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interviewRCF — L'Invité de la Matinale· 20 février 2024 13 min

Pour Marion Maréchal, "Le pape François n'est pas lucide sur les conséquences de l'immigration"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois.

0:19
Présentateur

Votre invité ce matin, Pierre-Hugues, est Marion Maréchal, tête de liste reconquête aux prochaines élections présidentielles.

0:25
Invité

Bonjour Marion Maréchal.

0:26
Présentateur

Européenne.

0:27
Invité

Bonjour Marion Maréchal. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation. Nous vous recevons en prévision des élections européennes, au même titre que les autres têtes de liste. On a déjà reçu François-Xavier Bellamy, des Républicains. Marie Toussaint, candidate écologiste. Nous recevrons bientôt Manon Aubry, tête de liste de la France insoumise. Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Missak Manouchian entre ce matin au Panthéon, résistant, communiste et arménien. Pour vous, qu'est-ce que représente cette entrée au Panthéon ?

0:54
Marion Maréchal

Il me semble tout à fait légitime qu'on puisse évidemment rendre hommage à toutes les formes de résistance qui nous ont permis de lutter contre l'envahisseur et l'occupant allemand. Moi, le seul petit regret que j'ai dans cet hommage, c'est qu'on semble dans ce pays ne rendre toujours hommage qu'à la résistance communiste, dont la première allégeance d'ailleurs n'en est pas toujours à la France, mais bien souvent à l'Union soviétique, en tout cas après qu'elle ait rompu le pacte germano-soviétique.

Donc je veux dire que si j'avais envie d'être totalement satisfaite de cet hommage, j'aurais aimé qu'on puisse au même moment de cette entrée de Manouchian faire entrer un autre grand résistant français qui était honoré d'Estienne d'Orve, compagnon de la Libération, mais qui lui avait peut-être le tort d'être monarchiste et catholique.

1:36
Invité

Et pour la France, qu'est-ce qu'il représentait, Missac Manouchian ?

1:40
Marion Maréchal

En tout cas, des valeurs de courage, indéniablement, et de conviction, puisqu'il est allé jusqu'à mourir pour pouvoir les défendre. Mais une fois de plus, moi j'aurais aimé qu'on puisse rendre hommage à l'entièreté de cette résistance. Vous savez, il y a un très beau poème d'Aragon qui parle de celui qui croyait au ciel et qui n'y croyait pas. Et en l'occurrence, quand il parle de celui qui croyait au ciel, il parle d'honorer d'Estienne d'Orve et celui qui n'y croyait pas de Guy Moquet. Et donc une fois de plus, sur cette période douloureuse, j'aurais aimé qu'on puisse rendre hommage à l'ensemble de cette résistance.

2:12
Invité

Tout autre sujet d'actualité aussi dans le Gard. Un imam fait l'objet d'un signalement depuis dimanche. Il lui a reproché des propos sur les drapeaux tricolores qui seraient des drapeaux sataniques. Ça fait plusieurs mois que Majoubi, puisque c'est son nom, était surveillé par les services de renseignement. Gérald Darmanin indique avoir demandé le retraite. Son titre de séjour est suffisant ?

2:32
Marion Maréchal

Moi, il y a quand même quelque chose qui m'interpelle beaucoup. C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une polémique médiatique pour qu'il y ait une réaction du gouvernement, puisque manifestement, le préfet semble se satisfaire du fait que plusieurs signalements ont été opérés par les services de renseignement. Il était suivi par les services de renseignement. C'est une personne qui, en réalité, a déjà tenu des propos extrêmement graves, manifestement, d'appel à la haine et des propos islamistes. Or, il faut attendre une polémique pour que le gouvernement réagisse. Donc je me demande combien aujourd'hui de dizaines d'imams, voire de centaines d'imams sont dans cette situation.

C'est-à-dire, posent de fait un problème, prêchent la haine, mais ne sont pas pris en considération. Moi, la conclusion que j'en tire, c'est qu'il y a aujourd'hui une demande de retrait de titre de séjour, ce qui m'apparaît quand même la moindre des choses, que cette personne étrangère ne reste pas sur le sol français. Mais on est en train de découvrir, quand elle est réalité, il sera probablement extrêmement complexe de faire quitter cette personne le territoire français.

3:24
Invité

Et au niveau européen, qu'est-ce que vous pouvez faire ?

