SÉBASTIEN CHENU est l'invité de FRANCE INFO !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:18OuverteRéponse directe
En quoi c'est une étape majeure pour la présidentielle ?
- 1:57OuverteRéponse directe
On a dit que ce sont les élus proches de LR qui ont voté pour nous. Comment vous l'interprétez ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est compatible avec le fait de revendiquer être un parti anti-système ?
- 3:57RelanceRéponse directe
Vous avez souvent été cartelé entre stratégie de respectabilité et positionnement anti-système.
- 4:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous inspire cette ferveur qu'on a pu constater depuis trois jours ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Ce message, qu'est-ce que vous en pensez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04PrésentateurFait
« Oui, Marine Le Pen a raison, c'est une victoire historique de nos idées, du Rassemblement National. »
- 0:16PrésentateurChiffre
« Nous avons, au moment où nous nous parlons, 15 sénateurs qui formeront ce groupe patriote avec nos alliés de l'UDR. »
- 0:54PrésentateurChiffre
« Et puis surtout, c'est la multiplication par 5 de nos voix dans tous les départements où nous avons présenté des listes par rapport au scrutin précédent. »
- 1:35PrésentateurFait
« Mais nous avons évidemment franchi toutes les étapes et celle-ci était l'ultime. »
- 2:23PrésentateurFait
« Nous défendons des idées. Et les idées que nous portons, nous comptons les faire aboutir. »
- 4:07PrésentateurFait
« Ben non, je crois qu'à l'Assemblée nationale, on a montré qu'on était capable d'avoir un positionnement qui était hostile à ce système. »
- 4:35PrésentateurFait
« Je crois que ça s'est vu à l'Assemblée nationale, on a été des députés parfaitement responsables, qui ont pris des responsabilités, mais qui les ont surtout assumées. »
- 6:43PrésentateurFait
« Je dis simplement que lorsqu'on a en charge l'organisation de la vie, de la société, on ne peut pas dire, en étant responsable au monde entier, en tout cas par exemple au continent africain, de venir déménager sur le continent européen. »
- 13:17PrésentateurChiffre
« La France aide à hauteur de, aujourd'hui, 8 milliards, si on prend les aides financières, techniques, matérielles, etc., d'euros, l'Ukraine depuis le début du conflit. »
- 18:57PrésentateurPromesse
« Nous ne laisserons pas se désindexer les retraites ni se geler les petites retraites à partir de 1 200 euros. »
- 19:27PrésentateurPromesse
« Nous nous opposerons à la baisse des pensions de retraite des Français. »
- 21:50PrésentateurFait
« Régulièrement, ils sortent des infos qui sont vérifiées. »
- 22:10PrésentateurFait
« Donc il a sanctionné le policier municipal. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Présentateur 214 %
- Invité10 %
- ?7 %
- Invité 24 %
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Oui, Marine Le Pen a raison, c'est une victoire historique de nos idées, du Rassemblement National. Nous avons, au moment où nous nous parlons, 15 sénateurs qui formeront ce groupe patriote avec nos alliés de l'UDR. C'est
le parti d'Éric
Ciotti. C
'est 15 ce
matin, le chiffre ? Oui,
c
'est 15. C'est 15
où nous nous parlons, avec
le ralliement d'une sénatrice LR, je crois, de l'Ain, Mme Gouachavant. Donc nous sommes à 15. Au moment où nous nous parlons, vous savez qu'il y a toujours au Sénat ensuite une organisation qui peut permettre à des sénateurs élus divers, quelque chose, de rejoindre des groupes. Donc on verra. Mais c'est un phénomène politique manifeste, puisque nous n'avions pas de groupe et que notre parti, premier parti politique de France, réparla quelque part quelque chose qui était assez, enfin non pas injuste, mais en tous les cas qui était une anomalie démocratique. Et donc les grands électeurs ont réparé cela.
