09
Locuteur

Et

14:10
Invité

puis les annonces ont fuité mardi dans la presse.

14:12
Locuteur

Parmi

14:13
Invité

ces mesures, la baisse d'impôts sur les revenus pour les classes moyennes, la réindexation des petites retraites sur l'inflation,

14:21
Locuteur

des

14:21
Invité

référendums locaux et la suppression de l'ENA.

14:25
Locuteur

Le

14:26
Invité

président de la République souhaiterait également demander aux Français de travailler davantage, sans préciser de quelle manière. Plusieurs hypothèses sont envisageables. Moins de jours fériés, revenir sur la durée de travail hebdomadaire ou retarder l'âge de départ à la retraite.

14:41
Locuteur

Lui

14:42
Invité

qui voulait avoir un effet « waouh », c'est le terme qu'avaient employés ses équipes, ménager un effet de surprise, le secret d'ailleurs des annonces avait été très bien gardé, eh bien maintenant il va falloir qu'il trouve un moyen pour rebondir, pour reprendre la main, puisque cet effet de surprise est complètement réduit à néant. Mardi soir, Emmanuel Macron s'adresse finalement aux Français

15:01
Locuteur

dans une allocution télévisée consacrée à la catastrophe de Notre-Dame.

15:05
Invité

Il en profite pour repousser les annonces et prendre un peu de temps en bon maître des horloges.

15:11
Locuteur 3

Je reviendrai vers vous comme je m'y étais engagé

15:13
Locuteur

dans

15:14
Locuteur 3

les jours prochains,

15:15
Locuteur

pour

15:16
Locuteur 3

que nous puissions agir collectivement suite à notre grand débat.

15:21
Locuteur

Mais

15:22
Locuteur 3

ce n'est pas le temps aujourd'hui. Demain, la politique et ces tumultes

15:26
Locuteur

reprendront

15:27
Locuteur 3

leurs droits, nous le savons tous.

15:29
Locuteur

Mais

15:29
Locuteur 3

le moment n'est pas encore venu.

15:31
Locuteur

L

15:32
Invité

'opposition est partagée entre éviter de briser l'Union nationale et mettre en difficulté le pouvoir exécutif. Ceux qui s'attaquent aux mesures évoquées dans la presse se concentrent d'abord sur l'écologie. Ce

15:45
Locuteur

qui

15:45
Invité

est complètement passé par pertes et profits, c'est précisément la question de l'écologie sociale,

15:49
Locuteur

c

15:49
Invité

'est-à-dire la question de l'origine de la crise. Comment on fait cette transformation écologique qui est absolument nécessaire et comment on fait en sorte qu'elle soit socialement juste ? Et ça, c'est une question qui n

15:58
Locuteur

'est

15:58
Invité

pas posée. L'écologie a disparu. La réponse, elle est archi petit bras, en fait. Je ne comprends pas qu'on puisse dire j'entends la misère, la difficulté, j'ai fait 100 heures de débats télé, etc. Et puis sortir 3-4 promesses d'intention, en fait.

16:15
Locuteur

À

16:16
Invité

l'Elysée, trois jours après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, les réunions s'enchaînent. Il faut maintenant improviser une nouvelle stratégie de communication autour d'annonces qui sont déjà connues. Emmanuel Macron devrait s'exprimer la semaine prochaine.

16:32
Présentateur

Devrait s'exprimer la semaine prochaine, vous savez quand ?

16:34
Invité

Non, il n

16:35
Locuteur

'y a

16:35
Invité

pas de date

16:35
Locuteur

encore

16:36
Invité

fixée.

16:37
Locuteur

Eux-mêmes ne savent

16:37
Présentateur

pas ?

16:38
Invité

Non,

16:38
Locuteur

je

16:38
Invité

ne

16:38
Locuteur

crois

16:38
Invité

pas. Il est vraisemblable. Et puis, il y a la date et puis il y a la méthode. Comment il s'exprime ? Est-ce qu'il y a plusieurs idées en l'air ? Est-ce que ça serait une tribune dans la presse

16:48
Locuteur

?

16:48
Invité

Une tribune très écrite,

16:50
Locuteur

un

16:50
Invité

peu ce qu'avait fait, non pas ce qu'il avait fait pour lancer le débat, mais ce qu'avait fait François Mitterrand peut-être en 88, la lettre à tous les Français ? Est-ce que c'est une intervention

16:59
Locuteur

télévisée ? Il a déjà fait une info

17:00
Présentateur

française ?

17:00
Invité

Oui, il l

17:01
Locuteur

'a

17:01
Invité

déjà faite. Mais de façon plus roborative, si je puis dire. Est-ce que c'est une intervention à son bureau très solennelle ? Est-ce que c'est une conférence de presse gaullienne ? On ne sait pas.

17:18
Locuteur

Cette

17:19
Présentateur

question, les infos ont-elles été volontairement ou involontairement fuitées dans les médias ? Alors, pourquoi d'un coup, on se retrouve à commenter

17:27
Locuteur

des

17:28
Présentateur

annonces présidentielles sur lesquelles on en a fait, des émissions, pour dire qu'elles étaient capitales, alors même que le président n

17:33
Locuteur

'a

17:33
Présentateur

pas prononcé ce discours ?

17:34
Invité

Que ce soit volontaire ou pas, on ne le sait pas, mais on comprend bien le mécanisme, quoi qu'il arrive. C'était un discours qui était enregistré. Donc à partir du moment où c'était enregistré, il y avait des gens qui étaient au courant de ce qu'il avait dit, et peut-être même avait-il fourni les principales annonces à quelques journalistes qui se plaignaient que TF1, qui avait les images exclusives, sache avant tout le monde ce qu'il allait annoncer. Donc, à partir du moment où vous avez trois ou quatre journalistes dans la

18:00
Locuteur

boucle, c

18:01
Invité

'est un petit peu compliqué d'arrêter et on ne comprendrait pas d'ailleurs que les annonces n'ont pas fuitées. Mais du coup, c'est vrai que c'est une situation un peu bizarre. On se retrouve à commenter des annonces non officielles, mais ce qu'on peut dire, quoi qu'il arrive,

18:16
Locuteur

c

18:16
Invité

'est que ça n'était pas à la hauteur. Ça fait catalogue, pour reprendre l'expression de Gérard Collomb lui-même, son ancien ministre, qui disait que ça manque de sens. Et c'est vrai que, si vous voulez, on y reviendra sûrement, mais l'ENA va dire juste l'ENA, parce que ça fait plaisir aux Gilets jaunes de dire on supprime l'ENA, sans nous expliquer d'où, pourquoi, quel est son diagnostic. De manière générale, ça manque de diagnostic. J'espère qu'il a lu le livre de Jérôme Fourquet, l'archipel français.

18:42
Locuteur

Sans doute, comme tout le monde.

18:43
Invité

Le grand livre du diagnostic, avec la sécession des riches, avec le multiculturalisme, c'est ça qu'on attend.

18:49
Locuteur

C

18:49
Invité

'est-à-dire, quel est son diagnostic

18:50
Locuteur

?

18:50
Invité

Lui, en tant que président, il a fait un grand débat. Normalement, il devait même savoir avant le grand débat, mais ce n

18:56
Locuteur

'est

18:56
Invité

pas grave. Quel est son diagnostic et quelles sont les grandes orientations qu'il veut donner pour y répondre ?

19:02
Locuteur

Alors, je

19:02
Présentateur

me mets à la place du chef de l'État. On a entendu pendant ces mois de débat que les Français, le sens, le cap, ils voulaient du concret. Et alors là, on leur dit, baisse d'impôt pour les classes moyennes. On leur dit, geste en direction des retraités, réindexation des retraites sur l'inflation. Ça coûte quand même 1,4 milliard. C'était une mesure qui a été réclamée au moment des manifestations, des mobilisations sur les ronds-points. On leur dit également, pas de fermeture d'hôpitaux, pas de fermeture d'écoles. Certes, vous dites, ça manque de cap, de souffle. Il y avait quand même du concret dans ces

19:37
Locuteur

annonces. Oui, mais je

19:37
Invité

crois que, si vous voulez, c'est une crise qui est très profonde, qui n'est pas une crise qui a commencé au mois de novembre dernier, qui est une crise qui vient de loin. Et pour renvoyer la balle à Jérôme Fourquet... Il faut arrêter

19:49
Locuteur

là, vous êtes

19:49
Présentateur

mis d'accord

19:50
Locuteur

?

19:50
Invité

Qui a été expliqué. Non, mais c'est une crise qui date

19:53
Locuteur

et

19:54
Invité

qui vient de très loin de notre société, qui n

19:56
Locuteur

'a

19:56
Invité

pas su se réformer, qui a vécu sans projet national. Et donc, la réponse,

20:03
Locuteur

si

20:04
Invité

on se met dans la peau d'Emmanuel Macron, si tant est que ça soit possible, la réponse, elle est, si vous voulez, de deux ordres.

20:11
Locuteur

Il

20:11
Invité

y a des réponses techniques

20:12
Locuteur

pour

20:13
Invité

effectivement dire aux plus modestes et à ceux qui sont le plus, je dirais, dans la misère. Eh bien, voilà, on va améliorer votre quotidien. Mais il y a une deuxième chose.

