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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 juin 2016 11 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesInstitutions & élections

Alain Madelin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    C'est quoi être libéral ? Et est-ce que c'est la même chose qu'il y a 20 ans ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi le programme économique des candidats de droite n'est pas vraiment libéral ?

  • 4:06RelanceRéponse directe

    Vous êtes sûr que vous êtes toujours libéral, Alain Madeleine ?

  • 6:21RelanceRéponse partielle

    Ah bon ? Vous êtes sûr ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    C'est une potion ?

  • 8:06OuverteRéponse directe

    Pas un mot d'économie dans le discours de Sarkozy à Lille. Ça vous surprend ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « C'est le dispositif Madeleine, un contrat de retraite pour les travailleurs non salariés. »
  • 3:17PrésentateurFait
    « On va augmenter l'âge de la retraite. Bien sûr, il faut le faire. »
  • 3:33PrésentateurFait
    « Il faut réduire les indemnités de chômage, la durée du chômage, la durée de l'indemnisation. »
  • 4:34PrésentateurFait
    « Euro oblige, on va baisser les prix relatifs. Alors baisser les prix relatifs, c'est baisser les salaires, baisser les allocations, baisser le prix du capital. »
  • 5:00PrésentateurFait
    « On a une armée de chômeurs. »
  • 5:10PrésentateurFait
    « On a une sous-productivité formidable de l'action publique. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « C'est une potion. »
  • 7:39PrésentateurFait
    « Le capital, c'est le meilleur ami du travail. »

Temps de parole

  • Présentateur82 %
  • Alain Madelin18 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.

0:05
Alain Madelin

Bonjour Alain Madeleine.

0:06
Présentateur

Bonjour.

0:06
Alain Madelin

Vous êtes associé dans un fonds d'investissement retiré de la vie politique depuis dix ans, après avoir été, je le dis pour les plus jeunes, le principal porte-voix du libéralisme en France. C'est l'étiquette que vous avez portée à la tête de votre mouvement, Démocratie Libérale, lors de votre campagne présidentielle, vous avez été candidat en 2002, vous avez fait 4%, et lors de vos participations au gouvernement, Chirac, Balladur et Juppé. Vous êtes d'ailleurs l'un des rares ministres de cette époque à avoir votre nom sur nos feuilles d'impôt d'aujourd'hui. C'est le dispositif Madeleine, un contrat de retraite pour les travailleurs non salariés.

Alors, d'abord Alain Madeleine, c'est quoi être libéral ? Et est-ce que c'est la même chose qu'il y a 20 ans dans un monde qui était moins dérégulé et moins inégalitaire qu'aujourd'hui ?

0:46
Présentateur

Être libéral il y a 20 ans, c'était quand même être un peu bizarre. Je me souviens avoir incarné une sorte de libéralisme provocateur. C'était Thatcher et Reagan le libéralisme à l'époque. Oui, fondamentalement, généalogiquement, être libéral, ça veut dire être généreux. Les libéralités, c'est généreux. Et c'est la liberté, c'est une belle histoire. C'est l'histoire de la philosophie des Lumières, c'est l'histoire de la Révolution française, etc. Bon, mais la France, étatiste, dirigiste, planiste, etc. Enfin, un peu oublié, tout ça. De la sorte que quand j'étais plus jeune, le libéralisme était provocateur. Et aujourd'hui, sans doute avec des idées un petit peu différentes.

Mais les mêmes idées, je trouve qu'elles rassemblent. Et qu'il n'y a plus besoin d'avoir un libéralisme provocateur. On peut avoir un libéralisme rassembleur. Être libéral à gauche, par exemple, c'est un signe de modernité. Alors, pour l'extrême-gauche, c'est la preuve qu'on est un social traître. Mais fondamentalement, être libéral, c'est être moderne. Et je crois qu'aujourd'hui, les idées libérales se conjuguent avec la modernité. Ce qui me fait regretter, bien évidemment, tout le temps perdu par la France à mettre en œuvre des solutions libérales dans les années 80, dans les années 90, ou au début des années 2000.

Parce que bien des problèmes que nous avons aujourd'hui, bien des souffrances sociales que nous avons, n'auraient pas lieu si on avait suivi des politiques libérales.

2:18
Alain Madelin

Encore faut-il qu'on se mette d'accord sur le contenu, sur ce qu'on met derrière ce mot libéral. Parce que vous avez créé la surprise en expliquant dans une interview au Point récemment que le programme économique des candidats de droite, des principaux candidats, n'était pas vraiment libéral. libérales, qu'on avait affaire à une caricature de libéralisme. Pourquoi ?