Et puis surtout, c'est la multiplication par 5 de nos voix dans tous les départements où nous avons présenté des listes par rapport au scrutin précédent. Que ce soit la proportionnelle ou que ce soit au scrutin majoritaire, nous multiplions par 5 nos voix et nos élus par 5. C
'est un phénomène assez « naturel » compte tenu de vos résultats aux élections municipales, puisque ce sont en grande majorité les conseillers municipaux qui élisent les sénateurs. Mais en quoi c'est une étape majeure pour la présidentielle
? – Mais parce qu'on nous a longtemps dit qu'il y avait des plafonds de verre. Nous, nous avons toujours expliqué, défendu la position et l'idée que le plafond de verre n'existait pas, qu'il était une invention pour essayer d'empêcher nos électeurs d'aller vers nous en disant « mais n'y arriverons jamais ». Mais nous avons évidemment franchi toutes les étapes et celle-ci était l'ultime. Donc nous avons depuis un certain nombre d'années des sénateurs, messieurs Zurek, Cochard et Duroc étaient nos trois sénateurs sortants. Ils sont aujourd'hui rejoints par une douzaine d'autres qui leur permettent de faire groupe.
Et cette dernière étape parachève notre présence dans l'ensemble des institutions démocratiques
du pays. – On a
dit que ce sont les élus proches de LR qui ont voté pour nous. Comment vous l'interprétez pour vous ? C'est quoi ? Il y a une digue qui est tombée et ce soutien de potentiel LR en préfigure peut-être un autre pour la présidentielle
? – C'est
davantage qu'une digue.
C
'est-à-dire que, je rappelle que nous, nous défendons, alors ça apparaît parfois peut-être pour certains anachroniques, nous défendons des idées. Et les idées que nous portons, nous comptons les faire aboutir. Et nos idées, nos élus sont élus sur un programme. Et ce que je crois, c'est que les LR qui ne savent plus où ils habitent, les élus ou les électeurs traditionnels des LR sont perdus par les prises de position totalement, je veux dire, le tohu-bohu incessant de LR qui, un coup, sauve Macron, un coup, appelle à voter Macron, un coup, s'y oppose. –
Mais donc, le RN est un
refuge pour les LR qui savent plus.
– Bien sûr, et nous tendons la main,
mais pas uniquement à LR d'ailleurs, parce qu'il y a des départements, vous le voyez, dans les Raux ou en Gironde, on peut imaginer, puisque, par exemple, je prends la Gironde où les LR font trois sièges tout de même, et nous, nous faisons un siège avec la très belle victoire des Dijdias, ou en Seine-Maritime, nous pouvons penser qu'il
y
a aussi des élus de gauche qui votent pour nos idées patriotes. Donc, nous tendons la main à tous les patriotes, comme d'habitude, et bien entendu, ceux de LR sont certainement les
premiers qui
y répondent, mais notre mouvement, qui est celui de tendre la main et dépasser les clivages, il est bien en marche. – Sébastien Chenet, le Sénat, dans l'histoire, est perçu comme le temple de la pondération, du compromis. Est-ce que c'est compatible avec le fait de revendiquer être un parti anti-système ? – Mais c'est surtout aussi souvent perçu comme un club d'habitués, comme un club d'élus d'entre-soi qui s'arrange et qui, parfois, oublie un certain nombre de convictions. – Vous
voulez
bousculer le système du
Sénat ? Vous dites comme
Éric Ciotti que vous allez marquer une opposition à ce conformisme immobile et
impuissant qui caractérise
le Sénat ?
–
C'est vrai que nous ne sommes pas conformistes, c'est vrai que nous défendons, je le rappelais il
y
a quelques instants, des idées. Ces idées, elles sont différentes, et c'est, je crois, ce qui fait notre succès.
– Mais pour répondre à la
question d'Agathe Sébastien Chenet, vous avez choisi, vous avez souvent été cartelé ces dernières années entre votre stratégie de respectabilité et
votre
positionnement anti-système. – Ben non,
je crois
qu'à l'Assemblée nationale, on a montré qu'on était capable d'avoir un positionnement qui était hostile à ce système, qui fait tant de mal aux Français, les résultats sont piteux et pitoyables, tous ceux qui nous gouvernent depuis tant d'années ont échoué. Donc nous continuerons à être hostile à ce système qui abîme le pays, mais nous montrerons notre parfait attachement aux institutions. Je crois que ça s'est vu à l'Assemblée nationale, on a été des députés parfaitement responsables, qui ont pris des responsabilités, mais qui les ont surtout assumées.