20:26
Locuteur

C

20:27
Invité

'est cet moment de cohésion nationale qu'on ne connaît aujourd'hui que quand on gagne un match de football, enfin une Coupe du Monde, quand il

20:34
Locuteur

y

20:34
Invité

a un attentat ou quand vous avez une cathédrale qui brûle.

20:37
Locuteur

Ce

20:38
Invité

qui manque, c'est ce souffle, ce projet national. C'est ça qui manque à la France aujourd'hui. On ne sait pas où on va. On ne sait pas, vous avez une addition d'intérêts particuliers, une addition de communautés, une addition, je dirais, de Français qui ne vivent plus en cohésion, qui n'ont plus de projet national. On sait pourquoi. Parce qu'il n'y a plus d'idéologie, il y

21:04
Locuteur

a

21:04
Invité

une mondialisation que personne ne sait appréhender. Il y

21:07
Locuteur

a

21:07
Invité

un progrès technologique qui laisse sur le côté de la route énormément de Français qui se sentent abandonnés. Vous avez des Français qui disent « Mais nous, on paye plein d'impôts et on n'en voit pas le résultat. » D'autres qui disent « Nous, on aimerait bien en payer parce que justement, les services publics ne marchent pas comme on voudrait. »

21:26
Locuteur

Eh bien,

21:27
Présentateur

à cela,

21:28
Invité

il dit « Moins d'impôts, plus de services publics. » Oui, d'accord, mais il faudrait qu'il ait un souffle. Et il faudrait qu

21:35
Locuteur

'ils

21:35
Invité

nous disent, par exemple,

21:37
Locuteur

«

21:37
Invité

Voilà où je veux aller. Voilà ce que je voudrais. »

21:40
Locuteur

Ce

21:40
Invité

n

21:40
Locuteur

'est

21:40
Invité

pas uniquement « Je veux qu'à la fin de mon quinquennat, il y ait 7% de chômeurs au lieu de 9% aujourd'hui. »

21:45
Présentateur

Quand vous dites, j'essaie de comprendre, quand vous dites « Il faudrait qu

21:48
Locuteur

'ils

21:48
Présentateur

disent où on veut aller. » Par exemple, c'est sur le modèle social

21:51
Locuteur

français ? Bien sûr. C'est sur l'organisation de l'État ? C'est sur le modèle

21:53
Invité

social, c'est sur l'organisation de l'État. C'est sur l'éducation, parce qu'il

21:58
Locuteur

y

21:58
Invité

a une grande attente aussi en matière d'éducation. Par exemple, on va reprendre les écoles. Ne parlons pas de l'ENA,

22:03
Locuteur

mais

22:03
Invité

ce que veulent les gens, c'est que l'égalité des chances soit restaurée. Ce n

22:09
Locuteur

'est

22:09
Invité

pas tellement le résultat, c'est que l'égalité soit restaurée. Quand vous êtes au lycée à Bobigny, et quand vous êtes au lycée dans le 16e arrondissement de Paris,

22:16
Locuteur

ce n'est pas tout à fait la

22:17
Invité

même chose.

22:17
Présentateur

Alors, à cette problématique-là sur la question des écoles, ce qu'on a compris de l'entourage du président, je vous ai lu les uns et les autres dans la presse, c'est qu'il avait beaucoup entendu lors du grand débat des gens qui arrivaient avec une inquiétude, à savoir que les hôpitaux ferment, que les services publics disparaissent, que les écoles ferment dans les territoires. Dire aux Français, je vous assure, sur un quinquennat, ça ne fermera pas, c'est une priorité, ce n'est pas une manière de donner un cap ? – C

22:44
Invité

'est une réponse, là, qui est en partie concrète, et en partie plus globale, pour aller dans le sens d'Yves Tréhard, j'essaie de montrer une certaine cohésion en disant « la France est construite en partie par son État et ses services publics, il faut arrêter le rabot,

22:58
Locuteur

il

22:58
Invité

faut arrêter la règle comptable, et donc il faut qu

23:01
Locuteur

'on

23:01
Invité

regarde quand même au cas par cas ».

23:02
Locuteur

Alors

23:02
Invité

attention quand même

23:03
Locuteur

à

23:04
Invité

ce qu'il n'y

23:04
Locuteur

ait

23:04
Invité

pas de contre-exemple, c'est

23:05
Locuteur

-à

23:05
Invité

-dire que si on s'engage là-dessus, il faut vraiment que ce soit fait. –

23:08
Locuteur

Et

23:08
Invité

puis, toujours pour aller dans votre sens Yves, il y a quand même eu un changement dans le discours, même si c'est décevant, Emmanuel Macron, candidat, avait dit « il n

23:17
Locuteur

'y a

23:17
Invité

pas de culture française

23:18
Locuteur

».

23:20
Invité

Au moment de Notre-Dame, il dit « nous sommes un peuple de bâtisseurs, sous-entendu bâtisseurs de cathédrales

23:24
Locuteur

». Et

23:25
Invité

donc on voit que peut-être, il y

23:26
Locuteur

a

23:26
Invité

un changement qui a l'œuvre. Maintenant, est-ce que c'est juste une réaction à un moment donné, et une espèce d'exercice de gaudi comme certains politiques savent faire, ou est-ce qu'on est sur une évolution, comme on dit en mauvais français, du logiciel idéologique du président de

23:42
Locuteur

la

23:42
Invité

République qui intègre progressivement cette demande de mise en récit, de récit national, comme on disait à l'époque, ou pas ?

23:49
Présentateur

– Et quand vous regardez les annonces, Jérôme Fourquet,

23:51
Locuteur

à

23:51
Présentateur

l'aune de ce que vous mesurez tous les jours

23:54
Locuteur

dans

23:54
Présentateur

les enquêtes d'opinion,

23:55
Locuteur

il y

23:55
Locuteur 7

a

23:55
Locuteur

quand même,

23:56
Présentateur

ce soit sur la fiscalité, pardon de me

23:58
Locuteur

mettre dans le rôle de l

24:00
Présentateur

'avocate des annonces d'Emmanuel Macron, mais c'est juste parce que je voudrais que les gens qui nous regardent, qui nous regardent très régulièrement, repassent pas des bandes dans lesquelles on dit, il faut absolument qu'il

24:09
Locuteur

y ait

24:09
Présentateur

des annonces sur les baisses d'impôts, sur les territoires,

24:12
Invité

c

24:12
Locuteur

'est là ? –

24:12
Invité

Effectivement, mais c'est un exercice qui est très ingrat pour le président de la République, parce qu'il avait envoyé ses marcheurs pendant la campagne faire un diagnostic de l'état de la société. Il était déjà remonté la problématique du ras-le-bol fiscal, qui avait déjà été diagnostiqué bien avant, dans le quinquennat précédent. Emmanuel Macron engage quand même la suppression de la taxe d'habitation.

24:32
Locuteur

Il

24:32
Invité

y

24:32
Locuteur

en

24:32
Invité

a quand même pour 10 milliards.

24:34
Locuteur

Et

24:34
Invité

sans doute qu'on a estimé à l'Élysée qu'avec ça, il y aurait solde de tout compte pour les Français. Dans cette demande-là, être traité, etc. Sauf que quand vous mettez le doigt là-dedans, eh bien ensuite,

24:43
Locuteur

les

24:44
Invité

demandes se succèdent. C'est-à-dire que là, on va dire, bon, les petites retraites, on va réindexer sur l'inflation, on va peut-être créer une ou deux tranches d'impôts supplémentaires, mais tout ça est technique, ce n

24:54
Locuteur

'est

24:54
Invité

pas forcément visible par les Français. Et on est effectivement face à quelque chose de très problématique. 10 milliards pour la taxe d'habitation, 10 milliards annoncent entre guillemets gilets jaunes en décembre dernier, on est déjà à 20 milliards.

25:06
Locuteur

–

25:06
Présentateur

1,4 milliard sur les petites retraites.

25:08
Invité

– Et donc, la population dit, encore des baisses d'impôts, le compte n'y est pas, il faut aller plus loin. –

25:15
Locuteur

Ça voulait

25:15
Présentateur

dire que l'exercice était pipé dès le début, que de toute

25:17
Locuteur

façon, ça susciterait de

25:19
Présentateur

la déception, c'est

25:20
Locuteur

-à-dire ? – Voilà,

25:20
Invité

de mon point de vue, sur la fiscalité,

25:22
Locuteur

c

25:22
Invité

'était très compliqué de satisfaire les demandes, sachant que les marges de manœuvre sont quasiment inexistantes.

25:26
Locuteur

–

25:26
Présentateur

Jean-Garig.

25:27
Locuteur

–

25:27
Invité

Je partage évidemment l'opinion, j'ai toujours dit que de toute manière, tout ce qui serait proposé ne serait pas du tout à la mesure des attentes des gilets jaunes et de tous les Français. C'est une évidence, parce qu'on revient à ce que disait Yves Tréard tout à l'heure, sur cette France multifragmentée. Je veux dire que, quel que soit le discours, les promesses, les engagements d'un président de la République aujourd'hui, ils ne toucheront le cœur que d'une minorité des Français.

