Comment Bayrou s’est-il piégé lui-même ? (Alexis Brezet)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'édit politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Alexis Brazer. Bonjour Dimitri.
Bonjour à tous. À 3 jours après le coup de théâtre de François Baot et alors que son échec paraît désormais inévitable, vous vous étonnez ce matin Alexis de l'incroyable impréparation de toute cette affaire. Bah avouez Dimitri que c'est très curieux.
Comment un élu aussi chevroné que François Beot a-t-il pu se lancer dans cette opération vote de confiance qui pouvait sembler astucieuse et qui est indubitablement courageuse sans ménager si peu que ce soit ses arrières ? Enfin, un vote de confiance ça se prépare en coulisse. Un accord de neutralité même implicite ça s'anticipe.
Si on veut pas négocier au sens strict du terme, on se parle, on sonde les intentions de l'autre, on fait valoir les avantages qui trouveraient un accord. On se renseigne discrètement pour savoir s'il va jouer le jeu ou s'il va vous claquer la porte auz. Bref, tout ce qu'aurait dû faire François Baïou.
Alors non pas avec le PS comme on le dit parfois parce que là il aurait fallu que les députés socialistes votent positivement la confiance. Ça c'était impensable. Non avec le RN dont la simple abstention aurait pu sauver le gouvernement.
C'est d'ailleurs ce qu'espérait le premier ministre. Seulement voilà. Non seulement François Baerou n'a pas décroché son téléphone pour parler à Marine Le Pen.
Non seulement il ne lui a pas dépêché aucun émissaire secret, mais de tout l'été, il ne s'est pas donné la peine de répondre aux propositions budgétaires du RN. C'est d'autant moins compréhensible qu'ils se connaissent bien, qu'ils se sont vu à de multiples reprises et qui au fond ils se respectent. Oui.
Mais alors pourquoi ne lui a-t-il pas parlé ? Vous avez entendu l'explication qu'il avancé hier soir. Ils étaient en vacances.
C'est un gag. Non, je crois que derrière cet acte manqué, il y a de l'orgueil. Je ne suis pas quelqu'un qui supplie du Bayon.
Il y a aussi de la pusilanimité. Discuter, bah c'est courir le risque que ça se sache. Et dans l'entourage du Premier ministre, certains lui ont vivement déconseillé.
Et puis il y a enfin de la présomption qui est un peu le péché mignon de Bairou. L'idée qu'il est plus malin que tout le monde. Vous savez, il dit souvent qu'une bonne analyse vaut mieux qu'une mauvaise information.
C'est pas toujours faux, mais enfin encore faut-il que l'analyse soit vraiment bonne. Et là François Baou s'est persuadé, c'était persuadé que le RN mécaniquement sous le choc de sa proposition parce que son intérêt d'apprendre comme un parti responsable lui offrirait au moins un surcis. C'était pas bête, ça aurait pu.
Mais le problème c'est que l'analyse de Marine Le Pen n'était pas celle-là. Sa priorité à elle, c'est d'accélérer le calendrier politique pour tenter de lever un certain nombre d'hypothèses d'hypothèques juridiques et espèret-elle pouvoir être candidate à la présidentielle. D'où le camouflet qu'elle a infligé à François Baïou et qui ne peut s'en prendre qu'à lui-même.
Et à qui maintenant on reproche d'avoir commis une sautise aussi grave que la dissolution d'Emmanuel Macron. Vous le pensez ? Alors oui, j'ai vu ce cruel parallèle dressé par notre ami communicas Bou dans les colonnes de l'opinion.
Alors c'est vrai entre ces deux décisions personnelles, secrètes, censé tout emporter sous l'effet de la surprise et qui tourne à la confusion de leur hauteur, il y a évidemment bien des biens communs. Mais enfin, il y a aussi des différences qui je crois ne doivent pas être négligées. La dissolution, c'est la réponse irrationnelle à une blessure narcissique.
Elle crée un problème là où en vérité il n'y en avait pas. C'est une faute personnelle. Le vote de confiance, c'est la réponse mal conduite mais réfléchie à une crise politique bien réelle.
Si on veut, c'est une faute professionnel. Le péché d'orgueil de Bairou, bah au fond ne change pas grand-chose vu l'ambiance. 3 mois plus tard, son budget aurait de toute façon été censuré.
La folle décision de Macron a plongé la France dans un chaos dont on ne voit toujours pas comment elle pourrait sortir. Entre les deux, il y a ce gouffre qui sépare la bourde politique de l'erreur historique. L' dit politique sur Europan.
Merci Vincent Trémolet Villerre la une du Alexis Brazet. Oh là c'est demain. Je suis déjà demain.
La une du Figaro ce matin Alexis Emmanuel Macron confronté au castet de la prê François Baouad. Yeah.
François Bayrou