Ce sera pareil au Sénat, et c'est vrai que nous ne sommes pas là pour perturber les institutions, nous sommes là pour parfois les faire évoluer.
– Malgré une étiquette anti-système, vous n'êtes pas là pour perturber les audits.
– Sébastien Chenet, ces derniers jours ont été marqués par la visite du pape Léon XIV, qui achève son déplacement aujourd'hui à Metz. Qu'est-ce que vous inspire cette ferveur qu'on a pu constater depuis trois jours ? – C'est évidemment un événement fédérateur de grande ampleur, je crois qu'il dépasse évidemment les catholiques de notre pays, la venue du pape, les messages qu'il véhicule et qui peuvent être source d'interrogations pour toute la classe politique, parce que le pape n'est pas enfermable, heureusement, par une sensibilité politique ou une autre. Le pape dit ce auquel il croit, ce qu'il pense, la parole effectivement de l'Église. –
Et ce
discours vous touche, Sébastien Chenet ? – Mais comment ne pas être touché ? La parole du pape, je disais chez un de
mes
confrères, le pape est un sniper. Le pape dégaine très vite. – C'est une image audacieuse, mais… – Oui, mais le pape ne cherche pas, vous savez, c'est l'intérêt d'ailleurs d'une parole spirituelle, c'est qu'il ne cherche pas à plaire, il dit exactement une parole de conviction. Et face à une parole de conviction et de sincérité, vous êtes obligé de vous interroger.
– Par exemple sur l'accueil des migrants qu'il a défendus, comme le faisait son prédécesseur, en disant que c'était finalement l'esprit du catholicisme que d'accueillir les personnes exilées. Il s'est rendu dans une maison qui accueille notamment des Afghans, des Nigérians, qu'il a rencontré vendredi à Paris. La preuve, a dit Léon XIV, qu'il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix.
Ce
message, qu'est-ce que vous
en pensez ? –
Alors,
les messages d'ailleurs de l'Église catholique ne sont pas nouveaux. L'Église catholique est attendue, que ce soit sur les migrants, sur la fin de vie, etc. On connaît le discours de l'Église catholique.
Nous,
lorsqu'on est politique, on gère le temporel, l'organisation du temps et de la société. Le Saint-Père gère le spirituel. Et moi,
j
'entends très intellectuellement, j'entends tout à fait qu'un homme ou une femme qui veut changer le cours de sa vie, qui croit qu'il y a un meilleur avenir ailleurs, soit capable de dépasser des océans, des déserts, pour essayer de s'en sortir. Je dis simplement que lorsqu'on a en charge l'organisation de la vie, de la société, on ne peut pas dire, en étant responsable au monde entier, en tout cas par exemple au continent africain, de venir déménager sur le continent européen. Ce n'est pas une perspective. La perspective de la dignité, ce n
'est
pas d'entasser des gens sur les côtes du nord de la France,
qui veulent aller
en Angleterre. La perspective de la dignité, c'est de régler le problème migratoire, de le gérer avec une vraie fermeté dans cet esprit. Vous dites que le pape est dans son rôle et que les politiques sont dans l'heure. Jordan Bardella avait quand même sèchement critiqué le pape François. À l'époque, il lui avait reproché de tenir des discours déconnectés des réalités. Pourquoi cette mensuétude vis-à-vis de Léon XIV ? Vous trouvez qu'il est moins clivant que son connaissesseur ? Exactement.
Moi, j'avais trouvé le pape François, à qui personne, mais quelque part, on se moque de mon avis personne, me touchait assez peu, parce que je le trouvais clivant, parfois très dur, presque parfois avec une certaine forme dans l'expression de brutalité, et qui avait mis, je crois, beaucoup de catholiques mal à l'aise. Bon, c'était un pape qui avait une personnalité telle que celle-ci. Ici, on a un pape dont on sent un accueil, en tous les cas, une sorte de bienveillance. Avec
une
ligne qui reste très
proche de celle de François.