On est dans une société qui est à ce point émiettée, fragmentée, et je l'ai vérifié moi-même dans un autre ouvrage, j'essaie de parler d'incarnation, qu'on en est à un point où, justement, c'est impossible d'arriver à incarner. En revanche, ce qu'on aurait attendu, moi, ce que j'attendais de ce premier discours, de ce discours de cadrage, justement, c'était comment, qu'est-ce que c'est que cet état-providence du XXIe siècle qu'Emmanuel Macron veut nous offrir

26:24
Locuteur

?

26:24
Invité

Comment est-ce qu'on adapte ce modèle social, qui est un modèle social qui date de 1945, dont on sait qu'il est arrivé à bout de souffle, qu'il ne fonctionne plus,

26:33
Locuteur

qu

26:33
Invité

'il ne nous a pas préservé du chômage de masse, qu

26:35
Locuteur

'il

26:35
Invité

ne nous a pas préservé de ce multicommunitarisme qui rampe de cette fragmentation de la société française ? Comment est-ce qu'on peut faire aujourd'hui pour le transformer, pour l'adapter à la mondialisation, aux contraintes de l'Europe, etc. ?

26:48
Locuteur

C

26:48
Invité

'est ça qu'on attend.

26:49
Locuteur

Il vous

26:49
Présentateur

répondait ? Il

26:51
Locuteur

a dit,

26:51
Présentateur

il le dit, travaillez plus.

26:53
Invité

Oui, mais ça, ça ne suffit pas. Si vous voulez, le général de Gaulle, il avait un grand dessin. restaurer la grandeur nationale entre les deux blocs. Giscard d'Estaing, il avait un projet qui était réconcilié de deux Français sur trois, et faire une sorte de démocratie libérale avancée. François Mitterrand voulait transformer, dans le sens du programme commun de la gauche, dans une France plus démocratique, une démocratie sociale. Depuis cette époque-là, on n'a plus retrouvé ce souffle, on n'a plus retrouvé ce grand dessin, et je crois que c'est une des raisons fondamentales de cet émiettement, de cette fragmentation. Il y a évidemment des raisons sociologiques,

27:31
Locuteur

des

27:31
Invité

raisons économiques, des raisons culturelles. Mais ne pas avoir comme ça un discours structurant, quelque chose de simple, mais qui vous donne un cap, qui essaye de vous emporter un tout petit peu au-delà de ce qu'est la gestion quotidienne du politique, moi je pense que, véritablement, c'est ce qu'on attendait d'Emmanuel Macron, d'autant plus que, on va dire par rapport à ses prédécesseurs, je pense qu'il a les outils culturels, littéraires, historiques, la conscience de ce qu'est précisément cette continuité historique de l'État français, pour pouvoir justement se hasarder à ça.

28:03
Présentateur

C'était la suite de la campagne présidentielle, en quelque sorte.

28:06
Locuteur

En quelque

28:07
Invité

sorte.

28:07
Présentateur

C'était cette révolution qu

28:09
Locuteur

'il avait

28:09
Invité

annoncée. Cette

28:10
Locuteur

révolution,

28:10
Invité

que depuis, on ne voit plus. On a vu de la gestion, on a vu des réactions,

28:15
Locuteur

on

28:15
Invité

a vu des réformes, mais on n'a pas vu ce souffle d'une révolution vers ce qu'on pourrait appeler ce nouveau pacte social dont parlait Laurent Berger, de la CFDT.

28:24
Locuteur

C'est ça qu'on attend. Quand

28:25
Présentateur

il dit travailler plus, c'est aussi une façon de mettre les pieds dans le plat.

28:28
Locuteur

Alors, il le fait

28:29
Présentateur

en marchant sur des yeux. On n'a pas encore les détails, puisqu'encore une fois, c'est partiel ce que nous commentons ce soir. Mais enfin, on voit bien la logique. Moins d'impôts, plus de services publics, et à un moment donné, il y a une équation, je ne

28:41
Locuteur

suis

28:41
Présentateur

pas très bonne en mathématiques,

28:42
Locuteur

et il va falloir

28:43
Présentateur

travailler plus.

28:43
Invité

Oui, mais ça, il faut qu'il le mette. Alors, on lui fait ce procès, là, on ne l'a pas écouté, parce qu'il l'aurait peut-être mis en musique, ses mesures, il les aurait peut-être ordonnées, mises en musique. Ça n'aurait pas eu le même effet que les aigrénées, comme on fait aujourd'hui. Mais néanmoins, par exemple, travailler plus, ce

29:02
Locuteur

qui

29:02
Invité

n

29:02
Locuteur

'est

29:02
Invité

pas une nouvelle idée, puisque Nicolas Sarkozy avait fait sa campagne là-dessus. Il y

29:05
Locuteur

avait

29:05
Invité

un coup d'ici, là, quand même. Oui,

29:07
Locuteur

oui.

29:07
Locuteur 7

Pour

29:07
Locuteur

gagner plus. Pour gagner plus. Là, il n'y en a pas. Travailler plus pour gagner plus. Là,

29:11
Présentateur

ici, il

29:12
Locuteur

y a

29:12
Présentateur

travailler plus pour payer moins d'impôts, il va y

29:13
Locuteur

avoir plus de services publics. Mais ça, par exemple,

29:15
Invité

ça se met en perspective, ça. Ça veut dire que travailler plus pour gagner plus, ça se met en perspective dans une société qui est en train d'être bouleversée par la révolution technologique que nous sommes en train de vivre. Ça veut dire aussi qu'il ne faut peut-être pas de temps de travail hebdomadaire, légal, j'en sais rien, je dis, mais que vous travaillez quand vous voulez, mais il faut travailler plus, parce que c'est comme ça que vous allez payer votre retraite. Donc, au passage, on va

29:41
Locuteur

peut

29:42
Invité

-être bouger l'âge de départ à la retraite. C'est comme ça que vous allez payer et prendre en charge vos grands-parents ou vos parents, parce que la dépendance est un problème majeur. Et c'est comme ça aussi que vous allez payer tous les services publics que vous réclamez pour qu'ils soient à la hauteur, pour les rénover, pour qu'ils soient à la hauteur. Et donc, il y a tout un discours d'enrobage, je dirais, qu'il faudrait apporter à cela et qui n'est pas... En disant, parce qu'il y a un problème en France, qui est clair, c'est le non-concentement à l'impôt qui grandit d'année en année. De plus en plus de Français ne veulent plus payer pour l'État.

30:21
Locuteur

C

30:21
Présentateur

'est déjà en tout cas l'une des propositions qui fait le plus débat. La suppression de l'ENA, l'école des élites, celle qui a fait des ministres, des chefs d'État, des grands patrons, une institution devenue le symbole de la technocratie tant décriée par les Français. Emmanuel Macron lui-même, élève de l'ENA, serait donc prêt à faire disparaître une école créée en 1945 par le général de Gaulle, Pierre-Millet Bellando, Marie-Laurent.

30:49
Locuteur

Et

30:50
Invité

si l'on assistait à la fin d'une institution

30:53
Locuteur

?

30:54
Invité

L'ENA, trois lettres et un mythe. Celui de l'école du pouvoir, là où sont éduqués ceux qui nous dirigent. L'école nationale d'administration, créée en 1945 juste après la guerre, à l'initiative de Michel Debré et du général de Gaulle.

31:12
Locuteur

C

31:12
Invité

'est la première rencontre

31:13
Locuteur

entre

31:14
Invité

mon père qui est là et le général de Gaulle. Et c'est là qu'il va proposer au général de créer l'école nationale d'administration. L'idée,

31:25
Locuteur

c

31:26
Invité

'est de démocratiser.

31:28
Locuteur

C

31:29
Invité

'est de faire en sorte que, à la suite des études de l'Institut d'études politiques de Paris, Sciences Po, qui est créé en même temps, eh bien, on puisse progressivement sélectionner les meilleurs pour être les hauts fonctionnaires. 74 ans plus tard, un constat. L'école a formé bon nombre de nos dirigeants,

31:53
Locuteur

des

31:53
Invité

présidents déjà. Sur les six derniers, seuls Nicolas Sarkozy et François Mitterrand ne sont pas passés par l'ENA.

31:59
Locuteur

Et

32:00
Invité

d'autres grands noms, il y en a.

32:02
Locuteur

Dans

32:03
Invité

la politique surtout,

32:04
Locuteur

mais

32:05
Invité

aussi

32:05
Locuteur

des

32:06
Invité

chefs d'entreprise

32:07
Locuteur

ou

32:08
Invité

des hommes d'influence.

32:10
Locuteur

Les

32:11
Invité

énarques sont partout.

32:12
Locuteur

Et

32:12
Invité

en ce

32:13
Locuteur

moment... Et

32:14
Auditeur

toi, tu as toujours habité là-bas ? Il

32:16
Invité

y en a un dans les rues de Paris. Gaspard Gantzer, candidat à la mairie.

