Allocution de Jean-Luc Mélenchon après les résultats du 1er tour des élections législatives
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous tous qui m'attendez à cette heure, je m'adresse à vous avec toute l'émotion que vous pouvez deviner au vu du résultat tel qu'il nous est annoncé. Au terme de ce premier tour, la nouvelle Union populaire arrive en tête. Elle sera présente dans plus de 500 circonscriptions au deuxième tour et dès lors, les projections en siège à cette heure n'ont à peu près aucun sens, sinon celui de maintenir une illusion, puisse-t-elle finir d'étourdir nos adversaires ? Pour le reste, la vérité est que le parti présidentiel, au terme du premier tour, est battu et défait.
Pour la première fois de la Ve République, un président nouvellement élu ne parvient pas à réunir une majorité à l'élection législative qui suit. J'appelle notre peuple, au vu de ce résultat et de l'opportunité extraordinaire qu'elle présente pour nos vies personnelles et pour le destin de la patrie commune. J'appelle notre peuple à déferler dimanche prochain. Bien sûr, pour rejeter définitivement les projets funestes de la majorité de M. Macron.
La retraite à 65 ans, le travail forcé pour le RSA et la partie cachée de son programme qui n'a jamais pu être mis en débat, c'est-à-dire les 80 milliards qu'il comptait retirer du budget de l'État pour parvenir au retour des 3% de déficit qu'il avait promis imprudemment à la Commission européenne. 80 milliards, c'est-à-dire retirer du budget de l'État l'équivalent de tout le budget du ministère de l'Intérieur et de tout le budget du ministère de l'Éducation.
Et comme nous le savions, et comme le bon sens l'indique, il est impossible de retirer une telle somme d'un budget, c'est non seulement ce projet qu'il s'agit de rejeter, mais celui qui va avec, c'est-à-dire l'idée d'une TVA augmentée qui permettrait de financer ce projet. Alors bien sûr, il s'agit de rejeter, d'écarter, mais peut-être plus important est le fait qu'en déferlant, en se mobilisant toutes et toutes, et d'abord dans la jeunesse à qui le futur appartient, et d'abord dans tous les milieux populaires si durement éprouvés par les 30 années de néolibéralisme qui se sont abattues sur lui.
Déferlez, déferlez avec vos bulletins de vote pour ouvrir tout grand la porte du futur pour lequel se sont mobilisés tant de générations avant la nôtre. Ce futur d'harmonie entre les êtres humains, débarrassé des dominations sociales, culturelles, de genre. Un futur d'harmonie entre les êtres humains et avec la nature. Je crois que c'est sans doute cette page-là que vous avez voulu écrire en votant comme vous l'avez fait, vous autres qui avez placé la nouvelle Union populaire, écologique et sociale en tête. Mais si vous le décidez, alors oui, dans dix jours, les prix seront bloqués. Le SMIC sera augmenté à 1 500 euros et l'indice des fonctionnaires sera augmenté.
Dans un mois, vous aurez la retraite à 60 ans en débat, et peut-être avant cela, la titularisation des 800 000 contractuels de la fonction publique. Je ne cite que cela, mais c'est la façon que j'aurai ce soir de rendre concret et non politicien la satisfaction que nous avons en observant ce résultat, qui est le résultat d'abord d'un accord historique, celui qui a permis la naissance de la nouvelle Union populaire, écologique et sociale.
Qu'en soit remercié tous, tous, sans exception, qui ont rendu possible cet accord, et qui a fini par faire comprendre à notre peuple que nous étions prêts à gouverner, avec un programme et avec une unité qui ne s'est démentie à aucun moment, quelles qu'étaient les tentatives faites pour la briser depuis qu'elle s'est constituée. La nouvelle Union populaire, écologique et sociale a franchi d'une manière magnifique le premier test qu'elle rencontrait. Mener les campagnes ensemble au coude à coude et convaincre, car en démocratie, tout se finit par là. Il faut convaincre. Nous avons beaucoup convaincu. Il reste maintenant à faire l'autre partie du chemin.
Chacun appréciera dans sa circonscription quel est son devoir, en républicain, en démocrate, et saura quoi faire de son bulletin de vote. Nous n'avons aucun doute sur l'intelligence de notre peuple ni aucune réserve à l'égard de la décision que, pour finir, il prendra quant à la composition de l'Assemblée nationale. C'est pourquoi nous demandons à ceux avec qui nous nous sommes affrontés au premier tour de regarder ce deuxième tour, non seulement sous l'angle des projets, non seulement sous l'angle des étiquettes, mais sous celui de l'intérêt général de la patrie et de son peuple.
En lançant cet appel, déferlé, décidé par vous-même, je suis certain d'être entendu par des millions de gens qui, jusque-là peut-être, n'avaient même pas imaginé qu'au deuxième tour, ils auraient à prendre une décision comme celle qui se présente à eux dans 500 circonscriptions. La nouvelle Union populaire, écologique et sociale est fière d'avoir rendu possible son programme. Elle est fière de l'œuvre accomplie. Elle regarde le peuple français avec la tranquillité du travail accompli et d'une perspective radieuse qui se présente à lui. Vive la République, vive la France. Merci.
Merci. Merci.
Jean-Luc Mélenchon