On n'attend pas du pape qu'il soutienne la Gay Pride, la fin de vie, etc. Enfin, je veux dire, évidemment, la parole de l'Église catholique, elle est traditionnelle, et c'est en cela qu'elle est un phare intéressant dans une pensée politique, ou un débat de société. Il ne soutient pas non plus l'interdiction du voile dans l'espace public, visiblement, parce qu'elle est lésée vendredi.
C'est autre chose, ça. Alors, il a eu cette phrase, « Une
juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public, mais à travailler pour que l'État et les institutions religieuses dialoguent ensemble. » C 'est intéressant. Vous êtes senti visé ? Non, parce que nous, on n'interdit pas une religion, et l'expression d'une religion, on combat l'islam politique. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, y compris sur votre antenne, que nous ne faisions pas, nous faisions une différence, nous ne mélangeons pas une religion, et l'idéologie islamiste qui fait des morts. Donc, l'idéologie islamiste, elle a des signaux, elle a des signes, le
voile en est pas. Ce n'est pas ce que vous faites
quand vous promettez de sanctionner des
femmes qui portent le voile, et dont l'immense majorité,
dont vous n'avez aucune
preuve. Je suis en train de vous expliquer que le voile est un étendard, et qu'aujourd'hui, lorsqu'on fait le choix de se couvrir, de couvrir son corps, et de couvrir finalement aussi, d'une certaine façon, ses idées, on se met en rupture avec la société dans laquelle nous sommes. C'est un message politique qui est
envoyé. Il n'y a pas une violence à
l
'égard de ces femmes à dire ça ? Non, non, la violence, c'est celle de l'idéologie islamique, c'est elle qui fait des morts.
Filinfo, tout de suite, l'info en une minute, Sébastien Chenu, bien sûr, vous restez avec nous. Vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, et député du Nord. Il est 8h44, et c'est avec Maureen Suignard.
L
'avion du pape est en route vers Metz, c'est là que se déroule la fin du voyage du souverain pontife en France. Une déambulation des Lyon XIV est prévue dans la ville, une messe aussi où se rendra finalement Emmanuel Macron. Hier, le pape a aussi rencontré plusieurs victimes de pédocriminalités dans l'église. On a tous eu le sentiment d'un niveau d'écoute et d'une compassion réelle, témoigne sur France Info, l'une des personnes qui a pu échanger avec lui. Alors que les prix à la pompe sont déjà à des niveaux records, voici un mauvais indicateur. Le prix du baril augmente encore ce matin de 3% et se situe à plus de 107 dollars, conséquence de la situation incertaine au Moyen-Orient.
Quelles seront les réquisitions du parquet ? Rachida Dati les connaîtra tout à l'heure. Le procès de l'ancienne ministre de la Justice est sur le point de se terminer. Elle est soupçonnée de corruption et trafic d'influence, accusée d'avoir fait du lobbying pour Renault alors qu'elle était députée européenne, ce qui est interdit. Et puis la rencontre sera à suivre sur France Info. Belgique-France, début du match à 20h45. Deuxième match de Ligue des Nations de foot pour les Bleus.
France Info. Le
8.30 France Info, Agathe Lambret, Simon Le Baron.
Avec
Sébastien Chenu, vice-président RN de l'Assemblée Nationale. On va parler dans un instant de la menace russe et de la position de votre parti. Mais on parlait du pape Emmanuel Macron, qui n'a pas assisté à la messe-place de la Concorde, va finalement assister à la messe, à la cathédrale de messe. C'est quoi pour le président ?
C
'est une séance de rattrapage ?
Il y a
peut-être un petit peu de ça, mais moi je ne
veux
pas ouvrir de polémique dans un événement en fédérateur. Je trouvais que le président de la République avait sa place, évidemment, à assister à la messe, parce que la place de la France vis-à-vis de l'Église catholique est assez singulière. Le président de la République, d'ailleurs, est chanoine, honoraire de la France. C
'est
un titre peut-être qui peut paraître un peu désuet, mais il y
a
un lien en tous les cas.
Donc ça ne semblait pas... Vous n'avez pas l'atteinte à la
laïcité
? Non,
la laïcité, ce n
'est
pas interdire. Ça n'a pas de lien avec la laïcité. Et
Marine Le Pen, il y en a parlé là,
était
à la messe
à la Concorde samedi.