32:22
Locuteur

Ce

32:22
Invité

jour-là, il visite un cabinet d'architecture. Cette campagne sera sa première tentative électorale. Est-ce que c'est l'ENA qui vous a ramené ici, dans cette position

32:34
Locuteur

de

32:34
Invité

campagne ? Pas du tout, en fait. Je pense que moi, je suis rentré dans la haute fonction publique pour servir mon pays. Et en fait, j'en ai aussi vu les limites quand j'étais fonctionnaire. Et je me suis rendu compte que c'était bien d'être dans l'exécution des politiques publiques, mais que ce qu'il me plaisait le plus, c'était d'aller voir les citoyens, les habitants, pour s'ils les convainquent. Lui était dans la même promotion qu'Emmanuel Macron. Il n'est pas pour la suppression, mais pour un changement profond au cœur de l'ENA.

33:02
Locuteur

J

33:03
Invité

'aurais aimé qu'on m'incite plus à la créativité, à la réflexion, parce que ce que je peux, on peut reprocher à l'ENA, c'est d'être une école d'application

33:12
Locuteur

qui

33:12
Invité

vous apprend à reproduire des recettes, ou en tout cas des pratiques, ou des théories qui sont déjà appliquées par l'administration française. Or, je pense qu'on est dans une période de crise économique, politique et aussi internationale. qui doit pousser les gens à penser au-delà des cases habituels, et à penser contre eux-mêmes. Donc j'aurais aimé qu'on m'apprenne la créativité et l'imagination plus que l'application. Gaspard Gantzer se défend toutefois de faire partie d'une caste. La caste, l'entre-soi.

33:40
Locuteur

Ce

33:40
Invité

sont là les critiques adressées le plus fréquemment à l'institution. Ce à quoi l'école répond sur les réseaux sociaux, à grand coup de statistiques.

33:50
Locuteur

Dans

33:50
Invité

la promotion actuelle de l'ENA, 26% d'élèves boursiers de l'enseignement supérieur, 14% d'élèves petits-enfants d'ouvriers, 9% petits-enfants d'agriculteurs, 12% petits-enfants d'artisans ou commerçants.

34:04
Locuteur

Il

34:04
Invité

y a 15 jours, nous interrogeons Patrick Gérard, le directeur de l'ENA, sur les critiques qui sont régulièrement faites à l'école et l'hypothèse d'une disparition. Est-ce que l'ENA peut disparaître, selon vous

34:16
Locuteur

?

34:17
Invité

La question ne se pose pas comme ça. Comment on forme les hauts fonctionnaires dans ce pays

34:20
Locuteur

? Alors

34:22
Invité

on formerait les médecins, on formerait les architectes, on formerait les ingénieurs,

34:25
Locuteur

on

34:25
Invité

formerait les militaires, mais on ne formerait pas les responsables des administrations.

34:30
Locuteur

Il

34:32
Invité

faut de toute façon qu'il y ait une école

34:35
Locuteur

qui

34:35
Invité

forme les administrateurs de ce pays. Juste avant Patrick Gérard, c'était Nathalie Loiseau qui dirigeait l'ENA. Aujourd'hui, candidate à l'REM aux élections européennes, elle voit dans l'éventuelle suppression de l'école un coup de pied dans la fourmilière.

34:52
Locuteur

Oui,

34:52
Présentateur

elle-même qui n'était pas énarque. Cette question, l'ENA, pourquoi tant de haine

34:56
Locuteur

?

34:57
Invité

Ça a toujours existé. L'ENA a toujours été dans le viseur depuis... Depuis que, d'ailleurs, la plupart des hommes de premier plan, des hommes politiques,

35:06
Locuteur

sont

35:07
Invité

issus de l'ENA. Vous savez, vous avez eu dans l'histoire de France, vous avez eu des avocats, c'était la Troisième République, beaucoup d'avocats, très brillants, et des professeurs, des normaliens, comme mon voisin. Des normaliens,

35:18
Locuteur

qui étaient

35:19
Invité

brillants,

35:20
Locuteur

agrégés, très

35:21
Invité

cultivés, très bons orateurs. Et puis,

35:27
Locuteur

vous

35:27
Invité

avez eu à partir... En fait, la personne qui colle à ça, c'est Giscard d'Estaing. Et l'ENA a souffert d'une chose. En 1974, vous avez la crise pétrolière qui met la France par terre, comme beaucoup de pays occidentaux. Et celui qui est à la tête de ce pays-là, justement, c'est un énarque extrêmement brillant qui vient à la télévision pour vous dire sur des tableaux « Voilà comment je vais réduire le chômage, voilà comment on va faire... » Et malheureusement, ça ne s'est jamais produit parce que le chômage n'a fait qu'augmenter. Donc, l'ENA, à partir de là, dans les cabinets de Mitterrand, énormément d'énarques.

36:01
Locuteur

Chirac,

36:02
Invité

énarque lui-même, Sarkozy, pas énarque, mais beaucoup d'énarques. Enfin, bon, l'ENA était quand même au cœur de la vie politique. Or, l'ENA, ce n

36:10
Locuteur

'est

36:10
Invité

pas fait pour ça. L'ENA, c'est une grande école d'excellence, comme il y a Polytechnique. Il y a d'ailleurs dans la haute administration française plus de polytechniciens que d'énarques aujourd'hui, il faut quand même le dire. C'est une école d'excellence pour former des hauts fonctionnaires, pas pour former des hommes et des femmes politiques. Mais comme les hommes et les femmes politiques ont pris possession, l'ENA, les énarques ont pris possession de la politique, et bien ils ont rendu l'école dont ils sont issus extrêmement impopulaire.

36:36
Locuteur

Mais

36:36
Présentateur

qu'est-ce qu'on reproche à cette... Il

36:38
Locuteur

y a

36:38
Invité

deux choses qu'on

36:38
Locuteur

lui reproche.

36:39
Invité

C

36:39
Locuteur

'est

36:39
Invité

un, d'abord qu'elle n'est pas ouverte à tout le monde,

36:43
Locuteur

finalement, c'est

36:43
Invité

ça le

36:43
Locuteur

problème.

36:44
Présentateur

14% des

36:45
Locuteur

élèves sont des

36:47
Présentateur

petits-enfants d'ouvriers.

36:48
Locuteur

C'est un problème qui ne dépend pas

36:48
Invité

de l'ENA, qui dépend de l'école en général. Oui,

36:50
Locuteur

mais

36:50
Invité

c'est ça,

36:51
Locuteur

voilà. Quel est le

36:52
Invité

diagnostic ? C'est là où

36:53
Locuteur

on en revient

36:53
Invité

à ça, c

36:54
Locuteur

'est

36:54
Invité

-à-dire les 14% qui se retrouvent, pareil, sur les bancs d'HEC ou de Polytechnique. La même chute s'observe entre les enfants d'ouvriers ou d'employés à travers deux décennies à peu près. Ça n'est pas l'ENA. Là, dire que c'est l'ENA, c'est prendre le thermomètre pour la fièvre, si vous voulez. Donc la question du diagnostic, elle est importante. Pourquoi l'ENA, à part l'affichage, on va dire, et surtout, par quoi veut-il le remplacer ? L'ENA a été le sujet, le rappelé, créé par le général de Gaulle, pour mettre fin au système de cooptation par les corporations, par les grandes corporations. Est-ce qu'on veut revenir à ça ? Je ne pense pas.

Donc plutôt que d'essayer d'améliorer le système en amont et puis aussi de voir l'ensemble du problème qu'il peut poser, on ne sait pas pourquoi les autres échappent à la critique. L'école polytechnique, par exemple, il y aurait à dire. Moi, j'ai une tendresse pour l'école polytechnique. Néanmoins, elle transforme de plus en plus, elle forme de plus en plus des gens pour le secteur privé, dans la gestion ou dans la finance. Ça n'était pas tout à fait sa vocation initiale. C'était quoi sa vocation initiale ? C'était plutôt des

38:02
Locuteur

grands

38:03
Invité

ingénieurs, des grands chercheurs au service de...

38:06
Locuteur

Je rappelle qu'il voudrait

38:08
Présentateur

également supprimer l'école nationale de la magistrature. Et d'après ce qu'on a lu, ici ou là, tout ça n'est pas encore confirmé. Ce sont des pistes, le tout serait remplacé par une école des services publics.

38:18
Locuteur

Qui aura les mêmes travers. Qui aura

38:19
Présentateur

les mêmes travers ?

38:21
Locuteur 2

Si

38:21
Invité

on ne prend pas le mal un peu plus

38:22
Locuteur

à

38:23
Invité

la racine, il

38:24
Locuteur

n'y

38:24
Invité

a

38:24
Locuteur

pas de... Il fallait des

38:25
Invité

symboles.

38:25
Locuteur

Oui, mais alors c

38:26
Invité

'est un symbole que je trouve démagogique. Je veux dire que... Mais oui, d'abord, il faut quand même rappeler qu'à l'origine de l'ENA, alors c'est vrai, l'idée de Michel Debré de 1945, mais c'était déjà au moment du front populaire. Quelqu'un qui s'appelait Jean Zay, qui était ministre de l'Instruction publique, qui était un homme de gauche extrêmement brillant, un démocrate, qui avait eu l'idée de faire cette école. Pourquoi ? Mais pour éviter ce qui se passait avant.

38:50
Locuteur

C

38:50
Invité

'est-à-dire que là, justement, il y avait de la cooptation. Il y avait tout un monde d'élite politique qui venait de la bourgeoisie. Et donc, il fallait trouver autre chose. Et a priori, l'ENA, il a été conçu comme ça pour essayer... Alors, malheureusement, ça s'est transformé en une sorte d'ensemble un peu trop homogène qui, aujourd'hui, on le sait, a phagocyté tous les lieux de pouvoir, en réalité. C'est ça, le problème.

