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ChroniqueLa ligne· 24 juillet 2026 4 minActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationSantéÉconomie & entreprises

Monique Barbut, ministre de l'Ecologie, a-t-elle démissionné ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16Fait
    « Mercredi matin, Monique Barbut démissionne. »
  • 1:58Fait
    « L'autorité sanitaire européenne pointe des incertitudes sur sa neurotoxicité pour le cerveau des enfants. »
  • 2:40Fait
    « À midi, l'Élysée annonce qu'elle reste, à la demande du président. »
  • 3:21Fait
    « Sébastien Lecornu veut des réformes structurelles et un budget bouclé en hiver, avant la présidentielle. »

Temps de parole

  • ?100 %

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0:00

Plus de sept mille hectares partis en fumée en trois jours, plus de quarante mille personnes évacuées. Le même été vient de tuer cinq mille sept cent soixante-quatre personnes. Voici ce que Paris a répondu cette semaine. D'abord, les feux. Deux incendies majeurs sont en cours dans le Sud-Ouest, et l'un des deux n'est toujours pas sous contrôle. Au bassin d'Arcachon, le feu contenu mercredi est reparti jeudi : quatre mille huit cents hectares. À Biscarrosse, un second incendie s'est déclaré dans la nuit et reste hors de contrôle ce vendredi. Deux pompiers sont morts la semaine dernière à Mérignac. Et le compteur national affiche quarante-quatre mille hectares brûlés depuis janvier : plus que toute l'année deux mille vingt-deux, celle des mégafeux de Gironde.

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L'autre bilan est tombé mercredi. Cinq mille sept cent soixante-quatre morts en excès pendant la canicule de juin : trente-six pour cent de surmortalité, quatre-vingt-douze départements touchés. Le bilan le plus lourd depuis deux mille trois. Du jamais vu selon l'agence sanitaire : la surmortalité touche toutes les tranches d'âge dès quinze ans. Plus de la moitié des décès en trois jours seulement. Et l'Île-de-France paie le plus lourd tribut : plus quatre-vingt-un pour cent. Le phénomène est européen : au moins douze mille morts en excès sur le continent, près de six mille en Allemagne. Sur la seule dernière semaine de juin, l'Europe a compté plus de quatorze mille décès en excès. La réponse ? Un Fonds vert remonté à un milliard, après avoir été raboté.

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Fin juin, Sébastien Lecornu jugeait scandaleux le bilan avancé par les Écologistes, qui réclament une commission d'enquête sur l'inadaptation du pays. Et pendant que le pays brûle, la même semaine, l'Assemblée nationale a réautorisé un pesticide interdit. Au point de faire craquer la ministre de l'Écologie elle-même. Mercredi matin, Monique Barbut démissionne. Mercredi midi, elle ne démissionne plus. Retour sur une journée qui dit tout de l'écologie gouvernementale. Tout part d'un vote. Dans la nuit de lundi à mardi, la loi d'urgence agricole passe : deux cent quatre-vingt-seize voix pour, avec l'extrême droite et la droite unanimes, contre toute la gauche. Le texte rouvre la porte à l'acétamipride, un néonicotinoïde tueur d'abeilles interdit en France depuis deux mille dix-huit, par

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dérogation pour la noisette. L'autorité sanitaire européenne pointe des incertitudes sur sa neurotoxicité pour le cerveau des enfants. Détail gênant : le Conseil constitutionnel a déjà censuré ce retour de l'acétamipride, en août dernier, dans la loi Duplomb. Écologistes et insoumis l'ont ressaisi ce vendredi, le Parti socialiste annonce suivre. La FNSEA salue un tournant majeur. La ministre de l'Agriculture jure que le texte ne réintroduit rien, que la science décidera. Et l'insoumise Aurélie Trouvé prévient : vous aurez à répondre devant tous les Français. Pour la ministre de l'Écologie, c'est le recul environnemental de trop. Mercredi matin, Monique Barbut publie cinq pages sur LinkedIn : privée de moyens, empêchée de débattre, elle annonce sa démission au président.

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À midi, l'Élysée annonce qu'elle reste, à la demande du président. C'est sa quatrième menace de démission en neuf mois, et le poste a usé huit ministres depuis deux mille dix-sept. Le pesticide, lui, reste aussi. Une ministre qui reste en actant son désaccord, contre la promesse de vrais budgets pour l'adaptation. Ces budgets, justement : Sébastien Lecornu en dessine déjà les contours, et il ne compte pas attendre la présidentielle. Dernier sujet, plus bref : le budget d'après. Dans Paris Match, le Premier ministre a annoncé la couleur. Sébastien Lecornu veut des réformes structurelles et un budget bouclé en hiver, avant la présidentielle. L'objectif : jusqu'à cinquante milliards d'économies pour ramener un déficit jugé grave. Premières pistes : dérembourser des

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médicaments, revoir des niches fiscales. Le cadrage est déjà lancé. Les ministères réclamaient trente milliards de plus et vingt-trois mille postes. Réponse du Premier ministre : si tout est prioritaire, rien ne l'est. Les économies, elles, restent à trouver. Rappel utile : le budget actuel a demandé quatre mois de bras de fer, trois quarante-neuf-trois et six motions de censure. Celui qui se prépare dira qui paiera les économies : les malades et les contribuables sont déjà cités. Voilà pour aujourd'hui. Le Conseil constitutionnel va maintenant dire si l'acétamipride peut vraiment revenir : abonnez-vous pour connaître sa décision. Toutes nos sources sont en description. Merci, et à très vite sur La Ligne.