Oui,
il y avait
des hommes et des femmes politiques de tous les bords à la messe. J'avais devant moi des collègues socialistes et écologistes, simplement, et communistes. Simplement, je trouve que c'est plutôt un signe sympathique de la part du président d'assister à la messe. Peut-être veut-il aussi profiter un peu de cette lumière dont il a perçu qu'elle se dégageait fortement de la visite papale dans le pays. Parce que la visite du Saint-Père, je crois, produit un effet très positif dans le pays, un effet d'unité, une ferveur populaire. Peut-être veut-il profiter un petit peu de cette lumière aussi.
Sébastien Chenu, alors que les tensions entre l'Europe et Moscou s'intensifient, Emmanuel Macron estime que la France pourrait être visée par une attaque de drones chargés d'explosifs, comme l'a été l'Allemagne début août. Dans ce contexte, le RN pointe la menace russe, tout en jugeant qu'on ne peut plus aider financièrement l'Ukraine. Ce qui fait dire ceci au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, hier sur France 2 et France Inter.
Jean
-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens. Marine Le Pen, elle, les a conservés. Mais au fond, c'est le même message. C'est une défiance vis-à-vis de l'Union européenne, de notre organisation politique. Et c'est une complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Êtes-vous complaisant avec Vladimir Poutine, Sébastien Chenu ? Non, pas du tout. Mais j'aimerais que Jean-Noël Barraud, au lieu de se commettre dans des commentaires un peu oiseux, prenne des initiatives. Voyez-vous, je ne
sais
pas bien ce que fait Jean-Noël Barraud de ces journées. Mais moi, ce que j'espère...
La France
aide l'Ukraine, financièrement,
militairement. Vous proposez de réduire l
'aide à l'Ukraine. Vous avez terminé ma phrase. Vous n'y voyez pas d'inconvénients. Et là, on a entendu tous le discours du pape, là aussi, qui appelle à la paix. Moi, je pense qu'il faut prendre des initiatives qui vont vers la paix. Sur l'aide à l'Ukraine, nous l'avons déjà dit. La France aide à hauteur de, aujourd'hui, 8 milliards, si on prend les aides financières, techniques, matérielles, etc., d'euros, l'Ukraine depuis le début du conflit. Mais bien au-delà, si on prend la cote-part qu
'on
verse à l'Union européenne, ça fait monter notre aide à 25
milliards d'euros. Ce sont des prêts,
essentiellement. Oui, des prêts. Mais enfin, bon, c'est quand même de l'argent. Ce n
'est
pas de l'argent magique. Donc nous, ce que nous avons dit, et Marine Le Pen l
'a
rappelé, nous continuerons à aider l'Ukraine dans les engagements qui sont ceux, j'allais dire, pris par la France. Aide matérielle, aide militaire, aide de formation, aide humanitaire. Pour le reste, demain, est-ce que nous sommes capables d'engager de nouvelles dépenses financières ? Nous n'en avons plus les moyens. Nous sommes
en train. Mais vous pouvez dire que la
menace russe est très grave.
Sébastien Chenet qui vient
communiquer et
en même temps
dire mais on va couper le robinet à l'Ukraine. Est-ce que ce n'est
pas un peu incohérent ? Si la menace est grave, il faut aider l'Ukraine à
gagner cette guerre.