39:14
Locuteur

Et qui

39:14
Présentateur

forment des clones. C'est ce que nous disait Gaspard Gantzer.

39:17
Locuteur

Il nous dit « Moi, j'aurais aimé

39:18
Présentateur

qu

39:18
Locuteur

'on

39:18
Présentateur

m'apprenne à penser autrement.

39:19
Locuteur

» C'est la

39:19
Invité

clé. Je pense que la clé, au lieu de supprimer l'ENA, ce qui, je le répète, est simplement une mesure démagogique parce que, finalement, c'est un peu comme... C'est ça, on supprime le haut de la pyramide, mais le reste tend à aller vers cet entonnoir. Moi, je pense qu'il est beaucoup plus intéressant de réfléchir à ce qui est enseigné à l'ENA et au type de profils qui sont formés à l'ENA. C'est-à-dire qu'on favorise beaucoup plus l'esprit critique, l'originalité, les stages sur le terrain. D'ailleurs, ça fait partie du projet. Sauf que pourquoi, dans ce cas-là, supprimer l'école nationale d'administration ?

On peut très bien la transformer, on peut l'ouvrir à la société civile, comme Sciences Po l'a fait, au banlieue, etc., à une mixité sociale

40:01
Locuteur

plus importante. Avec un succès mitigé.

40:02
Invité

Avec un succès effectivement mitigé. Mais pourquoi il est mitigé, ce succès ? Tout simplement parce que la société ne prépare pas à cette mixité. C'est ça, le problème.

40:10
Présentateur

Comment vous expliquez, Jérôme Fourquet, que le président en soit arrivé à proposer... On verra si c'est confirmé la semaine prochaine. La suppression de

40:18
Locuteur

l

40:18
Présentateur

'ENA, je rappelle que c'était aussi une proposition de Bruno Le Maire, lors

40:21
Locuteur

de la

40:22
Présentateur

primaire de la droite, à l'époque.

40:24
Locuteur

Et de

40:25
Invité

François Bayrou,

40:26
Locuteur

en 2007. Et de François Bayrou, donc les deux,

40:27
Présentateur

naturellement, parlent souvent au chef de l'État. Est-ce que, encore une fois, dans les enquêtes d'opinion, il y

40:33
Locuteur

a

40:33
Présentateur

une forme de détestation de la haute fonction publique incarnée par l'ENA ?

40:37
Invité

L'ENA a déjà été envoyée à Strasbourg. Il y

40:40
Locuteur

a

40:40
Invité

déjà eu un premier signe avant-coureur du degré de courroux que cette école pouvait générer. Pour ajouter à tout ce qui vient d'être dit, je pense aussi que ce qui est beaucoup reproché, c'est un esprit de caste

40:52
Locuteur

et

40:53
Invité

de corps qui fait que, dans la société française d'aujourd'hui, en tout cas, on s'en sommet, la carrière est tracée à 25 ans.

41:02
Locuteur

C

41:02
Invité

'est-à

41:02
Locuteur

-dire

41:02
Invité

que si vous êtes dans la bonne promotion de Polytechnique, si vous êtes dans la promotion Voltaire, la fameuse, ou la promotion Senghor, après, pendant toute votre vie,

41:11
Locuteur

vous

41:11
Invité

avez soit une rente à vie, parce que vous avez un parcours qui va être fléché, et aussi un solide carnet d'adresse qui permet, voilà, il y a eu des tonnes... Surtout, juste, deux secondes, parce qu'il y a, vous savez, au concours de sortie de l'ENA, il y a un classement,

41:24
Locuteur

il

41:24
Invité

y a ce qu'on appelle la botte, et ceux-là vont dans les 5 grands corps de l'État,

41:29
Locuteur

et c'est là

41:29
Invité

que ça pose véritablement un

41:30
Locuteur

problème. C'est l

41:31
Présentateur

'État.

41:31
Invité

Voilà. Donc il y a ça, et donc, quand on regarde ce qui s'est passé au moment de la crise des Gilets jaunes, on a été frappé par

41:37
Locuteur

le

41:39
Invité

revival révolutionnaire, c'est

41:40
Locuteur

-à

41:40
Invité

-dire des bonnets phrygiens, des cahiers de doléances, et donc, au moment de la Révolution française, il

41:46
Locuteur

y

41:46
Invité

a la fameuse nuit du 4 août d'abolition des privilèges.

41:49
Locuteur

Il

41:49
Invité

y a encore une noblesse en France, mais elle n

41:51
Locuteur

'a

41:51
Invité

plus tellement de privilèges. En revanche, il

41:52
Locuteur

y a

41:52
Invité

une noblesse d'État,

41:53
Locuteur

et

41:54
Invité

c'est celle-là qui a été visée par les Français. Donc voilà, vous êtes dans la botte, et donc, pour tout le reste de votre vie,

41:59
Locuteur

– Il

41:59
Invité

ne

41:59
Locuteur

peut

41:59
Invité

rien

41:59
Locuteur

vous

42:00
Présentateur

arriver.

42:00
Invité

– Vous allez pantoufler dans le privé, dans le public, on va faire des allers-retours. On a fait des émissions sur la privatisation de certains nombres d'entreprises. Les gens qui les décident vont ensuite rejoindre ces entreprises, etc. Et donc, c'est ça qui est très fortement rejeté et décrié par nos concitoyens, et c'est ce à quoi, sans doute, si jamais c'est confirmé, Emmanuel Macron voudrait répondre en disant, voilà, on jette en pâture, en disant, voilà, il faut des têtes.

Il faut que dans la noblesse d'État, des têtes tombent, comme on est notre nuit du 4 août 2019, et donc on va vous offrir en symbole cette suppression de l'ENA, même si, effectivement, il faudra toujours des filières pour former les hauts fonctionnaires.

42:39
Présentateur

Il l'avait fait un peu pendant sa campagne. Il avait donné le sentiment de cibler, d'une certaine manière, la haute fonction publique, en disant, lorsque j'arrive aux responsabilités, il y aura déjà une grande réforme de l'État, bon, ça, on l'attend toujours, et il y aura un spoil-système à la française,

42:53
Locuteur

c'est-à

42:53
Présentateur

-dire que je changerai tous les grands directeurs d

42:56
Locuteur

'administration française. Ça n'a pas eu lieu et il ne le fera pas.

42:58
Invité

Parce que c'est compliqué, parce qu'on n'a pas cette culture-là en France. Si vous voulez, quand vous êtes aux États-Unis, vous avez tous les plus grands administrateurs de services publics ou d'administrations qui sont changés avec le président de la République et qui, d'ailleurs, avant d'être mis en poste, sont auditionnés par des commissions parlementaires pour savoir s'ils sont au niveau, s'ils n'ont pas de passé,

43:20
Locuteur

qu

43:20
Invité

'ils peuvent prêter à polémique. Enfin bon, c'est très... En France, on n'est pas dans cette culture-là. Vous êtes, vous le disiez, vous êtes sortis dans la botte, vous êtes au Conseil d'État. Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes au Conseil d'État. Vous avez 23 ans. À 28 ans, vous êtes appelé à aller dans une grande entreprise privée pour aller écrire les discours du président de cette entreprise. Après, vous allez dans une autre entreprise, où vous devenez PDG. Puis quand vous ne

43:45
Locuteur

faites

43:45
Invité

plus l'affaire, parce que vous avez des très mauvais résultats, vous retournez au Conseil d'État, vous retrouvez... Votre salaire. Il

43:51
Locuteur

est là, le

43:51
Invité

sujet. Vous retrouvez votre salaire, vos points de retraite,

43:57
Locuteur

qui

43:57
Invité

ont continué à être versés, et tous les avantages que vous pouvez avoir, parce que ce n

44:03
Locuteur

'est

44:03
Invité

pas désagréable d'être au parlais royal. C

44:04
Locuteur

'est cette injustice

44:05
Présentateur

-là qui est

44:06
Locuteur

insupportable aux yeux des Français. Oui, parce que les

44:07
Invité

Français, ils entendent ça toute la

44:09
Locuteur

journée.

44:09
Invité

Quand ils voient...

44:10
Locuteur

Je peux donner un exemple dans l

44:11
Présentateur

'actualité ?

44:12
Locuteur

L'ex

44:12
Présentateur

-préfet de police, Michel Delpuech, qui a été

44:15
Locuteur

débarqué... Qui est retourné au Conseil d'État.

44:16
Présentateur

Qui est retourné au Conseil d'État.

44:17
Invité

Bon, voilà. Ça, plus souvent, quand ils passent dans le privé, des retraits de chapeau, enfin tout ce que vous voulez, mais ça, c'est catastrophique.

44:27
Locuteur

Jean-Garry voulait

44:27
Présentateur

dire un mot avant d'aller

44:28
Locuteur

au troisième reportage.