3:26
Marion Maréchal

Je finis là-dessus, parce que c'est important de se dire, il y a deux mois, on a quand même voté une loi immigration. Une loi immigration dont le ministre de l'Intérieur, et d'ailleurs le Rassemblement National et les LR qui ont voté cette loi, nous ont dit que c'était un avant, il y aurait un avant et un après, on passerait de l'ombre à la lumière, que ça allait tout changer en politique migratoire pour les Français.

Et la conclusion qu'on en tire, c'est que deux mois après, manifestement, cette loi ne permettra pas de pouvoir expulser un imam salafiste étranger qui explique que le drapeau français est un drapeau salafiste et qui, sur ses réseaux sociaux, prêche la haine et efface le visage des femmes. Voilà, donc à quoi sert cette loi si elle ne permet pas d'expulser précisément ce type de profit ?

3:59
Invité

Au niveau européen, puisque vous êtes candidate aux élections européennes, qu'est-ce que vous pouvez faire ?

4:03
Marion Maréchal

Alors, au niveau européen, c'est un enjeu fondamental, la question de l'immigration, puisque c'est une compétence partagée avec l'Union européenne, d'où la nécessité de bien voter le 9 juin prochain pour changer la majorité. Il y a plusieurs choses qui relèvent aujourd'hui de la compétence de l'Union européenne. La question du droit d'asile, qui doit bien sûr être réformée, qui est aujourd'hui une filière d'immigration illégale supplémentaire, parce qu'évidemment, sa lecture est beaucoup trop large.

La nécessité de pouvoir financer, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui, des hotspots à l'étranger, c'est-à-dire le fait que ces fameuses demandes d'asile ne soient pas étudiées sur le continent à l'issue d'arrivées clandestines, mais dans les pays d'origine ou dans les pays de départ, pour justement limiter ces afflux, et le fait de faire de Frontex une véritable agence de lutte contre l'immigration clandestine, et non pas le taxi aujourd'hui des bateaux de migrants, comme c'est malheureusement le cas dans sa pratique actuelle.

4:52
Invité

En septembre dernier, lorsqu'il est venu à Marseille, le pape François a affirmé que sauver les migrants était un devoir de civilisation, d'un côté la fraternité qui féconde de bonté la communauté humaine, de l'autre l'indifférence qui ensanglante la Méditerranée, que chacun s'arrange comme il le peut, concluait-il. Marion Maréchal, est-ce que vous êtes du côté de l'indifférence ?

5:12
Marion Maréchal

Moi je vais vous dire, je me souviens très bien de ses propos, et il m'avait à la fois dérangée et attristée. Il avait parlé du fanatisme de l'indifférence, que je trouve extrêmement injuste à l'égard des Français, qui est probablement le peuple le plus généreux depuis des décennies à l'égard de l'immigration, tellement généreux d'ailleurs qu'il est en train de sacrifier à la fois sa sécurité et son identité à ce titre. Moi je suis, j'aurais envie de dire au pape manifestement qu'il ne prend pas totalement la mesure aujourd'hui des conséquences de l'immigration, et je dénoncerai plutôt le fanatisme de l'indifférence à l'égard des conséquences de l'immigration.

Parce que voyez-vous, le pape François a tenu ses propos à Marseille, il y a, pour ne citer que cet exemple, il y a quelques jours à Marseille, il y a une femme de 80 ans qui a été violée par un clandestin sous OQTF. Voilà, ça, voyez, c'est les conséquences d'une politique d'accueil inconditionnelle, déraisonnable, illimitée, comme souhaite le vouloir le pape François, et donc je ne peux pas m'inscrire dans cette logique. Vous savez, moi j'aime bien, quand il y a débat comme ça sur les propos, on va dire parfois politiques, des papes, revenir au cœur de la doctrine sociale de l'Église, au catéchisme de l'Église catholique.

6:15
Invité

Vous n'avez pas l'évangile ? J'étais un étranger, vous n'avez pas accueilli ?

6:17
Marion Maréchal

Moi je vais vous lire le catéchisme de l'Église catholique, qui fait donc autorité pour chacun d'entre nous, et qui dit, les nations les mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut.

L'étranger en quête de sécurité et de ressources vitales, je considère que la France a déjà fait tellement qu'aujourd'hui elle n'est plus en capacité de pouvoir le faire, et il continue ce catéchisme en disant, les autorités politiques peuvent, en vue du bien commun dont ils ont la charge, subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption, et conclusion très importante, l'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges.