Nous
allons dans quelques heures étudier le budget de la France. J'aimerais qu'on nous dise à quel endroit du budget, à quel moment du budget, sur quelles restrictions budgétaires il faudrait faire pour continuer à trouver de l'argent pour aider l'Ukraine. Nous n'en avons pas. En tous les cas, j'entends matin, midi et soir, y compris ce gouvernement qui a mis la France en faillite, nous dire que nous n'avons plus un rond. Sur le reste, oui, la menace russe est importante. Oui, il faut aller vers la paix. Mais pour ça,
il
faut prendre des initiatives. C'est pour ça que je vous dis que ces discours
qui sont des commentaires,
essayez de mettre les
belligerents
autour d'une table. Regardez, Trump va inviter Poutine au G20. Moi, je n'ai de sympathie ni pour l'un ni pour l'autre à titre personnel. Mais je trouve que c'est une initiative qui essaie de faire rentrer, évidemment, des gens qui ont des intérêts assez contradictoires autour d'une même table. Vous
n'entendez
pas le gouvernement russe, le ministre des Affaires étrangères, Lavrov, dire que la Russie ira au bout de ses objectifs en Ukraine, quoi qu'il arrive. Vous pensez, est-ce qu'il n
'y a
pas une naïveté à penser que la Russie peut être prête à la paix
? Non, je ne
crois
pas qu
'il
y
ait
de naïveté. En tous les cas, c'est à nous de les inciter à la paix. Je pense que d'ailleurs, la Russie aurait beaucoup à gagner également à ce que la paix s'instaure. Je ne
suis
pas persuadé que les centaines de milliers de morts russes soient particulièrement réjouissantes pour la
Russie. Donc c'est en arrêtant,
en réduisant l'aide à l'Ukraine que l
'on va
forcer
la Russie à discuter ? C'est en
prenant des initiatives de paix. C'est en prenant des initiatives qui amènent les gens autour de la table.
De
toute façon, et Marine Le Pen l'avait dit très légitimement il y a quelques temps, où cette guerre, l'OTAN entre dedans et c
'est
la troisième guerre mondiale avec ce que ça a comme conséquence, où c'est la guerre de cent ans, c'est un enlisement. Nous y sommes. Donc évitons cet enlisement parce que ça a des conséquences au-delà même des morts qu'il y a en Ukraine, qu'il y a en Russie des êtres humains qui meurent. Il y a évidemment, pour nos économies européennes, des conséquences très manifestes que les Français payent. Je crois qu'aujourd'hui, tout le monde a envie que ça s'arrête.
Et dans un contexte où de nombreux Français sont étranglés par la hausse des prix du carburant, Emmanuel Macron promet de tout faire pour baisser les prix et notamment d'envoyer des moyens militaires en Arabie Saoudite pour protéger un site pétrolier stratégique menacé par les outils. Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères, a précisé hier que les moyens engagés seront strictement défensifs pour protéger les exportations de brutes sur la mer Rouge. Il explique aussi que cela fait deux ans que nos moyens militaires sont déployés en mer Rouge pour protéger notamment la circulation. Est-ce que vous êtes rassuré ? Parce que vous avez critiqué
cette
initiative. Je ne comprends pas cette
initiative. Vous dites
que le ministre des Affaires étrangères doit agir.
Non, mais
je ne comprends pas cette initiative.
L'Arabie Saoudite
a des accords de défense avec des pays qui sont de mémoire la Turquie et le Pakistan. Et pourquoi est-ce que l'Arabie Saoudite ne s'appuie pas sur ses partenaires historiques ? Nous, on a des accords de défense, non pas avec l'Arabie Saoudite, mais avec les Émirats Arabes Unis. Et il est normal, c'est fait pour ça un accord de défense. C'est pour s'appuyer dans ces cas-là. Sauf
que la France
est directement
concernée par la hausse des prix du carburant.
Donc là, il s'agit d'agir sur la circulation pour faire baisser les prix.
Madame
Lambret, les intérêts économiques de la France dans des pays du monde entier, il y en a de multiples. Nous avons des intérêts et ce que nous faisons, c'est que nous passons des accords de défense dans ces cas-là. Nous n'en avons pas avec l'Arabie Saoudite. Si on se met à intervenir, et d'ailleurs, je reprends la position de Dominique de Villepin aussi, qui n'est pas connue pour être, si le moins qu'on puisse dire, un allié du Rassemblement National, qui trouvait qu'effectivement, c'était une position dangereuse, une position, et qu'il fallait demeurer excessivement vigilant sur cette initiative gouvernementale. Et je pense que Dominique de Villepin, en cela, dit aussi la vérité.
