Marc Fesneau : "On ne peut pas revenir sur des dizaines d’années où l’agriculteur ne trouvait pas sa marge"
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France Inter, Karine Bécard, Éric Delvaux, le 6-9. Bonjour Marc Fénault. Bonjour. Ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, on va parler de l'avenir des agriculteurs, des intempéries saisonnières. D'abord, le pouvoir d'achat des Français, puisque c'est d'actualité, ça concerne aussi les produits frais en grande surface. D'ailleurs, à qui la faute l'augmentation des prix des produits agricoles dans les grandes surfaces ?
L'augmentation des prix agricoles, il est le produit de la crise en Ukraine, qui par un effet de contamination démarrant sur la question énergétique, fait qu'enchaîne, parce que pour produire, dans un certain nombre de cas, il faut de l'énergie, qui pour fabriquer des engrais, qui pour transformer, qui pour faire du transport, qui pour emballer ? Et donc l'augmentation des prix, elle est liée à ça.
Et donc c'est ça qui est un élément évidemment d'inquiétude, c'est pas une inflation, à vrai dire, d'emballement du moteur économique, c'est une inflation importée du fait de la crise ukrainienne, et importée principalement par la hausse du coût des carburants et des coûts de l'énergie, pas que les carburants, évidemment le gaz. Donc c'est ça qui est un sujet évidemment de préoccupation.
L'Ukraine a peut-être bon dos, mais est-ce que les distributeurs doivent faire des efforts pour leur marge ?
Mais c'est pas la question de savoir si l'Ukraine a bon dos, c'est la question de savoir. Vous avez raison de poser la question en ces termes, c'est que chacun doit prendre sa part de l'effort à faire. Je rappelle que dans les doigts Egalim 1 et Egalim 2 qui ont été votés par le Parlement, la dernière Egalim 2 était à l'automne 2021, c'était des lois qui visaient à faire en sorte qu'on retrouve de la valeur sur l'ensemble de la chaîne.
Que les gaz agriculteurs soient mieux rémunérés d'un travail.
Et en particulier que les agriculteurs soient mieux rémunérés, parce qu'on voyait bien que la valeur se concentrait, la marge se concentrait sur la grande distribution. Et c'est pour ça qu'on a fait des textes, parce que manifestement les choses ne faisaient pas naturellement, et il est normal que la loi puisse intervenir.
Michel-Edouard Leclerc dit que ce dispositif Egalim, ça limite la capacité, dit-il, à baisser les prix chez les distributeurs.
Oui, mais c'est la vieille théorie de Michel-Edouard Leclerc qui est sur tous les sujets, si vous remontez 40 ans en arrière, il était contre le prix unique du livre, parce qu'il estimait qu'il pouvait faire des prix plus bas, c'est quand même comme ça qu'on a sauvé l'économie du livre et l'économie des libraires.
Mais c'est un peu plus compliqué que ça, pardonnez-moi. Dans la loi Egalim, on dit que les remises promotionnelles, c'est 34% maximum sur le prix de vente du producteur. Bruno Le Maire, cette semaine, a dit qu'on pourrait peut-être aller jusqu'à 50%, c'est ce que demandent effectivement les grandes surfaces, les patrons des grands supermarchés. Rétro-pédalage du gouvernement, mais on a le sentiment quand même que ce n'est pas encore très sûr. Vous dites quoi, vous, Marc Fénault ? On reste à 34% ?
Je vais répondre à la question, mais ce n'est pas plus compliqué, je répondais simplement à la question de ceux qui, en permanence, dès qu'on essaie de réguler le commerce quand il est dérégulé. Mais on sait ça. Donc c'est quand même bien de le rappeler. La deuxième chose, c'est qu'effectivement, se pose la question de savoir où est-ce qu'est la marge et où est-ce qu'est la marge qui reste. Il est légitime qu'on pose des débats sur ces questions-là. La loi Egalim, les lois Egalim, elles visent à faire quoi ? Qu'on construise le prix à partir du coût producteur. Et qu'on ne construise pas le prix à partir du prix distributeur qui après, en descente, venait faire pression.
