Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 9 février 2022 18 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

PODCAST - Les gens en colère votent-ils tous aux extrêmes ? avec Martial Foucault

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Les gens en colère votent-ils tous aux extrêmes ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelle différence entre peur et colère dans le vote ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Les sondages sous-estiment-ils la colère des citoyens ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Peut-on imaginer Zemmour au pouvoir ou un Frexit ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer un banquier parisien votant RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Martial FoucaultFait
    « Cette situation elle est incompréhensible »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

vous êtes banquiers 30 ans gagnant bien votre vie vous êtes célibataire et vous votez rassemblement national pour un politologue cette situation elle est incompréhensible bonjour je m'appelle tam tran huy je suis journaliste mais aussi citoyenne comme tous les français au mois d'avril je dois voter pour notre prochain président président de la république et à quelques semaines de cette échéance je me pose des questions comment chacun choisit son candidat est ce en raison de son milieu social de son parcours de vie de ses émotions est ce que les jeunes votent comme leurs parents et les gens qui achètent une voiture électrique il met toujours un bulletin vert dans l'urne dans ce podcast je disputerai chaque semaine avec des experts qui ont consacré leur vie à ces sujets alors à force de chercher ils ont trouvé quelques réponses je vote je pense qu'on a une force électorale donc je pense qu'il faut jamais tu votes personnellement j'ai bien j'irai voter c'est un devoir de voter elle est à nous tous il n'y a pas eu d'affrontement sur les idéaux un podcast de public sénat et du cevipof sciences po [Musique] aujourd'hui je m'intéresse à la place des émotions dans le vote est ce qu on vote avec sa tête ou avec son coeur avec sa raison ou ses sentiments ces deux dernières années à l'épreuve de la crise du coc vide on a éprouvé toute une palette d'émotions de la peur face au virus de la tristesse parfois de l'espoir et aujourd'hui pour certains de la colère comment cette colère se matérialisent tel dans le vote c'est ce qu'on va essayer de comprendre avec un spécialiste des comportements électoraux et des populismes il a aussi beaucoup travaillé sur l'importance des émotions dans le vote merci hugo professeur des universités en sciences politique à sciences po et directeur du cevipof centre de recherches politiques à sciences po le même slogan dans toute la france ce cri de colère il a retenti dont plus de 600 villes les français sont râleurs contestataires gaulois réfractaires comme dirait l'autre c'est dans notre adn y a qu'à jeter un oeil sur notre histoire les sans-culottes les communards les étudiant de mai 68 ou encore les bonnets rouges et quand on examine l'actualité les manifs anti passe vaccinale ou encore le mouvement des gilet jaune tout cela montre que certains ont toujours la révolte dans le sang durant ce quinquennat moi je dirais que emmanuel macron a découvert la puissance d émotion au sein du peuple français premier moment révélateur du rôle des émotions le mouvement gilet jaune hiver 2018 non je dirais pas que tout cela et est construit sur une rationalité parce que c'est tout le contraire personne n'aurait pu imaginer bien avant qu'un tel mouvement puisse se constituer sur précisément ces colère enfouie vraiment décollé à des peurs des colères on n'était pas dans un mouvement qui avait peur ce n'est ni une crise sociale ni une crise politique c'est une crise profondément morale c'est moral et parce que c'est moral là ça devient très intéressant de comprendre ce que font les émotions ou règlement de cette crise morale depuis le mouvement des gilet jaune s'est très largement essoufflé on a constaté lors des élections municipales et régionales qui n'existait pas de votre gilet jaune en revanche il existe un vote de la colère ces gens en colère qu'ils soient gilet jaune ou pas exprime cette colère dans le vote extrême mais essayons déjà de comprendre la colère des citoyens d'où elle vient les décideurs politiques y ont leur part de responsabilité il ya une véritable responsabilité des acteurs politiques à créer les conditions d'un choc alors pas un choc du type bien sûr qu vide ou attentats je pense pas à cela et regarder le mouvement des gilet jaune on aurait pu avoir une trajectoire totalement différente sur le cours de ce mouvement s'il y avait eu dès le mois de novembre 2018 une réaction totalement différente il n'y a pas eu de réactions donc on a laissé penser que c'était tout à fait normal c'était le mouvement le mouvement de la rue ça fait partie de la vie politique française on exprime des