44:29
Invité

Oui, juste pour dire que... Vous savez, quand il y a eu cette fracture territoriale qui a précédé celle des Gilets jaunes, une des récriminations des élus locaux, des élus territoriaux, portait justement sur cet esprit de caste, un peu méprisant même, pas celui des politiques, mais celui de cette haute administration, qui a, pour elle, la durée, et qui a aussi cette sorte d'homogénéité, de conformisme, qui l'empêche justement de bien réfléchir et de bien comprendre.

44:56
Locuteur

Et qui mépriseraient les

44:57
Présentateur

élus de terrain ?

44:57
Invité

Et qui a un peu de mal à comprendre les élus de terrain, en tout cas qui considèrent que, bon, ils doivent se plier un petit peu à leurs injonctions.

45:04
Locuteur

Alors,

45:05
Présentateur

ils avaient annoncé la couleur, avant même d'entendre les pistes de sortie de crise d'Emmanuel Macron. Les Gilets jaunes promettent une forte mobilisation ce samedi, même si elle est en baisse depuis plusieurs semaines. Les principaux leaders du mouvement ont bon espoir de raviver la flamme, avec un autre rendez-vous déjà annoncé, celui du 1er mai. Victoria Rouxel, Emilia David et Maxime Yogi.

45:28
Locuteur

C

45:29
Invité

'est un montant qui fait réagir jusque sur ce rond-point, à proximité de Caen.

45:35
Locuteur

Quand

45:36
Invité

je vois en peu de temps, par rapport à l'incendie de Notre-Dame, qu 'on arrive à trouver pratiquement un milliard d'euros,

45:43
Locuteur

en

45:43
Invité

l'espace de 24 heures,

45:46
Locuteur

il

45:46
Invité

y

45:46
Locuteur

a

45:46
Invité

de quoi se poser des questions quand même.

45:48
Locuteur

Un

45:48
Invité

peu plus loin, à Paimpol, dans les Côtes d'Armor, les pistes envisagées par Emmanuel Macron, elles aussi, posent question.

46:00
Locuteur

Les mesures qui ont

46:01
Invité

fuité dans la presse laissent plutôt sceptique ces gilets jaunes, comme l'application du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, mais sous condition.

46:09
Auditeur

Le RIC, il ne met que sur le plan local. Alors on va se battre pour savoir si les poubelles viennent à 8h ou à 9h. Arrêtez, il faut arrêter ça. Là, c'est de la fumisterie, ça.

46:18
Locuteur

Si

46:18
Invité

certaines annoncent, telles que l'éventuel recours à la proportionnelle pour les législatives, sont saluées, le compte n'y est pas. Les gilets jaunes veulent toujours se faire entendre.

46:29
Locuteur

Alors

46:29
Invité

la mobilisation devrait continuer ce week-end. 23e samedi d'affilée, un appel à grand renfort de slogans et de vidéos. Annoncé dès le début du mois par quelques figures médiatiques du mouvement, l'acte 23 sonne comme une mise en garde à l'égard de l'exécutif. Un second ultimatum après la journée du 16 mars et l'incendie du Fouquet's.

47:00
Locuteur 3

Donc là, c'est le 20 avril. Peut-être que vous répétez la chose X fois.

47:05
Locuteur

C

47:05
Locuteur 3

'est le 20 avril que la France redescend ou remonte

47:09
Auditeur

à Paris, selon les régions. Donc organisez-vous comme vous voulez.

47:13
Locuteur

Mais

47:13
Auditeur

tout simplement, ne faites pas passer les gilets jaunes pour des cons. Organisez-vous. C'est votre métier de faire le maintien de l'ordre,

47:20
Locuteur

d

47:20
Auditeur

'organiser les trucs, tout ça. Ce n

47:21
Locuteur

'est

47:21
Auditeur

pas à nous.

47:22
Locuteur

Pour

47:23
Invité

assurer une mobilisation d'ampleur à Paris, plusieurs pages Facebook ont été créées. Des milliers de gilets jaunes seraient donc attendus ce week-end dans la capitale, ainsi que des black blocks. Alors les forces de l'ordre se tiennent prêtes à agir en toutes circonstances lors de cette nouvelle journée en jaune. Vigilance particulière, oui. Application de la nouvelle doctrine du maintien de l'ordre avec les unités de maintien de l'ordre lourdes, avec les unités spécialisées dans la violence urbaine et l'interpellation. Tout ça sous le coup d'un commandement unique pour neutraliser ces individus.

Et puis, surtout, nous ce que nous attendons, c'est que les consignes de fermeté qui ont été données depuis bientôt presque trois semaines soient effectivement suivies des actes. Et y compris lorsqu'il y a des situations difficiles. Il y

48:08
Locuteur

a

48:08
Invité

un moment, il faut arrêter de faire de la politique. Il faut faire du maintien de l'ordre, du rétablissement de l'ordre public.

48:13
Locuteur

D

48:13
Invité

'autant que la mobilisation s'inscrit dans le temps.

48:16
Locuteur

Si

48:17
Invité

depuis le mois de décembre, et selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, le mouvement connaît une baisse de régime, il pourrait bien reprendre de plus belle.

48:27
Locuteur

Lors

48:27
Invité

de l'Assemblée des Assemblées organisées à Saint-Nazaire début avril, près de 800 gilets jaunes venus de toute la France ont répondu présents. Objectif du week-end, se coordonner et réfléchir tous ensemble à l'avenir du mouvement. Autre prise de parole dans le fond. Participation aux élections locales, précaution à adopter en manifestation ou encore stratégie d'action. Autant de propositions rapportées par les différents groupes de travail. On propose que cette semaine d'action, elle soit début mai. Parce que c'est là où il peut y avoir plein d'événements qui peuvent se rencontrer et qui sont déjà prévus. Une majorité de votes jaunes. L'idée plaît.

49:07
Locuteur

Il

49:07
Invité

faut redonner du souffle parce qu'en fait, de lutter, ça coûte de l'énergie. Il faut prendre soin de nous. Il faut se donner des objectifs. Il faut faire attention à nous et se donner les moyens de durer. Duré, le défi d'un mouvement entamé il y a cinq mois. Toujours sans leader, mais avec une ambition commune, faire chuter Emmanuel Macron.

49:29
Locuteur

Et

49:29
Présentateur

nous reprenons avec cette question. Comment les gilets jaunes pourraient-ils ne pas être satisfaits avec des rics au niveau local ? Jérôme Fourquet.

49:36
Invité

Le reportage l'a très bien dit.

49:38
Locuteur

C

49:38
Invité

'est-à-dire que le périmètre à la fois géographique et puis la nature des sujets qui seront soumis

49:43
Locuteur

à

49:43
Invité

ce révérendum d'initiative citoyenne locale sera bien évidemment 13 ans de ça de ce qu'attendent les gilets jaunes.

49:50
Présentateur

Mais qu'attendent les gilets jaunes ?

49:52
Invité

Mais là encore, votre reportage nous donne une indication intéressante. Beaucoup sont là pour faire chuter Emmanuel Macron. On a aujourd'hui, parmi le noyau dur qui continue de se mobiliser, sans doute, une très forte surreprésentation des électeurs qui ont voté de manière totalement opposée à Emmanuel Macron

50:09
Locuteur

et

50:09
Invité

qui se sont renforcés dans leur conviction qu'Emmanuel Macron n'était pas soit légitime, soit le bon président qu'il fallait à la France, qu'il les méprise. Et donc tout ce qui sera frais sera analysé à cette aune-là en disant, mais voilà, il se moque de nous, le rics, on nous le met qu'au niveau local, les baisses d'impôts pour les classes moyennes, c'est des cacahuètes, etc. Donc ce public-là qui est aujourd'hui très minoritaire dans la rue, c'est encore 10 à 15% de Français dans nos sondages. On continue

50:36
Locuteur

de suivre ça. Qui soutiennent le mouvement ?

50:37
Invité

Pas qui soutiennent, qui se considèrent gilets jaunes, qui se

50:39
Locuteur

considèrent comme gilets jaunes. Et qui

50:40
Présentateur

soutiennent le mouvement ?

50:41
Invité

On est à 45%. Mais donc le noyau, le vivier qui peut servir de mobilisation, c'est encore 10 à 15%. Donc on voit que le feu n'est pas éteint. Mais comment serait-il autrement avec un président, on le rappelle, qui a une cote de popularité à hauteur de 30%, ça veut dire qu'il y a 7 Français sur 10 qui sont mécontents.

50:59
Locuteur

Et

50:59
Invité

là-dedans, tous ne sont pas gilets jaunes, mais vous en avez une part qui est gilets jaunes et qui décide, contrairement au quinquennat précédent, de manifester dans la rue, samedi après samedi, son mécontentement. Historiquement, c'était dans les enquêtes d'opinion que le mécontentement se manifestait.

51:15
Locuteur

Ou dans les élections.

51:16
Invité

Dans les urnes, effectivement dans les urnes. Et là, on a une contestation en continu, tous les samedis, d'une part minoritaire, mais convaincue de la population.