D'où la limitation, par exemple, des éléments promotionnels, d'où le fait qu'on ne puisse pas vendre à moins que le seuil de revente à perte, plus 10%. Pourquoi ? Parce qu'on sait bien qu'il y avait ce qu'on appelait les marges arrières et qui faisaient qu'on achetait à 100 et puis en fait, en réel, on achetait à 90. En tout cas, en réel, le producteur était payé à 90. Donc c'est ça la volonté et l'intuition qui est la nôtre. Après, ce qu'a posé Bruno Le Maire à juste titre sur le débat, c'est est-ce que ça fonctionne bien ?
C'est pour ça qu'il y a une mission d'inspection qui a été faite parce qu'on voit bien qu'il y a un certain nombre de cas où le mécanisme qui permettrait, y compris de faire de la promotion, ne se met pas en œuvre.
Donc vous allez revenir peut-être sur la loi Egalim 2 ?
Non, je n'ai pas dit qu'on allait revenir sur la loi Egalim, on va regarder d'abord si ça fonctionne. Sur les promotions, aujourd'hui, on peut aller jusqu'à 34%. Or, ce qu'on constate dans la plupart des cas, c'est que la grande distribution n'est qu'à 21. Donc ils ont des marges. Donc ils ont la capacité à faire en sorte qu'eux-mêmes, ils portent une partie de l'effort. Parce qu'il y a une partie de l'effort aussi qui est portée par l'État. Je veux dire, les mesures pouvoir d'achat dont on parlera peut-être tout à l'heure, y compris sur l'alimentation, c'est l'État et donc c'est les impôts des Français qui les payent. Et donc il faut que chacun prenne sa part.
Mais ça ne peut pas être au prix de revenir sur des dizaines d'années où à la fin, c'était toujours le producteur et l'agriculteur qui, lui, ne trouvaient pas sa marge.
Alors cette semaine, le gouvernement a lancé le chèque alimentaire, une centaine d'euros, plus 50 euros par enfant pour les familles les plus pauvres. La FNSEA, principal syndicat agricole, préférerait un dispositif plus pérenne qui ciblerait les produits locaux d'abord. Vous répondez quoi ?
C'est la volonté que nous avons, mais vous me rendez bien compte que de mettre en place un chèque alimentaire, c'est quels moyens de distribution, est-ce que c'est un chèque type chèque restaurant, dans quels lieux ça se diffuse. Quand vous voulez agir rapidement, il faut d'abord faire un dispositif qui soit simple et rapide. Donc première étape, c'est l'étape qui est posée dans le projet de loi de finances rectificatif qui permet 100 euros plus 50 euros par enfant, vous l'avez dit effectivement, aux Français les plus modestes, d'accéder, c'est 11 millions de foyers à peu près qui vont être concernés, qui leur permet d'accéder à l'alimentation et de ne pas dégrader trop leur pouvoir d'achat.
Et puis dans un deuxième temps, il y aura besoin de travailler, mais là c'est sur le projet de loi de finances 2023, sur un dispositif qui est plus pérenne. D'ailleurs la première ministre l'a annoncé, y compris dans son discours de politique générale, là on est dans une mesure d'urgence et toutes les mesures que nous avons sur la table, PLFR, sont des mesures d'urgence. Le chèque alimentaire, je vous rappelle que c'est le produit de la Convention citoyenne sur le climat.
J'allais dire, c'est inscrit dans la loi. Normalement ce principe-là devrait déjà être appliqué.
Depuis 2021. Sauf que ça paraît simple de dire on fait un chèque alimentaire. Et c'est compliqué à mettre en place. Et c'est à la fois parfois techniquement compliqué, comme on fait, on fait des remises de caisse, on fait un chèque, enfin bref. Et puis deux, c'est quel type de produit ? Produit transformé, produit non transformé, produit frais, fruits et légumes,
Mais sincèrement c'est compliqué avec qui ? Là encore une fois, la grande distribution ? Non, non, pas du tout.
C'est un sujet, un débat complexe avec tout le monde. Parce que certains disent, il faut mettre tous les produits transformés, y compris tel ou tel élément qui sont plutôt des produits, non pas de consommation de base, mais des produits plus divers. D'autres disent, il faut, est-ce qu'on introduit la question de qualité du produit ? Donc on va se mettre au travail avec l'ensemble des écosystèmes pour regarder ce qui est le mieux calibré avec une volonté première, c'est la volonté que ça touche les plus fragiles d'entre nous et qu'ils puissent accéder à une alimentation de qualité.