contestations dans la rue mais on a oublié juste une chose c'est que ce n'était pas un mouvement de contestation comme les autres c'est a créé le terreau idéal pour faire en sorte que les électeurs et d'ailleurs c'était très compliqué de dresser un profil sociologique des participants personnes mobilisées chaque heure chaque samedi au sein de ce mouvement d gilet jaune mais ce qu'on en a plus quand même facilement observer c'est que c'était des gens en colère c'est pas des gens qui avaient peur de perdre du pouvoir d'achat donc c'est des gens qui étaient en colère contre eux précisément cette crise morale cette idée que ont décidé pour eux et qu'ils n'avaient pas voix au chapitre nous sommes en guerre en guerre sanitaire certes nous ne tombe ni contre une armée n'est contre une autre nation mais l'ennemi est là la pandémie de qu'ovide c'est l'autre événement qui a bouleversé le monde et la france le point commun avec la crise des gilet jaune c'est que la réponse du gouvernement là encore n'a pas calmé les inquiétudes des français nous ce qu'on observe dans nos enquêtes au cevipof c'est une combinaison entre à la fois bien sûr de la colère mais surtout de la peur et alors ça c'est fascinant parce que on pourrait considérer que pourquoi ne pas imaginer un citoyen qui est à la fois anxieux et en colère oui c'est tout à fait possible mais il ya une séquence qui a été extrêmement bien étudié pendant la crise qu vide c'est que dans un premier temps il y a eu à la fois une forme d' à urt issement personne n'a compris l'ampleur du feu donc les gens ont été essentiellement traversé par de la peur peur de ce qui allait se passer et c'est une peur d'ailleurs qui était pas lié nécessairement à une mise en danger de soi c'était une perte collective une vraie peur collective et puis quand est venu le temps d'apporter des réponses on a vu que c'est le calibrage des réponses qui a suscité des colères alors pourquoi distinguer ainsi la colère de la peur qu'est ce qui différencie ces deux émotions dans tous les cas il faut un choc parce qu'il faut être perturbé l'expression est malheureuse mais il faut être choqué choqué par un événement totalement externe alors une fois dit cela la peur est un sentiment qui va s'installer en réaction à ce choc et qui vous met dans une situation extrêmement perplexe vous ne comprenez pas l'événement qui vient de se produire attentats du 11 septembre aux états unis attentats novembre 2015 en france aujourd'hui déclenchement de cette pandémie kovy 19 donc face à ces éléments n'est pas prêt vous ne savez pas comment comprendre vous ne savez pas donner une rationalité à ces événements et vous êtes en situation moi j'aime bien cette expression vous êtes en situation de révision de vos propres croyances de la compréhension du monde viens de totalement se fissurer devant vous et pour comprendre ces transformations ces changements vous êtes prêt à modifier vos croyances à réviser vos croyances et la peur face à cette situation on va vous obliger d'ailleurs à vous informer à discuter avec les autres à confronter vos points de vue et donc vous allez essayer de trouver dans le monde politique une réponse qui vous rassurent et c'est pour ça qu'on fait une association très claire entre anxiété peur et vote conservateur vous cherchez à être rassurés al'inverse la colère c'est un mécanisme totalement différent il ya un choc face à ce choc vous ne cherchez pas à comprendre ce qui s'est passé vous estimez que c'est le choc de trop donc vous considérez que vous avez déjà suffisamment engagé de ressources alors les ressources et quoi ça peut être des ressources personnelles mais le vote c'est une ressource politique et donc vous mettez en situation de hors jeu par rapport à ce champ politique est souvent les électeurs en colère vont soit choisir l'abstention ça suffit on a déjà donné soit choisir les formes les plus radicales parce qu'ils ne sont pas prêts à réviser leurs croyances [Musique] j'ai donc un début de réponse à mes questions oui les gens en colère ont tendance à voter pour les extrêmes il choisit soit l'abstention soit le changement radical c'est l'idée de renverser la table quoi ce qu'on a pu observer à l'étranger lors de l'élection de donald un résultat qui avait sonné le monde entier vous souvenez des déclarations de trump tout mexicain est un violeur en puissance idem pour l'étranger venant notamment du moyen orient venant pour des raisons professionnelles migré aux états unis pour occuper une position c'était une menace au marché du travail américain les commentateurs ont longuement indiqué que cet électeur blanc qui s'était réveillée qui habituellement est et abstentionnistes avaient compris que le message de trump c'était un message qui leur permettait d'apporter une réponse à leur anxiété personnel anxiété pour leurs enfants dans cette amérique qui à force d'être globalisé en avait oublié ses habitants ne vivons que dans un monde très localisés c'est pas