Autant vous dire que la France aujourd'hui, au regard de ses capacités, du nombre de personnes qu'elle accueille, ne fait plus respecter ce devoir élémentaire de l'immigré à l'égard de son pays d'accueil.

7:03
Invité

Vous savez, Marion Maréchal, que ce catéchisme, il est soumis à l'évangile, l'évangile qui dit, j'étais un étranger, vous ne m'avez pas accueilli, Matthieu 25.

7:09
Marion Maréchal

Oui, mais pardon, excusez-moi, mais vous faites un parallèle entre l'évangile et la situation migratoire aujourd'hui, ça me ressemble à un récourci intellectuel, quand même un petit peu rapide, parce que vous savez, il y a deux façons d'aborder la charité. Il faut séparer ça. Non, mais c'est important de dire, il y a une charité individuelle, la charité individuelle qui, en tant qu'humain et en tant que chrétien, nous oblige de manière immédiate à l'égard d'une personne en difficulté. Typiquement, demain, rencontrer une personne en situation d'immigration, même illégale, et qui est en souffrance devant vous dans la rue, vous lui portez secours.

Et puis, il y a la question du devoir d'État, de la charité d'État, et de celle des responsables politiques, qui doit défendre avant tout le bien commun. Et donc, le bien commun, il passe aussi, bien sûr, par la sécurité de la nation dont on a la charge, par l'harmonie, la cohésion, la bonne entente du peuple dont il a la charge. Or, malheureusement, sur tous ces aspects, l'immigration a des conséquences extrêmement graves. Et donc, je considère que ça n'est pas défendre le bien commun que de vouloir être dans une logique d'accueil inconditionnel et illimité, aujourd'hui, de l'immigration, notamment clandestine.

8:14
Invité

Pour vous, le pape François en fait trop ?

8:16
Marion Maréchal

Pour moi, le pape François n'est pas lucide sur les conséquences, aujourd'hui, de l'immigration, qui ne sont pas d'ailleurs seulement des conséquences, j'ai envie de dire, sécuritaires ou économiques, qui ont aujourd'hui aussi des conséquences spirituelles. Parce que, derrière l'immigration massive, à la fois légale et illégale, c'est le phénomène aussi d'islamisation accélérée de notre continent et de la France, qui est en cours, et qui est en train de remplacer, on va dire, l'identité chrétienne de la France, toutes les valeurs qui s'y attachent. Et donc, moi, je ne souhaite pas que l'islam soit majoritaire demain en France, je vous le dis.

8:47
Invité

Pour le pape François, le plus grand risque spirituel n'est pas tant l'islam que l'indifférence de nos cœurs. Il y a quand même une indifférence de notre cœur quand on n'est pas sensible aux personnes qui viennent, qui n'ont plus de toi, puisque si elles partent, ce n'est pas toujours par plaisir.

8:59
Marion Maréchal

Je regrette que le pape François n'ait pas conscience, que l'islam, justement, soit un grand danger pour notre continent, parce que si l'islam devient majoritaire demain dans notre pays, eh bien la France portera peut-être le même nom, mais elle ne sera plus le même pays. Et croyez-moi, tout ce à quoi nous sommes attachés, la mixité, l'égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de conscience, la liberté de culte, eh bien tout cela, malheureusement, n'aura probablement plus cours tel qu'on les connaît aujourd'hui.

Donc moi, non au contraire, je crois que c'est un sujet majeur et en tant que, je l'espère, demain futur député européen avec notre groupe, l'un des principaux combats que nous mènerons par l'Europe européenne, c'est justement la défense de ces racines chrétiennes et de cette identité chrétienne de notre continent et de notre civilisation.

9:41
Invité

Il est 8h19, tous sommes avec Marion Maréchal, tête de liste reconquête aux prochaines élections européennes. Vous tenez à l'union des droites, Marion Maréchal, mais la droite n'a jamais été aussi divisée. Reconquête est un nouvel exemple de la division de la droite. Comment est-ce que cette droite peut être plus unie ? Pensez-vous qu'elle le doit ? Alors,

9:59
Marion Maréchal

vous avez raison, moi je considère que, enfin pas moi toute seule d'ailleurs, l'histoire nous démontre depuis le début de la Ve République notamment, qu'aucun parti ne peut gagner seule et qu'aucun parti quel qu'il soit aujourd'hui n'est en capacité d'avoir une majorité et donc moi je plaide depuis toujours, déjà quand j'étais au Rassemblement National et avant d'en partir, je plaidais pour qu'en effet on puisse travailler avec différents courants de la droite.