51:24
Présentateur

Donc c'était finalement, après ce que vous venez d'expliquer, ce n'était pas forcément à ces gilets jaunes-là qu'Emmanuel Macron s'adressait avec cette intervention qui n'a pas eu lieu, mais qu'on commande quand

51:33
Locuteur

même. Oui, d'ailleurs,

51:34
Invité

il aurait tort de s'exprimer qu'à ces gilets jaunes-là. Parce que je pense que le malaise, et les sondages le montrent, le malaise est beaucoup plus général, il concerne beaucoup plus de Français, mais qui n'entendent pas descendre dans la rue tous les samedis, aller casser des magasins ou des vitrines. Il n

51:50
Locuteur

'est

51:50
Invité

pas là. Je pense qu'il y a un réel souci aujourd'hui de voir cette société française qui n'arrive pas à trouver un sens à sa cohésion.

52:00
Locuteur

Mais c'est compliqué

52:01
Présentateur

quand même pour Emmanuel Macron et Christophe Castaner, etc., si ça ne s'arrête pas. Après trois mois de grands débats, après des annonces, alors il va peut-être y en avoir d'autres la semaine prochaine.

52:11
Invité

C'est une nouvelle...

52:13
Locuteur

On

52:13
Invité

est dans un nouveau...

52:15
Locuteur

Dans

52:16
Invité

une nouvelle forme d'expression politique, je pense. Elle va venir. Notre société évolue dans tous ses domaines. Pourquoi elle n'évoluerait pas dans son expression politique

52:24
Locuteur

?

52:26
Invité

Et vous pouvez très bien avoir, comme il y avait les belles de mai, vous savez, sur la place de Benozer pendant la dictature, qui manifestait tous les soirs ou toutes les semaines pour que leurs enfants soient libérés, et bien là, vous pouvez avoir très bien

52:41
Locuteur

toutes

52:42
Invité

les semaines un noyau de Français qui manifeste plus ou moins violemment pour dire qu

52:47
Locuteur

'on

52:47
Invité

n'est pas content. Ça peut se produire. Ça peut être une nouvelle forme d'expression. Après, je crois que ça s'est quand même beaucoup réduit par rapport

52:56
Locuteur

au mois de novembre,

52:57
Invité

la mobilisation a baissé. Mais c'est là où je crois que le président de la République ne peut pas s'en tirer qu'avec des mesures catégorielles. il est obligé d'inventer,

53:05
Locuteur

je

53:06
Invité

vais employer un très grand mot qui nous ramène à 1969,

53:09
Locuteur

une

53:10
Invité

nouvelle société.

53:11
Locuteur 7

C

53:12
Invité

'est le discours de Chaband-Elmas qui avait anticipé beaucoup cette nouvelle société. Et

53:16
Locuteur

c

53:16
Invité

'est une nouvelle société qu'il faut. Au passage, la plupart des éléments qui étaient diagnostiqués par Jacques Chaband-Elmas en 1969 se retrouvent aujourd'hui. Les fondamentaux, c'est-à-dire une société disloquée, le rapport entre le citoyen et un État qui ne le comprend pas, la nécessité de décentraliser, les

53:33
Locuteur

solutions,

53:34
Invité

les nouvelles technologies, tout ça était déjà dans ce discours il y a 50 ans. D'ailleurs, bientôt, on fera un colloque à ce propos. Mais ça, ça,

53:42
Locuteur

les universitaires. Non, simplement

53:44
Invité

parce que c'est vraiment intéressant de voir à quel point on est resté un peu immobile par rapport à toutes ces questions. Et pour revenir à ce que disait Yves, moi, je suis complètement d'accord avec ça. Je pense qu'ils sont en train d'inventer de nouvelles formes de mobilisation. On voit bien qu'2017 a fait exploser les partis traditionnels. On a vu qu'il y avait les Nuits debout qui s'étaient installées pendant très longtemps. Il y avait eu aux États-Unis Occupy Wall Street et les Indignés, etc., un peu partout.

Il y a aujourd'hui de nouvelles formes de mobilisation et peut-être qu'il va falloir s'habituer à ce qui est, d'autant plus qu'ils ont créé une forme de sociabilité nouvelle, un noyau dur de gilets jaunes effectivement radicalisés comme le disait Jérôme qui vont en permanence habiter le paysage démocratique. Leur influence ne sera pas forcément décisive. Ça pose un problème de sécurité publique, etc. Mais ça veut dire aussi que c'est d'autres formes effectivement de mobilisation. Anne Rosengère. Mais surtout que ça ne tient pas qu'à Emmanuel Macron.

Vous nous disiez tout à l'heure qu'on était un petit peu durs avec lui parce que c'est vrai qu'il hérite d'une situation qui date de plusieurs décennies.

54:53
Locuteur

Il

54:53
Invité

y a au moins 30 ans que ces problèmes se sont créés, fabriqués, augmentés. Donc il lui tombe dessus de devoir les régler. Il ne va évidemment pas le faire du jour au lendemain. Et en plus, ce sont des problèmes qui traversent toutes les sociétés occidentales. Voilà, ce n

55:09
Locuteur

'est

55:09
Invité

pas un hasard s'il y a eu Trump aux Etats-Unis, s'il y a eu le Brexit, s'il y a Matteo Salvini en Italie. Donc c'est évident que ce n'est pas Macron lui-même qui a tout faux et qui plonge le pays dans simplement... C'est vrai que face à cette situation historique à la fois dans le temps long et à la fois dans son ampleur géographique, les dix mesures qu'on a commentées aujourd'hui sont

55:33
Locuteur

largement insuffisantes. Mais bien

55:34
Présentateur

sûr, ne suffisent pas. Ça renvoie à ce que vous nous disiez tout à l'heure sur la forme de déception. Mais il faut attendre encore une fois la semaine prochaine. On verra comment est-ce que le président reprend la main et finalement commente et présente lui-même ses annonces. Nous revenons maintenant

55:47
Locuteur

à

55:47
Présentateur

vos questions.

55:53
Locuteur

Dans

55:53
Présentateur

de telles circonstances, le calendrier d'Emmanuel Macron ne pouvait pas ne pas être chamboulé. Oui, bien sûr.

55:59
Locuteur

Il

55:59
Présentateur

n'avait pas le choix.

56:00
Invité

Non, non, il n'avait pas le choix du tout. D'ailleurs, il a pris la décision très très vite puisque l'incendie a commencé à 18h50 et il a enregistré, je crois... Il était en train d'enregistrer et c'est en sortant de l'enregistrement comme une intervention qui devait durer 20 minutes, c'est en sortant d'enregistrement à 19h20

56:21
Locuteur

qu

56:22
Invité

'il a décidé

56:22
Locuteur

d

56:23
Invité

'annuler.

56:24
Présentateur

Emmanuel Macron n'en fait-il pas trop pour Notre-Dame

56:26
Locuteur

?

56:27
Invité

Non, je pense que franchement, alors on lui a reproché d'être intervenu le soir même et puis le lendemain, moi je pense que, je le répète, ce qui s'est passé, l'émotion suscitée, non seulement en France d'ailleurs, mais dans tous les pays, par rapport à ce qui est quand même peut-être le monument majeur qui résume le mieux notre histoire en fait, une histoire d'avant la Révolution française, une histoire d'après, c'est là que Napoléon I a été sacré, c'est là que le général de Gaulle a eu ses funérailles nationales, tout ça fait que... Et puis il y

56:56
Locuteur

a

56:56
Invité

eu la libération aussi, tout ça fait qu'il fallait marquer la solennité du moment et je le répète, essayer de s'appuyer là-dessus pour créer un semblant de ciment d'unité nationale, ce qui est presque vain parce que l'unité nationale a très vite volé en éclats.

57:12
Locuteur

Il

57:13
Présentateur

y a le feu partout, la cathédrale, les gilets jaunes, Macron va-t-il pouvoir reprendre la main

57:16
Locuteur

? On

57:18
Invité

peut rajouter aussi ce qui se passe en dehors de nos frontières, sur le plan européen, avec le Brexit qui n'en finit pas et Emmanuel Macron qui a fait, parce qu'on parlait tout à l'heure de grands récits des présidents précédents, Emmanuel Macron, son grand récit aurait pu être la construction européenne. On voit qu'aujourd'hui elle est totalement calminée, non seulement ça, mais qu'en plus, sur le Brexit et l'attitude des continentaux, des autres Européens à tenir vis-à-vis des Britanniques, Emmanuel Macron a été mis en extrême minorité, puisqu'il était quasiment le seul dirigeant européen à prôner pour une position très dure et très ferme.

Donc là, nous sommes à un mois, un peu plus, un mois et demi du scrutin européen.

57:56
Locuteur

Il

57:56
Invité

y a les gilets jaunes, on a cette sortie de séquence sur Notre-Dame, sortie aussi du grand débat. et donc on voit de nouveau que l'Elysée qui avait repris la main sur le calendrier en lançant le grand débat,

58:10
Locuteur

de

58:11
Invité

nouveau est en réaction dans les cordes avec une équipe de conseillers qui s'est étiolée, avec beaucoup de gens qui sont partis et on a le sentiment qu'effectivement le tempo politique ou l'actualité de nouveau imprime sa marque sur le calendrier présidentiel plus que le président qui serait en capacité d'impulser des décisions.

58:30
Présentateur

Il y a Colette qui nous pose cette question justement par rapport à cette idée du calendrier. Mais qu'attend Macron pour parler au français

58:35
Locuteur

?