Donc vous dites, ils existeront ces chèques alimentaires ?
Et ça a été réaffirmé, ils existeront à partir de 2023. La volonté que nous avons, c'est de faire en sorte que ça soit déployé dans sa version 2, si je peux dire, mais dans la première version, il fallait agir dans l'urgence. On est le 15 juillet quasiment, il faut que ça soit mis en oeuvre pour le 1er septembre, vous comprenez bien que pour qu'on ait un dispositif qui marche, parce que l'important, c'est que ça marche. Il fallait d'abord, dans un premier temps, faire cela.
Elisabeth Borne a promis une loi d'orientation agricole que vous allez mener, Marc Fénaud, notamment pour une meilleure rémunération des agriculteurs. Quels seront vos leviers pour mieux payer les agriculteurs ?
Alors effectivement, c'est d'ailleurs, elle prolongeait en cela un engagement du président de la République, je crois que ça avait été pris au Salon de l'agriculture. La volonté, c'est d'agir sur tous les leviers qui permettent de tracer un avenir et des perspectives. C'est bien une loi d'orientation dont il s'agit. Alors ça traite de questions d'installation et de sessions d'exploitation, parce que dans les 10 ans qui viennent, 60% des agriculteurs vont pouvoir partir à la retraite. C'est plus de 200 000 agriculteurs.
Et il y en a combien qui rentrent sur le...
En moyenne, c'est une dizaine de milliers, autant que vous vous souvienne, une quinzaine de milliers.
Il y a l'installation puis il y a la rémunération. Alors je vais vous demander
à votre question de la rémunération, mais le sujet de souveraineté est un sujet global, si je peux me permettre, parce que le sujet... Mais ça commence, et vous avez raison, par le sujet de la rémunération. Et le sujet de la rémunération, c'est ce qu'on vient de dire sur la capacité à faire en sorte que dans la chaîne de valeur alimentaire, les agriculteurs, le prix se construise à partir du coût des agriculteurs. organiser mieux le marché par rapport à la demande de consommateurs, avec des investissements qui sont parfois lourds en termes de modification de pratiques ou de modification de produits.
La rémunération, c'est aussi la capacité à moderniser nos industries agroalimentaires dans un contexte supplémentaire qui est un contexte de décarbonation qu'il faut qu'on porte. Tout ça, ça va porter sur les questions de rémunération. Et puis c'est sans doute que nous ayons les uns et les autres comme consommateurs, comme citoyens et comme consommateurs une réflexion sur... Pour avoir d'une agriculture en France, de privilégier des produits de qualité, nous avons des filières et une agriculture qui est de qualité quand on se compare à les besoins de partir très loin dans nos frontières. Et donc l'acte consommateur est un acte important.
Je me souviens, je me souviens peut-être d'une campagne à un moment qui était nos emplettes sont nos emplois et à la vérité nos emplettes c'est aussi l'orientation de notre agriculture parce que derrière le produit, derrière le consommateur il y a un citoyen et derrière le produit il faut toujours penser qu'il y a un agriculteur.
Alors, la rémunération s'est faite, l'installation, favorisez l'installation. Comment souhaitez-vous susciter des vocations dans le monde agricole ?
La première vocation et la première nécessité dans un moment... Le monde agricole a vécu pendant la période Pâques jusqu'au début des années 2000 sur une forme de stabilisation et au fond un modèle économique dont on savait où il était. Or, les dérèglements économiques, les dérèglements climatiques font que quand vous vous installez et que vous empruntez pour vous installer, vous n'avez pas une visibilité économique satisfaisante. Donc c'est pour ça que la rémunération est un premier élément. Deuxième élément, avec le nombre d'agriculteurs que nous avons, une grande partie des installations vont se faire hors du cadre familial, comme on dit.