du tout cela c'est pas du tout un électeur qui a eu peur qui a voté pour trump c'est uniquement un électorat très en colère contre la situation laissée à la fois par des candidats républicains et démocrates qui se sont succédé et qui n'ont pas apporté des réponses à la situation domestique et puis j'oserais même dire rebelote quelques mois plus tard campagne du break site on nous rejoue exactement la même petite musique en disant ce sont des électeurs qui ont eu peur qui ont voté pour le break si peur du plombier polonais peur des mouvements migratoires qui allait conduire le royaume uni à être une vraie passoire ce ne sont pas du tout des peurs ce sont uniquement des citoyens qui ont exprimé leur colère en choisissant la forme la plus radicale la plus polarisée [Musique] 1 si on suit ce raisonnement qu'on essaye de l'appliquer à la france ça veut dire qu'on peut tout à fait se retrouver avec eric zemmour au pouvoir en avril ou qu'on pourrait quitter l'union européenne pourtant c'est pas du tout ce que prédisent les sondages est ce que ça veut dire que les sondages se plante comme ils se sont plantés pour trump ou pour le break site est-ce qu'ils sous-estiment la colère des citoyens aujourd'hui je dirais que le niveau de colère que l'on peut observer dans des mobilisations anti vagues sous mobilisation retraite mobilisation éducation nationale tous les gens qui descendent dans la rue ne sont pas forcément alimenté par une colère extrême il faut être très prudent sur la place et le poids de ces gens en colère dans un ensemble de citoyens mécontents dieu de l'action politique d' emmanuel macron et de son gouvernement alors est ce qu'une grande différence par rapport à 2010 est pour moi la différence elle se situe davantage sur le fait que cette colère qui était un phénomène très très fort visible et singulier ou inhabituels en cinq ans les colères se sont installées la vie politique française comme un mode d'expression politique assez banal et donc aujourd'hui on le voit sur ces contestation parfois violente violente physiquement aux violentes symboliquement mais c'est vraiment une forme de banalisation de la colère comme mode de revendication d'une contestation ça c'est nouveau ça veut dire que jusqu alors on pensait que vraiment la colère c'est l état extrême à partir du moment où on banalise une émotion on doit réfléchir à quel sera le stade l'étape après la colère certains spécialistes en psychologie sociale nous dise l'étape suivante c'est la haine donc la colère s'est complètement installé dans le paysage ce qui explique la force du vote aux extrêmes un vote qui se renforce d'une élection à l'autre et cette colère elle augmente d'autant plus que le pouvoir n'y répond pas le pouvoir n'a d'ailleurs aucune raison d'y répondre puisque les électeurs des manuels macron ne sont pas animés par la colère autant on peut dire que la colère c'est le sentiment très puissant qui va réveiller un électorat d'extrême droite que la peur est un sentiment qui réveille un électorat conservateur mais vous voyez pas honte pour la gauche on a très très peu d'émotions qui vont activer un électorat et ce n'est pas simplement la situation de la gauche en france aujourd'hui qu'il ferait que sa portion congrue l'empêchent d'être associé à une émotion toutes les émotions positives d'ailleurs ont été captées par un candidat central et non pas du centre emmanuel macron mais vraiment moi je suis très surpris de voir que toutes ces émotions l'espoir l'optimisme ne sont récoltés que par une seule famille politique essentiellement la famille de la république en marche alors que comme souvenons nous il ya 40 ans l'espoir le mieux-être de demain s'étaient portés par an 10 aider les forces politiques de progrès et notamment le parti socialiste est ensuite notamment europe ecologie les verts sur le progrès de demain à condition de tenir compte des transformations auxquelles étaient confrontés auquel était confronté la planète entière si le résume la peur pour valérie pécresse l'enthousiasmé pour emmanuel macron et aucune émotion pour la gauche qui donc n'inspire plus grand-chose à personne il en tire les conclusions qu en me retirant de la politique et la colère bien c'est là le point commun entre marine le pen eric zemmour jean luc mélenchon mais avec une différence de taille pour résumer ce quinquennat et je crois que ce sont les éléments qui vont continuer à jouer pour l'élection présidentielle de 2000 22 vous avez un électorat à l'extrême gauche à l'extrême droite insatisfait de la vie monnaie ils sont pas contents à la fois l'extrême gauche on estime que leur condition sociale c'est à dire si je prends un archétype sept instituteurs professeurs des collèges votant pour jean luc mélenchon n'est pas très heureux de ce que par exemple l'éducation nationale lui a réservé en termes de perspectives d'avenir et puis les électeurs d'extrême droite qui considère qu'aujourd'hui la méritocratie sociale en sciences