Je continue de défendre cette idée et je défends cette idée y compris demain au Parlement européen puisque au Parlement européen nous avons rejoint un groupe, le groupe des conservateurs européens qui demain peut devenir la troisième force du Parlement devant le groupe d'Emmanuel Macron et donc recomposer complètement la majorité. Aujourd'hui, le Rassemblement National et les LR ne veulent pas entendre parler de ces alliances.

Je le regrette parce que malheureusement si chaque fois la droite perd, c'est parce que précisément elle est face à un bloc centriste qui lui fait des alliances et face à une gauche et une extrême gauche qui elle fait des alliances et donc condamne évidemment à l'impuissance en face.

10:59
Invité

Est-ce que c'est en quittant le RN que vous arrivez à avoir plus d'unité au sein de la droite ?

11:05
Marion Maréchal

Moi, je défends des idées aujourd'hui qui sont différentes de celles du RN. Le dernier sondage nous donne aujourd'hui à 8%. 8% c'est 8 députés européens le 9 juin prochain parce que c'est un scrutin proportionnel. Donc, il y a des millions de Français aujourd'hui qui soutiennent Reconquête et ne se retrouvent pas au LR ou au RN. Nous n'avons pas les mêmes idées par exemple sur les sujets de société. Pour vous donner un exemple d'actualité, nous nous étions opposés à la constitutionnalisation de l'IVG contrairement au RN qui a défendu cette idée. Nous avons des idées économiques également différentes. Nous avons même sur les questions d'identité quelques différences notables.

Par exemple, sur la question nous nous défendons la priorité nationale, ça veut dire le fait de réserver les aides sociales non contributives aux personnes de nationalité française. Ce n'est plus le cas aujourd'hui du RN. Donc, voilà. Je veux dire, ça n'est pas divisé que de vouloir défendre des idées différentes et puis nous avons aussi des différences avec les LR puisque les LR en l'occurrence siègent aujourd'hui au sein d'un groupe qui s'appelle l'EPPE qui fait partie de la majorité d'Ursula von der Leyen et qui est donc comptable de toutes les politiques aujourd'hui menées par cette femme à la tête de la commission depuis plusieurs années.

12:10
Invité

En même temps, vous avez des positions conservatrices sur la constitutionnalisation de l'IVG comme si c'était pour plaire à un électorat catholique conservateur. Non, ce n'est pas pour plaire à un électorat, c'est mes convictions profondes. Vous avez des positions...

12:21
Marion Maréchal

Vous savez, ce n'est pas facile à défendre, ce serait plus facile pour moi de ne pas les défendre. Donc si je les défends, c'est parce que j'y crois et que ça me tient à cœur.

12:26
Invité

Et en même temps, vous avez des positions orthogonales à l'évangile sur le sujet de l'immigration par exemple ?

12:31
Marion Maréchal

Non, je ne crois pas que les positions que j'ai aillent à l'encontre de ce dont je vous ai parlé tout à l'heure dans le cadre du catéchisme de l'Église catholique. Une fois de plus, je pense que la France a fait beaucoup en termes d'accueil et de générosité et qu'aujourd'hui, les Français vont faire preuve d'accueil et de générosité. Je vous donne un exemple. Vous savez, les premiers aujourd'hui demandeurs d'asile sont issus d'un pays qui s'appelle l'Afghanistan qui se trouve à près de 6000 kilomètres de chez nous. N'y a-t-il pas d'autres pays plus proches d'ailleurs, y compris en termes civilisationnels, qui pourraient être en capacité d'accueillir ces réfugiés ?

Je regrette qu'une fois de plus, le PAF fasse toujours porter à l'Europe et en particulier à la France le poids de cet accueil sans tenir compte aujourd'hui de tout ce qu'elle a de difficile à vivre pour les Français.

13:18
Invité

Merci Marion Maréchal. Je rappelle que vous êtes la tête de liste aux élections européennes du parti Reconquête les élections européennes qui auront lieu le 9 juin prochain.