2:37
Présentateur

Oui, parce que c'est une réaction d'humeur. Parce que c'est vrai qu'il y a deux hausses différences entre les différents candidats de la droite au primaire. Pas beaucoup. Sur le plan économique, pas beaucoup. Oui, oui. Quand on est dans les nuances, si. Mais il ne reste pas moins qu'il en ressort pour l'opinion une sorte de programme commun des candidats de droite qui apparaît, seigneur Dieu, comme une purge, comme une punition. Et on va vous forcer à être libérales. Et une sorte de libéralisme du toujours moins. Alors on va donner moins de salaire, on va rogner le coût du travail pour donner encore plus de subventions aux entreprises. On va augmenter l'âge de la retraite.

Bien sûr, il faut le faire. Mais si vous dites aux gens, 64 ans, 65 ans, 66 ans, 67 ans, vous connaissez l'entreprise qui va m'embaucher à 65 ans ? Mais c'est terrifiant. Ah, le chômage, il y a trop de chômeurs. Donc il faut réduire, non pas le chômage, il faut réduire les indemnités de chômage, la durée du chômage, la durée de l'indemnisation, etc. C'est absurde ça, réduire les indemnisations dégressives ? Dans la période de chômage que nous avons aujourd'hui, bien évidemment. Non, c'est-à-dire que vous êtes en train de ramer, vous ne trouvez pas d'emploi, vous envoyez des milliers de CV, vous allez tous les jours à Pôle emploi consulter, vous ne trouvez pas d'emploi pour votre famille.

Et qu'est-ce que vous faites ? On vous dit, au bout de 18 mois, on va réduire encore vos indemnités, puis on va encore les diminuer, encore... C'est pas possible. Vous êtes sûr que vous êtes toujours libéral, Alain Madeleine ? Mais bien sûr, je suis libéral. Mais bien sûr. Mais je suis pour un libéral social et populaire. Attendez, vous avez un vrai problème. Si je peux prendre deux secondes pour l'expliquer. C'est qu'en Europe, aujourd'hui, tout le monde s'est converti à des politiques dites de déflation. C'est-à-dire, puisqu'on ne peut pas baisser la monnaie pour restaurer la compétitivité de la France, de l'Italie, de la Grèce, etc. Euro oblige. On va baisser les prix relatifs.

Alors baisser les prix relatifs, c'est baisser les salaires, baisser les allocations, baisser le prix du capital. On va tout baisser. C'est une politique qu'on peut comprendre pour certains pays qui ne peuvent pas faire autrement. Mais la France, on n'est pas obligé de s'en sortir par en bas. Par le toujours moins. On a des réserves de talents, d'énergie, de productivité. Nos atouts sont nos faiblesses. On a une armée de chômeurs. Donc, des gens qui, si on se mobilisait réellement pour la formation, on peut remettre une grande partie de la France au travail. On a une sous-productivité formidable de l'action publique. Formidable ! On peut mettre de l'efficacité.

Et là où je dis, on va mettre de l'efficacité dans l'action publique, le programme de la droite vous dit quoi ? On va couper. On va couper dans le nombre de fonctionnaires. On va couper dans les budgets. Mais la coupe dans les budgets, ça ne résout pas le problème. Il faut que vous transformiez la tâche. Le fond du problème, ce que la droite a du mal à comprendre, ce que les candidats de droite ont du mal à comprendre, le fond du problème, c'est que nous ne sommes pas en train de chercher la sortie d'une crise par une sorte de retour en arrière dans une bonne gestion traditionnelle. On a le sentiment que l'on retrouve les solutions un peu d'hier, un peu aménagées.

Nous sommes en train de vivre une profonde mutation. Une mutation de la civilisation, une mutation du travail, une mutation de l'économie, une mutation de l'État, une mutation du social. Donc on a besoin de visionnaires, de réformateurs. Et si je dis cela, c'est parce que derrière ce qui nous attend, ce sont des décennies, des décennies de progrès formidables. Ah bon ? Vous êtes sûr ? Non, je vous pose la question.

6:26
Alain Madelin

On annonce la fin du salariat, on explique que la moitié des métiers pourront être remplacés par des algorithmes, par des machines.