sociales a totalement disparu et que le pouvoir est confisqué par des élites donc ces gens ne sont pas contents mais mais il ya un élément qui les oppose radicalement c'est le niveau de confiance vis-à-vis des autres et donc l'électorat de marine le pen n'a pas confiance dans les autres qui sont les autres les membres de la famille des collègues de travail des voisins des gens qu'on rencontre pour la première fois d'une nationalité ou d'une religion différente ils n'ont pas confiance l'électorat de jean luc mélenchon a davantage confiance dans les autres et quand on prend ces deux éléments on comprend pourquoi quand vous n'avez pas confiance dans les autres vous n'êtes pas contents de la vie ou que le sort vous a réservé c'est un puissant révélateur de l'émergence d'une colère ce que je comprends à travers cette conversation c'est que personne ne vote de façon seulement rationnelle par exemple en lisant les programmes des candidats ou en les comparant point par point comme des ordinateurs on ne va pas non plus sous le coup d'une émotion forte mais seulement temporaire il faut un sentiment plus durable plus profond et qui vient s'ajouter à tout un ensemble d'autres raisons si on ne travailler qu'à partir d'une grille de lecture socio démographique c'est dire qu'on considérait que les comportements politiques sont déterminés y aurait une forme de déterminisme sociodémographiques vous êtes pauvres vivent dans un monde péri urbain avec un emplois peu rémunérés voteriez à gauche on a pensé longtemps tu là et puis le vote de classe depuis une dizaine d'années n'a pas disparu c'est une profonde transformation mais la transformation on n'a pas réussi précisément à la comprendre pour le moment je prends un exemple idéal type vous êtes banquiers 30 ans vivant à paris fortement éduquer gagnant bien votre vie vous êtes célibataire et vous votez rassemblement national pour un politologue cette situation elle est incompréhensible parce que il a construit toute une sociologie en disant ce n'est pas l'électorat type du rassemblement national et inversement si vous êtes un électeur ou une électrice au chômage vivant dans une métropole avec eux dans le cas d'une famille recomposée voter maquereau en 2017 ce n'est pas le profil type auquel nous nous attendons en regardant aujourd'hui électorat alors on a besoin d'autres génère d'autres éléments la place du subjectif lave devient très crucial parce que cet électeur banquiers votant pour le rassemblement national il a probablement tous les archétypes plus permettant de voter mayon macron mais il y à un élément qui dans sa vie à sa vie personnelle ou dans sa vie au travail en son rapport aux autres qui l'a mis en situation à la fois de défiance une insatisfaction de vie et qui a été un phénomène déclencheur d'un sentiment inattendue les émotions c'est peut-être un détail pour vous mais pour les politologues ça veut dire beaucoup le rôle de ces passions a toujours été un peu mis de côté en disant non mais le vote quelque chose de sérieux comportement politique c'est sérieux et on ne veut certainement pas simplement avec des passions je crois qu'on est en train de réviser ce premier jugement et puis une deuxième raison qui vous trouve très intéressante on est dans des moments où le régime de démocratie représentative est extrêmement malmené et un petit peu secoué et je trouve que cette capacité affichée par les émotions oblige aussi les acteurs politiques à prendre en compte ce qui n'est pas toujours rationalité et j'insiste le vote les comportements politiques la participation ce n'est pas que rationalité g a même parfois il ya des passions rationnelle où vous pourrez dire autrement il y a une une raisons émotionnelles [Musique] finalement je comprends qu'on vote un peu avec sa tête et beaucoup avec ses tripes ou son coeur d'ailleurs les études scientifiques sur ce sujet se multiplient n'hésitez pas à les voir toutes les références que j'ai ajouté dans la description de cet épisode si vous voulez en savoir plus et aussi à lire les articles publiés à l'occasion des différentes vagues de l'étude électorale menée par le cevipof [Musique] merci d'avoir été à l'ecoute de jeu voc tu votes nous votons watts et n'hésitez pas à vous abonner et à partager ce podcast vous pouvez aussi nous envoyer vos commentaires et des étoiles sur votre application favorite je serai curieuse d'avoir vos retours et si vous le souhaitez vous pouvez me soumettre les questions que vous vous posez sur le vote vous pouvez aussi nous contacter via les réseaux sociaux de public sénat twitter facebook instagram ou linkedin ainsi qu'à l'adresse bonjour @ publicsenat.fr [Musique] je vote tu votes nous votons est un podcast produit par public sénat et le cevipof sciences po interviewé narration tam tran huy création sonore réalisation montage et mixage majorat prod direction éditoriale perrine tarneaud les visuels sont de nina vincent production exécutive et 10 colette [Musique] 1