C'est-à-dire que vous avez beaucoup de jeunes qui ne seront pas en première génération issus de parents agriculteurs. Donc on a travaillé sur un modèle qui permette de mieux attirer ces jeunes-là, évidemment les jeunes fils d'agriculteurs. Troisième sujet, il y a parfois des outils qui sont très performants mais qui sont difficiles à reprendre parce qu'il y a des capitaux qui sont compliqués.
Quatrième sujet, il y a parfois l'accès aux fonciers, en particulier dans les zones périurbaines où il y a de la conflictualité d'usage, qui fait que vous voulez vous installer mais il y a un projet économique, il y a un projet de lotissement et qu'au fond, si vous achetez au prix du lotissement, vous n'avez pas de rentabilité économique. Donc c'est sur tous ces sujets-là qu'il va falloir travailler. J'ajoute évidemment l'outil formation. On a un enseignement agricole qui est formidable, qui est très spécifique à la France et qui doit nous permettre d'accompagner à la fois sur le métier de production mais aussi sur les grandes transitions qui sont à l'œuvre.
Ces jeunes, nombreux, dites-vous, qui veulent rentrer dans ce métier sans avoir des ascendants dans le milieu. Quel genre d'agriculture les attirent ? Ils vont entrer dans l'agriculture ?
C'est assez variable.
Est-ce que c'est le bio qui a une cote particulière ?
Vous avez des jeunes qui veulent s'installer en maraîchage encore faillit-il ? Alors là, on est plutôt sur des systèmes en surface qui sont petits. Encore faillit-il qu'on puisse leur proposer un modèle économique qui fasse qu'au bout de 3 ans ils ne ressortent pas ? Donc il y a une question d'accompagnement. Puis d'autres sur des filières plus...
Traditionnelles ?
Non. Traditionnelles. Le maraîchage est traditionnel aussi mais au fond des filières plus grande culture ou polyculture élevage. L'élevage est quand même très astreignant et il faut quand même penser à chaque fois aux éleveurs parce qu'en laitier ou en bovin-viande ou dans d'autres secteurs c'est un travail de tous les jours. Je pense que c'est sur tous les secteurs qu'il faut essayer de vrai.
Alors en tout cas le bio est peu soutenu par la France. 3% seulement des aides de la PAC reviennent aux exploitants bio alors que 80% des agriculteurs perçoivent des versements de la politique agricole commune. L'Union Européenne nous a même demandé de rectifier le tir de rectifier la répartition de ces aides pour en donner un peu plus au bio. Ça fait 5 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Qu'est-ce qui s'est passé pendant 5 ans avec la filière bio ?
Ce qui s'est passé pendant 5 ans ou 6 ans avec la filière bio c'est que nous sommes à 13% d'exploitants agricoles qui sont en bio et que nous avons quasiment doublé les surfaces. Voilà ce qui s'est passé. Parce que l'important c'est le concret.
Mais vous les avez peu accompagnés ?
Ils ont été accompagnés manifestement puisqu'il y a un certain nombre d'installations en agriculture bio. J'ajoute souvent que c'est souvent un chemin pour arriver à l'agriculture biologique. Parfois certains commencent à rentrer dans des dispositifs de haute valeur environnementale par exemple et après ils se mettent en route pour aller vers la bio pour ceux qui le veulent. Les circuits courts sont un formidable levier parce que vous êtes en dialogue avec les citoyens et les consommateurs et donc c'est souvent un moment d'interrogation. Et donc sur le bio on a avancé puisque les chiffres parlent d'eux-mêmes. Et puis il y a une troisième chose.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
En termes d'augmentation de surface.
On a quand même l'Union Européenne qui nous dit il y a un problème 3% seulement déversement PAC.
Non l'Union Européenne ne disait pas ça. Elle disait qu'il fallait différencier le bio pour avoir suivi ce dossier depuis que je suis arrivé. Elle disait qu'il faut mieux différencier le bio des autres certifications environnementales. En gros la commission
reproche à la France d'utiliser encore trop de pesticides en France. Alors je vous pose la question votre gouvernement envisage-t-il d'autoriser à nouveau une prochaine campagne d'utilisation des controversés nicotinoïdes ce pesticide tueur d'abeilles pour les betteraves sucrières comme ça a été le cas durant 4 mois en février dernier.