Oui, je ne comprends pas ce que ce gouvernement fait à s'agiter tous azimuts dans des domaines... C'est
de l'agitation tous
azimuts de sécuriser les routes du
pétrole qui
pourraient permettre, si
les
navires sont en mesure de
naviguer,
qui pourraient permettre de faire un peu baisser la pression sur les prix à
la route. Là
encore, nous attendons du gouvernement qu'il prenne des décisions et des actes forts, notamment, nous l'avons dit, sur la baisse de la TVA, ce que font tous les autres pays européens désormais. Quel que soit leur type de gouvernement, quel que soit leur type d'économie, tous les gouvernements baissent la TVA et baissent les taxes... Ou baissent certaines taxes, mais pas forcément
la TVA. Oui, exactement. Parce qu'il y a des règles européennes qui empêchent de baisser la TVA de façon
pérenne. Oui, mais vous avez raison. Mais vous savez que nous avons souhaité, que nous souhaitons positionner les énergies comme étant des biens de première nécessité. C'est ce qui nous permettrait, évidemment, de faire pression sur l'Union européenne pour baisser la TVA et aller au-delà de ce qui est possible, c'est en faisant rentrer les énergies comme biens de première nécessité.
Vous n
'avez toujours pas dit comment vous financez cette baisse de la TVA ? Bien sûr, on le dit tous les jours, matin, midi
et soir. Vous êtes censé présenter votre contre-budé en octobre ? Nous y sommes quasiment.
Oui, enfin, on va permettre qu'on attende le projet de budget du gouvernement dont on ne connaît rien aujourd'hui, à part probablement une attaque en règle contre les retraites que nous ne laisserons pas faire. Nous ne laisserons pas se désindexer les retraites ni se geler les petites retraites à partir de 1 200 euros. Le gouvernement veut revoir l'indexation des retraites. Nous nous y opposerons. C
'est
une ligne rouge ou pas ? Est-ce que c'est un motif de censure du
gouvernement
? On va voir comment s'organise ce budget. Nous ne le voterons pas. Je veux dire, on s'opposera à la désindexation des retraites, on s'opposera à la baisse des retraites, et ensuite on verra ce que ce gouvernement propose.
Vous ne le voterez pas,
vous pourrez vous abstenir. Non,
non,
non, on ne s'abstiendra jamais sur une baisse des retraites, jamais. Nous nous opposerons à la baisse des pensions de retraite des Français.
Vous allez censurer ? Ça, c'est autre chose.
Vous
ne votez pas le budget, mais vous n'existez
pas
de censure. Vous avez le
vote du budget, sur lequel je vous dis, nous voterons contre. Et ensuite, vous avez la censure, parce que le gouvernement veut passer en force. C
'est une autre étape.
Ma question, si la désindexation ou le gel des pensions de retraite est une ligne rouge, est-ce que
ça vaut censure ? Alors, c'est une autre étape, parce que le seul intérêt de ce budget, c'est qu'il soit réversible. C'est-à
-dire
qu'en fait, ça ne dure que six mois, si d'autres, c'est-à-dire nous, ce que nous espérons, arrivions aux responsabilités, à partir du mois de mai, c'est qu'on puisse changer le cours des choses. Donc, on ne
veut
pas se laisser
enfermer... C'est mieux qu'une
loi spéciale. Voilà, on ne
veut
pas se laisser enfermer par ce qu'on appelle une loi spéciale qui nous empêcherait de changer le cours des choses, y compris sur les retraites. Ce qu'on veut, c'est avoir de la latitude, de la marge de manœuvre, pour pouvoir, si le gouvernement impose une baisse des retraites, contre laquelle nous voterons, eh bien, nous pouvons changer les choses à partir du mois de mai.
Donc, il faut faire très attention à ça. Alors que vous
aviez censuré Michel Barnier sur ce sujet de la désindexation des retraites, cette fois, vous pourriez, malgré la désindexation, ne pas censurer parce que vous vous dites qu'on pourrait
revenir dessus. Oui, parce qu'il y a la
possibilité, dans six mois, de changer le cours des choses, de mener une autre politique, de faire baisser la TVA sur les biens de première nécessité, de revenir sur la revalorisation des retraites. Oui, dans six mois, il y a la possibilité de changer le cours des choses. On ne
va
pas s'en priver. C'est même le but de notre action.
