Cérémonie du 11-Novembre: l'intégralité du discours d'Emmanuel Macron sous l'Arc de Triomphe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Temps de parole
- Présentateur98 %
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Le 11 novembre 1923, sur la tombe du soldat inconnu, était allumée, pour la première fois, une flamme qui depuis ne s'est jamais éteinte. Depuis cent ans, sans discontinuer. Aux pires heures de la Seconde Guerre mondiale, le jour même de l'invasion nazie, les ennemis d'alors qui défilaient sous l'arc n'osèrent empêcher le ravivage de la flamme, ployant devant quelque chose de plus grand que leur hostilité, la force de sacrifice d'un peuple pour ses idéaux. Cette flamme, toujours, accompagne nos jours et perce nos nuits. Elle veille à l'ossuaire de Douaumont, dans le silence du cloître, 130 000 autres soldats inconnus.
Elle réchauffe les plaines du Nord, dans la lanterne des morts de Notre-Dame de Lorette. Elle brille, jaillit des braises ardentes de la Résistance, de l'île de Saint, dans la nécropole du Mont Valérien, où dorment les sacrifiés de la France libre. Elle se dresse au sommet du Mont Mouchet, au cœur des maquis de la Margeride. Elle brûle dans le cœur des soldats de la France, qui vivent pour la patrie et la République, et qui parfois en meurent, cette année encore. Et nous pensons à leur famille, à leurs proches, dont certains sont là, au milieu de nous. La nation n'oublie pas, car c'est bien de toute cette histoire que nous venons, c'est elle qui nous a fait, qui nous tient et nous oblige.
Le 11 novembre, jour de commémoration de l'armistice de la Grande Guerre, est désormais le jour de tous les morts pour la France. Le soldat inconnu, emblème de ceux de 14, devient dès lors le rappel de l'égale valeur de toute vie donnée pour la France, à toutes les générations. De lui, nous ne connaissons rien et nous savons tout. Son image est faite de tous nos visages. Sa voix a le timbre d'un peuple. Son anonymat porte en lui des millions de noms. L'inconnu est tous les soldats de la France. Il est de tous les horizons, de la métropole et de nos Outre-mer, du Maghreb et d'Afrique, des Caraïbes au Pacifique.
Il est de tous les métiers, instituteurs et paysans, normaliens et médecins, curés et ouvriers. Il est de toutes les convictions, croyants et francs-maçons, agnostiques et libres-penseurs, protestants et musulmans, catholiques et juifs. L'inconnu est cette résistance, cette certaine idée de la France que nous chérissons. Et en tombant pour elle, il l'a relevée. Et il nous l'a léguée. Avec un devoir d'unité, de dépassement et de bravoure. En tombant pour cette terre charnelle et spirituelle qu'est le sol de France, puis en étant enterré ici, le soldat inconnu signifie cette fraternité d'armes, de deuil et d'espérance.
Et la flamme sur sa tombe depuis cent ans ne s'est jamais éteinte, gardée par les commissaires de la flamme de jour comme de nuit. Et elle ne s'éteindra jamais. À nos morts qui ont fait la France et aux vivants qui la transmettront. Vive la République. Vive la France. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.