Est-ce que vous me permettez de dire qu'il faudrait arrêter de dire que la commission reproche à la France ? La commission a une ligne directrice qui est la réduction des pesticides et la France est plutôt meilleur élève que d'autres sur ces sujets-là. Alors deuxième élément je vais vous répondre. Deuxième élément on est sur une tendance de diminution ne serait-ce que sur le glyphosate en 4 ans on a baissé de moitié l'utilisation du glyphosate on a réduit de 93% donc il y a des actes et des faits.
Et puis troisième chose sur les néonicotinoïdes parce que j'aime bien répondre aux questions précises qui se sont posées on a décidé d'une dérogation parce que nous étions dans une impasse technique on a donné 3 ans en mettant 20 millions d'euros de mémoire sur la recherche pour essayer de trouver des alternatives techniques des alternatives de biocontrôle ce qu'on appelle le biocontrôle Au niveau européen en plus ?
Non au niveau national parce que ça n'est pas interdit au niveau européen les néonicotinoïdes pardon donc c'est la France qui est plutôt en avant mais ça ne marche que si on ne met pas les gens dans des situations d'impasse parce que cette volonté de dire on interdit on laisse les agriculteurs français sans solution et aux frontières immédiates en Belgique en Allemagne on continue à faire de la betterave avec des néonicotinoïdes ça ne peut pas marcher
Donc vous êtes en train de nous dire qu'on ne se passera pas une nouvelle fois une nouvelle campagne de nicotinoïdes ?
Non, on a 3 ans de dérogation donc jusqu'à la campagne 2023 j'ai demandé très vite dès que je suis arrivé de savoir où on en était sur les recherches il y a des itinéraires techniques il y a des expérimentations qui sont menées depuis 2 ans on aura une 3ème année d'expérimentation et j'ai bon espoir et quand je dis j'ai bon espoir entendez-moi bien j'ai bon espoir que nous puissions en sortir parce que c'est la volonté à la fois des agriculteurs et notre volonté
Donc on va réussir à se hisser au niveau à la hauteur des enjeux de la transition écologique
Oui mais c'est toujours une difficulté voyez bien que la transition le problème de la transition c'est de la capacité il n'y a pas de mauvaise volonté il faut arrêter de dire que les agriculteurs n'ont pas de bonne volonté ils ont beaucoup peu vrai c'est sans doute ceux qui ont le plus de vrai mais les marches sont parfois tellement hautes qu'il faut essayer de se mettre sur un chemin et c'est à ça que sert la planification c'est de dire voilà le point A voilà le point B et comment j'arrive du point A au point B parce que sinon dire simplement c'est le point B et je ne donne pas de solution et donc c'est la recherche c'est l'innovation c'est le matériel enfin c'est des tas de sujets sur lesquels on donc les marches sont très difficiles et très hautes mais je trouve qu'on est plutôt bien engagé mais il faut sans doute qu'on accélère mais ça n'est pas valable que dans le domaine agricole on le voit bien
A propos des intempéries maintenant vous l'avez dit l'agriculture subit de plein fouet le changement climatique de plus en plus dévastateur est-ce que les agriculteurs vont pouvoir compter dès janvier 2023 de la nouvelle loi sur l'assurance récolte ?
C'est bien l'objectif je le rappelle c'est une loi qui a été promulguée en mars 2022 donc c'est très court comme délai donc on a besoin d'aller très vite et de mettre un peu de pression dans le tube si vous me permettez cette expression pour faire en sorte que nous soyons au rendez-vous du 1er janvier 2023 pourquoi ?