Sébastien Chenu, votre collègue, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, est de nouveau dans la tourmente. Après, vous vous en souvenez, évidemment, la diffusion de cette vidéo dans laquelle on entend un policier municipal et ses collègues déblatérer pendant de très longues minutes des propos racistes, misogynes, complotistes, etc. Ce policier municipal était membre du service d'URN, militant de votre parti. Vous l'en avez exclu. L'Indépendant, qui est un journal local, et Mediapart, affirme que le maire de Carcassonne avait reçu plusieurs signalements dans les mois qui ont suivi ces élections. Et il n'a rien fait. Il a laissé ce policier en poste.
Est-ce que c'est normal, vu la gravité des propos ?
Deux choses. J'ai beaucoup de réserves sur l'Indépendant et Mediapart, qui sont des journaux militants contre le Rassemblement national. Je vous dis que pour moi, ce ne sont pas des références. Je prendrai ça avec des pincettes. Régulièrement,
ils
sortent des infos qui sont vérifiées.
Oui,
enfin bon.
Par ailleurs, le Rassemblement national
a mis lui-même
avoir eu un
rapport d'enquête administrative. La deuxième chose, le maire de Carcassonne n'est pas à l'origine de l'embauche. Il a ensuite procédé, je crois, je ne connais pas le dossier,
au
fond, à tout ce qui se passe administrativement dans ce cas de figure. Donc il
a sanctionné le
policier
municipal. Il ne l'a
pas embauché. Cette vidéo est très ancienne, d'ailleurs. Mais
quel rapport avec le fait qu'il n'ait pas
embauché, Sébastien Cheneu ? Parce qu'une fois qu'il est maire, il est en responsabilité.
Vous ne pouvez pas dire qu'il est élu maire, mais il s'enlève les mains, parce que ce n'est pas lui qui l'a recruté. Il n'était
pas maire lorsque la vidéo a été tournée, et lorsqu'elle est sortie, il n'était pas maire.
Une fois qu'il est maire, c'est sa responsabilité. Aujourd'hui, il a enclenché un
certain nombre de procédures administratives, d'après ce que j'ai compris, qui iront évidemment jusqu'au bout, puisque le souhait de Christian Barthès,
c
'est de ne pas avoir ce policier municipal dans ses élèves.
Donc il n'est pas
réagi avant la publication de la vidéo, ce n
'est
pas un problème pour vous ? Avant la publication de la vidéo, encore faut-il qu'il le sache. Vous
avez dit vous-même qu'il était au
courant d'enquête administrative
? Eh bien,
il
a enclenché les procédures administratives normales, mais je n
'arrive
même pas à voir ce que vous essayez de
démontrer. Nous ne voulons pas de gens pareils dans nos polices municipales. Justement, vous dites que
vous ne voulez pas ce type de personnes au Rassemblement
national,
et en même temps, vous avez un élu RN qui
potentiellement a couvert ses faits, puisqu'il les a
connus sans
les dévoiler et sans sanctionner l'agent en question. Il
a, je crois, suivi les procédures administratives classiques.
Donc circuler, il n'y a rien à voir pour
vous ? Non, pas circuler, il
n'y a
rien à voir. Circuler dehors, monsieur l'agent. Et vous ne lui demandez pas de compte ? Vous.
En tant que membre du Rassemblement national,
de
maire du Rassemblement national, maire Rassemblement national
de Carcassonne. Je pense que les habitants sont en train de demander des comptes au
maire de Carcassonne. Et si j'en crois les résultats des sénatoriales, visiblement, les habitants et les électeurs de l'Aude ont été très en support des élus RN de l'Aude dimanche dernier. Mais Julien Rancoule n'a pas été élu
dans l'Aude. Ben oui,
ce n
'est
pas un scrutin proportionnel. Vous pensez
que c'est à cause de ça ? Ce
n'est pas à cause de cette polémique,
Carcassonne
étant dans l
'Aude également ? Non, non, non.
On a multiplié nos voix par cinq. Ça veut dire qu'effectivement, je pense qu'on a beaucoup de succès aussi dans l'Aude. Sébastien Chenu,
vice
-président Rassemblement national de l'Assemblée et député du Nord, merci à vous.