6:33
Présentateur

Mais écoutez, c'est absurde tout cela. Ça ne veut pas dire que des machines ne vont pas faire des travaux pénibles, qu'on ne va pas robotiser. Mais c'est formidable de robotiser. Ça ne veut pas dire que des tâches mécaniques ne vont pas être faites par de l'intelligence artificielle. Mais tant mieux, ça libérera du temps et de l'argent pour civiliser notre civilisation. Plus la vie sera mécanique, plus on aura besoin d'humains. Donc on va avoir des métiers humanistes qui sont à inventer. Donc ce que l'on attend d'un nouveau pouvoir, c'est qu'il libère les énergies, libère d'en haut, qu'il fasse sauter les verrous d'en haut. Mais la réforme, elle se fera en bas.

Elle se fera par les gens eux-mêmes. Et s'il y a des réformes, c'est parce qu'il y a des chances extraordinaires dans cette nouvelle économie, ces nouvelles technologies, ces nouveaux progrès. Il y a les chances d'un progrès pour tous. Si je veux réformer, c'est parce qu'il y a un bénéfice. Alors on peut discuter du partage du bénéfice. Mais la réforme n'est pas une punition.

7:30
Alain Madelin

C'est une potion. Oui, vous êtes contre aussi la suppression comme ça, pur et simple, de l'ISF. On en reparlera peut-être tout à l'heure.

7:36
Présentateur

Oui, mais fortement pour la diminution de l'impôt sur le capital. Parce que le capital, c'est le meilleur ami du travail. Si vous avez beaucoup de capital dans une entreprise, ça fait des bons salaires. S'il y avait beaucoup de capital dans un pays, ça fait globalement un niveau d'emploi, de travail et un niveau de vie supérieur à un autre pays.

7:53
Alain Madelin

Le capital, mais pas la rente. Un mot qui vous ramène à l'actualité d'aujourd'hui. Parce qu'on s'était dit, en vous invitant, formidable, il va commenter le discours, le grand discours de Nicolas Sarkozy qui était annoncé à Lille. Et puis, pas un mot d'économie dans ce discours-là. Ça vous surprend ? Oui,

8:13
Présentateur

j'essaie de ne pas être dans la critique et être dans la proposition. Donc, il y a un peu plus d'un an, en janvier de l'année précédente, j'avais fait un programme pour 2017. Et je suis en a discuté avec tous les candidats avec les gens de droite, avec les gens de gauche aussi, d'ailleurs, de bon niveau, avec Sarkozy, avec Juppé, etc. Et ce qui m'avait frappé, chez Sarkozy, c'est que, contrairement à ce que je pensais, il a intérêt à y aller vite, oh là là, calmons-nous, j'irai à mon moment en sentant l'humeur du temps.

Et c'est au fond ce qu'il a fait, je crois qu'il avait raison, mais c'est moi qui avais tort, il avait raison et il est en train de sentir l'humeur du temps et l'humeur du temps, aujourd'hui, dans la pagaille que nous vivons, elle est à quelque chose qui va bien à son personnage, à savoir l'autorité, la volonté. Donc il met ça en avant. Et les questions identitaires ? Et les questions économiques, je pense qu'elles viendront après. J'espère qu'il pourra surprendre.

9:18
Alain Madelin

Mais un mot sur l'identité, on a entendu Thomas Legrand la commenter, ces critiques de mai 68 et de l'esprit 68, vous n'êtes pas un 68ard, à la Madeleine, mais un libéral libertaire, oui. Alors, est-ce que vous vous sentez un peu visé dans ces critiques ? Non, mais ça,

9:32
Présentateur

ça fait partie de la DOXA, ça c'est, bon, la zémourisation des esprits. On avait, autrefois, il y avait la ligne, je l'appelais BCG, Buisson, Copé, Guénaud, étatiste, souverainiste, etc. Aujourd'hui, vous avez la ligne Zemmour, dont Zemmour, il a tout compris, Zemmour, il a bien vu qu'il écrit qu'au fond, Macron, c'est le fils caché commun de Daniel Kahneman, et de moi-même. L'enfant, notre enfant, conçu sans doute en mai 68, tout ça, c'est amusant, ce n'est pas très sérieux. Ce qu'il y a d'intéressant, juste peut-être d'un mot, justement, chez Zemmour, c'est qu'en réalité, comme humain, on vit, il y a un niveau de vie matériel, on a besoin de croissance, on a besoin de pouvoir d'achat, etc.

Mais il y a aussi un niveau de vie du cœur, on a besoin, entre guillemets, je n'aime pas ce mot, mais on a besoin d'identité, on a besoin de nourriture psychique, etc. Et c'est tout aussi important. Et ça, le politique, doit le prendre en compte, certains ne le font pas, à mon avis, à tort.

10:41
Alain Madelin

Alain Madeleine, avec nous jusqu'à 9h, et les appels d'auditeurs dans quelques minutes, il est 8h32.

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