parce que le système assurantiel agriculteurs n'y ont pas recours l'arboriculture c'est 2 à 3% d'agriculteurs qui sont couverts en système élevage prairie c'est peu de monde et donc le système assurantiel qui vise à ce qu'une contribution de l'état qui double en moyenne sur la période qui va s'ouvrir ça doit permettre par un mécanisme volontaire mais un mécanisme de subventionnement aux agriculteurs de mieux accéder à l'assurance pour être mieux couverts parce que à la vérité la normalité devient la norme les mauvaises années
il y a encore des discussions sur le seuil à partir duquel sera déclenché la solidarité nationale
si c'était la seule il y a des discussions avec les assureurs sur la manière dont ça s'organise des discussions avec l'ensemble des filières pour savoir où ça se déclenche quelle est la part de solidarité nationale quelle est la part assurancielle c'est bien le travail que nous avons à faire pour réussir
mais là face à la sécheresse on a eu un printemps déjà très chaud on a eu un été particulièrement sec en tout cas pour l'instant il y a déjà des fonds d'aide ça c'est des fonds
qui existent aujourd'hui c'est des fonds de calamité agricole et après je reviendrai peut-être sur la grêle c'est pas tout à fait de même nature à chaque fois le gouvernement a été au rendez-vous on l'a fait sur le gel donc on est en train j'ai lancé une mission d'inspection d'évaluation il y a trois semaines dont j'aurai les résultats courants de la semaine prochaine qui nous permettra de calibrer au mieux les outils on a eu des événements qui ont été très nombreux très puissants et souvent très localisés donc il faut qu'on arrive à adapter une réponse qui soit une réponse pour combiner le concret de la réponse et la rapidité de la réponse
mais justement pour être précis après la séquence de graines il y a quelques jours les agriculteurs ont demandé une meilleure réactivité de la prise en charge c'est sur les rails ça ?
c'est sur les rails mais reconnaissons qu'il faut inspecter il faut pouvoir contrôler chacune des parcelles c'est fait d'ailleurs avec les services de l'état dont je tiens à saluer la mobilisation les chambres d'agriculture qui travaillent beaucoup avec nous pour faire en sorte précisément que les choses soient faites
alors vous connaissez bien le parlement aussi vous êtes l'ancien ministre des relations avec le parlement est-ce qu'elle vous inquiète cette majorité présidentielle relative désormais à l'Assemblée est-ce que la culture du compromis ça s'apprend et on va réussir à l'apprendre ?
la culture du compromis ça s'apprend et la culture du compromis ça doit s'apprendre pour tous
on devrait déjà le savoir ou ça s'apprend effectivement ?
nous sommes sans doute le seul pays qui voit les choses en noir ou blanc en pour ou contre alors que tous les pays qui nous environnent y compris au-delà de nos frontières atlantiques si je peux dire savent ce que c'est que le compromis parlementaire et les majorités relatives
mais vous ne répondez pas à ma question on saura faire ou pas ?
moi je pense qu'on saura faire dès lors que la majorité sera ouverte ce qu'a dit d'ailleurs la première ministre pour faire en sorte qu'on essaye de trouver des compromis et que à côté de nous en face de nous sur les bancs des hémicycles des gens disent je suis prêt à faire un compromis j'ai entendu des déclarations pour dire on n'est pas venu pour faire un compromis oui mais là
si on regarde le premier texte par exemple sur le pouvoir d'achat c'est le gouvernement qui a présenté son texte il n'y a pas eu de travail en amont pour essayer de présenter un texte
sur un texte budgétaire c'est pas illogique que le gouvernement présente son texte et qu'après on puisse en discuter en commission et après au parlement il y a le texte budgétaire moi je vais vous dire j'ai un exemple très concret je suis conseiller régional d'opposition au président François Bonneau je ne fais pas la course à l'échalote de la dépense et à la démagogie de la dépense j'essaie de trouver avec lui des terrains d'entente et lui il fait la même chose avec moi on a essayé de faire en sorte d'avoir un CHU à Orléans ce n'est pas lié complètement mais qu'est-ce qu'on a fait on a travaillé ensemble on n'a pas cherché à piéger l'autre et à faire en sorte que l'autre se plante pardonnez-moi l'expression donc ça marche le compromis au niveau local
ça marche bien en Europe aussi
ça marche bien aussi en Europe au parlement européen c'est-à-dire qu'on essaie de trouver des compromis mais si le compromis c'est d'essayer de faire trébucher l'autre en se disant dans l'élection suivante je lui ferai la fête alors à ce moment-là ce n'est pas un compromis et cette loi agricole c'est prévu pour quand les débats ? Horizon 2023 parce qu'il y a besoin de beaucoup de concertations parce que vous avez vu il y a beaucoup de sujets
merci beaucoup Marc Fénaud ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire merci d'être venu nous en parler ce matin sur France Inter il est 9h mois 20
Marc Fesneau