58:36
Présentateur

Pourquoi ne le fait-il pas maintenant, demain ? Parce

58:38
Locuteur

qu

58:38
Invité

'il ne

58:39
Locuteur

sait

58:39
Invité

pas comment on leur parlait à l'heure qu'il est. Il va le savoir. Mais il cherche la bonne technique. Ce n

58:45
Locuteur

'est

58:45
Invité

pas évident.

58:46
Présentateur

Il ne peut pas refaire une intervention

58:47
Locuteur

solennelle comme il avait prévu de le faire.

58:48
Invité

Oui,

58:49
Locuteur

il

58:49
Invité

ne peut pas. Peut-être, mais avec un autre contenu parce qu'il ne

58:52
Locuteur

va

58:52
Invité

pas nous répéter ce qu'on vient de dire là.

58:54
Locuteur

Il y

58:54
Invité

a déjà eu cette mini-intervention pour Notre-Dame qui était déjà dans la solidité. C'est un peu difficile de refaire le même exercice.

59:03
Présentateur

Au regard de l'immense attente des Français, était-ce une bonne idée de faire fuiter dans la presse les mesures à venir ? Peut-être que ça ne vient pas forcément de

59:10
Locuteur

l'Élysée. Ce n'était pas volontaire. Ce n'était pas du tout

59:12
Invité

volontaire. Mais à partir du moment où certains le savaient, c'était impossible de les retenir. Mais en effet, maintenant, ça donne cette espèce de phénomène de distanciation où avant même d'avoir annoncé ces mesures, il en a d'abord les réactions des commentateurs et bientôt, j'imagine, avec les sondeurs, les réactions des Français. Il va y avoir

59:31
Locuteur

des sondages.

59:32
Invité

Peut-être va-t

59:33
Locuteur

-il

59:34
Invité

réviser sa copie et peut-être c'est pour ça qu'il prend le temps et pourquoi pas d'ailleurs de reparler en ayant modifié des choses. Sachant que son Premier ministre avait chauffé la salle en disant vous allez voir il y aura des annonces fortes et puissantes. Et donc, ça fait pchit.

59:51
Locuteur

Et plus rien ne sera plus jamais comme avant.

59:53
Invité

Voilà. Et donc, on voit bien la difficulté.

59:55
Présentateur

Ça, c'était la porte-parole du gouvernement. Les Français vont-ils digérer trois mois de débat a priori stérile pour si peu de décisions de la part de l'exécutif ?

1:00:02
Invité

Non, c'est ça. Il y a un rapport qualité-prix si vous me permettez. Mais il faut qu'ils trouvent justement... C'est quand même exceptionnel. Dans une grande démocratie comme occidentale, je n

1:00:13
Locuteur

'ai

1:00:13
Invité

pas de souvenir que ça a déjà eu lieu. Le débat était... Tout le monde n'y est pas allé. Mais le débat était ouvert à tout le monde. Tout le monde pouvait y aller. Il y a eu... Bon, on l'a répété 100 fois. Il y a beaucoup de contributions, beaucoup d'avis.

1:00:25
Locuteur

C'est

1:00:25
Présentateur

plutôt réussi, quoi. C'est

1:00:26
Invité

plutôt réussi, quoi qu'on dise. Et ça ne peut pas accoucher d'une souris.

1:00:30
Présentateur

Supprimer l'ENA ne sert à rien. Il faut changer son enseignement, ses méthodes, que les élèves cessent d'être si loin de la réalité.

1:00:35
Invité

C'est à peu près ce qu'on disait. Il faudra toujours, techniquement, former des hauts fonctionnaires, former des techniciens de l'État. C'est quelque chose qui est nécessaire. Simplement, transformer leur mentalité, transformer aussi ensuite, peut-être, la manière dont ils vont s'intégrer à la haute administration, donner plus de chance à ceux qui, sur le terrain, feront leur preuve, ne pas figer les hiérarchies, enrichir par d'autres filières de recrutement. Voilà ce qu'il faut faire. Mais je pense que garder une sorte de matrice de formation, comme il y en existe d'ailleurs pour tous les métiers, pour toutes les professions,

1:01:09
Locuteur

dans toutes les branches. C'est une

1:01:09
Présentateur

spécificité française ou est-ce qu'il

1:01:11
Locuteur

y a

1:01:11
Présentateur

des ENA aux États-Unis, en Allemagne,

1:01:13
Locuteur

en Italie ? Vous allez en

1:01:14
Invité

Angleterre, c'est ceux qui sortent d'Oxford

1:01:15
Locuteur

et en Cambridge. Mais ce n'est pas une école spécifique.

1:01:18
Invité

Certes. C'est

1:01:18
Locuteur

très français.

1:01:20
Invité

C'est à

1:01:20
Locuteur

l'image

1:01:21
Présentateur

de la façon dont

1:01:23
Locuteur

fonctionne l

1:01:23
Présentateur

'étatisme français.

1:01:24
Locuteur

Vous avez des

1:01:25
Invité

répliques dans les anciennes... En Afrique, vous avez des répliques de l'ENA. Non mais c'est Jacobin, c'est le général de Gaulle.

1:01:32
Présentateur

La suppression de l'ENA n'est-elle pas une mesure démagogique et la voie ouverte à une ENA privée ?

1:01:38
Invité

Privé, je ne sais pas. Non, mais démagogique, je crois que

1:01:41
Locuteur

c

1:01:41
Invité

'est vous qui l'avez

1:01:41
Locuteur

emploié

1:01:42
Invité

tout à l'heure le mot. Mais la spécificité française, c'est l'ENA, mais c'est aussi, hélas, alors que c'est notre projet fondateur, les inégalités scolaires puisque je crois qu'un rapport de l'OCDE montrait que nous étions dans les pires pays pour ce qui est de l'écart entre la réussite scolaire et l'origine sociale. C'est quand même, je pense, l'un des échecs les plus douloureux de notre société parce que c'est censé être l'un des moteurs de la France. Donc je pense que c'est vraiment à cela qu'il faut s'attaquer. Et pour le coup, Jean-Michel Blanquer, au moins dans le discours, après il y

1:02:18
Locuteur

a

1:02:18
Invité

des débats sur est-ce que ça va assez vite ou pas, mais c'est compliqué, c'est quand même des choses qui prennent du temps et dans ce discours-là et dans cette prise en charge-là des

1:02:27
Présentateur

inégalités. Réindexer seulement les petites retraites, est-ce à dire qu'à partir de 2 000 euros,

1:02:32
Invité

on est riche

1:02:33
Locuteur

?

1:02:34
Invité

Oui, alors sur ce sujet,

1:02:35
Locuteur

moi

1:02:35
Invité

j'aurais pas mal de choses. D'abord, est-ce que le Conseil constitutionnel va laisser passer ça ?

1:02:39
Présentateur

Il y a une inégalité.

1:02:40
Invité

Ben voilà. Est-ce que c'est possible ? J'en sais rien. La réindexation,

1:02:46
Locuteur

bon

1:02:46
Invité

après on peut discuter, mais effectivement, bien sûr, mais c'est quand même eux, principalement, qui souffraient. Ceux

1:02:54
Locuteur

qui ont moins de 2 000 euros. Ceux

1:02:54
Invité

qui ont moins de 2 000 euros.

1:02:56
Présentateur

La réduction des dépenses et le retour à l'équilibre des comptes semblent s'éloigner. C'est vrai qu'on n'en a pas parlé depuis le début de l'émission, on ne

1:03:01
Locuteur

pense pas

1:03:01
Présentateur

que c'est plus un sujet. Encore un quinquennat pour rien. Ce sujet sur la dépense publique et sur les déficits est porté par une partie de la droite au gouvernement.

1:03:09
Locuteur

Oui,

1:03:09
Invité

tout à fait. Et puis c'est quand même ce qui permettrait de gager des baisses d'impôts. Ce qui, sinon, laisse un goût d'inachevé ou de prestigitateur. Ça laisse un espace politique énorme justement à la droite républicaine qui dit,

1:03:22
Locuteur

ben

1:03:22
Invité

regardez, il lâche le budget.

1:03:23
Présentateur

Emmanuel Macron choisira-t-il sa flèche comme François Vitterrand a choisi sa pyramide ? On revient à Notre-Dame.

1:03:29
Invité

Écoutez, on va voir. Déjà, il y a tout un débat pour savoir si la flèche doit être reconstruite à l'identique ou pas.

1:03:34
Locuteur

C'est lui qui

1:03:34
Présentateur

décidera

1:03:34
Locuteur

?

1:03:35
Invité

Non, normalement

1:03:36
Locuteur

non

1:03:36
Invité

parce qu'il y a un concours d'architecture. On va voir.

1:03:40
Présentateur

Emmanuel Macron ne devrait-il pas continuer ses réformes sans répondre aux Gilets jaunes chaque semaine

1:03:44
Locuteur

?

1:03:45
Invité

La réponse ne doit pas être aux Gilets jaunes mais à l'ensemble des Français.

1:03:48
Présentateur

Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35. Demain, vous retrouvez Axelle de Tarlay pour un nouveau C'est dans l'air.

1:03:55
Locuteur

Tout

1:03:55
Présentateur

de suite, c'est à vous. Belle soirée sur François

1:03:56
Locuteur

Vitterrand. Sous-titrage Société Radio-Canada